Le jour d'après

Musées | Fermés durant deux mois, les musées de l’agglomération rouvrent progressivement leurs portes au public. Protocoles sanitaires, jauges restreintes, expositions à voir, animations… On a mené l’enquête et on vous dit tout sur l’actualité de ces lieux d’art et de savoir.

La rédaction | Mardi 9 juin 2020

Photo : (c) Nathalie Gresset


C'est l'une des premières bonnes nouvelles qui ont suivi la période de confinement. Lundi 18 mai : après de longues semaines de fermeture imposées par le covid-19, les musées départementaux ont été les premiers à accueillir de nouveau les visiteurs. Ils ont été suivis, le 27, par le Musée de Grenoble et le Museum. Vous aviez coché l'une des dernières expos temporaires de l'un de ces établissements ? Vous vous dites qu'il est temps de découvrir celle dont vos amis vous ont parlé ? Et, tant qu'à faire, vous avez envie de revoir l'une des nombreuses collections permanentes ? Il y a de quoi faire ! Le Museum a décidé de prolonger les dates de Fascinants félins, qui devait s'arrêter en septembre, mais durera finalement jusqu'à la fin de l'année. S'il a fermé sa bibliothèque et provisoirement annulé ses animations, il envisage des temps de médiation, qu'il proposera probablement à des groupes de neuf personnes, en extérieur. Le Musée de Grenoble, lui, venait d'organiser la visite de presse de son exposition Grenoble et ses artistes au XIXe siècle quand il a fermé ses portes : l'événement sera prolongé jusqu'au 25 octobre. « Cette exposition présente un pan de l'histoire de l'art peu connu au niveau national et devrait intéresser beaucoup de monde, juge Guy Tosatto, directeur de l'établissement. On y voit de belles choses et des œuvres touchantes : c'est important dans le contexte actuel. » Le musée propose des visites guidées le week-end, ainsi que des ateliers pour les enfants (tous deux sur réservation). Ce dernier dispositif, qui avait initialement lieu uniquement le mercredi, a été élargi à d'autres jours de la semaine afin d'accueillir ceux qui ne sont pas scolarisés ou seulement à temps partiel.

Une période de transition

On parle aussi de prolongations au Musée dauphinois et au Musée de la Résistance (avec L'ivresse des sommets et Femmes des années 40, jusqu'au 4 janvier 2021). Et le public répond présent : 2 300 personnes sont venues la première semaine dans l'ensemble des musées gérés par le Conseil départemental – et 9 000 en tout, en comptant les visiteurs des jardins. Une période de transition vient de démarrer. Partout, le protocole d'accueil a quelque peu changé – avec de nouveaux horaires pour certains établissements – et de nouvelles règles sanitaires ont été instaurées pour veiller au respect des gestes barrières. Comme dans de nombreux lieux ouverts au public, les bouteilles de gel hydroalcoolique ont ainsi fleuri à l'entrée des musées, dont la visite est réservée pour l'instant, dans la majorité des cas, aux personnes seules et au public familial. L'attente des visiteurs se fait souvent à l'extérieur des bâtiments. Un marquage au sol a été installé pour rappeler la distance à observer entre deux personnes et le personnel des bornes d'accueil est protégé par des vitres de plexiglas. Le port du masque est souvent obligatoire et à tout le moins fortement recommandé.

Le public... guidé !

La découverte des expositions s'effectue ensuite selon un sens unique de circulation indiqué par une signalétique spécifique, afin d'éviter aux personnes de se croiser. Les agents des musées sont amenés à réguler les flux de visiteurs, afin d'éviter les rassemblements importants dans les salles. Dans cette même logique, les jauges d'entrées ont été revues à la baisse. En temps normal, le Museum peut recevoir jusqu'à 300 personnes dans le bâtiment principal et jusqu'à 60 personnes dans l'orangerie : à ces mêmes endroits, la capacité d'accueil se limite désormais à 100 et 20 visiteurs. Même tendance pour le Musée de Grenoble, avec un nombre de visiteurs restreint à 300 contre 1 500 habituellement. Ces mesures visent avant tout à rassurer et protéger le public : « Tout cela est nécessaire pour lui permettre de revenir en confiance, explique Guy Tosatto. Il faut aussi voir le positif : avec une limite de dix personnes par salle dans notre établissement, les amateurs d'art bénéficient de conditions idéales pour apprécier pleinement les expositions. » Il ne vous reste plus qu'à vous laisser tenter.

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« Déconstruire l’imaginaire colonial »

CONNAITRE | Organisé à l’initiative de quatre structures de profil divers (Contre-Courant, Mix’arts, PEPS et Survie), le Mois Décolonial proposera, du 10 au 30 juin, un vaste ensemble de tables rondes, projections, formations, spectacles et concerts autour de la question décoloniale. Explications.

Damien Grimbert | Mercredi 9 juin 2021

« Déconstruire l’imaginaire colonial »

« Pourquoi l’héritage du passé constitue-t-il le socle de discriminations, de violences et d’un racisme encore trop prégnants dans notre société et dans nos pratiques ? » C’est dans l’objectif d’amorcer des ébauches de réponses à cette question complexe que s’est créé le Mois Décolonial, événement transversal et pluridisciplinaire « à la croisée des sphères universitaires, culturelles et militantes », comme l’explique Fabien Givernaud, l’un des organisateurs de l’événement. « L’idée, c’est de proposer des outils, un socle de réflexion, pour aider à comprendre, théoriser et déconstruire nos schémas de pensées mais aussi nos pratiques qui relèvent, consciemment ou inconsciemment, d’un héritage colonial. On ne remet pas en cause des individus : on n’est pas là pour se flageller, mais plutôt pour chercher à comprendre les mécanismes qui perpétuent le racisme et les discriminations, comment mieux respecter les identités individuelles et collectives des gens, leur culture… » Conçu pour s’adresser au plus grand nombre, quel que soit leur degré de connaissance préalable du sujet, le programme, extrêmement dense (plus de 26 évènements à prix libre en l’espace

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Marina Rollman, drôle mais pas que

SCENES | Maitrisant à la perfection tous les codes du stand-up contemporain, l’humoriste franco-suisse Marina Rollman met ces derniers au service d’un propos vif et bien senti, qui croque les aléas de notre époque avec nuance et subtilité. Portrait à l’occasion de son passage samedi 19 juin à l’Ilyade de Seyssinet-Pariset.

Damien Grimbert | Lundi 14 juin 2021

Marina Rollman, drôle mais pas que

La première chose qui frappe lorsqu’on écoute Marina Rollman, c’est de voir à quel point elle et une poignée d’autres humoristes de sa génération ont réussi à faire leur le perfectionnisme acéré qui fut pendant longtemps l’apanage des seuls icones du stand-up anglo-saxon. Énergie, vivacité, sens de la formule et du timing, finesse de l’écriture… Derrière l’aisance, la fluidité et l’apparente décontraction dont elle fait preuve, on devine une mécanique parfaitement huilée d’une efficacité redoutable où chaque mot, chaque expression, chaque tic de langage est savamment pesé pour fournir un impact maximum. Ce qui constitue sa singularité, en revanche, tient peut-être plus à sa capacité à s’emparer des sujets dans l’air du temps d’apparence les plus superficiels, les plus anecdotiques, pour mieux dévoiler les véritables torrents de questionnements existentiels qu’ils sous-tendent pour peu qu’on se donne un peu la peine d’en gratter la surface. Aussi douée pour porter en dérision les petits travers de notre époque que pour analyser avec finesse les mécanismes sous-jacents qu’ils mettent en œuvre à notre insu, Marina Rollman ne s’épargne pas pour autant en cours de route, re

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Simo Cell et Abdullah Miniawy, explorateurs sonores

MUSIQUES | C’est ce qu’on pourrait appeller une rencontre à haut potentiel. D’un côté Simo Cell, jeune espoir de la scène électronique française arpentant depuis cinq/six (...)

Damien Grimbert | Lundi 14 juin 2021

Simo Cell et Abdullah Miniawy, explorateurs sonores

C’est ce qu’on pourrait appeller une rencontre à haut potentiel. D’un côté Simo Cell, jeune espoir de la scène électronique française arpentant depuis cinq/six ans des territoires sonores singuliers quelque part entre techno, bass music britannique, ambient et musiques expérimentales, avec un goût prononcé pour les rythmes percussifs, le sound design, la gestion des silences et les infrabasses démesurées. De l’autre Abdullah Miniawy, jeune poète, chanteur, compositeur et trompettiste égyptien militant passionné de musique répétitive, de free jazz et transe soufie, dont la carrière débute au Caire en 2011, à l’orée des premiers soulèvements révolutionnaires qui aboutiront à la démission du président Hosni Moubarak. Entamée au cours de l’hiver 2018, sous la forme de longues sessions d’enregistrement faisant la part belle à l’improvisation, leur collaboration va d’abord donner naissance à un album rêche, hybride et avant-gardiste d’une puissance d’évocation impressionnante, Kill Me or Negotiate, sorti en octobre 2020 sur le label lyonnais Brothers From Different Mothers. Puis à une déclinaison live que le public grenoblois aura le privilège d’être l’un des tous premiers à

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Revoilà Papagalli !

SCENES | Son enthousiasme pour Western, sa nouvelle pièce, faisait plaisir à voir, et puis, patatras ! La situation sanitaire avait coupé Serge Papagalli en (...)

Martin de Kerimel | Mercredi 9 juin 2021

Revoilà Papagalli !

Son enthousiasme pour Western, sa nouvelle pièce, faisait plaisir à voir, et puis, patatras ! La situation sanitaire avait coupé Serge Papagalli en plein élan l’année dernière, le privant de nombreuses dates et l’empêchant de célébrer ses 50 ans de carrière exactement comme il l’avait espéré. D’autres auraient sûrement pleuré sur ce jubilé contrarié. On sait toutefois que l’homme a de la ressource et le comédien bien d’autres cordes à son arc : c’est pourquoi on est ravi (et pas très étonné) de le voir de retour sur scène en ce mois de juin, avec l’un de ses classiques – La Buvette, le Tracteur et le Curé – à l’affiche du Grand Théâtre de Grenoble. C’est tout ? Non ! Sur son site officiel, le bougre évoque plusieurs projets à venir. L’un après l’été, avec une nouvelle pièce au titre "papagallien" au possible, Ça va râler ! : ce spectacle devrait être créé au Déclic de Claix en octobre et, ensuite, partir en tournée jusqu’en mai 2022. Par la suite, le beau Serge a prévu de donner une suite aux aventures de la famille Maudru : il promet une première en octobre 2022, présentée cette fois à l’Agora de Saint-Ismier, et un énième départ sur les routes jusqu’

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Les petites reines de la rue Saint-Laurent

ACTUS | Le vélo est roi dans la tranquille rue Saint-Laurent. De nombreux entrepreneurs œuvrant pour ou avec leur vélo y ont pignon sur rue (oh oh oh !). On est allé rencontrer tout ce monde-là… à bicyclette-euh.

Jérémy Tronc | Vendredi 11 juin 2021

Les petites reines de la rue Saint-Laurent

Si les terrasses de la place Cymaise sont régulièrement bondées depuis le 19 mai, la foule s’engage rarement plus haut dans la rue Saint-Laurent, intimidée peut-être par la Fontaine du Lion et son combat sans fin avec le serpent de bronze, allégorie des inondations qui ont ravagé Grenoble de l’époque romaine jusqu’au XIXe siècle. En revanche, la rue est souvent peuplée de vélos et de cyclistes, certains bricolant leur monture en pleine rue, comme devant le numéro 38. La société de livraison S!cklo vient d’y ouvrir un petit atelier géré par Roman, qui essaie de s’organiser au mieux pour réaliser vos petites réparations dans la journée. « Les gens sont surpris car le délai moyen dans les autres magasins, c’est plutôt deux semaines en ce moment. » De l’autre côté de la rue, au 57, s’activent les coursiers de S!cklo, au gré des ordres de livraison reçus. Cette société “locale et éthique” de coursiers à vélo s’est montée en juillet 2019 en alternative aux grosses plateformes et à leurs mauvaises conditions de travail. Elle comptabilise désormais plus de 6000 utilisateurs et ses employés bénéficient de vrais contrats. « S!cklo offre un service de qualité tout en

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"La Nuée" : du genre à sang à sillons

ECRANS | Une éleveuse de sauterelles en difficulté découvre que nourrir ses bêtes en sang fait bondir le rendement. Aux lisières du fantastique et du drame social, le premier long de Just Philippot interroge les genres autant que notre rapport au vivant et à sa production. La nouvelle veine du genre français pulse bien.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Agricultrice isolée, mère célibataire, Virginie ne s’en sort plus : elle est au bord de la faillite et son élevage de sauterelles vivote. À la suite d’un accident, elle remarque que les insectes ayant goûté son sang se développent mieux et plus rapidement. L’apparente aubaine la conduit à augmenter la capacité de son exploitation et à s’investir corps et âme pour des sauterelles hématophages de plus en plus gourmandes… La Nuée peut se définir comme un "film de genre français d’horreur rurale". L’allitération tord la langue, mais chacun des termes de cette appellation baroque est signifiant. Récapitulons. D’abord, "film de genre français d’horreur" parce qu’issu du (plutôt fécond) programme monté par SoFilm visant à détecter des auteurs et des réalisateurs, puis à produire un style de cinéma codifié où la France recommence doucement à glisser l’orteil (Grave). L’argument économique n’est plus un frein à l’expression de la qualité : le numérique étant désormais à la portée de tous les cauchemars. Ensuite, "rural", qui ajoute une dimension socio-écono

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À la MC2, un mois de festival pour « retrouver le sens de la fête »

SCENES | Alors que pas mal de théâtres ont rouvert leurs portes avant la pause estivale pour quelques spectacles, la MC2 voit, elle, carrément en grand avec un festival d'un mois baptisé La MC2 en fête. Assurément l'événement de cette fin de saison, dont on a parlé avec le directeur des lieux, Arnaud Meunier.

Aurélien Martinez | Mardi 8 juin 2021

À la MC2, un mois de festival pour « retrouver le sens de la fête »

Quand avez-vous pensé ce grand temps fort ? Arnaud Meunier : J'y pensais depuis longtemps, c'était mon obsession des derniers mois. Une maison de la culture fermée au public, c'est dramatique. Il s'agit donc de retrouver le sens de ce que nous sommes profondément : un lieu d'art, de création et de culture pour toutes et tous. Et puis il se trouve que je suis également metteur en scène. Pendant les confinements, j'ai répété un spectacle fantôme qui n'a pas fait une seule représentation, donc je connais très intimement la souffrance qu'ont ressentie les artistes. Leur faire retrouver très rapidement le chemin du public me semblait capital. Beaucoup ont répondu présent, j'en suis ravi. Vous auriez pu programmer quelques spectacles en juin pour terminer la saison doucement en attendant la prochaine. Mais vous avez choisi une forme be

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Le Ciel à disposition

ACTUS | Appel à participation / En ces temps de déconfinement progressif, la vie reprend aussi du côté du Ciel, lieu emblématique grenoblois dédié à la musique (concerts, (...)

Hugo Verit | Vendredi 11 juin 2021

Le Ciel à disposition

Appel à participation / En ces temps de déconfinement progressif, la vie reprend aussi du côté du Ciel, lieu emblématique grenoblois dédié à la musique (concerts, résidences et salles de répétition) dont la gestion est assurée par l’association Plege depuis 2019. En attendant d’être en mesure de pouvoir annoncer quelques dates (ce qui devrait sûrement arriver ces jours prochains), l’équipe a choisi de dévoiler, début mai, son nouveau projet de tiers-lieu qui comprend une champignonnière urbaine, un studio délocalisé de Radio Campus Grenoble et un espace partagé de 67 mètres carrés qu’il reste à investir. Pour cela, un appel à participation vient d’être lancé : « C’est ouvert à tous ceux, association ou personne sans structure particulière, qui portent un projet dans les domaines de la culture, de l’écologie ou de la solidarité. Nous n’avons pas d’idées préconçues sur le devenir de cet espace et cherchons plutôt à créer quelque chose avec les gens, avec les habitants du quartier, à voir ce qui est possible en fonction des besoins. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’on n’accueillera pas de coworking et que l’on veut éviter d’être dans une logique de salle de

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Cafés, thés et bouquins

Commerce | Ils ont fait ensemble des études de philo jusqu’à la licence. Pas vraiment motivés à l’idée de poursuivre dans cette direction, Samuel et Alex, 21 et 23 ans, (...)

Martin de Kerimel | Mercredi 9 juin 2021

Cafés, thés et bouquins

Ils ont fait ensemble des études de philo jusqu’à la licence. Pas vraiment motivés à l’idée de poursuivre dans cette direction, Samuel et Alex, 21 et 23 ans, ont suivi les conseils d’une amie et sont tombés d’accord pour ouvrir Caf’Ka, un café-librairie, rue Vauban, à Grenoble. Leur local était auparavant celui d’un marchand de cheminées : les deux potes avaient installé une mini-terrasse à la mi-mai et menaient encore quelques travaux intérieurs quand nous les avons rencontrés. Leur vraie fête inaugurale est prévue le 9 juin. L’offre à ce jour ? Quatre cafés, cinq thés, une tisane, quelques soft drinks et, pour grignoter, une gamme de plaisirs sucrés. Leur idée est de proposer du salé également, sans pour autant que Caf’Ka se transforme en snack. Côté bouquins, les garçons récupèrent et vendent des livres d’occasion, comptant aussi permettre à leurs clients de les lire sur place ou de les emprunter. Ils ne prétendent pas connaître parfaitement chacun des ouvrages disponibles. Ils en ont toutefois placé certains de côté pour mettre en avant leurs coups de cœur. Avec l’enthousiasme des entrepreneurs débutants (décidés à proposer plusieurs autres activités culturelles) e

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"Nomadland" : une reconquête de l’Ouest

ECRANS | Une année en compagnie d’une sexagénaire jetée sur la route par les accidents de la vie. Un road trip à travers les décombres d’un pays usé et, cependant, vers la lumière. Poursuivant sa relecture du western et des grands espaces, Chloé Zhao donne envie de (re)croire à la possibilité d’un rêve américain. Primé au Tiff, Lion d’Or à Venise, Oscar du meilleur film.

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

L’Ouest, le vrai : frappé par la désindustrialisation. Où les baraques préfabriquées sont ouvertes aux quatre vents et les villes devenues fantômes. Où une partie de la population, victime de maladies professionnelles, dort au cimetière et les survivants… survivent comme ils le peuvent. Certains, comme Fern à bord de son vieux van, ont pris la route et joint la communauté des nomades, enchaînant les boulots saisonniers au gré des latitudes. Loin d’une partie de plaisir, son voyage sera tel un pèlerinage l’obligeant à se priver du superflu, l’autorisant à se défaire du pesant… Inspiré d’un livre-enquête de Jessica Bruder consacré aux victimes collatérales de la crise des subprimes de 2008 (des sexagénaires privés de toit poussés au nomadisme), Nomadland s’ouvre sur un carton détaillant l’exemple de la ville d’Empire dans le Nevada, passée de florissante à miséreuse, et nous fait suivre sa protagoniste en âge d’être à la retraite, cumulant des petits jobs précaires chez les nouveaux rois de l’économie. Des éléments à charges supplémentaires contre l’ubercapitalisme, direz-vous ; un

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La claque Laake

Electro-classique | Sans mauvais jeu de mots, c'est devenu un classique que les noces entre la musique électronique et le... classique. Un label comme InFiné, s'en est même (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

La claque Laake

Sans mauvais jeu de mots, c'est devenu un classique que les noces entre la musique électronique et le... classique. Un label comme InFiné, s'en est même fait un genre de très vaste spécialité. Des musiciens comme Francisco Tristano, Arandel, Rone aussi. Le pianiste Laake également, qui a mis son piano au service d'une techno d'ambiance aux contours aussi spleenétiques que cinématographiques. Le dénommé Raphaël Beau a même poussé le bouchon jusqu'à produire un album d'électro, O, accompagné d'un orchestre classique – un tour de force pour un musicien autodidacte qui ne lit pas les partitions et qui d'ailleurs ne s'avoue ni puriste du classique, ni inconditionnel de la techno. L'ensemble donne à ses compositions un caractère épique et foudroyant et à l'auditeur la certitude que la matière organique s'accomode parfaitement de s'acoquiner avec des machines, et inversement – même si ce mariage a, chez Laake, toujours quelque chose d'une inquiétante étrangeté qui ne se départit pourtant jamais de quelques notes d'espoir. Une bande-son finalement assez raccord avec la période vécue actuellement et dont on pourra avoir un aperçu intrigant du côté de la Source.

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Songs of Leonard Cohen

Hommage | La reprise d'une ou de chansons de Leonard Cohen a toujours été un genre en soi, et même tout un art. On peut ainsi se souvenir du remake intégral (pochette (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

Songs of Leonard Cohen

La reprise d'une ou de chansons de Leonard Cohen a toujours été un genre en soi, et même tout un art. On peut ainsi se souvenir du remake intégral (pochette comprise) et clandestin perpétré par le dénommé Red de son Songs from a Room, de l'Hallelujah ré-immortalisé par John Cale ou Jeff Buckley, comme d'une infinité d'albums tributes parfois très réussis (on songe à celui réalisé, il y a 30 ans, pour le compte des Inrocks : I'm your fan). Pour H-Burns, l'hommage à celui qu'il considère comme un des responsables de son entrée en religion musicale semble tout aussi naturel. Double hommage puisqu'il est constitué d'un disque à venir – qui aura occupé une partie de son confinement –, enregistré sur bandes dans les conditions de l'époque, et d'une série de concerts qui passera par la Belle électrique et que le chanteur a déjà pas mal inauguré par des lives dans les studio de la presse web (Le Figaro, Les Inrocks TV) et même à la Cité de la Musique de Romans avec l'orchestre symphonique de Romans. L'orchestre ne sera pas de la partie grenobloise, ce jour, mais les chansons de Cohen, toutes périodes confondues, elles seront bien là, à propos desquelles le Can

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Just Philippot : « On fait des films pour emmener les spectateurs sur des univers plus glissants »

LA NUÉE | Avec son premier long métrage, le réalisateur Just Philippot réalise un carton plein : sélectionné à la Semaine de la Critique, prix spécial du Jury (et de la meilleur actrice pour l’actrice Suliane Brahim) au Festival de Catalogne, La Nuée annonce un renouveau dans le cinéma de genre hexagonal. Fantastique !

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Just Philippot : « On fait des films pour emmener les spectateurs sur des univers plus glissants »

Il y a des connexions nombreuses entre La Nuée et votre précédent court métrage, Acide, réalisé au sein de la résidence SoFilm. Comment est-ce que tout a commencé ? L’histoire et la trajectoire sont assez simples et folle. À la base, il y a la volonté de Thierry Lounas, fondateur de SoFilm et producteur chez Capricci, coproducteur de La Nuée avec Manuel Chiche de The Jokers, de se lancer il y a 5 ans dans un renouveau du cinéma de genre en changeant la façon d’écrire et fabriquer les histoires. En initiant d’abord des résidences sur du court métrage qui avaient pour but de faire rencontrer les cinéastes, scénaristes, superviseurs VFX, compositeurs, illustrateurs, pour que des proposition graphiques, d’effets et de musiques collent tout de suite aux idées et donnent aux partenaires financiers pleins d’indices et se concrétisent vite. J’avais été appelé pour représente

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Théma : Entendons-nous bien…

ECRANS | À force de louer les qualités visuelles du cinéma, on en oublierait presque qu’il marche sur une autre jambe : son oreille, si l’on ose dire. Et que son, musique ou écoute sont décisifs…

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Théma : Entendons-nous bien…

Sans un bruit 2 devait sortir en mars dernier. Et puis, crac ! Pandémie, confinement, fermeture des salles, silence radio… Un écho assez troublant pour cette suite au thriller survivaliste de (et avec) John Krasinsky, dont le succès (légitime) et surtout l’hallucinante rentabilité (20 fois la mise) avaient sans peine convaincu les producteurs de prolonger l’aventure. Seize mois après la date initiale et après notre douloureuse promesse de maintenir le silence sur l’intrigue sort donc le 16 juin cette séquelle parée d’un prologue décrivant l’invasion par le ciel de créatures chassant tout ce qui bouge à l’oreille ; des prédateurs monstrueux dont les fréquences des appareils auditifs de la fille de l’héroïne sont, avec l’eau, les seuls talons d’Achille connus. Dans cet opus, où Evelyn et sa famille partent à la recherche d’autres survivants, les rues désertes, la paranoïa galopante ou les zones censément à l’abri (des huis clos le point de devenir de nouveaux clusters) prennent dans le contexte du Covid un relief d’un réalisme insoupçonné. Le silence obligé des protagonistes contamine la salle et le suspense demeure térébrant :

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Stracho Temelkovski : « Je suis allé vers des influences plus urbaines »

ACTUS | Musique. Après le bon accueil de son premier album, le musicien grenoblois va remonter sur scène lors de la première soirée du festival Magic Bus, aux côtés du Student Groove Orchestra, le 17 juin. Un rendez-vous qu’il anticipe avec beaucoup de plaisir, comme il nous l’a expliqué il y a quelques jours.

Martin de Kerimel | Lundi 14 juin 2021

Stracho Temelkovski : « Je suis allé vers des influences plus urbaines »

Tu vas participer à la première soirée du festival Magic Bus. On imagine que ce sera avec joie… Oui, je suis content. Grenoblois, c’est vrai que j’ai plutôt eu tendance à voyager loin de ma terre natale. Revenir y jouer me fait vraiment plaisir. Habituellement, je tourne un peu dans les réseaux musiques du monde et jazz et, cette fois, on est un peu dans un dispositif de musiques actuelles. Pour ce concert qui m’associe avec le Student Groove Orchestra (SGO), on va bien sûr retrouver mon identité musicale, mais ce sera aussi un moment particulier avec cet ensemble plein de jeunesse et de talent. Jouer comme ça, avec un gros son et en extérieur, ça a quelque chose d’assez excitant ! On dit que ta musique n’a pas de frontières. Cela te paraît juste ? Absolument. Je le revendique ! Tu parles de tes origines macédoniennes. Il y a de cela aussi, dans tes compos ? Oui : un côté viscéral et rythmique, ainsi qu’une manière d’improviser, mais je ne retiens pas l’aspect traditionnel de la musique macédonienne. Je ne suis pas porte-drapeau et me méfie des récupérations. Je suis heureux d’êt

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Teen Movies

ECRANS | Place aux jeunes ! Devant (parfois aussi derrière) la caméra, les grands ados métaphorisent à l’écran les métamorphoses dont ils sont les témoins privilégiés. Il y en a pour tous les goûts…

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

Teen Movies

Débutons par une débutante très exposée, Suzanne Lindon et ses Seize Printemps (16 juin), vraie fausse auto-fiction autour d’une néo-effrontée du (très) beau Quartier Latin parisien, tombant en pâmoison face à un comédien de théâtre trentenaire. Disons que c’est conforme à ce que l'on peut en attendre, pour le pire et le meilleur : naïf et autocentré (c’est le sujet), le fait que le film soit interprété par la réalisatrice interroge sur la distance qu’elle veut poser par rapport à son personnage. Y a-t-il du recul, de l’ironie par rapport à certains clichés propres à ce genre de films, au milieu qui est le sien et qu’elle décrit, à son recours un peu gratuit à la comédie musicale (en hommage à Decouflé ?), à sa personne ? Il faudra attendre son prochain film pour être fixé. Freaky de Christopher Landon (23 juin) offre de son côté une vision franchement plus décalée de l’irruption dans le monde des adultes, puisqu’elle reprend en mode comédie horrifique, production Blumhouse oblige, le désormais classique switch de l’échange de corps entre deux personnages. L

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"Le Discours" : tu parles ? Tu parles !

ECRANS | C’est l’histoire d’un énième repas de famille auquel Adrien assiste alors que son esprit divague. Car la seule chose comptant pour lui à ce moment précis, (...)

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

C’est l’histoire d’un énième repas de famille auquel Adrien assiste alors que son esprit divague. Car la seule chose comptant pour lui à ce moment précis, c’est que Sonia réponde à son SMS. Et voilà que son futur beau-frère lui demande de faire un discours pendant la noce… Le Discours n’est pas un film, c’est du cinéma. En tout cas, une de ces propositions cinématographiques, pour reprendre le mot de Godard, qui s’amusent avec les possibilités du médium ; qui considèrent le 7e art comme la somme, la résultante, l’aboutissement ou l’évolution des précédents et surtout ne se prennent pas au sérieux. Ce qui ne les empêche pas de triturer la structure avec intelligence pour fabriquer de l’espace avec des mots et du temps avec des images ; bref créer, comme Resnais, un spectacle ludique superposé à un film mental. Tirard réussit son adaptation de Fabcaro comme on transforme un essai au rugby : il transpose cette obsession anxiogène de la répétition traversant l’œuvre de l’auteur (et bédéiste) en l’accommodant de variations oulipiennes donnant à Ben

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Shopping à Emmaüs

GUIDE URBAIN | Solidarité. Depuis le mois de mai, une boutique Emmaüs s’est intercalée entre les enseignes de shopping et de restauration de la rue Saint-Jacques. Une implantation en plein centre-ville surprenante mais stratégique.

Jérémy Tronc | Mercredi 9 juin 2021

Shopping à Emmaüs

« On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait plus de 20 mètres de queue devant la boutique le jour de son ouverture », déclare, satisfait, Damien Servant, responsable du nouveau magasin baptisé G’Emmaüs (avec le G de Grenoble). Un succès qui se confirmait encore une semaine après l'ouverture. Après La Mure, Le Versoud et Sassenage, Emmaüs Grenoble a souhaité ouvrir son quatrième espace de vente en plein centre-ville. Un choix stratégique : « L'idée, c’est de pouvoir se rapprocher de nouveaux publics qui ne connaissent pas forcément la communauté, des étudiants, des lycéens, ou de personnes non véhiculées ou qui ont des difficultés à se déplacer hors de la ville », explique Damien Servant. Des implantations similaires à Lyon ou à Chambéry ont déjà fait leurs preuves. La boutique grenobloise a été inaugurée le 26 mai, après deux ans de gestation, dont un an de retard dû à la crise sanitaire. Le magasin de 120 m² propose une riche sélection de friperie au rez-de-chaussée et, à l’étage, du petit électroménager, du matériel informatique, de la vaisselle, du mobilier et une grande médiathèque, le tout à prix Emmaüs. Les magasins du centre-ville ont-ils des rais

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Une expo qui en a sous la pédale

ARTS | Événement. Riche de mille trésors, l’exposition "Un amour de vélo" du Musée dauphinois témoigne des cultures propres à l’univers du vélo mais également de l’histoire particulière que le territoire entretient avec la bicyclette. Amusant et passionnant !

Benjamin Bardinet | Mercredi 9 juin 2021

Une expo qui en a sous la pédale

On a tous idée que l’Isère est une sorte d’immense terrain de jeu pour les cyclosportifs en tous genres – du vététiste amateur de sensations fortes au coureur du dimanche dévalant les routes des cols. Ce dont on a moins conscience, c’est à quel point ce territoire est aussi celui de nombreux artisans ingénieux et de bricoleurs astucieux. De la bicyclette pliante imaginée en 1892 par un industriel de Domène à l’étonnant Chopper de Jacques en passant par l’élégante randonneuse conçue par les Cycles Cattin, l’exposition du Musée dauphinois, sans chauvinisme aucun, rend compte de nombre de réalisations iséroises remarquables, mais également de certains épisodes mémorables de l’histoire du vélo sur ce territoire. On retiendra tout particulièrement l’inauguration d’une piste cyclable par Hubert Dubedout en 1977, faisant de Grenoble une ville pilote en la matière, ou encore la première coupe du monde officieuse de VTT (à Villard-de-Lans en 1987) dont la tenue fluo de l’un des vainqueurs, Jacques Devi, fait encore un peu mal aux yeux. Ceci d’autant plus qu’elle est présentée à proximité du vélo patiné de Franco Nicotera, cyclo-aventurier grenoblois

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Une balade égyptienne avec les Champollion

ACTUS | Ouverture. Cette fois, ça y est : depuis quelques jours à peine, le Musée Champollion, à Vif, est ouvert au public (sur réservation). L’établissement nous invite à suivre le parcours du déchiffreur des hiéroglyphes de l’Égypte antique, mais aussi celui de son frère aîné, au rôle souvent ignoré.

Martin de Kerimel | Mardi 8 juin 2021

Une balade égyptienne avec les Champollion

« Je suis tout à l’Égypte. Elle est tout pour moi » : quelques mots suffisent-ils à résumer une vie ? Celle de Jean-François Champollion fut courte : le père de l’égyptologie est mort en 1832, à 41 ans seulement. L’histoire a retenu qu’il souffrait alors de plusieurs maladies, mais personne n’a identifié celle qui l’a emporté. Bientôt deux siècles plus tard, ce détail macabre s’est donc effacé, mais le nom de Champollion, lui, résonne encore comme celui d’un illustre scientifique des premières décennies du XIXe siècle. L’ouverture récente d’un Musée Champollion à Vif laisse imaginer que c’est légitime. Ce projet, porté par le Département de l’Isère, était dans les tuyaux depuis longtemps. La responsable du Musée, Caroline Dugand, dit avoir travaillé dessus pendant près de quatre ans avant qu’il aboutisse enfin. La pandémie n’est pas pour rien dans cette durée, bien sûr, mais elle n’explique pas à elle seule que les travaux préparatoires aient été aussi longs. On le comprend mieux quand on découvre le site d’implantation du Musée : le bâtiment qui sert d’écrin aux collections n’est rien d’autre qu’une maison des champs, ayant appartenu à la famille de Jacques-J

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Benjamin Lavernhe dans Le Discours : « J’aime bien causer… »

ECRANS | À l’écran, on l’a connu odieux (Le Sens de la fête), irrésistible de drôlerie (Mon inconnue), fuyant (Antoinette dans les Cévennes) mais à chaque fois impeccable. Benjamin Lavernhe, de la Comédie Française, poursuit sur sa lancée en tenant l’affiche (et le crachoir) du Discours, adaptation ô combien cinématographique de Fabcaro par Laurent Tirard.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Benjamin Lavernhe dans Le Discours : « J’aime bien causer… »

Le Discours raconte une histoire des retrouvailles différées. Or le film, d’abord annoncé pour Cannes 2020, avait été repoussé en décembre, avant d’être à nouveau décalé pour le 9 juin. Il y a là comme une mise en abyme un peu ironique et cruelle, non ? Benjamin Lavernhe : Oui, c’est vrai que c’est tragiquement drôle ; après, on peut se dire que notre personnage du Discours se plaint beaucoup, se complaît un peu ; qu’il est peut-être un peu pénible… Nous, on a eu l’impression que notre plainte, elle était légitime ; on n’a pas envie qu’elle soit vue comme nombriliste et qu'elle finisse par agacer. Comme disait Jean-Michel Ribes sur les réseaux sociaux, « la culture n’est pas au dessus du reste, mais elle existe ». Aux yeux du public, votre personnage peut passer pour nombriliste ; en réalité, c’est quelqu’un en attente et en souffrance. Une souffrance qui dévore tout le reste et que le film ne fait que retranscrire avec justesse… Oui, c’est son caractère obsédant, s

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The Wicker Man

REPRISE | Le premier (et plus connu) des films de Robin Hardy point à nouveau sur les écrans près d’un demi-siècle après sa sortie, étonnamment bien conservé. Serait-ce de la sorcellerie ?

Vincent Raymond | Lundi 14 juin 2021

The Wicker Man

Un policier écossais vertueux arrive sur une île reculée où la disparition inquiétante d’une jeune fille a été signalée. Son enquête est contrecarrée par une population étrange soumise au seigneur des lieux, Lord Summerisle ; et son caractère chaste se trouve heurté par les us et coutumes libérées des insulaires… Fraîchement restauré, ce qui lui vaut cette séance dans le cadre du Maudit Festival à Mon Ciné le 16 juin et une ressortie nationale, The Wicker Man (1973) possède tous les attributs du chef-d’œuvre maudit : un sujet fleurant bon la transgression morale, à la limite de l’iconoclasme ou de l’obscénité pour les esprits victoriens ; une forme composite oscillant entre un thriller rural glaçant et une comédie musicale folk d’excellente facture (à se demander pourquoi Broadway ne l’a pas adaptée) ; des séquences chocs de nudité explicite (dont une, hypnotique, autour de la solaire Britt Ekland se livrant à une envoûtante parade, tout en sensualité lascive) ; Christopher Lee au générique (on ne sait ce qui le rend ici le plus effrayant : son calme de gourou il

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Avant-premières Festival Télérama

ECRANS | En manque de nouveautés, malgré les tombereaux de films dans les salles ? Envie d’en voir d’autres avant tout le monde ? Le Méliès et Le Club, main dans la (...)

Vincent Raymond | Jeudi 10 juin 2021

Avant-premières
Festival Télérama

En manque de nouveautés, malgré les tombereaux de films dans les salles ? Envie d’en voir d’autres avant tout le monde ? Le Méliès et Le Club, main dans la main, ont entendu votre supplique et programment le traditionnel Festival Télérama, décalé cette année du 9 au 15 juin et transformé en festival d’avant-premières. Bonne nouvelle supplémentaire : les grilles horaires sont ainsi composées qu’il est possible de découvrir l’intégralité de la programmation, soit 10 films (dont beaucoup de “labellisés Cannes 2020“) qu’il faut se dépêcher de promouvoir avant que le nouveau millésime ne les chasse inexorablement de l’écran. Dans l’ordre chronologique (M= Le Méliès, C= Le Club), le très noir Médecin de nuit (mercredi 9 juin, 20h45, M, photo) ; La Terre des hommes (jeudi 10, 20h, C avec retransmission d’un débat avec le réalisateur) ; Teddy (vendredi 11, 20h45, M) ; Un triomphe (samedi 12, 16h, M) ; Milla (samedi 12, 20h30, C) ; 143 rue du désert (dimanche 13, 13h30, C), le Kelly Reichardt

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Les arts et le mur

ARTS | Pour les Grenoblois, l’arrivée des beaux jours s’accompagne du traditionnel Street Art Fest Grenoble-Alpes dont l’équipe organisatrice semble avoir préféré (...)

Benjamin Bardinet | Vendredi 11 juin 2021

Les arts et le mur

Pour les Grenoblois, l’arrivée des beaux jours s’accompagne du traditionnel Street Art Fest Grenoble-Alpes dont l’équipe organisatrice semble avoir préféré l’acronyme plus digeste de SAFGA. Comme chaque année donc, de nouvelles fresques sont réalisées (35 sont prévues pour 2021), ce qui, selon les organisateurs, pourrait amener à près de 400 le nombre d’interventions sur les murs de la métropole à l’horizon 2027. Mis à part les fresques réalisées par des nouvelles venues (Lula Goce, Boye) ou des habitués du festival (Juin ou Augustine Kofie), on vous invite à être attentif au volet moins institutionnel de la programmation qui, on l’espère, renouera avec la spontanéité et la dimension "poil à gratter" du street art. Du côté des expositions, on sera curieux d’aller découvrir à la Maison des associations du Pont de Claix un accrochage dévoilant les travaux préalables, ébauches et esquisses nécessaires à l’élaboration des fresques, ou encore à Sassenage, la collection constituée par BernArt qui, dans la tradition de l’art postal, a demandé à différents artistes de street art d’investir le support désormais désuet d’une enveloppe postale. Enfin, à Fontaine, au Vog, Seth exp

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Mange ta prairie !

ESCAPADES | Mauve, lierre terrestre, consoude, plantain, bardane… Ces plantes sauvages comestibles abondent en milieu urbain mais elles nous sont pour la plupart étrangères. Un lien avec le végétal rompu que Mathilde Simon, formatrice ethnobotanique, vous propose de retisser au cours de sorties nature, le nez dans l’herbe, les sens en éveil.

Jérémy Tronc | Vendredi 28 mai 2021

Mange ta prairie !

Pour vous, c’est une banale prairie, un carré d’herbe ou un parc où jouer au mölkky. Pour Mathilde Simon, c’est un vivier, un espace de cueillette de plantes comestibles, aromatiques ou médicinales. Lors de notre sortie d’initiation à l’arboretum Ruffier-Lanche sur le campus de Saint-Martin-d’Hères, quelques mètres de marche ont suffi à la jeune femme pour repérer la mauve sylvestre, là où nous aurions posé notre plaid à pique-nique sans nous douter que nous écraserions la douce Malva sylvestris (son nom latin). Sacrilège ! « La mauve est entièrement comestible. Elle a été cultivée comme plante potagère au temps de la Grèce antique et on retrouve tout au long de l’histoire des utilisations en phytothérapie, notamment pour les muqueuses irritées. Je l’utilise personnellement pour épaissir certains potages », explique Mathilde aux participants qui photographient, prennent des notes, sentent, touchent et goûtent les plantes tout au long du circuit riche en découvertes. « Pour des sorties courtes comme celle-ci, je privilégie une approche sensorielle des plantes. L’odorat, le goût, le toucher accrochent mieux les personnes et complètent ce que l’on pe

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Archives départementales : le passé recomposé

Histoire | Flambant neuf, le nouveau bâtiment des Archives départementales a été inauguré le 27 mai. On a hâte de le voir ouvrir au public – début juillet – pour voir comment les Iséroises et Isérois se l’approprient !

Martin de Kerimel | Vendredi 28 mai 2021

Archives départementales : le passé recomposé

Pousser les murs ? On peut toujours essayer. Trouver de la place ailleurs quand on est dans un espace saturé ? C’est un peu plus simple, a priori. L’équipe des Archives départementales de l’Isère, elle, était venue à manquer de place pour accueillir de nouveaux documents dans ses locaux grenoblois, rue Auguste Prudhomme, occupés depuis 1958. Autre souci pour sa mission : l’absence du moindre lieu dédié à la logistique et au traitement des documents (tri, classement et restauration). Deux raisons pour lesquelles fut décidé un déménagement dans un tout nouveau bâtiment, spécialement construit à Saint-Martin-d’Hères, au 12, rue Georges-Pérec, et que d’aucuns présentent comme un trait d’union entre la ville et le domaine universitaire. Les 39 km d’archives du fonds actuel y trouveront leur place. 31 km supplémentaires seront également disponibles pour héberger les futurs versements : bien assez pour voir venir ! Après l’inauguration officielle du 27 mai, l’édifice devrait ouvrir vers le 5 juillet. Date approximative, encore à confirmer… Un droit… révolutionnaire ! Seuls 30% du nouveau bâti sera en fait accessible au public, les réserves restant réserv

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Accrochage dialogique

ARTS | Tout simplement intitulée "Dialogues", l’exposition qui marque la réouverture du musée Géo-Charles propose de faire converser le travail de quatre artistes ainsi que celui des étudiants de l’ESAD avec les œuvres de la collection du musée. Sympathique.

Benjamin Bardinet | Mercredi 9 juin 2021

Accrochage dialogique

Les entraîneurs d’équipe de football et les commissaires d’exposition partagent en commun de devoir tirer le meilleur d’un collectif en favorisant le dialogue entre ses membres – les joueurs pour les premiers, les artistes pour les seconds. La nouvelle exposition du musée Géo-Charles (farfelu poète féru de sport) invite précisément des artistes contemporains à choisir parmi la collection du musée des œuvres avec lesquelles ils souhaiteraient jouer le temps d’un accrochage – un peu comme si on offrait l’occasion à Mbappé de faire équipe avec Platini. Au rez-de-chaussée, l’exercice est proposé aux étudiants de l’ESAD qui, par le biais de dispositifs ou d’installations tour à tour poétiques, politiques ou ironiques, font des propositions amusantes. Autant d’occasions de redécouvrir certaines pièces de la collection : les galets-poèmes de Géo-Charles, les dessins et jeux pour enfants de Monteiro ou les gravures de Masereel. Rapprochements et face-à-face À l’étage, ce sont quatre artistes invités qui jouent le jeu de l’accrochage dialogique. Le peintre et bédéiste Jean-Marc Rochette expose ses imposantes parois picturales à proximité de deux photographies que to

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"Vers la bataille" et "Si le vent tombe" : si loin, si proches

ECRANS | L’époque et la géographie les oppose, mais les protagonistes de "Vers la bataille" et de "Si le vent tombe" ont beaucoup en commun. À commencer par le fait d’être des Français temporairement expatriés et irrésistiblement attirés par le souffle de la guerre…

Vincent Raymond | Mercredi 26 mai 2021

La Guerre et ce qui s’ensuivit, écrivait Aragon. Quelle que soit l’âge du conflit, le déroulement sur le terrain est identique : les corps des belligérants (et des malheureux civils au mauvais endroit, au mauvais moment) finissent hachés par une pluie de boue et de mitraille, après avoir été laminés par l’angoisse d’être touchés. La raison commanderait de fuir à tout prix ces zones de haut péril, mais la raison, on la connaît, a parfois les siennes, hors de toute logique. Pour Louis dans Vers la bataille de Aurélien Vernhes-Lermusiaux, c’est d’aller photographier au plus près l’Expédition du Mexique de 1861 (et sa déroute) à la demande de l’armée française, histoire oublier la mort de son fis. Pour Alain dans Si le vent tombe de Nora Martirosyan, c’est d’aller observer de ses yeux cette ligne de front ayant justifié sa venue au Haut-Karabagh pour inspecter un aéroport afin de lui donner l’autorisation d’ouvrir ; cette même ligne de front exigeant que le rapport soit défavorables pour

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Matthias Schoenaerts : “Sons of Philadelphia, c’est plus un film social qu’un film de genre”

ECRANS | Le comédien belge désormais international accompagne l’auteur et scénariste de polars Jérémie Guez dans sa première aventure outre-Atlantique, le très réussi Sons of Philadelphia, où il compose un mafieux pris en étau entre vengeance familiale et morale…

Vincent Raymond | Mercredi 26 mai 2021

Matthias Schoenaerts : “Sons of Philadelphia, c’est plus un film social qu’un film de genre”

Dans Sons of Philadelphia, le personnage de Peter que vous interprétez présente une sorte de cousinage avec celui de Jacky dans Bullhead, qui vous a révélé. Sa fin est toutefois plus heureuse... Matthias Schoenaerts : Ces similitudes me fascinent. En fait, ces deux personnages sont écartelés. D’un côté, il y a leur “public persona“ en accord avec l’univers dans lequel ils vivent ; de l’autre, leur vraie personne qu’ils n’ont jamais réussi à développer, et c’est une tragédie profonde. Si je regarde autour de moi, et sans porter quelque jugement que ce soit, beaucoup de gens vivent une vie qui n’est pas en accord avec qui ils sont vraiment. Ils prennent des décisions qui ne sont pas vraiment les leurs, ils vivent une vie qui n’est pas vraiment la leur mais qui au bout d’un moment, devient la leur même si ce n’est pas celle qu’ils devaient avoir. Pour moi, c’est une tragédie humaine et ce film, c’est bien plus qu’un film de gangsters, c’est vraiment une tragédie humaine pour cette personne qui ne sera jamais qui elle est. En cela, il y a effectivement une sim

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Le Vercors Music Festival est de retour

MUSIQUES | L’équipe du festival vient d’annoncer la programmation et d’ouvrir sa billetterie.

Hugo Verit | Vendredi 21 mai 2021

Le Vercors Music Festival est de retour

Après des mois d’incertitudes à croiser les doigts très fort, l’équipe du Vercors Music Festival confirme la bonne tenue de la 17e édition du 2 au 4 juillet prochains à Autrans-Méaudre et vient d’annoncer la programmation. Comme d’habitude (ou presque), le festival comptera deux scènes : un plateau découverte gratuit avec des artistes locaux dont les Grenoblois de Tigradine (blues touareg) et de Faut qu’ça guinche (chanson française) ainsi qu’une scène payante aux sonorités variées, de l’électro pop très en vogue de Suzanne et Hervé au rock’n’roll (version acoustique cette fois-ci) de The Inspector Cluzo. En cette année particulière, précisons que les concerts se tiendront en configuration assise et distanciée avec une jauge limité à 1000 personnes par soirée. La billetterie est d’ores et déjà ouverte. Vercors Music Festival - du 2 au 4 juillet à Autrans-Méaudre-en-Vercors - www.vercorsmusicfestival.com

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La ville se réveille

ACTUS | Week-end nature ou week-end culture ? Si vous avez du mal à choisir, Grenoble vous propose les deux dans ses espaces publics, samedi 22 et dimanche 23 mai. Ça sent bon la vie « comme avant », ou presque. Explications.

Jérémy Tronc | Vendredi 21 mai 2021

La ville se réveille

Après des mois de disette culturelle, Grenoble avait envie de marquer le retour à la normale (enfin presque) en permettant à ses habitants de renouer avec le spectacle vivant. Dans les salles ? Non, là où il est susceptible de toucher le plus de monde : dans les rues et les places de la ville. Ce samedi 22 mai, la culture s’invite donc dans les six secteurs de Grenoble. Cette journée, baptisée «Réveillons la ville», fait appel à 8 compagnies régionales. Chanteur-ses, musicien-nes, danseur-ses, comédien-nes, conteur-ses se produiront dans les secteurs 1 à 6 selon le programme que nous vous communiquons à la fin de cet article. Cette journée se conclura avec une rencontre entre groupes de danseuses et danseurs amateurs et professionnels dans plusieurs lieux du centre-ville, avec un final collectif à la fontaine de la Place Grenette (autour de 16h). Un détour au jardin ? Autre animation dans un genre bien différent : le jardin Sens’ationnel. Prévu initialement pour animer la Fête des Tuiles, réduite à un format plus confidentiel, le jardin est finalement proposé dans le cadre de la journée mondial de la biodiversité. Du 22 au

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Rando, clos et Bon repos

ESCAPADES | Une randonnée de 8 km dans les vallons jarrois, pour une révision de l’Histoire locale, du château de Bon Repos, sorti d’un conte de fée, au clos Jouvin, ancienne propriété d’une famille grenobloise qui a prospéré au XIXe siècle dans l’industrie du gant.

Jérémy Tronc | Mercredi 19 mai 2021

Rando, clos et Bon repos

Avec ses quatre tourelles d’angle coiffées d'un toit pointu, ses façades de galets et ses fenêtres à meneaux, le château de Bon Repos semble sorti d’un conte de fée ou d’un manuel d’Histoire pour les enfants. La ressemblance avec leurs dessins ou leurs châteaux de sable laisse même penser qu’il s’agit de leur modèle officiel. À vérifier ! L’approche du château ne laisse pas indifférent. L’édifice se dresse dans un champ, au bout d’un chemin, les contreforts escarpés du Vercors en toile de fond. L'édifice, qui domine le vallon de Jarrie, est quotidiennement assailli par une colonie de choucas des tours qui tournoient dans les airs et se faufilent par les ouvertures. Construite autour de 1450 par la famille Armuet devenue de Bon Repos, cette maison fortifiée s'est transformée au cours des siècles en une demeure de plaisance, perdant son enceinte et gagnant au passage de nombreuses nouvelles ouvertures dans ses murs épais. Le château connaît au XIXe siècle une succession rapide de propriétaires, parmi lesquels Jules Jouvin (qui n’y habita jamais), industriel gantier grenoblois (lire plus bas). Il ne sera pratiquement plus utilisé à partir du début du XXe siècle

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Faites du vélo (bon sang !)

GUIDE URBAIN | Mobilité / Organisé par Métro-Alpes métropole, l’événement Faites du vélo propose du 17 au 30 mai un programme d’animations gratuites autour de la (...)

Jérémy Tronc | Mercredi 19 mai 2021

Faites du vélo (bon sang !)

Mobilité / Organisé par Métro-Alpes métropole, l’événement Faites du vélo propose du 17 au 30 mai un programme d’animations gratuites autour de la petite reine. L'objectif : inciter toujours plus de citoyens grenoblois à adopter la bicyclette pour se déplacer. Consciente que les publics et les niveaux de motivation et de pratique sont très variés, la métropole s’adapte en imaginant un panel très diversifié de propositions. Ainsi tout est prétexte à vous mettre en selle. Comme l’escape game Les Cyclopirates, imaginé pour l’événement par Le lapin blanc et Au fil du dédale, spécialistes des défis et énigmes. La boucle de 7 km sera riche de rebondissements et d’efforts intellectuels, récompensés pour les meilleurs par de jolis lots. À l’adresse des potentiels vélotaffeurs un peu éloignés de l’agglomération mais aussi du grand public, de nombreuses balades gratuites en vélo à assistance électrique sont organisées dans quatre villes périphériques de Grenoble. Deux initiations gratuites au paddle et au tir à l’arc sont proposées les 22 et 29 mai au Bois Français. Quel rapport avec le vélo ? Pour en bénéficier, il faudra prouver que vous vous êt

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Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

ACTUS | Après plus de six mois de fermeture, les salles de spectacle et les théâtres peuvent rouvrir leurs portes depuis le mercredi 19 mai. Mais si la reprise est largement saluée par les acteurs culturels, elle occasionne également de nouvelles problématiques pour les salles.

Sandy Plas | Lundi 17 mai 2021

Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

Elle était attendue depuis plusieurs mois. Espérée début janvier, puis mi-avril, c’est finalement le 19 mai que les salles de spectacle pourront rouvrir leurs portes au public et proposer à nouveau concerts, pièces de théâtre, danse et rendez-vous de toutes sortes, mis à l’arrêt depuis la fermeture des lieux culturels le 30 octobre dernier. Annoncé fin avril, le calendrier progressif du déconfinement prévoit la réouverture des salles en trois temps, avec une première phase, du 19 mai au 9 juin, permettant l’accueil de 800 spectateurs maximum et une jauge à 35% de la capacité de la salle, une seconde phase, du 9 juin au 1er juillet, avec une jauge à 65%, et une levée des restrictions d’accueil à partir du 1er juillet. Mais si le déconfinement des lieux de spectacle est forcément une bonne nouvelle pour les spectateurs, les artistes et les acteurs culturels laissés sur le carreau pendant plus de six mois, la réouverture dans un contexte de fin de saison pose un certain nombre de questions. Au Théâtre municipal de Grenoble (TMG), qui regroupe le Grand théâtre, le Théâtre 145 et le Théâtre de poche, l’annonce de la reprise a été re

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La Belle redémarre en douceur

MUSIQUES | À Grenoble, la musique live se déconfine tout doucement mais sûrement. En attendant un gros temps fort estival à l’Anneau de Vitesse à partir de la mi-juin (...)

Hugo Verit | Jeudi 20 mai 2021

La Belle redémarre en douceur

À Grenoble, la musique live se déconfine tout doucement mais sûrement. En attendant un gros temps fort estival à l’Anneau de Vitesse à partir de la mi-juin (où seront notamment accueillis les festivals Magic Bus et Cabaret Frappé ainsi qu’une programmation de la Bobine), c’est sur la terrasse du bar de la Belle Électrique, étendue pour l’occasion jusque devant l’entrée principale de la salle, que résonnent les premières notes depuis le 19 mai. Jusqu'à fin juin, l’équipe a prévu un programme léger et adapté aux consignes sanitaires (possibilité de déplacements très restreinte pour les clients, jauge de 120 personnes réparties sur 20 tables de six maximum, couvre-feu à 21h...) avec des DJ sets les mercredis et vendredis et un petit concert le jeudi. « C’est dans une ambiance posée, même si certaines esthétiques comme le rap sont représentées. On avait imaginé la même chose l’année dernière lors du déconfinement et ça s’était très bien déroulé. On avait connu un bel engouement », relate Olivier Dähler, programmateur musical. Ce qui les avait décidés à organiser, en juillet puis en septembre, un mini-festival plus fourni (la bien

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Ojo Loco : déconfinement cinématographique en cours

ECRANS | Pour sa 9e édition, le festival grenoblois de cinéma ibérique et latino-américain organisé par l’association Fa Sol Latino se déroulera comme l’an passé majoritairement en ligne, autour d’une programmation un brin plus resserrée qu’en temps normal, mais toujours aussi pointue et pertinente. Revue de détail de ce que l'on pourra découvrir du 18 au 30 mai.

Damien Grimbert | Dimanche 16 mai 2021

Ojo Loco : déconfinement cinématographique en cours

Créé en 2013, le Festival Ojo Loco s’est rapidement imposé comme un événement phare pour les cinéphiles grenoblois, en mettant en lumière des films récents issus des cultures lusophones et hispanophones privés de sorties en salles en France faute de distributeurs. Organisé autour de trois compétitions principales dédiées respectivement aux films de fiction, aux documentaires et aux courts-métrages, le festival propose en sus une section rétrospective, un cycle consacré aux premiers films ainsi que plusieurs avant-premières inédites. Une offre aussi foisonnante que défricheuse qui fait la part belle au cinéma d’auteur et aux films d’art et d’essai, et propose pas moins d’une soixantaine de films en salles… en temps normal. Cette année néanmoins, circonstances sanitaires obligent, le festival se déroulera avant tout en ligne, et seuls les quatre films présentés en avant-première (Une vie secrète de Jon Garaño, Aitor Arregi et José Mari Goenaga, Le Mariage de Rosa d’Icíar Bollaín, La Fièvre de Maya Da-Rin et L’Oubli que nous serons de Fernando Tru

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Vintage 80’s

Théma | La nostalgie n’est plus ce qu’elle était ? Pas si sûr si l’on observe deux premiers longs-métrages très dissemblables en apparence, mais qui singulièrement (...)

Vincent Raymond | Jeudi 20 mai 2021

Vintage 80’s

La nostalgie n’est plus ce qu’elle était ? Pas si sûr si l’on observe deux premiers longs-métrages très dissemblables en apparence, mais qui singulièrement ressuscitent la même époque cinématographique : celle des années quatre-vingt, fécondes en formalistes et esthètes de tous poils. Prenons le charmant Playlist (2 juin) de Nine Antico, pérégrinations amoureuses et professionnelles d’une apprentie dessinatrice, au rythme de vinyles soigneusement choisis. Avec son noir et blanc léché, ses appartements-terriers-chambres, son regard sarcastique sur le monde de l’édition, la peur de ses personnages de basculer d’adulescents à adultes (Sara Forestier, à sa place dans le rôle principal) et leur indolence attachante, Playlist révèle d’étonnantes similitudes avec la jeunesse d'antan. Tout autre registre que celui du Dernier Voyage (19 mai) de Romain Quirot, fable d’anticipation fantastico-dystopique – genre peu fréquenté par les cinéastes français, sans doute parce qu’il réclame une vision et des moyens à l’avenant pour être un minimum crédible. D’essence rétro-futuriste (c’est-à-dire biberonné au

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Kids return

Théma | Faites le calcul : six mois sans cinéma pour un enfant de 7 ans équivaut pour un adulte de 35 ans à deux ans et demi de privation de salles obscures ! (...)

Vincent Raymond | Jeudi 20 mai 2021

Kids return

Faites le calcul : six mois sans cinéma pour un enfant de 7 ans équivaut pour un adulte de 35 ans à deux ans et demi de privation de salles obscures ! Autant dire qu’il y a des raisons légitimes d’y emmener vos chérubins à la première heure. Certains films profitant de l’occasion pour continuer leur existence raccourcie, il n’est pas défendu de leur rendre un hommage (Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary du toujours impressionnant Rémi Chayé pour les 8 ans et plus, les programmes Les Mal-aimés de Hélène Ducrocq et La Baleine et l'Escargote de Max Lang et Daniel Snaddon pour les 3-6 ans). Toutefois, quelques nouveautés alternatives – c’est-à-dire hors du périmètre tonitruant des blockbusters – méritent d’être signalées. À commencer par l’improbable (sur le papier) StarDog et TurboCat (photo) de Ben Smith, dans lequel Buddy, un chien expédié dans l’espace en 1969, atterrit de nos jours dans une ville où les animaux domestiques sont traqués. Mais avec l’aide de Félix, un chat hâbleur équipé comme Batman, il rétablira l’harmonie entre humains et bestioles. Plutôt

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Quart d’heure de gloire

Post-punk | À Grenoble, David Litavicki et Pierre Gheno sont amis depuis très longtemps. Ils s’aiment comme des fous, se comprennent jusqu’à la moelle, se (...)

Hugo Verit | Jeudi 20 mai 2021

Quart d’heure de gloire

À Grenoble, David Litavicki et Pierre Gheno sont amis depuis très longtemps. Ils s’aiment comme des fous, se comprennent jusqu’à la moelle, se complètent dans les plus infimes détails. Et quand ils s’adonnent ensemble à leur passion la plus essentielle (la musique), en communion parfaite, ça s’appelle Churros Bâtiment et c’est fatalement sensationnel. Leur dernier EP Sale quart d’heure, sorti le 7 mai sur le label New Sinister, est une nouvelle goutte d’eau dans leur vase débordant d’amour et de fougue créatrice. Toujours minimaliste et tranchant, leur post-punk glacial se teinte cette fois de sonorités électroniques acides, de basses en mitrailles (Wesh et Cannibale) et de batteries techno (Raclette au). Si bien que cet EP pourrait tout à fait passer en club, ce qui serait d’ailleurs la moindre des choses dans un monde normal. Bien sûr, les textes sont à la hauteur de leur réputation de "Marquis du sad" : roulage de clopes sous la pluie, envie de meurtre, raclette sanglante et anthropophagie… À ce

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Lynhood en trois vidéos

MUSIQUES | Quelques mois après la sortie de son album Instruments à touches, entièrement réalisé aux synthétiseurs, l’artiste grenobloise Lynhood a dévoilé, début mai, une série de (...)

Hugo Verit | Jeudi 20 mai 2021

Lynhood en trois vidéos

Quelques mois après la sortie de son album Instruments à touches, entièrement réalisé aux synthétiseurs, l’artiste grenobloise Lynhood a dévoilé, début mai, une série de trois vidéos live tournées au Centre d’art Bastille dans une ambiance brumeuse, éthérée et hallucinatoire qui sublime ses boucles de basse et de claviers caractéristiques. Entourée de créatures hybrides, mi-humaines mi-animales, aux allures mythologiques, elle livre une performance captivante et impressionnante qui se regarde autant qu’elle s’écoute. Coup d’archet, pincement de cordes, bidouillage de potards : chaque geste compte dans un concert de Lynhood. Alors on a hâte de pouvoir la retrouver sur scène, en vrai, afin de l’applaudir comme il se doit : chaudement. Chaîne Youtube : L ynhood

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Les livres de la Ressourcerie cherchent leurs lecteurs

ACTUS | À deux pas de la rue de Stalingrad (Grenoble), la Ressourcerie, gérée par le réseau Ulisse Grenoble Solidarité, collecte des objets auprès des particuliers et (...)

Sandy Plas | Jeudi 20 mai 2021

Les livres de la Ressourcerie cherchent leurs lecteurs

À deux pas de la rue de Stalingrad (Grenoble), la Ressourcerie, gérée par le réseau Ulisse Grenoble Solidarité, collecte des objets auprès des particuliers et les propose ensuite à la vente. Parmi ces dons, un grand nombre de livres vient remplir chaque année les rayonnages de la boutique installée au 2, rue Hippolyte Muller, après être passés par un tri sélectif, pour écarter les ouvrages en mauvais état. Mais après 4 mois passés sur les rayons, ceux qui ne trouvent pas preneurs doivent laisser la place aux nouveaux venus qui font leur entrée à la Ressourcerie, au grand regret de Jean-Christophe Guédon, responsable de cette librairie de seconde-main. « C’est vraiment dommage car des pans entiers de la librairie restent très peu fréquentés, alors qu’il y a un grand choix d’ouvrages intéressants et à des prix qui dépassent rarement les 3 euros pièce. » Il lance donc aujourd’hui un appel aux lecteurs grenoblois, pour les inciter à pousser les portes de la bou

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DN[A], un festival pour « décloisonner l’art numérique » (et le présenter dans l’espace public)

CONNAITRE | Après l’annulation de la dernière édition pour cause de Covid, le festival d’art numérique DN[A] revient fin mai et s’installe dans le quartier Saint-Laurent pendant deux jours.

Hugo Verit | Mercredi 19 mai 2021

DN[A], un festival pour « décloisonner l’art numérique » (et le présenter dans l’espace public)

« Il y a quelques semaines encore, on pensait organiser un événement réservé aux professionnels et mettre l’accent sur de la captation vidéo. » Jérôme Villeneuve, président de l’Association ressource pour la création artistique numérique (ARCAN), a le sourire – et la pêche ! La troisième édition du festival DN[A], dédié aux arts numériques et plus spécifiquement « aux arts visuels, petites formes et jeunes œuvres », pourra finalement accueillir du public. Grâce à une énergie débordante et une rare force de persuasion, l’équipe est parvenue à établir une programmation plutôt riche en un temps record. Un festival court et efficace : deux jours, une dizaine de lieux et une quinzaine d’œuvres à voir sur quelques centaines de mètres le long de la rue Saint-Laurent (Grenoble), très fréquentée par temps printanier. « Notre objectif est de décloisonner l’art numérique qui est souvent enfermé dans des boîtes, plus rarement présenté dans l’espace public et patrimonial. On fait le choix d’exposer des propositions plus plastiques, sensibles, interactives qui permettent

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Les Fringant.e.s, un nouveau bistro en mode coopératif

GUIDE URBAIN | C’est dans la tranquille rue Hébert, en face du Musée de la Résistance et à la place du restaurant Le Moderne, que Mallory Tetu et son équipe ont ouvert (...)

Hugo Verit | Mercredi 19 mai 2021

Les Fringant.e.s, un nouveau bistro en mode coopératif

C’est dans la tranquille rue Hébert, en face du Musée de la Résistance et à la place du restaurant Le Moderne, que Mallory Tetu et son équipe ont ouvert mercredi 19 mai Les Fringant.e.s, bar-restaurant doté d'une terrasse qui a l’originalité d’être organisé en société coopérative d’intérêt collectif. « J’avais envie d’ouvrir un restaurant mais pas selon les formats classiques de l’entreprise, raconte Mallory, le directeur. Le modèle coopératif est plus démocratique, tous les salariés réfléchissent ensemble aux produits que l’on vend. Les investisseurs et certains clients membres de la coopérative participent également aux décisions. » Les produits, les menus, les boissons, tout est pensé collectivement par les 50 coopérateurs qui, sans surprise, privilégient les offres bio, locales ou équitables. Le bistro propose uniquement des vins de la région et a la chance de servir une bière blanche jusqu’alors inédite à Grenoble : celle de la brasserie La Machine à Saint-Laurent-en-Royans. La cuisine, elle, se distingue par une certaine modernité. « C’est ce que l’on appelle la cuisine nouvelle qui mélange des produits d’or

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Lucas Belvaux : « Il ne doit pas y avoir un plaisir malsain à regarder la violence »

ECRANS | Adapté du roman de Laurent Mauvignier, "Des hommes" (en salle le 2 juin) rend justice à toutes ces victimes de la Guerre d’Algérie payant les intérêts de décisions "supérieures" prises au nom des États. Et s’inscrit avec cohérence dans la filmographie du (toujours engagé) cinéaste Lucas Belvaux. Interview et critique.

Vincent Raymond | Jeudi 20 mai 2021

Lucas Belvaux : « Il ne doit pas y avoir un plaisir malsain à regarder la violence »

Il y a un lien manifeste entre votre précédent film Chez nous (2017), sur un parti populiste d’extrême-droite, et celui-ci qui en constitue presque une préquelle… Lucas Belvaux : Des hommes est un peu né du précédent, oui. J’avais lu le livre de Laurent Mauvigner à sa sortie en 2009, et à l’époque j’avais voulu prendre les droits et l’adapter. Mais Patrice Chéreau les avait déjà. Il est ensuite tombé malade et n’a pas eu le temps de le faire. J’avais laissé tombé et puis, avec le temps, ne voyant pas le film se faire, je m’y suis intéressé à nouveau. Surtout après Chez nous : il y avait une suite logique. J’ai relu le livre, je l’ai trouvé toujours aussi bon et mon envie de l’adapter était intacte – ce qui est bon signe après 10 ans. Outre "l’actualité" de votre désir, il y a celle du sujet : on a l’impression qu’on ne fait que commencer avec le traitement de "liq

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Quand la saison 20/21 joue les prolongations

SCENES | Depuis le 19 mai, les lieux de culture peuvent rouvrir et accueillir du public. Beaucoup de théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont donc annoncé des spectacles à enfin voir dans leurs murs avant la traditionnelle pause estivale. Mais où aller ? Tentatives de réponses subjectives en 11 points – dont un très gros et très alléchant.

Aurélien Martinez | Lundi 17 mai 2021

Quand la saison 20/21 joue les prolongations

La MC2 en fête Quand l'immense MC2 revient dans le jeu après une longue période sans public (elle était fermée, comme tous les lieux de culture en France, depuis fin octobre), c'est avec un mois qui envoie du lourd ! « Plus de 20 propositions regroupant 50 représentations gratuites ou payantes vous seront ouvertes pour notre plus grande joie et votre plus grand plaisir », annonce le directeur Arnaud Meunier, qui proposera certains des spectacles et concerts de la saison ayant du être annulés. Et non des moindres : L'Étang de la passionnante metteuse en scène Gisèle Vienne avec Adèle Haenel sur le plateau ; 31 rue Vandenbranden du génial collectif bruxellois de danse-théâtre Peeping Tom en collaboration avec le prestigieux Ballet de l’Opéra de Lyon ; ou e

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"Blanc comme neige" : entrons dans la chapelle païenne de François Germain

ARTS | Designer et artiste touche-à-tout, François Germain réalise depuis quelques années des installations immersives conçues à partir de textiles tendus qu’il agence savamment. Sa dernière réalisation, captivante, est à découvrir à l’Espace Vallès de Saint-Martin-d’Hères.

Benjamin Bardinet | Mercredi 19 mai 2021

L’art de l’installation consiste souvent, pour les artistes, à jouer des contraintes et des spécificités d’un espace d’exposition et de son territoire. C’est inspiré par la manière dont le manteau neigeux semble chaque année adoucir les arêtes des montagnes environnantes que François Germain a imaginé son installation pour l’Espace Vallès. Un centre d’art dont l’architecture aussi complexe qu’angulaire lui a permis de s’en donner à cœur joie et de s’occuper pendant les confinements à répétition. Amoureux des formes curvilignes dont il fait souvent usage dans son travail de designer, cet ancien concepteur de planche à voile continue désormais d’explorer les possibilités de ce vocabulaire formel grâce à d’étonnantes installations réalisées à partir de textiles découpés. « En tant que sculpteur, ce qui m’intéresse est la faible matérialité du textile. Dans mes installations, les formes qui sont déployées sont essentiellement des véhicules pour la lumière » nous explique-t-il. Sculpture immersive En effet, en occultant toutes les sources lumineuses naturelles de l'espace d'exposition, il fait de cette installation immersive u

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Avec Anita Molinero, le plastique c'est artistique

ARTS | Pour sa réouverture, le Centre d'art Bastille propose la drôle d'exposition "Simen se la coule douce". Visite guidée.

Benjamin Bardinet | Samedi 15 mai 2021

Avec Anita Molinero, le plastique c'est artistique

Depuis le début des années 2000, à grands coups de chalumeau, la plasticienne française Anita Molinero malaxe, étire, triture le plastique d’objets plus ou moins triviaux jusqu’à leur donner des formes ou des textures étranges – voire complètement mutantes. Une technique amusante qui peut intriguer le regard des visiteurs du Centre d'art Bastille : des phares de voitures fondus prennent des allures de sorbet dégoulinant ; plus loin, enchâssées les unes dans les autres, des poubelles distordues forment un gigantesque serpent qui se mord la queue, jouant ainsi d’une allusion à la question du recyclage dont l'artiste fait un art. Pour l’installation qui clôture le parcours, Anita Molinero a carrément choisi de s’emparer d’un matériau propre à la région grenobloise : le ciment. Toujours favorable aux approches expérimentales, elle a injecté dans des sacs de ciment Vicat différents liquides colorés et les a laissé se modeler naturellement. Ici la matière a pris l’empreinte des plis du sac, là ce dernier a éclaté… L’ensemble donne lieu à une étonnante série de sculptures dont les formes lourdes et souples à la fois évoquent des torses démembrés qui s’adonner

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Pour leur déconfinement, les cinéastes réclament vengeance !

ECRANS | À l’occasion du retour de la revanche des salles obscures, la vengeance est servie comme plat de résistance au menu de bien des séances. Vous en reprendrez bien un peu en quatre films à voir ces prochaines semaines ?

Vincent Raymond | Jeudi 20 mai 2021

Pour leur déconfinement, les cinéastes réclament vengeance !

Savoureux plat pour qui la cuisine, amer pour qui la déguste froide, la vengeance est en général plaisante à observer à l’écran. Si l’on a pu se délecter durant le confinement de l’excellent (et dépaysant) The Nightingale de Jennifer Kent, la réouverture nous offre une sélection éclectique à dévorer ces trois semaines. En tête de gondole, une étrange fausse comédie noire (mais au vrai sous-texte féministe) signée de la Britannique Emerald Fennell : Promising Young Woman (26 mai, photo). Carey Mulligan y campe, sous différents avatars, une jeune femme feignant d’être ivre dans des bars ou des boîtes afin de piéger les hommes tentant d’abuser de son apparent état de faiblesse, histoire de les vacciner à tout jamais contre leurs comportements de sanglier. Consécutive à un traumatisme d’adolescence, sa croisade connaîtra une spectaculaire fin. Construit comme une rom-com alternative, où Cendrillon serait vêtue de conscience sociale et perdrait la vie au l

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"The Father" : ça tourne pas daron

ECRANS | L'écrivain français Florian Zeller adapte l’adaptation britannique de sa pièce à succès en embarquant une distribution et une équipe technique expérimentées. Le résultat s’avère conforme aux craintes : un aimant à Oscar lisse et propret ayant plus à voir avec le théâtre que le cinéma.

Vincent Raymond | Jeudi 20 mai 2021

Octogénaire vivant dans un vaste appartement londonien, Anthony (Anthony Hopkins) sombre dans la démence. Pour lui, le temps se diffracte : il confond présent et passé, sa fille Anne (Olivia Colman) avec l’assistante de vie, oublie jusqu’à la mort de sa cadette… Sa perception relative de cette altération affecte son humeur, le rendant agressif et paranoïaque. D’ultimes protections avant le lâcher-prise final… Tant de dithyrambes ont déjà été dites et écrites sur Le Père (pièce et film) que porter un avis contraire semble tenir d’une posture stérilement provocatrice façon Serge Kaganski époque Amélie Poulain ; tentons toutefois d’avancer quelques arguments… S’il n’est pas rare qu’un triomphe de la scène trouve une prolongation "naturelle" sur les écrans, métamorphoser un matériau théâtral en projet cinématographique n’en demeure pas une affaire aisée. S’affranchir de la contrainte du huis clos que la scène impose généralement constitue la principale préoccupation des réalisateurs : certains s’en accommodent en créant d’artificielles "aérations" visuelles, d’autres laissent le flux et la tension verbale sculpter les séq

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"Slalom" : sortie de piste

Drame | ★★★☆☆ Un film de Charlène Favier (Fr-Bel, 1h30) avec Noée Abita, Jérémie Renier, Marie Denarnaud… Sortie le 19 mai

Vincent Raymond | Jeudi 13 mai 2021

Lyz, 15 ans, intègre une classe de ski-études. Délaissée par ses parents, l’adolescente douée va rapidement passer sous la coupe d’un entraîneur abusif… À l’instar de la pratique du ski, le traitement de certains sujets sensibles réclame du tact et de l’équilibre ; le moindre faux-pas entraînant une chute fatale. Celui dont la réalisatrice Charlène Favier s’empare à beau croiser une double actualité (la mise au jour de scandales dans l’univers des sports de glace en particulier et l’avénement du mouvement #MeToo en général), il n’était pas exempt d’un risque de manichéisme, en (sur)chargeant facilement le coupable, ou en édulcorant ce qu’elle représente. Au contraire a-t-elle choisi de montrer la construction d’une mécanique d’emprise dans son détail, dans la complexité de son irrésistible déploiement, ne cachant pas l’existence d’une responsabilité collective – un "terreau favorable" pour un prédateur. En découle l’apparente acceptation de la victime, son mutisme malgré les appels à l’aide. Admirablement servi par Noée Abita et Jérémie Renier, duo qui ne s’épargne rien dans l’épreuve, ce film va au-delà du "

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