Championnet fait son marché

Artisanat | Le quartier Championnet accueille le 11 septembre le traditionnel marché de créateurs de Grenoble.

Hugo Verit | Mardi 7 septembre 2021

Photo : DR et PXHERE.COM


Tourneurs sur bois, bijoutiers, potiers, couturiers, ébénistes, céramistes… Une fois de plus, un large panel de métiers sera représenté lors de la 13e édition du Marché de créateurs de Grenoble, quartier Championnet.

L'objectif : offrir une visibilité non négligeable aux artisans de la région et faire (re)découvrir au grand public le travail de la main. Au total, plus d'une cinquantaine de créateurs investiront les rues Lakanal, Bergers ou Aubert-Dubayet. « On a reçu beaucoup de candidatures suite à notre appel à participation. On a choisi sur plusieurs critères, notamment celui de la qualité des créations. On cherche aussi à mettre en avant l'originalité afin de surprendre les publics, à dénicher ce qu'on ne voit pas souvent sur les marchés, les matières ou les techniques inhabituelles, comme les bijoux en papier », explique Anne-Sophie Savoye, de l'association C'est fait ici qui a repris l'organisation de la manifestation il y a deux ans.

Exceptionnellement reporté au mois de septembre depuis le début de la crise sanitaire, le marché des créateurs devrait redevenir printanier l'année prochaine… mais pourrait bien quitter son emplacement historique. En effet, les aménagements urbains récents du quartier Championnet compliquent la tenue de l'événement d'un point de vue logistique. À suivre donc…


Marché de créateurs de Grenoble, le 11 septembre de 9h à 19h

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Séances de rattrapage nocturnes

Reprises | Parmi l’impressionnante (et bienvenue) offre cinématographique illuminant les nuits d’été iséroises, focus sur quelques films à ne pas manquer…

Vincent Raymond | Jeudi 8 juillet 2021

Séances de rattrapage nocturnes

Marche avec les loups Signé par un ardent défenseur du peuple loup (déjà auteur de La Vallée des loups), ce road movie en forme de journal de bord suit pendant deux ans un jeune canidé à la conquête d’un nouveau territoire. Passionnant et pédagogique, démontant les a priori autant qu’il montre comment cuisiner une omelette aux truffes minute, ce documentaire est pareil à un conte. En vrai. Au parc Charly-Guibbaud (Gières) le 6 juillet, à 22h. Funan Inspiré de l’histoire familiale du réalisateur, ce film d’animation (lauréat du plus prestigieux prix en la matière, le Cristal à Annecy en 2018) évoque le conflit cambodgien à l’époque des Khmers Rouges qui n’étaient pas des tendres. De ce fait, la projection est assortie d’un avertissement — des scènes, des propos ou des images pouvant heurter la sensibilité des spectateurs. Mais il y a

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Le meilleur du terroir

ESCAPADES | Gourmandise / En clôture de la Semaine du goût, le parc du Grand Séchoir, à Vinay, accueillera un marché local le 18 octobre prochain. Une bonne idée de sortie pour les amateurs de bonne chère… entre autres.

Martin de Kerimel | Mardi 6 octobre 2020

Le meilleur du terroir

Le rendez-vous s’adresse d’abord à celles et ceux qui assument leur penchant gourmand et espèrent se régaler avec le meilleur des produits issus de notre territoire. « En lien avec la Chambre d’agriculture, notre idée est en effet de valoriser nos producteurs locaux, explique Nelly Puaux, médiatrice au Grand Séchoir. Nous regrouperons près de 25 exposants et avons choisi de mettre l’accent sur la logique du zéro kilomètre. C’est pourquoi nous avons aussi également invité un chef, Laurent Delorme, à faire son marché sur les stands et à proposer une série d’animations culinaires. » Désormais bien ancré dans le riche calendrier isérois, le marché de terroir de Vinay ne cherche pas spécialement à grandir. Ses organisateurs préfèrent se concentrer sur la qualité de l’offre, avec des exposants fidèles, qui reviennent d’une année sur l’autre, et quelques « petits nouveaux » lors de chaque édition. De quoi faire le plein de bonnes choses côté alimentaire, grâce à la présence de producteurs des trois appellations d’origine iséroise – Noix de Grenoble, Bleu du Vercors et Saint-Marcellin –, mais également d’un boulanger, d’un pâtissier, d’un apiculteur, d’un cu

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"Marche avec les loups" : à la trace

ECRANS | Après La Vallée des loups, Jean-Michel Bertrand poursuit son approche fascinée du canis lupus. Il entreprend ici de suivre le parcours d’un individu (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Après La Vallée des loups, Jean-Michel Bertrand poursuit son approche fascinée du canis lupus. Il entreprend ici de suivre le parcours d’un individu subadulte, forcé de quitter sa meute d’origine pour fonder la sienne. Son voyage de plusieurs mois le mènera du sud des Alpes jusqu’au Jura… Carnet de notes d’un naturaliste opiniâtre à la voix râpeuse, cette longue et patiente marche est construite comme une aventure en solitaire, un éloge de la nature autant que des loups. Jean-Michel Bertrand les suivant à distance, ceux-ci en sont un sujet "éloigné" ; un prétexte pour les évoquer avec le renfort de belles images au drone et d’une B.O. signée par l’incontournable Armand Amar. À mille lieues toutefois du regard romantico-anthropomorphique que Nicolas Vannier porte sur le monde animal : le didactique cinéaste-randonneur préfère expliquer les interdépendances animales garantissant l’équilibre d’un écosystème ou déplorer la mauvaise réputation dont le loup a hérité depuis le Moyen Âge. Dommage qu’il ne donne pas assez d’éléments tangibles permettant de répondre aux éleveurs se plaignant des attaques (et qui constituent le

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Marche avec les loups

ECRANS | Les plus âgés s’en souviennent : il y a 30 ans, Kevin Costner dansait avec les loups. Jean-Michel Bertrand, lui, adopte un autre tempo. Déjà auteur de La (...)

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Marche avec les loups

Les plus âgés s’en souviennent : il y a 30 ans, Kevin Costner dansait avec les loups. Jean-Michel Bertrand, lui, adopte un autre tempo. Déjà auteur de La Vallée des loups (2016), le documentariste signe une manière de suite avec Marche avec les loups, dans lequel il suit (au sens propre) les jeunes canidés dans leur conquête territoriale. Cette séance en avant-première et en sa présence, mais sans loups, a priori, se déroulera dans le cadre du Festival Film Nature & Environnement, à la Vence Scène (Saint-Égrève) dimanche 8 décembre, à 17h.

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Le Père Noël est musicien (ou comédien)

CONNAITRE | Le centre-ville grenoblois se met en mode marché de Noël jusqu'au dimanche 30 décembre. Avec pas mal de concerts et de spectacles.

Aurélien Martinez | Lundi 3 décembre 2018

Le Père Noël est musicien (ou comédien)

Voilà, c’est décembre : le marché de Noël, les petits chalets, le froid… Et les animations proposées sur les différents sites grenoblois (places Victor-Hugo et Grenette et square Docteur-Martin). Car consommer, c’est bien (même si cette assertion est politiquement contestable, mais là n’est pas la question), mais consommer tout en profitant d’un spectacle ou d'un concert gratuit, c’est mieux. Ainsi, square Docteur-Martin (la partie plus "économie sociale et solidaire" du marché de Noël), c’est l’association Mix’Arts, dont on parle souvent dans ces colonnes, qui assure la programmation (que l’on relaiera chaque semaine dans l’agenda papier du journal) tant musicale que spectacle. Et il y aura du prometteur comme, par exemple, l’excellent Quintana Dead Blues Experience (dont on a aussi souvent parlé dans ces pages) vendredi 7 décembre à 18h30, le spectacle Fichtre Diantre présenté comme une « farce médiévale tout public » dimanche 9 à 16h ou encore les efficaces

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"Marche ou crève" : jusqu’au bout des limites

ECRANS | de Margaux Bonhomme (Fr, 1h25) avec Diane Rouxel, Jeanne Cohendy, Cédric Kahn…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Elisa vit avec son père et sa sœur Marion dont le handicap a eu raison du noyau familial : la mère, épuisée de s’en occuper et seule à militer pour un placement en institution, a préféré quitter la maison. Alors Elisa prend le relai de son père, au risque de sacrifier son avenir… La dédicace finale, « à ma sœur », laisse peu de doute sur l’inspiration de la réalisatrice Margaux Bonhomme, et sur la charge personnelle autant qu’affective pesant sur ce film. De fait, Marche ou crève déroule un schéma tristement banal dans la galaxie du handicap : nombreuses sont les familles à connaître une rupture, favorisée par la polarisation extrême suscitée par l’enfant réclamant une attention plus soutenue mais aussi résultant de l’accumulation de stress et de fatigue causée par l’absence de relais par des tiers – on parle là de conséquences privées et intimes d’une politique publique insuffisante. Ici, ni la mère, ni le père, ni la sœur ne veulent être soupçonnés de mal aimer Marion (ce que signifie le recours au placement en institution), et ils s’obstinent dans le dévouement sacerdotal jusqu’à un isolement mortifère. R

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Les 5 expositions à voir ou à revoir cet été

Sélection | Nous en avons parlé (en bien) cette année, elles sont encore à l’affiche à Grenoble et dans l'agglo : voici les expositions à voir ou à revoir cet été, histoire de se mettre intelligemment au frais.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Les 5 expositions à voir ou à revoir cet été

Hibakusha, dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki Certes, on pourrait penser qu'une belle journée d'été se prête plus au farniente au soleil qu’à la visite d’une expo sur un sujet pareil. Pourtant, il serait dommage de passer à côté de cet ensemble remarquable de dessins car l'horreur de la situation décrite par les survivants des attaques nucléaires de 1945 est à la hauteur de la beauté des représentations qu'ils en font. Construite comme une chronique de cet enfer, l'exposition, en s'appuyant sobrement sur ces témoignages, fait œuvre de mémoire, loin de tout sensationnalisme malsain. Au Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, jusqu'au 1er octobre 1918, l'affiche sur les chemins de l'Histoire La

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"Je marche donc nous sommes" : marche et rêve

Exposition | Malicieusement intitulée "Je marche donc nous sommes", l'exposition collective du centre d’art le Magasin des horizons s’attaque, avec principalement des vidéos, au versant contestataire de la marche. Une proposition tout en sobriété et originalité qui fait écho à l'actualité sociale et commémorative.

Benjamin Bardinet | Mardi 22 mai 2018

Lumières éteintes, murs laissés bruts, espaces dégagés et ponctués d'immenses structures cubiques d'où se dégage le halo lumineux des vidéos projetées : la scénographie de la nouvelle exposition du Magasin des horizons a de quoi déconcerter les fidèles du centre d'art. Rappelons toutefois que la situation délicate que traverse l'institution n'y est pas pour rien : le bâtiment donne de sérieux signes de faiblesse tandis que le chauffage et le système d'éclairage ont carrément déclaré forfait. Face à ces déconvenues, Béatrice Josse, directrice des lieux depuis 2016, a adopté la stratégie du judoka : tirer partie de la force de l’adversaire et faire ainsi de ces contraintes des atouts. D'où le choix de ne présenter quasiment que des vidéos (« des œuvres qui ne craignent absolument rien »). Et d’intégrer l’ensemble dans un programme plus vaste en partie hors les murs : la stimulante Académie de la marche, organisée depuis fin 2017 pour « questionner le déplacement contrai

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"Mémoire en marche" : ciné-rencontre ce mardi à la Vence Scène avec Julien Masson

ECRANS | Il n’y a pas eu qu’un seul D-Day. Longtemps délaissés par l’histoire, les régiments de tirailleurs en provenance des colonies françaises ont pourtant contribué (...)

Pierre Deroudilhe | Vendredi 30 mars 2018

Il n’y a pas eu qu’un seul D-Day. Longtemps délaissés par l’histoire, les régiments de tirailleurs en provenance des colonies françaises ont pourtant contribué à libérer tout le sud de la France à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, leur action est de plus en plus reconnue, mais il reste un long chemin à parcourir. Le documentariste Julien Masson propose, dans Mémoire en marche, de suivre le destin de ces soldats. D’où venaient-ils ? Pourquoi se sont-ils engagés ? Que sont-ils devenus ? Son film s'attache au parcours de plusieurs tirailleurs sénégalais débarqués sur les plages de Provence en 1944 pour libérer la France. Une projection est prévue mardi 3 avril à 20h à la Vence Scène de Saint-Égrève et sera suivie d’une rencontre avec le réalisateur.

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Avec "Je marche donc nous sommes", le Magasin des horizons annonce (enfin) une exposition

ACTUS | Jeudi 26 avril, le centre d’art grenoblois le Magasin des horizons inaugurera sa première exposition sous l’air Béatrice Josse, sa nouvelle directrice arrivée en 2016 qui déplore toujours l’état de délabrement avancé du bâtiment. On l’a rapidement questionnée afin d'en savoir plus.

Aurélien Martinez | Mardi 20 mars 2018

Avec

Ça y est, le centre d’art grenoblois le Magasin, dirigé depuis 2016 par Béatrice Josse et rebaptisé Magasin des horizons, va enfin rouvrir ses portes au public sur une longue période – depuis deux ans, nous étions plutôt sur des événements sporadiques faits de performances, conférences, spectacles… Et ce avec l’exposition Je marche donc nous sommes prévue du 26 avril au 14 octobre et consacrée donc à la marche sous toutes ses formes – politiques, religieuses, festives… Cela veut-il dire que l’état du Magasin s’est amélioré, la nouvelle directrice ayant conditionné le retour d’expositions à la remise sur pied d’un bâtiment qu’elle assure avoir trouvé à son arrivée dans un état déplorable ? « Non ! On essaie juste de proposer des activités adaptées aux conditions extrêmes du Magasin actuel – il n’y a plus de chauffage l’hiver, il pleut à l’intérieur, il fait très chaud l’été… Donc pour l’exposition, on aura des vidéos, des photos dont les

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Académie de la marche : le Magasin des horizons se met en marche

ACTUS | Samedi 16 décembre, le Magasin des horizons lance son Académie de la marche : un projet de rencontres transdisciplinaires (et sportives) auxquelles le public pourra participer tout au long de l’année 2018. Intriguant...

Alice Colmart | Mardi 12 décembre 2017

Académie de la marche : le Magasin des horizons se met en marche

Qui a dit que le sport n’était pas un sujet artistique ? À travers des rencontres, des assemblées, des expositions, l’Académie de la marche initiée par le centre d’art le Magasin des horizons compte bien lier les deux sujets. « La marche est un sujet traversé par les artistes depuis très longtemps. D’ailleurs, dès les années 1970, les artistes de land art pratiquaient la marche pour réaliser leurs œuvres » nous explique Camille Planeix, coordinatrice de l’événement au sein du centre d'art. Un projet original qui sera lancé samedi 16 décembre au centre de développement chorégraphique le Pacifique, lieu tout sauf anodin. « Pour l’inauguration, nous projetterons notamment des vidéos de la chorégraphe Trisha Brown qui a réalisé plusieurs pièces chorégraphiques autour de la marche. » Une inauguration au chaud avant le commencement des choses sérieuses en 2018… « Faire se rencontrer artistes et marcheurs » Ainsi, de janvier à mars, une dizaine de rencontres, ouvertes à tous, sont prévues en bivouacs. « On veut faire se rencontrer artistes et marcheurs pour qu’ils puissent discute

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Le Marché de Noël de Grenoble, c'est aussi culturel

Concerts et spectacles | Plusieurs concerts et spectacles sont à découvrir jusqu'au 24 décembre.

Alice Colmart | Lundi 4 décembre 2017

Le Marché de Noël de Grenoble, c'est aussi culturel

Sur le marché de Noël de Grenoble, disséminé en centre-ville depuis le 24 novembre, on peut boire du vin chaud, trouver de l’artisanat local, mais aussi profiter d’animations culturelles… ce qui est plutôt sympa ! Dans la partie « équitable et culturelle » située square Docteur Martin et gérée par l’association grenobloise Mix’Arts, groupes et artistes locaux se succèdent chaque jour (sauf les lundis) sur la petite scène. « Du spectacle de cirque au concert de rap en passant par la chanson burlesque, les animations que l’on propose s’éloignent des codes traditionnels » nous explique Fanchon Menart Pajean, chargée de communication de l’association. « Pour preuve, on a déjà accueilli le groupe de reggae et de dub Roots Collective, ou encore le DJ Lakay, mais ce n’est pas fini. Il y aura par exemple la Diva rurale, une chanteuse qui reprend des chansons paillardes de manière classe. » Et aussi le Grenoblois Bleu Russe (David Litavicki ) et son « punk / rap / rock / électro » (c’est lui qui le dit), le crew techno de Nymphony Records, le dub de Docteur B.brain

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"Mémoire en marche" : les visages de l’Histoire de Julien Masson

ARTS | « Trop souvent, dans mon aventure, je me confronte à l’oubli. Comme si un voile épais recouvrait ceux à qui l’Histoire ne daigne laisser la (...)

Charline Corubolo | Mardi 30 mai 2017

« Trop souvent, dans mon aventure, je me confronte à l’oubli. Comme si un voile épais recouvrait ceux à qui l’Histoire ne daigne laisser la parole. » Cette parole, celle des tirailleurs sénégalais, le photographe et documentariste Julien Masson est parti la recueillir, avec humilité, en texte et en image. Il en a rapporté un photoreportage sur le passé pour réhabiliter le présent, dévoilant des portraits de combattants qui ont survécu à la Seconde Guerre mondiale, à laquelle ils ont participé pour le compte de la France. Avec la volonté de replacer ces hommes dans notre Histoire, Julien Masson a suivi leurs traces depuis leur terre natale jusqu’aux champs de bataille français. Il saisit alors des visages qui racontent silencieusement l'engagement, il dévoile des mains véhicules de tant de récits. Dans la douceur des traits qui marquent ces figures, on (re)découvre un pan de l’Histoire presque oubliée, mis en valeur par la beauté de couleurs authentiques. Pour éviter que « le temps passe et précipite l’effacement de la mémoire », le photographe livre ce témoignage photographique à l’intensité bouleversante. Une Mé

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Huit auteurs à découvrir au Printemps du Livre de Grenoble

Littérature | C’est parti pour la nouvelle édition du fameux Printemps du Livre qui, du mercredi 5 au dimanche 9 avril, investira plusieurs lieux de Grenoble et de l’agglo (dont, trois jours durant, le Musée de Grenoble et ses nombreux espaces) pour des rencontres avec des romanciers, des conférences, des spectacles, des expositions… Afin de profiter au mieux de cette émulation littéraire, on a sélectionné huit auteurs à découvrir. Suivez-nous.

La rédaction | Mardi 4 avril 2017

Huit auteurs à découvrir au Printemps du Livre de Grenoble

Jonathan Coe S'il fallait définir la quintessence de l'écrivain anglais – anglais et non britannique –, celle-ci tiendrait en deux mots : « Jonathan Coe ». Dieu sait s'il y a de la concurrence dans l'Angleterre des lettres, de Julian Barnes à Nick Hornby en passant par Martin Amis et Will Self, mais Coe c'est autre chose. À vrai dire, il partage avec chacun d'eux des traits communs, mais il est le seul à les réunir tous. Lui seul parvient, de Testament à l'Anglaise jusqu'à aujourd'hui sa presque suite Numéro 11 (un roman à sketches auscultant la période Blair-Cameron), à rendre universelles les problématiques et caractéristiques de son pays. Portant ainsi à un tel degré sur l'Angleterre un regard acéré tout en étant doux, amer mais empreint d'un humour so british plein d'autodérision et de charme. SD À la bibliothèque Aragon (Pont-de-Claix) vendredi à 19h (rencontre) Au Musée de Grenoble samedi à 15h30 (rencontre) et dimanche à 11h (lecture) ________ Céline Minard L’auteure française Céline Minard clive, entre admirateurs de son monde radical et lect

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"Second Tour" de Frère Animal : c'est ça la France

Chanson | Huit ans après un premier épisode prenant appui dans la France de Sarkozy, Frère Animal (Florent Marchet et Arnaud Cathrine) revient avec "Second Tour", suite de cette chronique musicale et scénique d'une France allégorique, mais malheureusement bien réelle, en proie à ses pires démons. Avec ce que cela peut porter de cathartique à quelques mois des élections. À découvrir vendredi 31 mars à la Source.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 mars 2017

Entre conte-chronique de l'actualité contemporaine, fable sociale, album concept et spectacle (bien) vivant, le premier essai (transformé) de Frère Animal s'était penché il y a de cela déjà huit ans, année post-électorale et sub(dé)primante, sur la violence du monde du travail, avec une usine, la Sinoc, comme théâtre de la désagrégation des vies minuscules en la ville de Comblay. À la baguette déjà, Florent Marchet et Arnaud Cathrine, qui remettent le couvert fort à propos avec Second Tour. Comme l'indique ce titre, Frère Animal s'attaque cette fois au sujet plus que brûlant de la montée des extrêmes (droites, surtout) et met scène et en chansons les mêmes protagonistes : Thibaut, le héros, incarné par Florent Marchet, qui au début de l'histoire s'apprête à sortir de prison (il avait fait un barbecue de l'usine précitée) ; Julie, sa petite amie démissionnaire (Valérie Leulliot, ex-fiancée des indie-rockeux français du temps d'Autour de Lucie) ; Renaud, le grand

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Stéphane Brizé : « Sans "La Loi du marché", je n’aurais pas su faire "Une vie" »

ECRANS | Tout juste quinquagénaire, le cinéaste affiche la satisfaction d’un artisan ayant achevé son Tour de France et son chef-d’œuvre. Le fait est que "Une vie" est, à nouveau, un grand film.

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

Stéphane Brizé : « Sans

Jeanne, héroïne du roman Une vie de Maupassant (1883) que vous adaptez, est un personnage d’une pure intégrité. C’est ce qui fait son malheur ? Stéphane Brizé : Jeanne reste très fidèle au regard qu’elle avait sur le monde à 20 ou 15 ans ; ce qui en fait un être d’une grande pureté. Cet endroit du beau est en même temps celui du tragique : il faut parfois être capable de trahir son regard pour ne pas souffrir. Lorsque la bonne lui dit « vous voyez, la vie c’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit », cette simple phrase dite par une petite paysanne – une phrase sublime, de très haute philosophie – lui fait accéder à la nuance après 30 ans de souffrance. Comme si deux nuages s’écartaient pour laisser apparaître cette vérité. Je crois que j’ai voulu faire ce film pour accéder à cette nuance-là. En permettant à Jeanne d’accéder à cette nuance, j’évite la désillusion, très douloureuse. Quand on est petit, on est doté d’une certaine forme d’idéalisme, ensuite on accède à la réalité, à la duplicité de l’H

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Le Centre d'art Bastille se fait une place au soleil

ARTS | Poursuivant la célébration de sa dixième année d’existence, le Centre d’art Bastille accueille tout l'été l'exposition collective "Sous le soleil exactement, coucher de soleil et lever de rideau" où la question du paysage est mise en exergue. Une déambulation (ir)réelle se dessine alors entre couchers de soleil et banquises éternelles. Visite guidée, en images.

Charline Corubolo | Lundi 25 juillet 2016

Le Centre d'art Bastille se fait une place au soleil

Surplombant la ville, le Centre d’art Bastille s’invite dans le décor montagneux de Grenoble tout en laissant le paysage s’immiscer entre ses murs. Avec la proposition Sous le soleil exactement, coucher de soleil et lever de rideau, c’est ainsi une double dialectique qui s’installe dans laquelle les œuvres présentées offrent un nouveau paysage tout en répondant à l’environnement spatio-temporel du lieu. L’exposition collective, seule contrainte émise par la direction du Cab, tend alors à interroger la notion de paysage à travers plusieurs pièces et à mettre en avant le travail de commissaire. Confiée à Eloïse Guénard, l’élaboration du projet joue sur la dualité des deux composantes du paysage, entre réalité et imaginaire. Nature de l’illusion L’imaginaire de la nature devient représentation théâtralisée avec Bertrand Lamarche qui joue, grâce à un réflec

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La science des rêves de Boris Gibé et Florent Hamon

SCENES | Deux circassiens pour un spectacle inclassable entre nouveau cirque, théâtre, danse, arts plastiques, performance… Beau et prenant.

Aurélien Martinez | Mardi 5 janvier 2016

La science des rêves de Boris Gibé et Florent Hamon

Bienheureux sont ceux qui rêvent debout sans marcher sur leurs vies nous assurent Boris Gibé et Florent Hamon, artistes qui bossent ensemble depuis leur adolescence. Ici, on est donc loin du cirque démonstratif ; plus proche d’un art poétique riche en images. Riche en rêves même, comme l’évoque le titre. Des rêves qui, sur le plateau, sont autant de petits films, façon début du cinéma. Le travail sonore est à ce titre remarquable : de longues parties assez silencieuses, laissant l’ambiance étrange s’installer progressivement, avant que cette ambiance ne soit justement stoppée par une musique pop ou la voix d’un des deux interprètes. Comme dans nos rêves, quand on passe du coq à l’âne avec le plus grand naturel. Dans nos rêves où l’on croise aussi des créatures hybrides, matérialisées sur scène par le duo qui ne semble parfois ne faire qu’un – un animal à quatre jambes ici, à deux là… Dans un décor brut laissant place à l’imaginaire (un studio de cinéma abandonné ?), baigné de lumières étranges et jonché de papier journal, leurs corps incarnent différentes images : accélérées, ralenties, tournant en boucle… Celle, notamment, de la lutte contre un vent

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Stéphane Brizé : « Un film d’indignation et de colère »

ECRANS | Méthode Stéphane Brizé : « J’avais un scénario écrit avec des dialogues, mais aux acteurs, je ne donnais à chacun que les infos qu’ils devaient savoir. (...)

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2015

Stéphane Brizé : « Un film d’indignation et de colère »

Méthode Stéphane Brizé : « J’avais un scénario écrit avec des dialogues, mais aux acteurs, je ne donnais à chacun que les infos qu’ils devaient savoir. Par exemple, à Pôle emploi, j’avais donné à Vincent le nombre de mois depuis lesquels il était au chômage, combien il gagnait, les stages qu’il avait fait, combien il touchera avec l’ASS. Et le type en face de lui, c’est comme quand il reçoit un vrai demandeur d’emploi : il a les mêmes infos. Ils savent l’enjeu de la situation, ils savent où ils doivent arriver et ensuite ils viennent remplir avec leurs mots à eux. » Acteurs non professionnels « Même quand je travaille avec des acteurs professionnels, je les prends pour ce qu’ils sont. Ici, ce n’est pas tant ce qu’ils sont que ce qu’ils font. Il y avait des fonctions, et nous nous sommes dirigés vers des gens qui avaient ces fonctions : la banquière, c’est la banquière des castings ; elle a proposé un de ses collègues qui était le DRH de sa banque pour jouer le DRH ; le directeur du supermarché, c’est un chef d’entreprise que je connaissais. Moi-même, j’ai fait un stage d’agent de sécurité pour le film. Vous ne pouvez pas imagine

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La Loi du marché

ECRANS | Comment un chômeur de longue durée se retrouve vigile et fait l’expérience d’une nouvelle forme d’aliénation par le travail : un pamphlet de Stéphane Brizé, radical dans son dispositif comme dans son propos, avec un fabuleux Vincent Lindon. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2015

La Loi du marché

Thierry, 51 ans, 20 mois de chômage derrière lui, constate avec calme l’aporie sociale dans laquelle il se trouve : d’abord face à un conseiller Pôle emploi qui a bien du mal à lui donner le change, puis à la table d’un café où ses anciens collègues syndiqués tentent de lui expliquer qu’il faut attaquer le mal à la racine. Et la racine, c’est la malhonnêteté et l’avarice du patron qui les a licenciés. Mais Thierry n’en démord pas : il veut seulement du travail pour sortir de cette foutue précarité dans laquelle il se trouve, cesser d’épousseter les meubles et faire vivre sa famille – dont un fils handicapé. Alors, de guerre lasse, il accepte un emploi de vigile dans un centre commercial, où on l’initie à la surveillance des clients, mais aussi des autres employés. L’itinéraire de Thierry a tout de la fiction édifiante, proche sur le papier de ceux accomplis par les personnages des frères Dardenne. Mais Stéphane Brizé a sa propre manière pour filmer conflits moraux et injustices sociales liés au monde du travail. Celle-ci

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« Un marché de Noël dynamique et fun »

CONNAITRE | Il y a de l'ambiance au marché de Noël de Grenoble cette année ! Reggae, soul, rock, hip hop, gospel et bien d'autres encore se sont invités jusqu'au 24 décembre pour casser l'image traditionnelle de cet incontournable des fêtes de fin d'année. Reportage. Adeline Gailly

Aurélien Martinez | Vendredi 28 novembre 2014

« Un marché de Noël dynamique et fun »

Une musique forte, puissante et un bruit de foule se font entendre dans le centre-ville de Grenoble, ce jeudi 27 novembre. On se laisse guider, pour déboucher au milieu de quelques centaines de personnes regroupées au pied d'une vaste scène, en plein cœur du marché de Noël, place Victor-Hugo. Le groupe de reggae I Woks Sound s'est approprié les lieux le temps d'une soirée pour galvaniser les Grenoblois venus flâner parmi les chalets illuminés. Mélanger vin chaud, décorations de Noël avec un show de reggae, ragga, hip hop, il fallait oser, et la recette prend. Beaucoup sont venus spécialement pour le spectacle, comme Tom, 19 ans : « S'il n'y avait pas eu le concert, je ne serais pas venu au marché de Noël. » L'événement a attiré une majorité de jeunes venus profiter d'un concert gratuit entre amis. Certains flâneurs s'arrêtent un instant, intrigués, quand d'autres dégustent un morceau tout en appréciant l'ambiance. Et les exposants s'en réjouissent : « J'aime bien le reggae et en plus ça amène du monde. » Au milieu d'allées qui ne désemplissent pas, les acheteurs sont au rendez-

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Vingt mille lieux sur la mer

ARTS | Avec malice et subtilité, l'artiste Maxime Lamarche met en place dans son œuvre plusieurs niveaux de lecture interrogeant aussi bien les mythes populaires et le statut de l'art que l'illusion des images. Un questionnement dévoilé par des installations, des sculptures et des photographies à découvrir actuellement à l'Espace Vallès. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 18 novembre 2014

Vingt mille lieux sur la mer

C'est dans le cadre du projet "galerie nomade", exposition ex situ de l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne, que Maxime Lamarche, jeune diplômé des Beaux Arts de Lyon, expose à l'Espace Vallès. Dans ce lieu propice aux détournements, l'artiste dessine au gré de sculptures et de photographies un monde marin dans lequel, de manière métaphorique, les sirènes chanteraient faux. Ce retournement du mythe populaire lui permet d'interroger nos certitudes et les aboutissements de l'art. Alors qu'un bateau semble avoir échoué au milieu de la pièce, l'absurde devient condition de l'ensemble. Devenue non fonctionnelle, l'épave est remplie d'eau avec en son centre un trou, tel un gouffre infini dans lequel le liquide noir ne cesse de tomber. Objet iconique des années 1970, référence à une époque glorieuse et archétype hollywoodien, le navire est utilisé par Maxime Lamarche pour effectuer une remise en place des éléments, sorte de mise en abyme de notre XXIe siècle désabusé. En face de cette œuvre, un néon signe la tempête, le naufrage étant la résultante, tandis que la barrière qui les sépare oscille entre élément sculptural pratique et œuvre d'art. Derrière les imag

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La Marche

ECRANS | De Nabil Ben Yadir (Fr, 2h) avec Tewfik Jallab, Olivier Gourmet, Charlotte Le Bon, Vincent Rottiers…

Christophe Chabert | Mercredi 20 novembre 2013

La Marche

La marche contre le racisme et pour l’égalité, partie des Minguettes de Vénissieux il y a trente ans, méritait mieux que ce navet dont les maladresses se retournent contre son message même. La caractérisation des marcheurs est au-delà du stéréotype, et leur évolution est conduite avec d’énormes sabots, quand cela ne relève pas de l’aberration totale. Ainsi du personnage de Philippe Nahon, franchouillard grognon et raciste qui finit en défenseur fervent d’une France métissée ; mais les autres sont à l’avenant, telle cette pseudo Fadela Amara qui découvre, après une bonne dizaine de séquences à éructer en féministe courroucée, que le dialogue apaisé, c’est bien en fait. Tout est exagéré, outré, noyé dans un humour de multiplexe et, pire du pire, écrit avec un manuel de scénario à l’Américaine sur les genoux. Le film a donc besoin sans cesse de désigner des ennemis pour créer du conflit dramatique, et en général ce sont les péquenauds français, forcément cons, intolérants, fermés, méchants qui en prennent pour leur grade ­– mais même SOS Racisme se fait tacler dans les cartons de fin ! La nuance n’est donc pas le fort de La Marche, mais la mise en scène non plus, s

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Gloire au spectacle vivant !

SCENES | Festival d’Avignon / "Cour d’honneur" (Jérôme Bel), "Place du marché 76" (Jan Lauwers)

Aurélien Martinez | Jeudi 18 juillet 2013

Gloire au spectacle vivant !

On écrit souvent (ici et là par exemple) tout le bien que l’on pense du travail de Jérôme Bel, chorégraphe atypique de la scène française, adepte notamment d’une forme proche du spectacle-documentaire. Au fil des ans, l'instigateur du hit The Show must go on a ainsi construit diverses créations pensées autour de la figure d’un danseur – Véronique Doisneau du Ballet de l’Opéra de Paris, Cédric Andrieux de la compagnie Merce Cunningham... Un danseur qui donne son nom au spectacle et qui, sur scène, évoque sa vie tant personnelle que professionnelle, notamment en rejouant des extraits des pièces auxquelles il a par

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"La Loi du marcheur" : éloge de la durée

Théâtre | Nicolas Bouchaud incarne avec un plaisir non dissimulé le critique de cinéma Serge Daney, mort en 1992. Dans un solo souvent émouvant, il interroge le pouvoir de l'image et le rapport au temps.

Nadja Pobel | Mardi 10 janvier 2012

La Loi du marcheur est un spectacle construit à partir de longs extraits de l'entretien qu'a accordé Serge Daney à l'écrivain et médiologue Régis Debray et qui a été édité en DVD sous le titre Itinéraire d'un ciné-fils. Quelques mois avant sa mort des suites du sida, Daney parle de la naïveté réjouissante avec laquelle il est allé à Hollywood à vingt ans avec le critique et cinéaste Louis Skorecki, et comment il a rencontré, au culot, les plus grands réalisateurs (Hawks, Hitchcock...) en prétextant travailler pour une revue française qui commençait à intriguer et dont il a intégré ensuite la rédaction : Les Cahiers du Cinéma. Le comédien Nicolas Bouchaud, mis en scène par Éric Didry, donne beaucoup de délicatesse à son personnage. Lui que l’on a souvent vu dans les distributions de Jean-François Sivadier (dernièrement La Dame de chez Maxim et Noli me tangere, pièces toutes les deux présentées à la MC2), sait transmettre ici l'émotion presqu'enfantine dont fait part Daney au cours de ces entretiens. « Le cinéma c'est l'enfance » Un Serge Daney qui analys

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Courchevel, mon amour

MUSIQUES | Après "Rio Baril", Florent Marchet fait son retour avec le magnifique "Courchevel", où il réussit une fois de plus le mariage de la pop et de la chronique sociale. Stéphane Duchêne

François Cau | Jeudi 10 février 2011

Courchevel, mon amour

Il y a un an, Arnaud Fleurent-Didier avait frappé un grand coup (critique en tout cas) dans le paysage musical français avec l'impressionnant "La Reproduction". Un pur disque d'outsider redonnant à la chanson française ses lettres de noblesse pop, à coups de questionnements existentiels aux mots ciselés et aux arrangements généreux. Florent Marchet appartient à la même catégorie. Son "Courchevel", sorti cet automne, n'est pas son coup d'essai, loin de là (en 2007, son western social "Rio Baril" avait déjà impressionné). Il n'en est pas moins un coup de maître de la part du Berrichon, loin de se reposer sur ses lauriers ou, comme sur la pochette du disque, sur sa peau de bête. Comme Arnaud Fleurent-Didier, Florent Marchet est l'un de ces grands garçons aux airs un peu désuets qui observent leur monde avec l'air de ne pas y toucher, mais un regard qui met à poil. C'est pour mieux en dresser un portrait cinglant et sans concession. Quand Fleurent-Didier revisitait de fond en comble, du microscopique au macroscopique, l'héritage «français monsieur !», Marchet semble, lui, fouiller les entrailles d'une génération un peu floue, symptôme de la classe bourgeoise. Une génération plus toute

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La Marche d'Issa Aimé Ouedraogo

SCENES | CitéDanse accueille cette semaine le danseur et chorégraphe Issa Aimé Ouedraogo, artiste qui s'est formé à la danse traditionnelle et contemporaine au Burkina (...)

François Cau | Jeudi 25 juin 2009

La Marche d'Issa Aimé Ouedraogo

CitéDanse accueille cette semaine le danseur et chorégraphe Issa Aimé Ouedraogo, artiste qui s'est formé à la danse traditionnelle et contemporaine au Burkina Faso (son pays d'origine) et au Sénégal, avant de rejoindre en 2006 (pour un an seulement) le Ballet National burkinabè. Il se consacre alors à ses nombreux projets, dont sa nouvelle création La Marche, présentée à Grenoble ce vendredi à 20h30. Il s'agira, selon l'artiste, de suivre « le parcours de l'homme de l'enfance à la maturité », et ainsi lancer « un appel à la jeunesse de tous les horizons – et singulièrement de l'Afrique – à lutter pour s'affranchir […] : non à cette course déshonorante vers l'Europe, il faut lutter et travailler pour créer l'espoir ici ». Si on n'a rien pu voir du spectacle, on ira jeter un coup d'œil en espérant découvrir une proposition forte.

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Le corps métamorphosé

SCENES | Danse / La Bastille accueille deux compagnies de danse Buto pour une soirée atypique, organisée par le collectif grenoblois CitéDanse. Au programme, théâtre (...)

| Mercredi 8 juin 2005

Le corps métamorphosé

Danse / La Bastille accueille deux compagnies de danse Buto pour une soirée atypique, organisée par le collectif grenoblois CitéDanse. Au programme, théâtre de danse d’Adéli Motchan et performance-concert pour duo. Le Buto, art japonais contestataire né dans les années soixante, prendra donc place à la Bastille les vendredi 3 et samedi 4 juin, avec la compagnie grenobloise Encorps à venir et le duo lyonnais de Yôko Higashi et Lionel Marchetti. Basés sur l’improvisation, le solo et le duo explorent des univers totalement différents qui révèlent la richesse d’un art comptant autant de tendances que de danseurs. Adéli Motchan, accompagnée par les compositions sonores de Fabrice Marsaud, évolue entre théâtre et danse dans un univers inspiré par le lieu. Fonctionnant énormément par images, la chorégraphe s’empare du corps du supplice, de la disgrâce, du condamné à mort et explore le corps institutionnalisé et soumis à une dictature perpétuelle. Fidèle aux exigences du Buto, elle ne donne pas à voir un mouvement mais incarne littéralement une émotion, un état de corps et d’esprit qu’elle partage avec le spectateur dans une proximité intimiste. La beauté plastique du mouvement n’est pa

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