Kcidy, spleen idéal

Pop | Attendue le 10 septembre à la Bobine pour présenter son deuxième album, "Les Gens Heureux", Kcidy a tout changé à son univers. Et opté pour une pop baroque en français au service d'un propos doux-amer qui sublime la mélancolie.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 septembre 2021

Photo : DR


Pour ce qui n'est que son deuxième album – on jurerait qu'il y en a eu plus mais il faut ajouter une poignée d'EP au tableau de chasse –, Les Gens Heureux, on pourrait dire que la Lyonnaise Kcidy a changé son fusil d'épaule. Mais elle a fait bien plus : elle a carrément changé de fusil. Et même peut-être de cible.

Fini l'idiome international (l'anglais) bien pratique quand on débute, moins quand on veut préciser sa pensée une fois la maturité venue. La voici exclusivement passée au français, utilisé jusque-là avec parcimonie et qui, ici, comme elle nous le confiait avant l'été, « l'oblige à écrire vraiment », ce qui est quand même mieux que d'écrire à moitié dans une langue qu'on maîtrise trop peu pour exprimer les nuances de son âme.

Fini aussi l'électronica des débuts, perpétrée en solitaire sur du computer au kilomètre. Là encore, Kcidy n'a pas, comme on dit dans les médias politiques, "changé de logiciel", elle les a remisés à la cave pour convoquer de véritables instruments et les musiciens qui vont avec, désireuse de reproduire une pop inspirée de la grandiloquence 60's, cette époque où l'enregistrement d'un disque pouvait coûter le prix d'un porte-avions sans que personne n'y trouve à redire.

Jardin à la française

Alors forcément le changement de paysage est spectaculaire puisqu'on navigue ici dans un espace-temps déjà arpenté par des maîtres contemporains comme les Julien Gasc et Barbagallo (Aquaserge mais pas que), Emile Sornin de Forever Pavot ou Orval Carlos Sibelius, qui figurent autant de déclinaisons d'un jardin baroquo-psychédélique à la française.

Au sommet de cet album, il y a Les gens heureux dansent, qui officia également en éclaireur de ce long format. Une space-pop rétro-futuriste sur laquelle la jeune femme s'imagine seule au milieu d'une foule qui danse, trouvant là une sorte de bonheur triste que sa nouvelle approche musicale et textuelle lui permet de révéler.

Car tout sur Les Gens Heureux est dans la manière dont s'affrontent des mélodies lumineuses, des arrangements extatiques et des paroles qui disent un certain vague à l'âme et les rapports humains sur le fil. Cette combinaison là, qui résume assez bien la vie, c'est peut-être ça le bonheur. C'est en tout cas celui de Kcidy. Un genre de bonheur triste dont Victor Hugo faisait la définition de la mélancolie.

Kcidy + Rest in Gale, vendredi 10 septembre à la Bobine


Kcidy + Rest in Gale

Pauline alias Kcidy évolue depuis longtemps dans la sphère pop underground de la région et touche aujourd’hui à la consécration avec son album "Les Gens Heureux".
La Bobine 42 boulevard Clemenceau Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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