Le pourcent qui fait mouche

Laetitia Giry | Lundi 8 octobre 2012

Photo : La Cornue, Calder. c Utopik


Le campus a cinquante ans, et à l'époque de la "livraison" des constructions, il a pu bénéficier du "1% culturel", une procédure mise en place par l'État en 1951 qui prévoit de consacrer à la création artistique 1 % du coût de construction d'un bâtiment public. C'est ainsi qu'une trentaine d'œuvres habite les lieux, de la Cornue de Calder (1974, photo) sur l'esplanade de la bibliothèque, à la sculpture Front (1971) de Pierre Székély face à l'entrée de l'UPMF. Un projet qui, on l'imagine bien, en a fait douter plus d'un en son temps, comme l'illustre l'anecdote que rapporte Jean-Louis Quermonne, ancien président de l'UPMF : « Je me suis retrouvé avec ma femme dans l'atelier de Calder en Touraine, et il nous a proposé la Cornue. Je me souviens de la réponse d'un éminent scientifique lorsque j'en ai parlé aux autres universités : "ferraille pour ferraille, faites ce que vous voulez !" » De fait, on les croise sans forcément les identifier, elles font partie du paysage – certaines, si on les regarde, si on les remarque, s'offrent sans conteste comme des œuvres d'art, d'autres se dévoilent de manière plus discrète et subtile. Les "utiles" par exemple, qui noient le poisson et se cachent derrière leur fonction. Comme dans l'Avenue centrale, devant la Maison des langues, où est installée l'une des quatre œuvres semblables intitulées Autour d'un arbre, imaginées en 1998 par Jean-Luc Wilmouth : quatre bancs circulaires disposés autour d'un arbre, dont les briques de verre correspondent à la couleur du fruit produit par ledit arbre. Poétique et discret. Aujourd'hui, il s'agit de faire vivre les résultats de ce fameux pourcent artistique. Avec par exemple les différentes initiatives de Grenoble Universités : la présentation chaque mois de deux œuvres dans sa parution Un tramway nommé culture, ou encore celle de vignettes vidéos Une minute une œuvre (à voir sur leur site http://www.grenoble-univ.fr) : visite virtuelle, manière ludique et drôle de découvrir les œuvres. On se souvient également de la balade sonore organisée par Radio campus Grenoble, une émission visite guidée au fil des œuvres réalisée en octobre 2011. Autant de démarches qui visent à faciliter la connaissance, donner conscience et aiguiser la curiosité à l'égard de tous ces mystères trop facilement acceptés comme éléments du décor. Car ils ne sont pas simple décor, mais la preuve que circule la sève de la soif d'apprendre et de progresser, de voir le monde avec le regard curieux d'un explorateur qui sans cesse progresse au contact d'autrui et d'ailleurs.

Laetitia Giry

 

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Habeas campus

ACTUS | Le domaine universitaire de Grenoble fête ses 50 ans et c’est un événement. Avec ses 180 hectares et ses 40 000 étudiants et enseignants, c’est l’un des plus importants de France. Construit sur le modèle des campus américains, le campus, notre campus, est unique à plus d’un titre. Orlando Fernandes

Orlando Fernandes | Lundi 8 octobre 2012

Habeas campus

La lumière diurne du ciel de Saint-Martin d'Hères couvre l’espace estudiantin telle une nappe de soie, au-dessus des montagnes environnantes. Étudiants et enseignants avaient rendez-vous jeudi 4 octobre pour assister à la soirée de clôture des festivités du 50e anniversaire du campus de Grenoble. Stands artistiques, discours des représentants des universités, bar loufoque, pièce de théâtre… Les animations ne manquaient pas. Dès sa création en 1961, ce lieu de vie a été pensé et aménagé comme un campus à l’américaine. Année ô combien charnière puisque c’est également le moment où fut envoyé le premier homme dans l’espace, où fut lancé le premier jeu vidéo de l’Histoire et où la médaille d’or fut attribuée à Le Corbusier par l’American Institute of Architects. Cette année-là, Louis Weil sollicite le ministère de l’Éducation nationale afin d’ériger un campus sur la partie est de Grenoble. À l’époque, le domaine se limitait à quelques arbres, des bâtiments en construction et des champs à la ronde. Louis Néel, Prix Nobel de physique en 1970, directeur du Centre d’études nucléaires de Grenoble et Louis Weil, alors doyen de la faculté des sciences, sont hautement engagés dans l

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