Mythes et technologies

ARTS | "Prends ce récif pour barricade". Sous ce titre aussi poétique qu’énigmatique, Chloé Devanne-Langlais propose au Vog une exposition-installation qui nous projette dans le monde d’après : celui où seul les récifs pourront encore nous abriter.

Benjamin Bardinet | Mardi 22 septembre 2020

Photo : (c) Philippe Tripier


En travaillant avec des matériaux de rebut, associant l'anguleuse sécheresse d'un plexiglas à l'organique présence de plantes, confrontant la gravure manuelle à celle d'une machine au laser, le travail de Chloé Devanne-Langlais peut gentiment déboussoler le néophyte qui passe la porte du Vog. La diversité des matériaux un peu foutraques donnent au premier abord l'impression d'une dispersion anarchique. Puis, peu à peu, cheminant dans l'espace, le regard s'accommode et cet ensemble hétéroclite révèle sa cohérence. L'exposition apparaît comme une sorte de grande installation qui nous plonge dans un univers à la sensibilité surréaliste où les références aux récits mythologiques flirtent avec une esthétique de la récupération. « J'aime bien les objets qui ont vécu, qui portent en eux une histoire. Mais si je récupère des matériaux, c'est également que je suis attentive dans ma production à ce que ce soit logique d'un point de vue écologique. » Il en va de même des plantes présentes dans l'exposition et qu'elle a récupérées à proximité, sur les rives du Drac. « La nature a toujours du mal à survivre dans les espaces d'exposition. Du coup, je me suis demandé si ces plantes rudérales (les "mauvaises" herbes) pourraient s'y épanouir. »

Mutation des corps

Au fur et à mesure qu'il arpente l'exposition, le visiteur découvre tout un tas de détails, de discrètes gravures sur plexiglas transparent, de petites sculptures en terre glaise ou en résine sur lesquelles affleurent des représentations en bas-relief. On y discerne des figures mythologiques (Narcisse, Atlas…) mais aussi des saynètes contemporaines. Le travail de la jeune diplômée des Beaux-arts d'Annecy interroge les réalités contemporaines et tout particulièrement la place des technologies et la manière dont elles participent à une mutation de nos corps et de nos esprits. Ainsi, les sculptures de mains déformées réalisées à l'imprimante 3D renvoient à la manière dont la manipulation constante des écrans influe sur nos gestes, génère de nouvelles postures, de nouveaux automatismes. Et finalement, comment en nous assistant toujours plus, ces technologies nous rendent surtout plus incompétents, dépendants de leur usage et donc consommateurs. Enfin, introduite par deux webcams s'observant dans le creux de l'objectif, la dernière salle présente une installation où un couple de figures mécanomorphes est entouré d'une assemblée de petits personnages qui, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ne communiquent pas entre-eux mais s'agitent dans une sorte de monologue avec leur smartphone.

Prends ce récif pour barricade. Chloé Devanne-Langlais, au Vog (Fontaine), jusqu'au 31 octobre

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Réincarner les mythes

Exposition | Dix ans après sa première exposition au Vog, le peintre grenoblois Johann Rivat y revient pour nous dévoiler ses dernières réalisations. Une plongée dans un univers pictural singulier où les figures mythologiques côtoient les totems modernes que sont les panneaux publicitaires.

Benjamin Bardinet | Vendredi 5 mars 2021

Réincarner les mythes

« Ce qui me préoccupe, c’est l’attention portée aux choses. Pour la plupart de mes peintures, je réalise le châssis, tend et prépare la toile moi-même. Et naturellement, je n’expose pas mes toiles avant de les avoir parfaitement vernies ! » Il y a chez Johann Rivat un attachement aux savoir-faire et une indéniable attention portée à l’objet pictural. Si les figures centrales de ses grands formats sont souvent dessinées avec précision et font immédiatement image, le paysage dans lequel elles se situent se révèle une surface vibrante où le travail de la matière s’épanouit pleinement : jeux chromatiques, coulures, réserves, glacis… de savoureux effets picturaux qui invitent à une observation attentive et surtout qu’aucune reproduction, aussi technologique soit-elle, ne pourra jamais restituer. Pas de distanciel possible ici donc. Points incandescents Intitulée Prométhée aux Enfers, l’exposition de Johann Rivat au Vog se déroule selon un parcours tendu entre deux points incandescents. En introduction, c’est une flamme dérobée aux dieux de l’Olympe qu’un Prométhée moderne (et féminisé) tient dans sa main ; en fin de parcours, c’est le rouge fla

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Fantômes photographiques

ARTS | Malgré le couvre-feu culturel imposé par le gouvernement, il y a encore moyen de trouver sur le territoire grenoblois quelques expos à se mettre sous la dent. Le Vog bénéficiant d’être assimilé à la médiathèque municipale, le visiteur curieux peut actuellement y découvrir l'exposition de la photographe Yveline Loiseur, une énigmatique déambulation entre présence, absence et disparition.

Benjamin Bardinet | Jeudi 14 janvier 2021

Fantômes photographiques

Au début du XIXe siècle, le peintre romantique Gaspar David Friedrich livre une idyllique représentation des falaises calcaires de l’île de Rügen que contemplent, au premier plan de sa composition, quelques randonneurs fascinés par ce spectacle grandiose. C’est sur une représentation toute autre de cet environnement naturel singulier que s’ouvre l’exposition du Vog. Au blanc immaculé des reliefs acérés que le peintre romantique faisait ressortir grâce à un cadre de verdure vivifiant, Yveline Loiseur oppose la grisaille minérale abrasive d’un éboulis calcaire au milieu duquel de timides pousses végétales tentent péniblement de survivre. Une vision renversée, où le froid constat de la désagrégation de notre environnement naturel succède à la fascination dont la nature était sujette il y a deux siècles, au point d’entrée de ce qu’on appelle désormais l’anthropocène. Toute en nuance de gris, c’est également à un monde révolu que renvoie la seconde série d’images. D’anciens lits d’hôpitaux sont photographiés dans un cadre relativement serré de façon à ce que notre regard se porte sur des détails de leur confection : la couture des rideaux, le tissage du drap, les

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Le passant et les passeurs

Peinture | Évoquant autant l’esthétique pop de David Hockney que la luxuriante naïveté du Douanier Rousseau, l’univers pictural de Marie-Anita Gaube invite à une immersion fascinante dans un monde fantaisiste et inquiétant.

Benjamin Bardinet | Mardi 11 février 2020

Le passant et les passeurs

Acides, flashy, lumineuses mais aussi parfois troubles, éteintes, délavées... il y a fort à parier que les couleurs des tableauw de Marie-Anita Gaube accrocheront le regard du piéton qui passera devant la baie vitrée du Vog. D’apparence assez immédiate, ces compositions sont en réalité des constructions complexes dans lesquelles de multiples plans s’emboîtent subtilement les uns dans les autres, semant une confusion paradoxalement parfaitement lisible. Des compositions complexes qu’amplifient les associations chromatiques audacieuses de la peintre lyonnaise, qui a le bon goût de ne jamais basculer dans le mauvais. Chaque tableau invite le visiteur à prendre le temps de perdre son regard dans la composition pour en apprécier la diversité des traitements picturaux : aplats, glacis, touche, modelé ou dégradés que viennent parfois parasiter des collages impromptus. Et lorsque l’artiste délaisse la peinture pour travailler à l’aquarelle, elle joue merveilleusement bien des réserves de blanc et de la capillarité du médium. Couleurs chatoyantes, scènes équivoques Si les couleurs sont chatoyantes, les scènes représentées, qui apparaissent souvent comme des délires

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"Charivari" : l'inquiétant carnaval de Delphine Balley

Exposition | Présentées au Vog de Fontaine, les œuvres photographiques et filmiques de Delphine Balley nous plongent dans un univers inquiétant où se jouent d’étranges rituels : mises à mort symboliques, lutte contre les esprits, passages entre les mondes.

Benjamin Bardinet | Mardi 12 novembre 2019

Les artistes sont souvent nourris de passions qui peuvent parfois virer à l’obsession, et si Delphine Balley, photographe drômoise née en 1974, a toujours porté un vif intérêt pour les rituels et les traditions populaires, il semble bien que sa passion orgiaque pour le carnaval hante les photographies et le film présentés au Vog Le rituel protéiforme du carnaval émane originellement de peurs qui saisissaient nos ancêtres au cœur de l’hiver : que la nuit prenne définitivement le pas sur le jour, que la terre ne soit plus jamais fertile et que l’esprit des morts non enterrés à cause du gel nous hante à jamais. Mettant en scène un réel qui nous échappe autant qu’il nous fascine, le moment du carnaval est l’occasion d’interroger les normes, de renverser les codes, pour ensuite mieux refonder le monde avant l’arrivée du printemps. Fourrures et clairs-obscurs Profondément nourrie par ses lectures au sujet de ce rite ancestral, Delphine Balley parvient, sans être dans l’illustration, à mettre en scène des gestes et des rituels aussi captivants qu’incompréhensibles. Ainsi, ses œuvres possèdent une profondeur qui permet au visiteur (à con

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Des boucles et des nappes au Vog avec Léonard Lampion

Concert | On l’a déjà dit, mais on ne le répétera jamais assez : pour les amateurs d’explorations sonores, les showcases proposés par le centre d’art le Vog, à (...)

Damien Grimbert | Mardi 24 septembre 2019

Des boucles et des nappes au Vog avec Léonard Lampion

On l’a déjà dit, mais on ne le répétera jamais assez : pour les amateurs d’explorations sonores, les showcases proposés par le centre d’art le Vog, à Fontaine, constituent de loin l’un des rendez-vous les plus passionnants de Grenoble et son agglomération. C’est là qu’on a pu découvrir, par exemple, l’artiste franco-tunisienne Deena Abdelwahed, des années avant que cette dernière explose sur la scène internationale. Mais c’est aussi là que se produit, dans une ambiance intimiste et sans prétention, la fine fleur de l’avant-garde locale, comme devrait encore le démontrer la prestation de Léonard Lampion jeudi 26 septembre à 19h30. En solo ou en duo (au sein des groupes Hardlab et Peep Night), en live ou en DJ-set, le Grenoblois n’a de cesse d’explorer une multitude d’univers, de la techno expérimentale à l’ambient en passant par l’indus, l’italo-disco, l’EBM ou la trap. Pour son passage au VOG, il proposera ainsi un live ambient éthéré à base de « nappes, textures, et arpèges de synthés » qu’il nous tarde déjà de découvrir dans l’atmosphère si particulière du lieu.

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Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

ACTUS | Ce jeudi 14 avril aurait dû être inaugurée au Vog, centre d’art municipal de Fontaine, une exposition consacrée à l’artiste Philippe Perrin. Mais elle a finalement été annulée par la Ville au vu du « contexte national et international » ; puis ensuite par l’artiste lui-même quand la mairie a fait machine arrière en imposant plusieurs conditions (« inacceptables » selon lui) à son maintien. On fait le point avec ceux, rares, qui ont bien voulu s’exprimer.

Aurélien Martinez | Mardi 12 avril 2016

Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

Programmée du 14 avril au 14 mai au centre d’art municipal de Fontaine le Vog, l’exposition Sheena is… remix devait présenter le travail de l’artiste Philippe Perrin. Des œuvres mettant en avant « un monde de violence, de rixes, de coups portés à d’innombrables ennemis, à tous même » comme il est écrit en préambule du dossier de presse ; mais « pas seulement ». « Philippe Perrin montre néanmoins, au travers d’une violence de l’humanité, les ambiguïtés du monde. » Des ambiguïtés qui ont dérangé l’équipe municipale de Fontaine qui avait d’abord imaginé interdire l’exposition avant de se rétracter. Forcément, on a tenté de joindre le maire communiste Jean-Paul Trovero pour avoir son point de vue (ou celui de son adjoint à la culture Brice Di Gennaro) : on nous a systématiquement renvoyés vers le communiqué de presse publié la semaine dernière. En voici un extrait : « L’exposition proposée par Philippe Perrin devait reprendre une partie de ses œuvres marquées par la scénarisation et la représentation de l’univers des armes, des codes de la violence et des

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Blind

ECRANS | D’Eskil Vogt (Norvège, 1h31) avec Ellen Dorrit Petersen, Henrik Rafaelsen…

Christophe Chabert | Mardi 28 avril 2015

Blind

Connu pour avoir coécrit les scénarios de Joachim Trier (bientôt en compétition cannoise avec Louder than bombs), Eskil Vogt se lance ici dans la mise en scène, mais il est vite rattrapé par sa nature d’auteur. En effet, à travers son personnage principal, une femme devenue aveugle qui se met à rêver le monde et les gens qui l’entourent comme une romancière fabriquant des morceaux de fiction, il offre un reflet à peine fantasmé de sa propre situation. Blind se grise de sa structure labyrinthique et de son étrangeté, grillant ses meilleures cartouches au cours de sa première demi-heure : ainsi, tandis qu’Ingrid perd la vue, son mari développe des pulsions voyeuristes, traînant sur YouPorn ou espionnant sa voisine d’en face. Pour faire sentir l’aveuglement, la mise en scène amplifie les autres sens de son héroïne, mais là, Vogt ne fait que reprendre la plupart des idées développées par Meirelles dans son sous-estimé Blindness. Au bout d’un moment, le procédé lasse, le film patinant dans ses mises en abyme glaciales et son petit traité cérébral sur

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Plasticien, statut fantôme

ACTUS | Alors que ces derniers mois les intermittents du spectacle manifestaient pour sauvegarder un régime toujours plus instable, les artistes plasticiens, eux, ne se sont pas montrés. Pour cause : en plus de pâtir de la précarité et de difficultés financières, ils ne possèdent aucun statut au contraire des musiciens, acteurs et autres danseurs. On a rencontré plusieurs figures locales pour en savoir plus. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 28 octobre 2014

Plasticien, statut fantôme

Tout esprit créatif rêve de vivre de son art. Mais voilà, être artiste au XXIe siècle est surtout synonyme de galère et de débrouille, dans un monde où il est monnaie courante de faire des plasticiens les "esclaves" créateurs des temps modernes, au service des grandes institutions. Et ce n'est pas leur statut social qui l'empêchera. De statut d'ailleurs, ils n'ont point : ils sont considérés par Pôle emploi comme travailleurs indépendants au même titre qu'un plombier ou qu'un programmateur informatique. Pourtant, leur activité et surtout leurs revenus ne sont pas comparables. Un plasticien a pour principal salaire la recette des ventes de ses œuvres, le temps de recherche et de création ou encore les expositions étant rarement monnayés. Pour le fisc, les artistes sont donc des libéraux puisqu'ils travaillent en indépendants et que leur production comporte une dominante intellectuelle. Pour avoir une reconnaissance légale en France, les peintres, les sculpteurs et autres vidéastes doivent s'inscrire à la Maison des artistes, organisme indépendant agréé de protection social

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Un centre d'art, késaco?

ACTUS | Mac, Frac ou encore Cnac sont autant d'acronymes qui définissent des lieux d’exposition pour la création contemporaine. Mais en quoi sont-ils différents ? (...)

Charline Corubolo | Lundi 9 décembre 2013

Un centre d'art, késaco?

Mac, Frac ou encore Cnac sont autant d'acronymes qui définissent des lieux d’exposition pour la création contemporaine. Mais en quoi sont-ils différents ? Alors qu’un Musée d’art contemporain (comme celui de Lyon, très réputé) et un Fonds régional d’art contemporain (celui de la région Rhône-Alpes est à Villeurbanne ) ont pour vocation d’établir une collection, un Centre national d’art contemporain (comme le Magasin à Grenoble), ou tout simplement un centre d’art, a pour objectif premier d’être un lieu d’expérimentation et de production, et non un espace de conservation (il n'y a donc pas de collections). Sous l’impulsion d’initiatives personnelles et de la loi de décentralisation de l’art de Jack Lang au début des années 1980, ces vitrines artistiques se sont multipliées. Aujourd’hui, la majorité des centres d’art sont de type associatif et peuvent être en régie directe avec la région, le département ou même la municipalité (comme c'est le cas au Vog et à l'Espace Vallès), ce qui leur permet d’être en partie subventionnés par la ville ou même l’État. Des lieux d’exposition qui ne se contentent pas de promouvoir seulement des artistes locaux, mais

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Artistes en Vog

ARTS | On aime, et le Vog nous y invite chaque année, découvrir un artiste en quelques œuvres, presque en un clin d'oeil qui peut ensuite, et selon l'envie, se (...)

Aurélien Martinez | Lundi 30 septembre 2013

Artistes en Vog

On aime, et le Vog nous y invite chaque année, découvrir un artiste en quelques œuvres, presque en un clin d'oeil qui peut ensuite, et selon l'envie, se prolonger en plus longues et profondes contemplations. Le centre d'art de Fontaine ouvre sa saison avec le Dijonais Didier Marcel (jusqu'au 26 octobre) découvert notamment pendant la Biennale de Lyon 2003 avec son installation faite d'une voiture et de maquettes architecturales... Au Vog, il présentera d'étonnants « paysages », soit deux moulages monumentaux d'un champ de maïs repeints en rouge ! L'artiste aime à brouiller les frontières entre l'artificiel et le naturel, l'œuvre et le prélèvement brut d'éléments du réel... Le plus humoristique des vidéastes, le Grenoblois Samuel Rousseau, lui succèdera avec ses petites installations d'images mouvantes, entre drôlerie et poésie, matériaux « cheap » et trouvailles techniques (du 21 novembre au 21 décembre au Vog et aussi à l'Espace Vallès à Saint-Martin d'Hères). Plus tard dans la saison, nous vous conseillons particulièrement l'exposition de David Lefebvre (du 15 mai au 28 juin). L'artiste travaille à partir d'ima

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Et vogue le Vog

ARTS | Le Vog est un centre d’art créé par la ville de Fontaine en 2005, fruit d’un « volonté politique » coriace dans une période peu favorable… S’il dépend (...)

Laetitia Giry | Mercredi 28 novembre 2012

Et vogue le Vog

Le Vog est un centre d’art créé par la ville de Fontaine en 2005, fruit d’un « volonté politique » coriace dans une période peu favorable… S’il dépend financièrement de cette municipalité, cela ne limite pas pour autant la liberté fondamentale présidant à un centre de ce type : celle de choisir sans restriction ni commande, de construire sa ligne et son identité. D’autant qu’à l’argent de la ville s’ajoute celui provenant du mécénat privé (depuis l’an passé seulement), le tout pérennisant un aspect essentiel de son fonctionnement : l’absence totale d’intérêt financier. S’il leur arrive de « mettre en lien les collectionneurs et les artistes », Marielle Bouchard (programmatrice du lieu depuis octobre 2006) précise : « on n’est pas là pour vendre et on ne prend évidemment aucune commission. » Les artistes exposés bénéficient quant à eux d’une « aide à la production » ainsi que d’une valorisation par l’édition d’un catalogue, mais pas d’aucune rémunération à proprement parler. Choisis en fonction « de l’expérimentation qu’ils font de l’art contemporain », ils peuvent être confirmés (comme

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La Machine d’art

ARTS | Exposition / Le collectif européen UCD (Un Certain Détachement - Un Cierto Desapego), a élaboré une machine distributrice d’œuvres d’art multipliées. Celle-ci (...)

| Mercredi 21 février 2007

La Machine d’art

Exposition / Le collectif européen UCD (Un Certain Détachement - Un Cierto Desapego), a élaboré une machine distributrice d’œuvres d’art multipliées. Celle-ci est visible au VOG, et cherche financeurs pour que la machine - et pourquoi pas les machines- puissent être effectivement installées dans l’espace public (une rue, une entrée de musées, hall de gare...). À l’origine, Claude Gazengel écrit un texte sur son voyage en Espagne ; sur le passage d’une frontière, sur l’autre, l’ailleurs, sur le détachement pris lors du déplacement. Puis, elle part à la rencontre d’autres artistes, en Espagne, en France. Certains artistes (travaillant sur des supports différents dont la photo, sculpture, peinture, installation, musique), entrent dans sa narration et un collectif né avec un projet fédérateur et des thèmes communs, dont le détachement et la frontière. L’idée finale sera de s’interroger sur la place de l’art dans la société : l’œuvre sera donc reproduite et mise en vente dans un distributeur. Dans la galerie, on peut d’abord voir l’élaboration, l’histoire de ce projet. Claude Gazengel a d’ailleurs réalisé une vidéo sur chaque artiste du collectif, et sur l’“objet” que ce dernier a produ

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