Dix expos à (re)voir pour un été au frais

ARTS | Un été en ville peut se vivre à l’air libre, comme on vous le conseille dans les premières pages de ce numéro. Mais il peut aussi se vivre dans un musée, en parfaite connexion avec des œuvres d’art. Alors zoom sur dix expositions que nous avons déjà chroniquées avec enthousiasme et qui sont toujours à l’affiche pendant ces vacances.

La rédaction | Mardi 2 juillet 2019

La plus événementielle

Immense figure du street art, l'États-unien Shepard Fairey présente à l'Ancien Musée de peinture plus de 600 œuvres qui reviennent sur trente ans de carrière militante. Un gros morceau qui en met plein la vue ! Et un art syncrétique nourri de nombreuses influences allant du constructivisme russe au pop art, saupoudré d'un goût prononcé pour les formes autoritaires de propagande – car pour faire passer certains messages politiques, Shepard Fairey n'hésite pas à faire dans l'efficacité simpliste. Malheureusement, ceux qui sont à l'aise avec les valeurs qu'il brocarde (consumérisme, nationalisme, militarisme) sont bien meilleurs en la matière – en atteste les élections récentes de Trump et Bolsonaro.

Obey : 30 years of resistance
À l'Ancien Musée de peinture jusqu'au dimanche 27 octobre


La plus barrée

Ancien galeriste grenoblois, fondateur de la Maison rouge à Paris, Antoine de Galbert possède une des collections d'art contemporain les plus enthousiasmantes de France. C'est un parcours passionnant à travers celle-ci que nous propose le Musée de Grenoble. Chaque salle offre une entrée thématique qui permet aux pièces de dialoguer de manière réjouissante. Un parcours où chaque œuvre est comme un souvenir ramené d'un voyage, celui d'un collectionneur dont le goût singulier témoigne d'une fascination pour l'étrange, le bizarre voire le franchement dégueulasse – mais pas que !

Souvenirs de voyage, la collection Antoine de Galbert
Au Musée de Grenoble jusqu'au dimanche 28 juillet


La plus vertigineuse

Bédéiste reconnu grâce à des succès comme Le Transperceneige ou Ailefroide, altitude 3954, Jean-Marc Rochette présente au Musée de l'Ancien Évêché non seulement toute une série de planches originales, mais également de nombreux storyboards, des aquarelles de paysages alpins et de gigantesques peintures quasi abstraites qui évoquent des parois rocheuses. C'est en effet sur le versant de sa production dédiée à l'univers montagnard que se penche l'exposition avec, plus particulièrement, les planches originales de sa dernière bande dessinée Le Loup.

Jean-Marc Rochette, artiste au sommet
Au Musée de l'Ancien Évêché jusqu'au dimanche 22 septembre


La plus enivrante

Le Musée dauphinois s'attaque à un pan culturel majeur de la région : la fabrication des liqueurs. Et vu leur nombre, il y a de quoi faire ! Le parcours chronologique montre ainsi comment ces alcools initialement produits par les religieux dans un cadre médicinal ont peu à peu accompagné nos moments de loisirs. On y découvre l'usage des plantes alpines, de géniales affiches publicitaires, quelques objets saugrenus ou encore des extraits de film d'actualité des années 1950 dans lesquels on apprend que l'alcool était jusque-là autorisé dans les cantines scolaires !

L'Ivresse des sommets
Au Musée dauphinois jusqu'au lundi 29 juin 2020


La plus animale

Légère et amusante, la dernière exposition du Centre du graphisme est idéale à visiter en famille, et plus particulièrement accompagné des grands-parents. Ils y retrouveront, avec un brin de nostalgie, tout un tas d'animaux publicitaires qui ont inconsciemment peuplé leur enfance et orné les murs de la France des Trente Glorieuses : le Poulain du chocolat, la Vache qui rit ou encore le fameux tigre Esso. Cette dimension ludique n'empêche pourtant pas de nous questionner sur les stéréotypes et les injonctions consuméristes que ces images publicitaires véhiculent.

Bêtes d'affiches, une saga publicitaire
Au Centre du graphisme d'Échirolles jusqu'au vendredi 30 août (fermeture estivale du 5 au 18 août)


La plus historique

Une exposition passionnante pour quiconque s'intéresse à la période de l'Entre-deux-guerres. La montée des nationalismes, la passivité des acteurs politiques ou encore les enjeux diplomatiques sont autant de sujets dont le photographe et journaliste Marinus s'est emparé dans les années 1930 pour réaliser de subtils photomontages dans lesquels les dirigeants politiques de l'époque sont souvent caricaturés comme de grands enfants réjouis dont la cour de récréation serait le monde. Naturellement, toute ressemblance avec la période actuelle est fortuite…

Marinus, photomontages satiriques 1932-1940
Au musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère jusqu'au lundi 21 octobre


La plus sportive

Ouverte l'an passé pour célébrer les 50 ans des Jeux olympiques d'hiver grenoblois mais prolongée jusqu'au début de cet automne au vu du succès rencontré, l'exposition du Musée dauphinois sobrement intitulée Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l'Isère est une petite merveille qui s'adresse à tous, passionnés ou non de sports d'hiver. Car en plus de présenter divers objets et témoignages reliés à la compétition, elle démontre de manière accessible (et ludique) comment les JO ont transformé notre territoire. Et puis on peut aussi s'essayer au bobsleigh grâce à un simulateur alors !

Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l'Isère
Au Musée dauphinois jusqu'au lundi 7 octobre


La plus scientifique

Déployée dans trois lieux (le Muséum, la Casemate et l'Observatoire des sciences de l'univers), l'exposition Les Mondes inconnus permet de découvrir « l'univers et ses mystères ». Une proposition richement documentée mais tout de même accessible à tous, et surtout au jeune public dans les deux premiers lieux cités.

Les Mondes inconnus
À la Casemate, au Muséum de Grenoble et à l'Observatoire des sciences de l'univers de Grenoble jusqu'au dimanche 28 juillet (vendredi 26 juillet pour l'Osug)


La plus politique

Et voici une exposition avec pas mal de vidéo-performances à dimension symbolique dans lesquelles les artistes (souvent des femmes et des non-occidentaux) battent en brèche toutes les formes de domination – du patriarcat infantilisant au post-colonialisme insidieux. Une belle occasion, par exemple, de voir le film iconique de Gordon Matta-Clark Conical intersect, de découvrir le travail fascinant d'Heidi Bucher ou encore de se rappeler que, si l'on souhaite que certaines choses changent, il faut accepter qu'à un moment ce soit le bazar.

Entropie j'écris ton nom
Au Magasin des horizons jusqu'au dimanche 28 juillet


La plus précise

C'est un travail minutieux que le peintre hollandais Rembrandt réalisa au XVIIe siècle avec ses gravures. Un travail qui a fasciné le Fonds Glénat puisqu'il en a acquis 72 qu'il présente de manière permanente dans son Couvent Sainte-Cécile. À voir pour la finesse et l'expressivité du trait (des loupes sont à disposition), pour la parfaite maîtrise des jeux de lumière (des noirs intenses à d'éblouissantes zones non-gravées) ou encore pour cette étonnante capacité à suggérer beaucoup avec très peu.

Cabinet Rembrandt
Au Couvent Sainte-Cécile de manière permanente (fermeture estivale du 28 juillet au 19 août)

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Accrochage dialogique

ARTS | Tout simplement intitulée "Dialogues", l’exposition qui marque la réouverture du musée Géo-Charles propose de faire converser le travail de quatre artistes ainsi que celui des étudiants de l’ESAD avec les œuvres de la collection du musée. Sympathique.

Benjamin Bardinet | Mercredi 9 juin 2021

Accrochage dialogique

Les entraîneurs d’équipe de football et les commissaires d’exposition partagent en commun de devoir tirer le meilleur d’un collectif en favorisant le dialogue entre ses membres – les joueurs pour les premiers, les artistes pour les seconds. La nouvelle exposition du musée Géo-Charles (farfelu poète féru de sport) invite précisément des artistes contemporains à choisir parmi la collection du musée des œuvres avec lesquelles ils souhaiteraient jouer le temps d’un accrochage – un peu comme si on offrait l’occasion à Mbappé de faire équipe avec Platini. Au rez-de-chaussée, l’exercice est proposé aux étudiants de l’ESAD qui, par le biais de dispositifs ou d’installations tour à tour poétiques, politiques ou ironiques, font des propositions amusantes. Autant d’occasions de redécouvrir certaines pièces de la collection : les galets-poèmes de Géo-Charles, les dessins et jeux pour enfants de Monteiro ou les gravures de Masereel. Rapprochements et face-à-face À l’étage, ce sont quatre artistes invités qui jouent le jeu de l’accrochage dialogique. Le peintre et bédéiste Jean-Marc Rochette expose ses imposantes parois picturales à proximité de deux photographies que to

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"Obey, 30 years of resistance" : Shepard the Giant

Exposition | Superstar internationale du street art, Shepard Fairey (alias Obey) est invité par le Street Art Fest Grenoble Alpes pour une immense exposition à l’Ancien Musée de peinture. "Obey, 30 years of resistance" dresse ainsi un panorama rétrospectif de la production de l’artiste états-unien. Et nous en met plein la vue.

Benjamin Bardinet | Vendredi 7 juin 2019

« Faire une énorme rétrospective sur un artiste avec plus de 600 pièces, dans une vie de commissaire d’expo, c’est un gros morceau » nous expliquait la semaine dernière Jérôme Catz, directeur du Street Art Fest Grenoble Alpes. Et quel gros morceau ! Passé la porte d’entrée de l’Ancien Musée de peinture, l’effet est saisissant : de chaque côté, d’immenses bâches surplombent des cimaises sur lesquelles sont présentées, quasiment à l’infini, des sérigraphies de Shepard Fairey. Pour nous aider à nous y retrouver, le parcours est ponctué de plusieurs grandes sections thématiques consacrées à la musique, la politique ou l’écologie – le travail de l’artiste étant largement en prise avec les réalités sociales et politiques de son époque. Dénonçant l’impérialisme ou encore l’obsession militariste et consumériste de son pays, Fairey crée des fresques invitant à la résistance – il reverse d’ailleurs souvent le bénéfice de ses ventes à des associations militantes. Une première section chron

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"Jean-Marc Rochette, artiste au sommet" : montagn’art

Exposition | Avec "Jean-Marc Rochette, artiste au sommet", le Musée de l’Ancien Évêché se penche sur le versant montagnard de la production de l’auteur du "Transperceneige" et d’"Ailefroide, altitude 3954". Une exposition qui réunit bien naturellement de nombreuses planches de bandes dessinées et des esquisses préparatoires, mais également des peintures et des aquarelles qui nous en mettent plein la vue. Visite guidée.

Benjamin Bardinet | Mardi 14 mai 2019

Plébiscitée aussi bien par le public que par la critique, la bande dessinée autobiographique Ailefroide, altitude 3954, sortie l’an passé, raconte la progressive découverte de l’alpinisme par un jeune Grenoblois au début des années 1970. Avec une première riche section consacrée à cet ouvrage dont le succès éditorial a surpris l’auteur lui-même, l’exposition Jean-Marc Rochette, artiste au sommet nous plonge dans l’univers montagnard du dessinateur et nous dévoile les différentes étapes nécessaires à la création d’une bande dessinée dont le processus de fabrication s’apparente à une forme d’artisanat. Les planches originales, en grands formats, sont présentées à côté du story-board : un choix qui permet de mieux saisir comment l’art du bédéiste consiste à concilier le découpage séquentiel de son histoire et la composition de chacune de ses planches – les esquisses colorées du story-board permettant d’avoir un aperçu gé

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"Souvenirs de voyage, la collection Antoine de Galbert" : itinéraire d’un collectionneur inspiré

Exposition | Avec l’exposition "Souvenirs de voyage", le Musée de Grenoble nous invite à explorer la palpitante collection d’art contemporain du Grenoblois Antoine de Galbert. Une proposition fascinante qui nous interroge sur l’acte de collectionner, la vie, la mort, l’art… Rien que ça !

Benjamin Bardinet | Lundi 29 avril 2019

À l’image de la collection singulière qu’elle honore, l’exposition Souvenirs de voyage du Musée de Grenoble parvient à faire d’un ensemble d’œuvres hétéroclites un tout d’une étonnante cohérence – jamais rien ne semble mis ici par hasard. Le goût singulier que le collectionneur de renom Antoine de Galbert a façonné au fur et à mesure de ses acquisitions opère ainsi comme une sorte de fil rouge qui sous-tend le parcours de manière stimulante. En effet, le Grenoblois installé à Paris a toujours su affirmer des choix personnels, ne cédant jamais aux tendances du milieu de l’art contemporain qui, même lorsqu’il se prétend subversif, peut être finalement assez convenu. Pour le Musée de Grenoble qui l’accueille (« quand j’étais jeune, ce musée était pour moi une cathédrale, jamais je n’aurais imaginé exposer ici » nous a-t-il déclaré en interview), Antoine de Galbert a choisi de privilégier un certain nombre de grands classiques de la créati

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Antoine de Galbert : « Je collectionne des choses très torturées ! »

Exposition | Figure singulière du milieu de l'art, le Grenoblois Antoine de Galbert fait partie des personnes qui bousculent gentiment les habitudes institutionnelles. Le voilà qui débarque au Musée de Grenoble pour dévoiler "Souvenirs de voyage", exposition centrée sur une partie de son immense et passionnante collection qui, à mille lieues des achats convenus que peuvent faire certains collectionneurs de son calibre, fait se côtoyer les grandes figures de l'art moderne, la jeune génération, l'art brut ou encore les objets ethnographiques. Voilà qui méritait bien une interview.

Aurélien Martinez | Mardi 23 avril 2019

Antoine de Galbert : « Je collectionne des choses très torturées ! »

Qu’est-ce qu’un collectionneur ? Antoine de Galbert : C’est difficile comme question… Je dirais que c’est quelqu’un qui se rassure en s’entourant d’objets magiques. Quel collectionneur êtes-vous ? Un collectionneur comme tous les autres. Après, il y a des adjectifs qui viennent spécifier chaque collectionneur : il y a des petits, des grands, des gros, des maigres, des intelligents, des crétins, des spéculateurs, des amateurs… La plupart sont des gens qui m’intéressent, même si ce qu’ils collectionnent peut ne pas m’intéresser comme chaque collectionneur a son goût propre. Au vu de l’exposition présentée au Musée de Grenoble, on pourrait vous qualifier de collectionneur instinctif avec des goûts très larges… Certes, on peut parler d’intuition. Il ne faut pourtant jamais oublier que cette intuition est étayée par 30 ou 40 ans de regard ! D’ailleurs, si l’intuition est seule à décider, c’est un peu un carnage. C’est comme dans la vie, il n’y a pas que le coup de foudre, il y a aussi la construction, la réflexion… Une collection, c’est vraiment la rencontre entre un

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Cabinet Rembrandt : un petit cabinet pour un grand maître

Exposition | Le Couvent Sainte-Cécile se transforme en musée pour accueillir de manière permanente les splendides gravures du Hollandais Rembrandt qu'il a acquises.

Benjamin Bardinet | Mardi 23 avril 2019

Cabinet Rembrandt : un petit cabinet pour un grand maître

Il y a un an et demi, le couvent Sainte-Cécile exposait temporairement 72 gravures du Hollandais Rembrandt (XVIIe siècle) dont le Fonds Glénat pour le patrimoine venait de faire l’acquisition. Étant donné la qualité des œuvres en question, l’institution ne souhaitait pas en rester là et vient d’inaugurer une sorte de petit musée permanent consacré à cet achat remarquable. Baptisé Cabinet Rembrandt, cet espace d’exposition est conçu comme un écrin chaleureux dans lequel sont présentées les gravures rassemblées par thématiques – scènes religieuses, autoportraits et portraits de famille, scènes de genre… Pour des raisons de conservation, les 72 pièces seront montrées en alternance, enrichies à l’occasion de prêts ou d’éventuelles nouvelles acquisitions. C’est une évidence, certes, mais l’œuvre gravée de Rembrandt mérite largement le détour : pour la finesse et l’expressivité du trait (des loupes sont à disposition), pour la parfaite maîtrise des jeux de lumière (des noirs intenses à d’éblouissantes zones non-gravées), pour cette étonnante capacité à suggérer beaucoup avec très peu… Pour celles et ceux qui n’ont pas vu l’exposition initial

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"Les Mondes inconnus" : l'univers à portée de main

Exposition | Dans le cadre du programme d’événements scientifiques "Une saison dans les étoiles", l’exposition fortement axée jeune public "Les Mondes inconnus", qui se tient à la Casemate, au Muséum et sur le campus, permet d’explorer les sciences si mystérieuses que sont celles de l’univers. On l'a visitée.

Alice Colmart | Mardi 16 octobre 2018

L’exposition Les Mondes inconnus étant découpée en trois parties présentées dans trois lieux distincts, il faut donc faire un choix pour la débuter. Pour nous, le décollage fut à la Casemate. « Pour que les enfants comprennent comment ça se passe dans l’espace, il faut que ce soit interactif. Beaucoup de choses vont leur permettre de découvrir et de chercher » : voilà ce que nous a expliqué à notre arrivée Élodie Weber, chargée de communication du fameux centre de culture scientifique, technique et industrielle grenoblois. Ainsi, pour commencer, un espace pour « se localiser » propose des manipulations consistant à replacer les planètes dans un tableau de bois qui illustre le système solaire. Et pour avoir une idée précise de la manière « dont on observe le ciel » est exposé à ses côtés un véritable télescope donné par le Groupe d'astronomie du Dauphiné. Dans la deuxième partie, « on voyage ». On entre dans une navette spatiale dans laquelle on observe différents corps célestes (« une étoile, le soleil, une lune, un astéroïde… ») ainsi que différents cailloux (« les cailloux de

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Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec de la photographie, du graphisme, de l'art contemporain, de l'égyptologie ou encore des sciences de l'univers.

La rédaction | Mardi 25 septembre 2018

Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Les Mondes inconnus Intrigante sur le papier cette exposition baptisée Les Mondes inconnus que l'on pourra découvrir à la Casemate (le Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble), au Muséum et à l’Observatoire des sciences de l’univers de Grenoble (sur le campus). Une triple proposition qui a pour but de faire découvrir au public (et notamment aux plus jeunes) les mystères des sciences de l'univers via, à ce qu'on nous en a dit, une scénographie ludique et interactive – comme, par exemple, un voyage dans une fusée ! Plus d'infos mi-octobre, dès que nous aurons visité tout ça. À la Casemate, au Muséum et à l'Osug du samedi 13 octobre au dimanche 28 juillet Allons voir la mer avec Doisneau De Robert Doisneau (1912 – 1994), figure majeure de la photographie humaniste,

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Les 5 expositions à voir ou à revoir cet été

Sélection | Nous en avons parlé (en bien) cette année, elles sont encore à l’affiche à Grenoble et dans l'agglo : voici les expositions à voir ou à revoir cet été, histoire de se mettre intelligemment au frais.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Les 5 expositions à voir ou à revoir cet été

Hibakusha, dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki Certes, on pourrait penser qu'une belle journée d'été se prête plus au farniente au soleil qu’à la visite d’une expo sur un sujet pareil. Pourtant, il serait dommage de passer à côté de cet ensemble remarquable de dessins car l'horreur de la situation décrite par les survivants des attaques nucléaires de 1945 est à la hauteur de la beauté des représentations qu'ils en font. Construite comme une chronique de cet enfer, l'exposition, en s'appuyant sobrement sur ces témoignages, fait œuvre de mémoire, loin de tout sensationnalisme malsain. Au Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, jusqu'au 1er octobre 1918, l'affiche sur les chemins de l'Histoire La

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Jean-Marc Rochette : « Grenoble sera la seule ville de France qui a fait un monument pour les enfants irradiés »

Rencontre | Jean-Marc Rochette, auteur de bande dessinée (le fameux "Transperceneige", c’est lui) passionné de montagne, sera quelques jours à Grenoble dans le cadre du Printemps du livre pour notamment présenter son nouvel ouvrage "Ailefroide", centré sur sa jeunesse grenobloise. Et pour, surtout, inaugurer une statue qu’il offre à la Ville de Grenoble ; statue qui sera installée dans le Jardin Hoche, sur le boulevard Gambetta. Du coup interview.

Aurélien Martinez | Lundi 19 mars 2018

Jean-Marc Rochette : « Grenoble sera la seule ville de France qui a fait un monument pour les enfants irradiés »

Pourquoi avez-vous décidé de faire don à la Ville de Grenoble d’une sculpture baptisée L'enfant de Tchernobyl ? Jean-Marc Rochette : En 2015, j’ai publié la bande dessinée Terminus dans laquelle des enfants se font irradier. Pour que cette scène soit convaincante, je me suis renseigné sur le sujet. Et je suis tombé sur le travail du photojournaliste Paul Fusco qui avait fait des photos des enfants de Tchernobyl. Ça m’avait profondément scandalisé, notamment le fait que personne ne parle de ça. J’ai alors décidé de faire plusieurs sculptures à partir de ces photos. Comme je savais que la Ville de Grenoble était écolo, je les ai contactés pour leur en proposer une : ça a tout de suite intéressé le maire. La sculpture est petite – 25 cm de haut sur une colonne d’1m 20 – et n’est pas clivante, avec une sorte de petit prince de l’apocalypse presque tendre à regarder : je n’ai pas voulu faire de la provocation mais simplement que les gens pensent à cette histoire. J’espère que les Grenoblois seront émus par ce petit personnage, d’autant que vous serez la seule ville de France qui a fait un monument pour ces enfant

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JO de Grenoble : en février, ça farte avec la Cinémathèque

ECRANS | En 1968, Grenoble accueillait des sportifs du monde entier pour les Jeux Olympiques d’hiver. Afin de célébrer l'anniversaire de cet événement, la (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 6 février 2018

JO de Grenoble : en février, ça farte avec la Cinémathèque

En 1968, Grenoble accueillait des sportifs du monde entier pour les Jeux Olympiques d’hiver. Afin de célébrer l'anniversaire de cet événement, la Cinémathèque propose un combiné géant de six projections. Sans même chausser les spatules, le public pourra s’aligner devant une sélection de courts-métrages en présence de leur réalisateur Jack Lesage, partager La Descente infernale de Michael Ritchie avec Robert Redford ou replonger dans le passé avec le documentaire de Laurence Jourdan, Les Jeux de la France - Grenoble 1968, en présence du producteur Dominique Gibrail. Tout est bon pour avoir la poudreuse aux yeux. Un programme sportif à découvrir du 8 février au 2 mars au cinéma Juliet Berto et au Palais des sports. Programme complet sur le site de la Cinémathèque.

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Les 5 expositions qui vont marquer le début d'année 2018

Panorama de rentrée culturelle | Avec des chefs-d’œuvre dessinés au Musée de Grenoble, des archives olympiques au Musée dauphinois ou encore de drôles de sculptures à SpaceJunk.

Charline Corubolo | Mardi 9 janvier 2018

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Graphies du déplacement À travers la marche, l’artiste Mathias Poisson éprouve le territoire pour une expérience artistique polymorphe dans laquelle la représentation a posteriori de la promenade est intrinsèquement liée à la mémoire sensitive du corps dans l’espace parcouru. Une démarche du ressenti où se mêlent crayonnés, photographies et performances retraçant la déambulation réalisée par l’artiste, seul ou en groupe. Plus d'informations sur ces Graphies du déplacement en deux temps dans cet article. Au Vog Fontaine jusqu’au samedi 31 mars Group Show En guise de bonnes résolutions artistiques, la

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La montagne de bulle en bulle au Musée de l'Ancien Évêché

ARTS | C’est au cœur des montagnes que le 9e art a fait ses premières bulles. Presque deux siècles plus tard, c’est aux pieds de ces dernières que cet art, la bande dessinée, s’expose de planches colorées en crayonnés noirs pour mettre en vignette les rapports entre l’homme et les cimes. Une ascension délicieuse, à réaliser au Musée de l’Ancien Évêché.

Charline Corubolo | Lundi 12 décembre 2016

La montagne de bulle en bulle au Musée de l'Ancien Évêché

Remplir les bulles de sommets, cela fait longtemps que les dessinateurs et scénaristes s’y appliquent. Le premier en date est le Suisse Rodolphe Töpffer qui, en 1827 dans les Alpes, s’adonne à un nouvel exercice, celui d’une narration par planches dessinées. Avec ses Amours de monsieur Vieux Bois, la bande dessinée voit s'esquisser ses premières vignettes en même temps que l’homme arpente les montagnes, l’exploration des massifs traduisant les changements sociétaux d’une modernité en marche. Un bouleversement dont s’emparent les auteurs, comme Aristide Perré avec Poucette Trottin ou encore Émile-Joseph-Porphyre Pinchon avec sa fameuse Bécassine. Une recherche des différentes représentations de cette nature toujours d’actualité, qu’elle soit lieu de conquête ou élément personnifié, que le Musée de l’Ancien Évêché déploie entre ses murs grâce à une scénographie subtile le long de l’exposition Pic & bulle, la montagne dans la BD. Avec pas moins de 90 auteurs, 200 planches originales, 15 albums historiques et 62 rep

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Le Musée Géo-Charles au pays de la peinture

ARTS | Pour sa nouvelle exposition, le musée s'intéresse au paysage dans sa dimension picturale. "Paysage ou l'étrange idée du beau" met en parallèle des artistes contemporains, Jean-Marc Rochette et Michel Frère, et des artistes du millénaire précédent afin d'explorer les différentes représentations de la nature.

Charline Corubolo | Mardi 31 mai 2016

Le Musée Géo-Charles au pays de la peinture

Au même titre que la basket Stan Smith est tendance chez les hipsters, le paysage est le « hit » des expositions actuellement à Grenoble. Après le lancement de l'application Paysages-in-situ, qui fut l'occasion d'une double exposition au Musée de Grenoble et au Musée Hébert en septembre dernier, la verte prairie et les montagnes enneigées reviennent sur le devant de la scène, cette fois-ci au Musée Géo-Charles. Intitulée Paysage ou l'étrange idée du beau, la proposition s'inscrit dans le projet "Paysage Paysages", une plateforme d'innovation et d'initiatives autour des décors naturels de notre région. Cherchant à confronter deux peintres contemporains – Jean-Marc Rochette et Michel Frère – à des artistes de la tradition du paysage en France durant les siècles précédents, le parcours met en parallèle de grandes toiles abstraites avec celle de Courbet, Chotin ou encore Achard. Le paysage pictural s'insère ainsi dans une continuité avec une nouvelle esthétique, où la lumière et la matière sont denses, pour une peinture profonde. Il est cependant regrettable que les salles d'exposition soient plong

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Jean-Marc Rochette, de la montagne à l'art

ARTS | Des pics montagneux, il a gardé l'instant d'adrénaline qui le plonge dans une sorte de transe pour ensuite retrouver cet état dans la peinture. Actuellement exposé au Musée Géo-Charles, le dessinateur Jean-Marc Rochette, connu pour la bande dessinée "Le Transperceneige", dévoile un trait puissant qui navigue entre vignettes et peinture. L'occasion de rencontrer l'artiste et de parler de ses passions : l'alpinisme et la création plastique. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 3 mars 2015

Jean-Marc Rochette, de la montagne à l'art

Tout cela n'a rien d'un parcours classique et manifeste grandement du talent du dessinateur. Né en 1956 en Allemagne, Jean-Marc Rochette débarque à Grenoble en 1968 pour ses études secondaires. Alors en section scientifique en première, il troque les mathématiques pour la montagne et n'y reviendra pas. Il termine son cursus avec une terminale artistique et, après un bac obtenu en 1975, enchaîne avec une année de licence en histoire de l'art. Mais les études ne sont cependant pas réellement sa priorité. « Je n'y allais jamais, j'étais toujours en train de grimper, j'étais complètement investi dans l'alpinisme à l'époque. Mais en 1975, lors de mon année d'histoire de l'art à Grenoble, j'ai eu un gros accident qui m'a éloigné de la montagne et m'a fait m'intéresser davantage à la peinture et la BD que j'affectionnais déjà. » En effet, dès 1974, son nom apparaît dans le magazine de contre-culture Actuel avec des récits courts. Puis il signe dans L'Écho des savanes. « Je suis devenu professionnel en 1978 à 22 ans et je me suis alors lancé à Paris, ce qui m'a encore plus éloigné des monta

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