"Digital Ways" : Ivan Arlaud et Morgan Ward, peintres 2.0

Exposition | Ces deux jeunes artistes sont à découvrir à la galerie Tracanelli de Grenoble jusqu'au 30 novembre.

Benjamin Bardinet | Mardi 19 novembre 2019

Photo : Ivan Arlaud


Modestes mais toujours judicieux, les accrochages de la galerie Tracanelli proposent de réunir deux artistes autour d'une même problématique ou d'une sensibilité commune. Avec l'exposition intitulée Digital Ways, il s'agit d'interroger la peinture à l'ère du numérique. Comment la dématérialisation des images, leur reproductibilité irrépressible et leur diffusion infinie, nourrissent la pratique des peintres contemporains ?

Originaire de Lyon, Ivan Arlaud s'inspire d'images qu'il trouve sur Internet pour réaliser des peintures (photo) dont les thèmes s'inscrivent dans une forme de tradition : une scène de chasse à courre, Don Quichotte... Le jeune artiste fait feu de tout bois ; peint sur un vase, des baskets, un morceau de toile grossièrement tendue – comme une volonté paradoxale de revendiquer un rapport aux matériaux à l'ère de la dématérialisation.

Morgan Ward quant à lui, réalise des peintures gestuelles abstraites dont les formes ne semblent pas être produites par le geste naturel du peintre, et pour cause, il s'est inspiré de celles que l'on peut créer maladroitement lorsque, une souris à la main, on fait n'importe quoi sur Paint. En transposant ces formes de l'écran de l'ordinateur à la surface de la toile, il leur confère une valeur esthétique singulière avec laquelle il joue, combinant les couleurs, jouant sur les dégradés et les réserves. Plutôt réussi !

Digital Ways
Á la galerie Tracanelli, jusqu'au 30 novembre


Ivan Arlaud, Morgan Ward

Peinture, dessin
Galerie Tracanelli 13 rue Beyle Stendhal Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

En octobre, il faut passer par la galerie Tracanelli !

ARTS | N’hésitez pas à passer la porte de la galerie Tracanelli pour y visiter l’exposition du mois d’octobre ! Vous y découvrirez le travail de Marjolaine (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 20 octobre 2020

En octobre, il faut passer par la galerie Tracanelli !

N’hésitez pas à passer la porte de la galerie Tracanelli pour y visiter l’exposition du mois d’octobre ! Vous y découvrirez le travail de Marjolaine Robert de Saint Vincent qui se nourrit de son parcours atypique entre les Beaux-Arts et l’armée (eh oui !) ; les compositions picturales d’Adrian Kay Wong dans lesquelles des éléments figuratifs stylisés surgissent d’un entrelacs de motifs abstraits évoquant les tapisseries des années 1970 ; et surtout les expérimentations picturales de Julien Herz qui joue des superpositions et des styles pour créer des compositions assez surprenantes. Des emboîtements de formes géométriques bleu électrique et gris métallique y côtoient des surfaces en crépis et de nerveux gribouillis à la craie.

Continuer à lire

1ère édition

Ouvrage | Toujours sur tous les fronts, la galerie Tracanelli démarre un projet éditorial visant à soutenir et à diffuser le travail de jeunes artistes qu’elle (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 6 octobre 2020

1ère édition

Toujours sur tous les fronts, la galerie Tracanelli démarre un projet éditorial visant à soutenir et à diffuser le travail de jeunes artistes qu’elle représente. La première édition est consacrée à l’œuvre photographique de l’artiste Alp Peker (qui avait été exposé à la galerie en décembre dernier). Dans ces photographies, les corps mis en scène par l’artiste turc sont comme d’infinis terrains de jeu avec lesquels interagissent tout un tas d’accessoires aussi triviaux que colorés. En bonus, en fin d’ouvrage, quelques photographies témoignent des coulisses des prises de vue et des dessins préparatoires réalisés par l’artiste. En vente 20€ à la galerie Tracanelli ou en ligne.

Continuer à lire

Obsolescence déprogrammée

Accrochage | La galerie Tracanelli renoue avec ses habitudes en proposant pour le mois de juin un accrochage d’un duo d’artistes dont le dialogue reste en grande (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 9 juin 2020

Obsolescence déprogrammée

La galerie Tracanelli renoue avec ses habitudes en proposant pour le mois de juin un accrochage d’un duo d’artistes dont le dialogue reste en grande partie soumis aux interprétations du visiteur. Mathieu Arfouillaud livre une série de paysages obscurs baignés d’une lumière lugubre et confirme son goût pour une nature aseptisée, domptée par l’homme ; une nature simili-sauvage grandement inspirée par la place qu’on lui accorde dans les aménagements urbanistiques contemporains. En guise de "signature", Arfouillaud intervient toujours sur une portion conséquente de toile en appliquant un aplat monochrome qui rompt avec la nature illusionniste de la représentation. De son côté, Lucas Schiesser, fraîchement sortie de l’École supérieure d’art et design de Grenoble, développe une pratique qui joue également des représentations… en trois dimensions cette fois. Il procède au moulage d’objets ayant incarné, il n’y a pas si longtemps, une sorte de modernité technologique. Des téléphones Nokia 3310 et un Mac pas si vieux que ça, semblent ainsi surgir d’un autre temps, comme fossilisés. Une manière de pétrifier l'état "naturel" d'obsolescence programmée de ces objets et de questionner l'accél

Continuer à lire

La loi des séries

ARTS | Trois artistes en une seule et même exposition sont à découvrir jusqu'au 31 janvier à la galerie Trancanelli. On en a poussé la porte pour vous en dire plus.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 janvier 2020

La loi des séries

À peine le temps de se remettre des Fêtes que la (très dynamique) galerie Tracanelli nous propose une exposition présentant les toutes dernières séries fraîchement sorties de l’atelier de trois artistes aux pratiques très variées. D’origine chinoise et passée un temps à l’École supérieure d’art de Grenoble avant de s’installer à Paris, l’artiste Mengpei Liu développe un travail pictural qui oscille entre abstraction et figuration. Inspirée par les paysages naturels et adepte du tout petit format, la jeune peintre déploie une touche vive et gestuelle qui joue de toutes les possibilités offertes par la peinture, entre exploration de la texture et effets de transparence. À ses côtés sont présentées les photographies chronologico-chromatiques d’Anthony Delia, dont une série d’intérieurs contemporains baignés d’une lumière chaleureuse que les tirages excellent à mettre en valeur. Enfin, l’artiste hollandaise Dagmar Stap expose une série d’objets brodés qui imitent de manière hyperréaliste les emballages de produits de consommation de masse. Un travail qui s’inscrit dans la tradition pop et confronte la temporalité du "fait main" à l’instantanéité de la production industrielle.

Continuer à lire