Un livre et un atelier pour confectionner soi-même sa lingerie

DIY | La couture et le DIY confirment leur retour en grâce depuis quelques années. Graal du vêtement que l’on fait soi-même : la lingerie, en particulier le soutien-gorge. La Grenobloise Milena Sevette publie un livre-guide pour confectionner soi-même ses sous-vêtements ; attention, mieux vaut avoir déjà des notions de couture.

Valentine Autruffe | Mardi 14 décembre 2021

Photo : Valentine Autruffe


Ils débordent, ils s’enfuient par en dessous, ils supportent la baleine qui les malmène, ils étouffent : la vie de nos seins dans leur emballage est un combat de chaque jour, et dénicher un modèle pas trop détestable à un prix abordable relève du chemin de croix. C’est sans doute pour cela que Milena Sevette, grenobloise depuis 10 ans, a reçu il y a quelques années de multiples demandes de femmes qui souhaitaient apprendre à confectionner elle-même leur lingerie. « J’avais une marque de lingerie à Grenoble, "Monsieur est une traînée" ; j’ai commencé par vendre des patrons à droite à gauche. » Puis la trentenaire s’est mis à animer des ateliers un peu partout pour apprendre aux Françaises à confectionner elles-mêmes leur lingerie. « C’est très dur de trouver dans le commerce un soutien-gorge qui correspond à sa morphologie, surtout quand on n’a pas une taille standard. » Une activité qu’elle assurera à plein temps dans l’atelier qu’elle vient d’acquérir rue d’Alembert, à Grenoble, et qui ouvrira au premier trimestre 2022 quand les travaux seront terminés.

En attendant, elle a compilé tout son savoir dans un livre guide, Mon atelier lingerie ; de la brassière au soutien-gorge à armature, en passant par les culottes, à la fin de l’ouvrage, vous serez apte à coudre vos propres sous-vêtements (à condition d’avoir déjà quelques notions sur le maniement de l’aiguille). Cerise sur le gâteau, le livre est illustré de superbes photos de Pascale Cholette qui met en scène des femmes aux corps et styles diversifiés, loin de Victoria’s Secrets. Et si belles.

Mon atelier lingerie par Milena Sevette, 224 p., La Plage Editeur, 24, 95€

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Double trouble

ARTS | Surprise au Studio Spiral : la photographe Pascale Cholette réalise deux prises de vue sur un seul et même négatif, pour donner vie à des images étonnantes.

Benjamin Bardinet | Mardi 18 février 2020

Double trouble

La photographe Pascale Cholette distingue deux grands corpus dans sa production : ce qui est "réel" et ce qui est "imaginé". Si le premier s'attache plutôt à une approche documentaire, le second met en avant des images fabriquées, mises en scène, tirant parti de certains effets proprement photographiques. Intitulée Je ne vois que du silence, la série exposée au Studio Spiral se revendique de la seconde approche. En effet, la photographe grenobloise y explore le procédé de la double exposition sur pellicule argentique et réalise donc, pour chaque image, deux prises de vue sur une même portion de négatif. Bien qu’elle s’évertue, lors de la prise de vue, à anticiper les effets qui apparaîtront à la surface de l’image, ce procédé donne lieu à des compositions dont le hasard (le plus sympathique des complices) contribue à produire des photographies oniriques sur lesquelles notre regard de spectateur glisse comme dans un rêve. L’appareil photo, dont on fait naturellement usage pour conserver la mémoire d’un instant, devient ici au contraire un outil à produire du trouble, de l’ambiguïté : les textures et les référents s’entre-mêlent confusément, comme si la temporalité qui s'

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Pascale Cholette : «Je ne cesse d’interroger mon rapport au réel»

Interview | Après une exposition à la Bobine, et une nouvelle maintenant au Bauhaus, Pascale Cholette commence à creuser son sillon grenoblois dans la photographie. Entre reportages et séries hallucinées, elle cherche l’humain. Rencontre avec une photographe au regard sensible.

Charline Corubolo | Jeudi 19 janvier 2017

Pascale Cholette : «Je ne cesse d’interroger mon rapport au réel»

Vous exposez actuellement au Bauhaus bar une série intitulée Over the sun. Il s’agit d’un reportage photographique réalisé en Jordanie dans un camp de réfugiés syriens pour la fondation de l’enfance de l’UEFA. Quel était l’objectif de ce projet ? Pascale Cholette : À cette période, je n’avais qu’un travail d’auteur à présenter. On m’a proposé cette mission et, du coup, j’y suis allée. Je n’ai eu aucune consigne, à part qu’il ne fallait pas faire de photo de foot. Ils voulaient un regard personnel, européen, sur ce qui se passait dans ce camp de réfugiés et sur la fondation. Au début, je ne savais pas quoi photographier, j’étais complètement perdue. En plus, je travaille toujours en argentique et là, pour des raisons techniques, j’ai travaillé en numérique, ce qui n’était pas facile. Puis un travail documentaire nécessite une immersion au sein d’un sujet, alors que là je n’y suis allée que trois jours ! Pour qualifier ce travail, vous parlez donc de "portrait document

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Vous êtes des animaux

ARTS | Présentée jusqu’au samedi 28 septembre à la Galerie Ex-Nihilo, l’exposition Who Cares ? de Pascale Cholette explore les différentes définitions du verbe « to (...)

Damien Grimbert | Vendredi 13 septembre 2013

Vous êtes des animaux

Présentée jusqu’au samedi 28 septembre à la Galerie Ex-Nihilo, l’exposition Who Cares ? de Pascale Cholette explore les différentes définitions du verbe « to care » à travers une splendide série de photographies argentiques en noir et blanc, à l’esthétique extrêmement forte. Motif récurrent à chacune d’entre elles, un ou plusieurs animaux (chiens, chats, oiseaux…), presque toujours aux côtés d’un être humain, seul. Un moyen pour la photographe d’illustrer « les déclinaisons de l’affect » en s’appuyant sur une citation tirée de L’insoutenable légèreté de l’être, de Milan Kundera : « aucun être humain ne peut faire à un autre l’offrande de l’idylle. Seul l’animal le peut parce qu’il n’a pas été chassé du Paradis. L’amour entre l’homme et le chien est idyllique. C’est un amour sans conflits, sans scènes déchirantes, sans évolution ». Vernissage le jeudi 19 septembre à 18h, et visite chaudement recommandée !

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Qui porte la culotte ?

ARTS | Expo dans l’expo / Pourquoi « Les culottes d’Hippolyte » ? Par pur accident très contemporain. Quand Chloé Prigent a débuté sa série de photos culottées, elle a (...)

Laetitia Giry | Vendredi 22 mars 2013

Qui porte la culotte ?

Expo dans l’expo / Pourquoi « Les culottes d’Hippolyte » ? Par pur accident très contemporain. Quand Chloé Prigent a débuté sa série de photos culottées, elle a opté pour un surnom déjà existant, utilisé pour son compte Facebook, se disant que cela sonnait mieux que « Les culottes de Chloé ». Force est d’admettre qu'elle n’a pas tort… Le nom a son importance, et le mystère un peu cocasse des « culottes d’Hippolyte » ajoute comme un supplément d’âme à l’entreprise. Cette entreprise est simple : photographier les petites culottes de femmes et filles lambda, grosses ou maigres, où elles le veulent. Des jambes au nombril, sans visage, chaque sujet pose dans un décor choisi en arborant sa plus belle culotte. Ou comment dire en images que les choix vestimentaires les plus intimes parlent de nous plus qu’on ne l’imagine, et que les dévoiler c’est se dévoiler soi-même. C’est ainsi que l’on a affaire à une galerie de portraits, tous très différents, colorés et vivants, animés par le geste d’une main qui découvre ce qui a vocation à être caché en public. Promenés à Paris, à Lyon, quelques uns d’entre eux attendent

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Objets de mélancolie

ARTS | Culottes de coton, corsets, premiers soutien-gorges : autant d'objets de fantasme dont l’histoire nous est contée avec passion et application au Musée Dauphinois. Des modèles surannés aux luttes d’usine en passant par des affiches publicitaires des années 70, "Les dessous de l’Isère" découvre avec gourmandise un bout d’Histoire des plus féminines. Laetitia Giry

Laetitia Giry | Vendredi 22 mars 2013

Objets de mélancolie

« La lingerie est une histoire culturelle à fleur de peau ! » Ainsi la créatrice de mode Chantal Thomass évoque-t-elle son sujet de prédilection dans la préface du catalogue (réussi) de l’exposition Les dessous de l’Isère. Ambitieuse et fouillée, cette dernière se disperse parfois – à vouloir tout dire – mais reste une mine d’informations des plus précieuses. Le parcours, historique et chronologique, démarre au XIXe siècle pour s’achever dans notre présent. Il mêle l’histoire des femmes et de leur rapport au vêtement à celle de l’industrialisation de leur fabrication. Hasard (ou pas), l’Isère est un haut-lieu en la matière. Des usines Valisère à la maison Lou, nombreuses sont les pointures qui se sont implantées ici et ont permis à leur savoir-faire de rayonner à partir de ce point. Aujourd’hui, les délocalisations rendent ce passé quasi obsolète, font du savoir-faire et savoir-coudre un souvenir… Un pan plus politique abordé avec force textes et témoignages en photos, articles de presse ou banderoles de manifestations contre les fermetures d’usine. Du soutif

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« Vous êtes vraiment des sauvages! »

CONNAITRE | Originaire de la tribu des Huli de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Mundiya Kepanga viendra présenter samedi son film "L’Exploration Inversée", réalisé avec son ami de longue date, le photographe Marc Dozier. Il a accepté de répondre à nos questions. Propos recueillis par Damien Grimbert

Aurélien Martinez | Lundi 30 avril 2012

« Vous êtes vraiment des sauvages! »

Pouvez-vous vous présenter rapidement et me dire comment vous vous êtes rencontrés avec Marc ?Mundiya Kepanga: Je m’appelle Mundiya Kepanga, et je suis un Papou de la tribu des Huli en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le Blanc qui traduit tout ce que je dis s’appelle Marc Dozier, et lui, il vient de France. Il y a très longtemps, en 2001, Marc est venu dans ma tribu pour la photographier. Je l’ai guidé au sommet des montagnes, je l’ai emmené dans les vallées photographier des cascades, et photographier ma tribu. J’étais son guide, et je suis devenu son ami. Je me suis occupé de lui, et je ne lui ai jamais rien demandé, pas d’argent, rien du tout. Ça l’a beaucoup touché que je prenne soin de lui comme ça pendant plusieurs semaines. Alors quand il est rentré chez lui en 2001, il s’est souvenu de la générosité dont j’avais fait preuve à son égard avec mon cousin Polobi, et il a décidé de nous inviter en France pour nous remercier. Comment est née l’idée de L’Exploration inversée, et de quoi parle le film ?Marc nous a invités en France une première fois en 2003. On a voyagé du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest,

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