Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec de la photographie, du graphisme, de l'art contemporain, de l'égyptologie ou encore des sciences de l'univers.

La rédaction | Mardi 25 septembre 2018

Les Mondes inconnus

Intrigante sur le papier cette exposition baptisée Les Mondes inconnus que l'on pourra découvrir à la Casemate (le Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble), au Muséum et à l'Observatoire des sciences de l'univers de Grenoble (sur le campus). Une triple proposition qui a pour but de faire découvrir au public (et notamment aux plus jeunes) les mystères des sciences de l'univers via, à ce qu'on nous en a dit, une scénographie ludique et interactive – comme, par exemple, un voyage dans une fusée ! Plus d'infos mi-octobre, dès que nous aurons visité tout ça.

À la Casemate, au Muséum et à l'Osug du samedi 13 octobre au dimanche 28 juillet


Allons voir la mer avec Doisneau

De Robert Doisneau (1912 – 1994), figure majeure de la photographie humaniste, on connaît plus les photos qu'il a réalisées sur les pavés franciliens que celles prises sur le sable du littoral français. C'est ce dernier versant de sa production que nous propose de découvrir cette exposition du Couvent Sainte-Cécile qui sera accompagnée par la sortie, mi-octobre, d'un livre d'Angelina Meslem, spécialiste en histoire de la photographie. Mais que les aficionados de l'artiste se rassurent : il y aura certainement des mioches trop mignons qui jouent au moussaillon et des amoureux enlacés sur les bords de plage... Et puis, pour une fois qu'on propose aux Grenoblois une exposition qui ne parle pas de montagne, on ne va pas faire la fine bouche !

Au Couvent Sainte-Cécile du mercredi 17 octobre au samedi 19 janvier


Servir les Dieux d'Égypte

Habituellement, les expositions temporaires du Musée de Grenoble mettent en avant des artistes qui ont marqué l'histoire de l'art (Delacroix, Fantin-Latour, Kandinsky…) ou qui comptent en ce moment sur la scène nationale voire internationale (Daniel Dezeuze, Cristina Iglesias, Giuseppe Penone…). Mais cet automne, c'est un projet atypique que nous dévoilera l'institution, organisé avec le fameux Musée du Louvre : une exposition consacrée à l'Égypte antique. Baptisée Servir les Dieux d'Égypte – Divines adoratrices, chanteuses et prêtres d'Amon à Thèbes, cette proposition se basera aussi bien sur le fonds grenoblois très riche en la matière (dont une partie est visible à l'année dans les collections permanentes) que sur des prêts venus de prestigieux musées internationaux (le Louvre donc, mais aussi le British museum de Londres par exemple). On a hâte de découvrir ça.

Au Musée de Grenoble du jeudi 25 octobre au jeudi 27 janvier


Des samouraïs au kawaii

Fin juin a débuté, avec l'inauguration au Musée de la Résistance de la poignante exposition Hibakusha, dessins des survivants de Hiroshima et de Nagasaki, l'Année du Japon en Isère, manifestation proposée à l'occasion de la double commémoration du 160e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon et du 150e anniversaire de l'ère Meiji (qui vit le pays se moderniser). Au programme notamment, plusieurs expositions dans certains musées départementaux (au Musée de l'Ancien Évêché, au Musée Hebert…), dont la plus grande sera celle du Musée dauphinois intitulée Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident. « De l'armure de samouraï du Japon féodal aux figurines d'Astroboy en passant par les œuvres d'artistes japonisants du XIXe siècle, le public voyagera à travers cinq siècles d'histoire » nous assure le programme. Avec plaisir.

Au Musée dauphinois du jeudi 25 octobre au lundi 24 juin


Le Mois de la photo

« Corps en présence » : tel est l'intitulé de la thématique du Mois de la photo organisé comme chaque année par la Maison de l'image. Si des expositions auront lieu un peu partout dans Grenoble, le gros morceau de la programmation se déroulera à l'Ancien musée de peinture où l'Ukrainienne Viktoria Sorochinski exposera ses photographies qui questionnent le rapport à l'autre dans l'espace intime. On y découvrira également les cinq lauréats de l'appel à photo, avec notamment au programme les corps moites de sueur et d'alcool photographiés par Étienne Racine et ceux aliénés par le travail mis en scène par Gilberto Güiza-Rojas.

À l'Ancien Musée de peinture du mercredi 31 octobre au dimanche 25 novembre


Le Mois du graphisme

Après le Japon en 2016 (l'événement revient tous les deux ans, et dure plus qu'un seul mois), le Mois du graphisme met cette fois-ci à l'honneur la Pologne à travers une dizaine d'expositions à Échirolles et dans l'agglomération. Le Centre du graphisme, qui pilote le projet, accueillera ainsi une grande rétrospective consacrée à la créativité graphique de la fameuse "école polonaise", des années 1950 à aujourd'hui. Quant aux autres lieux satellites (la Rampe, l'École supérieure d'art et design, plusieurs centres culturels de l'agglo…), ils présenteront des expositions thématiques autour du cirque, du cinéma ou encore du jazz, domaines artistiques pour lesquels les graphistes polonais ont su inventer un langage singulier.

Au Centre du graphisme d'Échirolles du samedi 17 novembre au jeudi 31 janvier


Souvenirs de voyage, la collection d'Antoine de Galbert

Figure singulière et indépendante du milieu de l'art (la Maison rouge, lieu d'exposition parisien de renom depuis 2004, c'est de lui), le Grenoblois Antoine de Galbert fait partie des personnes qui bousculent gentiment les habitudes institutionnelles. Nous aurons la chance, au printemps prochain, de découvrir sa collection personnelle dont on sait qu'elle a le mérite de l'originalité. À mille lieues des achats convenus que peuvent faire certains gros collectionneurs de son calibre, De Galbert ose, tente et affirme un goût singulier qui n'hésite pas à faire se côtoyer les grandes figures de l'art moderne, la jeune génération, l'art brut et les objets ethnographiques.

Au Musée de Grenoble du samedi 27 avril au dimanche 28 juillet

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Dix expos à (re)voir pour un été au frais

ARTS | Un été en ville peut se vivre à l’air libre, comme on vous le conseille dans les premières pages de ce numéro. Mais il peut aussi se vivre dans un musée, en parfaite connexion avec des œuvres d’art. Alors zoom sur dix expositions que nous avons déjà chroniquées avec enthousiasme et qui sont toujours à l’affiche pendant ces vacances.

La rédaction | Mardi 2 juillet 2019

Dix expos à (re)voir pour un été au frais

La plus événementielle Immense figure du street art, l’États-unien Shepard Fairey présente à l’Ancien Musée de peinture plus de 600 œuvres qui reviennent sur trente ans de carrière militante. Un gros morceau qui en met plein la vue ! Et un art syncrétique nourri de nombreuses influences allant du constructivisme russe au pop art, saupoudré d’un goût prononcé pour les formes autoritaires de propagande – car pour faire passer certains messages politiques, Shepard Fairey n’hésite pas à faire dans l’efficacité simpliste. Malheureusement, ceux qui sont à l’aise avec les valeurs qu’il brocarde (consumérisme, nationalisme, militarisme) sont bien meilleurs en la matière – en atteste les élections récentes de Trump et Bolsonaro. Obey : 30 years of resistance À l’Ancien Musée de peinture jusqu’au dimanche 27 octobre La plus barrée

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"Souvenirs de voyage, la collection Antoine de Galbert" : itinéraire d’un collectionneur inspiré

Exposition | Avec l’exposition "Souvenirs de voyage", le Musée de Grenoble nous invite à explorer la palpitante collection d’art contemporain du Grenoblois Antoine de Galbert. Une proposition fascinante qui nous interroge sur l’acte de collectionner, la vie, la mort, l’art… Rien que ça !

Benjamin Bardinet | Lundi 29 avril 2019

À l’image de la collection singulière qu’elle honore, l’exposition Souvenirs de voyage du Musée de Grenoble parvient à faire d’un ensemble d’œuvres hétéroclites un tout d’une étonnante cohérence – jamais rien ne semble mis ici par hasard. Le goût singulier que le collectionneur de renom Antoine de Galbert a façonné au fur et à mesure de ses acquisitions opère ainsi comme une sorte de fil rouge qui sous-tend le parcours de manière stimulante. En effet, le Grenoblois installé à Paris a toujours su affirmer des choix personnels, ne cédant jamais aux tendances du milieu de l’art contemporain qui, même lorsqu’il se prétend subversif, peut être finalement assez convenu. Pour le Musée de Grenoble qui l’accueille (« quand j’étais jeune, ce musée était pour moi une cathédrale, jamais je n’aurais imaginé exposer ici » nous a-t-il déclaré en interview), Antoine de Galbert a choisi de privilégier un certain nombre de grands classiques de la créati

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Antoine de Galbert : « Je collectionne des choses très torturées ! »

Exposition | Figure singulière du milieu de l'art, le Grenoblois Antoine de Galbert fait partie des personnes qui bousculent gentiment les habitudes institutionnelles. Le voilà qui débarque au Musée de Grenoble pour dévoiler "Souvenirs de voyage", exposition centrée sur une partie de son immense et passionnante collection qui, à mille lieues des achats convenus que peuvent faire certains collectionneurs de son calibre, fait se côtoyer les grandes figures de l'art moderne, la jeune génération, l'art brut ou encore les objets ethnographiques. Voilà qui méritait bien une interview.

Aurélien Martinez | Mardi 23 avril 2019

Antoine de Galbert : « Je collectionne des choses très torturées ! »

Qu’est-ce qu’un collectionneur ? Antoine de Galbert : C’est difficile comme question… Je dirais que c’est quelqu’un qui se rassure en s’entourant d’objets magiques. Quel collectionneur êtes-vous ? Un collectionneur comme tous les autres. Après, il y a des adjectifs qui viennent spécifier chaque collectionneur : il y a des petits, des grands, des gros, des maigres, des intelligents, des crétins, des spéculateurs, des amateurs… La plupart sont des gens qui m’intéressent, même si ce qu’ils collectionnent peut ne pas m’intéresser comme chaque collectionneur a son goût propre. Au vu de l’exposition présentée au Musée de Grenoble, on pourrait vous qualifier de collectionneur instinctif avec des goûts très larges… Certes, on peut parler d’intuition. Il ne faut pourtant jamais oublier que cette intuition est étayée par 30 ou 40 ans de regard ! D’ailleurs, si l’intuition est seule à décider, c’est un peu un carnage. C’est comme dans la vie, il n’y a pas que le coup de foudre, il y a aussi la construction, la réflexion… Une collection, c’est vraiment la rencontre entre un

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"Des samouraïs au kawaii" au Musée dauphinois : bons baisers du Japon

Exposition | Produite dans le cadre de l’événement national Japonismes 2018 et de l’Année du Japon en Isère, l'exposition "Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident" en place au Musée dauphinois propose un passionnant parcours autour de cinq siècles habilement résumés. Visite guidée et entretien avec la commissaire d’exposition.

Benjamin Bardinet | Mardi 6 novembre 2018

L'histoire commence plutôt bien : le hasard amène des navigateurs portugais à faire la découverte en 1543 d'une des îles de l'archipel du Japon. Dès l'introduction de l'exposition Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident, en place à l’étage du Musée dauphinois, un paravent contemporain de l'événement témoigne de l'enthousiasme et de la curiosité partagés de ses protagonistes ; et un cabinet-écritoire, dont l'usage est aussi caractéristique de l'Occident que ses motifs décoratifs profondément nippons, atteste du dialogue culturel et commercial qui s'instaure rapidement. Plus loin, la fascination mutuelle se prolonge autour des techniques guerrières : une élégante armure de samouraï et un fusil à mèche en attestent. Tout va bien donc, jusqu'à ce que les Jésuites étrangers, un brin trop prosélytes, agacent le gouvernement local qui décide d'interdire le christianisme avant, finalement, de verrouiller totalement le pays en mettant un terme à (quasiment) toutes les relations avec l'extér

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"Les Mondes inconnus" : l'univers à portée de main

Exposition | Dans le cadre du programme d’événements scientifiques "Une saison dans les étoiles", l’exposition fortement axée jeune public "Les Mondes inconnus", qui se tient à la Casemate, au Muséum et sur le campus, permet d’explorer les sciences si mystérieuses que sont celles de l’univers. On l'a visitée.

Alice Colmart | Mardi 16 octobre 2018

L’exposition Les Mondes inconnus étant découpée en trois parties présentées dans trois lieux distincts, il faut donc faire un choix pour la débuter. Pour nous, le décollage fut à la Casemate. « Pour que les enfants comprennent comment ça se passe dans l’espace, il faut que ce soit interactif. Beaucoup de choses vont leur permettre de découvrir et de chercher » : voilà ce que nous a expliqué à notre arrivée Élodie Weber, chargée de communication du fameux centre de culture scientifique, technique et industrielle grenoblois. Ainsi, pour commencer, un espace pour « se localiser » propose des manipulations consistant à replacer les planètes dans un tableau de bois qui illustre le système solaire. Et pour avoir une idée précise de la manière « dont on observe le ciel » est exposé à ses côtés un véritable télescope donné par le Groupe d'astronomie du Dauphiné. Dans la deuxième partie, « on voyage ». On entre dans une navette spatiale dans laquelle on observe différents corps célestes (« une étoile, le soleil, une lune, un astéroïde… ») ainsi que différents cailloux (« les cailloux de

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"Allons voir la mer avec Doisneau" : les gens de la mer

Exposition | "Allons voir la mer avec Doisneau" : voilà ce à quoi nous invite le Couvent Sainte-Cécile des éditions Glénat avec cette exposition centrée sur les clichés savoureux que cette figure majeure de la photographie d'après-guerre a réalisés sur le littoral français. Une proposition réussie, notamment niveau scénographique, qu’on a visitée et dont on a causé avec sa commissaire d’exposition.

Benjamin Bardinet | Mardi 16 octobre 2018

Réalisée en collaboration avec l'Atelier Robert Doisneau dont la mission est de valoriser et faire vivre les archives du photographe, l’exposition Allons voir la mer avec Doisneau a pour ambition de mettre en lumière une facette méconnue de la production du fameux photographe français né en 1912 et mort en 1994. La mer n'est effectivement pas le sujet de prédilection de ce natif de la banlieue parisienne, mais il s'avère que de nombreux reportages et commandes publicitaires l'ont amené à tourner son objectif vers ce territoire dont on peut constater avec enthousiasme qu'il fut stimulant. La première salle du parcours a le mérite de dévoiler quelques clichés assez inattendus : une vue sous-marine, une série documentaire sur les épaves et quelques photographies très graphiques (une minuscule embarcation perdue au milieu d'une mer infinie, la découpe d'un canyon en contre-jour...) ; avant de nous amener vers un parcours présentant des clichés plus fidèles à ce que l'on connaît de Robert Doisneau. Marmots rigolards et min

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Les dix expositions à ne pas manquer cette saison à Grenoble et aux alentours

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base de légendes de l'art (Delacroix, Gauguin, et même les Beatles – pourquoi pas !) mais aussi de jeunes artistes ou encore d'expositions plus patrimoniales – il paraît que l'on va bientôt célébrer l'anniversaire des Jeux olympiques grenoblois.

La rédaction | Mardi 26 septembre 2017

Les dix expositions à ne pas manquer cette saison à Grenoble et aux alentours

Matt Coco En résonance avec la Biennale d'art contemporain de Lyon, qui imagine des Mondes flottants, l'artiste installé à Lyon Matt Coco investira la Halle de Pont-en-Royans début octobre pour une déambulation à la lisière du brouillard. Intitulée In caso di nebbia (traduire : en cas de brouillard), la proposition entend créer un imaginaire flirtant avec l’onirique où le naturel se mêle à l’industriel. Un paysage de volumes aboutis induisant une transformation par l’activation du spectateur, par la danse, le regard, la parole… L’artiste déploiera ainsi une déambulation immersive, en devenir. À la Halle (Pont-en-Royans) du 10 octobre au 30 décembre Alice Assouline

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Le Mois de la photo, « une recherche d’accessibilité »

ARTS | L’année dernière, le Mois de la photo avait séduit notre regard avec, notamment, les clichés de Vivian Maier. Il revient le 14 septembre à l'Ancien musée de peinture en mettant à l’honneur l'Italien Gabriele Basilico et entend donner encore plus de place aux photographes. Rencontre avec Marianna Martino de la Maison de l’Image, structure porteuse de l'événement.

Charline Corubolo | Vendredi 9 septembre 2016

Le Mois de la photo, « une recherche d’accessibilité »

« On pense qu’il y a une nécessité à donner un peu plus d’espace à de grands photographes mais également à des talents émergeants à Grenoble » nous explique Marianna Martino, chargée de coordination des expositions et de la communication à la Maison de l’image. Tel est donc le leitmotiv de cette quatrième édition du Mois de la photo, avec un photographe à l'honneur et la présentation de jeunes artistes. Après Vivian Maier, c’est l’Italien Gabriele Basilico (1944 – 2013) et son exploration de l’environnement urbain qui sont mis en avant. Inaugurée vendredi 16 septembre à l’Ancien musée de peinture, l’exposition présente également sept autres photographes, dont deux Italiens. « On a décidé de travailler sur la thématique du paysage car on a participé à l’événement Paysage-Paysages [proposition artistique développée sur le département de l’Isère – NDLR]. Par ailleurs, on est en lien avec l’association

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