L'Empereur et son image

Histoire | Des tableaux, mais aussi une mèche de cheveux, des couverts, un bicorne... L’exposition du couvent Sainte-Cécile revient sur les dernières années de l’itinéraire singulier de Napoléon. Une belle collection d’objets et d’images, qui invite à une réflexion sur le rôle de la représentation.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 septembre 2021

Photo : Jean-Marc Blache


Intitulée Autour de la route des Alpes, l'exposition est constituée de trois sections : « la route des Alpes », « le quotidien de Napoléon » et « de la gloire à l'exil ». Pour notre part on distingue surtout deux corpus d'œuvres : d'un côté les objets, de l'autre les images. Parmi les objets, certains valent le détour pour leur valeur historique ou esthétique. On pense à cet étonnant lit pliant, à l'élégant bidet de campagne ou encore au très complet nécessaire de toilette, qui laisse imaginer que Napoléon n'était pas du genre à se négliger.

D'autres objets pourront ravir les plus fétichistes des napoléophiles : une mèche de cheveux, une théière et des couverts en argent dont il a fait usage, et même l'un des fameux bicornes qu'il portait d'une manière volontairement reconnaissable. En effet, de même que Tintin a une houpette, Marylin Monroe une mouche et Mick Jagger une grosse bouche, Napoléon est indissociable de son bicorne.

Maîtrise de l'image

Napoléon avait une pleine conscience de la nécessité de maîtriser son image pour obtenir le plébiscite du peuple, dont on commençait à se soucier de l'avis (du moins, de celui des hommes). Dans les nombreuses œuvres que propose l'exposition on voit ainsi Napoléon tour à tour impérial dans sa tenue d'apparat, jupitérien chevauchant un cheval fougueux dans une reproduction de la fameuse peinture de David, proche de ses soldats lorsqu'il manie lui-même le canon sur un champ de bataille, intellectuel dans sa bibliothèque, éternel héritier des grands empereurs romains grâce au buste commandé à Canova et enfin défait et déconfit dans le portrait posthume réalisé par Delaroche… Ajoutons à cela quelques images d'Épinal dont la large diffusion contribuait à assurer sa renommée et enfin, en clôture de parcours, un masque mortuaire. Ultime trace de cet homme politique qui n'a pas connu la photographie, mais qui avait pourtant déjà compris le rôle essentiel que jouent les images dans la conquête du pouvoir.

Napoléon, autour de la route des Alpes, au couvent Sainte-Cécile, Fonds Glénat pour le patrimoine et la création, jusqu'au 31 décembre 2021

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La marche de l’empereur

CONNAITRE | Programme chargé cet été sur la « Route Napoléon » en hommage au « petit caporal » à l’occasion du bicentenaire de son retour aux affaires. On remonte le fil de l’histoire, et on fait le point sur les festivités prévues. Nathan Chaudet

Nathan Chaudet | Mardi 7 juillet 2015

La marche de l’empereur

Il y a 200 ans, ce brave (ou méchant, ça dépend de quel côté de la bourgeoisie on est né comme dirait Renaud) Napoléon faisait son comeback après presque un an d’exil sur l’île d’Elbe. Débarqué près de Cannes, il remonta alors jusqu’à Paris en empruntant un chemin que l’on connaît désormais sous le nom de « Route Napoléon ». Accompagné de son armée de fidèles de plus en plus importants, il passa par Vizille, Corps, Laffrey ou La Mure ; des villes qui ont décidé de marquer le coup pour ce bicentenaire. À Vizille Cette année à Vizille, les huitièmes Fêtes révolutionnaires, prévues du vendredi 17 au lundi 20 juillet, sont placées sous le signe du bicentenaire du passage de Napoléon à Vizille le 7 mars 1815. Le domaine du château accueillera le spectacle « cinéscènique » Bonaparte et la Révolution, avec des projections sur les murs du château, de la pyrotechnie, des comédiens en habits d’époque… Du grand spectacle en plein air, tous les soirs à 22h. Plusieurs autres animations sont aussi prévues pendant les quatre jours de festivités. Au menu, du théâtre avec Jean-Vincent Brisa (La Révolution française un rêve chanté, pièce

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Le rythme dans le flow

MUSIQUES | Un concert d’Iswhat ?!, c’est une progression toute en cassures et ruptures vers le Saint Groove, qui emporte progressivement l’ensemble du public – (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 28 septembre 2012

Le rythme dans le flow

Un concert d’Iswhat ?!, c’est une progression toute en cassures et ruptures vers le Saint Groove, qui emporte progressivement l’ensemble du public – oui, même les plus réticents. On en veut pour preuve la semaine dernière : le groupe jouait à Paris, au 104. Sur scène, trois excellents musiciens – un saxophoniste (Jack Walker, membre cofondateur), un batteur, et un bassiste-violoncelliste –, accompagnés sur un titre d’une flutiste, et emmenés par le survolté Napoleon Maddox, MC au flow fluide et musical, human beat box étonnant et impressionnant. Il faut le voir s’enflammer sur des paroles politiques (il revotera Obama d'ailleurs!), puis devenir une véritable boîte à rythmes infatigable, puis simplement s’effacer derrière ses acolytes. Car Iswhat ?!, ce n’est pas du hip-hop mâtiné de jazz pour faire classieux ou donner un brin de contenance au rappeur, c’est véritablement du hip-hop et du jazz, dans la droite lignée de groupes de légende comme The Roots. Une fusion musicale qui, si elle questionne sur album (Things that go bump in the dar

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« Ne pas faire de la guimauve »

MUSIQUES | Formé il y a près de quinze ans par le rappeur et beatboxer Napoleon Maddox et le saxophoniste Jack Walker, Iswhat ?!, bercé par la musique galvanisante de Charles Mingus et John Coltrane, impressionne sur scène autant qu’il questionne sur sa dernière production. Morceaux alambiqués, utilisation de cuivres, flow saccadé : on a connu porte d’entrée plus accueillante. Mais cette intransigeance vaut à Iswhat ?! de fournir des productions irrévérencieuses, totales et passionnées. Rencontre avec Napoleon Maddox, le leader du groupe.

Orlando Fernandes | Jeudi 27 septembre 2012

« Ne pas faire de la guimauve »

On cite souvent Portland, Baltimore, San Francisco et New York pour évoquer la culture musicale américaine récente, mais moins Cincinnati, d’où vous venez…Napoleon Maddox : C’est une ville qui évolue en bien pour les musiciens. Depuis peu, beaucoup d’argent et d’énergie sont investis dans la culture et offrent la possibilité aux artistes de travailler dans la ville sans besoin d’aller ailleurs. Pour ma part, j’ai aussi ramené des guests à Cincinnati pour des concerts. Tout ça contribue à l’expansion de la culture. Vous savez, on connaît des dizaines de problèmes là-bas, d’ordre social. Mais ça n’empêche pas de trouver pléthore de spectacles en tous genres dans les banlieues, qui n’ont rien à voir avec celles en France. Au niveau des arts visuels c’est aussi très développé. C’est cool. Dans quel genre musical vous situez-vous ? On a du mal à trancher entre hip-hop et jazz.Je crois que l’album est plus hip-hop. C’est la marque de fabrique depuis le début : prendre des éléments d’un peu partout. Les amoureux de jazz diront que ce n’est pas du jazz, mais si quelqu’un affirme que ce n’est pas du hip-hop, ça veut dire qu’il n’a pas

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