Love, à la folie

Théâtre | Bouleversant, intimidant par tant de sensibilité, "Love" est un immense spectacle de théâtre dans lequel Alexander Zeldin nous convie dans un foyer d’urgence de l’aide sociale britannique.

Nadja Pobel | Mardi 5 octobre 2021

Photo : © Nurith Wagner Strauss


C'est un fils quadra, tatoué, un peu gros, qui lave les cheveux de sa vieille mère incontinente dans l'évier, avec une casserole et du liquide vaisselle. C'est une gamine qui dit qu'elle a froid, c'est un homme qui s'agace qu'une autre lui ai piqué sa tasse parce qu'il n'a que ça et elle s'excusera de son erreur involontaire, c'est un père qui, faute d'avoir honoré un rendez-vous à l'agence pour l'emploi, voit ses allocations supprimées et se retrouve dans l'obligation, en dernier recours, d'aller à la banque alimentaire.

Du pathos ? Certainement pas. Love n'est pas un petit précis illustré de la misère à l'heure du néolibéralisme, dans un pays qui n'a pas manqué d'être pionnier en la matière sur ce vieux continent européen. L'auteur et metteur en scène britannique de 36 ans, Alexander Zeldin, neveu de l'historien des « passions françaises », ne construit pas des personnages pour donner corps à un propos mais parce qu'il les aime, les estime, il leur rend leur dignité. C'est bien toute l'affaire de ce spectacle créé en 2016, vu en France en 2018 et sans cesse reporté depuis, qui trouve son origine dans la lecture d'un rapport à l'intention d'un important organisme caritatif, Shelter. Point de théâtre documentaire pour autant.

Sur le palier d'un local des services sociaux anglais, des occupants attendent un relogement qui tarde. Dans un texte réduit à l'os où même les silences (l'ultime miracle du théâtre !) existent durant ces 80 minutes, Zeldin fait apparaitre une Soudanaise et un exilé dont il ne traduit pas les quelques mots qu'ils s'adressent – la force de Love tient aussi à ce qui nous échappe. Leurs murmures contrastent avec les éclats de voix et les déclarations d'amour des autres, avec le rire, la colère, la frustration des enfants que Zeldin dirige impeccablement. Tous ont l'âge de leur rôle et sont magistraux.

Il y a sur le plateau un air de Steinbeck, de Walker Evans dont Zeldin se revendique volontiers. Love fait de l'amour un chiendent coriace qui pousse même et surtout entre les caillasses que la société balance sur les plus fragiles. Reste au fond du puits, une lueur d'avenir bouleversante comme celle qui éclaire Vladimir et Estragon dans Godot.

Love, à la MC2, les 20 et 21 octobre


Love

D'Alexander Zeldin.
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
20 octobre et 21 octobre à 20h


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Trois soirées pour danser

MUSIQUES | 08.10.21 > Drak-Art Unleashed #4 Pour le quatrième volet de ses soirées techno « underground, inclusives et LGBTQI+ friendly » Unleashed, (...)

Damien Grimbert | Mercredi 6 octobre 2021

Trois soirées pour danser

08.10.21 > Drak-Art Unleashed #4 Pour le quatrième volet de ses soirées techno « underground, inclusives et LGBTQI+ friendly » Unleashed, l’équipe d’Infrason a invité en tête d’affiche l’une des sensations du moment, le jeune Parisien Trym. Ses caractéristiques : ressusciter l’âge d’or de la rave des années 90 par tous les moyens en sa possession : techno haute intensité, hardtrance, samples vocaux, acid… Une formule éprouvée, tout sauf subtile, mais d’une efficacité absolument redoutable, comme en témoigne son récent set pour la série Hard Dance de Boiler Room. 08.10.21 > Belle Electrique I Hate Models / Vel / Tauceti Figure de proue de la scène techno industrielle actuelle, I Hate Models fusionne dans sa musique une force de frappe sans commune mesure, un goût affirmé pour les sonorités sombres, rugueuses et brutes de décoffrage, mais également une facette plus mélodique et subtile, issue d’un héritage mélancolique qui trouve ses sources dans

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Les films de la quinzaine : La Voix d'Aïda, La Traversée, Tout s'est bien passé...

Théma | Pile, la vie qui continue, l’espoir… Face, le néant. Entre les deux, l’exil, la maladie ou le combat, pour abolir le désastre ou précipiter la fin. Refuser de basculer de l’autre côté ou y courir, telle est la question…

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Les films de la quinzaine : La Voix d'Aïda, La Traversée, Tout s'est bien passé...

Sur le fil, jusqu’au bout : au printemps dernier, La Voix d'Aïda de Jasmila Žbanić (22/09) aurait pu valoir à la Bosnie-Herzégovine son deuxième Oscar du film international. Voire aurait dû pour sa prescience. Car s’il évoque le passé — en se déroulant durant la chute de Srebrenica en 1995, quand l’ONU laisse la ville aux mains de Mladic —, il trouve un stupéfiant écho dramatique avec l’actualité afghane. On y suit la course folle d’Aïda, interprète pour les Casques Bleus, tentant d’exfiltrer son mari et ses fils alors que la milice se rapproche. Ce film glace les sangs par son tragique (et hélas historique) suspense, transmettant l’étouffement progressif saisissant Aïda. Respectueux des victimes, il rappelle la réalité des épurations ethniques comme la fragilité de la paix. Sur une thématique voisine mais dans un traitement fort différent, La Traversée de Florence Miailhe (29/09) relate sous forme de conte atempore

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Jowee Omicil, le jazz… et bien plus encore

MUSIQUES | Jazz. L'Hexagone ouvre ses portes à Jowee Omicil, un artiste jazz qui privilégie une approche multiple, en combinant son art avec d'autres sonorités supposément plus accessibles. On s'emballe d'avance pour le résultat !

Damien Grimbert | Mardi 8 décembre 2020

Jowee Omicil, le jazz… et bien plus encore

Il existe dans le jazz, comme dans tant d’autres registres musicaux, une querelle de longue date entre les puristes, qui souhaiteraient le garder aussi avant-gardiste, radical et sans concession que faire se peut, de peur de le voir s’affadir et se diluer à force de se vouloir trop consensuel. Et de l’autre, les tenants d’une plus grande accessibilité pour l’auditeur non-initié, qui passe souvent par le biais d’une fusion avec d’autres styles musicaux jugés, à tort ou à raison, plus faciles d’approche. Ce qui fait la force de Jowee Omicil, artiste canadien d’origine haïtienne et multi-instrumentiste chevronné aussi à l’aise au saxophone (qu’il a étudié au Berklee College of Music de Boston) qu’à la flûte, aux claviers, au cornet, à la clarinette ou au chant, c’est justement sa capacité à s’adresser au plus grand nombre sans renier pour autant la complexité époustouflante de la discipline qui l’a vu s’épanouir. Ce que l’artiste résume lui-même de manière aussi simple que limpide par la formule suivante : « J’essaie juste de faire la musique comme je l’entends, une musique qui n’est pas facile à jouer, mais simple à écouter. » Adepte d’un jazz "fusionnel", puisa

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Love Saves The Day, le dancefloor version New York 70’s

Soirée | 14 février 1970 : un DJ du nom de David Mancuso lance un nouveau concept de soirée sur invitation seulement dans son appartement new-yorkais, (...)

Damien Grimbert | Mardi 11 février 2020

Love Saves The Day, le dancefloor version New York 70’s

14 février 1970 : un DJ du nom de David Mancuso lance un nouveau concept de soirée sur invitation seulement dans son appartement new-yorkais, rebaptisé The Loft : Love Saves The Day. Le principe : pas de vente de boisson, un sound-system d’une qualité vertigineuse, une sélection musicale éclectique hors-pair et une atmosphère conviviale accueillant toutes les ethnicités, toutes les sexualités et tous les profils socio-économiques. Si le lieu d’accueil évoluera au fil du temps, les soirées de Mancuso perdureront pendant plusieurs décennies et leur ambiance hors-norme le feront rentrer dans la légende. Une ambiance à laquelle l’équipe de Love Reaction (en photo) a décidé de rendre hommage via une nouvelle soirée du même nom, dont le premier volet se déroulera le 14 février… 2020 à l’Ampérage, soit pile 50 ans plus tard. Au programme, disco, new wave, soul, synth pop et house all night long, show de hula hoops lumineux, distribution de fruits frais, atelier maquillage et ambiance inclusive. Loves Save The Day À l’Ampérage vendredi 14 février, à 23h55

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Off Models : modern love

Concert | Le groupe de Valence dévoilera son premier album jeudi 21 mars sur la scène de l'Ampérage. On lui prédit un avenir prometteur.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Off Models : modern love

L’album d'Off Models sorti l’an passé a pour titre Never Fallen in Love et s'ouvre sur un morceau baptisé Fast Life. Voilà qui résonne étrangement comme Ever Fallen in Love et Fast Cars, deux des hymnes romantico-punks emblématiques des Buzzcocks, formation du regretté Pete Shelley. D'autant que le sextet valentinois, issue des galaxies H-Burns / Forest Pooky, s'inscrit à plein dans cette veine indie punk avec de jolies aspirations mélodiques et romantiques grattant les stigmates d'amours roulées dans la poussière et des frustrations sans remède éternellement adolescentes. Laquelle veine embrasse également un son plus ou moins lo-fi… Mais les gu

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Quatre soirées pour un dernier week-end de février réussi

MUSIQUES | Direction, au choix, l'Ampérage, le Drak-Art ou le Black Lilith.

Damien Grimbert | Mardi 12 février 2019

Quatre soirées pour un dernier week-end de février réussi

22.02.19 > Drak-Art Salaryman Seizième édition déjà pour les soirées Clang! du collectif Bass Jump, fervent défenseur des sonorités drum’n’bass, jungle et bass music depuis pas loin d’une dizaine d’années. L’occasion pour l’association grenobloise de réunir un plateau 100% français, avec en tête d’affiche le très productif mais également très éclectique DJ/producteur Salaryman (photo), en activité depuis le début des années 2000 et aujourd’hui signé sur quelques-uns des labels les plus emblématiques de la scène drum’n’bass mondiale – RAM Records, Technique Recordings… 22.02.19 > Ampérage Master Phil Pour sa première soirée à l’Ampérage, le collectif Love Reaction a eu l’excellente idée d’inviter aux platines Master Phil, DJ et crate-digger parisien de premier plan passionné de « musique émotionnelle ». Un raccourci bien pratique pour englober la large gamme de styles musicaux diffusée dans ses sets, de la house à la balearic en passant par l’ital

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"Love addict" : pour un flirt avec Kev Adams...

ECRANS | de Frank Bellocq (Fr, 1h33) avec Kev Adams, Mélanie Bernier, Marc Lavoine...

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Séducteur compulsif, Gabriel a perdu son dernier job à cause de son… inextinguible besoin de conquérir les femmes. Pour conserver son nouveau poste, il a recours aux services d’une psy reconvertie coach, Marie-Zoé. Leur animosité mutuelle ne cache-t-elle pas une vague attirance ? Et si le problème cardinal des films avec Kev Adams, c’était tout simplement Kev Adams ? Dans son genre, Love Addict n’est pas si mal : pour qui s’est infligé Gangsterdam ou Les Aventures d’Aladdin, c’en est presque miraculeux. Car il s’agit d’une variation ne disant pas son nom – se peut-il qu’elle s’ignore ? – et assagie du délirant What’s New Pussycat ? (1965) de Clive Donner. Jadis scénarisée par Woody Allen, cette comédie sur un impénitent collectionneur prend au passage une sale teinte ironique à présent que ce dernier est considéré comme un vieux satyre. Le réalisateur Frank Bellocq

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Thomas de Pourquery : starman

Concert | « Un groupe de rock déguisé en jazz » : c'est ainsi que le saxophoniste Thomas de Pourquery qualifie Supersonic, qui l'accompagnera sur la scène de la MC2 samedi 3 mars. On vous les présente.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 février 2018

Thomas de Pourquery : starman

Habitué des collaborations dans les domaines du rock, de la pop et du rap aux côtés de Jeanne Added, Frànçois & the Atlas Mountains, Mick Jones, Metronomy ou encore Oxmo Puccino (puisque quitte à avoir besoin d'un saxophoniste, autant prendre le meilleur), et occupant des temps qu'on n'imagine jamais mort avec le duo électro-pop-soul VKNG, Thomas de Pourquery semble se rêver avant toute chose en rock star. Et pose souvent comme telle. C'est sans doute pour cette raison qu'il décrit son groupe Supersonic, créé en 2011, comme « un groupe de rock déguisé en jazz ». D'ailleurs, l'un des membres éminents de cette formation, le pianiste, claviériste et saxophoniste Laurent Bardainne, est, entre autres, l'une des têtes pensantes de l'un des meilleurs groupes rock de France, Poni Hoax. Reste que la matière jazz de l'ensemble reste importante, fut-elle éparpillée façon puzzle. Elle avait d'ailleurs beaucoup fait parler les amateurs au moment de Plays Sun Ra, hommage, comme son nom l'indique, au maître cosmo-déglingué Sun Ra, remportant notamment une Victoire du jazz. Visiblement, Supersonic et son pilote ne sont

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Cannibale : la (géniale) Compagnie créole du label Born Bad Records

MUSIQUES | À l'occasion de la tournée célébrant ses dix ans, le label parisien Born Bad Records (La Femme, Cheveu, Frustration, Catholic Spray, J.C.Satàn...) dépêche en terres grenobloises deux de ses pépites les plus azimutées et musicalement incontrôlables : le coolos Villejuif Underground et, surtout, les redoutables Cannibale, quarantenaires qui bouffent à tous les râteliers musicaux en créolisant le rock avec un appétit pan-exotique hautement contagieux.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 octobre 2017

Cannibale : la (géniale) Compagnie créole du label Born Bad Records

Qui a vu le film culte Cannibal Holocaust (1980) n'en a sûrement jamais effacé les images de sa rétine. Dans ce vrai-faux docu longtemps interdit et si monstrueusement réaliste que son réalisateur, Ruggero Deodato, a dû apporter les preuves devant un tribunal italien que ses acteurs étaient encore en vie, un groupe de journalistes en quête de sensation et fort antipathiques part à la recherche d'une tribu cannibale au cœur de la forêt amazonienne et se fait recevoir avec les honneurs dus à son manque de savoir-vivre : les voilà transformés en brochettes humaines sauce état de nature, confirmant au passage l'adage selon lequel l'homme est un loup pour l'homme et que tel est pris qui croyait prendre. On ne sait guère à quelle sauce Jean-Baptiste Guillot, boss du label français indépendant Born Bad, s'attendait à être mangé lorsqu'il enfourcha sa moto à destination d'un coin reculé de Normandie à la rencontre d'une tribu elle aussi Cannibale, dont la réputation commençait à bruire à travers les feuilles jusqu'aux oreilles des suiveurs de l'émergence musicale – il était temps, les membres de Cannibale, la quarantaine bien tapée, avaient officié de

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Marietta, antidote à la tiédeur

Musique | Zoom (très enthousiaste) sur celui qui partagera l'affiche de la Belle électrique jeudi 23 mars avec Superpoze.

Damien Grimbert | Mardi 21 mars 2017

Marietta, antidote à la tiédeur

Depuis maintenant une bonne dizaine d’années, a émergé en France toute une nouvelle vague de "sensations électro-pop-rock du moment", souvent très soutenues médiatiquement mais dont l’habillage arty/indépendant a parfois de plus en plus de mal à camoufler une fadeur absolument terrifiante. Soit, pour reprendre les termes de l’excellent critique musical Etienne Menu, « toutes ces choses hyper-standardisées qu'on voudrait faire passer pour de la musique pointue, alors qu'elles sont de l'indie FM calibré pour servir de musique de pub ou de jingle ». D’où la profonde sensation de soulagement et de bonheur ressentie à l’écoute de Basement Dreams Are The Bedroom Cream, premier album solo de Guillaume Marietta, chanteur du groupe français de rock psyché The Feeling Of Love. Recueil de chansons pop/folk lo-fi intimistes bricolées à l’abri des regards, Basement Dreams… ressuscite ainsi une certaine atmosphère psychédélique tout droit venue des 70’s, sans jamais tomber dans le piège de la citation à outrance pour autant. Lignes mélodiques à tomber par terre, arrangements d’une finesse infinie, chant sensible mais pas maniéré

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Laure Mary-Couégnias : un cœur simple

Rencontre | Laure Mary-Couégnias ne peint pas avec le dos de la cuillère et nous plaque à la rétine ses fruits et ses animaux avec autant de simplicité que de duplicité. C'est beau, fourbe et voluptueux, et c’est à voir au Vog avec l'exposition "Love is a beach".

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 janvier 2017

Laure Mary-Couégnias : un cœur simple

Le conte de Gustave Flaubert, Un cœur simple, se termine sur ces mots : « Une vapeur d’azur monta dans la chambre de Félicité. Elle avança les narines, en la humant avec une sensualité mystique ; puis ferma les paupières. Ses lèvres souriaient. Les mouvements de son cœur se ralentirent un à un, plus vagues chaque fois, plus doux, comme une fontaine s’épuise, comme un écho disparaît ; et, quand elle exhala son dernier souffle, elle crut voir, dans les cieux entrouverts, un perroquet gigantesque, planant au-dessus de sa tête. » Ce perroquet gigantesque existe dans les faubourgs de Lyon et trône, crête punk et plumage gonflé d'orgueil, dans l'atelier de Laure Mary-Couégnias. Il se nomme Mona Lisa et tient, en un sens, son rôle : il répète, il reprend... quoi ? L’œil, le regard, la fascination, l'émoi de la rencontre visuelle. Soit ce "cœur simple" et essentiel de l'histoire de la peinture qui, de Léonard de Vinci à nos jours, relève, avant tout, de l'émotion sensible. Il est répétition et il est, aussi, différence : le fond uni, la simplicité des formes, la réduct

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Joyeux anniversaire Posthume Records !

MUSIQUES | Le label grenoblois célébrera ses quinze ans vendredi au bar de la Belle électrique avec une soirée gratuite.

Damien Grimbert | Lundi 31 octobre 2016

Joyeux anniversaire Posthume Records !

Pour fêter en beauté ses quinze ans d’existence, le label grenoblois Posthume Records (dont on vous dressait en début d’année le portrait du fondateur Steph Hibou) organise ce vendredi 4 novembre une soirée d’anniversaire au bar de la Belle électrique. Créé en 2001 et initialement orienté autour de la techno hardcore, ce dernier s’est ouvert au fil des années et des sorties (près d’une cinquantaine à ce jour) à une multitude d’influences (dark ambient, trip-hop, downtempo, électro, synth-pop, expérimental…) tout en gardant une prédilection pour les ambiances sombres et mélancoliques. Comme en témoigne d’ailleurs la très bonne compilation rétrospective Posthume Records - Anthology (2001 - 2016), disponible en libre téléchargement sur le site du label. Aux côtés de Hibou, qui délaissera pour l’occasion son fief de La Mezzanine (un bar cours Jean Jaurès) pour officier aux platines, on retrouvera également son projet collaborati

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"Love & Friendship" : délicieuse adaptation de Jane Austen

ECRANS | Avec cinq longs-métrages en vingt-cinq ans, le réalisateur américain Whit Stillman semble du genre à se faire désirer. Logique qu’il ait succombé aux charmes du roman épistolaire "Lady Susan" de la jeune Jane Austen, cultivant la séduction comme l’un des beaux-arts. En résulte une transposition réussie.

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

Le rôle du cinéma et de la télévision dans le regain de popularité rencontré par l’œuvre de Jane Austen est indubitable : la prodigieuse quantité d’adaptations (qui elles-mêmes ne l’étaient pas toutes) déversées sur les écrans depuis une vingtaine d’années a contribué à la postérité contemporaine de l’auteure britannique au-delà du périmètre des lecteurs avertis et des anglophones. La surexposition de Orgueil et Préjugés, Raison et Sentiments ou Emma a cependant eu comme corollaire étrange de restreindre la notoriété de ses écrits à ces quelques titres, abandonnant les autres à une ombre plus épaisse encore. En un sens, c’est heureux que personne ne se soit emparé de Lady Susan avant Whit Stillman : il a eu le bonheur de travailler sur un matériau vierge de tout repère. Et de façonner "son" image de Lady Susan. Une Kate avisée d’un époux aisé Celle-ci épouse les traits merveilleux (comment pourrait-il en être autrement, puisqu’il s’agit d’une coureuse de beau parti, fine manigancière au physique envoûtant) de Kate Beckinsale. Il y a une autoréfé

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10 Cloverfield Lane

ECRANS | Dan Trachtenberg s’inscrit dans les pas du fameux film catastrophe apocalyptique "Cloverfield", sans pour autant en présenter une suite. Et défend plutôt un minimalisme bienvenu.

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

10 Cloverfield Lane

En 2008, Matt Reeves électrochoquait le principe du film catastrophe apocalyptique en hybridant faux "found footage" et monstres exterminateurs dans Cloverfield : une expérience de cinéma aussi accomplie du point de vue théorique que spectaculaire. Ni suite, ni spin-off classique, 10 Cloverfield Lane s’inscrit dans sa lignée en combinant atmosphère de fin du monde, huis clos sartrien avec potentiel(s) psychopathe(s)… et monstres exterminateurs. Producteur des deux volets, J.J. Abrams pourrait lancer une franchise en s’attaquant ensuite au mélo, à la comédie musicale, au polar : tout peut convenir, du moment qu’on ajoute “Cloverfield” dans le titre et intègre des monstres en codicille ! Si Cloverfield montrait une fiesta virant au massacre, puis au survival, 10 Cloverfield Lane démarre privé de toute insouciance par une rupture pour se précipiter, très vite, dans le confinement subi d’un bunker et sa promiscuité. C’est que les temps ont changé : l’inquiétude et la paranoïa règnent. Plus pressante, la menace n’est plus le seul fait d’entités étrangères ; elle émane aussi de bon gros "rednecks" se révélant immédiatement plus dangereux m

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PB d'or 2015 : cinéma

ECRANS | De cette année de cinéma, on a retenu un chef-d’œuvre charnel et une escroquerie familiale.

Vincent Raymond | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : cinéma

Le PB d’or du film le plus fantas(ma)tique : Love de Gaspar Noé Le fait qu’un groupuscule obscurantiste ait pleurniché auprès des tribunaux pour restreindre sa diffusion en réclamant que lui soit infligée une interdiction aux moins de 18 ans en raison de « scènes de sexe non simulées » (noooon ? pas possible dans un film qui s’appelle Love et qui traite d’une relation charnelle) confirme son statut de chef-d’œuvre. Car accuser Love d’outrage aux bonnes mœurs (comme Les Fleurs du mal ou Madame Bovary en leur temps) équivaut à décerner à Gaspar Noé un légitime brevet d’auteur classique contemporain. La moindre des choses : le cinéma qu’il propose s’attache à renouveler son médium, à dépasser ses contraintes et susciter des ressentis inédits chez les spectateurs. Love explore le champ de l’intime et de l’amoureux en utilisant des codes visuels du cinéma sensuel et la 3D autour d’un récit dramatiquement complexe, bannissant symétriquement l’hypocrisie de la représentation et la complaisa

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Le Professeur Foldingue lance les cours du Méliès

ECRANS | C'est parti pour une nouvelle saison de cours de cinéma à destination des adultes. Première étape avec "Docteur Jerry et Mister Love" de Jerry Lewis.

Vincent Raymond | Lundi 21 septembre 2015

Le Professeur Foldingue lance les cours du Méliès

Si Le Méliès effectue une rentrée décalée (et tardive), il la fait sous la houlette d’un sacré professeur : Jerry Lewis. C’est en effet avec Docteur Jerry et Mister Love (1963), variation burlesque et bariolée sur le roman de Stevenson avec Jekyll et Hyde, que débutent (le 23 septembre) les cours de cinéma du matin à destination des adultes. Un mercredi par mois à 9h, une œuvre est projetée puis « disséquée » par un spécialiste avant qu’un échange avec la salle ait lieu. Dix films variés composent la saison 2015-2016, formant un cycle titré Les temps changent (1963-1983), dans lequel la fantaisie fantastique de Jerry Lewis a toute sa place ! Car au-delà de la métamorphose de son personnage de Julius Kelp (savant contrefait et inventeur d’une potion le transformant en séducteur), le cinéaste adresse une mise en garde très lucide à ses contemporains, alors au plus chaud de la Guerre froide. Derrière son maquillage, ses irrésistibles pitreries et sa mise en scène impeccable empruntant ses cadrages à l’expressionnisme, Lewis réactualise

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Much Loved

ECRANS | Salué dans tous les festivals où il est projeté, le nouveau film de Nabil Ayouch parle avec force et subtilité d’amours occultes et tarifées, mais aussi de la condition féminine. À votre avis, laquelle des deux thématiques lui a valu une censure totale au Maroc ? Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 15 septembre 2015

Much Loved

Elles sont trois colocataires, bientôt quatre, vivant à Marrakech. Menées par Noha, elles survivent en se prostituant, participant quand elles le peuvent à des soirées-orgies données en l’honneur de Saoudiens venus "se distraire". Traquant la moindre opportunité leur permettant d’accroître leur pécule, elles doivent faire face à la violence des clients et de la rue, à l’opprobre public, à la corruption de la police, au rejet de leurs proches… C’est un flot ordurier qui se déverse durant les premières minutes ; un torrent de grivoiseries que Noha et ses comparses évacuent en surabondance devant Saïd, l’homme mutique leur servant de chauffeur de taxi et de garde du corps. Qu’on s’y trompe pas : ces obscénités langagières ne révèlent aucune prédisposition à la frivolité ; il s’agit d’une sorte de mise en condition. Comme un maquillage de souillure dont les prostituées se revêtent pour s’éloigner d’elles-mêmes, avant d’aller exercer leur besogne. Nabil Ayouch assène une claque d’entrée, ce ne sera pas la seule. Il veut montrer la société marocaine sans fard : engluée dans le paradoxe de sa morale élastique, tellement libérale pour les touristes f

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Love

ECRANS | Le souvenir d’une histoire d’amour racontée par ses étapes sexuelles : Gaspar Noé se met autant à nu que ses comédiens dans ce film unique, fulgurant et bouleversant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 7 juillet 2015

Love

Un 1er janvier, Murphy reçoit un message sur son répondeur : la mère d’Electra s’inquiète car elle est sans nouvelle d’elle depuis plusieurs semaines. Qui est Electra ? La femme que Murphy a aimée, avec qui il a vécu une passion ardente puis qu’il a laissée partir. Aujourd’hui, Murphy vit avec une jeune fille dont il a un enfant, mais ce n’est pas la vie qu’il a désirée – elle n’aurait dû être qu’une passade et ce foutu préservatif n’aurait pas dû craquer… Alors, dans un mélange de regrets et d’inquiétude, Murphy va se souvenir de son histoire avec Electra. Love s’inscrit immédiatement sous le signe de cette nostalgie des amours gâchées, et ce saut dans le temps est pour Gaspar Noé l’occasion de construire un puzzle mental dont toutes les pièces seraient des images renvoyant au sexe – avant, pendant et après. D’où le paradoxe sublime sur lequel s’érige le film : à mesure qu’il s’enfonce dans le cerveau de Murphy, il en ramène des corps, de la chair, du plaisir, de la jouissance. Et tandis que son héros se heurte aux quatre murs de son appartement, couverts de traces d’un passé qui est autant celui du personnage que de l’auteur lui-même (un poster de

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Un Moi(s) de cinéma #7

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo.

Christophe Chabert | Mardi 30 juin 2015

Un Moi(s) de cinéma #7

Au sommaire de ce Moi(s) de cinéma, les films à voir absolument en ce mois de juillet : • Victoria de Sebastian Schipper • Microbe et Gasoil de Michel Gondry • Love de Gaspar Noé • While we're young de Noah Baumbach • Sorcerer de William Friedkin (reprise)

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Valley of love

ECRANS | De Guillaume Nicloux (Fr, 1h32) avec Gérard Depardieu, Isabelle Huppert…

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Valley of love

« Putain, la chaleur ! » dit Gérard (Depardieu) transpirant sous le soleil californien lorsqu’il retrouve son ex-compagne Isabelle (Huppert). Qui sont-ils et que viennent-ils faire là ? La première réponse est la plus complexe : Depardieu et Huppert sont comme des hybrides du couple qu’ils formèrent à l’écran à l’époque de Loulou et des comédiens qu’ils ont été ensuite. Ce mélange-là, entre ce que l’on sait de leur vie (étalée et commentée pour Depardieu, plus discrète pour Huppert) et les rôles que leur fait jouer Guillaume Nicloux, est la meilleure idée de Valley of love, son mystère le plus persistant. Il repose sur l’idée que certaines stars ont un besoin minimal de fiction pour exister à l’écran, charriant leur légende avec eux. Cette fiction a minima répond à la deuxième question et s’avère plus problématique : convoqué post-mortem par un fils gay, exilé aux États-Unis et récemment suicidé, le couple traverse le désert en attendant un signe de cet enfant disparu qui leur promet de revenir. On sent que Nicloux aimerait retourner aux sources atmosphériques et inquiétantes de ses premiers polars (notamment le beau Une affaire privée

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Cannes, de l’amour plein les yeux…

ECRANS | S’il y a eu de belles choses dans la deuxième moitié de la compétition cannoise – les films de Jia Zhang-ke et Jacques Audiard en premier lieu – cette édition 2015 restera dans les mémoires grâce à deux films uniques en leur genre : "Vice Versa" de Pete Docter et "Love" de Gaspar Noé. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 26 mai 2015

Cannes, de l’amour plein les yeux…

La semaine dernière, on se demandait de quel côté du filet la balle allait tomber concernant la compétition cannoise. Alors qu’il ne nous reste plus que deux films à découvrir – Chronic de Michel Franco et le Macbeth de Justin Kurzel (nous avons bouclé ce numéro le vendredi 22 mai, lundi férié oblige) –, le verdict reste toujours incertain. En tout cas, il fallait avoir un goût pour les montagnes russes, les films passant sans transition de la splendeur au navet. Parmi ces derniers, il faut faire un sort à Youth de Paolo Sorrentino ; chaleureusement accueilli par les festivaliers, donné favori par beaucoup pour la Palme, il s’agit pourtant d’un monument de beauferie satisfaite confite dans une série de gimmicks visuels et scénaristiques, un film pour seniors éprouvant, écrit n’importe comment et qui permet à une poignée d’acteurs vétérans de se lancer dans un cabotinage effréné et pathétique – mention spéciale à une Jane Fonda perruquée façon travelo brésilien. Sorrentino confirme qu’il réussit un film sur deux ; après le superbe La G

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Snow Therapy

ECRANS | De Ruben Östlund (Suède-Dan-Norv-Fr, 1h58) avec Johannes Bah Kuhnke, Lisa Loven Kongsli…

Christophe Chabert | Mardi 27 janvier 2015

Snow Therapy

Quelque part dans les Alpes, une famille suédoise parfaite jusqu’au bout des ongles (papa, maman, les enfants, tous beaux, propres et bien élevés) vont vivre un drôle de psychodrame. Alors qu’ils boivent tranquillement un verre dans un bar de montagne, une avalanche est déclenchée et le mari paniqué, au lieu de secourir son épouse et ses gosses, préfère se carapater avec son portable. Incident anodin, a priori, mais dont les conséquences vont faire voler en éclats l’harmonie familiale : sa femme prend conscience que le chef de famille est en fait un lâche, et entêté par-dessus le marché puisqu’il refuse de reconnaître sa couardise. Ruben Östlund se livre alors à une analyse au scalpel des rapports humains, en enfermant ses personnages dans une multitude de bocaux hermétiques au monde extérieur : celui du décor, appartements tristes aux lignes géométriques coupantes ou pistes de ski enneigées et perdues dans la brume, mais surtout celui de la mise en scène, avec ses cadres inamovibles et mesurés au poil pubien près. Soit un cinéma qui se situe entre l’humour noir de l’Europe du Nord (Östlund est Suédois) et les études sociologiques glaciales et misanthropes de l’Autrich

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Eden

ECRANS | Présenté comme un film sur l’histoire de la French Touch, "Eden" de Mia Hansen-Love évoque le mouvement pour mieux le replier sur une trajectoire romanesque : celle d’un garçon qui croyait au paradis de la house garage et qui se retrouve dans l’enfer de la mélancolie. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 18 novembre 2014

Eden

Nuits blanches et petits matins. L’extase joyeuse des premières soirées techno-house où le monde semble soudain s’ouvrir pour une jeunesse en proie à un nouvel optimisme, prête à toutes les expériences et à toutes les rencontres ; et ensuite la descente, le retour chez soi, la gueule de bois, le quotidien de la vie de famille et des disputes amoureuses. Cette courbe-là, Eden la répète à deux échelles : la plus courte, celle des cérémonies du clubbing d’abord sauvages, puis ritualisées via les soirées Respect ; et la plus large, celle de son récit tout entier, où l’utopie de la culture house-garage portée par son héros se fracasse sur la réalité de l’argent, des modes musicales et du temps qui passe. Aux États-Unis, on appelle ça un "period movie", un film qui embrasse une époque et un mouvement, de ses prémisses à son crépuscule. Eden, quatrième film de Mia Hansen-Love, répond en apparence à ce cahier des charges puisqu’il s’étend sur une dizaine d’années, à la charnière des années 90 et des années 2000, celles où la France a été une tête chercheuse du mouvement techno avec en figures de proue les deux membres de Daft Punk, Thomas Bang

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Love is strange

ECRANS | D’Ira Sachs (ÉU, 1h38) avec John Lithgow, Alfred Molina, Marisa Tomei…

Christophe Chabert | Mercredi 12 novembre 2014

Love is strange

Ben (John Lithgow) et George (Alfred Molina) décident, après 39 ans de vie commune, de se marier. Mais une fois leur union connue, George est viré de son travail dans une école catholique et ils doivent se résoudre à vendre leur appartement new-yorkais, puis à vivre séparément en attendant de trouver un nouveau logement. Au diapason de la musique de Chopin qui lui sert de bande-son, Love is strange distille une petite musique douce pour raconter sans effusion mélodramatique une histoire simple, cruelle et bouleversante : comment un enchaînement de circonstances malheureuses vient rappeler à un couple ordinaire la précarité de son existence. Ira Sachs, sans tomber dans le didactisme ou le militantisme, mais en prêtant une attention constante aux doutes et aux petites humiliations commises ou subies par ses personnages, montre ainsi que George et Ben sont au croisement de plusieurs minorités : gays, mais aussi âgés, sans emploi et sans domicile. Ce qui pèse sur l’un – le licenciement injuste de George – ne pèse pas sur l’autre – Ben devient un fardeau pour la famille qui l’accueille, ne trouvant jamais vraiment sa place – et seul l’amour indéfectible qui les unit

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Cabaret frappé – jour 4 : pop the music

MUSIQUES | La soirée de jeudi, avec les excellents Cascadeur et Frànçois and The Atlas Mountains, a tenu toutes ses promesses. Mieux : elle nous a même permis de découvrir, sous le kiosque à 19h, un charmant petit groupe (Natas loves you) dont on attend avec impatience le premier album.

Aurélien Martinez | Vendredi 25 juillet 2014

Cabaret frappé – jour 4 : pop the music

La vie est belle. Le soleil de nouveau de la partie. Le Jardin de ville blindé. C’est l’été, et le Cabaret frappé nous a permis de débuter la soirée d’hier avec la musique de Natas loves you, « à la croisée entre Metronomy et les Beatles » dixit leur bio. Carrément ! Sur scène, le jeune groupe luxembourgeois basé à Paris déploie un petit côté Phoenix agréable, et offre du coup une savoureuse pop indé parfois psychédélique. Et en anglais. Tout comme nous, le public semblait conquis. Info : leur premier album baptisé The 8th Continent est attendu pour le 6 octobre. On écoutera ça avec intérêt. En anglais ou en français 21h, sous le chapiteau, on avait rendez-vous avec le casqué Cascadeur et ses musiciens. Une claque entre pop dansante et ballades aériennes administrée par des excellents musiciens et une voix brillamment maîtrisée. « On pouvait se demander comment le trompe-la-mort réussirait son numéro de haute-voltige en

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« Je déteste la monotonie »

MUSIQUES | Dix ans après la sortie de "Rêves Mécaniques", The Hacker est de retour avec "Love/Kraft", nouvel album en deux parties dont la première moitié est désormais disponible en digital (la seconde arrivera à la rentrée, en même temps que la sortie physique de l’album). Entretien avec un artiste toujours autant passionné. Propos recueillis par Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mardi 29 avril 2014

« Je déteste la monotonie »

Pourquoi ce choix d’une sortie en deux temps ? The Hacker : Pour plusieurs raisons. C’est un album un peu particulier pour moi, plus difficile que les autres ; je m’y suis repris à plusieurs fois, j’ai souvent changé l’ordre et la direction des morceaux… Du coup, autant le présenter d’une manière moins traditionnelle que les autres. Et puis l’un des thèmes de l’album, c’est la dualité qu’il y a dans ma musique, qui a toujours eu un côté un peu dur et agressif, et un côté plus soft et mélodique. C’est aussi pour ça que je voulais le présenter en deux fois avec une première partie plus rentre-dedans, assez dancefloor, et une seconde qui sera plus soft. Et, plus généralement, je me demande si le format album est encore viable aujourd’hui vu la manière qu’ont les gens d’écouter de la musique : ils vont plutôt écouter deux ou trois morceaux vite fait que l’album dans son intégralité... Ces derniers temps, on vous a vu faire un mix italo-disco pour l’émission Overdrive Infinity de Teki Latex sur Daily

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Only lovers left alive

ECRANS | Retour en grande forme de Jim Jarmusch avec ce film à la force tranquille qui imagine des vampires dandy, rock’n’roll, amoureux et dépressifs, gardiens d’une culture mise en péril par la révolution numérique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 18 février 2014

Only lovers left alive

Adam et Eve ne sont ni le premier homme, ni la première femme de la création, mais les derniers amants-vampires sur terre : c’est le premier scoop du nouveau film de Jim Jarmusch, joliment ironique. Eve s’est retirée à Tanger, où elle fréquente rien moins que Christopher Marlowe – qui, en plus d’avoir écrit les pièces de Shakespeare, est lui aussi une créature de la nuit, éternelle quoique mal en point. Adam vit à Détroit au milieu de sa collection de guitares et de son studio analogique, reclus et phobique face aux « zombies » qui l’entourent – on ne saura pas si le terme qualifie péjorativement le commun des mortels ou si effectivement l’humanité est désormais divisée en deux catégories de morts-vivants. Les liens qui les unissent relèvent autant d’un héritage romantique que d’une réalité qui passe par les moyens de communication contemporains : Eve et son iPhone en Facetime (application de visioconférence), Adam avec un bricolage mêlant câbles, télé et caméra. C’est en fait surtout la mise en scène de Jarmusch qui les réunit, comme lors de ses travellings en spirale enchaînés et fondus avec le mouvement d’un antique 33 tours. Son scéna

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In the mood for Løve

ECRANS | Alors qu’elle termine actuellement son quatrième film, Eden, qui s’inspire de la vie de son frère Sven Love pour dresser un period movie sur l’essor de la (...)

Christophe Chabert | Vendredi 24 janvier 2014

In the mood for Løve

Alors qu’elle termine actuellement son quatrième film, Eden, qui s’inspire de la vie de son frère Sven Love pour dresser un period movie sur l’essor de la techno en France et l’émergence de la French touch, Mia Hansen-Løve est mise à l’honneur par la Cinémathèque de Grenoble qui projettera respectivement les 30 et 31 janvier Le Père de mes enfants et Un amour de jeunesse. D’abord critique aux Cahiers du Cinéma, elle saute le pas vers la réalisation avec Tout est pardonné, un premier film qui cumule les défauts d’un certain auteurisme français – peur panique de l’émotion et de la stylisation, exhibitionnisme autobiographique… Surprise, Le Père de mes enfants prend tout cela à revers : Hansen-Løve se détache de sa propre vie pour évoquer le regretté Humbert Balsan, producteur flambeur et indépendant, dont le suicide fut un électrochoc pour les cinéastes qu’il avait accompagnés. Mia Hansen-Løve ose regarder les conséquences d’un deuil sur une famille sans craindre les larmes du spectateur, tout en utilisant la quotidienneté des situations pour désamorcer la gravité de son sujet. Le film est franchement bouleversant et ré

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2014 : autant en emporte le Vent…

ECRANS | Après une année 2013 orgiaque, 2014 s’annonce à son tour riche en grands auteurs, du maître Miyazaki à une nouvelle aventure excitante de Wes Anderson en passant par les vampires hipsters croqués par Jarmusch et les flics tarés de Quentin Dupieux… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 2 janvier 2014

2014 : autant en emporte le Vent…

Le Vent se lève, il faut tenter de vivre… disait le titre intégral du dernier film d’Hayao Miyazaki qui, après 25 ans au service de l’animation japonaise, a décidé de tirer sa révérence avec cette œuvre effectivement testamentaire. Réduit au seul Vent se lève pour sa sortie le 22 janvier, cette fresque narre les années d’apprentissage d’un ingénieur féru d’aviation, passion qui l’aveuglera sur la réalité de la guerre dans laquelle le Japon s’engage, mais aussi sur l’amour que lui porte une jeune fille qu’il a sauvée lors d’un spectaculaire tremblement de terre. En assumant la part la plus adulte de son cinéma et en se livrant en transparence à un troublant autoportrait en créateur obsessionnel, coupé du monde et de la vie, Miyazaki signe un chef-d’œuvre alliant splendeur plastique, force émotionnelle et intelligence du regard. Les Belles et les Bêtes Il sera le premier en cette rentrée à illuminer les écrans, mais 2014 ne sera pas en rade de grands auteurs, au contraire. On ronge bien sûr notre frein en attendant de découvrir la deuxième partie du Nymphomaniac de Lars von Trier (29 janvier), dont le

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Twenty feet from stardom

ECRANS | Un formidable documentaire sur les choristes noires américaines qui, des années 60 à aujourd’hui, ont écrit à l’ombre de la célébrité une page de l’histoire musicale anglo-saxonne, de la soul au rock, mais aussi une page de l’Histoire américaine. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 13 décembre 2013

Twenty feet from stardom

Les frères Coen l’ont montré dans Inside Llewyn Davis : l’histoire de la musique est faite de héros et d’anti-héros, de génies vénérés et de talents vivant dans leur ombre. Morgan Neville, avec Twenty feet from stardom, donne un contrechamp documentaire à ce postulat fictionnel, en s’intéressant à une génération de choristes noires apparues avec la mode soul des années 60. Le film détricote ainsi la hiérarchie habituelle : la star qui place son nom au sommet des pochettes, les musiciens qui composent le groupe, le producteur qui griffe de sa patte sonore le disque et enfin les choristes qui ne sont souvent que la dernière roue du carrosse. Neville retrace leur histoire depuis ses origines : les églises évangéliques et le gospel, la plupart étant des filles de pasteur ayant découvert leur vocation dans les temples. L’apparition de la soul, sous l’impulsion de la Motown, du diable Phil Spector et de son fameux «mur du son», est comme la réinvention laïque du gospel, l’amour charnel remplaçant l’amour divin. Mais ces filles resten

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"Love Songs" : l’amour à la française avec Vanessa Paradis

Concert | Retour au sommet cette année pour Vanessa Paradis, grâce à un album produit et réalisé par Benjamin Biolay. Un duo gagnant qui confirme que l’interprète est une subtile pâte à modeler pour des auteurs-compositeurs capables de révéler ses multiples facettes artistiques.

Aurélien Martinez | Jeudi 21 novembre 2013

Plus de vingt-cinq ans que Vanessa Paradis navigue dans le monde de la chanson française, sous-catégorie variété haut de gamme. Une longévité remarquable pour celle qui n’écrit pas (ou si peu) ses morceaux : un pari risqué, la rendant dépendante d’autres – souvent des hommes d’ailleurs. Mais ce serait sans compter sur ce mystère qui lui permet de subtilement diffuser sa sève pour que les albums qu’on lui compose semblent venir directement d’elle. Normal, puisqu’elle s’est souvent associée à des auteurs-compositeurs de renom avec qui elle entretenait une relation plus que professionnelle – amicale ou amoureuse. Serge Gainsbourg en 1990 pour le moins cul-cul qu’il n’y paraît Variations sur le même t’aime, Lenny Kravitz en 1992 pour l’envoûtant (et tout en anglais) Vanessa Paradis, ou encore Matthieu Chédid et quelques autres auteurs de la même veine en 2000 pour l’écrin Bliss : chaq

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From Mickey to Mika

MUSIQUES | Quand France Info dit quelque chose, on l'écoute (ben oui, c'est une radio). Or, le site internet de la radio d'information continue a affirmé que The (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 juin 2013

From Mickey to Mika

Quand France Info dit quelque chose, on l'écoute (ben oui, c'est une radio). Or, le site internet de la radio d'information continue a affirmé que The Origin Of Love, le troisième album de Mika, était l'album de la maturité (lol). Cela nous fait donc deux infos. D'abord, Mika a sorti un troisième album (au risque de paraître manquer de professionnalisme, on était complètement passés à côté et on s'en excuse). Ensuite, ben il y a cette histoire de maturité, fameuse tarte à la crème de troisième album. D'un autre côté, l'Anglo-libanais n'allait pas passer le reste de sa carrière à ululer des hymnes diabétiques estampillés Mickey maousse. Il faut bien grandir un peu.   En l'occurrence, l'élément déclencheur aura été pour le chanteur, après un léger burn-out, l'accident quasi mortel dont a été victime sa sœur. Laquelle est tombée d'un balcon en fumant une cigarette – interdiction de rire, elle a failli y rester en s'empalant sur une grille. Le genre de truc qui rend mature plus vite que son ombre. Bon, cela ne signifie aucunement que Mimi donne désormais dans le crypto-Daniel

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Benjamin Biolay : elles et lui

Concert | Après des débuts difficiles tant avec le public que la critique, Benjamin Biolay met pas mal de monde d’accord depuis quelques années. Ce qui lui vaut d’être désigné pote de cénacle des Gainsbourg, Bashung & co. Un artiste prolifique qui diffuse aussi son venin charnel chez d’autres artistes – principalement des femmes. Petit tour d’horizon des plus emblématiques de ces couples d’un temps, avant le concert que Monsieur BB donnera cette semaine à Grenoble.

Aurélien Martinez | Vendredi 7 juin 2013

Benjamin Biolay : elles et lui

Keren Ann Le premier album en français de la chanteuse d’origine néerlandaise voit le jour en 2000. Il est écrit en collaboration avec un Biolay qui n’a pas encore livré de production solo (Rose Kennedy sortira un an plus tard). Très Suzanne Vega et Joni Mitchell, La Biographie de Luka Philipsen est un petit bijou mélodique, sobre, gracieux, plus folk que chanson française, qui met discrètement en lumière le talent de cette souffleuse de mots constamment Sur le fil. Fort de cette réussite (qui se réitérera sur deux autres albums), le tandem est alors invité la même année à travailler sur Chambre avec vue, le nouveau disque du vétéran Henri Salvador porté par le fameux Jardin d’hiver (déjà présent sur La Biographie de Luka Philipsen). Une réussite, et un véritable succès qui replace Salvador sur le devant de la scène (explosion des ventes, Victoires de la musique à la pelle...) – même si ce dernier tenta par la suite de minorer la participation de

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Cannes, jour 10 : bouquet final

ECRANS | "The Immigrant" de James Gray. "Only lovers left alive" de Jim Jarmusch. "La Vénus à la fourrure" de Roman Polanski.

Christophe Chabert | Samedi 25 mai 2013

Cannes, jour 10 : bouquet final

Au moment où n’importe quel festivalier voit apparaître sur son visage des rides de fatigue qui le font ressembler à Bruce Dern dans Nebraska, il fallait pourtant se ressaisir d’urgence, car Thierry Frémaux, dans un hallucinant tir groupé final, avait placé en fin de compétition de très gros morceaux signés par de très grands cinéastes. C’est d’ailleurs à l’aune de cette attente, pour le coup gigantesque, que The Immigrant de James Gray a déçu. Attention, tout de même… Gray, dont les quatre derniers films ont tous été présentés en compétition, y a systématiquement récolté les mêmes commentaires perplexes ou frustrés, avant que lesdits films, à leur sortie, ne reçoivent un accueil enthousiaste d’une presse ayant revu son jugement à la hausse, et de spectateurs qui ont l’avantage considérable de ne pas s’être empiffré 35 films en dix jours. Mais la déception est soigneusement entretenue par Gray lui-même. En effet, The Immigrant part sur une piste qu’on identifie immédiatement comme coppolienne façon Parrain 2. Plan sur la stat

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Retour au garage

MUSIQUES | Ça peut sembler une évidence pour certains, mais rappelons-le quand même au cas où : depuis maintenant quelques années, la scène rock underground française (...)

Damien Grimbert | Lundi 29 avril 2013

Retour au garage

Ça peut sembler une évidence pour certains, mais rappelons-le quand même au cas où : depuis maintenant quelques années, la scène rock underground française affiche une santé artistique rien moins qu’éclatante, tant sur scène que sur album. Encore peu médiatisée, elle bénéficie en revanche d’un réseau de fans solide, et d’une lisibilité accrue, grâce au travail d’une poignée de labels phares (en gros, Pan European pour le versant psyché, African Tape pour la noise et le math-rock, et Teenage Menopause et Born Bad pour le garage). Auteurs de deux albums (Amazon Hunt en 2011, et Earth Slime en 2013) sortis respectivement sur les deux derniers labels cités, ainsi que d’une poignée de splits sur K7 et vinyl, les Parisiens de Catholic Spray officient dans un registre garage lo-fi et crasseux à souhait, où la diversité des influences (psyché 60’s, punk 70’s…) ne verse jamais dans la citation pédante, mais s’efface au contraire devant une immédiateté ultra-jouissive. À même de séduire aussi bien aficionados du genre que néophytes c

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À nos amours

MUSIQUES | Besoin d'amour ? C'est normal, mais ne cherchez plus, The feeling of love sera le vendredi 1er mars à 20h30 à La Bobine. C'est bel et bien un sentiment (...)

Aurélien Martinez | Lundi 25 février 2013

À nos amours

Besoin d'amour ? C'est normal, mais ne cherchez plus, The feeling of love sera le vendredi 1er mars à 20h30 à La Bobine. C'est bel et bien un sentiment profond d'amour du rock'n roll que va nous transmettre ce trio déjanté. The feeling of love : quoi de plus normal qu'un nom de scène qui sonne américain, pour de la musique qui sent les États-Unis des années The Doors. Pourtant, le bon vieil oncle Sam ne peut revendiquer la paternité du groupe. G. Marietta, Seb Normal et A.H Kraken sont bien de chez nous. Originaire de Metz, les trois frenchy passent aisément de la petite mélodie à la voix lointaine à un son porté par une batterie agréablement furieuse. Disolve me, leur troisième album, est sorti sur le label Born Bad Records. Transe psychédélique, guitare malmenée et clavier au son synthétique des plus efficaces, le groupe nous transporte dans son univers que l'on imagine hyper coloré et acidulé. L'amour s'offre à nous, saisissons-le.  Martin Bartoletti

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Il est libre Gontard !

MUSIQUES | Avec "Bagarres Lovesongs", le leader des Frères Nubuck moleste la chanson française avec talent. On en redemande ! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 22 janvier 2013

Il est libre Gontard !

Un album libre, audacieux, qui paradoxalement ne joue pas la carte de la grandiloquence : c’est ainsi que l’on peut résumer ce Bagarres Lovesongs de Gontard!. Trente morceaux aussi variés les uns que les autres, avec comme point commun d’être très courts – la plupart ne dépassant pas les deux minutes. « J’ai jamais aimé finir le travail, ça me plaît de laisser une chanson à moitié faite, les tripes à l’air » se justifie-t-il sur Le Soleil revient, qui ouvre l’album. Car Gontard ! s’arrête quand bon lui semble, même quand les lois de la musique paraissent enfreintes – son Hell’s Angels est un très bon exemple. Alors bien sûr, tout n’est pas au même niveau, mais certains morceaux sont de véritables fulgurances que l’on ne cesse de se re

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(Presque) toute première fois

MUSIQUES | Connu pour être le frontman du groupe Nubuck, le Rhônalpin Chris Gontard débarque seul avec un album décalé et ludique. Du coup, il faut désormais l’appeler Gontard!... Petit point sur la question, avant son concert. Laetitia Giry

Laetitia Giry | Vendredi 18 janvier 2013

(Presque) toute première fois

Petit pas de côté pour Chris Gontard, la sortie de l’excellent album Bagarre Lovesongs marque un tournant individuel salutaire. « Dans les Nubuck [groupe sur lequel au Petit Bulletin on a toujours été dithyrambiques – ndrl], j’écris une partie des morceaux non négligeable (mélodie et chant), sachant que je ne suis pas musicien, je travaille à partir de samples et de boucles que je travaille à la maison et que l’on réarrange ensuite avec le groupe. » Ce qui était la matière première dans le cadre de Nubuck devient ici le résultat final. Ce qui était simple ébauche est livré tel quel, en version brute, par un Gontard ! qui a décidé d’assumer pleinement le côté lo-fi de ses productions personnelles : « J’enregistre tout chez moi de manière assez frénétique, et j’ai désormais du matériel de bonne tenue »… Raison pour laquelle trente morceaux sont réunis sur un CD vendu avec l’impression des textes en format journal. Une originalité propice à la conquête d’un public appréciant les bidouillages et les idées faites o

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Croisade pop

MUSIQUES | Composés, pour reprendre leurs propres termes, de « trois jeunes freluquets accompagnés d'une jeune et jolie damoiselle », les Lillois de Crusaders Of (...)

Damien Grimbert | Lundi 19 novembre 2012

Croisade pop

Composés, pour reprendre leurs propres termes, de « trois jeunes freluquets accompagnés d'une jeune et jolie damoiselle », les Lillois de Crusaders Of Love ne sont visiblement pas trop du genre à se prendre au sérieux. Petit chef-d’œuvre de power pop surefficace et ensoleillée, Take It Easy… But Take It, leur dernier album sorti cet été sur le label de Philadelphie FDH Records, sonne d’ailleurs comme un véritable hymne à la Californie des séries télé 90’s, aux amours d’été, à l’insouciance et aux milk-shakes. Portés par des riffs ravageurs, des mélodies 60’s acidulées, un son garage crade à souhait, et un chant juste assez punk pour ne pas virer dans le sirupeux, les onze courts morceaux qui le composent semblent empreints d’une adolescence éternelle, qui les rend d’autant plus savoureux. Accrocheuse dès la première écoute, cette succession ininterrompue de tubes instantanés n’en témoigne pas moins d’un talent évident de composition, la simplicité étant dans la pop (comme dans tant d’autres styles musicaux, d’ailleurs) l’un des objectifs les plus difficiles à atteindre. Groupe de scène par excellence, fort d’innombrables tournées en Europe et aux États-Unis, et

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Like someone in love

ECRANS | D’Abbas Kiarostami (Fr-Jap, 1h49) avec Rin Takanashi, Tadashi Okuno…

Christophe Chabert | Jeudi 4 octobre 2012

Like someone in love

Comme s’il faisait le tour du monde aux frais de son producteur selon le deal un pays = un film, Kiarostami débarque au Japon après avoir visité la Toscane et en tire une œuvre déroutante. Adieu les dispositifs conceptuels et les dialogues chiants comme la mort de Copie conforme ; Like someone in love marque un retour confortable à la figure kiarostamienne par excellence, à savoir la promenade en voiture. D’abord en taxi avec une étudiante call girl, puis dans le 4X4 d’un vieux professeur pas très libidineux, qui doit se dépatouiller avec le petit ami jaloux de ladite call girl. Constitué de grands blocs en temps réel parfois paresseux (l’écoute en continu des dix messages sur la boîte vocale), parfois inspirés (le premier dialogue entre le prof et le boyfriend nerveux), le film se repose entièrement sur sa petite musique narrative et ne cherche jamais à développer de sous-texte ou de théorie. Tant mieux car à ce petit jeu, Kiarostami s’en tire plutôt bien, avec un dialogue élégant et des comédiens toujours justes. Reste la queue-de-poisson finale : le cinéaste a-t-il sciemment coupé la résolution de son film ou montre-t-il ici à quel

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To Rome with love

ECRANS | Poursuivant son exploration des métropoles européennes après Londres, Barcelone et Paris, Woody Allen se montre bien peu inspiré face à Rome, se contentant d’un poussif récit multiple où tout sent la fatigue et le réchauffé, à commencer par sa propre prestation d’acteur. Christophe Chabert

Aurélien Martinez | Vendredi 6 juillet 2012

To Rome with love

La familiarité avec le cinéma de Woody Allen, autorisée par la livraison annuelle d’un nouvel opus, permet à l’amoureux de ses films de vite reconnaître quand le maître (osons le mot, il n’est pas volé) est en pleine santé ou quand, au contraire, il est en petite forme. Il ne faut pas longtemps pour s’apercevoir que To Rome with love appartient à la deuxième catégorie, tant il transpire le manque d’inspiration, le programme mécanique et l’agrégat poussif d’idées plus ou moins bonnes. Ainsi, si les cartes postales qui ouvraient Minuit à Paris (un vrai grand Allen, celui-là) n’étaient qu’un trompe-l’œil, le film s’acharnant ensuite à en montrer le caractère illusoire, celles que le cinéaste compile sur Rome ne seront jamais vraiment déchirées par le récit. Pire, elles conduisent à une accumulation de petites intrigues véhiculant leur lot de clichés, là où Allen n’avait besoin que d’un solide concept pour dérouler celle du film précédent. Ce n’est d’ailleurs par la première fois que, dans ses mauvaises années, Allen se repose sur les récits multiples comme sur une canne, espérant que dans l’ensemble, quelques-uns surnagent de la mollesse ambiante. Ce n’est hélas !

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Love and Bruises

ECRANS | De Lou Ye (France, 1h45) avec Tahar Rahim, Corinne Yam, Vincent Rottiers…

François Cau | Vendredi 28 octobre 2011

Love and Bruises

Suzhou River avait lancé Lou Ye comme potentiel successeur de Wong Kar Wai. La comparaison n'a pas tenu longtemps. Dix ans après le cinéaste court encore les festivals mais sa cote reste en berne. Love and Bruises n'y changera rien. Exilé à Paris pour adapter le roman d'une étudiante chinoise décrivant sa passion amoureuse avec un Français, Lou Ye suit son éternel programme inspiré par la révolution sexuelle. Composant un film physique, sur des corps enchainés, où sexe et liberté résonnent ensemble, dans le monde et au travers de trajectoires individuelles, le cinéaste se heurte à un mur : sa mise en scène à l'épaule, écrasante, sans idée, courant débraillée derrière la spontanéité de ses acteurs. En quête de réalisme, Lou Ye s'agite dans les pires endroits et mélange tout. Il veut filmer le mystère du désir sans perdre de vue féminisme et matérialisme pour donner du poids à l'affaire. Tout ça finit mal, sur un film moche, lourd, étouffant et mesquin avec ses personnages. JD

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Crazy, stupid, love

ECRANS | Les deux réalisateurs d’I love you Philip Morris s’essayent à la comédie romantique chorale mais ne confectionnent qu’une mécanique théâtrale boulevardière et ennuyeuse, dont seul s’extirpe le couple formé (trop tardivement) par Ryan Gosling et Emma Stone. Christophe Chabert

François Cau | Vendredi 9 septembre 2011

Crazy, stupid, love

Emily (Julianne Moore) demande en plein dîner le divorce à son mari Cal (Steve Carell). Dévasté, il ne voit pas que la toute jeune baby-sitter de ses enfants n’a d’yeux que pour lui, et préfère s’en remettre à Jacob (Ryan Gosling), playboy aux mille conquêtes croisé dans un bar, qui va lui donner des cours de séduction et faire de lui un vrai tombeur. D’abord tenté par l’envie de rendre jalouse son ex, Cal finit par prendre goût à cette nouvelle vie, renonçant à l’amour éternel pour les plaisirs d’un soir. Après I love you Philip Morris, John Requa et Glenn Ficarra s’inscrivent dans un genre américain par excellence, la comédie du remariage, dont les rebondissements forment l’échine de Crazy, stupid, love. Ils tentent cependant d’en renouveler le principe en la mariant avec une comédie de mœurs entre Robert Altman (en moins cruel) et James L. Brooks (en moins arthritique), créant autour de l’intrigue principale des micro-intrigues qui se croisent furtivement avant d’entrer en collision dans le dernier acte. Le monde est Stone Ce final dit d’ailleurs la vérité sur le film tout entier : il est sans arrêt écrasé par sa mécanique scénaristique, une

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« On n'est pas Led Zeppelin »

MUSIQUES | Avec leur électro lounge envoûtante d’une grâce évidente sur album, le groupe français Air s’est fait une solide réputation internationale. Leur "french touch" sera de passage à Grenoble cette semaine : l’occasion rêvée d’aller titiller Jean-Benoît Dunckel, moitié du duo. Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Lundi 15 novembre 2010

« On n'est pas Led Zeppelin »

Le groupe Air en concert ? Au vu des expériences passées des différents rédacteurs du Petit Bulletin, la circonspection est de rigueur. Car un concert de Air, aussi défendable que puisse être leur musique (on y reviendra), n’est pas forcément un moment d’une extrême intensité. Cachés derrière leurs instruments et leurs vocodeurs (machine fabriquant un son synthétique à partir d’une voix), les pas très charismatiques Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin offrent généralement des shows policés tout en retenue, difficilement appréhendables – on se souvient ainsi, au festival lyonnais des Nuits de Fourvière 2007, d’une soirée un brin soporifique. Prenant conscience du problème, le duo s’est depuis transformé en trio sur scène, s’adjoignant les services du batteur Alex Thomas (qui bosse notamment avec Bat for Lashes). «En jazz, le trio, c’est toujours exceptionnel : chacun a son rôle, chaque instrument remplit l’espace sonore. On voulait arriver à rendre notre musique claire, qu’il n’y ait plus de bouillabaisse musicale, plus de soupe compliquée, mais quelque chose de très simple» nous explique ainsi Jean-Benoît Dunckel, de façon étonnement franche. «On s’est améliorés en

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Son cœur, son amour

MUSIQUES | Dans la lignée d’une Mademoiselle K ou d’une Anaïs (mais en un peu moins barge), il y a Marianic, artiste grenobloise qui a sorti en début d’année Dans ma (...)

François Cau | Jeudi 28 mai 2009

Son cœur, son amour

Dans la lignée d’une Mademoiselle K ou d’une Anaïs (mais en un peu moins barge), il y a Marianic, artiste grenobloise qui a sorti en début d’année Dans ma love song : un premier album autoproduit voguant vers le pop-rock avec une certaine élégance, notamment au niveau musical. Les guitares électriques et les rythmes de batterie habillent ainsi avec une énergie contenue les textes de la chanteuse. Des textes qui, s’ils ne sont pas tous d’une originalité transcendantale, ont l’intérêt de bien coller au personnage : celui d’une jeune femme moderne « prête pour le bonheur », préoccupée par l’amour (« tu me troubles, tu me troubles, je patauge en eaux troubles ») et ses complications inhérentes (« de toute façon j’aurai beau dire et beau faire […] y’a pas de solution, je serai jamais assez bien pour toi »). Bien cachés à l’intérieur des quarante-cinq minutes de musique, d’autres titres sont plus surprenants, tel ce Catherine, ma Catherine évoquant un thème assez plombant de façon presque légère, grâce à une instrumentalisation rock. Finalement, après l’écoute de cet album qui pourrait rivaliser avec quelques autres estampillés nouvelle scè

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Two lovers

ECRANS | Sublime drame romantique signé James Gray, "Two Lovers" impose en douceur une idée forte : la vie n’est faite que de choix illusoires dictés par les origines sociales et culturelles. Christophe Chabert

François Cau | Mercredi 12 novembre 2008

Two lovers

Un grand cinéaste fait toujours le même film, à ce qu’on dit… James Gray, jusqu’ici, faisait en effet toujours le même film ; mais ce qu’on appréciait dans The Yards et La Nuit nous appartient, c’était les variations qu’introduisait le cinéaste par rapport à Little Odessa, moins les ressemblances trop voyantes entre chacune de ces œuvres. Two Lovers vient redistribuer les cartes… Fini le polar, place à un drame romantique avec des pointes de comédie. Adieu les familles new-yorkaises héritières des tragédies grecques, voici l’histoire, en apparence archi-classique, du fils d’un modeste tailleur juif qui hésite entre deux femmes, sa voisine blonde, goy et en pleine confusion intime et une amie de la famille, brune, juive et les pieds sur terre. Ce qui est beau dans Two lovers, c’est que ce changement radical de genre ne fait que renforcer l’obsession fondatrice du cinéma de James Gray. Mieux : il l’exprime cette fois avec une bouleversante clarté. La blonde ou la brune Leonard, ado attardé et névrosé (Joaquin Phoenix, magnifique, et qui a pourtant annoncé la fin de sa carrière de comédien ; pourvu qu’il change d’avis !), vient à peine d’

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