Obsolescence déprogrammée

Benjamin Bardinet | Mardi 9 juin 2020

Photo : (c) Mathieu Arfouillaud,


La galerie Tracanelli renoue avec ses habitudes en proposant pour le mois de juin un accrochage d'un duo d'artistes dont le dialogue reste en grande partie soumis aux interprétations du visiteur. Mathieu Arfouillaud livre une série de paysages obscurs baignés d'une lumière lugubre et confirme son goût pour une nature aseptisée, domptée par l'homme ; une nature simili-sauvage grandement inspirée par la place qu'on lui accorde dans les aménagements urbanistiques contemporains. En guise de "signature", Arfouillaud intervient toujours sur une portion conséquente de toile en appliquant un aplat monochrome qui rompt avec la nature illusionniste de la représentation. De son côté, Lucas Schiesser, fraîchement sortie de l'École supérieure d'art et design de Grenoble, développe une pratique qui joue également des représentations… en trois dimensions cette fois. Il procède au moulage d'objets ayant incarné, il n'y a pas si longtemps, une sorte de modernité technologique. Des téléphones Nokia 3310 et un Mac pas si vieux que ça, semblent ainsi surgir d'un autre temps, comme fossilisés. Une manière de pétrifier l'état "naturel" d'obsolescence programmée de ces objets et de questionner l'accélération techno-consumériste dans laquelle nous sommes engagés.

Mathieu Arfouillaud x Lucas Schiesser
À la galerie Tracanelli jusqu'au 27 juin

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En octobre, il faut passer par la galerie Tracanelli !

ARTS | N’hésitez pas à passer la porte de la galerie Tracanelli pour y visiter l’exposition du mois d’octobre ! Vous y découvrirez le travail de Marjolaine (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 20 octobre 2020

En octobre, il faut passer par la galerie Tracanelli !

N’hésitez pas à passer la porte de la galerie Tracanelli pour y visiter l’exposition du mois d’octobre ! Vous y découvrirez le travail de Marjolaine Robert de Saint Vincent qui se nourrit de son parcours atypique entre les Beaux-Arts et l’armée (eh oui !) ; les compositions picturales d’Adrian Kay Wong dans lesquelles des éléments figuratifs stylisés surgissent d’un entrelacs de motifs abstraits évoquant les tapisseries des années 1970 ; et surtout les expérimentations picturales de Julien Herz qui joue des superpositions et des styles pour créer des compositions assez surprenantes. Des emboîtements de formes géométriques bleu électrique et gris métallique y côtoient des surfaces en crépis et de nerveux gribouillis à la craie.

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1ère édition

Ouvrage | Toujours sur tous les fronts, la galerie Tracanelli démarre un projet éditorial visant à soutenir et à diffuser le travail de jeunes artistes qu’elle (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 6 octobre 2020

1ère édition

Toujours sur tous les fronts, la galerie Tracanelli démarre un projet éditorial visant à soutenir et à diffuser le travail de jeunes artistes qu’elle représente. La première édition est consacrée à l’œuvre photographique de l’artiste Alp Peker (qui avait été exposé à la galerie en décembre dernier). Dans ces photographies, les corps mis en scène par l’artiste turc sont comme d’infinis terrains de jeu avec lesquels interagissent tout un tas d’accessoires aussi triviaux que colorés. En bonus, en fin d’ouvrage, quelques photographies témoignent des coulisses des prises de vue et des dessins préparatoires réalisés par l’artiste. En vente 20€ à la galerie Tracanelli ou en ligne.

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Gestes naturels et défaillances technologiques par Lee Dahye et Mathieu Arfouillaud

Exposition | À l’occasion d’un accrochage sobrement intitulé "Nature ?", la galerie Tracanelli fait dialoguer la production de deux très jeunes artistes autour du rapport que leur travail entretient à la dite nature – source d’inspiration pour l’un, sujet de représentation pour l’autre. Stimulant !

Benjamin Bardinet | Mardi 8 octobre 2019

Gestes naturels et défaillances technologiques par Lee Dahye et Mathieu Arfouillaud

Même si cela ne se voit pas au premier coup d’œil, la nature est au cœur du processus de création de Lee Dahye, artiste d’origine coréenne, actuellement en dernière année aux Beaux-Arts de Paris. Elle développe un travail dont les œuvres réalisées au pinceau ou bien au charbon sont largement inspirées par son environnement naturel dont elle s’imprègne longuement afin d’en retranscrire les effets par l’accomplissement de gestes sûrs qu’on imagine guidés avec une grande concentration. Ainsi, dans une série de peintures de petits formats, la touche picturale, et le geste qui l’accompagne, parviennent à créer des effets qui évoquent tour à tour la fluidité aquatique, la froideur minérale ou le duveteux végétal. L’attention accrue et la sensibilité singulière que Lee Dahye entretient avec son environnement lui permettent de donner forme à des compositions abstraites d’une grande diversité. Derrière la toile À l’inverse, Mathieu Arfouillaud présente une série de toiles de paysages de facture assez classique, très illusionnistes, sur lesquelles surgissent au premier plan des formes géométriques colorées évoquant différen

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