Sacré Arcabas

Exposition | Décédé il y a tout juste un an à Saint-Pierre-de-Chartreuse à l’âge de 92 ans, Arcabas a laissé une œuvre picturale empreinte d’une spiritualité rayonnante, à découvrir à Meylan dans un lieu magique !

Benjamin Bardinet | Mardi 3 septembre 2019

C'est en découvrant le Clos des Capucins que la fille du peintre Arcabas (1926-2018) fut convaincue par la proposition faite par la mairie de Meylan de rendre hommage à son père. Et il émane effectivement de ce site, longtemps dédié à la spiritualité, une sérénité qui résonne intelligemment avec les œuvres d'Arcabas, ce natif de Lorraine installé en Chartreuse en 1986 – massif au pied duquel se trouve précisément cet espace.

Réunissant une trentaine de toiles, l'exposition s'ouvre en beauté avec, entres autres, un gigantesque polyptyque dans lequel dialoguent symboles abstraits et scènes figuratives parmi lesquels les plus profanes d'entre nous pourront tout de même reconnaître une crucifixion et une résurrection enjouée. « On a assez pleuré dans les églises » expliquait Arcabas tel que relaté dans le catalogue de l'exposition, « se centrer sur la résurrection du Christ mène à la joie ». L'énergie singulière qui traverse son œuvre peut avoir quelque chose d'euphorisant.

« Tout ce qui existe sur cette terre est sacré »

L'exposition réunit aussi bien des scènes bibliques (Les Pèlerins d'Emmaüs, La Femme adultère), des peintures relatives à l'acte de peindre (L'Ange paysagiste, Le Pinceau magique) que des scènes profanes comme ce saisissant tableau intitulé Les Assassins dans lequel une famille est massacrée par des militaires dont les gueules fulminantes et le canon des armes surgissent d'un nuage de poussière jaunâtre...

À vrai dire, peu importe pour Arcabas que le sujet soit sacré ou pas. Pour lui, la notion de profane n'a pas lieu d'être car elle supposerait « une soustraction de la présence de Dieu dans le monde ». Aussi, si le sujet n'est pas toujours "religieux", toutes ses peintures flirtent avec le sacré, transportées par un chromatisme luminescent qui ambitionne de révéler la présence de Dieu en toute chose – ce qu'Arcabas avait coutume de résumer en racontant que chaque tableau qu'il peignait était « une tentative pour voir l'invisible ».

Arcabas
Au Clos des Capucins (Meylan), jusqu'au dimanche 13 octobre


Arcabas

Exposition en hommage à Arcabas. Peinture
Clos des Capucins 18 chemin Villauds Meylan
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Le dernier "à Dieu" d’Arcabas

ACTUS | Le peintre français, figure de l'art sacré exposée aussi bien en France qu'à l'étranger, est mort à l'âge de 91 ans à Saint-Pierre-de-Chartreuse. On lui doit notamment les œuvres du Musée d’art sacré contemporain de Saint-Hugues-de-Chartreuse.

Philippe Gonnet | Jeudi 23 août 2018

Le dernier

Arcabas ne promènera donc plus son regard malicieux sur ses œuvres du Musée d’art sacré contemporain de Saint-Hugues-de-Chartreuse ou sur les vitraux de la basilique du Sacré-Cœur de Grenoble, dont il poursuivait, à plus de 91 ans, la réalisation. Jean-Marie Pirot, dit Arcabas, s’est en effet éteint ce jeudi 23 août à son domicile de Saint-Pierre-de-Chartreuse, entouré de ses deux enfants, Étienne, sculpteur, et Isabelle, écrivaine et dramaturge. Né en 1926 en Moselle, le jeune Jean-Marie connaîtra avec tant d’autres les affres de la guerre, enrôlé de force dans l’armée allemande. Une épreuve dont il ne parlait jamais, mais qu’il est difficile de ne pas relier à sa « conversion » à cette « foi joyeuse » qu’il aimera tant peindre. Après les Beaux-Arts de Paris, le jeune Jean-Marie se retrouve en poste à Grenoble, où son épouse Jacqueline est l’une des toutes premières psychologues scolaires. C’est l’époque du plateau d’Assy, où le père Couturier, pour qui « tout art véritable est sacré », convie Matisse, Braque, Chagall, Bonna

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Musée d’art sacré contemporain : un peintre et des merveilles

ESCAPADES | Au cœur du massif de la Chartreuse, en plein dans l’église Saint-Hugues-de-Chartreuse, se cache un musée d’art sacré contemporain. Et c’est Arcabas, un artiste aujourd’hui âgé de 90 ans, qui l’a magnifiquement rénové au fil des ans. Visite guidée.

Tiphaine Lachaise | Mardi 5 juillet 2016

Musée d’art sacré contemporain : un peintre et des merveilles

Pour accéder à l’église Saint-Hugues-de-Chartreuse qui abrite le musée d’art sacré contemporain, il faut le mériter ! Pour s’y rendre, on doit utiliser la voiture ou presque dédier une journée entre marche et muséologie puisque les transports en commun sont ici inexistants. Dommage, car on est face à une merveille d’art sacré. Christine Julien, directrice des lieux, est aussi enthousiaste que nous. « Quand on arrive ici, on ne sait pas trop par où regarder ! » 111 œuvres se repartissent ainsi dans cette petite église de montagne, créant un espace proche du sublime. 111 œuvres qui viennent toutes des mêmes mains : celles de Jean-Marie Pirot dit Arcabas. En 1953, le peintre et sculpteur français né en 1926 en Lorraine, formé ensuite aux Beaux-Arts de Paris avant d’enseigner à ceux de Grenoble, demande au curé Truffot (« un prêtre ouvrier que l’évêque avait envoyé un peu en exil en montagne pour qu’il ne pollue pas la population des villes » dixit Christine Julien) de

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