Au Bon Label, cuisine éthique et musique chic

GUIDE URBAIN | Café-restaurant / Avec l’ouverture du Bon Label, le quartier Championnet s’enrichit d’un lieu de vie à l’éthique affirmée. Au menu : cafés d’excellence, plats locaux et de saison, sonorisation de haute-qualité et playlists faites maison (comme la cuisine). Le succès est indéniable, et mérité.

Jérémy Tronc | Mardi 8 septembre 2020

Photo : ©Jérémy Tronc


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Trois associés et un projet de reconversion réussi.

Mick, Émilie et Sylvain, les trois associés du Bon Label, sont à la fois heureux et surpris du succès éclair de leur café-restaurant. Il fait le plein tous les midis. La réussite est d'autant plus goûteuse que leur aventure aurait pu tourner court. Deux semaines après l'ouverture du Bon Label et un début encourageant, Emmanuel Macron annonçait à la télévision le confinement total du pays. Donc la fermeture de l'établissement pour une durée indéterminée. « Nous avons eu besoin de nous réunir tous les trois pour encaisser la nouvelle. Heureusement nous avions prévu un coussin financier en cas d'aléas, coussin qui nous a servi plus vite que prévu ! », raconte Mick Bertrand, l'expert café du Bon Label. Avec son copain d'études Sylvain Bofelli, ils ont réfléchi pendant 3 ans à leur projet de reconversion. « Après quelques années dans l'électro-mécanique, on souhaitait se reconvertir, chacun de notre côté. Mais on a fini par s'arrêter sur ce projet commun qui réunissait deux de nos centres d'intérêt : moi le café et Sylvain la cuisine. On a mis au point le concept et on s'est aperçu qu'il allait nous manquer une personne pour faire tourner le café ». Par l'entremise de La Bonne Pioche, épicerie de produits locaux sans emballage à Grenoble, ils rencontrent il y a un an la troisième complice : Émilie Revol, elle aussi en phase de reconversion professionnelle. « Avant je gérais Au bon sens des mets, un traiteur qui pratiquait la livraison à vélo », explique-t-elle. « En discutant avec Mick et Sylvain du projet, on s'est vite aperçu que nous partagions les mêmes valeurs et les mêmes envies. C'était une rencontre très heureuse. »

Du sens et des valeurs

Le trio ne voulait pas monter une affaire « juste pour gagner de l'argent » mais un projet porteur de sens et de valeurs. Pour Émilie, la cheffe cuistot, l'approvisionnement en filière courte et de saison était une évidence, et le plus possible en bio. « Nous tenions aussi à créer une relation de proximité et de confiance avec nos fournisseurs. Si nous trouvons les produits bons, nous les payons le juste prix, sans chercher à négocier. » Émilie propose une carte courte renouvelée tous les mois et un plat du jour qui change quotidiennement. En grande voyageuse, ses recettes vous emmènent faire le tour du monde, de manière simple et généreuse. Pour les vins, le trio a fait appel à la cave grenobloise l'Apogée du vin. « Pour sélectionner les vins, nous avons organisé avec les deux gérantes un repas proposant un aperçu de ce qu'on allait servir. Ainsi nous avons pu travailler les accords mets/vin et tisser une relation solide avec Énora et Marion ». L'autre point fort du lieu, c'est le café, une passion que Mick développe depuis de nombreuses années. Les deux fournisseurs, Mokxa et Terra Kahwa, se chargent de livrer les crus d'excellence au Bon Label, et Mick, avec sa science approfondie du café et sa machine à pompe San Marco, vous livre le meilleur des breuvages. « La mouture, le grammage, le temps d'extraction, le réglage de la machine, tout compte pour faire un bon café. Et il faut tout ajuster selon le café que vous choisissez. Cela ne s'improvise pas », estime Mick qui propose 5 crus différents déclinés en de nombreuses spécialités : cappuccino, macchiato, cortado, mocacino, etc…

Dans le son tout est bon

Au Bon Label, la musique tient également une place essentielle. La salle est équipée de six enceintes Cabasse haut de gamme et de mousses acoustiques pour garantir un son de qualité. « L'idée est de pouvoir diffuser des playlists qui nous ressemblent dans les meilleures conditions d'écoute possible, sans que la musique ne donne mal à la tête », précise Mick. Le soir l'établissement se transforme en bar où il est possible de déguster des bières et des spiritueux locaux accompagnés de planches salées et sucrées à partager. « Depuis notre réouverture, nous avançons plus que nous subissons. Et nous drainons une chouette clientèle sensible à notre démarche. C'est très enthousiasmant. »

Le Bon Label
39, rue Humbert II à Grenoble

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Un premier festival de musique africaine à Grenoble

Festival | Jeune musicien malien installé à Grenoble depuis 2016, Hassana Ongoiba est le fondateur de l’association Main dans la main, implantée depuis 3 ans à la (...)

Eloïse Bonnan | Vendredi 22 octobre 2021

Un premier festival de musique africaine à Grenoble

Jeune musicien malien installé à Grenoble depuis 2016, Hassana Ongoiba est le fondateur de l’association Main dans la main, implantée depuis 3 ans à la Villeneuve. Elle a pour but principal de promouvoir en musique la culture malienne et dogon en particulier, depuis la France. Le collectif d’artistes issus des diasporas malienne et guinéenne a eu envie d’un événement ambitieux faisant un pont entre le public français et les habitants du Mali. Après deux ans d’élaboration et des reports à cause de la pandémie, l’équipe présente enfin sa première édition du festival Pyramide. Le festival Pyramide constitue le volet français du projet global "Paix et réconciliation au Mali", décliné aussi du 13 au 27 novembre côté malien avec une tournée pour la paix "Miyafa" ( "pardonne-moi" ). Ce projet traduit la volonté ferme d’artistes maliens, résidant en France ou non, d’agir à leur échelle et selon leurs compétences sur les conflits déchirant le Mali. Ce tout nouveau festival qu’accueille Grenoble souhaite donner au public français des clés de compréhension de la situation actuelle au Mali. La soirée projection documentaire du 27 octobre au Transfo remplit cette fonction

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Le "Vertige" de trois artistes sans fioriture

ARTS | Sarah Anton, Jacob Madamour et Thierry Lombard exposent jusqu'au 30 octobre à la 1-10 Galerie, quartier Saint-Bruno à Grenoble.

Valentine Autruffe | Vendredi 22 octobre 2021

Le

Jacob Madamour met en scène des femmes dans des photographies sophistiquées et violentes, que l’on croirait tirées de films noirs. Sarah Anton évoque en peinture le corps des femmes, l’enfantement, le sexe, dans des tableaux colorés que l’on croirait, avant d’en saisir les détails, enfantins. Thierry Lombard, artiste multicartes, propose ici des peintures multicolores invitant au voyage. Moins explicites, ses toiles répondent à celles de Sarah Anton. Les trois artistes se réunissent à la 1-10 Galerie dans une exposition commune, intitulée Vertige. Happé par les couleurs et les contours francs du projet Acoeur de Sarah Anton, on prend le temps de décortiquer chaque détail de ses toiles, avant d’être attiré par une série d’œuvres représentants des vulves (thème très (trop ?) en vogue en ce moment), y compris des boucles d’oreilles. Issus d’une autre série, ses portraits sont remarquables. Au milieu des tons vifs de Sarah Anton et Thierry Lombard, les photos de Jacob Madamour, texturées, sombres, violentes, détonnent d’autant plus. Des femmes dont on ignore si elles sont ivres mortes, battues, droguées, ou tout ça à la fois. Saisissant.

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4 millions d’euros pour verdir Grenoble

Politique | Hamburgers végétariens et vaisselle non jetable : c’est un sans-faute écologique pour la ville de Grenoble qui (...)

Jérémy Tronc | Lundi 18 octobre 2021

4 millions d’euros pour verdir Grenoble

Hamburgers végétariens et vaisselle non jetable : c’est un sans-faute écologique pour la ville de Grenoble qui accueillait ce lundi 18 octobre la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili. À ses côtés, Éric Piolle, maire de Grenoble, Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole, Sandrine Martin-Grand, vice-présidente du conseil départemental de l’Isère et Valérie Drezet-Humez, cheffe de la Représentation de la Commission européenne en France se sont donné rendez-vous à la Bastille pour signer l’accord triennal portant sur le financement de Grenoble Capitale Verte Européenne 2022, à travers la création d’un Groupement d’Intérêt Public. C’est ce GIP qui sera chargé d’organiser les événements (plus de 200 à partir du mois de janvier) et défis Capitale Verte et d’en assurer la promotion et la communication. À moins de trois mois du coup d’envoi de cette année qui mettra Grenoble et son territoi

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Art contemporain franco-africain, l'expo inattendue

ARTS | Voilà un événement qui aurait bien pu nous échapper, si on n’avait pas été intrigué par le kakemono accroché à l’entrée de l’ancien musée de peinture : "art (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 19 octobre 2021

Art contemporain franco-africain, l'expo inattendue

Voilà un événement qui aurait bien pu nous échapper, si on n’avait pas été intrigué par le kakemono accroché à l’entrée de l’ancien musée de peinture : "art contemporain africain", voilà ce qu’on pouvait y lire. Bonne surprise ! Cette exposition géographico-thématique, un peu fourre-tout, offre l’occasion de découvrir quelques œuvres qui méritent le détour. Dès l’accueil, faciles mais efficaces, les séries photographiques de Khalifa Ndiaye montrent des personnages dont on ne sait s’ils lévitent, volent ou planent dans des environnements relativement triviaux… un peu de légèreté et de poésie dans un monde de brutes. "foRest" par Paul Armelson C’est aussi l’impression que donnent les petits films d’Ezra Wube dont l’animation dynamique restitue l’urbanisation trépidante des mégapoles contemporaines. Plus loin, Sirifo Diakaby questionne la couleur noire à travers une installation téléphonique qui vous permettra d’entrer en communication avec l’esprit de cette

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Chiner au café chez La Cafteuse

Concept | Après une carrière de communicante, Laura Saint Hubert réalise son rêve en ouvrant un café brocante, rue Thiers, qui fonctionne en dépôt-vente.

Valentine Autruffe | Mardi 19 octobre 2021

Chiner au café chez La Cafteuse

Sur la vitrine une citation attribuée à Paul Éluard : « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous ». Rendez-vous donc avec Laura Saint Hubert, 33 ans, qui vient d’ouvrir son café-brocante, la Cafteuse. « J’aime bien vulgariser en disant que tout est à vendre, sauf moi. » Dans une ambiance vide-greniers désuet, le client peut déguster un café ou grignoter un morceau, puis acheter la table sur laquelle il a déjeuné, l’assiette dans laquelle il a mangé, le canapé, le bibelot, etc. « Même les portants à biscuits sur le comptoir, ou le lampadaire fixé au mur » complète Laura Saint Hubert. « J’aime l’idée que la déco va évoluer, je veux que le lieu change, que ce soit toujours dynamique. » Dépôt-vente Elle fonctionne en dépôt-vente : deux ressourceries, Ulysse et la Ressourcerie du pays voironnais, fournissent à la Cafteuse du mobilier ; s’il n’a pas trouvé preneur au bout de trois mois, retour à l'envoyeur. Des particuliers garnissent aussi la boutique, qui parvient à rester très lumineuse et épurée. « On n’est pas un débarras

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Le corps des vieux et l'esprit vieille

Rencontre | La librairie Les Modernes organise une rencontre lecture avec Anooradha Rughoonundun, comédienne et auteure du texte "Le Corps des vieux", et deux journalistes du magazine Panthère Première, qui consacre son dossier à "l’Esprit vieille". Le tout au centre d’une exposition photo fort à propos, "Les petites combines de la vie", signée Nadine Barbançon.

Valentine Autruffe | Mardi 19 octobre 2021

Le corps des vieux et l'esprit vieille

Convoités au titre de la "silver économie", numérotés par certains gestionnaires d’Ehpad qui chronomètrent le temps de la toilette, résumés à leur statut de "personnes fragiles", fustigés pour l’état de la planète et de la dette... Les vieux s’en prennent plein la tête, on les ignore, ils nous embêtent. On ne les écoute pas. Pourtant ces vieux, c’est vous, c’est nous. Quartier Championnet, la librairie Les Modernes cultive un autre regard avec Anooradha Rughoonundun, auteure et comédienne, qui a fréquenté les vieux de très près. Parmi les petits boulots qu’elle a enchaînés pour arrondir ses fins de mois d’artiste, celui d’aide à domicile dans le Trièves. Elle en a tiré Le corps des vieux, un récit court et cru. Elle parle de ces corps tordus, figés et affaissés par le temps, des os qui grincent, des mains qui n’arrivent plus à pincer pour ouvrir une braguette. Elle parle aussi de l’écho sur son corps à elle, et des jeunes corps d’hommes contre lesquels elle se blottit le soir. Printemps des veuves A la lecture de ces lignes sans fioritures, deux journ

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Le Café Suzon tombe à pique

Miam | Un midi dans les rues de Championnet à Grenoble. On cherche une terrasse sympa et, si possible, nouvelle. On atterrit presque par hasard devant le (...)

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

Le Café Suzon tombe à pique

Un midi dans les rues de Championnet à Grenoble. On cherche une terrasse sympa et, si possible, nouvelle. On atterrit presque par hasard devant le restaurant culte du quartier, L'As de Pique. Sauf que le lieu a changé de patron l'an passé et s'appelle dorénavant le Café Suzon. La déco aussi a changé. Fini les couleurs sombres, place au bois et au vert, dans une ambiance très douce. On s'installe en terrasse, intrigués par le menu affiché : deux plats (dont un végétarien), une entrée et un dessert (il y en aura deux de chaque à terme), l'ensemble pour 23 euros (19 pour un plat et l'entrée ou le dessert ; 14 pour le plat seul). Excellente surprise : tout ce qu'on nous sert est finement cuisiné, notamment les aubergines à la parmigiana qui n'ont rien à envier à celles que pourrait concocter un bon resto italien. Le far aux pruneaux est également un délice de légèreté. On revient donc le lendemain histoire d'en savoir plus. On retrouve notre serveuse Catherine Campillo, qui est également en cuisine (en attendant d'embaucher pour ce poste crucial). Surtout, c'est elle la patronne. Elle n

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Cuvée grenobloise : l'appel est ouvert !

Scène locale | Comme à chaque rentrée, on vous signale l’appel à participation de la Cuvée grenobloise, ce dispositif de soutien à la scène locale qu’on ne présente plus. (...)

Hugo Verit | Mardi 7 septembre 2021

Cuvée grenobloise : l'appel est ouvert !

Comme à chaque rentrée, on vous signale l’appel à participation de la Cuvée grenobloise, ce dispositif de soutien à la scène locale qu’on ne présente plus. Si ? Vraiment, vous ne connaissez pas ? Bon d’accord… Toujours portée par l’association Retour de Scène, la Cuvée a pour objectif de valoriser des artistes locaux « à travers la diffusion, la formation, la programmation et la mise en réseau ». En résumé, les lauréats ont l’occasion de rencontrer du beau monde et, surtout, de jouer sur de jolies scènes du territoire (Magic Bus, Cabaret Frappé…). Attention, ne postulez pas si : votre expérience scénique se limite à un tour de chant devant papa, maman et tonton ; votre truc, c’est les reprises ; vous êtes déjà pas loin de la gloire ; vous n’êtes pas isérois. Rien de tout cela ? Alors la Cuvée vous tend les bras… tout du moins jusqu’au 19 septembre, date limite d’envoi des candidatures.

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Bonnie Banane, pop chaotique

Pop | Si vous êtes un peu désarçonnés à la première écoute d’un morceau de Bonnie Banane, on vous rassure : c’est parfaitement normal. Il faut dire que ces dernières (...)

Damien Grimbert | Vendredi 16 juillet 2021

Bonnie Banane, pop chaotique

Si vous êtes un peu désarçonnés à la première écoute d’un morceau de Bonnie Banane, on vous rassure : c’est parfaitement normal. Il faut dire que ces dernières années en France, on avait un peu perdu l’habitude de voir des artistes musicaux s’emparer d’esthétiques mainstream a priori bien balisées (chanson, pop, variété…) pour les transformer en autant de vivifiants terrains d’expérimentations. Il faut dire aussi que Bonnie Banane n’en est pas à un paradoxe près. Actrice formée aux arts dramatiques devenue musicienne à plein temps en l’espace d’une petite dizaine d’années, elle dispose de capacités vocales impressionnantes sans en faire pour autant un usage purement performatif, joue d’une désinvolture apparente pour mieux aborder en chanson des sujets tout sauf désinvoltes, concilie un certain héritage pop vintage très français et un goût prononcé pour les sonorités hyper-contemporaines venues d’outre-Atlantique (rap, électro, R’n’B)… Autant de grands écarts peu courants qui bousculent les attentes de l’auditeur dans un premier temps pour mieux le séduire insidieusement ensuite. Difficile en effet de résister au charme débridé et à la créativité folle qui se dégagent de son pre

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La Bobine sort les platines

MUSIQUES | C’est un joli programme qu’a concocté la Bobine pour le retour de ses apéro-mixes estivaux en terrasse. Aux côtés d’un certain nombre de valeurs sûres et (...)

Damien Grimbert | Lundi 5 juillet 2021

La Bobine sort les platines

C’est un joli programme qu’a concocté la Bobine pour le retour de ses apéro-mixes estivaux en terrasse. Aux côtés d’un certain nombre de valeurs sûres et d’habitués des lieux, on pourra ainsi découvrir le 6 juillet Erevan DJ, fondateur de l’excellent label lyonnais orienté « sophrologie auditive, réminiscences 90’s, atmosphères psychédéliques et breaks exotiques » Bamboo Shows, accompagné de Jean-Mi, fer de lance du label Comic Sans Records. Le 20 juillet, place au Grenoblois Vague Imaginaires, créateur d’ambiances équatoriales oniriques quelque part entre ambient, downtempo, tribal, new age et field recording organique. Le 10 août, on entendra cette fois Danse Musique Rhône-Alpes (en photo), « hommage nostalgique à la dance commerciale des années 90 mais également aux formes les plus brutes et radicales de la musique électronique » et Bravo Tounky, venu défendre sa k7 audio Flash Détente fraichement sortie sur AB Records. Le 31 août enfin, ce sont les éclectiques résidentes du projet Sister Act Ciao Cesco, Taka, Cass, Yagi Ud, et Gioza qui se relaieront aux platines. On a déjà hâte d’y être ! Apéro-mixes. À la Bobine to

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L'Anneau en attendant...

Culture | Les événements organisés en plein air cet été sont longtemps restés incertains. D’où l’idée de la Ville de Grenoble d’en regrouper plusieurs à l’Anneau de vitesse. Une bonne solution ? On a posé la question à quelques-uns des intéressés.

Martin de Kerimel | Mardi 29 juin 2021

L'Anneau en attendant...

Deux soirées complètes et une troisième qui a elle aussi bien fonctionné : le Festival Magic Bus n’a pas à regretter d’avoir dû quitter l’Esplanade pour rallier la scène de l’Anneau de vitesse. Après le premier soir, Damien Arnaud, coordinateur de Retour de Scène, jugeait que le public avait plutôt joué le jeu des consignes sanitaires. « Cela a fonctionné en bonne intelligence, dans une douce euphorie. » De quoi anticiper positivement le second événement confié à l’association cet été : le Cabaret frappé, du 16 au 20 juillet. Et même si ce n’est pas comparable – cette fois, on parle de concerts gratuits et sans doute de spectateurs autorisés à rester debout. Et 2022 ? Il est trop tôt pour dire si Retour de scène voudra revenir à l’Anneau de vitesse : « Cela pose question. On se dit que la volonté de la Ville n’est pas forcément de s’y installer durablement et l’Esplanade, elle, pourrait être en travaux. Les discussions se poursuivent. » Et la cohabitation entre associations ? « L’idée est bonne et, pour en avoir parlé avec d’autres organisateurs d’événements ailleurs en France, c’est assez rare pour être souligné. Après, c’est bien aussi que chacun

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Grenoble : la Ville se positionne

Été culturel | On savait déjà que, pour son édition 2021, le Festival Magic Bus allait quitter l’Esplanade et rejoindre l’Anneau de Vitesse. La Ville de Grenoble a confirmé, vendredi 30 avril en fin de matinée, qu’elle prévoit d’autres événements culturels sur le site. Premiers détails.

Martin de Kerimel | Vendredi 30 avril 2021

Grenoble : la Ville se positionne

Bis… ou ter repetita : l’été dernier, après plusieurs mois de confinement, la Ville de Grenoble témoignait d’une intention d’accompagner le rebond de la culture, en programmant une "saison" d’événements en plein air, déclinée en quatre programmations de quinze jours et 188 propositions différentes (pour 214 levers de rideau). Plus tard, au début de cette année, elle a récidivé avec les Éclats de culture, une mini-série d’événements extérieurs organisée le 14 janvier, dans chacun des secteurs de la ville. Et voilà que l’on nous annonce pour le début de l'été « une programmation culturelle et festive », adaptée aussi aux normes sanitaires. Avec plusieurs partenaires locaux du monde culturel, la Ville travaille à la mise en place d’une scène à l’Anneau de Vitesse du parc Paul Mistral. Jusqu’à 1000 personnes devraient pouvoir trouver place autour de cette structure éphémère. « Y seront accueillis, du 17 juin au 9 juillet : le Festival Magic Bus, une programmation de la Bobine, une soirée exceptionnelle proposée par la MC2 et le Festival du Film Court en Plein Air, indique un communiqué. Cette scène sera aussi le théâtre de l’édition exception

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“The Nightingale“ : il était une fois… en Tasmanie

ECRANS | Sur fond de rape and revenge, Jennifer Kent signe la fresque épique et historique qui manquait encore sur la “conquête“ des territoires australiens. Souvent insoutenable, ce southstern fidèle à l’esprit de son époque résonne formidablement avec les questions contemporaines.

Vincent Raymond | Jeudi 22 avril 2021

“The Nightingale“ : il était une fois… en Tasmanie

Vous souvenez-vous de films tels que Roma, Les Frères Sisters, La Favorite ou encore First Man ? Outre le fait qu’ils semblent appartenir à un autre temps – celui où l’on pouvait aller les découvrir dans les salles de cinéma, avant leur fermeture voilà presque… 6 mois –, ils ont en commun d’avoir concouru pour le Lion d’Or lors de la Mostra 2018. Trois ans, et presque une éternité pour des films vus, revus parfois, récompensés souvent. Trois ans durant lesquels certaines œuvres saluées lors de cette compétition sont, hélas, restées inédites. Telle The Nightingale. Faute de perspective claire, son distributeur français

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« On n’est pas un théâtre à l’arrêt ! »

Crise du coronavirus | Depuis le 30 octobre et le deuxième confinement, les lieux culturels français sont fermés au public, sans date de réouverture annoncée pour le moment. Mais derrière les portes closes, entre lassitude et optimisme, il se passe tout de même des choses. Alors que la MC2 est occupée, quatre responsables de théâtres de la région grenobloise nous ont raconté leur activité "chez eux".

Aurélien Martinez | Mercredi 17 mars 2021

« On n’est pas un théâtre à l’arrêt ! »

Au Grand Angle de Voiron « Nous allons bien, du moins aussi bien que nous le pouvons. » À Voiron, si l’immense salle de 1700 places assises qu’est le Grand Angle est fermée au public depuis fin octobre, en coulisse, ça s’active toujours comme nous l’a expliqué son directeur Vincent Villenave. En dehors des murs du théâtre notamment, avec des représentations dans les écoles (vu que le gouvernement le permet), mais également directement sur le plateau disponible faute de spectacles donnés, avec des résidences de création proposées aux artistes – la compagnie de danse Arcosm, la compagnie de magie nouvelle 32 Novembre… « Au commencement du deuxième confinement et les semaines suivantes, il y a eu un sentiment de désœuvrement, d’épuisement, avec cette insupportable politique du "stop and go" – on rouvre à telle date, non ce sera celle-

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Les Noodles, version foraine

Initiative | Une grosse envie de créer… et de bouger : à Saint-Martin-d’Hères, la compagnie compte inventer de nouvelles formes à partir d’un petit camion. Un projet auquel tout le monde est invité à participer. On vous explique.

Martin de Kerimel | Lundi 15 mars 2021

Les Noodles, version foraine

L’idée est d’abord mesurable en espèces sonnantes et trébuchantes : les Noodles ont lancé une souscription sur la plateforme HelloAsso, en cours pour encore une douzaine de jours. Objectif : obtenir 11 500 euros pour leur projet TRIP – pour Théâtre Roulant d’Intérêt Public. C’est-à-dire ? « Notre compagnie est tout terrain, assure Yannick Barbe, l’un des comédiens. Ces derniers temps, on a fait des résidences dans les théâtres fermés pour améliorer nos spectacles et nous entretenir, aussi. On a également travaillé en rue à Grenoble, à Saint-Martin-d’Hères et dans le Trièves, dans les foyers et sur les marchés. On ne s’attendait pas à rencontrer un public aussi chaleureux ! Cela nous plaît de venir jouer près des gens ou chez eux. On s’est dit que ce serait bien d’avoir un outil pour ajouter à cela un peu de qualité scénographique. » D’où l’envie d’acheter et d’aménager un camion, du type Estafette Renault, pour sillonner les routes. « Avec nos spectacles de rue, nos impros et nos impostures, on a l’habi

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Eptagon, à la croisée des genres

MUSIQUES | Collectif artistique grenoblois aux frontières d’une vaste gamme d’influences musicales (métal extrême, ambient, drone, musiques électroniques…), Eptagon dévoilera ce vendredi un imposant double album, "a.va.lon", ainsi qu’une série de performances inédites en streaming. L’occasion rêvée de mettre leur travail en lumière.

Damien Grimbert | Mercredi 3 mars 2021

Eptagon, à la croisée des genres

Fondé en 2016, le collectif Eptagon se crée à ses débuts dans un cadre assez informel, autour d’une petite demi-douzaine de groupes et de quelques artistes individuels. Leur point commun : un amour partagé pour le métal extrême, mais également une volonté de ne pas hésiter à s’en détacher occasionnellement pour explorer d’autres horizons musicaux. Une singularité qui va s’accentuer encore lorsque fin 2018, le collectif accède à une résidence de longue durée au Ciel, qui lui permet de bénéficier d’un espace de création partagé au sein de la structure. Un véritable coup d’accélérateur pour Eptagon, qui voit ses rangs s’agrandir (ce sont désormais pas moins de 25 personnes et plus d’une douzaine de projets stables qui gravitent au sein du collectif) mais également se diversifier avec l’arrivée de vidéastes et d’artistes numériques. Aux côtés de formations musicales déjà bien établies (Maïeutiste, Epitaphe, Barus, Demenseed…) se greffent ainsi de nouveaux projets artistiques (Orcae, Jonas François, Nicolas Gaillardon…) qui vont permettre aux membres du collectif d’explorer d’autres gammes esthétiques, aussi différentes que complémentaires de leur style de prédilection : am

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Boire et déboires des micro-brasseurs grenoblois

GUIDE URBAIN | Le marché des bières artisanales n’est plus ce qu’il fut depuis que le coronavirus dicte ses périodes d’ouverture aux bars et aux restaurants. Les micro-brasseurs locaux, touchés mais pas coulés, préfèrent voir le verre à moitié plein et fondent leurs espoirs sur une évolution positive de la situation sanitaire et le beau temps qui annonce de nouvelles soirées mousse. En attendant, la vente à emporter les aide à passer cette période compliquée. Après notre épisode 1 au Ptit Labo, on vous donne d’autres bons tuyaux.

Jérémy Tronc | Jeudi 25 février 2021

Boire et déboires des micro-brasseurs grenoblois

Chez Docteur D : le malade boosté par Vitamine C À la fois brasseur et bar, comme le Ptit Labo, Docteur D écoulait l’intégralité de sa production dans la vente de bière à la pression. La fermeture de son établissement l’a obligé à trouver un système D pour liquider ses brassins et faire face aux charges de son commerce. Damien Veau, le gérant, a investi dans une unité d’encanettage afin de pouvoir proposer de la vente à emporter. « Les canettes conservent mieux les propriétés organoleptiques de la bière et le bilan écologique est meilleur que le verre, même recyclé », assure Damien, qui s’est associé au studio graphique grenoblois Vitamine C pour créer les étiquettes correspondant aux différentes recettes. La vente à emporter lui permet de maintenir une toute petite partie de son activité. « J’ai brassé seulement deux fois depuis le deuxième confinement. Cela correspond à une chute de 90% de ma production habituelle ». Heureusement, les habitués du bar sont restés fidèles à l’enseigne. « Certains clients viennent clairement pour me soutenir. C’est un achat solidaire mais ils sont aussi contents de pouvoir faire déguster mes bières à des non-habi

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Les vélos devront attendre

Exposition | Elle aurait dû être inaugurée le mois dernier, mais "Un amour de vélo", la nouvelle expo du Musée dauphinois, ne peut encore ouvrir ses portes. Le président du Conseil départemental de l’Isère était toutefois sur place, mardi 9 février, en milieu d'après-midi. Nous aussi.

Martin de Kerimel | Mercredi 10 février 2021

Les vélos devront attendre

Cela semble un drôle d’endroit pour une rencontre par les temps qui courent, mais le choix reste finalement très logique : c’est bien au Musée dauphinois que Jean-Pierre Barbier a donné rendez-vous à la presse mardi 9 février. Objectif, selon son expression : offrir « un teaser » de l’exposition à venir. Ne pouvant que traverser les couloirs rapidement, on n’en a pas vu grand-chose, si ce n’est quelques photos et objets rassemblés dans une première salle. L’élu avait un message à faire passer : comme d’autres, il ne comprend pas pourquoi le gouvernement maintient l’obligation de laisser les musées fermés au public. Lui aussi fait un parallèle entre la situation des transports publics et des supermarchés, restés accessibles, et met au défi quiconque d’expliquer en quoi la différence de traitement est pertinente. Jean-Pierre Barbier n'a toutefois pas souhaité passer en force, au risque de placer ses agents « dans une situation d'illégalité », comme a pu le faire le maire de Perpignan en décidant de rouvrir quatre musées. Ce mardi, il est venu au Musée accompagné d'autres personnalités : deux de ses vice-présidents, Martine Kohly et Patrick C

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En attendant le public... (épisode 2)

SCENES | L'équipe du Petit Bulletin est repartie à la rencontre des compagnies de théâtre et de danse pour recueillir leurs impressions sur la crise sanitaire et l'évolution de leur travail au quotidien. Cinq d'entre elles nous ont répondu pour témoigner de leurs incertitudes persistantes, mais aussi, parfois, d'un relatif optimisme.

La rédaction | Vendredi 5 février 2021

En attendant le public... (épisode 2)

Yoann Bourgeois – Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) « C’est difficile car cette crise a touché le cœur de nos activités. Mais c’est aussi difficile pour moi de dire que c’est difficile parce que je sais que beaucoup d’autres sont plus impactés que nous au CCN2, qui sommes une institution assez solide économiquement. Même si, bien sûr, notre économie repose beaucoup sur la diffusion – on tournait énormément –, presque totalement à l’arrêt depuis un an. » Pour Yoann Bourgeois, codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble (en binôme avec Rachid Ouramdane), cette crise sanitaire a chamboulé énormément de choses, notamment au niveau artistique puisque trois de ses créations sont en suspens : Hurricane, pour le ballet de l’Opéra de Göteborg en Suède, répétée entre janvier et mars 2020 mais qui n’a pu pour l’instant être jouée que le soir de la première en mars (on devrait cependant la voir la saison prochaine à la MC2) ; I wonder where the dreams I don't remember go, pour la fameuse

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La compagnie Bardanes passe des planches aux écrans

Web-série | Rassemblant des étudiants, des travailleurs et des demandeurs d’emploi, la compagnie étudiante Bardanes a dévoilé il y a quelques semaines les premiers épisodes de sa web-série, en attendant de retrouver les salles de spectacle.

Sandy Plas | Mercredi 3 février 2021

La compagnie Bardanes passe des planches aux écrans

Ils ne peuvent plus monter sur scène, alors ils ont décidé d’investir les réseaux sociaux, en créant pour la première fois une série. Les membres de la compagnie Bardanes, une asso étudiante créée en 2017, sont ainsi passés des planches à la vidéo il y a quelques semaines, pour continuer à jouer, coûte que coûte. « L’an dernier, nous avions dû annuler nos représentations la veille de la première, à cause du confinement. Quand on a vu que cette année, il serait certainement compliqué de faire du théâtre, on a décidé de créer une série », explique Léa Barnel, membre de la compagnie et auteure de la série. Les Seigneurs, du nom de cette création en 10 épisodes, est visible depuis quelques semaines sur la page Facebook de la compagnie, ainsi que sur son compte Instagram et sa page Youtube. L’histoire plonge dans un monde dévasté par les épidémies et les catastrophes naturelles, face auquel les survivants ont été forcés de s

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Fermeture à 22h : les bars culturels s’adaptent

Actu dans la ville | Crise sanitaire / Depuis le 28 septembre, les bars ont l’obligation de fermer à 22h afin de faire face à la recrudescence de l’épidémie de Covid-19 à Grenoble et ailleurs. Comment les établissements qui proposent aussi une programmation culturelle s’adaptent-ils à la situation ? Le PB a mené son enquête.

Hugo Verit | Mardi 6 octobre 2020

Fermeture à 22h : les bars culturels s’adaptent

Nouveau coup dur pour les bars. Face au rebond de l’épidémie de coronavirus à Grenoble (tout comme dans d’autres villes), le gouvernement a imposé de nouvelles restrictions dont la fermeture anticipée des débits de boisson à 22h, en vigueur depuis le 28 septembre. Une nouvelle difficile à digérer pour tous ces établissements qui tentaient, depuis le déconfinement, de mener une vie à peu près normale. Au Petit Bulletin, nous n’oublions pas que ce sont aussi des lieux culturels, où l’on peut assister à un concert ou à un spectacle, qui doivent une fois de plus s’adapter. C’est notamment le cas du Trankilou, le bar super chaleureux du boulevard Joseph-Vallier. Ici, on a accueilli la nouvelle avec une certaine sérénité : « On a déplacé notre programmation à l’heure de l’apéro. Les premiers concerts débutent à 18h30 et à 21h, tout est terminé. Ça demande simplement de s’organiser autrement. Il y a une personne en plus l’après-midi pour accueillir les artistes qui font leurs balances. » On le sait, une fermeture anticipée, c’est une inévitable baisse du chiffre d’affaires. Dont le Trankilou est bien conscient : « L’autre jour, alors même qu’il n’y avait pas de concert, on

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Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Les théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont de nouveau dégainé des programmations bourrées de propositions qu'on avait envie de défendre. Suivez-nous ! Par Aurélien Martinez et Nadja Pobel

La rédaction | Mercredi 14 octobre 2020

Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Western ! À Grenoble et aux alentours (ce que l’on appelle de par chez nous le Dauphiné), Serge Papagalli est une légende qui foule les scènes de la région depuis maintenant 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, et avant de le croiser fin novembre sur grand écran dans le film Kaamelott (le fameux Guethenoc le paysan, c’est lui) d’Alexandre Astier, notre homme se lance dans le western-spaghetti et théâtral, lui qui revendique fièrement ses origines italiennes. Avec une douzaine de comédiennes et comédiens à ses côtés (dont pas mal de fidèles de chez fidèles toutes générations confondues), son Western ! était forcément très attendu par un paquet de monde. Dont nous. AM À la MC2 du mardi 13 au jeudi 22 octobre Au Théâtre Jean-Vilar (Bourgoin-Jallieu) vendredi 6 et samedi 7 novembre Au

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"Fin de siècle" : si c’était à refaire…

ECRANS | ★★★☆☆ De Lucio Castro (Arg., 1h24) avec Juan Barberini, Ramón Pujol, Mia Maestro…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2020

Barcelone, de nos jours. Deux hommes s’offrent une nuit d’amour. Une relation sans lendemain ? Peut-être que non, d’autant qu’elle a sans doute un "avant-hier", quelque part entre les limbes du rêve, du souvenir ou du fantasme… Il faut attendre la fin de la première partie pour comprendre le titre, et ce renvoi vingt ans en arrière, à cette autre époque d’incertitudes que fut le changement de siècle, où le mal dominant s’appelait Sida et non Covid-19. C’est là que le film change de dimension, devient onirique et prend de la profondeur. Là qu’il cesse d’être un chromo touristique (de fort belle facture) pour gagner en mystère. Preuve qu’il faut laisser du temps au temps…

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Chez Papapy comme chez mamie

GUIDE URBAIN | Salon de thé / Christian Keller a vécu plusieurs vies. Sa dernière en date s’organise autour du Papapy, un salon de thé/restaurant situé place de Gordes où l’on appréciera autant son art de cuisiner que de chiner.

Jérémy Tronc | Mardi 8 septembre 2020

Chez Papapy comme chez mamie

Après un début de carrière dans la marine nationale, quelques années dans l’immobilier d’entreprise puis comme producteur de spectacles et gérant de restaurant, quelle casquette allait bien pouvoir endosser Christian Keller ? C’est la toque de chef-cuistot qu’il choisit de porter avec le lancement de Papapy, place de Gordes. Christian assure en effet l’intégralité de la partie cuisine de ce salon de thé/restaurant. « Je suis agréablement surpris, ça marche fort », assure-t-il. Son pari : miser sur la qualité et l’originalité. « J’en ai marre de voir ces franchises qui s’installent partout. D’une ville à l’autre tout se ressemble. » Avant la cuisine, la première chose que l’on apprécie au Papapy, ce sont les meubles et la décoration. Tout a été chiné avec goût par Christian à Emmaüs, même la vaisselle destinée aux clients. La décoration est unique, réconfortante, le lieu est rempli de fragments d’histoires et de vies passées, rassemblés entre ces murs pour une nouvelle destinée. Pour assurer les 30 couverts quotidiens, Christian se lève tôt car il doit d’abord s’approvisionner en produits frais, dont les légumes qu’il cultive dans son jardin avec son f

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M-O-R-S-E, paysages émotionels

Ambient progressif | Présentation d'albums (2/3) : Le Petit Bulletin vous propose une mini-sélection de disques à conseiller à vos oreilles. Parmi nos coups de coeur : la nouvelle livraison de M-O-R-S-E.

Damien Grimbert | Mardi 9 juin 2020

M-O-R-S-E, paysages émotionels

La dernière fois qu’on vous avait parlé de M-O-R-S-E, projet artistique du Grenoblois Gabriel Hernandez, c’était à l’automne 2018 à l’occasion de la sortie d’Apathique, « premier album très intime où s’entremêlent pop 80’s en français, complaintes sous autotune et spleen ultra-contemporain » (on s’auto-cite). Après avoir sorti dans l’intervalle un projet reggaeton (nouveau perreo), suivi d’un EP baroque (prélude au ciel) et d’une cassette de musique expérimentale (Vanités), le voilà de retour avec un nouvel album, Bâtard, sorti sur son propre label Musique Dramatique, qui fait cette fois la part belle à l’ambient. Mais si depuis la naissance du projet en 2013, la forme et les sources d’inspiration n’ont jamais ou presque cessé d’évoluer chez l’artiste, adoptant un goût affirmé pour les fluctuations stylistiques somme toute très contemporain, de nombreuses constantes n’en perdurent pas moins. La mélancolie rémanente et les émotions douces-amères constituent ainsi de véritables fils conducteurs dans l’œuvre de M-O-R-S-E, assurant d’un projet à l’autre une cohérence inégalée. Album sublime, ouaté et éthéré, hanté et halluciné,

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Marjane Satrapi : « L’art est une recherche de la vérité à travers le prisme de la beauté »

Interview | On ne peut s’empêcher de voir des similitudes entre la figure de Marie Curie et celle de Marjane Satrapi. La cinéaste bouscule l’image d’Épinal en signant un portrait non pas de la seule scientifique, mais également du rayonnement de ses découvertes. Entretien exclusif.

Vincent Raymond | Mardi 10 mars 2020

Marjane Satrapi : « L’art est une recherche de la vérité à travers le prisme de la beauté »

À l’instar de Flaubert parlant de Madame Bovary, pouvez vous dire que cette Madame Curie, c’est un peu vous ? Marjane Satrapi : C’est un génie auquel je ne peux me comparer, mais que je comprends très bien. On est arrivées à Paris au même âge pour pouvoir réaliser ce que l’on ne pouvait pas faire chez nous. Je comprends donc sa difficulté d’être une immigrée parlant français avant de venir en France. Comme elle, aussi je ne cherche pas à plaire à tout le monde — je m’en fous, en fait. J’apprécie tout particulièrement ça chez elle, et le fait qu’elle ne soit pas quelqu’un de parfait. Je n’ai pas voulu en faire une héroïne, c’est-à-dire l’image parfaite de la femme merveilleuse, parce qu’elle n’était pas toujours commode. C’était un être humain avec ses imperfections ! Au-delà de l’album de Lauren Redniss, comment avez-vous déterminé ses contours ? Il y avait évidemment les biographies, les historiens, mais chacun donne son interprétation de l’histoire. Pour moi, on a la perception la plus corre

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"Radioactive" : brillante fusion

ECRANS | Évocation indirecte des lois de l’attraction et du magnétisme, "Radioactive" dépeint simultanément les atomes crochus entre Pierre et Marie Curie, ainsi que les propriétés de ceux qu’ils mirent en évidence. De la science, des frictions et le regard de Marjane Satrapi.

Vincent Raymond | Mardi 10 mars 2020

Paris, aube du XXe siècle. Jeunes scientifiques assoiffés de savoir, Marie Skłodowska et Pierre Curie s’allient au labo comme à la ville pour percer le mystère de la radioactivité. De cette union naîtront deux enfants et d’inestimables découvertes, des Prix Nobel, ainsi qu’une certaine jalousie teintée de haine xénophobe et machiste, Marie étant polonaise… Aux premières images de Radioactive montrant Madame Curie au soir de sa vie s’effondrant et se remémorer son existence par flash-back façon Les Choses de la vie, on s’inquiète un peu. Marjane Satrapi aurait-elle succombé à cette facilité du biopic hagiographique, ces chromos animés surglorifiant des célébrités ? Heureusement, non : la Madame Curie dont elle tire ici le portrait en s’inspirant du roman graphique de Lauren Redniss va se révéler bien différente des images déjà connues : moins fofolle que celle vue par Jean-Noël Fenwick (Les Palmes de M. Schutz), plus nuancée que la Femme honorable de Françoise Giroud ; bref, complexe et vivante, loin de la statufication. Têtue et pa

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Un fils

ECRANS | Si vous aveiz manqué l'avant-première d'Un fils concoctée par le Festival du film africain à Mon Ciné, rien n'est perdu ! Mercredi 26 février, à 20h15, Le Club vous (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Un fils

Si vous aveiz manqué l'avant-première d'Un fils concoctée par le Festival du film africain à Mon Ciné, rien n'est perdu ! Mercredi 26 février, à 20h15, Le Club vous permet une séance de rattrapage (toujours dans l'anticipation, puisque le film n'est pas sorti) en présence du réalisateur Mehdi M. Barsaoui et de Sami Bouajila qui, en plus de venir en voisin, a obtenu pour son interprétation, un prix de meilleur acteur lors de la dernière Mostra vénitienne (section Orizzonti).

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"Tu mourras à 20 ans" : la vie et rien d’autre

ECRANS | De Amjad Abu Alala (Sou.-Fr.-Ég.-All.-Nor.-Qa., 1h45) avec Mustafa Shehata, Islam Mubarak, Mahmoud Elsaraj…

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

Soudan. Alors que se tient devant l’ensemble du village une cérémonie célébrant la naissance de Muzamil, le chef religieux prophétise que l’enfant succombera à 20 ans. Consterné, le père s’enfuit travailler à l’étranger et la mère élève Muzamil dans cette unique perspective funeste… Régulièrement dépeint sur nos écrans, le déterminisme social minant l’Occident possède un double maléfique dans les pays où la tradition/l’obscurantisme/la religion (rayez la mention inutile) fait la loi. Cette fable moderne l’illustre, qui fait froid dans le dos par sa gravité réaliste. Et serre le cœur, à moins d’être totalement dépourvu d’empathie. Car Amjad Abu Alala montre les effets pervers de la malédiction inaugurale : un conditionnement généralisé biaisant toute destinée. Ainsi, sa mère porte le deuil de Muzamil dès le jour de sa naissance et lui interdit quasiment tout contact avec l’extérieur (incitant de fait les autres enfants à l’affubler du charmant sobriquet de Fils-de-la-Mort), ne lui laissant pour seules occupation que la fréquentation de l’école coranique où il pourra enfin bénéficier d’une attention positive après avoir appris par cœur tous les textes sacrés. P

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Le Musée à l’heure musicale viennoise

Concerts | Une intense fin de semaine musicale attend les mélomanes au Musée de Grenoble, vendredi 17 et samedi 18 janvier : c'est la "Folle nuit à Vienne" !

Nathalie Gresset | Mardi 14 janvier 2020

Le Musée à l’heure musicale viennoise

Mozart, Beethoven, Strauss, Schubert, Haydn… Leur point commun ? Tous ces grands compositeurs ont marqué de leurs œuvres la musique classique et romantique et ont vécu à Vienne, point de passage incontournable pour percer à l’époque dans ce milieu. C’est donc cette ville, souvent érigée comme capitale mondiale de la musique classique, que l’association Musée en musique a décidé de mettre à l’honneur cette année pour la 6eédition de sa Folle nuit, qui se déroule les 17 et 18 janvier dans l’enceinte du Musée de Grenoble. Rythmé par huit concerts de musique de chambre, une conférence, un bal de clôture ainsi que des interludes musicaux, cet événement « festif et ludique » a pour ambition « d’attirer et d’élargir le public de la musique classique et de faire passer aux spectateurs le bonheur et l’émotion que procurent ces airs-là », explique Pascale Galliard, présidente et directrice artistique de Musée en musique. Si elle souffre parfois d’une image élitiste, « la musique classique a cependant traversé les siècles et reste très populaire aujourd’hui. Beaucoup d’artistes de variété s’en inspirent ». Réunis pour l’occasion, de nombreux musiciens,

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"Merveilles à Montfermeil" : corbeille et somme

Cinema | De et avec Jeanne Balibar (Fr., 1h49) avec également Emmanuelle Béart, Ramzy Bedia…

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Fraîchement séparés, Joëlle et Kamel se côtoient tous les jours au sein de l’équipe municipale de Montfermeil. La maire, une illuminée, rêve, entre autres excentricités années 1980, d’implanter une école de langues démesurée dans cette cité de banlieue. Cela n’arrangera pas leurs relations… Intrigante et prometteuse, la séquence d’ouverture montrant le couple Balibar/Bedia se disputant en arabe devant une juge des divorces abasourdie aurait pu – dû ? – constituer l’alpha et l’oméga de cette pseudo comédie politique, mais authentique catastrophe artisanale. Première réalisation solo de la comédienne-chanteuse intello (récemment enrubannée d’un hochet républicain, dans la même promotion que le patron de BlackRock), ce "machin" a faux sur toute la ligne. La forme, tout d’abord : écrit et joué en dépit du bon sens, il offre à une troupe de bobos hors sol vêtue arty sexy l’occasion de glapir du cri primal dans un simulacre pathétique de Rendez-vous en terre inconnue. Le fond, ensuit

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Penser l’avenir autrement

Connaissance | Les collapsologues craignent d’un effondrement de notre système, mais cherchent à imaginer des solutions collectives. À Grenoble, un groupe a pris l’habitude de se réunir dans un bar de l’hyper-centre. Présentation.

Martin de Kerimel | Mardi 7 janvier 2020

Penser l’avenir autrement

Leur présence répétée dans nos agendas a titillé notre curiosité : nous avons voulu savoir ce que sont les Cafés Collapsologie, fréquemment organisés au Tonneau de Diogène, place Notre-Dame. « De petites conférences scientifiques », nous a répondu Nicolas Géraud, à leur initiative depuis un peu plus d’un an. Mardi 21 janvier, à 19h, Florian Alberto propose la première de deux rencontres consacrées à la bioiversité. Face aux mauvaises nouvelles liées à l’évolution du climat, des réseaux financiers et des menaces qui pèsent sur la biodiversité, les collapsologues s’efforcent d’établir des faits objectifs et de réfléchir à de possibles solutions, pour parer à l’effondrement (collapse, en anglais) du système. L’idée est que tout est plus ou moins interdépendant. « Il est assez déprimant d’y réfléchir seul, admet Nicolas. Le risque est alors de devenir prosélyte ou de voir nos relations sociales se dégrader. » Le tout premier intérêt des Cafés est précisément d’éviter cet écueil. Ouverts à tous (sur réservation), ceux de Grenoble font le plein en attirant régulièrement une soixantaine de personnes. Un optimisme raisonné Le pr

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La Croatie à l'honneur

Concert | L'association grenobloise Musée en musique fait sa rentrée et donne rendez-vous aux mélomanes pour une rencontre avec un pianiste croate.

Martin de Kerimel | Mardi 7 janvier 2020

La Croatie à l'honneur

Pas question de perdre le rythme : aussitôt après les Fêtes, l’association grenobloise Musée en musique reprend ses activités jeudi 9 janvier, à l’occasion d’un concert de Goran Filipec à l’auditorium du Musée de Grenoble. Le pianiste croate fera la part belle aux compositeurs de son pays, en interprétant la Sonate op. 20 en fa majeur de Blagoje Bersa et des morceaux d’Ivo Maček. Un programme original, auquel l’artiste a ajouté des extraits d’œuvres du Hongrois Franz Liszt. Après cette belle ouverture musicale, la journée toute entière sera consacrée à la Croatie, pays en charge pour six mois de la présidence tournante de l’Union européenne. Un déjeuner convivial au Caffè Forté, place Lavalette, est proposé aux gourmands, avant un débat organisé en partenariat avec l’ambassade de Croatie en France et placé sous le patronage du Parlement européen. Musée en musique reconduit ainsi une opération qui avait déjà connu un beau succès avec d’autres pays. L’association se montrera très active en janvier, avec – toujours à l’auditorium du Musée de Grenoble – la sixième édition de la Folle Nuit à Vienne : une série de huit concerts complétée d’une

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Yentl

ECRANS | Un classique avec Barbra Streisand est à redécouvrir au cinéma Juliet-Berto jeudi 12 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 10 décembre 2019

Yentl

Dans le Livre Guinness de presque tout ce que vous n’avez pas besoin de savoir sur les films, Yentl occupait en 1986 une place un peu spéciale : celle du premier long métrage à avoir été produit, écrit, réalisé, interprété (et chanté) par une femme, en l’occurrence Barbra Streisand. On ne discutera pas de la qualité relative du film en question, mais du fait qu’il ait fallu attendre près d’un siècle après la création du 7e art pour se trouver dans un tel cas de figure. Détail croquignolet, le film raconte l’histoire d’une femme forcée de se travestir en homme pour accomplir sa destinée. Tout est dit. Reprise jeudi 12 décembre, à 20h, au cinéma Juliet-Berto.

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Comment le Bar-Bars ?

Festival | Le festival Culture Bar-Bars, c'est un peu une fête de la musique des débits de boisson. Réjouissances programmées du 28 au 30 décembre, dans une série de lieux grenoblois.

Stéphane Duchêne | Mercredi 27 novembre 2019

Comment le Bar-Bars ?

Dans 60 villes en France, l'événement a largement essaimé en 18 éditions. Et il conviendra de se pencher sur cette édition grenobloise. Par pur chauvinisme mais aussi parce qu'on y croisera notamment deux vieilles canailles ayant officié au sein des cultes Little Rabbits : Federico Pellegrini aka French Cowboy et son compère Eric Pifeteau dit The One, association qui livrera un nouvel album en 2020. Leur prestation du 29 novembre à la Bobine sera suivie d'un mix électro de Human Pattern. Á suivre également, la belle jeunesse qui ne cesse de monter de la charmeuse folk lyonnaise Tachka (28 novembre) et de l'un de ses pendants masculins, sans doute plus roots dans ses influences, Yannick Owen

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Aurélien Barrau : pour sortir du trou noir

Rencontre | Depuis sa vidéo virale de septembre 2018, lors du festival Climax de Bordeaux, Aurélien Barrau est devenu l'une des voix qui portent dans la lutte pour la (...)

Sébastien Broquet | Lundi 7 octobre 2019

Aurélien Barrau : pour sortir du trou noir

Depuis sa vidéo virale de septembre 2018, lors du festival Climax de Bordeaux, Aurélien Barrau est devenu l'une des voix qui portent dans la lutte pour la défense du climat face aux excès d'un monde régi par trop de croissance. Le professeur de l'Université Grenoble Alpes et astrophysicien reconnu, spécialiste des trous noirs, a enchaîné avec un appel publié dans Le Monde en compagnie de Juliette Binoche (qu'il a rencontrée sur le tournage de High Life de Claire Denis) et signé par près de 200 personnalités, intitulé Le plus grand défi de l'histoire de l'humanité. Depuis, il poursuit son combat politique et citoyen au fil de conférences autour de la crise écologique qui sont fort suivies et font de lui un lanceur d'alerte très écouté. Ren

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Un Théâtre Sainte-Marie-d'en-bas pour « offrir à Grenoble un lieu dédié aux musiques de création »

ACTUS | Récemment nommé par la Ville de Grenoble pour gérer le Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas, le Centre international des musiques nomades (CIMN), qui organise chaque printemps le festival Les Détours de Babel, vient tout juste de démarrer sa saison. Son directeur Benoît Thiebergien nous éclaire sur la singularité du projet culturel qu’il a imaginé pour ce lieu qui sera désormais destiné à faire dialoguer les musiques et les cultures.

Benjamin Bardinet | Mardi 1 octobre 2019

Un Théâtre Sainte-Marie-d'en-bas pour « offrir à Grenoble un lieu dédié aux musiques de création »

Vous venez de prendre la direction du Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas. Comment avez-vous imaginé la programmation de ce lieu ? Benoît Thiebergien : Le projet que j’ai proposé à la Ville reste le même que celui du Centre international des musiques nomades qui est la structure porteuse du festival Les Détours de Babel. Il s’agit donc d’offrir à la ville un lieu dédié aux musiques de création, à la croisée des formes contemporaines, improvisées et traditionnelles et surtout à la richesse de leur dialogue. Il n’y avait jusqu’à présent pas vraiment de lieu dédié à ces esthétiques. Cela vient donc combler un manque et surtout enrichir l’offre musicale grenobloise. Quels seront les temps forts et les singularités de votre programmation ? Le théâtre va devenir un lieu de fabrique, d’élaboration, un espace qui donne le temps aux artistes de construire leurs projets. Il y aura donc une permanence artistique à travers des résidences qui vont s’enchaîner presque toutes les semaines et dont le public sera invité à découvrir le travail à l’occasion des soir

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"Bacurau" : qui s’y frotte…

ECRANS | Après "Aquarius", Kleber Mendonça Filho s’associe à Juliano Dornelles pour livrer une fable picaresque futuriste, entre "Les Chasses du Comte Zaroff" et "Les Aventures d’Astérix" version brésilienne. Corrosif, sanglant et… visionnaire ? Prix du Jury à Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mardi 24 septembre 2019

Nordeste brésilien, dans un futur proche. De retour à Bacurau pour enterrer sa grand-mère, Teresa remarque que le village est de plus en plus enclavé, comme coupé du monde. Les choses vont s’aggraver en présence de bien curieux étrangers. Mais Bacurau n’a pas dit son dernier mot ! Il y a trois ans, Kleber Mendonça Filho nous assénait une claque cuisante qui, à bien des égards, prophétisait métaphoriquement les prémices du populisme bolsonarien : on assistait en effet, dans Aquarius, à la déliquescence d’une société où le bon droit valait tripette face au poids des intérêts privés (et à leur omnipotence acquise par la corruption) ; où la maison Brésil semblait dévorée de l’intérieur, ses fondations menaçant de rompre à tout moment. Comme s’il souhaitait mettre entre parenthèses le temps présent, le cinéaste – en duo ici avec Juliano Dornelles – en propose, avec Bacurau, une manière d’extrapolation, histoire d’en mesurer les consé

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Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Des créations très attendues, des succès enfin à Grenoble, des découvertes... Suivez-nous dans les salles grenobloises et de l'agglo.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

La Buvette, le tracteur et le curé Et voici la nouvelle pièce de l’inénarrable humoriste dauphinois Serge Papagalli, qui sera créée début octobre et tournera ensuite dans pas mal de villes autour de Grenoble. Avec toujours cette fameuse famille Maudru, dont Aimé, le chef de famille (Papagalli lui-même, parfait), et Désiré, le neveu un peu attardé (Stéphane Czopek, grandiose). Où cette fois, visiblement, il sera question d’une énième reconversion de cet agriculteur à la retraite, mais aussi d’un curé un peu strict nouvellement venu. Vivement les retrouvailles ! À partir d’octobre dans de nombreuses villes de l’Isère Tournée complète sur www.papagalli.fr Incertain Monsieur Tokbar

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"I Remember Earth" : objectif Terre au Magasin des horizons

Exposition | Toujours en prise avec l’actualité, le Magasin des horizons ouvre une magnifique exposition sur les rapports que l’Homme entretien à la Terre. Au programme : de l’écologie, du féminisme, des figures historiques de l’art de la performance et pas mal de jeunes artistes qui méritent le détour.

Benjamin Bardinet | Mardi 10 septembre 2019

Ce qui caractérise d’emblée l'exposition I Remember Earth est son immédiate générosité et sa dimension extrêmement séduisante. La scénographie, aussi sobre qu’ingénieuse, invite à une déambulation parmi les œuvres et permet au visiteur de se plonger avec plaisir dans les démarches, souvent conceptuelles, des artistes présentés. Ceci est d’autant plus favorisé par l'accrochage qui rassemble, en début de parcours, plusieurs œuvres de figures pionnières de la performance : Gina Pane, Judy Chicago ou Agnès Denes. L’Italienne Gina Pane, que l’histoire de l’art a souvent cantonné à une pratique gentiment sentimentalo-geignarde (et soi-disant tellement plus appropriée pour une artiste femme !), présente ici des œuvres aussi minimales que poétiques dont la géniale performance de 1969 dans laquelle elle tente d’enfoncer un rayon de soleil dans la terre. Judy Chicago est également mise à l’honneur avec une série de photographies et de vidéos de la série Atmosphères (1969-1974, photo). Violemment colorées, les images de ces actions à base de fumigènes et de corps nus ont susci

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Les 10 saveurs de l’été en ville

GUIDE URBAIN | L’été, Grenoble et son agglo ne se vident pas totalement, grâce notamment à divers acteurs culturels qui proposent ici et là, souvent en plein air, des événements culturels alléchants. En voici dix pour rendre votre été en ville le plus ragoûtant possible.

La rédaction | Mardi 2 juillet 2019

Les 10 saveurs de l’été en ville

Une semaine de concerts gratuits Depuis 2016, le Cabaret frappé, festival d’été de la Ville de Grenoble, est 100% gratuit. Soit, cette année du lundi 15 au samedi 20 juillet, six soirs de musique dans le Jardin de Ville repensé pour l’occasion (avec notamment une grande scène et un bar sous le kiosque) mêlant artistes installés (Neneh Cherry et Camélia Jordana le lundi par exemple), découvertes d’ici et (surtout) d’ailleurs (le Québécois Hubert Lenoir le mardi, les Palestiniens de 47Soul le mercredi, la Capverdienne Mayra Andrade le jeudi…) et scène locale. Le tout dans une ambiance parfaite faisant du festival le temps fort de l’été grenoblois, qu’on y vienne pour voir des concerts que l’on attend avec impatience (on vous les détaille ici), pour se laisser surprendre musicalement ou pour simplement se remplir de bière. Des lectures à la fraîche Chaque été, les bibliothécaires de l

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"Vif-Argent" : corps et âme

ECRANS | de Stéphane Batut (Fr, 1h44) avec Thimotée Robart, Judith Chemla, Djolof Mbengue…

Vincent Raymond | Jeudi 25 juillet 2019

Juste n’est plus vraiment de ce monde : invisible aux vivants, il a négocié avec les "autorités" de l’au-delà pour accompagner les défunts de l’autre côté en leur faisant raconter un souvenir. Il croise un jour Agathe, bien vivante, qui le voit et le reconnaît. La mécanique serait-elle enrayée ? De tous les films ayant fréquentés la Croisette cette année et qu’il nous ait été donné l’occasion de voir pour l’instant, celui-ci est sans doute celui déployant la plus grande ambition poétique… tout en demeurant d’une exquise et discrète sensibilité. Déjà auréolé du Prix Jean-Vigo, Vif-Argent mérite qu’on lui consacre de l’attention. Juste apparaît (comme le titre le laisse entendre) pareil au messager des dieux, et doit rendre des comptes à la redoutable Dr Kramartz – autrement dit "la doctoresse de la substance". Ni vivant ni trépassé, il se trouve de fait prisonnier d’une zone intermédiaire qui n’est pas sans évoquer celle jadis conçue par Cocteau pour sa transposition du mythe d’Orphée, dont ce film constitue une forme de continuité : après tout, il s’agit bien d’aller reconquérir un amour avalé par le royaume d’Hadès ? Cette

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"Acusada" : sans autre forme de procès

ECRANS | de Gonzalo Tobal (Arg-Mex, 1h48) avec Lali Espósito, Gael García Bernal, Leonardo Sbaraglia…

Vincent Raymond | Mercredi 3 juillet 2019

Dolorès, 21 ans, est accusée du meurtre de sa meilleure amie Camilla survenu 30 mois plus tôt à l’issue d’une soirée entre ados très arrosée. Alors que va se tenir le procès, la jeune fille vit recluse chez elle, l’opinion publique l’ayant déjà jugée. De très rares amis lui sont restés fidèles… En justice, le doute doit toujours profiter à l’accusé·e. Et sa charge d’incertitude permet des verdicts que le cinéma a du mal à accepter pleinement : un film étant censé s’achever par la résolution pleine et entière de toutes les intrigues, le doute constitue alors le prétexte à un ressort dramatique tel qu’une révélation de dernière minute. Acusada se distingue de la foule des films de prétoire par son absence de résolution : l’affaire du meurtre n’est pas bouclée et, d’un point de vue strictement théorique, c’est une bonne chose puisque la perception des faits par Dolorès constitue le cœur de l’histoire. Comment elle vit un sentiment de culpabilité consécutif au trépas de Camilla, aux conséquences sur ses parents (on comprend que le scandale, en plus de les ruiner socialement et matériellement, les a physiquement séparés), mais aussi sur s

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Fête de la musique 2019 à Grenoble : notre sélection

Événement | Comme chaque année, on a épluché ce que les associations, salles de concert, bars et autres nous proposent pour le 21 juin. Voici nos choix.

Damien Grimbert | Mardi 18 juin 2019

Fête de la musique 2019 à Grenoble : notre sélection

La scène à ne pas manquer : place Grenette [scène transférée à l'Ampérage du fait des conditions météorologiques] Jeune prodige signé sur le passionnant label PAN de Bill Kouligas, le Berlinois Objekt se livrera à partir de 22h place Grenette à l’un des DJ-sets hautement aventureux entre IDM, électro, jungle, techno, breakbeat et expérimental qui lui ont permis de s’inscrire parmi les artistes européens les plus percutants du moment. Un événement d’une ampleur inédite sur Grenoble initié par le collectif The Dare Night, dont les cinq DJs se succéderont en première partie de 19h à 22h accompagnés de la Grenobloise expatriée à Manchester Mabel, qui se chargera pour sa part du warm-up de 18h à 19h. Mais aussi Sur le parvis de la Belle électrique De l’autre côté de la ville, la Belle électrique accueillera de son côté un line-up réunissant Capitaine Ad Hoc et Vitmo Valentino du c

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Musique dans le Grésivaudan : la vallée des merveilles musicales

Festival | Des concerts de musique de chambre dans des églises ou des lieux de patrimoine : voilà le concept de ce festival créé il y a près de 30 ans et qui revient cette année du 26 juin au 5 juillet. On déroule le programme.

Sandy Plas | Mardi 18 juin 2019

Musique dans le Grésivaudan : la vallée des merveilles musicales

Depuis 1990, il s’est installé dans le paysage des festivals de l’été, niché en pleine vallée du Grésivaudan. Par sa particularité déjà (proposer des concerts de musique de chambre dans des églises et des lieux de patrimoine) ; et pour la rigueur de sa programmation surtout. Se retrouvent ainsi chaque année dans la programmation de Musique dans le Grésivaudan (puisque c’est de lui dont il s’agit !) des artistes venus du monde entier et souvent promis à un bel avenir. La programmation 2019 ne déroge pas à la règle, avec cinq concerts à la carte et quelques jeunes talents au menu. « Nous sommes notamment très heureux de pouvoir accueillir le pianiste Jean-Frédéric Neuburger le 1er juillet à Lumbin » se réjouit Brigitte Marin-Labossière, présidente de l’association organisatrice du festival. « Il fait partie des artistes de la jeune génération qui comptent aujourd’hui. » Autre moment attendu du festival : la venue du quatuor à cordes Yako (photo), « un jeune ensemble lyonnais dont on va parler », programmé en ouverture du festival, le 26 juin à la Maison des Arts de Montbonnot. « Une bouffé

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Johan Barthold Jongkind : des paysages qui font voir du pays

Exposition | Visite guidée de l'exposition que le Musée Hébert consacre au peintre, aquarelliste et graveur néerlandais mort en Isère en 1891.

Benjamin Bardinet | Mardi 18 juin 2019

Johan Barthold Jongkind : des paysages qui font voir du pays

À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Johan Barthold Jongkind (1819-1891), le Musée Hébert lui consacre une exposition qui, grâce à de magnifiques peintures de paysages et de nombreuses aquarelles, nous fait voyager de sa Hollande natale à La Côte-Saint-André, en Isère, où il s’installa les dix dernières années de sa vie. Mais avant cela, c’est à Paris que l'artiste fait sa carrière. Bénéficiant de l’émulation artistique qui caractérise la capitale au milieu du XIXe siècle, ce précurseur de l'impressionnisme y développe une grande maîtrise de la peinture de paysage dont témoignent les nombreuses représentations des quais de Seine dans lesquelles il excelle à retranscrire la fugacité des jeux de lumière et les effets miroitants de la surface de l’eau. Pourtant, c’est aux croquis issus de ses carnets que l’attention du visiteur se porte rapidement. Il y esquisse, en une volée de traits nerveux, une embarcation sur une mer d’huile, tandis que quelques touches d’aquarelle savamment apposées suffisent à nous imprégner de l’ambiance de ces paysages (majoritairement isérois dans la dernière partie de l’exposition). On y reconnaîtra les doux reliefs de la Bièvre ains

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Cabaret frappé 2019 : mélange des genres

Festival | À la croisée de toutes les esthétiques et découvertes possibles (à commencer par les talents de la Cuvée grenobloise), le Cabaret frappé se livre à un autre mélange des genres que celui des styles musicaux, en proposant une programmation haut de gamme où la parité femmes-hommes est plus que respectée. Alors voilà ce que l'on pourra écouter chaque jour au Jardin de Ville de Grenoble.

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 juin 2019

Cabaret frappé 2019 : mélange des genres

Lundi 15 juillet Pourquoi commencer doucement quand on peut d'emblée frapper fort ? C'est ce que semble nous dire le Cabaret cette année en son ouverture. Aux côtés du trip-hop local d'Aora Paradox, issu du cru annuel de la Cuvée grenobloise, le festival dégaine d'entrée ses deux plus grosses têtes d'affiche. D'abord, Camélia Jordana, créature Nouvelle Star qui n'a jamais su choisir entre le versant populaire de la chanson et une liberté d'expérimenter à tout va (en témoigne son dernier disque sous le nom de Lost). Ensuite, la grande Neneh Cherry, carton jamais démenti des années 1990 toujours sur le pont après un long hiatus et quelques collaborations dans les années 2000 (CirKus, The Thing). À 54 ans, cette pionnière du hip-hop féministe a toujours autant la rage contre tous les impérialismes politiques, comme le prouve son dernier album Broken Politics, produit comme le précédent par le très pointu Four Tet. Mardi 16 juillet Après une soirée

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Mens, une Limousine !

Festival | Entre concerts et ateliers, le festival Mens alors !, bien entré dans l'adolescence (on en est à la 16e édition), continue de faire voyager son public dans un mélange d'insouciance et d'exigence. L'occasion cette année, surtout, de s'offrir un chouette tour en Limousine, du nom du projet post-jazz mené par l'omnipotent Laurent Bardainne, l'une des rutilantes calandres de l'édition.

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 juin 2019

Mens, une Limousine !

Peut-être n'avez-vous jamais entendu parler de Laurent Bardainne, claviériste, saxophoniste et compositeur de jazz (du moins sur le papier) particulièrement demandé sur la place française. Pourtant, vous l'avez forcément déjà entendu, au mieux parce que vous suivez l'un des nombreux projets musicaux dont il est l'indispensable homme de l'ombre ou le cerveau discret (de Rigolus à l'excellent Poni Hoax, l'une des plus belles inventions de la scène française, en passant par Lost avec Camélia Jordana), au pire malgré vous en écoutant Doux Tam-Tam, le touchant album de reprises publié par Dave en 2004, Château Rouge d'Abd al Malik, Soft Power de Chilly Gonzales (2008), Bichon de Julien Doré (2011), Film of Life de Tony Allen (2014) ou les albums (et concerts) du Supersonic de Thomas de Pourquery. Mais si vous aimez le jazz, du genre qui dépoussière le genre justement, vous connaissez sûrement Limousine, cet engin formidable qui se fait le véhicule de toutes les idées brillantes de Bardainne, qui a cofondé le quatuor en 2005 avec Maxime Delpierre du groupe VKNG. Bonjour tristesse

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Festival : et voici la programmation du Cabaret frappé

Annonce | Rendez-vous du lundi 15 au samedi 20 juillet au Jardin de Ville de Grenoble, avec quelques têtes connues et, surtout, pas mal de chouettes découvertes. On fait un rapide point avant la sortie en juin de notre numéro festivals.

Stéphane Duchêne | Vendredi 17 mai 2019

Festival : et voici la programmation du Cabaret frappé

C'est un événement attendu à Grenoble que le dévoilement de la programmation du festival Cabaret frappé qui, tel un phare dans la nuit (certes courte) de juillet, vient éclairer l'été grenoblois. Et surtout l'animer musicalement. Avec toujours chevillées au corps et au cœur (de la programmation donc) une certaine idée de l'éclectisme et une idée certaine de la gratuité, puisque le prix est, rappelons-le, de nada, walou, que tchi. Or, à ce tarif défiant toute concurrence, rien qu'en ouverture lundi 15 juillet, on nous offre la très tendance caméléone Camélia Jordana et la légende Neneh Cherry. Et le lendemain, deux pépites, deux ovnis même, venus tout droit de la belle province (le Québec) pour lesquels la critique s'enflamme : Hubert Lenoir et Charlotte Cardin. S'ensuivront comme ça, au débotté (l'entièreté de la programmation est à consulter en bas de cet article), pour les jours suivants : un autre ovni

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"Petra" : cœur de pierre

ECRANS | De Jaime Rosales (Esp-Fr-Dan, 1h47) avec Bárbara Lennie, Alex Brendemühl, Joan Botey…

Vincent Raymond | Lundi 6 mai 2019

Jeune artiste peintre, Petra vient effectuer une résidence auprès de Jaume, un plasticien réputé au caractère entier, dominateur et volontiers arrogant. Si elle se lie d’amitié avec le fils de celui-ci, Lucas, elle empêche que les choses aillent plus loin. Car Petra cache un secret… Depuis La Soledad (2008) et Un tir dans la tête (2009), c’est toujours un plaisir de retrouver le réalisateur espagnol Jaime Rosales qui fait partie de ces auteurs qui n’usent pas en vain de leur art, et dont chaque film procure ce double plaisir de la découverte : quelle est l’histoire et comment il choisit de la raconter. En bon théoricien, la forme interroge toujours le fond et lui répond. Ici, le récit est chapitré à la manière d’un roman, mais son ordre chronologique est contrarié. Une perturbation qui permet d’occulter des franges du passé, de présenter des conséquences avant certaines causes, d’induire également dans l’esprit du spectateur des hypothèses quant à la raison de ces ellipses. Cette construction n’est pas non plus sans évoquer le processus artistique, fait d’allers-retours, de repentirs – on assiste d

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