Mystère et bricolage avec Jean-Louis Bernard

Exposition | Les drôles de sculptures-assemblage de l'artiste isérois sont exposées à la librairie Arthaud jusqu'au 23 février.

Benjamin Bardinet | Mardi 5 février 2019

Assiettes ébréchées, bidons d'huile rouillés, verres brisés, plaques de cuivre… Jean-Louis Bernard fait feu de tout bois pour réaliser, depuis une bonne quarantaine d'années, des sculptures-assemblages rustiques qui témoignent autant de son plaisir à jouer avec les matériaux que d'une certaine douce folie surréaliste. Présentée à la librairie Arthaud, l'exposition Ne pas ouvrir avant l'arrêt du train revient sur plusieurs séries d'œuvres dont ses Portraits de famille, personnages auxquels il associe des anecdotes farfelues.

Ainsi, la légende « Il était fier de ses nouvelles prothèses et de déclencher les détecteurs de métaux dans les aéroports » accompagne une figurine dont le torse est traversé de clous rappelant certains fétiches d'Afrique centrale. Pas étonnant, l'Isérois est amateur d'art traditionnel africain et a d'ailleurs imaginé une série de Fétiches aux pouvoirs magiques saugrenus comme, par exemple, celui de rassurer les septuagénaires sur leur longévité. À leurs côtés, accrochées au mur, plusieurs œuvres plus abstraites renvoient à un imaginaire onirique comme l'énigmatique tableau-diorama Ils sont tous partis perdre les enfants dans la forêt. Mystérieux, vraiment...

Ne pas ouvrir avant l'arrêt du train
À la librairie Arthaud jusqu'au samedi 23 février


Jean-Louis Bernard

Ne pas ouvrir avant l'arrêt du train. L'artiste présente ses compositions "Tiroirs" et montre ses sculptures "Portraits de famille" et "Fétiches". Permanence de l'artiste les mercredis et les vendredis
Librairie Arthaud 23 Grande Rue Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Fête et fétichisme avec Jean-Louis Bernard

Exposition | « Si viennent des fétiches et des anges, c’est peut-être que la fièvre qui m’habite alors est liée à une croyance magique et naïve : je me mets sous la (...)

Laetitia Giry | Vendredi 15 mars 2013

Fête et fétichisme avec Jean-Louis Bernard

« Si viennent des fétiches et des anges, c’est peut-être que la fièvre qui m’habite alors est liée à une croyance magique et naïve : je me mets sous la protection de l’objet en train de se faire et j’aimerais qu’il soit capable de plier le monde. » Ainsi Jean-Louis Bernard évoque-t-il son travail de créateur de fétiches, drôles de personnages, drôles de bonshommes faits de bric et de broc. Vieux bouts de bois, écorces, ustensiles de cuisines cassés : objets trouvés et objets fanés constituent la matière première des sculptures auxquelles cet artiste (et sociologue) isérois donne vie de manière sérielle et vraisemblablement compulsive – tout du moins obsessionnelle. Exposés sur un grand socle à la manière d’un musée ethnologique ou debout pour les plus grands, les dizaines de fétiches amusent autant qu’ils interrogent un spectateur tout étonné de découvrir cette peuplade fictive. Si l’aspect esthétique des statuettes ne nous plaît que peu, force est pour nous de reconnaître l’attrait "magique" d’objets mimant parfaitement les totems servant aux cultes de tribus ancestrales. Leur force brute et primitive ranimant des esprits passés qui, comme l’

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