Photographico-volcanique

Exposition | Le Studio Spiral a ouvert ses portes au photographe Jean-Pierre Angei. L'artiste expose une série d'images sur le volcan de l'île Stromboli, en Méditerranée.

Benjamin Bardinet | Mardi 10 décembre 2019

Photo : Jean-Pierre Angei


On connaissait de Jean-Pierre Angei les tirages paradoxalement charbonneux de paysages enneigés de stations de sports d'hiver. C'est à un sujet qui paraît spontanément plus enclin à être traité de la sorte qu'il s'attelle dans l'exposition qu'il dévoile à la galerie Spiral : IDDU. Un titre énigmatique qui n'est rien d'autre que le nom que donnent les habitants de l'île Stromboli au fameux volcan qui les surplombe. Toujours en activité, ce volcan accompagne de sa profonde respiration le quotidien des habitants qui savent à la fois ce qu'ils lui doivent (des terres étonnement fertiles) et le danger réel qu'il représente. C'est cette tension entre un quotidien paisible et cette menace sourde que parviennent à nous faire ressentir les images d'Angei, qui s'est imprégné de l'ambiance fascinante de ce territoire insulaire. Prises en argentique, au lever du jour, avant que la lumière ne soit trop franche, ces photographies donnent l'impression d'être celles d'un rêve dont on ne discerne pas toujours le sens mais dont l'ambiance nous hante. Les tirages, réalisés sur papier de soie, amplifient cette dimension et produisent de douces images inquiétantes à mille lieues du clinquant tape-à -l'oeil dont nous sommes quotidiennement abreuvés.

IDDU, Jean-Pierre Angei
Au Studio Spiral, jusqu'au 14 décembre


Jean-Pierre Angei

"Iddu". Photographie
Le Studio Spiral 16, rue Chenoise Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Acquisitions en cours d’exposition grâce à l'Artothèque municipale de Grenoble

Exposition | L'Artothèque de Grenoble investit la Bibliothèque centre-ville jusqu’au samedi 9 mars pour une savoureuse exposition de ses nouvelles acquisitions.

Benjamin Bardinet | Mardi 26 février 2019

Acquisitions en cours d’exposition grâce à l'Artothèque municipale de Grenoble

La traditionnelle exposition annuelle consacrée aux récentes acquisitions de l’Artothèque de Grenoble (située, on le rappelle, à Chavant, dans la Bibliothèque d'étude et du patrimoine) est l’occasion amusante d’évaluer votre assiduité aux expositions grenobloises (et à nos chroniques) puisqu’une bonne partie des pièces acquises sont celles d’artistes ayant récemment exposés à Grenoble. Précisément, l’accrochage à la Bibliothèque centre-ville ouvre avec les photographies de Stéphanie Nelson et Alexis Bérar dont le travail est encore visible à la Bibliothèque d’étude et du patrimoine dans l’exposition Nos mémoires vivent. On retrouve chez la première le goût de l’histoire intime et familiale et chez le second un intérêt pour les accidents photographiques et l’artificiel. S’ensuit deux amusants « Rétr

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Les poudreux tracés de Jean-Pierre Angei

Galerie | Le photographe Jean-Pierre Angei quitte l’univers du textile pour pénétrer dans la brume de la montagne. Avec "Éphéméride", il sublime une neige montagneuse par un camaïeux gris voilé et offre une nouvelle vision de cette matière éphémère, traçant un autre temps.

Charline Corubolo | Mardi 23 mai 2017

Les poudreux tracés de Jean-Pierre Angei

Après L’Envol vestimentaire de mars 2016, Jean-Pierre Angei propose un Éphéméride photographique du manteau blanc des montagnes. Déployant au cœur de la galerie Ex Nihilo une scénographie singulière jouant sur la mise en abyme, l’artiste dévoile un panorama visuel, entre moyens formats et envahissement des murs, des tracés entrelacés des skieurs qui marquent la neige. En résulte un ensemble où la matière glacée devient sujet ausculté par le prisme d’un camaïeux gris. Par le grain photographique et le noir et blanc, les photographies deviennent intemporelles, convoquant un travail sur le temps et le passage, éphémère mais incessant. Les lignes sinueuses abandonnées dans la poudre sont autant de croisements qui élaborent une nouvelle architecture de l’environnement. Au détour d’un balcon, le photographe capture une scène banale éclairée d’une lumière "hoopérienne" tandis que l’homme se transforme en fourmi dans l’immensité du blanc nébuleux, confrontant le petit, qui

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Avec Jean-Pierre Angei, l'habit fait la photo

ARTS | Plus qu'un objet usuel ou qu'un signe de personnalité, le vêtement devient sculpture vivante dans les photographies de Jean-Pierre Angei. Brouillant les limites de la perception par une mise en scène ton sur ton, l'artiste aiguise notre regard et interroge la forme.

Charline Corubolo | Mardi 15 mars 2016

Avec Jean-Pierre Angei, l'habit fait la photo

Si d'ordinaire il ne prend vie que sur un corps, avec Jean-Pierre Angei le vêtement prend son envol en solitaire pour se parer d'une aura particulière grâce, justement, à l'absence du corps. Photographiant les créations de la styliste Catherine Valentin sur le tissus d'origine qui a sculpté la pièce, étrange et poétique mise en abyme qui brouille la perception et les limites préétablies, l'artiste esquisse une série de portraits habillés sans chair mais avec de l'âme. Intitulé L'envol, l'ensemble dévoile des kimonos, des robes et des manteaux qui se dessinent en ligne, en creux et en drapé, créant ainsi des volumes habités, réflexion de formes en mouvement. L'habit, marqueur sociologique et seconde peau pour l'humain, s'affranchit de son mannequin pour devenir une présence énigmatique libre. Avec noirceur, la fibre sombre plonge le regard dans une nuance mélancolique qui va au-delà de la tenue quand l'étoffe beige crée un fondu entre la matière à l'épiderme. Plus qu'une simple enveloppe, les vêtements de Catherine Valentin prennent vie sous l'objectif de Jean-Pierre Angei qui, en décalant le regard, déroule une histoire du stylisme, de l'art et du corps.

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