PB d'or 2019 : Expositions

ARTS | Nos coups de coeur de 2019 dans le domaine des expositions (et des lieux qui les accueillent).

La rédaction | Mardi 17 décembre 2019

Photo : DR


Le PB d'or (partagé) du centre d'art et des expos : la Théorie des Espaces Courbes, la galerie Ex Nihilo et le Studio Spiral

À Voiron depuis près de 6 ans, une association au nom aussi génial qu'improbable, La Théorie des Espaces Courbes (photo), s'évertue à offrir aux artistes un lieu d'exposition de grande qualité, dont l'immense particularité est d'être intégralement autofinancé. Des œuvres aux accents féministes de 1011, aux variations expérimentalo-poétiques autour de la terre de Gabrielle Baëcile en passant par l'onirisme des îles suspendues de Claire Sauvaget, la programmation de l'année 2019 fut d'une diversité et d'une qualité hautement réjouissante. Espérons que ça continue sur cette lancée !

Il y a aussi, à Grenoble, quelques lieux qui se démènent et offrent, dans des espaces d'exposition exigus, de remarquables propositions. On en retiendra deux pour l'année écoulée. L'énigmatique Elli Lorz qui exposa à la galerie Ex Nihilo une série photographique éloquente sur les stratégies d'occupation déployées par le gouvernement marocain au Sahara occidental et, au Studio Spiral, l'exposition H de Grégory Dargent : un voyage photographique délirant réalisé auprès des populations algériennes qui ont vécu à proximité des essais nucléaires menés par les Français il y a soixante ans. Cette expo ne cesse de tourner depuis et fait parler d'elle dans de nombreux médias nationaux.


Le PB d'or de la fierté locale : la fresque "Rose Girl" de Shepard Fairey

Invité d'honneur en juin dernier du cinquième Street Art Fest Grenoble Alpes, l'artiste états-unien Shepard Fairey, véritable légende mondiale du street art (et de l'art tout court – on lui doit notamment la célèbre image de Barack Obama en rouge et bleu intitulée Hope), en a profité pour réaliser une immense fresque (30 mètres de haut tout de même) sur un mur de la ville – celui de la résidence étudiante Le Home située boulevard Maréchal-Foch, à quelques pas de Chavant.

« Pour moi, cette Rose Girl a une portée universelle qui peut capter l'attention et attirer les regards, surtout dans un espace public aussi grand et fréquenté. Elle symbolise la paix et l'harmonie entre les êtres humains et la planète. Et même si je ne l'avais pas imaginée comme une fresque murale [c'est la réinterprétation d'une précédente création – NDLR], j'étais sûr qu'elle correspondrait parfaitement à la ville, surtout que l'emblème de Grenoble, c'est trois roses » comme il l'a déclaré à nos confrères et consœurs de TéléGrenoble. Sympa, surtout que c'est sa première œuvre peinte en France hors Paris.

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Good vibes are coming

ACTUS | L’association Retour de Scène a annoncé la programmation de son festival Magic Bus 2022. Après l’hiver et le grand froid, cette 21e édition du festival de musiques actuelles en plein air promet un dégel exaltant ! De retour sur le site de l’Esplanade, la fête aura lieu du 19 au 21 mai et mettra à l’honneur pêle-mêle musiques du monde, pop, soul et rock avec entre autres une Calypso queen âgée de 82 ans.

Eloïse Bonnan | Mardi 18 janvier 2022

Good vibes are coming

Pour la soirée d’ouverture jeudi 19 mai, trois formations juteuses issues de la marmite locale sont proposées au public grenoblois. Autrement dit, la soul sauvage d’Al Peal Combo lance les hostilités, suivie par Plus Plus Plus pour une pop indie sombre et poétique avant de conclure généreusement la soirée avec Techno Brass une fanfare brésilienne. Le lendemain, vendredi 20 mai, la soirée résonne comme une ode au reggae après quelques années d’absence au Magic Bus. Les Yvelinois Danakil devraient mettre d’accord tout le monde avec leur énergie et leur engagement intact depuis 20 ans. Pas moins que Ken Boothe, un maestro de la musique jamaïcaine, assis sur plus de 40 ans de carrière. À l’instar de la veille, le public aura peut-être l’occasion de faire des découvertes. On pense notamment à Astroficus, un collectif de neuf musiciens basé à Grenoble et amateur de style afrobeat. Enfin samedi 21 mai, nulle autre q

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Une Belle Saloperie, de l’ombre à la lumière

Festival | Quatrième édition en vue pour Une Belle Saloperie, ce « festival qui n’en est pas vraiment un » dédié à l’avant-garde graphique et cinématographique. Au programme, une exposition, deux projections et une bonne dose d’irrévérence.

Damien Grimbert | Mardi 18 janvier 2022

Une Belle Saloperie, de l’ombre à la lumière

Pour ceux et celles à qui ce nom intrigant ne dirait rien, une petite présentation d’Une Belle Saloperie n’est sans doute pas inutile. Suite au succès massif rencontré par son Microsaloon, un salon dédié à la microédition organisé chaque année au mois de mai dans les rues du quartier Championnet, l’association RbGp a eu envie de mettre en place un autre événement au mois de janvier, réservé cette fois à un public adulte, curieux et averti. Centré autour du thème de l’érotisme lors de ses deux premières éditions en 2018 et 2019, Une Belle Saloperie a par la suite choisi d’élargir le focus de sa programmation, sans renoncer pour autant à ce qui constitue sans doute sa caractéristique principale : mettre en avant des propositions artistiques à la fois pointues et audacieuses qui tranchent farouchement avec le tout-venant. Loin de la fadeur et du consensualisme ambiant, la manifestation présente ainsi des œuvres qui marquent, interpellent, et se contrefichent bien de faire l’unanimité. Le ton étant donné, ne reste plus désormais qu’à explorer le programme de cette quatrième édition. Sortez les mouchoirs Présentée du vendredi 21 janvier au samedi 26 février à la

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Terairofeu, les horizons de la décharge

Théâtre jeune public | Avec Terairofeu, la Belle Meunière sublime la matière et les éléments. A voir dès 6 ans à l'Espace 600.

Nadja Pobel | Lundi 17 janvier 2022

Terairofeu, les horizons de la décharge

En 1999, la plasticienne et scénographe Marguerite Bordat a croisé la route du metteur en scène Pierre Meunier, qui avait créé la compagnie de La Belle Meunière sept ans plus tôt. Ensemble, ils inventent des formes singulières sur les lois de l'apesanteur (Badavlan) ou sur la matière visqueuse qu'est la vase. Cinq laborantins font des recherches sur cette boue, la pensent et l'expérimentent au point que les deux tonnes d'argile et d'eau trimbalées de scène en scène débordent et envahissent l'espace. Voir l'humain tenter de maîtriser les éléments naturels, constater qu'il bute sur cette prétendue toute puissance amuse le duo qui signe avec Terairofeu son troisième spectacle à destination du jeune public (dès 6 ans pour cet opus). Les quatre éléments ne sont que des menaces désormais pour la jeune génération. L'eau, la terre, l'air sont pollués et toxiques, le feu ravage la biodiversité. Deux jeunes, vivant sur une sorte de décharge, vont essayer d'i

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Éric Vuillard, toute sortie est définitive

Littérature | Avec Une sortie honorable, Éric Vuillard, prix Goncourt 2017 pour L'Ordre du jour, nous décrit les derniers mois de la guerre d'Indochine et les contorsions françaises pour en sortir sans perdre la face. Un nouveau récit réjouissant qui remet l'Histoire, et les idées, en place.

Stéphane Duchêne | Mardi 18 janvier 2022

Éric Vuillard, toute sortie est définitive

« Une sortie honorable », c'est le vœu pieu appelé par René Mayer, éphémère président du Conseil de la IVe République – le plus beau jeu de chaises musicales politiques de l'histoire des Républiques françaises –, de janvier à juin 1953, lorsque saute au yeux du gouvernement et des députés que la guerre d'Indochine, vouée à garder, quoi qu'il en coûte, l'Indochine dans le giron colonial français, est un gouffre financier – humain aussi, un peu, mais surtout financier – donc pas vraiment quoi qu'il en coûte. Ce qu'il faut à la France, donc, et dont Éric Vuillard nous dessine les contours, c'est « une sortie honorable ». Comprendre : qui ne commanderait pas d'avoir à s'agenouiller, ni même à négocier la moindre queue de cerise avec cette fripouille communiste d'Hô Chi Minh. « Une sortie honorable », c'est précisément ce que n'aura pas la France – pas plus que les États-Unis quand ils auront pris le relais de l'Indo avec leur guerre du Vietnam, qui durera vingt ans de plus et se finira en carapate lors de l'épique chute de Saïgon – sublimement contée par Vuillard dans les dernières pages. Avec ce livre, le prix Goncourt 2017 poursuit s

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Vol au-dessus des pistes de ski

ESCAPADES | On vole, confortablement assis, au-dessus des pistes et du télésiège d’Autrans-Méaudre. Coucou aux skieurs en train de remonter, on lâche les mains, Alexis, (...)

Valentine Autruffe | Mardi 18 janvier 2022

Vol au-dessus des pistes de ski

On vole, confortablement assis, au-dessus des pistes et du télésiège d’Autrans-Méaudre. Coucou aux skieurs en train de remonter, on lâche les mains, Alexis, au départ, ne nous avait pas menti : « C’est relax, ça ne se veut pas une tyrolienne à sensation. » On ressent quand même de légères bouffées d’adrénalinette quand on prend de la vitesse (60km/h au plus fort de la pente) et quand on passe les deux pylônes qui maillent le parcours, chlac chlac sur la corde. La descente de 1, 2 kilomètre dure deux minutes, 120 secondes d’air pur dans les cheveux et de panorama magnifique sur les sommets enneigés du Vercors. Nous, on a pris la version confort, bien installés dans un siège façon parapente (petits joueurs, d’ailleurs on regrette un peu) mais il existe une version sport ; les plus téméraires pourront partir en cochon pendu, bouger à 360 degrés pendant le voyage, faire quelques figures… Si comme nous vous êtes sujet au vertige, pas de souci : ce terrible mal ne se déclare pas si vous n’avez pas les pieds ancrés au sol. L’installation il y a trois ans de la tyrolienne d’Autrans-Méaudre (appelée ici la zipline, ils ont cédé à l’anglicisme) n’avait pas enchanté tous

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L’océan gronde

Edito | Allongés sur le sol poussiéreux, cafards tropicaux trottinant, moiteur épaisse, on écoute la nuit et le fracas. L’océan gronde, le sel gifle et brûle les volets (...)

Valentine Autruffe | Mardi 18 janvier 2022

L’océan gronde

Allongés sur le sol poussiéreux, cafards tropicaux trottinant, moiteur épaisse, on écoute la nuit et le fracas. L’océan gronde, le sel gifle et brûle les volets de bois, des chocs sourds sur le toit. On essaie de déterminer si c’est une branche, un morceau de tôle qui frappe, pitié, pas une voiture. Panique le long de l’échine. Tout va peut-être bien s’arrêter là. On surveille le plafond qui bouge, comme s’il respirait. Le long des murs ça dégouline, l’eau s’infiltre en larges flaques, on met du scotch et des torchons. La porte d’entrée est battue par un géant invisible et puissant, on s’arc-boute de toutes nos forces, si le pêne cède, l’ouragan entrera et emportera tout. Le voisin le sait, il est actuellement sanglé à ses toilettes avec des ceintures, vaguement protégé des projectiles par un matelas. Plus loin sur le morne, une jeune fille se cache dans sa citerne en béton, l’eau au niveau de ses hanches monte, elle se fait dessus et prie. L’œil du cyclone, tout est bleu et mortellement silencieux, ceux dont la maison est déjà écroulée cherchent un nouvel abri, vite avant le second mur, plus furieux que le premier. Depuis ce jour, le frisson est systématique quand on

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Une tour, des paysages

Avec vue | Voilà une exposition passionnante pour quiconque s’intéresse un tant soit peu à l’histoire de sa ville et à son urbanisme (tout le monde non ?). Prétextant (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 18 janvier 2022

Une tour, des paysages

Voilà une exposition passionnante pour quiconque s’intéresse un tant soit peu à l’histoire de sa ville et à son urbanisme (tout le monde non ?). Prétextant la réhabilitation de la tour Perret en prévision de son centenaire, ce parcours propose de se pencher sur les particularités de l’évolution de l’urbanisme grenoblois grâce à une série de photographies réalisées en 1925 au sommet de ladite tour. Présentées en grand format dans un dispositif panoramique au centre du parcours, ces photographies dont la précision laisse pantois sont par ailleurs comparées aux points de vue similaires réalisés aujourd’hui. Chaque regard porté dans une direction est l’occasion de développer une thématique propre à l’évolution de l’urbanisme de la cuvette. Vers le nord on nous invite à observer la disparition des pâturages et des cultures sur les coteaux au profit des résidences et des forêts, vers l’ouest c’est l'omniprésence d’immenses bâtiments industriels qui frappe, vers le sud, enfin, c’est l’ambiance quasi-rurale des faubourgs ouvriers de l’Abbaye, tandis qu’au loin on devine des cultures d’envergures (betterave, chanvre, tabac)… Tout ceci nous rappelle finalement qu’à l’époque la ville était

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Pas dupe, la jupe !

Fringues | Si la marque Belle de Jupe est née en 2018, elle n’est grenobloise que depuis un an : « De Paris, j’ai décidé de revenir dans ma région (...)

Hugo Verit | Mardi 18 janvier 2022

Pas dupe, la jupe !

Si la marque Belle de Jupe est née en 2018, elle n’est grenobloise que depuis un an : « De Paris, j’ai décidé de revenir dans ma région d’origine. Et j’ai alors commencé à travailler avec des couturières indépendantes de l’agglomération », raconte la fondatrice Emma Colombet. En effet, Belle de Jupe propose – ça ne vous étonnera pas – des jupes, réalisées en petites séries et ajustables afin de s’adapter au maximum de morphologies possible, le tout dans un processus éthique et éco-responsable mêlant circuit court (d’où les couturières locales) et récup’ : « On essaie d’utiliser les fins de rouleaux ou les stocks dormants des grosses maisons de couture. » C’est-à-dire tous les rouleaux destinés à une collection passée, qui n’ont plus vocation à être employés et "dorment" littéralement dans les entrepôts… « Ce qui fait qu’on a une offre très variée de tissus, de belles matières originales, que l’on transforme en jupes intemporelles. » Initiée très jeune à la couture par sa grand-mère dont c’était le métier, Emma Colombet développe une passion qui ne la quittera plus. Au sein de son école de commerce, elle est costumière dans une association de com

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"Huit heures ne font pas un jour" : l’hymne à la joie de Julie Deliquet

Théâtre | "Huit heures ne font pas un jour", mais trois heures font une aventure théâtrale réussie. En adaptant un feuilleton télévisé du maître allemand Fassbinder, la metteuse en scène Julie Deliquet livre un spectacle généreux sur le monde ouvrier des années 1970 et la force du collectif. À voir à la MC2.

Aurélien Martinez | Mardi 18 janvier 2022

Depuis plusieurs années, au théâtre, la mode est au cinéma. Et notamment à l’adaptation de scénarios. Julie Deliquet fait partie de cette génération de metteuses et metteurs en scène pour qui, sur le plateau, tout peut faire matériau, jusqu’au septième art. Après avoir travaillé sur des textes du répertoire classique (Tchekhov, Brecht, Lagarce…), elle a récemment monté Fanny et Alexandre d'Ingmar Bergman (avec la troupe de la Comédie-Française) et Un conte de Noël d'Arnaud Desplechin. « Je ne voulais pas rivaliser avec le film que j’adore, je voulais le retraverser par le prisme du théâtre », déclarait-elle au sujet du second. Dans les deux cas, elle apportait un nouveau regard sur les longs-métrages

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Grenoble Capitale Verte Européenne 2022 : « Comment convaincre Jeff Bezos ? »

Événement | Le coup d’envoi a été donné samedi (au rabais pour cause de Covid), c’est parti pour douze mois émaillés d’événements autour de la distinction accordée à notre ville par Bruxelles : Grenoble Capitale Verte Européenne 2022. Rencontre avec le directeur de l’agence du même nom, le chef d’orchestre de l’agenda chargé de cette année, Guillaume Thieriot.

Valentine Autruffe | Mardi 18 janvier 2022

Grenoble Capitale Verte Européenne 2022 : « Comment convaincre Jeff Bezos ? »

Le principal défi pour l’agence Grenoble Capitale Verte Européenne 2022 (créée par les trois collectivités parties prenantes : ville, métropole et département) est le suivant : comment faire pour que cette année soit plus qu’une opération d’image, une somme de conférences et de discours ? Guillaume Thieriot : C’est l’une des questions que l’on s’est beaucoup posé. L’agence a deux missions : coordonner tous les événements et les défis, et piloter la communication de Grenoble Capitale Verte Européenne 2022. Tout l’enjeu, c’est de ne pas s’adresser aux personnes comme à des consommateurs, mais bien les inciter à être des acteurs de cet événement. C’est certes l’occasion de faire briller le territoire, d’accroître sa visibilité sur ce sujet, mais aussi de faire de cette année un accélérateur des transitions. Dans cette idée d’implication générale, vous avez imaginé une programmation interactive et évolutive… La programmation est particulière parce qu’elle est conçue de manière horizontale. Entreprises, associations, compagnies artistiques… Tout le monde peut participer et organiser un événement Capita

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Les mélodies du bonheur par Poupard

Synth pop | Ils ont débarqué sur la scène grenobloise il y a quatre ans. Avec un vieil orgue arrangeur kitsch, un nom en hommage à Patrick Dewaere dont ils reprirent Le (...)

Hugo Verit | Mardi 18 janvier 2022

Les mélodies du bonheur par Poupard

Ils ont débarqué sur la scène grenobloise il y a quatre ans. Avec un vieil orgue arrangeur kitsch, un nom en hommage à Patrick Dewaere dont ils reprirent Le Policier – eh oui, Patrick Dewaere a un peu chanté dans sa courte carrière –, de beaux vers crus de Georges Bataille plein les poches, des ritournelles enfantines et des histoires poignantes de jeux télé. Ça s’appelait Poupard et on n’avait jamais vu ça. C’était étrange et déroutant. En 2019, le duo sortait un deuxième album plus accessible, dansant à souhait, fourmillant de tubes tarabiscotés et néanmoins rassurants avec, en guise de conclusion, l’une des plus tendres comptines du monde (Nous avons joué tous les deux). On était toujours un peu déroutés, mais déjà séduits. Derrière les textes gentiment obscènes et l’ironie bienveillante de la partition, sourdait une joie immense et fort communicative. Une joie que l’on retrouve dans Cérémonie Malgache, paru le 10 janvier. Un troisième album très bref (18 minutes) dans lequel Poupard chante comme on ne l’a jamais entendu chanter. Car la grande nouveauté et la grande réussite de cet opus, ce sont les mélodies : travaillées avec beaucoup de

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Exclusives Masterclasses : partage de bonnes grâces

Atelier | Tam tam tam, tam tam tam ! Les pieds nus claquent sur le sol du studio de danse du Pacifique. Ce mercredi matin, neuf danseurs pro ou semi-pro de (...)

Valentine Autruffe | Mardi 18 janvier 2022

Exclusives Masterclasses : partage de bonnes grâces

Tam tam tam, tam tam tam ! Les pieds nus claquent sur le sol du studio de danse du Pacifique. Ce mercredi matin, neuf danseurs pro ou semi-pro de la région (certains arrivent de Lyon ou de Chambéry) profitent d’un cours de danse de 3 heures dispensé par François Chaignaud. Ce virtuose a ensorcelé, la veille, le public de la Rampe venu assister à Romances Inciertos, un autre Orlando. Il officie le lendemain matin pour la première des Exclusives Masterclasses organisées par le Pacifique, le CCN2 et la MC2, en partenariat avec la Rampe. L’idée est simple : profiter de la venue dans l’agglo d’artistes de renom pour offrir aux danseurs locaux ces ateliers à bas prix, associés à des tarifs réduits pour assister à leurs spectacles. Au Pacifique mercredi, des danseurs visiblement de tous styles et de niveaux variés. L’entrée en matière est timide. « C’est cool, ces workshops, mais c’est toujours un peu intimidant… On a peur de ne pas avoir la bonne valise pédagogique », commente François Chaignaud, qui s’est délesté des fards du spectacle de la veille, mais pas de ses longs ongles de diva. Place à l’échauffement/étirement/assouplissement, qui dure près d’une

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Sandrine Kiberlain : « Ça prend du temps, d'oser faire un film »

Cinéma | Portrait inattendu et délicat d’une apprentie comédienne sous l’Occupation rempli d’éclats autobiographiques discrets, le premier long métrage de Sandrine Kiberlain est surtout un exceptionnel exercice de réalisation. Rencontre avec une jeune autrice qui va bien.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Sandrine Kiberlain : « Ça prend du temps, d'oser faire un film »

Vous avez attendu longtemps avant d’oser écrire et mettre en scène. En cela, votre démarche est parallèle à celle de votre père, David Decca, qui avait attendu à peu près le même âge pour se lancer dans l’écriture dramatique… Sandrine Kiberlain : Ah, vous me cueillez ! Ça prend du temps en fait, d’oser faire un film ; surtout quand on eu comme moi la chance de travailler avec de grands metteurs en scène. Et puis, je suis très heureuse comme actrice — donc ce n’est pas pour combler un manque ou un vide, mais parce que le chemin de l’actrice que je suis depuis… deux ans (rires) a fait que je me suis de plus en plus intéressée à l’ensemble de l’équipe, à comment un film se faisait… Et puis, entrer dans l’univers des autres me passionne ; visiblement, ça a découlé sur l’envie de me raconter moi — surtout d’avoir un thème ou un sujet… Je crois que j’ai toujours rêvé de faire un film ; mais quel film ? Il fallait attendre d’avoir un vrai point de vue, un angle qui fasse la différence et qui soit traité sous un angle singulier. Que ce soit une idée néce

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"Cartographies de l'avenir" : ensemble tout devient possible

Théâtre expérimental | Une grande table en guise de feuille blanche géante. Les spectateurs, munis d’un bout de scotch orange avec leur prénom inscrit, sont placés autour. Deux (...)

Aurélien Martinez | Mardi 18 janvier 2022

Une grande table en guise de feuille blanche géante. Les spectateurs, munis d’un bout de scotch orange avec leur prénom inscrit, sont placés autour. Deux comédiennes prennent la parole, et brisent d’emblée le quatrième mur en questionnant le public. À votre avis, ça commence quand l’avenir ? Que vous reste-t-il à faire ? Qu’attendez-vous de l’avenir ? Chacun est libre de s’exprimer ou non. Les réponses des uns et des autres sont inscrites sur la table, à la vue de tous. Une cartographie de l’avenir commence à prendre vie, agrémentée de ponts construits par certains intellectuels habilement convoqués par les meneuses de jeu… Présentée comme une « expérience théâtrale » par la salle la Faïencerie qui l’accueille, Cartographies de l'avenir de la compagnie auvergnate Les guêpes rouges-théâtre est une proposition passionnante pour celles et ceux qui acceptent de se prêter au jeu, de s’interroger en public. Entre agora de poche, cercle de philosophie et, parfois, café du commerce (c’est le risque d’une telle aventure), l’avenir s’écrit collectivement le temps d’une soirée. Et pour, après le titre de cet article, faire référ

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Nouveau Point d’eau

Solidarité |

Hugo Verit | Mardi 18 janvier 2022

Nouveau Point d’eau

Ce matin-là, dès la première heure, il y avait déjà pas mal d’activité dans les tout nouveaux locaux de Point d’eau, investis par l’association il y a un mois. Cet accueil de jour pour personnes en situation de précarité avait bien besoin de déménager après 28 ans passés dans des lieux trop exigus et peu adaptés à la demande. Car l’asso reçoit environ 150 personnes par matinée, venues boire un café et manger une brioche, discuter, s’informer, déposer des affaires dans la bagagerie, faire une lessive, prendre une douche ou assister à un atelier (couture, cours de français…) « On a eu la chance de pouvoir dessiner les plans des lieux afin de les optimiser par rapport à nos besoins. On a ainsi pu prévoir de vrais espaces de confidentialité pour les entretiens médicaux ou d’accès au droit, ce qu’on n’avait pas avant », souligne Manon Gatto, coordinatrice insertion. L’endroit compte également une cuisine professionnelle où neuf personnes éloignées de l’emploi viendront travailler dès le mois de mars dans le cadre d’un chantier d’insertion. Ils concocteront des plats du jour à base de produits locaux et d’invendus, proposés le midi en click and collect ou livrés à vélo avec S

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Échange avec Vincent Lindon pour "Un autre monde"

Festival Télérama | Pour sa cinquième collaboration avec son cinéaste fétiche Stéphane Brizé (qui réunit ici à nouveau devant sa caméra le couple qu’il formait en 2009 avec Sandrine (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Échange avec Vincent Lindon pour

Pour sa cinquième collaboration avec son cinéaste fétiche Stéphane Brizé (qui réunit ici à nouveau devant sa caméra le couple qu’il formait en 2009 avec Sandrine Kiberlain dans Mademoiselle Chambon), Vincent Lindon troque le costume du vigile ou de l’employé d’usine pour celui du cadre — une "montée en gamme" sociale ouvrant à d’autres problématiques, non moins réalistes. Présenté en compétition à Venise, Un autre monde (notez l’ironie triste du titre…) est ici projeté dans le cadre du festival Télérama et assorti d’un échange en direct avec le comédien, selon toute vraisemblance par vidéotransmission compte tenu des circonstances sanitaires. Mais ne nous plaignons pas : les cinémas sont ouverts ! Un autre monde mardi 25 janvier à 20h au cinéma Le Club

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"Le Mépris" à (re)voir à tout prix

Projection | Une transe initiatique, un charme, un ensorcellement… Appelez-le comme vous le voulez, même un classique si vous le voulez, mais voyez-le, revoyez-le : à (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Une transe initiatique, un charme, un ensorcellement… Appelez-le comme vous le voulez, même un classique si vous le voulez, mais voyez-le, revoyez-le : à chaque découverte, ce geste godardien révèle, derrière son arrogante fragilité, des aspects inédits. Tout y est muséal et révolutionnaire, respectueux et insolent, vulgaire et lyrique, beau et tragique. Et puis la musique de Delerue pour emballer ceux qui ne le sont pas par le générique parlé, ni par le phrasé tressautant de BB, ni les atermoiements de Piccoli, ni le côté carnassier HEC-ENA de Prokosch-Palance, ni le vertige de la Villa Malaparte… Vous noterez qu’on ne cite même pas la perruque de Bardot, ni la séquence du début… Le Mépris mercredi 26 janvier à 20h la salle Juliet-Berto

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Melancholia, course à l'abîme

Projection | C’est l’histoire d’un cinéaste presque assuré de décrocher sa seconde Palme d’Or mais qui, en sortant une provoc’ débile durant sa conférence de presse (...)

Vincent Raymond | Lundi 17 janvier 2022

Melancholia, course à l'abîme

C’est l’histoire d’un cinéaste presque assuré de décrocher sa seconde Palme d’Or mais qui, en sortant une provoc’ débile durant sa conférence de presse cannoise, se tira une balle dans le pied aussi sûrement que s’il avait usé d’une Gatling. Le gros malin, c’est Lars von Trier et le chef-d’œuvre sacrifié, Melancholia (2011). Une hypnotique fable surréelle de fin du monde, dont le splendide récit d’apocalypse fait curieusement écho avec le scandale précité : on y suit en effet une inexorable course à l’abîme alors que tout débute sous les meilleurs auspices. Porté par une distribution internationale (Kirsten Dunst a tout de même ravi le prix d’interprétation féminine) et farci de références esthétiques somptueuses, ce film doit à présent sortir de son purgatoire. Melancholia jeudi 20 janvier à 20h au Méliès

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Trois souvenirs (traumatisants) de la jeunesse

Festival | Ne comptez pas sur la Cinémathèque pour cultiver une nostalgie émolliente ! Voyez son invitation au Maudit Festival : parmi les six films programmés, trois renvoient à la problématique de la mémoire vécue comme une énigme, voire une hantise. Preuve qu’il faut toujours repasser par le passé pour l’élucider…

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Trois souvenirs (traumatisants) de la jeunesse

Ce ne sont pas les œuvres les plus rares du festival (encore que… sur grand écran, tout tend à le devenir, où le souvenir de leur découverte s’estompe parfois), mais elles possèdent une vibration commune liée aux thèmes qu’elles recoupent. Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg (1973), Total Recall de Paul Verhoeven (1990) et L’Échelle de Jacob d’Adrian Lyne (1990) racontent tous les trois des histoires où le présent n’existe pas tant il est contaminé, dévoré par le passé. Qu’il s’agisse d’une obsession térébrante identifiée (la mort d’une enfant et un deuil non accompli chez Roeg) ou de pensées parasites venant remettre en question l’existence/la personnalité de celui qui les subit chez Verhoeven et Lyne, dans tous les cas, l’insoutenable vérité dissimulée dans les replis du temps et de l’inconscient s’ingénie à ressortir, torpillant les person

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Les sorties ciné de la quinzaine

En salle | Les films qu'on a vus avant leur sortie les mercredis 19 et 26 janvier : revue de détail des deux prochaines semaines au cinéma.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Les sorties ciné de la quinzaine

★★☆☆☆ Les Leçons persanes de Vadim Perelman avec Nahuel Perez Biscayart, Lars Eidinger, Jonas Nay… (19/01) 1942. Pour sauver sa peau, un prisonnier d’un camp de concentration prétend être iranien et se trouve contraint d’enseigner le persan (qu’il ignore) à un officier nazi fou-furieux. Au fil des cours qu’il prodigue, il parvient à inventer une langue ET mémoriser les noms des victimes (tré)passées par le sinistre camps. Évoquant à la fois La Liste de Schindler comme Un héros très discret pour le cadre abominable et le "miracle" qui s’y produit, ce sujet à haut potentiel tragique s’étiole toutefois dans la durée et son académisme, malgré l’interprétation glaçante de Lars Eidinger, en bipolaire roulé dans la farine de sa propre suffisance. ★★☆

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"Un monde" de Laura Wandel : la cour des mille raclées

Le coup de cœur | Portant sur la mécanique pernicieuse du harcèlement scolaire et interprété par deux enfants déchirants de vérité, ce premier film miraculeux est une merveille de délicatesse autant qu’un tour de force de réalisation. Un choc absolu et sans nul doute une future référence sur le sujet.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

C’est la rentrée à la "grande école" pour Nora qui redoute d’être séparée de son aîné Abel, lequel a d’autres chats à fouetter dans la cour de récréation. Parce qu’il va s’opposer à ce que sa cadette soit bizutée, Abel devient le nouveau bouc émissaire des terreurs de la primaire. Témoin de ces sévices, Nora va désespérément tenter d’alerter les adultes. En vain, jusqu’à ce qu’un fait grave n’oblige l’institution scolaire à réagir… Il est actuellement une vague naissante, ou une vogue pour des films brefs s’attachant sans fioriture ni digression à leur sujet ainsi qu’au monde réel... Comme une douce alternative à la domination écrasante des blockbusters, rouleaux compresseurs flirtant avec les 3h de bastons filmées sur fond vert, avec des acteurs partiellement virtuels et des enjeux de plus en plus hermétiques aux béotiens — dans la mesure où ils s’inscrivent dans des "univers" addictifs fonctionnant en vase clos, reproduisant l’efficacité gravitationnelle des trous noirs qui ne relâchent jamais la matière (spectatorielle) qu’ils ont capturée. Ces "films d’à-côté" ont compris la nécessité d’aller à l’essent

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Charlotte Gainsbourg : « Ce qui m’intéressait, c’était voir sa peau, avoir un contact physique »

Interview | La fille de qui l’on sait et sa mère se livrent (et se délivrent) l’une l’autre dans un double portrait au miroir tenant autant de la catharsis que de l’apprivoisement mutuel, à la lisière timide du privé et du public. Rencontre avec Charlotte Gainsbourg.

Vincent Raymond | Mercredi 12 janvier 2022

Charlotte Gainsbourg : 
« Ce qui m’intéressait, c’était voir sa peau, avoir un contact physique »

Concrètement, comment en êtes-vous arrivée à ce dialogue ouvrant le film, au Japon, autour d’une tasse de thé avec votre mère ? Charlotte Gainsbourg : Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour démarrer. Je me suis d’abord adressée au producteur de mes clips. Du coup, c’était facile de mettre sur pied une équipe avec le chef op’ que je connaissais. Entre le temps où j’ai demandé à ma mère si l’idée pouvait la séduire et le fait d’aller au Japon pour que ça se concrétise, ce n’a pas été si long. Mais elle n’a pas aimé ce premier échange. Elle ne savait pas ce que je voulais faire ; moi-même je ne savais pas. J’avais mis au point une interview avec plein de questions en me disant qu’il fallait que je sois la plus sincère possible, que ce soit direct, intime et pas professionnel. Mais justement, c’était choquant pour elle d'avoir à

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Nessim Chikhaoui : « "Placés" met un visage sur des chiffres »

Interview | Retour à la case éducateur pour Nessim Chikhaoui. Pour son premier long métrage, le co-scénariste des Tuche et du Doudou fouille ses souvenirs et signe une comédie très ancrée dans la réalité sociale des maison d’accueil pour les mineurs et jeunes majeurs. Rencontre lors du Festival de Sarlat.

Vincent Raymond | Mercredi 12 janvier 2022

Nessim Chikhaoui : «

Qu’y a-t-il de personnel dans votre film ? Nessim Chikhaoui : J’ai été éducateur en MECS (maison d’enfance à caractère social) pendant 7 ans à Draveil, et ensuite 3 ans, en AEMO (aide éducative en milieu ouvert) où l’on suit des jeunes qui sont encore chez eux. Beaucoup de situations du film sont réelles et vécues, d’autres romancées. C’est important pour moi de montrer cet aspect du métier, qu’on ne voit pas forcément dans tous les documentaires. Bon, il manque quand même les assistantes sociales, les psychologues, mais je pouvais pas mettre tout le monde, donc on s’est concentré sur les éducateurs et les jeunes pour des raisons scénaristiques. Il y a déjà beaucoup de personnages. Pourquoi votre héros débarque-t-il dans ce milieu après avoir manqué le concours de Sciences-Po ? L’i

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Piqûres de rappel

Vaccin | On a plus l’habitude de vous parler du Prisme dans nos pages théâtre, il est vrai. Mais une bonne fois n’est jamais coutume (et c’est bien dommage) (...)

Hugo Verit | Mardi 18 janvier 2022

Piqûres de rappel

On a plus l’habitude de vous parler du Prisme dans nos pages théâtre, il est vrai. Mais une bonne fois n’est jamais coutume (et c’est bien dommage) : dans ce petit article, il sera question de santé publique. Puisque la salle de Seyssins se transforme en centre de vaccination éphémère les 28, 29 et 30 janvier prochains (de 9h à 17h). Attention, ce centre n’est ouvert qu'aux personnes éligibles à la troisième injection, car la demande est forte depuis quelques semaines pour les doses de rappel (bien moins pour les primo-injections – ce qui, rappelons-le, est navrant). Le communiqué nous dit : « Ce vaccinodrome permettra de vacciner près de 1200 personnes grâce aux personnels de santé de la commune (…). » Qu’ils en soient ici remerciés – et même applaudis, tiens !

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Le dévot de Devos

SCENES | Depuis 2018, le comédien et humoriste François Morel tourne partout en France avec un spectacle sur Raymond Devos et son sens du comique si particulier, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 18 janvier 2022

Le dévot de Devos

Depuis 2018, le comédien et humoriste François Morel tourne partout en France avec un spectacle sur Raymond Devos et son sens du comique si particulier, lettré et poétique – « Est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions faire le jour même que nous l'éviterons ? » se demandait-il par exemple. Dans J’ai des doutes, l’ex-Deschiens et chroniqueur sur France Inter reprend les sktechs de son idole, accompagné sur scène d’un pianiste qui a mis certains textes en musique. En résulte une aventure presque hors du temps qui prend le temps d’installer son propre tempo, en 1h30 tendres mais, parfois, étendues. J'ai des doutes jeudi 20 janvier à l’Hexagone de Meylan, complet

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"Möbius" : l'art de l'envol, deuxième

Cirque | Au moment où nous écrivons cette brève, il reste seulement une dizaine de places à la vente sur les deux soirs – mardi 25 et mercredi 26 janvier. Après un (...)

Aurélien Martinez | Mardi 18 janvier 2022

Au moment où nous écrivons cette brève, il reste seulement une dizaine de places à la vente sur les deux soirs – mardi 25 et mercredi 26 janvier. Après un premier passage remarqué en 2020 (et une "Une" enthousiaste de notre part), le création Möbius de la compagnie d’acrobates XY en collaboration avec le chorégraphe Rachid Ouramdane est de retour à la MC2, et c’est un événement. Une claque magistrale d’une heure dans la tradition de ces grands spectacles de cirque contemporain qui restent longtemps en mémoire. Très longtemps. Les interprètes donnent corps, avec leur corps (!), à cette idée de ruban de Möbius qui n’a qu’une seule face, et c’est autant vertigineux qu’empli de poésie. Chopez les dernières places, vraiment !

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Hip-hop moderne

Danse | Les mouvements à la marge sont-ils voués à en sortir ? L’expérience penche vers l’affirmative et dans le lot, la danse hip-hop ne fait pas exception. Si (...)

Hugo Verit | Mardi 18 janvier 2022

Hip-hop moderne

Les mouvements à la marge sont-ils voués à en sortir ? L’expérience penche vers l’affirmative et dans le lot, la danse hip-hop ne fait pas exception. Si elle conserve un attachement fort à ses racines, son histoire et ses codes, elle ne se résume certainement pas à certains clichés (bitume, esbroufe, combat d’ego…). Une dualité que le Hip-Hop Don’t Stop festival, organisé par la ville de Saint-Martin-d’Hères avec la compagnie Citadanse, se propose de refléter : « On essaye de donner des repères en racontant ce qu’était ce mouvement dans le passé, à travers par exemple le spectacle-conférence Hip-hop, est-ce bien sérieux ?, mais aussi en montrant un hip-hop contemporain qui se mélange de plus en plus à d’autres esthétiques. Ainsi, Isthme est un voyage entre hip-hop et musique jazz et orientale, une soirée très enrichissante », explique Célie Rodriguez, directrice de Saint-Martin-d’Hères en scène. Par ailleurs, cette sixième édition s’inscrit dans son époque avec un spectacle comme Queen Blood qui revendique « une présence féminine au plateau ». « L’un de nos axes forts, c’est aussi la transmission, la médiation. Beaucoup

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La nuit je lis

Amour | Charmer les lecteurs qui s’ignorent… C’est le propos des Nuits de la lecture, qui cumulent des dizaines d’événements dans les établissements scolaires, (...)

Valentine Autruffe | Mardi 18 janvier 2022

La nuit je lis

Charmer les lecteurs qui s’ignorent… C’est le propos des Nuits de la lecture, qui cumulent des dizaines d’événements dans les établissements scolaires, les bibliothèques, les librairies, les crèches, les maisons d’arrêt, les tiers-lieux, etc. Chapeauté par le ministère de la Culture depuis 2017, via le Centre national du livre (CNL), cet événement vise à amener vers la lecture les plus jeunes d’entre nous et les publics qui n’ont pas forcément le réflexe littéraire. Au programme, escape games, lectures théâtralisées, spectacles, rencontres, battle de poèmes, partages de poésies dans un bus, ateliers d’écriture, exposition interactive, apéro-lectures… Il y a tellement de propositions que nous serions bien en peine de les lister ici, mais on peut vous garantir que vous trouverez un événement intéressant près de chez vous, que vous soyez à Rives, Echirolles, Meylan, dans le Trièves, le Vercors ou le Grésivaudan. Le thème de cette année a été emprunté à Victor Hugo : « Aimons toujours ! Aimons encore ! » Pour le plaisir, car c’est bien là la promesse des Nuits de la lecture, on vous offre ici les quelques vers qui suivent cette injonction : « Quand l'amour s'en va, l'es

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"Tchoukar", les fiers Grenoblois

Jargon | "Narvalo", "tchoukar", "maramé" : si vous avez déjà entendu ces termes, pas de doute, vous êtes bel et bien grenoblois. Un argot de la rue, bien spécifique à la (...)

Valentine Autruffe | Mardi 18 janvier 2022

"Narvalo", "tchoukar", "maramé" : si vous avez déjà entendu ces termes, pas de doute, vous êtes bel et bien grenoblois. Un argot de la rue, bien spécifique à la ville et toujours très usité ; même la mairie de Grenoble a emprunté un idiome du cru pour sa campagne publicitaire sur Capitale Verte Européenne, "que tchi" ! Comme elle, le DJ grenoblois Mehdi Benchabane est fier de ces particularismes locaux. Tant et si bien qu’il a créé il y a un an une marque de vêtements au style urbain, tout ce qu’il y a de plus sobre, Kulture Gre, qui affiche sur des T-shirts, pulls et sweats le parler grenoblois. « Je suis très chauvin ! », admet le créateur. Qui « essaie de [se] creuser la tête » pour élargir peu à peu sa gamme, avec des visuels siglés "Cularo" ou encore "Chicago Bulles", encadré d’une vue stylisée du fameux téléphérique de la ville… Déclinés pour hommes, femmes et enfants, les articles sont vendus uniquement via un site internet, une vingtaine d’euros pour les T-shirts, une trentaine pour les sweats. Les ventes sont régulières depuis un an, mais pour faire décoller davantage Kulture Gre, Mehdi Benchabane espère parvenir à f

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Agathe Martinod ou la mer en vacance

Photo | Tandis que les stations de ski se remplissent (plus ou moins) de touristes, la galerie Alter-Art nous invite à aller voir ce qui se passe en hiver du côté (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 18 janvier 2022

Agathe Martinod ou la mer en vacance

Tandis que les stations de ski se remplissent (plus ou moins) de touristes, la galerie Alter-Art nous invite à aller voir ce qui se passe en hiver du côté des stations balnéaires. Sous le titre Hors saison, Agathe Martinod expose deux séries photographiques consacrées à l’exploration de lieux désertés de leurs touristes : la plage du Havre et les campings de France. Des images pleines d’espaces vides et de silences aussi poétiques que salutaires. Avec trois fois rien et quelques détails savoureux, l’ambiance singulière de ces lieux touristiques à l’arrêt envoûtera les agoraphobes (et nous avec). Derrière des brumes dans lesquelles se perdent les silhouettes de quelques promeneurs égarés, les immeubles de front de mer apparaissent fantomatiques tandis que sur la plage de valeureux joueurs de pétanque affrontent la brise et que, au loin, des pêcheurs savourent enfin le calme propice à leur activité favorite. Disséminées sur la grève désolée, les infrastructures en vacance de touristes semblent ne rien avoir à faire ici : partiellement délabrés des caillebottis de bois mènent nulle part, parachutées au hasard, les architectures sans qualité des postes de secours viennent r

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Le Livre Voyageur, un asile pour bibliophiles

Bouquinerie | Flâner dans une librairie, caresser les tranches de cuir de livres anciens, ouvrir une vieille édition de Maupassant ou Lamartine pour en (re)lire (...)

Valentine Autruffe | Mardi 18 janvier 2022

Le Livre Voyageur, un asile pour bibliophiles

Flâner dans une librairie, caresser les tranches de cuir de livres anciens, ouvrir une vieille édition de Maupassant ou Lamartine pour en (re)lire quelques lignes… Connaissez-vous meilleur plaisir ? Nous, pas beaucoup. Du coup, on s’est arrêtés à la bouquinerie du 9, boulevard Agutte-Sembat. Rebaptisée Le Livre Voyageur par Sylviane Clier, qui a repris la boutique il y a quelques mois, in extremis alors que les anciens propriétaires partaient en retraite après 40 ans de conseils littérature à Grenoble. « J’ai toujours été une grande lectrice, mais ce n’était pas mon métier de base », explique-t-elle. Aucun livre neuf dans une bouquinerie, ce n’est que de la seconde main (ou énième, puisqu’on y trouve des livres des XVIIIe et XIXe siècles, autant que des parutions récentes). « On a tous les jours des gens qui viennent nous proposer des livres », s’étonne Sylviane Clier. L’équipe exerce alors une sélection rigoureuse, en amoureuse des mots ; « selon nos goûts, pour essayer d’être le plus varié possible, sans être élitiste, et pour assurer un turn-over dans la boutique. » Pas de rayon jeunesse ni BD, mais une biblio

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J’y pense et puis j’oublie, que j’suis dans une friperie

Emplettes | C’est la grosse mode des friperies, et si vous êtes comme nous, vous adhérez à fond à l’idée de la seconde main, mais vous n’êtes pas hyper séduits par ces monceaux (...)

Valentine Autruffe | Mardi 18 janvier 2022

J’y pense et puis j’oublie, que j’suis dans une friperie

C’est la grosse mode des friperies, et si vous êtes comme nous, vous adhérez à fond à l’idée de la seconde main, mais vous n’êtes pas hyper séduits par ces monceaux de vêtements froissés et parfois défraîchis. Ne bougez plus, on a la solution, et elle se trouve juste à côté de la place Victor Hugo : le café-friperie Second Demain, ouvert il y a un mois et demi par Julie Roux. La boutique est lumineuse, claire, quelques portants seulement avec des vêtements bien rangés. « Moi-même, je viens du prêt-à-porter, j’aime pas trop l’esprit friperie poussiéreuse », admet la gérante. On s’arrête sur une robe One Step à 24€ (on avait flashé sur sa petite sœur à 180€ aux Galeries Lafayette). Elle sélectionne des articles de qualité, plutôt de marque, la majorité sont affichés entre 20€ et 30€. « Pour définir les prix, on ne va pas se mentir, je me base sur Vinted », explique-t-elle. Les vêtements sont achetés directement à des particuliers, sur des créneaux réservés annoncés sur Instagram. Cerise sur le gâteau, des rayons enfants, puériculture et jeux sont également à disposition. Et on peut déguster une boisson au milieu des portants. « Ça permet au lieu de vivre tout

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Roselyne Bachelot annonce des mesures de soutien au secteur culturel

Crise sanitaire | Face à l’impact de la crise sanitaire et des récentes restrictions sur le secteur culturel, la ministre de la Culture a annoncé jeudi 6 janvier la reprise des mesures spéciales à destination des salles de spectacle, de cinéma et des intermittents.

Valentine Autruffe | Jeudi 6 janvier 2022

Roselyne Bachelot annonce des mesures de soutien au secteur culturel

Les salles de cinéma ou de spectacles qui voient leur chiffre d’affaires diminuer de 65% ou davantage, au mois de janvier, pourront bénéficier de l’activité partielle sans reste à charge, annonce la ministre de la Culture Roselyne Bachelot jeudi 6 janvier. Ce soutien sera également accessible aux établissements concernés par les restrictions suivantes : limitation des jauges à 2 000 spectateurs, interdiction de vente de boissons, confiserie et alimentation dans les cinémas ou encore interdiction des concerts en configuration debout. Les intermittents dont la prestation prévue entre le 27 décembre et le 31 janvier aurait été annulée en raison de ces mesures, qui peuvent présenter un contrat de travail ou une promesse d’embauche datée d’avant le 27 décembre, pourront bénéficier du chômage partiel. Toutes les infos ici.

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Grenoble Alpes Métropole : la convention citoyenne pour le climat sur les rails

Environnement | Comme sa grande sœur nationale, la convention citoyenne métropolitaine pour le climat réunira des citoyens tirés au sort et représentatifs de la diversité du territoire. Contrairement à sa grande sœur nationale, les propositions seront mises en œuvre par Grenoble Alpes Métropole : en tout cas, son président Christophe Ferrari s’y engage.

Valentine Autruffe | Jeudi 6 janvier 2022

Grenoble Alpes Métropole : la convention citoyenne pour le climat sur les rails

La convention citoyenne pour le climat de Grenoble Alpes Métropole annoncée l’an dernier est bel et bien lancée : mi-février, le tirage au sort des 150 participants, qui s’apprête à débuter, sera terminé ; le premier week-end de travail aura lieu début mars, pour un total de cinq sessions jusqu’à juillet. Enfin, rendez-vous en septembre, lors du forum pour le climat, pour connaître les propositions fermes de la convention. Celles-ci seront traduites en délibérations soumises au conseil métropolitain, mais aussi à l’ensemble des habitants des 49 communes concernées, par référendum, car « inévitablement, certaines questions seront complexes et feront débat », indique Christophe Ferrari, président de la Métropole, qui souligne la nécessité « d’une distance entre la convention et le politique » pendant les travaux. D’un coût total de 350 000 euros, la convention citoyenne sera guidée par un comité opé

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Robert Guédiguian : « Je refuse de monter dans une voiture s'il n'y a pas Otis Redding ! »

Interview | Robert Guédiguian explore les premières années de l’indépendance malienne en compagnie de la jeunesse révolutionnaire du pays, partageant son temps entre le socialisme en journée et le twist dans les maquis la nuit. Une évocation plus qu’une reconstitution dans une tragédie politique et sentimentale. Rencontre.

Vincent Raymond | Jeudi 6 janvier 2022

Robert Guédiguian : « Je refuse de monter dans une voiture s'il n'y a pas Otis Redding ! »

Au générique de Twist à Bamako, vous rendez hommage à une grande figure de l’indépendance culturelle africaine, Malick Sidibé. Il y a d’ailleurs en permanence à l’arrière-plan du film un personnage de photographe qui immortalise la vie de la jeunesse… Robert Guédiguian : Sidibé collait complètement à son époque. Il était jeune, joyeux, révolutionnaire ; il a filmé — lapsus [sourire] — photographié essentiellement la jeunesse de Bamako en liesse partout : au bord de la plage, dans les clubs qui étaient à tous les carrefours (c’était la fête de la musique dans tout Bamako tous les soirs). Il a cru en ça, c’était un personnage très intéressant et très libre. Et c’est de ses photos qu’est parti le film. Il y avait eu une exposition à la Fondation Cartier en 2017, et aussi de grands tirages que j’avais vus dans la Gare de la Part-Dieu ; c’est ce qui a déclenché l’idée de fouiner dans cette période historique. Vous avez convoqué Gilles Taurand, votre complice habituel pour les films historiques… Il sait le faire ! Gilles est un int

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Éteignoir sur les concerts

Covid | Les salles de concert commencent 2022 avec un nouveau coup d’assommoir, douloureux même si elles l’avaient vu venir. Spectateurs assis, interdits de consommation au bar et jauge limitée : les structures sont en première ligne des mesures de freinage annoncées par Jean Castex le 27 décembre pour limiter la propagation du virus.

Valentine Autruffe | Mardi 4 janvier 2022

Éteignoir sur les concerts

Personne n’a été surpris. « On avait pris les paris avec mon collègue, il disait début janvier, je disais fin décembre », sourit Laurence Tadjine, directrice du Stud, asso gestionnaire de l’Ampérage. Le 27 décembre, Jean Castex a annoncé de nouvelles restrictions visant à limiter la circulation du Covid-19, qui flambe avec le variant Omicron. Elles restent limitées par rapport à ce que l’on a pu connaître lors des précédentes vagues de Covid. Mais pour beaucoup de salles, c’est du pareil au même : les concerts où le public est debout sont interdits et la jauge maximale pour un événement en intérieur est de 2000 spectateurs. Comme dans les bars standards, la consommation debout est proscrite. Ces règles sont valables pour trois semaines, donc du 3 au 23 janvier inclus. Concerné par la jauge à 2000 spectateurs, le Grand Angle de Voiron échappe à l’impact de ces restrictions pour le moment : le concert acoustique d’Hubert-Félix Thiéfaine, le 14 janvier, était déjà configuré en version public assis, soit 1650 spectateurs maximum (la salle peut monter à 2400 personnes en ouvrant la fosse). Au Summum - jusqu’à 5000 personnes assises et debout en temps normal -, les

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Fred Cavayé : « Je me suis un peu autocensuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Interview | Après y avoir déjà présenté en avant-première "Pour Elle" et "À bout portant", Fred Cavayé avait réservé l’exclusivité de son nouveau film "Adieu Monsieur Haffmann" au Festival de Sarlat. Bien lui en a pris : son drame se déroulant durant l’Occupation a remporté le Grand prix du public et le Prix d’interprétation pour Sara Giraudeau. Toujours prompt à parler fabrication, Fred Cavayé raconte l’histoire de ce film dans l’Histoire. Rencontre sarladaise…

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Fred Cavayé : « Je me suis un peu autocensuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Qu’est-ce qui vous a amené à aborder ce sujet et cette époque ? Fred Cavayé : Beaucoup de choses : l’envie date de très longtemps. Le point de départ, c’est un roman de Michel Audiard, La nuit, le jour et toutes les autres nuits, qui parle de la Libération et notamment des femmes qui se sont fait tondre. Les salauds sous l’Occupation, c’est un sujet qui avait été assez peu abordé. J’avais le souvenir de films comme Lacombe Lucien ou du formidable téléfilm Au bon beurre avec Roger Hanin. Alors quand Jean-Philippe Daguerre, l’auteur de la pièce Adieu Monsieur Haffmann, m’a envoyé le texte, je n’ai pas voulu le lire (je préférerais découvrir la pièce une fois montée), je m’en suis fait mon histoire avec le peu que j’en savais. Or sa pièce est ailleurs, en vérité, pas sur ce sujet-là. Comme j’ai la chance d’avoir de bons producteurs et d’être ami avec Jean-Philippe Daguerre de longue date, je leur ai proposé d’adapter d’une manière peut-être plus libre en faisant dévier

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Tania de Montaigne : « Peut-être qu’enfin, Claudette Colvin va faire partie de l’Histoire »

Théâtre | C’est l’histoire de Claudette Colvin, jeune fille afro-américaine qui, en 1955 dans l’Amérique ségrégationniste, quelques mois avant la fameuse Rosa Parks, refuse de céder son siège à une passagère blanche. En portant sur le plateau son essai "Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin", l’autrice Tania de Montaigne livre un seule-en-scène passionnant sur une héroïne oubliée du mouvement des droits civiques. Ça valait bien une interview avant le passage du spectacle par l’Espace Aragon de Villard-Bonnot, vendredi 7 janvier.

Aurélien Martinez | Mardi 4 janvier 2022

Tania de Montaigne :
« Peut-être qu’enfin, Claudette Colvin va faire partie de l’Histoire »

Avant d’être un spectacle, Noire a d’abord été un livre, que vous avez sorti en 2015… Tania de Montaigne : Oui. Il appartient à une collection chez Grasset, créée par Caroline Fourest et Fiammetta Venner, qui s’appelle "Nos héroïnes". L’idée de Caroline et Fiammetta était de demander à des autrices d’écrire sur une femme qui aurait fait l’histoire mais qui, pour une raison ou une autre, n’aurait pas été retenue par cette histoire. Pour en être, il fallait donc que je trouve une femme pas connue qui gagnerait à l’être ! Après une errance de quelques semaines, je me suis souvenue qu’à un moment, je voulais écrire une nouvelle sur la symbolique du bus, différente selon les moments, les pays, les cultures… Et le bus le plus connu pour moi, à l’époque, était celui de Rosa Parks. Au fil de mes lectures, j’avais griffonné deux lignes sur une adolescente qui aurait pu être Rosa Parks mais qui ne l’avait pas été pour diverses raisons. J’ai proposé ce point de départ à Caroline et Fiammeta, en leur disant que je voulais bien creuser

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Assis au concert et à la diète au cinéma : nouvelles mesures anti-Covid

ACTUS | Face à la recrudescence du nombre de cas positifs au Covid, et à la haute contagiosité du variant Omicron, le gouvernement a annoncé lundi 27 décembre de nouvelles mesures, parmi lesquelles l'interdiction des concerts debout.

Valentine Autruffe | Lundi 27 décembre 2021

Assis au concert et à la diète au cinéma : nouvelles mesures anti-Covid

« Les concerts debout seront interdits », « la consommation de boissons et d'aliments sera interdite dans tous les cinémas, théâtres, les équipements sportifs et les transports collectifs, y compris longue distance », a prévenu le Premier ministre Jean Castex lundi 27 décembre au soir. Le retour des jauges (2000 personnes en intérieur et 5000 en intérieur) fait également partie des mesures de freinage annoncée par le gouvernement. Le secteur culturel évite pour le moment le pire, couvre-feu ou fermeture pure et simple, mais c’est un énième coup dur - qui ne surprend pas grand monde - sur une saison qui a déjà du mal à reprendre. Le réveillon de la Saint-Sylvestre ne fait pas l’objet de mesures de restrictions autres que celles déjà en vigueur ; mais une interdiction de consommer debout dans les bars et restaurants entrera en vigueur au 3 janvier 2022. Par ailleurs, le télétravail, lorsqu’il est possible, sera obligatoire au moins trois jours par semaine, dixit le Premier ministre. Un projet de loi pour transform

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Champo & co

CONNAITRE | À l’occasion du bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes, l’égyptologue Karine Madrigal donne une conférence le 17 janvier à l’auditorium du musée de Grenoble. Le public grenoblois sera mis au parfum des récentes découvertes issues du fonds d’archives départementales de l'Isère.

Eloïse Bonnan | Mardi 4 janvier 2022

Champo & co

« Jacques-Joseph Champollion (l'aîné des deux frères, NDLR) correspondait avec à peu près tout le milieu savant du XIXe siècle, qu’il soit grenoblois, français ou européen et qu’il ait un lien avec leurs travaux de recherche ou pas du tout. Nous avons pu répertorier 1500 correspondants », déclare Karine Madrigal, chargée de l’inventaire du fonds d’archives départementales de l’Isère depuis 2010. Grâce au référencement systématique de cette fantastique mine d’informations, l’égyptologue donne à voir et comprendre l’aventure du déchiffrement des hiéroglyphes sous un nouveau jour. Sans nier le génie du jeune Jean-François Champollion, ni la dextérité avec laquelle il rend intelligible le système hiéroglyphique, la conférence souhaite éclairer le contexte dans lequel s’inscrit cette découverte majeure. Avant internet, le cloud et les mails, des correspondances aussi volumineuses que celles des Champollion témoignent de l’importance du partage d’informations dans la marche scientifique. L’héritage des Lumières imprègne toute l’intelligentsia du XIXe siècle, qui partage notamment les idéaux de recherche et de diffusion des sav

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Rover : holy days on Eis

In extremis | Timothée Régnier, alias Rover, le répète souvent en interview, chez lui, l'inspiration et les compositions doivent moins aux figures dont il a pu faire ses (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 4 janvier 2022

Rover : holy days on Eis

Timothée Régnier, alias Rover, le répète souvent en interview, chez lui, l'inspiration et les compositions doivent moins aux figures dont il a pu faire ses modèles (Bowie, Lennon, Gainsbourg, Brian Wilson), même si un peu quand même, et/ou à l'air du temps musical – son zeitgeist est assez vintage – qu'aux conditions de production dans lesquelles il se trouve au moment d'écrire, de composer et peut-être surtout d'enregistrer. Le lieu où il sévit, les techniques et le matériel utilisé, l'acoustique et l'atmosphère jouant un rôle primordial dans la manière dont le musicien va aborder les choses et conditionnant en bout de chaîne le résultat final. C'est peut-être d'ailleurs en se mettant souvent en quête de lieux singuliers que le chanteur et musicien parvient à conserver cette fraîcheur perpétuelle qui lui donne toujours un peu l'air de débarquer d'une autre planète — chose que l'un de ses incontournables, Bowie, faisait également mieux que personne mais en jouant davantage sur sa propre personne que sur son environnement. Pour Eiskeller, le colosse est allé s'enferm

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Le Montagnard, fondu de fromage

Miam | Quand on rentre dans un restaurant de fondues et raclettes, il faut s’attendre à supporter la décoration folklorique de rigueur : nappes ou rideaux (...)

Jérémy Tronc | Mardi 4 janvier 2022

Le Montagnard, fondu de fromage

Quand on rentre dans un restaurant de fondues et raclettes, il faut s’attendre à supporter la décoration folklorique de rigueur : nappes ou rideaux vichy rouge, lambris, outils et skis antiques aux murs. Tout pour nous rappeler que l’habitat de montagne ressemble rarement à cela. Au restaurant Le Montagnard (ouvert le 11 novembre), les patrons ne se sont pas embarrassés à faire semblant. En reprenant l'établissement gastronomique Gillio, ils ont conservé son design élégant et sobre, gommant le fuchsia un peu criard de certains pans de murs pour les agrémenter d’éléments de décoration évoquant Grenoble et ses montagnes, dont les affiches colorées et épurées style Mid Century de Monsieur Z. Bon point pour la déco. Emmental fatal La carte est assez longue. Sur trois pages sont proposées des salades, des planches fromage et/ou charcuterie, six variétés de raclette et dix de fondue. On opte pour une classique et une aux lardons, « c’est une fondue classique avec des lardons dedans », nous explique l’un des patrons. Ce n’est pas plus compliqué que ça et on suppose celles aux cèpes ou aux oignons mitonnées sur le même principe. La texture des fondues est

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Tromperie : quelques maux d’amour

Coup de cœur | Adaptation d’un roman de Philip Roth qui lui trottait depuis longtemps en tête, la tromperie d'Arnaud Desplechin est aussi un plaidoyer pro domo en faveur du droit de l’artiste à transmuter la vérité de son entourage dans ses œuvres. Quitte à confondre amour privées et fictions publiques.

Vincent Raymond | Jeudi 23 décembre 2021

Tromperie : quelques maux d’amour

Fin des années 1980. Écrivain à succès américain provisoirement exilé à Londres, Philip accueille dans le petit appartement où il travaille sa jeune maîtresse anglaise. Entre deux galipettes, ils parlent, ou plutôt elle parle et il l’écoute, prenant des notes comme il a l’habitude de le faire depuis toujours avec ses conquêtes. Le soir, il retrouve sa compagne officielle ou ses obligations mondaines, échangeant parfois avec ses anciennes liaisons, lesquelles ont toutes laissé une trace dans son œuvre. Et vitupère à l’envi contre l’antisémitisme systémique au Royaume-Uni… Film verbal plus que verbeux, resserré autour d’un couple (pas toujours le même, bien que l’homme demeure identique), Tromperie tranche dans la filmographie d'Arnaud Desplechin par sa relative linéarité puisqu’il accompagne un double processus : l’édification d’un amour et celui de l’œuvre codépendante. Certes, Roubaix, une lumière (2019) présentait déjà une structure narrative plus “disciplinée” qu’à l’ordinaire chez le cinéaste, mais c’était surtout parce qu’elle s’inscrivait dans un genre bien p

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Mollo avec le CBD

Beurk | Nous mettons en garde le lecteur. La critique gastronomique qui va suivre n'a absolument rien de commun avec ces chevaliers du bon goût de terroir et (...)

Eloïse Bonnan | Mardi 4 janvier 2022

Mollo avec le CBD

Nous mettons en garde le lecteur. La critique gastronomique qui va suivre n'a absolument rien de commun avec ces chevaliers du bon goût de terroir et de tradition française. Là où le cultissime jambon-beurre a disparu, nous prenons autre chose sans crier au scandale. Cependant, l’avant-garde culinaire n’est pas non plus gage de qualité. Hélas, nous en savons quelque chose, depuis qu’une enseigne de burgers insolites nous a eus dans ses filets. « J’ai des clients qui sont venus tester nos burgers au CBD et qui ont trouvé ça intéressant », témoigne Thibaut, le gérant du restaurant Les Trim’Art à Grenoble. Par ailleurs chef d’entreprise dans le secteur immobilier, le jeune homme a inauguré le 18 décembre dernier sa cuisine street-food avec une carte pour le moins originale. À côté des trois burgers au CBD, l’enseigne vend heureusement des burgers classiques. Pour rappel, contrairement au THC, le CBD est une molécule ni psychoactive ni addictive. « Toutes nos recettes, on les a créées, testées et goûtées, pour faire ressortir le goût du CBD parmi les ingrédients, sans qu’il ne passe par-dessus », déclare le chef. Légalisé en France depuis novembre 2020,

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"Licorice Pizza" de Paul Thomas Anderson : sweet seventies

Le film coup de cœur | Deux jeunes gens que près de dix ans séparent apprennent à s’aimer, non sans peine. Une carte postale datant de l’époque du pétrole illimité, des waterbeds et des cols pelle à tarte confiée à d’inattendues têtes d’affiche.

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

San Fernando, L.A., 1973. À la fois lycéen, comédien et à l’affût de la moindre opportunité entrepreneuriale, le jeune Gary Valentine tombe sous le charme d’Alana, l’assistante du photographe de l’école. Le fait qu’elle ait la vingtaine ne l’arrêtant pas, l’ado culotté engage une opération de séduction qui ne laisse pas totalement insensible sa putative dulcinée. Chronique de leur histoire, entre hauts et bas… Ne vous attendez pas à découvrir dans ce film la recette (ni la moindre apparition) de la pizza à la réglisse promise par le titre ! Cette espèce de chimère culinaire, que les papilles peinent d’ailleurs à conceptualiser — quand bien même elles auraient tâté de l’improbable Hawaïenne — doit se comprendre comme l’équivalent alimentaire doux-amer de notre mariage entre la carpe et le lapin. Une sorte d’attelage improbable entre deux caractères davantage susceptibles de créer une discordance qu’une harmonie, mais que la force de l’imagination (ou

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« Amères », les victimes présumées d’un serveur de la Bobine se confient

ACTUS | Elles sont visiblement éprouvées. Les victimes présumées de l’ancien salarié de la Bobine, qu’elles (...)

Valentine Autruffe | Jeudi 23 décembre 2021

« Amères », les victimes présumées d’un serveur de la Bobine se confient

Elles sont visiblement éprouvées. Les victimes présumées de l’ancien salarié de la Bobine, qu’elles accusent d’agressions sexuelles et de violences, ont rédigé une lettre ouverte pour dénoncer la façon dont elles se sont senties déconsidérées par l’établissement dans cette affaire. Nous avions rencontré la Bobine à ce sujet lors de la déferlante Balance ton Bar (article à lire ici), nous avons donc également écouté le récit de ces jeunes femmes, qui évoquent à elles toutes des faits de violences physiques, de harcèlement et de violences sexuelles, jusqu’au viol. Au printemps 2021, la Bobine a recueilli les premiers témoignages les informant de comportements violents (et liés à une consommation d’alcool) de l’un de ses employés, à son domicile. « Je me suis fait accompagner par France Victimes,

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Heccä, concept-store, concept en or

Adresse | Derrière la cathédrale Notre Dame, un ancien local de peinture de la rue du Fer à Cheval a été rebaptisé (...)

Eloïse Bonnan | Mardi 4 janvier 2022

Heccä, concept-store, concept en or

Derrière la cathédrale Notre Dame, un ancien local de peinture de la rue du Fer à Cheval a été rebaptisé Heccä par une entrepreneuse grenobloise. Hélène Caratelli vibre pour les vêtements et la déco de seconde main. Encouragée par sa communauté Vinted, le marché de la vente d’occasion en ligne, la jeune femme cherchait un lieu atypique où vendre ses pièces physiquement. De 80€ la demi-journée en semaine à 250€ le week-end complet, en apparence Heccä est tout ce qu’il y a de plus banal : un local disponible à la location. « Il y a eu de tout dans ce local : du mariage, des ateliers yoga, de la photo, des départs à la retraite, beaucoup de shootings, etc. », signale Hélène la gérante. Entre les petits événements publics ou privés, le local fait surtout florès pour les boutiques éphémères. Le concept de pop-up stores venu des États-Unis envahit toutes les grandes villes du globe. Vendre sa ma

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J'aime la Bonne Pâte !

Resto | On peut aimer l’esprit de Noël et être fatigué des recettes fantaisistes de tante Suze, qui pousse toujours le bouchon un peu (...)

Eloïse Bonnan | Mardi 4 janvier 2022

J'aime la Bonne Pâte !

On peut aimer l’esprit de Noël et être fatigué des recettes fantaisistes de tante Suze, qui pousse toujours le bouchon un peu trop loin. Pour mettre fin à cette période de gastronomie anarchique, le Petit Bulletin s’est rendu à deux pas des halles Sainte-Anne, pour s'offrir un plat de pâtes. « Nous nous sommes connus dans la sécurité bancaire et avons profité d’un plan de départ pour lancer le projet », explique Julien, l’un des deux associés des restaurants La Bonne Pâte. On n’aurait pas dit mieux pour vendre ce concept de pâtes fraîches, sauces et desserts maison qu’en l’appelant de la sorte. Les yeux en cœur, nous avons dégusté la variété de pâtes de la semaine. De généreuses tagliatelles à la sauce de Noël, toutes en crème et morilles avec pecorino par-dessus. L’assiette était aussi généreuse que tante Suze. Naturellement, nous avons tenté le tiramisu spéculos et caramel beurre salé pour co

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L'absurde assumé de Cobie

Street art | Habitué à coller ses œuvres dans les rues, l’artiste Cobie Cobz expose ses affiches aux messages surprenants à la galerie SpaceJunk. Il se questionne (...)

La rédaction | Mardi 4 janvier 2022

L'absurde assumé de Cobie

Habitué à coller ses œuvres dans les rues, l’artiste Cobie Cobz expose ses affiches aux messages surprenants à la galerie SpaceJunk. Il se questionne notamment sur l’utilité des pandas ou sur l’intelligence des coquillettes, sur des affiches volontiers provocantes, puisqu’elles ont pour objectif de surprendre le passant qui lira une phrase à contre-courant de ce qui est habituellement rédigé sur les murs, par exemple « oui à la haine, oui à la guerre »… Cobie. Tout sur la vie et ses terribles conséquences du 3 au 7 janvier à SpaceJunk, Grenoble Par Nathan Gil

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Le ski de randomestique

Montagne | S’il y a une discipline qu’on ne s’attendait pas à voir débarquer massivement dans les stations, c’est bien le ski de randonnée. À tel point que l’agence Isère Attractivité a dû impulser une politique de structuration de l’activité. Pour des raisons de sécurité… et à terme la rendre payante ?

Jérémy Tronc | Mardi 4 janvier 2022

Le ski de randomestique

« L’hiver dernier, on pouvait compter sur les parkings de certains domaines skiables entre 500 et 600 voitures de personnes qui venaient faire du ski de randonnée », avance Yannis Ameziane, chef du service Jeunesse et Sport au conseil départemental de l’Isère. Un hiver 2020/2021 très particulier, il faut le souligner, avec un enneigement remarquable mais des remontées mécaniques fermées pour cause de Covid. Dans ce contexte unique, le nombre de pratiquants de ski de randonnée a explosé, et avec lui les ventes de matériel d’occasion ou neuf (au Vieux Campeur, cette discipline représente désormais plus de 90% des ventes de matériel d’hiver). « La fermeture des stations l’an dernier a été un accélérateur de l’activité et a confirmé l’urgence d’agir pour pouvoir préparer cette saison-là. Mais ça fait deux ans que l’on travaille sur le développement du ski de randonnée en stations. La question aujourd’hui c’est de savoir quel sera le report de l’activité de l’année passée. Car si on a ne serait-ce que la moitié des pratiquants qui reviennent, on ne peut pas se permettre de les laisser évoluer sur des domaines sur lesquels il y aura une activité normale, et qui ne sont pa

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