Imbroglio graphico-pictural

Galerie | Installé dans la région grenobloise depuis deux ans, l’artiste Ning expose à la galerie Alter-Art une série d’œuvres qui, oscillant entre écriture et peinture, jouent des expérimentations de matériaux.

Benjamin Bardinet | Mardi 23 juin 2020

Photo : Zuo Hong NING


Réalisées à partir de l'entrelacement de plusieurs couches de textes superposées, plusieurs toiles se présentent comme des sortes d'abstraites compositions hypnotiques entre les lignes desquelles on distingue celles, imprimées, d'anciens numéros du Petit Bulletin qui servent de support. Le texte initial, recopié, superposé et retourné, est un mantra bouddhique dont on imagine que la répétition infinie produit également une forme d'hypnose propice au recueillement et à la méditation tout à l'opposé du brouhaha médiatique que les symboliques pages du Petit Bulletin en filigrane sont peut-être censées incarner.

Plus loin, c'est une série de petits formats qui ont plus particulièrement retenu notre attention. Ning intervient alors directement avec de l'encre sur de mystérieuses images photographiques faisant surgir, de leur composition, de nébuleuses formes colorées, filles du hasard. Faisant usage de matériaux très divers (même des poils de barbe), Ning produit des effets graphiques surprenants qui, amplifiant la confusion visuelle, donnent forme à une sorte d'imbroglio graphico-pictural enchanteur.

Contexte (Zuo Hong Ning)
À la galerie Alter-Art jusqu'au 5 juillet

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Photos rêvées

ARTS | Galerie / Le fleuve vu depuis les ponts de Crolles et de Grenoble, dans sa version aval et dans sa version amont immortalisées le même jour, à la même heure. (...)

François Cau | Vendredi 13 janvier 2012

Photos rêvées

Galerie / Le fleuve vu depuis les ponts de Crolles et de Grenoble, dans sa version aval et dans sa version amont immortalisées le même jour, à la même heure. « Ma Vie » est l’une des trois séries de photographies réalisées par Christiane Sintès à la galerie Alter-Art. A l’heure du tout numérique, l’artiste a choisi le polaroïd et le sténopé, simple chambre noire. Les clichés qui en résultent sont eux aussi d’un autre temps. Ici, les couleurs ont tellement pâli que les montagnes disparaissent comme dans la brume. Là, les contrastes sont renforcés et Grenoble avec ses toits sombres semble tout à coup vieillie d’un siècle, tandis que l’Isère coule inlassablement, imperturbable face au temps qui passe. La deuxième série, « Espaces fragiles », a pour sujet le lac d’Annecy, ses voiliers, ses nageurs, ses cyclistes,  ses flâneurs… Certains apparaissent comme des fantômes, silhouettes tremblantes, presque effacées. Le flou et le pastel créent une impression d’irréalité, que l’on retrouve aussi dans la troisième série « Ostinato » qui représente des arbres, auréolés d’une lueur bleutée. Ils paraissent comme surgis d’un rêve. On ne sait trop si c’est la neige, le givre ou la mousse qui ha

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Alors regarde

ARTS |

François Cau | Mercredi 9 novembre 2011

Alors regarde

Exposition / Pour le titre de son (étrange) exposition à Alter-Art (Regarde de tous tes yeux, regarde) jusqu’au samedi 19 novembre), l’artiste grenobloise 1011 est allée chercher une phrase dans Michel Strogoff, le roman de Jules Verne. Comme une incitation à ne pas baisser le regard face à des situations dérangeantes. La plasticienne interroge ainsi l’actualité et, plus largement, l’histoire du XXe siècle, afin d’en ressortir des œuvres personnelles à l’esthétisme tranché. Pour la série S4, en référence à la sourate 4 du Coran, elle a utilisé des portraits de femmes entièrement voilées, en ajoutant des épingles et de la broderie – « éléments plutôt féminins » – après impression. Pour la série La trahison des images, des photos de poissons (le symbole du christianisme) sont recouvertes de cheveux évoquant les femmes tondues après la Seconde Guerre mondiale, à qui la société de l’époque n’avait pas pardonné leur conduite jugée immorale. Un travail référencé parcellaire (tout n’est pas montré, faute de place) ayant pour but de questionner, notamment par le fait qu’il soit placé face à une installation hypnotique faite d’yeux imprimés sur des mouchoirs blancs.

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