De la paille à la poutre

ARTS | Aussi séduisante que pédagogique, l’exposition Fibra présentée à la Plateforme invite à une exploration des possibilités structurelles et architecturales des matériaux naturels. L’occasion de se rappeler que la nature est quand même vachement bien faite et qu’il serait dommage de ne pas en tirer parti.

Benjamin Bardinet | Mardi 9 juin 2020

Photo : (c) Benjamin Bardinet


Paille, chanvre, bambou, osier... sont autant de matériaux naturels aux propriétés fascinantes que les habitants des quatre coins de la planète ont toujours su utiliser pour leurs constructions traditionnelles. Aujourd'hui, sensibles aux enjeux environnementaux et émancipés du dogme moderniste, de nombreux architectes voient à leur tour les avantages de leur usage pour leurs réalisations architecturales. Avant de présenter un éventail réjouissant de ces projets, le parcours de l'exposition Fibra a la bonne idée de proposer au visiteur de découvrir des objets conçus à partir de ces matériaux naturels par les étudiants en DPEA design de l'Ensag. La valorisation, dès l'entrée de l'exposition, de ces réalisations poético-fonctionnelles (un mur favorisant la communication, un espace privé portatif en osier) permet autant au visiteur de se familiariser avec ces différents matériaux que d'en saisir les qualités esthétiques indéniables.

Didactique et esthétique

Après la découverte de ces projets multisensoriels, l'exposition laisse place à la présentation factuelle d'une série de projets architecturaux internationaux. En introduction, des panneaux expliquent les usages possibles de chacun de ces matériaux grâce à de très didactiques séquences dessinées, qui nous permettent ensuite de mieux saisir la qualité de chacun de ces projets. Le parcours prend le parti pris de rassembler les réalisations en fonction de l'usage qui est fait de ces matériaux : "clore et séparer", "habiller et couvrir"… Si l'Europe héberge quelques belles architectures dont le coffrage et l'isolation sont en fibres naturelles, on ne s'étonnera pas de trouver en Asie du Sud-Est de magnifiques structures en bambou dont l'entrelacement quasi hypnotique se révèle structurellement aussi souple que solide.

FIBRA, bâtir en fibre végétale
À la Plateforme jusqu'au 27 juin

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Anticipations urbaines

ARTS | Réunies à La Plateforme, deux expositions se proposent d’explorer les contours de la ville telle qu’elle existe aujourd’hui et de ce qu’elle pourrait devenir demain. Une thématique pointue, sans doute, mais passionnante.

Martin de Kerimel | Mardi 17 décembre 2019

Anticipations urbaines

Le nom est sympa et le concept intéressant : jusqu’au 4 janvier, l’exposition Sous le casque, la ville propose aux visiteurs d’appréhender l’urbanisme par le son. Une série de textes, de photos, mais aussi et surtout de reportages sonores (à écouter un casque sur les oreilles, via des smartphones installés sur place), présente les travaux d’Élise Lemercier, urbaniste de formation et responsable de l’agence grenobloise Les Ateliers (dé)concertants. Partie en Colombie l’été dernier, elle y a enquêté, écrit et enregistré les histoires des habitants de la ville de Bucaramanga, ainsi que des professionnels qui contribuent à sa transformation. Par la suite, revenue en France, elle s’est associée avec Lorine Le Louvier, dont la société – La Souffleuse – accompagne des entreprises, associations et institutions dans la réalisation d’outils de communication sonores, au format podcast. Ensemble, les deux femmes ont élaboré cette exposition qui, entre Bucaramanga et Grenoble, tisse un lien inattendu au travers de l’aménagement urbain. L’occasion de vérifier que l’architecture citadine, en faisant évoluer nos villes, peut pareillement changer nos vies. Projets i

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