Ouverture d'une galerie dédiée à l'art du collage

ARTS | La galerie Collberg vient d'ouvrir ses portes dans le quartier des Antiquaires. Elle se consacre exclusivement à l'art du collage.

Valentine Autruffe | Mardi 5 octobre 2021

Photo : Valentine Autruffe


Une nouvelle galerie d'art a ouvert ses portes vendredi 1er octobre rue Dominique-Villars, dans le quartier des Antiquaires. Son propriétaire Michel Goldberg, pédiatre retraité et féru d'arts depuis toujours, ambitionne de « faire connaître ce secteur de l'art, pas connu à sa juste valeur. » Lui s'est mis au collage sur le tard, en particulier via l'école des Beaux-Arts de Grenoble, et pour le moment, il a peuplé les murs blancs de la galerie Collberg de son propre travail uniquement. « Mais l'objectif est d'exposer d'autres collagistes ; d'ailleurs, je lance un avis aux amateurs… »


Certaines de ses œuvres sont purement esthétiques, abstraites, d'autres sont des assemblages à messages on ne peut plus explicites. Au détour d'un tableau, on reconnaît là George Floyd, ici Ronald McDonald, plus loin, une tripotée des pires dictateurs que la Terre a portés. « J'ai réalisé beaucoup de collages à thème pendant le confinement. Ce que j'aime dans la discipline, c'est que de par sa relative simplicité technique, elle laisse libre cours à la créativité, à l'imagination, et elle offre aussi une grande place au hasard. » Et de nous montrer un travail en cours : des chutes empilées les unes sur les autres, qui forment inopinément l'embryon d'une future œuvre…


Galerie Collberg, 2 rue Dominique-Villars à Grenoble

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Clip sur porcelaine

Insolite | Les lieux de culture étant très largement fermés, pourquoi ne pas se laisser surprendre par la dernière proposition de la galerie Showcase ? On est allé faire faire un tour du côté de ce drôle d'endroit pour une rencontre artistique...

Benjamin Bardinet | Vendredi 22 janvier 2021

Clip sur porcelaine

Ce lieu d’exposition singulier est tout à la fois le plus petit de l’agglomération, mais aussi le plus visible et finalement celui qui rassemble le plus large public, puisque, ouvert sept jours sur sept, 24 heures sur 24, il se situe en plein cœur du centre ville historique de Grenoble. La galerie Showcase (puisque c’est donc son nom) est une ancienne vitrine étrangement incrustée dans un mur de la place aux herbes investie par l’Association pour l’agencement des activités (AAA). Depuis 2012, cette énigmatique association y programme régulièrement des interventions d’artistes contemporains qui sont libres d’y faire des propositions de micro-installations ou de mini-expositions. Cette vitrine est ainsi devenue un îlot de résistance culturel au cœur d’une zone piétonne essentiellement dédiée au commerce. Et même si les interventions proposées sont exigeantes, et parfois un poil abscons, il est toujours assez réjouissant, en tant que promeneur, de se laisser surprendre par leur univers artistique – ceci d’autant plus en ces temps troubles où la culture est gentiment remisée au placard. Jusqu’à la fin du mois, on peut donc découvrir dans la fameuse vitrine une série de six

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En octobre, il faut passer par la galerie Tracanelli !

ARTS | N’hésitez pas à passer la porte de la galerie Tracanelli pour y visiter l’exposition du mois d’octobre ! Vous y découvrirez le travail de Marjolaine (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 20 octobre 2020

En octobre, il faut passer par la galerie Tracanelli !

N’hésitez pas à passer la porte de la galerie Tracanelli pour y visiter l’exposition du mois d’octobre ! Vous y découvrirez le travail de Marjolaine Robert de Saint Vincent qui se nourrit de son parcours atypique entre les Beaux-Arts et l’armée (eh oui !) ; les compositions picturales d’Adrian Kay Wong dans lesquelles des éléments figuratifs stylisés surgissent d’un entrelacs de motifs abstraits évoquant les tapisseries des années 1970 ; et surtout les expérimentations picturales de Julien Herz qui joue des superpositions et des styles pour créer des compositions assez surprenantes. Des emboîtements de formes géométriques bleu électrique et gris métallique y côtoient des surfaces en crépis et de nerveux gribouillis à la craie.

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1ère édition

Ouvrage | Toujours sur tous les fronts, la galerie Tracanelli démarre un projet éditorial visant à soutenir et à diffuser le travail de jeunes artistes qu’elle (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 6 octobre 2020

1ère édition

Toujours sur tous les fronts, la galerie Tracanelli démarre un projet éditorial visant à soutenir et à diffuser le travail de jeunes artistes qu’elle représente. La première édition est consacrée à l’œuvre photographique de l’artiste Alp Peker (qui avait été exposé à la galerie en décembre dernier). Dans ces photographies, les corps mis en scène par l’artiste turc sont comme d’infinis terrains de jeu avec lesquels interagissent tout un tas d’accessoires aussi triviaux que colorés. En bonus, en fin d’ouvrage, quelques photographies témoignent des coulisses des prises de vue et des dessins préparatoires réalisés par l’artiste. En vente 20€ à la galerie Tracanelli ou en ligne.

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Obsolescence déprogrammée

Accrochage | La galerie Tracanelli renoue avec ses habitudes en proposant pour le mois de juin un accrochage d’un duo d’artistes dont le dialogue reste en grande (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 9 juin 2020

Obsolescence déprogrammée

La galerie Tracanelli renoue avec ses habitudes en proposant pour le mois de juin un accrochage d’un duo d’artistes dont le dialogue reste en grande partie soumis aux interprétations du visiteur. Mathieu Arfouillaud livre une série de paysages obscurs baignés d’une lumière lugubre et confirme son goût pour une nature aseptisée, domptée par l’homme ; une nature simili-sauvage grandement inspirée par la place qu’on lui accorde dans les aménagements urbanistiques contemporains. En guise de "signature", Arfouillaud intervient toujours sur une portion conséquente de toile en appliquant un aplat monochrome qui rompt avec la nature illusionniste de la représentation. De son côté, Lucas Schiesser, fraîchement sortie de l’École supérieure d’art et design de Grenoble, développe une pratique qui joue également des représentations… en trois dimensions cette fois. Il procède au moulage d’objets ayant incarné, il n’y a pas si longtemps, une sorte de modernité technologique. Des téléphones Nokia 3310 et un Mac pas si vieux que ça, semblent ainsi surgir d’un autre temps, comme fossilisés. Une manière de pétrifier l'état "naturel" d'obsolescence programmée de ces objets et de questionner l'accél

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Des peintures qui claquent

Galerie | Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il se dégage des peintures de Grègór Belibi Minya une énergie salutaire en cette période de déconfinement un brin (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 9 juin 2020

Des peintures qui claquent

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il se dégage des peintures de Grègór Belibi Minya une énergie salutaire en cette période de déconfinement un brin déconfite dans le secteur culturel. L’efficace série de toiles de grands formats présentée au rez-de-chaussé de la galerie Hébert emporte le visiteur dans un univers pictural qui évoque tour à tour le lyrisme de l’expressionnisme abstrait, l’énergie graphique de Jean-Michel Basquiat, les expériences de pliages de Simon Hantaï et le chromatisme pop de David Hockney… rien que ça ! Pour faire court, on peut dire que ça claque ! Dripping, projections, pochoir, aplats colorés, tracés graphiques, Grègór combine avec brio une grande variété de techniques et donne naissance à d’immenses compositions abstraites qui en ont visiblement déjà emballé plus d’un si l’on en juge par le nombre de tableaux réservés. En haut, à l’étage, c’est une série de dessins accrochés dans l'ordre chronologique de leurs réalisations que propose la galerie. En plus d'un talent certain pour donner au blanc de la feuille un rôle structurant à des compositions enlevées, on y retrouve une nervosité graphique similaire dont l’énergique expression spontan

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Carrés décadrés

Exposition | La jeune photographe Marion Massip est l'invitée de la galerie Ex Nihilo. L'occasion d'un accrochage de clichés au format carré, souvent regroupés en diptyques ou triptyques.

Benjamin Bardinet | Mardi 10 décembre 2019

Carrés décadrés

Une chouette découverte que nous propose la galerie Ex Nihilo avec l’exposition de la (jeune) photographe (et touche-à-tout) Marion Massip. Dès l’entrée le visiteur est embarqué dans un accrochage dynamique et aéré, rythmé par des petits formats carrés que la photographe a associé en diptyques ou triptyques. Certaines associations, relativement formalistes, sont assez immédiates : dans un triptyque, des graffitis nerveux contrastent avec des murs monochromes qui emplissent la quasi-totalité de l’image. D’autres associations, plus poétiques et pleines de malice, sont laissées à l’interprétation du spectateur : deux femmes dont les chevelures envahissent l’image se susurrent un secret, tandis que dans la photographie adjointe, le voile d’un rideau laisse apparaître la clarté du jour au travers d’une fenêtre. Ça pourrait partir dans tous les sens, mais Marion Massip témoigne d’un goût pour les dé-cadrages inventifs et les délicats jeux chromatiques qui confèrent une subtile cohérence à l’ensemble de sa production. Une exposition pleine de légèreté dont on ne s’étonnera pas que son autrice soit également illustratrice et écrive quelques poèmes. Des ouvrages en consultatio

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"L’Art et la Matière, galerie de sculptures à toucher" : tripote-moi si tu veux !

Musées | Cette exposition itinérante s'installe au musée de la Révolution française et propose aux visiteurs, petits et grands, d'appréhender l'oeuvre sculptée par la vue... et le toucher !

Benjamin Bardinet | Mardi 19 novembre 2019

« Surtout ne touchez pas aux œuvres ! » Voilà généralement la première chose qu’entendent les enfants dès qu’ils mettent les pieds dans un musée. Bien qu’évidente pour des raisons de conservation, cette règle est un poil frustrante pour les marmots. Avec l’exposition L’Art et la Matière, le Musée de la Révolution propose de remédier à cette frustration et invite ses (jeunes) visiteurs à une expérience amusante qui consiste à appréhender les sculptures par le toucher. Le parcours proposé met progressivement en condition grâce à différentes expériences tactiles permettant d’affiner son toucher et son vocabulaire. Ensuite, une série de sculptures sur des socles rotatifs, permet de tripoter de véritables œuvres d’art et de se rendre compte à quel point notre sens du toucher est tout de même un peu atrophié… Une dernière section consacrée au modelage, à la taille et à la fonte, nous rappelle comment le toucher est un outil de travail pour les sculpteurs tandis que l'ouïe et l'odorat sont stimulés dans la découverte de ces techniques. Cerise sur le gâteau, l’exposition propose une œuvre géniale de Sophie Calle où des text

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La galerie Marielle Bouchard a fermé ses portes fin octobre

ACTUS | C’était l’une des galeries les plus passionnantes de Grenoble, très branchée art contemporain. Mauvaise nouvelle : on vient d’apprendre qu’elle (...)

Aurélien Martinez | Lundi 29 octobre 2018

La galerie Marielle Bouchard a fermé ses portes fin octobre

C’était l’une des galeries les plus passionnantes de Grenoble, très branchée art contemporain. Mauvaise nouvelle : on vient d’apprendre qu’elle cessait ses activités. « Jean-Luc Bouchard, le directeur de la galerie Marielle Bouchard, a le regret de vous informer de la fermeture de la galerie le 27 octobre 2018 [il n’a pas souhaité communiquer sur les causes – NDLR]. Tous ses remerciements vont au public qui a toujours soutenu la galerie depuis ses débuts en mars 2017, et aux artistes qui l'ont fait vivre, enrichissant un peu plus la monstration de l'art contemporain dans l'agglomération grenobloise et la région Rhône-Alpes – remerciements tout particulier à l'école d'art de Grenoble, l'Esad. »

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Une Galerie du Losange pour, depuis 20 ans, « désacraliser l’idée de galerie »

ACTUS | Installée à Grenoble à deux pas de la place Championnet, la Galerie du Losange fête ses 20 ans. À cette occasion, sa directrice Virginia Alfonso revient avec nous sur deux décennies pendant lesquelles elle a offert un lieu d’exposition, souvent pour la première fois, à des artistes émergents.

Sandy Plas | Mardi 3 avril 2018

Une Galerie du Losange pour, depuis 20 ans, « désacraliser l’idée de galerie »

Un atelier d’artiste, un lieu d’apprentissage et une galerie : voilà le concept de la Galerie du Losange, installée rue Condorcet et créée en 1998 par Virginia Alfonso, artiste argentine arrivée à Grenoble il y a une trentaine d’années. « Au début, je me suis installée ici pour faire mon atelier, mais je trouvais dommage de ne pas en faire profiter d’autres artistes » se souvient-elle. Pour commencer, les œuvres de ses amis commencent à recouvrir les murs. Avant que la galerie ne prenne une forme associative et se fixe comme mission d’offrir un lieu d’exposition aux artistes débutants. « L’idée est de désacraliser un peu l’idée de galerie. Ici, ils peuvent apprendre à accrocher, à rencontrer leur public, à gérer leur communication… » En échange des ventes, la galerie récupère 30 % du montant : bien moins que la plupart des autres lieux d’exposition. Parmi les artistes exposés, certains ont ensuite pu prendre leur envol et continuer leur parcours, comme Hervé Oberto et Jide. 20 ans, 2 expos Pour fêter les 20 ans de la galerie, une expos

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PB d'or 2017 : expo

C'était 2017... | Avec une artiste dont on va entendre de plus en plus parler et une nouvelle galerie qui a vite su s'imposer.

Charline Corubolo | Mardi 19 décembre 2017

PB d'or 2017 : expo

Le PB d’or de l’artiste-sorcière : Alice Assouline C’est lors d’une partie de Chasse picturale en début d’année à l’Espace Vallès que nous avons découvert le travail d’Alice Assouline. À la surface de ses grandes toiles se confrontaient cauchemar et féerie à coups de pinceaux mystiques. Des narrations figuratives irréelles illustrant les contes populaires glanés par l’artiste au gré de ses déambulations. Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Grenoble, faisant ses premières armes artistiques dans la performance, elle a continué son chemin et fait évoluer sa pratique cette même année au sein de la galerie Marielle Bouchard. Avec son exposition Gravité en octobre dernier, les détails contés de ses peintures se sont extraits du cadre pour envahir l’environnement. Entre sculptures et installations, le folklore se mue en un véritable décorum imaginaire o

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Marielle Bouchard : « L’art, c’est pour tout le monde »

Nouveau lieu | Dans le réseau de l’art contemporain quelque peu asphyxié demeurent des optimistes. Une brise de nouveauté soufflera ainsi ce jeudi 9 mars à Grenoble, du côté de la rue Pierre Termier, avec l’ouverture de la galerie Marielle Bouchard. Un nom pas inconnu en local (voire plus), Marielle Bouchard étant l’ancienne directrice du Vog. On l’a rencontrée.

Charline Corubolo | Lundi 6 mars 2017

Marielle Bouchard : « L’art, c’est pour tout le monde »

« La galerie appartient à mon mari Jean-Luc, mais nous avons utilisé mon nom pour une question d’image » confie Marielle Bouchard. Logique : son patronyme, reconnu dans le monde de l’art contemporain, est aujourd’hui gage de qualité artistique grâce au travail qu’elle a accompli pendant une décennie au Vog, centre d’art contemporain municipal de Fontaine. Pour autant, l’ancienne directrice ne quitte pas tout à fait le bateau fontainois – qui avait sévèrement tangué en avril 2016 (il avait été le théâtre d’une polémique entre la mairie et l’artiste Philippe Perrin, polémique sur laquelle Marielle Bouchard avait refusé de s’exprimer du fait de son statut), ce qui a laissé des traces. « Je suis actuellement à mi-temps au Vog et j’aide mon mari à la galerie. C’est un choi

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Retour vers le futur

ARTS | Une jeune artiste intriguée par la mémoire du futur, une approche réfléchie, soucieuse d’intégrer le public en lui faisant comprendre et sentir un propos : la première exposition de la saison au Vog mérite une adhésion ravie. Laetitia Giry

Laetitia Giry | Vendredi 5 octobre 2012

Retour vers le futur

La formule Galeries nomades est une formule qui sonne bien… Il se trouve qu’elle désigne un projet non moins séduisant : des expositions impulsées par l’Institut d’art contemporain (IAC de Villeurbanne) dans différents centres d’art de la région, et présentant les travaux d’artistes régionaux fraîchement diplômés. C’est le cas de Mathilde Barrio Nuevo, qui a investi l’espace fontainois comme on occupe un territoire, posant ses marques et déployant un monde issu de son imagination, s’emparant du lieu avec enthousiasme et détermination. Une artiste qui déclare que, si « l’archéologue cherche les formes du passé ; l’artiste, au sens large, crée les formes du futur », tout en s’évertuant à donner du sens à ses propos en actes. Le visiteur est invité à pénétrer un monde en composition, à évoluer dans un laboratoire factice où se côtoient fausses météorites, faux résultats de fouilles, faux lieu d’exploration. Du réel à la fiction Le titre de l’exposition donne un indice sur la narrativité à l’œuvre ici : Les analyses ne donnent rien porte un message qui vient définir les contours des différents objets et mises en scène. Tout comme leurs noms respec

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Art carcéral

ARTS | Commissaire de l’exposition Quedarse Ciego actuellement présentée à Going Blind, et co-auteur du livre Paños récemment paru aux éditions Le Dernier Cri, Reno Leplat-Torti nous en dit plus sur l’art méconnu des paños, né au sein des prisons américaines. Propos recueillis par Damien Grimbert

François Cau | Lundi 16 janvier 2012

Art carcéral

Que sont exactement les paños ?Les paños sont des mouchoirs dessinés par des prisonniers américains - en général d’origine chicano, même si ce n’est plus forcément systématique. C’est une manière pour les détenus, qui ne savent pas toujours écrire, de communiquer avec l’extérieur, que ce soit leur famille, leurs associés, les membres de leur gang...  Ils utilisent des mouchoirs comme support parce que c’est ce qu’ils trouvent dans le « package » qu’on leur remet en prison. Et avec le temps, c’est devenu une sorte de tradition. Depuis quand cette tradition existe-t-elle ?Il y a plusieurs hypothèses. La plus probable la ferait remonter au début du siècle dans les prisons mexicaines, après la guerre franco-mexicaine. Elle se serait ensuite diffusée dans les Etats du sud-ouest des Etats-Unis, de la Californie au Texas, puis dans le reste du pays. Avec quoi les détenus dessinent-ils ?C’est variable, mais la plupart du temps, c’est avec un stylo parce que c’est ce qu’il y a de plus simple à se procurer dans l’univers carcéral. Après, on en a vu faits avec du café, de la cire de bougie, tout ce qui per

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Photos rêvées

ARTS | Galerie / Le fleuve vu depuis les ponts de Crolles et de Grenoble, dans sa version aval et dans sa version amont immortalisées le même jour, à la même heure. (...)

François Cau | Vendredi 13 janvier 2012

Photos rêvées

Galerie / Le fleuve vu depuis les ponts de Crolles et de Grenoble, dans sa version aval et dans sa version amont immortalisées le même jour, à la même heure. « Ma Vie » est l’une des trois séries de photographies réalisées par Christiane Sintès à la galerie Alter-Art. A l’heure du tout numérique, l’artiste a choisi le polaroïd et le sténopé, simple chambre noire. Les clichés qui en résultent sont eux aussi d’un autre temps. Ici, les couleurs ont tellement pâli que les montagnes disparaissent comme dans la brume. Là, les contrastes sont renforcés et Grenoble avec ses toits sombres semble tout à coup vieillie d’un siècle, tandis que l’Isère coule inlassablement, imperturbable face au temps qui passe. La deuxième série, « Espaces fragiles », a pour sujet le lac d’Annecy, ses voiliers, ses nageurs, ses cyclistes,  ses flâneurs… Certains apparaissent comme des fantômes, silhouettes tremblantes, presque effacées. Le flou et le pastel créent une impression d’irréalité, que l’on retrouve aussi dans la troisième série « Ostinato » qui représente des arbres, auréolés d’une lueur bleutée. Ils paraissent comme surgis d’un rêve. On ne sait trop si c’est la neige, le givre ou la mousse qui ha

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Collection éclectique

ARTS | « Cosmopolite », l’exposition de la galerie Ka&Nao l’est à tous les sens du terme. On y découvre des  photos, des dessins, des broderies, réalisés par des (...)

François Cau | Lundi 28 novembre 2011

Collection éclectique

« Cosmopolite », l’exposition de la galerie Ka&Nao l’est à tous les sens du terme. On y découvre des  photos, des dessins, des broderies, réalisés par des artistes français et internationaux de renom : Martin Parr, Moebius, Juergen Teller… Toutes ces oeuvres ont en commun d’avoir suscité l’intérêt d’un collectionneur grenoblois, Vincent Bazin, celui-là même qui avait exposé une partie de sa collection à l’espace Vallès en 2009. Certains clichés frappent par leur force symbolique comme La table des négociations de Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla. Un pêcheur navigue sur une table renversée, à l’heure où la question se pose de savoir qui va nettoyer l’île de Vieques, utilisée par l’armée américaine pour ses essais d’armement. Dans un autre registre, la photo Badminton Horse Trials de Martin Parr montre un groupe de jeunes bourgeois pris en flagrant délit d’uniformité, et dont les poses, la main dans les cheveux, et les expressions sont confondantes de mimétisme. L’éclectisme de l’exposition surprend au premier abord, mais représente un réel intérêt puisqu’il permet de comparer et parfois de rapprocher des artistes n’ayant a priori pas grand-chose en

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