Accrochage dialogique

ARTS | Tout simplement intitulée "Dialogues", l’exposition qui marque la réouverture du musée Géo-Charles propose de faire converser le travail de quatre artistes ainsi que celui des étudiants de l’ESAD avec les œuvres de la collection du musée. Sympathique.

Benjamin Bardinet | Mercredi 9 juin 2021

Photo : Otto Freundlich


Les entraîneurs d'équipe de football et les commissaires d'exposition partagent en commun de devoir tirer le meilleur d'un collectif en favorisant le dialogue entre ses membres – les joueurs pour les premiers, les artistes pour les seconds. La nouvelle exposition du musée Géo-Charles (farfelu poète féru de sport) invite précisément des artistes contemporains à choisir parmi la collection du musée des œuvres avec lesquelles ils souhaiteraient jouer le temps d'un accrochage – un peu comme si on offrait l'occasion à Mbappé de faire équipe avec Platini. Au rez-de-chaussée, l'exercice est proposé aux étudiants de l'ESAD qui, par le biais de dispositifs ou d'installations tour à tour poétiques, politiques ou ironiques, font des propositions amusantes. Autant d'occasions de redécouvrir certaines pièces de la collection : les galets-poèmes de Géo-Charles, les dessins et jeux pour enfants de Monteiro ou les gravures de Masereel.

Rapprochements et face-à-face

À l'étage, ce sont quatre artistes invités qui jouent le jeu de l'accrochage dialogique. Le peintre et bédéiste Jean-Marc Rochette expose ses imposantes parois picturales à proximité de deux photographies que tout oppose : un immense format glacé qu'Éric Bourret a réalisé dans l'Himalaya, l'objectif tourné vers les cieux, et un petit format abrasif, gros plan sur le bitume, de Jean-Christophe Norman. Ces trois-là partagent en commun de rendre compte d'une tension entre matérialité terrestre et immensité céleste. De son côté, Pierre Canaguier joue des rapprochements formels entres ses photographies et une magnifique composition abstraite d'Otto Freundlich, peintre allemand du début du XXe siècle, proche des constructivistes. Plus loin, en choisissant de faire dialoguer différentes esquisses préparatoires du musée à son travail de recherche (en l'occurrence un projet d'installation qu'il a conçu pour le musée en 2014), Blux interroge le processus de création et nous plonge dans un univers mystérieux où l'extérieur envahit l'intérieur et où les jeux lumineux s'entremêlent au mouvement des nuages. Enfin, le peintre Julien Beneyton opte pour un rapprochement thématique en confrontant ses portraits à celui, photographique, d'un boxeur kenyan de Philippe Bordas. Dans un style qui oscille entre naïveté et virtuosité, Beneyton rend tout à la fois hommage aux grands maîtres flamands dont il est admiratif et aux cultures populaires d'une époque désormais révolue, celle de l'analogique. C'est alors à une autre forme de dialogue qu'il nous invite. Follement stimulant !

Dialogues. Regards d'artistes sur la collection Géo-Charles. Au musée Géo-Charles, jusqu'au 29 août

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Dix expos à (re)voir pour un été au frais

ARTS | Un été en ville peut se vivre à l’air libre, comme on vous le conseille dans les premières pages de ce numéro. Mais il peut aussi se vivre dans un musée, en parfaite connexion avec des œuvres d’art. Alors zoom sur dix expositions que nous avons déjà chroniquées avec enthousiasme et qui sont toujours à l’affiche pendant ces vacances.

La rédaction | Mardi 2 juillet 2019

Dix expos à (re)voir pour un été au frais

La plus événementielle Immense figure du street art, l’États-unien Shepard Fairey présente à l’Ancien Musée de peinture plus de 600 œuvres qui reviennent sur trente ans de carrière militante. Un gros morceau qui en met plein la vue ! Et un art syncrétique nourri de nombreuses influences allant du constructivisme russe au pop art, saupoudré d’un goût prononcé pour les formes autoritaires de propagande – car pour faire passer certains messages politiques, Shepard Fairey n’hésite pas à faire dans l’efficacité simpliste. Malheureusement, ceux qui sont à l’aise avec les valeurs qu’il brocarde (consumérisme, nationalisme, militarisme) sont bien meilleurs en la matière – en atteste les élections récentes de Trump et Bolsonaro. Obey : 30 years of resistance À l’Ancien Musée de peinture jusqu’au dimanche 27 octobre La plus barrée

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"Jean-Marc Rochette, artiste au sommet" : montagn’art

Exposition | Avec "Jean-Marc Rochette, artiste au sommet", le Musée de l’Ancien Évêché se penche sur le versant montagnard de la production de l’auteur du "Transperceneige" et d’"Ailefroide, altitude 3954". Une exposition qui réunit bien naturellement de nombreuses planches de bandes dessinées et des esquisses préparatoires, mais également des peintures et des aquarelles qui nous en mettent plein la vue. Visite guidée.

Benjamin Bardinet | Mardi 14 mai 2019

Plébiscitée aussi bien par le public que par la critique, la bande dessinée autobiographique Ailefroide, altitude 3954, sortie l’an passé, raconte la progressive découverte de l’alpinisme par un jeune Grenoblois au début des années 1970. Avec une première riche section consacrée à cet ouvrage dont le succès éditorial a surpris l’auteur lui-même, l’exposition Jean-Marc Rochette, artiste au sommet nous plonge dans l’univers montagnard du dessinateur et nous dévoile les différentes étapes nécessaires à la création d’une bande dessinée dont le processus de fabrication s’apparente à une forme d’artisanat. Les planches originales, en grands formats, sont présentées à côté du story-board : un choix qui permet de mieux saisir comment l’art du bédéiste consiste à concilier le découpage séquentiel de son histoire et la composition de chacune de ses planches – les esquisses colorées du story-board permettant d’avoir un aperçu gé

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Julien Beneyton ou le souci du détail contemporain

Exposition | Avec une sélection de tableaux balayant les vingt premières années de la carrière de Julien Beneyton, peintre quarantenaire né à Échirolles et aujourd’hui installé à Paris, l’exposition "Retour vers le futur" du Vog présente l'univers singulier d’un artiste qui fait cohabiter cultures populaires et tradition picturale.

Benjamin Bardinet | Mardi 11 décembre 2018

Julien Beneyton ou le souci du détail contemporain

Si Maurice Utrillo était né un siècle plus tard, il aurait tout à fait pu peindre La rue Jules-Cloquet, tableau qui nous accueille en ce moment au Vog. Car Julien Beneyton (qui l’a réalisé) partage avec son aîné, figure majeure de la scène artistique montmartroise de l'entre-deux-guerres, une même fascination pour les pavés déglingués, les murs de guingois et tout ce qui caractérise le versant populaire du XVIIIe arrondissement parisien – quartier où tous deux ont vécu. Datée de 1999, cette œuvre, la plus ancienne de l’exposition, annonce la couleur : qu’il soit à New York, Paris ou Oujda, Julien Beneyton a un attrait pour les quartiers populaires et la vitalité de leurs cultures. Réalisé en 2013, le panorama intitulé Oujda présenté plus loin s’inscrit également dans cette veine, en témoignant par ailleurs de l'évolution notable du style du peintre. L’apparente maladresse des débuts laisse ainsi place à une touche picturale d’une grande précision qui permet de scruter intensément la représentation : notre regard peut tout aut

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Jean-Marc Rochette : « Grenoble sera la seule ville de France qui a fait un monument pour les enfants irradiés »

Rencontre | Jean-Marc Rochette, auteur de bande dessinée (le fameux "Transperceneige", c’est lui) passionné de montagne, sera quelques jours à Grenoble dans le cadre du Printemps du livre pour notamment présenter son nouvel ouvrage "Ailefroide", centré sur sa jeunesse grenobloise. Et pour, surtout, inaugurer une statue qu’il offre à la Ville de Grenoble ; statue qui sera installée dans le Jardin Hoche, sur le boulevard Gambetta. Du coup interview.

Aurélien Martinez | Lundi 19 mars 2018

Jean-Marc Rochette : « Grenoble sera la seule ville de France qui a fait un monument pour les enfants irradiés »

Pourquoi avez-vous décidé de faire don à la Ville de Grenoble d’une sculpture baptisée L'enfant de Tchernobyl ? Jean-Marc Rochette : En 2015, j’ai publié la bande dessinée Terminus dans laquelle des enfants se font irradier. Pour que cette scène soit convaincante, je me suis renseigné sur le sujet. Et je suis tombé sur le travail du photojournaliste Paul Fusco qui avait fait des photos des enfants de Tchernobyl. Ça m’avait profondément scandalisé, notamment le fait que personne ne parle de ça. J’ai alors décidé de faire plusieurs sculptures à partir de ces photos. Comme je savais que la Ville de Grenoble était écolo, je les ai contactés pour leur en proposer une : ça a tout de suite intéressé le maire. La sculpture est petite – 25 cm de haut sur une colonne d’1m 20 – et n’est pas clivante, avec une sorte de petit prince de l’apocalypse presque tendre à regarder : je n’ai pas voulu faire de la provocation mais simplement que les gens pensent à cette histoire. J’espère que les Grenoblois seront émus par ce petit personnage, d’autant que vous serez la seule ville de France qui a fait un monument pour ces enfant

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"Working Class Hero" au Musée Géo-Charles : et voilà le travail !

Exposition | Au Musée Géo-Charles d’Échirolles a été inaugurée début février "Working Class Hero", exposition sous-titrée "La représentation du travail dans l'art" dans laquelle on découvre, à côté d'objets évoquant la mémoire ouvrière, les œuvres de plusieurs artistes contemporains. Nous l’avons visitée avec Élisabeth Chambon, la conservatrice du musée.

Alice Colmart | Mardi 27 février 2018

« Son titre fait écho à la chanson de John Lennon, écrite en 1970 pour exprimer sa lutte en faveur de la classe ouvrière » : voilà comment Élisabeth Chambon, conservatrice du Musée Géo-Charles d'Échirolles, présente l'exposition Working Class Hero – La représentation du travail dans l'art. « Depuis la Préhistoire avec, dans les grottes, les peintures des chasseurs-cueilleurs, jusqu'au Moyen Âge, la Révolution industrielle et nos jours, l’homme a toujours cherché à représenter son activité. Les artistes ont puisé dans cette matière pour en faire des créations. » L’objectif des pièces présentées (photographies, vidéos, tableaux, dessins, objets...), issues en grande partie des collections du Musée Géo-Charles, de celui de la Viscose et du Centre du graphisme, n’est pourtant pas de raconter chronologiquement l’histoire du travail. « On voulait surtout montrer quelle était la position des artistes vis-à-vis du travail au XXIe siècle : la crise économique, le chômage, les fermetures d’usines… »

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Les musées Géo-Charles et de la Viscose (Échirolles) vont se lier

ACTUS | Il y a comme une volonté de renforcer la visibilité des institutions muséales du côté d’Échirolles. Un projet est ainsi en train de se dessiner entre le Musée Géo-Charles, consacré aux collections et aux archives du poète et écrivain français, et celui de la Viscose, témoignant du passé industriel de la région dans la soie artificielle. Une mutualisation des collections menée par Elisabeth Chambon, conservatrice en chef du patrimoine à Géo-Charles, que l'on a rencontrée.

Charline Corubolo | Mardi 25 avril 2017

Les musées Géo-Charles et de la Viscose (Échirolles) vont se lier

Du changement est à prévoir à Échirolles dans les années à venir, et c’est Elisabeth Chambon, conservatrice en chef du patrimoine au Musée Géo-Charles (photo), qui est aux commandes : « 2017 est une année de réflexion. Nous n’avons pas d’exposition temporaire au musée mais un recentrage sur les collections permanentes avec un nouvel accrochage de L’œil du collectionneur. » Une réflexion baptisée "Pôle muséal" qui vise à mutualiser les collections de son établissement avec celles du Musée de la Viscose. Deux axes différents, avec à Géo-Charles un angle Beaux Arts avec les avant-gardes artistiques, et à la Viscose l’histoire, liée à la mémoire ouvrière et à l’identité de la ville d’Échirolles, de la fabrication de la soie artificielle. Mais un lien se dessine entre les deux institutions. « Le XXe siècle a été traversé par de grandes mutations industrielles, technologiques, intellectuelles et artistiques. Le "Pôle muséal", c’est comment faire se rencontrer les récits de Géo-Charles

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La montagne de bulle en bulle au Musée de l'Ancien Évêché

ARTS | C’est au cœur des montagnes que le 9e art a fait ses premières bulles. Presque deux siècles plus tard, c’est aux pieds de ces dernières que cet art, la bande dessinée, s’expose de planches colorées en crayonnés noirs pour mettre en vignette les rapports entre l’homme et les cimes. Une ascension délicieuse, à réaliser au Musée de l’Ancien Évêché.

Charline Corubolo | Lundi 12 décembre 2016

La montagne de bulle en bulle au Musée de l'Ancien Évêché

Remplir les bulles de sommets, cela fait longtemps que les dessinateurs et scénaristes s’y appliquent. Le premier en date est le Suisse Rodolphe Töpffer qui, en 1827 dans les Alpes, s’adonne à un nouvel exercice, celui d’une narration par planches dessinées. Avec ses Amours de monsieur Vieux Bois, la bande dessinée voit s'esquisser ses premières vignettes en même temps que l’homme arpente les montagnes, l’exploration des massifs traduisant les changements sociétaux d’une modernité en marche. Un bouleversement dont s’emparent les auteurs, comme Aristide Perré avec Poucette Trottin ou encore Émile-Joseph-Porphyre Pinchon avec sa fameuse Bécassine. Une recherche des différentes représentations de cette nature toujours d’actualité, qu’elle soit lieu de conquête ou élément personnifié, que le Musée de l’Ancien Évêché déploie entre ses murs grâce à une scénographie subtile le long de l’exposition Pic & bulle, la montagne dans la BD. Avec pas moins de 90 auteurs, 200 planches originales, 15 albums historiques et 62 rep

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Le Musée Géo-Charles au pays de la peinture

ARTS | Pour sa nouvelle exposition, le musée s'intéresse au paysage dans sa dimension picturale. "Paysage ou l'étrange idée du beau" met en parallèle des artistes contemporains, Jean-Marc Rochette et Michel Frère, et des artistes du millénaire précédent afin d'explorer les différentes représentations de la nature.

Charline Corubolo | Mardi 31 mai 2016

Le Musée Géo-Charles au pays de la peinture

Au même titre que la basket Stan Smith est tendance chez les hipsters, le paysage est le « hit » des expositions actuellement à Grenoble. Après le lancement de l'application Paysages-in-situ, qui fut l'occasion d'une double exposition au Musée de Grenoble et au Musée Hébert en septembre dernier, la verte prairie et les montagnes enneigées reviennent sur le devant de la scène, cette fois-ci au Musée Géo-Charles. Intitulée Paysage ou l'étrange idée du beau, la proposition s'inscrit dans le projet "Paysage Paysages", une plateforme d'innovation et d'initiatives autour des décors naturels de notre région. Cherchant à confronter deux peintres contemporains – Jean-Marc Rochette et Michel Frère – à des artistes de la tradition du paysage en France durant les siècles précédents, le parcours met en parallèle de grandes toiles abstraites avec celle de Courbet, Chotin ou encore Achard. Le paysage pictural s'insère ainsi dans une continuité avec une nouvelle esthétique, où la lumière et la matière sont denses, pour une peinture profonde. Il est cependant regrettable que les salles d'exposition soient plong

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Julien Beneyton, peintre à contre-courant

ARTS | Profondément ancrées dans le quotidien, les peintures hyperréalistes de Julien Beneyton dévoilent une approche peu courante qui célèbre la portée universelle des cultures de niche. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mardi 28 avril 2015

Julien Beneyton, peintre à contre-courant

Paradoxale, l’œuvre de Julien Beneyton l’est à plus d’un titre. Par son exécution déjà : virtuose, ouvertement figurative et axée sur le détail « au point d’en être presque indigeste » comme s'en amuse l’intéressé, elle se situe à l’exact opposé de la culture de l’abstraction et du conceptualisme si souvent prégnante dans l’univers de l’art contemporain. Surprenants également, les microcosmes culturels dépeints dans les tableaux de l’artiste, qui là encore n’ont que trop rarement leur place sur les murs des musées : scènes de rue du quartier de Château Rouge, dans le 18e arrondissement parisien, stars du hip-hop new-yorkais, pêcheurs mauritaniens, éleveurs bovins du limousin… ou encore amis de longue date avec lesquels Julien Beneyton a partagé son adolescence à Échirolles dans les années 90, sujet de son exposition en cours dans les murs du Musée Géo-Charles. « Génération cassettes audio et vidéo » Mais plus encore que son exécution ou le choix de ses sujets de prédilection, ce qui fascine le plus dans le travail de l’artiste, c’est sans doute le regard qu’il porte sur

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Jean-Marc Rochette, de la montagne à l'art

ARTS | Des pics montagneux, il a gardé l'instant d'adrénaline qui le plonge dans une sorte de transe pour ensuite retrouver cet état dans la peinture. Actuellement exposé au Musée Géo-Charles, le dessinateur Jean-Marc Rochette, connu pour la bande dessinée "Le Transperceneige", dévoile un trait puissant qui navigue entre vignettes et peinture. L'occasion de rencontrer l'artiste et de parler de ses passions : l'alpinisme et la création plastique. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 3 mars 2015

Jean-Marc Rochette, de la montagne à l'art

Tout cela n'a rien d'un parcours classique et manifeste grandement du talent du dessinateur. Né en 1956 en Allemagne, Jean-Marc Rochette débarque à Grenoble en 1968 pour ses études secondaires. Alors en section scientifique en première, il troque les mathématiques pour la montagne et n'y reviendra pas. Il termine son cursus avec une terminale artistique et, après un bac obtenu en 1975, enchaîne avec une année de licence en histoire de l'art. Mais les études ne sont cependant pas réellement sa priorité. « Je n'y allais jamais, j'étais toujours en train de grimper, j'étais complètement investi dans l'alpinisme à l'époque. Mais en 1975, lors de mon année d'histoire de l'art à Grenoble, j'ai eu un gros accident qui m'a éloigné de la montagne et m'a fait m'intéresser davantage à la peinture et la BD que j'affectionnais déjà. » En effet, dès 1974, son nom apparaît dans le magazine de contre-culture Actuel avec des récits courts. Puis il signe dans L'Écho des savanes. « Je suis devenu professionnel en 1978 à 22 ans et je me suis alors lancé à Paris, ce qui m'a encore plus éloigné des monta

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Tatouages avant-garde

ARTS | Construit en 1982 à l’initiative de la ville d’Échirolles, le Musée Géo-Charles présente une partie de la collection du poète Charles Guyot (dit Géo-Charles), reçue (...)

Charline Corubolo | Vendredi 24 janvier 2014

Tatouages avant-garde

Construit en 1982 à l’initiative de la ville d’Échirolles, le Musée Géo-Charles présente une partie de la collection du poète Charles Guyot (dit Géo-Charles), reçue par donation de sa femme Lucienne. Partisan de l’avant-garde artistique et littéraire et passionné de sport, l’homme s’est rapidement distingué comme un collectionneur à l’œil avisé, avec un intérêt prononcé pour ses contemporains. Parmi des peintures, sculptures et estampes de la première moitié du XXe siècle, on retrouve ainsi des œuvres de Derain, Delaunay ou encore Léger. En parallèle à cet accrochage permanent, le musée développe un espace entièrement dédié à l’art contemporain – des créations d’après 1960 – actuellement mis en valeur à travers l’exposition White. Mais la structure ne s’arrête pas là et lance en 2013 un cycle intitulé Chambre d’écoute, en vue de créer des connexions entre des créations du XXe et du XXIe siècle. Au premier étage sont donc exposées trois grandes photographies du Hollandais Hans Neleman, issues de la série Moko-Maori Tatoo, aux côtés de pièces de la collect

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Melancholia mon amour

ARTS | Pensée à partir du titre du livre de Denis Roche Le Boîtier de mélancolie, l’exposition collective Et si ce n'était pas de la mélancolie débutant au musée Géo-Charles (...)

Laetitia Giry | Mardi 8 janvier 2013

Melancholia mon amour

Pensée à partir du titre du livre de Denis Roche Le Boîtier de mélancolie, l’exposition collective Et si ce n'était pas de la mélancolie débutant au musée Géo-Charles en février se présentera comme un assemblage d’univers photographiques. De celui de Pierre de Fenoyl (voir photo) à celui de Pierre Canaguier, en passant par celui de William Klein et en en oubliant… C’est le thème de la mélancolie inhérente au clic ! de l’appareil photo qui se dévoilera au travers de cette sélection. Pas de point d’interrogation pour terminer ce qui en est une, mais une suspension dans le vide, car comme le dit Denis Roche, « le bonheur photographique implique ou suggère quantité de sous-entendus ne serait-ce que le penchant qui nous porte à enregistrer les moments heureux plus que les autres »… Et le musée d’évoquer avec poésie « le murmure de conversation des photographies entre elles, où la grâce, l'inattendu se tiennent sur un point de volupté minuscule mais intense ». Tout un programme, qui nous tente bien. LG

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Les collections de l'agglo

ARTS | Le musée de Grenoble exerce une sorte d’hégémonie en termes de collections d’art, mais, on vous l’assure, il en existe d’autres à découvrir dans Grenoble et son agglomération…

Laetitia Giry | Lundi 14 mai 2012

Les collections de l'agglo

Va y’avoir du sport Le musée Géo-Charles, musée municipal de la ville d’Echirolles, abrite une collection comportant près de 300 œuvres, garantes de la mémoire de Géo-Charles. Elisabeth Chambon, directrice du musée, nous explique qu’elle a été « reçue en donation en 1982 grâce à son épouse », que celle-ci est le « reflet d’un amateur d’art, d’un collectionneur éclairé, d’un homme de son temps qui suivait des artistes avec qui il était ami et qui s’est fait le champion et le témoin d’avant-gardes aussi bien littéraires qu’artistiques », ce qui explique la présence dans les collections « d’artistes emblématiques du vingtième siècle comme Fernand Léger et Derain (cf visuel). » Féru d’art mais aussi de sport, Géo-Charles oriente encore les choix effectués au musée : « On entretient cette identité singulière originale : le sport dans sa relation à l’œuvre d’art, aux pratiques artistiques, à l’économie, à la philosophie, aux évolutions du monde. Pas le sport dans sa représentation spectaculaire ou télévisuelle, mais comme une discipline, un médium qui permet de dire le rapport de l’homme au monde. » Les œuvres montrées changent souvent, car « c

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A contre-courant

ARTS | Aramram. Ce n’est pas une formule magique, mais bien le nom d’une œuvre de Jean-Christophe Norman et par extension de l’exposition consacrée à cet artiste (...)

François Cau | Mardi 10 janvier 2012

A contre-courant

Aramram. Ce n’est pas une formule magique, mais bien le nom d’une œuvre de Jean-Christophe Norman et par extension de l’exposition consacrée à cet artiste au musée Géo-Charles. Alors qu’il regardait la mer de Marmara, l’idée lui est venue de la filmer à l’envers et par la suite d’inverser les lettres de son nom pour baptiser son vidéogramme. Outre ses vidéos, des photos, dessins et peintures du plasticien seront exposés. Jean-Christophe Norman fait une utilisation indifférenciée de ces approches dans sa pratique artistique qui explore beaucoup, de ses dires propres, les notions de déplacements, de répétitions, d’endurance et de voyage. La performance et l’écriture ont aussi leur part dans son travail. Il recouvre des œuvres de graphite et en recopie d’autres sur de très grands formats, Au cœur des ténèbres de Conrad par exemple, rappelant les activités des moines du Moyen-Âge à l’heure où le livre électronique est en plein essor. On est curieux de voir ce que toutes ces idées et usages rassemblés donnent dans un musée.

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