"Free Hug" : l'art en bocal par Petite Poissone

Exposition | L'artiste, dont on croise souvent les phrases dans les rues grenobloises, expose son travail à Spacejunk dans le cadre du Street Art Fest Grenoble Alpes.

Benjamin Bardinet | Mardi 18 juin 2019

Photo : Benjamin Bardinet


Rare figure féminine du street art, Petite Poissone est connue des Grenoblois pour ses subtiles (et souvent très amusantes) interventions typographiques au détour des rues. Aussi poétiques que politiques, ses saillies, et parfois ses vers, jouent avec les mots, détournent les discours tout faits et bousculent le patriarcat ronronnant. Mais exposées en galerie, ses phrases simplement apposées sur des plaques de métal ou imprimées sur du papier manquent malheureusement d'une mise en forme plastique qui compense l'absence d'environnement urbain. « Prochain arrêt. L'arrêt cardiaque » marche, on s'en doute, mieux lorsqu'on la découvre involontairement sur un arrêt de bus.

Cela dit, l'exposition que Spacejunk propose dans le cadre du Street Art Fest Grenoble Alpes présente quelques objets que l'artiste détourne, comme ce fer à repasser sur lequel un dessin de la vierge accompagne l'inscription « tu es poussière et tu retourneras faire la poussière ». À l'étage, on trouve également une autre surprise : une série de dessins d'une grande finesse graphique dans lesquels un personnage sans tête accompagne les textes toujours pleins d'esprit de l'artiste.

Bref, Free Hug est une petite exposition certes, mais elle permet néanmoins à tout un chacun d'apprécier le sens de la formule bien sentie de Petite Poissone. En attendant, petits poissons urbains que nous sommes, de nous faire harponner de nouveau dans la rue par surprise.

Free Hug
À Spacejunk jusqu'au samedi 27 juillet


Free Hug

Par l'artiste Petite Poissone
Spacejunk 19 rue Génissieu Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Petite Poissone : « Je ne me considère pas comme une street artiste »

Portrait | Cette Grenobloise de 42 ans colle textes percutants et dessins faussement naïfs dans les rues de Grenoble, Lyon, Marseille ou encore Paris. On lui a taillé le portrait.

Julie Hainaut | Lundi 25 juin 2018

Petite Poissone : « Je ne me considère pas comme une street artiste »

Elle l’a même collé dans la rue. « Je ne suis pas un street artiste, je suis un être humain. » Petite Poissone refuse de rentrer dans une case. De ne limiter son art qu’à un seul médium. Elle l’exerce partout, aussi bien sur des murs que des objets, des toiles immenses ou des livres. Elle aime le monde du street art mais pas son effet de mode. « Le street art, c’est un truc magique qui fait que même si tu dessines mal, il suffit que tu dessines 544 fois mal sur des murs pour que ça devienne génial. Un peu comme ces cours de zumba dans les stades : tout seul tu serais ridicule à faire ces mouvements, mais vu que vous êtes 10 000, ça a l’air trop cool. Je ne me considère pas comme une street artiste, mais j’aime ce milieu, son esprit, indépendamment de ce que la mode peut en faire. » Chez elle, le texte est indissociable du dessin. Elle écrit, dessine, peint, crée ses propres supports. Toute petite déjà, elle réalisait des fanzines, caricaturait ses profs et camarades. Avec un humour absurde, savant mélange de ses mentors : Woody Allen, Gotlib, Hermann, Glen Baxter, le

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