Le Petit Bulletin recherche un(e) colocataire !

Aurélien Martinez | Lundi 10 juin 2013

Le Petit Bulletin loue un bureau de 15 m² dans ses locaux situés au 12 rue Ampère à Grenoble (usine Cémoi) pour 300 € HT/mois.

Le loyer comprend : l'accès à la salle de réunion, à la cuisine, à l'imprimante (sauf gros tirages), au fax, à Internet et au téléphone.

Idéalement dans un domaine d'activité comme la communication, le graphisme, les relations presse, les media etc…

Conditions parfaitement adaptées à de jeunes créateurs d'entreprise.

Pour toutes informations, contactez-nous au 04 76 84 44 60

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Tout s’est bien passé | Comme toujours impressionnant dans le rôle d’un vieil homme diminué par un AVC demandant à sa fille de l’aider à mourir (et odieux), André Dussollier est au centre du nouveau film de François Ozon. Tout sauf mortifère, ce voyage au cœur d’une pure névrose familiale, traversé d’éclats franchement burlesques, est adapté du récit d’une ancienne coscénariste du cinéaste, Emmanuèle Berhneim. Rencontre avec le réalisateur et son acteur.

Vincent Raymond | Mercredi 22 septembre 2021

André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Vous avez hésité avant d’adapter le livre d’Emmanuèle Bernheim… François Ozon : En 2013, elle m’avait envoyé les épreuves son livre en me demandant si ça m’intéressait parce que plusieurs réalisateurs voulaient l’adapter. Je l'ai lu et l’ai trouvé très beau — elle m’avait raconté un peu l’histoire de son père. Mais je lui avais que je me sentais pas capable de raconter son histoire : c’était tellement personnel, tellement intime… Et la connaissant, je ne voyais pas trop où trouver ma place. J’ai passé mon tour. Là-dessus, Alain Cavalier a voulu faire un film avec elle (comme Pater avec Vincent Lindon) où elle jouait son propre rôle, elle a dit OK, et là elle a développé un cancer assez fulgurant dont elle est décédée. Le film de Cavalier s’est alors transformé en documentaire, Être vivant et le savoir. Après sa mort, j’ai relu le livre et tout d’un coup, je n’ai plus vu ce m’avait fait peur en 2013 — le sujet, la fin de vie, le suicide assisté — mais autre chose : la famille, son rapport à son père, la responsabilité d’organiser qu

Continuer à lire

Ange repasse

Anniversaire | On dit qu'il n'est pas toujours facile de fêter ses 50 ans. Ange peut vous en parler, qui a eu toutes les peines du monde à célébrer comme il se doit son (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 septembre 2021

Ange repasse

On dit qu'il n'est pas toujours facile de fêter ses 50 ans. Ange peut vous en parler, qui a eu toutes les peines du monde à célébrer comme il se doit son demi-siècle d'existence avec la tournée prévue à cet effet. Tout ça parce que le monde a chopé le Covid un mois après le lancement de ladite tournée. Voilà donc le groupe de Christian Descamps fêtant ses 50 balais l'année de ses 52. Les fans, généralement irréductibles, du monument du rock progressif à la Française qui révolutionna l'usage du clavier dans ce genre musical, n'en sont que plus motivés. Et seront à l'espace Paul Jargot ce 2 octobre.

Continuer à lire

C'est la saison des amours à la Cinémathèque

Cinéma | Dévoilée il y a quelques jours, la programmation de saison de la Cinémathèque de Grenoble s’articulera de septembre à décembre autour d’un cycle intitulé "La machine à parler d’amour", ponctué de plusieurs séances spéciales. Décryptage.

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

C'est la saison des amours à la Cinémathèque

C’était l’objectif principal de la nouvelle directrice de la Cinémathèque de Grenoble, Gabriela Trujillo : se concentrer sur « les vocations premières du lieu, en l’occurrence la conservation et la valorisation du fond de films de sa collection », tout en continuant son inscription « dans le réseau local, mais également celui des autres cinémathèques françaises et étrangères ». Après avoir longuement arpenté les lieux où sont stockés les films, elle a donc conçu sa programmation autour d’un cycle thématique emblématique, La machine à parler d’amour, avec en filigrane « l’idée du cinéma qui permet un dispositif amoureux qui se réinvente à chaque film ». Dernière avant destruction Inauguré ce jeudi 23 septembre autour de la programmation de L’Âge d’Or de Luis Buñuel et de deux courts-métrages, ce dernier se prolongera ensuite au travers notamment de films de Michel Piccoli (C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé), François Truffaut (La Femme d’à côté, en photo), Claire Denis (Trouble Every Day), Woody Allen (

Continuer à lire

DMX Krew, icône électro

Electro | Si beaucoup d’artistes électroniques construisent leur carrière autour d’un succès bref et massif sur lequel ils vont ensuite tenter de capitaliser avec (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

DMX Krew, icône électro

Si beaucoup d’artistes électroniques construisent leur carrière autour d’un succès bref et massif sur lequel ils vont ensuite tenter de capitaliser avec plus ou moins de bonheur, il en existe d’autres, plus rares, qui vont inlassablement creuser le même sillon avec passion, imperturbables aux modes et aux tendances du moment. Assurément Edward Upton, alias DMX Krew, appartient à la seconde catégorie. Rapidement repéré par Aphex Twin au milieu des années 90, qui le signe sur son label Rephlex alors qu’il n’en est encore qu’à ses débuts, l’Anglais DMX Krew va dès lors enchaîner les sorties avec une régularité quasi métronomique, entre deux et cinq par an en moyenne, et ce jusqu’à aujourd’hui. Au sein de cette discographie foisonnante, que personne ou presque n’a eu le courage d’explorer de fond en comble, aucun déchet. Passionné de synthétiseurs et de boîtes à rythmes vintage, il oscille d’une sortie à l’autre entre électro-funk, synth-pop, bass music, latin freestyle, italo disco, Hi-NRG, techno ou ambient, revisitant inlassablement les sonorités électroniques nostalgiques des années 80 avec un bonheur constant, pour lui comme pour ses auditeurs. En dépit de l

Continuer à lire

Les "road movies" à toute vitesse

ECRANS | Retour aux activités pour le Ciné-Club de Grenoble, qui ouvre sa saison avec un cycle dédié au road movie, inauguré par deux projections au cinéma Juliet Berto. (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

Les

Retour aux activités pour le Ciné-Club de Grenoble, qui ouvre sa saison avec un cycle dédié au road movie, inauguré par deux projections au cinéma Juliet Berto. Si le temps n’a pas été tendre avec Easy Rider (1969), projeté mercredi 29 septembre, le film de Dennis Hopper a néanmoins ouvert la voie à toute une flopée de road movies contestataires nettement plus intéressants, comme Point Limite Zéro (1971), projeté mercredi 6 octobre. Film de poursuite d’un minimalisme épuré, le long-métrage de Richard C. Sarafian suit un anti-héros rude et désenchanté, fuyant les illusions perdues de son passé dans une longue course sans retour sous amphétamine à travers les Etats-Unis. Métaphore à peine voilée d’une contre-culture ayant déjà délaissé l’utopie en faveur du nihilisme, Point Limite Zéro fait partie des films qu’on n’oublie pas.

Continuer à lire

Des forêts, des Hommes et des archives

Histoire | Avis aux amateurs de vieux parchemins, les Archives départementales proposent leur toute première exposition ! Au programme : l’histoire des rapports que l’Homme entretient avec la forêt depuis le Moyen-âge.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 septembre 2021

Des forêts, des Hommes et des archives

En choisissant d’explorer la thématique de la forêt, les Archives départementales avaient l’assurance de pouvoir sortir de leurs rayonnages un grand nombre de documents remarquables. Des documents qui témoignent de la complexe gestion des forêts isèroises dont les richesses ont toujours été prisées par des acteurs variés. Les seigneurs y chassaient, certains paysans y faisaient paître leurs bêtes, les villageois allaient y chercher du bois de chauffage, tandis que sous Louis XIV les exploitants fournissaient en matière première la marine navale et que, aux XVIIIe et XIXe siècles, les charbonniers s’y installaient, produisant sur place le charbon nécessaire aux forges… Devenues des espaces naturels où l'on vient désormais se ressourcer, nos forêts sont aujourd'hui préservées et éco-gérées (on préfère exploiter des forêts plus lointaines). Tout cela est donc raconté grâce à des documents qu’on n’a pas souvent l’habitude d’avoir sous les yeux. On pourra se délecter de la délicatesse des cartes, de la qualité des parchemins, des pleins et des déliés permis par l’usage de la plume et surtout de la diversité des écritures manuscrites... Un ensemble d’ob

Continuer à lire

L’Empereur et son image

Histoire | Des tableaux, mais aussi une mèche de cheveux, des couverts, un bicorne... L’exposition du couvent Sainte-Cécile revient sur les dernières années de l’itinéraire singulier de Napoléon. Une belle collection d’objets et d’images, qui invite à une réflexion sur le rôle de la représentation.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 septembre 2021

L’Empereur et son image

Intitulée Autour de la route des Alpes, l’exposition est constituée de trois sections : « la route des Alpes », « le quotidien de Napoléon » et « de la gloire à l’exil ». Pour notre part on distingue surtout deux corpus d’œuvres : d’un côté les objets, de l’autre les images. Parmi les objets, certains valent le détour pour leur valeur historique ou esthétique. On pense à cet étonnant lit pliant, à l’élégant bidet de campagne ou encore au très complet nécessaire de toilette, qui laisse imaginer que Napoléon n’était pas du genre à se négliger. D’autres objets pourront ravir les plus fétichistes des napoléophiles : une mèche de cheveux, une théière et des couverts en argent dont il a fait usage, et même l’un des fameux bicornes qu’il portait d’une manière volontairement reconnaissable. En effet, de même que Tintin a une houpette, Marylin Monroe une mouche et Mick Jagger une grosse bouche, Napoléon est indissociable de son bicorne. Maîtrise de l’image Napoléon avait une pleine conscience de la nécessité de maîtriser son image po

Continuer à lire

La Casemate renaît de ses cendres

Sciences | Après l’incendie criminel de 2017, revendiqué par des activistes anarchistes au nom d’une technophobie affirmée, la Casemate vient d’inaugurer ses nouveaux locaux réhabilités et redémarre l’ensemble de ses activités. Une bonne nouvelle à une époque où la défiance à l’égard des scientifiques prend une ampleur inédite.

Hugo Verit | Mardi 21 septembre 2021

La Casemate renaît de ses cendres

Bien sûr, c’était la fête. En ce jeudi 16 septembre d’inauguration, au premier étage d’une Casemate toute neuve, rénovée, lumineuse, ça souriait largement sous les masques, ça se congratulait allégrement entre élus et officiels tandis que plusieurs dizaines de personnes se pressaient dans les alcôves de la galerie, avides de découvrir les projets scientifiques présentés (un bac à sable interactif plein de couleurs permettant de réaliser des modélisations topographiques, la numérisation 3D de vertèbres afin d’observer les déformations subies par la colonne vertébrale, etc.) tout en dégustant des petits-fours et en sirotant un verre de vin. Oui, vraiment, c’était la fête et il s’agissait de le montrer. À qui ? Aux auteurs, toujours inconnus, de l’incendie criminel qui ravagea les lieux en novembre 2017 (sans faire de victime heureusement). « C’est un jour de renaissance et je pense aux gens qui travaillaient ici lorsque ces personnes, qui ne veulent rien comprendre à la science et à ce que l’on fait dans ce lieu, y ont mis le feu. Aujourd’hui, nous sommes encore plus forts », commençait Corine Lemariey, présid

Continuer à lire

Altin Gün, pari gagnant

Rock psyché | Si, le succès aidant, l’histoire d’Altin Gün est désormais bien connue (de jeunes musiciens hollandais tombent en adoration en découvrant la fabuleuse scène (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

Altin Gün, pari gagnant

Si, le succès aidant, l’histoire d’Altin Gün est désormais bien connue (de jeunes musiciens hollandais tombent en adoration en découvrant la fabuleuse scène folk-rock psychédélique anatolienne des années 60 et 70, et décident de fonder un groupe en son hommage accompagnés de musiciens et vocalistes d’origine turque), cela ne signifie pas qu’elle s’arrête là pour autant. Avec son troisième album Yol, sorti en début d’année, la formation opère ainsi un surprenant virage, en intégrant à sa musique des influences synth-pop et new age tout droit venues des années 80. Un pari potentiellement risqué mais finalement payant, le groupe réussissant à se renouveler sans jamais perdre en cours de route le charme inné de ses origines. Démonstration ce jeudi 23 septembre à 20h à la Belle Électrique.

Continuer à lire

Retina Set, nouvelle génération

Electro | C’est une scène qui n’a rencontré qu’un écho public modeste, mais dont l’influence sur la musique des années 2010 n’en a pas moins été déterminante : loin (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

Retina Set, nouvelle génération

C’est une scène qui n’a rencontré qu’un écho public modeste, mais dont l’influence sur la musique des années 2010 n’en a pas moins été déterminante : loin des territoires déjà amplement arpentés de la techno, de la house et de la disco, une nouvelle génération d’artistes électroniques, grandie avec internet, n’a cessé de jouer les apprentis sorciers avec les différentes sources musicales à sa disposition. Déconstruisant les codes de la club music telle qu’on la connaît, ils ont fusionné les nouveaux styles musicaux underground du monde entier aux classiques mainstream du R’n’B, du rap et de la pop dans un joyeux mélange à la fois, chaotique, expérimental et dansant. Et signé ainsi l’acte de naissance d’un nouveau monde musical post-moderne aussi euphorisant que déconcertant, d’une efficacité redoutable sur le dancefloor. Parmi les représentants français les plus talentueux de cette nouvelle vague futuriste, Retina Set a su marquer les esprits par ses blends avant-gardistes peaufinés avec soin, qui lui ont permis de sillonner les clubs les plus pointus d’Europe et d’Asie, tout en restant dans un relatif anonymat auprès du public néophyte. On est donc ravis de l

Continuer à lire

"Candyman" : double crochet du droit

Le film de la quinzaine | À la fois suite, reboot et extension de l’univers du Candyman originel de Bernard Rose (1992), ce nouveau chapitre signé Nia DaCosta utilise avec intelligence et efficacité les codes du genre pour s’emparer d’un thème toujours d’actualité dans cette Amérique où suffoque George Floyd : la discrimination raciale/sociale, ainsi que les violences associées. Pointu.

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Chicago, de nos jours. Artiste peintre en mal d’inspiration, Anthony McCoy vient d’emménager dans le quartier de Cabrini Green, autrefois ghetto noir, désormais gentrifié. Découvrant la “légende urbaine” de Candyman, le tueur au crochet ayant jadis sévi dans les environs, il va s’en inspirer pour ses nouvelles toiles… et provoquer la résurrection sanglante de ce vengeur des Noirs opprimés. Un même titre pour une autre histoire ? Disons plutôt une prolongation offrant une lecture politique actualisée, de surcroît par des auteurs afro-américains. En cela, il ne s’agit pas d’une nouveauté : souvenons-nous du précédent récent que constitue l’excellent The Birth of a Nation (2016) de Nate Parker, ce nécessaire contrepoint au sinistre long métrage homonyme signé Griffith en 1915. Las, Parker et son œuvre primée à Sundance se trouvent actuellement au purgatoire car une

Continuer à lire

"Hurricane" de Yoann Bourgeois : silence, moteur, ça tourne, action

Danse & cirque | Créé pour le prestigieux ballet de l'Opéra de Göteborg en Suède (qui a collaboré avec pas mal de chorégraphes de renom – Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 21 septembre 2021

Créé pour le prestigieux ballet de l'Opéra de Göteborg en Suède (qui a collaboré avec pas mal de chorégraphes de renom – Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet, Crystal Pite...) et répété entre janvier et mars 2020 avant d'être stoppé le lendemain de la première du fait de la crise sanitaire, le spectacle Hurricane du directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble Yoann Bourgeois débarque enfin chez nous. « Sur un plateau en mouvement, une mécanique de précision, les seize solistes de la compagnie vont apprendre à évoluer, s’aimer, se déchirer, se retrouver » nous assure la note d'intention. Nous avons pu découvrir le résultat en vidéo (nous n'avions pas le budget pour nous rendre fin août en Suède pour la deuxième première, désolé !) : c'est visuellement très fort, notamment grâce à cette scène qui tourne, qui tourne, jusqu'au vertige, au tourbillon – d'où le titre, "hurricane" se traduisant en français par "ouragan". Ou comment une micro-société se retrouve bringuebalée par des éléments extérieurs tout en résistant par la force du collectif. En tout juste 45 minutes, Yoann Bourgeois a mis en place une

Continuer à lire

Dans le Vercors, le slow n’est pas qu’une danse

Escapade | Les 25 et 26 septembre, Corrençon-en-Vercors vous invite à vivre selon les préceptes du "slow" pendant les Slow Days en Vercors. Au programme : gastronomie (...)

Jérémy Tronc | Mardi 21 septembre 2021

Dans le Vercors, le slow n’est pas qu’une danse

Les 25 et 26 septembre, Corrençon-en-Vercors vous invite à vivre selon les préceptes du "slow" pendant les Slow Days en Vercors. Au programme : gastronomie et œnologie, activités douces de pleine nature et ateliers bien-être. Cet événement est, selon les organisateurs, l’occasion de « se déconnecter et de prendre le temps d’apprécier l’essentiel ». Son nom fait référence au mouvement international dont l’objectif principal est de sensibiliser les citoyens à l'éco-gastronomie et à l'alterconsommation. Ce rendez-vous post-rentrée-stressante est parfait pour le public ciblé : l’urbain trop affairé pour prendre le temps de respirer et plus que jamais en quête de nature et de grands espaces après la crise de la Covid. Consciente de ses atouts, Corrençon organise ce rendez-vous annuel lui permettant d’affirmer son identité et de renforcer son positionnement auprès d’une clientèle plutôt citadine en quête de sens et de ressourcement. Son cadre naturel est l’un de ses attraits majeurs, sur lequel s’appuient les organisateurs pour proposer des expériences originales. Il y en a une quinzaine par jour, gentiment sportives mais surtout axées sur la détente et le

Continuer à lire

La Machinerie fabrique du lien social

Inauguration | La Machinerie, c’est le couteau suisse du lien social et du service aux habitants. Entre high-tech, bidouille et frigo solidaire, les Grenoblois trouvent ici, au cœur du quartier Villeneuve, des réponses concrètes à leurs besoins ou à leurs tracas quotidiens.

Jérémy Tronc | Mardi 21 septembre 2021

La Machinerie fabrique du lien social

« C’est un lieu unique ». L’expression a été entendu plusieurs fois lors des allocutions inaugurales de la Machinerie, le mardi 7 septembre. L’emplacement peut l’expliquer : la Machinerie occupe une surface réhabilitée de 400 m², au rez-de-chaussée de l'étonnant parking-silo arlequin, dans le quartier Villeneuve. Autre particularité du lieu : la variété et l'originalité des services proposés, répartis en trois pièces. À droite en rentrant, il y a la recyclerie le Pêle-mêle, temple de la récupération, de la seconde main et de la débrouille. Aziz Sall, l’animateur, transforme et customise tout ce que vous lui apportez, vieux tissus et vêtements principalement. Des ateliers de couture et d’upcycling sont aussi organisés chaque semaine. À gauche, autre salle, autre ambiance avec le Fablab. Des machines high-tech sont mises au service des adhérents : brodeuse numérique, imprimante 3D, découpeuse vinyle et laser, postes informatiques, presse à chauffer… « Nous voulons permettre à tout un chacun de fabriquer ses objets du quotidien et de répondre à ses besoins. L’idée n’est pas de faire à

Continuer à lire

Festival Respire : « La sobriété sans contrainte »

Ecologie | On dit que l’union fait la force. Après une première édition en 2019, le festival Respire de la Maison de la nature et de l’environnement de l’Isère (MNEI) (...)

Hugo Verit | Mardi 21 septembre 2021

Festival Respire : « La sobriété sans contrainte »

On dit que l’union fait la force. Après une première édition en 2019, le festival Respire de la Maison de la nature et de l’environnement de l’Isère (MNEI) s’associe cette année au Village des alternatives de l’association Alternatiba, afin d’organiser un événement commun de sensibilisation aux solutions pour plus de sobriété écologique. Plus de 70 associations seront présentes dans le Parc Paul-Mistral, réparties en huit quartiers thématiques (énergie, biodiversité, mobilité, finances solidaires, etc.), pour informer le grand public, et le rassurer aussi : « Il s’agit de montrer aux gens que l’on peut vivre sobrement et sans contrainte, que des alternatives simples existent. Le constat que l’on dresse, c’est qu’il ne suffit pas d’être informé pour changer, il faut aussi être accompagné dans le changement qui peut faire peur », affirment Anne-Lise Naizot, directrice de la MNEI et Justine Solier, membre du collectif Citoyens pour le climat. Sur place donc, des assos comme l’Alec (Agence locale pour l’énergie et le climat) qui montrera comment faire des économies d’énergies chez soi ou encore le Repair café où l’on apprend à réparer toutes sortes d’obj

Continuer à lire

Un dimanche à Babel

Festival | Deux occasions encore de bruncher en musique avec Détours de Babel, dimanche 26 septembre et dimanche 3 octobre au Musée Dauphinois, toute la journée à (...)

Valentine Autruffe | Mardi 21 septembre 2021

Un dimanche à Babel

Deux occasions encore de bruncher en musique avec Détours de Babel, dimanche 26 septembre et dimanche 3 octobre au Musée Dauphinois, toute la journée à compter de 10 heures. Cette formule est devenue « un moment précieux très apprécié par le public », se félicite Benoît Thiebergien, directeur du festival. Des capsules live, échantillons de la riche programmation, s’enchaînent et permettent au public de picorer ce qui lui plaît. Nous (on l’a déjà dit), on aime particulièrement Call to Prayer, à entendre le 26 septembre, ainsi que la voix de Climène Zarkan avec Sarāb. Quant au 3 octobre, on se laissera volontiers emmener en voyage amoureux – hâl – par le franco-iranien Keyvan Chemirani, et emporter par le violon-voix d’Anzhela Simonyan. Idéal pour une première rencontre avec le monde de Détours de Babel, le brunch est accessible sur tarif au choix de 3€ à 20€.

Continuer à lire

Marion Cotillard - Flore Vasseur : « On arrive à un point où on engage le processus vital »

Documentaire | Produit par Marion Cotillard, réalisé par Flore Vasseur, Bigger Than Us empile les témoignages de jeunes adultes porteurs d’initiatives citoyennes et/ou environnementales partout sur le globe. Un documentaire un peu trop lisse qui cependant donne l’occasion de s’emparer d’un sujet hélas brûlant : l’urgence d’agir. Rencontre.

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Marion Cotillard - Flore Vasseur : « On arrive à un point où on engage le processus vital »

Le titre de votre documentaire est porteur d’une intéressante ambivalence : Bigger than us évoque à la fois la dimension tétanisante d’une entreprise dont l’immensité peut (ou doit) justement dynamiser, galvaniser le spectateur… Flore Vasseur : C’est relativement assumé. D’habitude, j’ai toujours du mal à trouver les titres, et plutôt à la fin. Là, il nous est tombé dessus avant même le début. Je tournais autour des concepts de bigger than life — ces personnages souvent américains comme Martin Luther King, qui font des choses plus grandes que la vie. J’avais envie de parler du nous, pas d’être dans une dimension individualiste. C’était important aujourd’hui de montrer qu’on est “un seul”. Le titre est sorti, et je suis arrivé assez timidement devant Marion et Denis Carot [le coproducteur du film] et on a tout de suite cliqué en assumant le fait que ça voulait dire plein de choses différentes. C’est la magie d’un bon, d’un vrai titre, pour moi. Et vous avez raison, le premier entendement, est que l’on est dans un constat d’impuissance face à des choses bien plus grandes que

Continuer à lire

Cycle et ateliers ciné : à l’école du regard

Ateliers | En cette période fleurant bon le cartable neuf et le protège-cahier frais, il est une rentrée que l’on attend avec plus de hâte que les autres : celles du (...)

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Cycle et ateliers ciné : à l’école du regard

En cette période fleurant bon le cartable neuf et le protège-cahier frais, il est une rentrée que l’on attend avec plus de hâte que les autres : celles du cinéma le matin et des cours de cinéma prodigués au Méliès respectivement par Laurent Huyart (un mercredi par mois à 9h) et Jean Serroy (un jeudi par mois à 20h). Dès le mercredi 29 septembre à 9h, on reprend donc les saines habitudes : un cycle de 5 films fonctionnant par paires — le premier étant la comédie fantastique et sentimentale de Mankiewicz, L’aventure de Mme Muir (1949), avec certes Rex Harrison, mais surtout Gene Tierney. Suivront notamment dans l’année Les Amants du Capricorne (1949) d’Hitchcock ou Les Gens de la pluie (1969) de Coppola, assez rares sur grand écran. Côté séances vespérales, on attaque un voyage rétrospectif en dix étapes sur les années 2000 — comprenez, sur le début du XXIe siècle. Première escale le jeudi 30 septembre dans l’univers de Pedro Almodóvar avec Parle avec elle (2002), pur mélo et cert

Continuer à lire

"Vues d'en face", 21e édition du Festival international du film LGBT+

Festival | À l’instar de nombreuses manifestations printanières vitrifiées par la crise sanitaire, le Festival International du Film LGBT+ de Grenoble a refusé (...)

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

À l’instar de nombreuses manifestations printanières vitrifiées par la crise sanitaire, le Festival International du Film LGBT+ de Grenoble a refusé l’hypothèse d’une année blanche et s’est repositionné cet automne. Bien lui en a pris : il bénéficie d’un boulevard en cette rentrée, ainsi que d’œuvres libérées de leurs exclusivités — comme la récente et très réussie Queer Palm cannoise, La Fracture de Catherine Corsini, gros plan sur une nuit aux urgences durant le mouvement des gilets jaunes. Précédé le mercredi 22 septembre par une sélection de courts métrages, mais débutant officiellement le 30 septembre par A Good Man de Marie-Castille Mention-Schaar (en sa présence), Vues d’en face attaque les débats par un film doté du "label Cannes 2020" mais clivant. Il a en effet beaucoup été reproché à Noémie Mertant qu’elle interprète le rôle d’un personnage transgenre — en sous-entendant de fait que les acteurs ou act

Continuer à lire

Les films de la quinzaine : La Voix d'Aïda, La Traversée, Tout s'est bien passé...

Théma | Pile, la vie qui continue, l’espoir… Face, le néant. Entre les deux, l’exil, la maladie ou le combat, pour abolir le désastre ou précipiter la fin. Refuser de basculer de l’autre côté ou y courir, telle est la question…

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Les films de la quinzaine : La Voix d'Aïda, La Traversée, Tout s'est bien passé...

Sur le fil, jusqu’au bout : au printemps dernier, La Voix d'Aïda de Jasmila Žbanić (22/09) aurait pu valoir à la Bosnie-Herzégovine son deuxième Oscar du film international. Voire aurait dû pour sa prescience. Car s’il évoque le passé — en se déroulant durant la chute de Srebrenica en 1995, quand l’ONU laisse la ville aux mains de Mladic —, il trouve un stupéfiant écho dramatique avec l’actualité afghane. On y suit la course folle d’Aïda, interprète pour les Casques Bleus, tentant d’exfiltrer son mari et ses fils alors que la milice se rapproche. Ce film glace les sangs par son tragique (et hélas historique) suspense, transmettant l’étouffement progressif saisissant Aïda. Respectueux des victimes, il rappelle la réalité des épurations ethniques comme la fragilité de la paix. Sur une thématique voisine mais dans un traitement fort différent, La Traversée de Florence Miailhe (29/09) relate sous forme de conte atempore

Continuer à lire

Rentrée littéraire : les dents et on lit !

Livres | Embouteillage de nouveautés sur les étagères des librairies. Comme chaque mois de septembre, 500 à 600 livres sont publiés plus ou moins simultanément. On est allés au Square pour obtenir les bons conseils du libraire.

Valentine Autruffe | Mardi 21 septembre 2021

Rentrée littéraire : les dents et on lit !

Chaque année, on se demande lesquels choisir dans ce foisonnement de bouquins. On lit des articles, on épluche les sélections des prix littéraires… Mais rien ne vaut le conseil du libraire du quartier. « C’est assez magique que la rentrée littéraire soit un événement en soi. Dans cet océan, la tâche du libraire, c’est de savoir retenir. Mais en réalité ce travail de défrichage, d’accompagnement, de promotion est permanent », introduit Nicolas Trigeassou, directeur de la librairie Le Square, qui comme les membres de son équipe a lu, au bas mot, une quarantaine de livres cet été. Un roman grenoblois d’abord Parmi eux plusieurs coups de cœur, à commencer par une œuvre grenobloise, L’invention de Louvette, premier roman de Gabriela Trujillo. « Un livre absolument foisonnant, pétillant, sur une femme qui renoue avec l’enfant qu’elle était, en Amérique centrale. » La Fille qu’on appelle, de Tanguy Viel, a également séduit Nicolas Trigeassou. Il raconte l’histoire d’un boxeur en fin de carrière, chauffeur d’un maire très ambitieux, qui tente d’aider sa fille à obtenir un logement social. « La force de ce livre, c’est qu’il é

Continuer à lire

William Forsythe, le Ballet réanimé

Danse | Retour sur le plateau pour le Ballet de l’Opéra de Lyon qui reprend deux classiques (de Mats Ek et Keersmaeker) et fait entrer à son répertoire le déroutant et silencieux N.N.N.N. de William Forsythe.

Nadja Pobel | Mardi 21 septembre 2021

William Forsythe, le Ballet réanimé

L’Américano-allemand et maître du néo-classique William Forsythe renoue avec le quatuor qu’il avait porté à la perfection dans l’une de ses premières pièces, Steptext, en 1985. Dans N.N.N.N., créée en 2002, plus de Bach mais un silence absolu. Exit aussi la seule danseuse et place à quatre corps masculins pour un travail savant sur les bras qui se confondent, tournoient. Souvent ils sont ballants voire récalcitrants. Les interprètes tentent des figures proches de celles des arts martiaux mais ils paraissent désemparés avec ces deux membres qu’ils s’efforcent d’animer, comme s’ils attendaient qu’un marionnettiste les manient. C’est ensemble qu’ils existent vraiment et parviennent à les apprivoiser, jusqu’à la disparition en un clin d’œil de tout leur corps, comme une nuée d’oiseaux dont l’impact est renforcé par cette absence de musique. Seuls le souffle et les déplacements se font entendre. Le ballet de l’opéra de Lyon se pare ensuite d’œuvres qui lui sont très familières, à commencer par le Solo for two de Mats Ek sur la partition au piano extrêmement épurée d’Arvo Pärt. Caelyn Knight et Leoannis Pupo-Guillen l’ont parfaitement intégré et re

Continuer à lire

Le Bouillon, cantine antigaspi

Resto | C’est dans l’un des espaces partagés de la toute nouvelle Capsule de l’association Cap Berriat – qui aura donc réussi à dénicher des jolis locaux de 1000 mètres (...)

Hugo Verit | Mardi 21 septembre 2021

Le Bouillon, cantine antigaspi

C’est dans l’un des espaces partagés de la toute nouvelle Capsule de l’association Cap Berriat – qui aura donc réussi à dénicher des jolis locaux de 1000 mètres carrés, mais ce n’est pas le sujet – qu’Adrien et Arnaud ont ouvert Le Bouillon le 6 septembre dernier. Un restaurant associatif grenoblois qui ne propose que des plats cuisinés à partir d’invendus, directement récupérés auprès des producteurs à des prix attractifs, voire très très attractifs : « La semaine dernière, on a hérité de 50 kilos de courgettes, et le producteur a tenu à ce qu’on ne les paye pas ! » raconte Arnaud. Entrée/plat/dessert à 10€ Des bons plans qui permettent de proposer aux clients un menu complet (entrée/plat/dessert) pour seulement 10 euros, élaborés avec de bons produits du coin, souvent bio, qui auraient pu finir à la poubelle… « On est dans une logique écolo antigaspillage et de réduction des déchets. On souhaite aussi promouvoir une nouvelle alimentation saine, locale, végétarienne, la plus accessible possible. Pour cela, on invite les gens à venir cuisiner avec nous le matin, dès le mois d’o

Continuer à lire

Balladur au mal

Synth-pop | « Tu nous manques Balladur ! », tel le Sébastien du film Libre et Assoupi de Benjamin Guedj incarné par Baptiste Lecaplain, voici les mots (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 septembre 2021

 Balladur au mal

« Tu nous manques Balladur ! », tel le Sébastien du film Libre et Assoupi de Benjamin Guedj incarné par Baptiste Lecaplain, voici les mots régulièrement prononcés par les critiques du Petit Bulletin Grenoble lorsqu'ils se réveillent en sursaut. Peu de concerts de Balladur à Grenoble sans qu'on dise quelques mots de l'affection maison pour le groupe homonyme du plus grand Premier ministre de la Ve République (on déconne, hein). C'est que la formation villeurbannaise n'a jamais cessé de (nous) surprendre en trois albums et autant d'EP d'existence. Entamé comme un projet porté sur la cold-wave, Balladur s'est rapidement mué en une drôle de machine métamorphe s'autoproclamant d'obédience disco-noise-tropicale (pour ce que ça peut bien vouloir dire). En réalité, Balladur donne une synth-pop ouverte aux quatre vents. La Vallée étroite, qui donne son titre à leur dernier album en date, toujours publié sur le label Le Turc Mécanique, ressemble davantage à la vallée du Nil qu'au goulet d'étranglement d'une rivière sans retour – ou au col de l'Échelle qui est la véritable référence voulue par le groupe pour ce titre, sur le

Continuer à lire

Atlas des musiques du monde

Sono mondiale | Strange Days. Que voilà un titre d'album et de spectacle particulièrement à propos pour illustrer les jours étranges que la reprise progressive d'activité ne (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 septembre 2021

 Atlas des musiques du monde

Strange Days. Que voilà un titre d'album et de spectacle particulièrement à propos pour illustrer les jours étranges que la reprise progressive d'activité ne parvient pas tout à fait à effacer. Comme par une sorte de prémonition Natacha Atlas avait pourtant enregistré et publié son dernier album en date avec Samy Bishai avant que le grand blocage ne commence : en l'an de grâce 2019. Après un report l'an dernier la chanteuse anglo-égyptienne née en Belgique vient enfin le présenter sur la scène du Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival et ce n'est pas la moitié d'un événement. On a tendance à l'oublier mais Atlas est rien moins qu'une pionnière du genre qu'on appelait alors un peu abusivement "musiques du monde" et qui eut tôt fait de réunir en une vaste ratatouille musicale tout ce qui en la matière n'émanait pas du monde occidental. De sa première expérience avec le groupe Transglobal Underground à ses expériences solo, la chanteuse à la voix unique est parvenue à noyauter aussi bien les milieux branchés (elle

Continuer à lire

Asian Dub Foundation x La Haine, l'insurrection qui vient

Ciné-concert | En pleine ère brit-pop, au milieu des années 90, une bande de jeunes angliches d'origine paki était venu dynamiter ce paysage musical pour petits blancs (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 septembre 2021

Asian Dub Foundation x La Haine, l'insurrection qui vient

En pleine ère brit-pop, au milieu des années 90, une bande de jeunes angliches d'origine paki était venu dynamiter ce paysage musical pour petits blancs grandes gueules mais inoffensifs. Sa gueule, Asian Dub Foundation, l'ouvrait plutôt deux fois qu'une pour dénoncer les injustices occidentales et le racisme rampant (souvent tout ça en même temps) à coups de disques napalmés, au croisement du rap, de la bass music et du rock fusion coup de boule à la Urban Dance Squad/Rage Against the Machine. ADF s'impose alors avec une poignée d'albums tels que Rafi et Facts & Fictions. Mais c'est surtout sur scène que le groupe joue les grenades dégoupillées, dans le sillage du flow incendiaire de Deeder Zaman, qui tient le crachoir du groupe depuis ses 14 ans (il le quittera au début des années 2000 pour travailler dans le social) et de Chandrasonic, guitariste joueur (il accorde son instrument comme un sitar et en joue parfois avec un couteau). Jamais à court d'innovations, le groupe multiplie les projets sortant du lot, un opéra dub-punk au milieu en 2006 et un ciné-concert sur La Bataille d'Alger pour souligner le parallè

Continuer à lire

Émilie Chaumet, l'art au bout du fil

Cousu main | Émilie Chaumet investit le champ de la création contemporaine avec un travail qui revivifie la technique traditionnelle de broderie. Ça se passe au Vog à Fontaine pour le plus grand bonheur de ceux d’entre-vous qui auront la bonne idée d’aller y faire un tour.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 septembre 2021

Émilie Chaumet, l'art au bout du fil

Territoire vu du ciel, profil de visage, élément végétal, texture minérale… ? Face aux compositions d’Émilie Chaumet, notre regard (qui a la fâcheuse manie de toujours vouloir reconnaître les formes qui se présentent à lui) peut longtemps s’interroger. L’artiste, en effet, joue à entretenir un trouble perceptif en créant des figures dont on ne sait si elles renvoient à l’infiniment près ou à l’infiniment lointain – ceci d’autant plus que le format circulaire des œuvres évoque autant la vision au travers d’une longue vue que celle que permet un microscope. Mais si elle adopte ce format arrondi c’est aussi tout simplement qu’il s’agit de celui des tambours à broder sur lesquels elle travaille pendant de longues heures. Des ouvrages de broderie précis et minutieux dans lequel elle réinvestit certaines explorations graphiques dont elle présente une série sur un mur de l’exposition. « La réalisation de ces dessins est le moment le plus intime de ma création. Il n’y a aucune réflexion, je laisse aller » confie-t-elle à leur propos. À notre tour de laisser aller notre regard au fil du trait de son crayon. Textiles épidermiques L’ensemble de l’œuvre d’Emil

Continuer à lire

Galilée éclairé

SCENES | En choisissant de monter un texte passionnant et d'une actualité tragiquement permanente, Claudia Stavisky signe, avec La Vie de Galilée, son meilleur (...)

Nadja Pobel | Mardi 21 septembre 2021

Galilée éclairé

En choisissant de monter un texte passionnant et d'une actualité tragiquement permanente, Claudia Stavisky signe, avec La Vie de Galilée, son meilleur spectacle depuis Blackbird (2008). Dans un décor clos tout en hauteurs, dans lequel Galilée se calfeutre, étouffe et travaille à notre discernement, elle signe une mise en scène sobre qui rend grâce à ce mathématicien pour qui le but des sciences est de « poser une limite aux erreurs infinies ». Au XVIIe siècle, Galilée n'a eu de cesse de s'opposer aux lois divines et d'étayer, via l'observation des astres, les hypothèses de Copernic avant lui : la Terre tourne autour du Soleil. Dans ce texte dont l'écriture est entamée au commencement de la Seconde Guerre mondiale et sera révisé jusqu'à la mort en 1956 de Bertolt Brecht, le dramaturge dit l'impossible humilité de l'humain face à l'univers et les ravages des dogmes religieux, ridicules, tellement ridicules. Philippe Torreton endosse avec gravité cette responsabilité au fil des décennies que traversent son personnage. L'acteur, qui

Continuer à lire

Venice VR Expanded : entrez dans le film grâce à la réalité virtuelle

Expérience | Jusqu'au 19 septembre, la MC2 invite les spectateurs, dès 14 ans, à découvrir la réalité virtuelle.

Valentine Autruffe | Jeudi 9 septembre 2021

Venice VR Expanded : entrez dans le film grâce à la réalité virtuelle

Un rugissement rauque retentit au loin. Bom ! Bom ! Bom ! Soudain à gauche, surgit entre les hautes herbes un tyrannosaure pressé. Il passe juste sous notre nez, sans un regard (ouf). On regarde sa longue queue se balancer au rythme de son trot lourd, quand surgit la raison de sa fuite : un dinosaure encore plus gros et plus impressionnant. Petit bond de surprise dans la poitrine, mains crispées sur les rebords de la chaise. Comment s’appelle ce dinosaure, déjà ? Genesis, une vidéo de 13 minutes qui retrace la naissance de notre planète, jusqu’à nos jours. C'est l’une des nombreuses propositions de Venice VR Expanded, rendez-vous de la rentrée à la MC2, mis en place en lien avec la Biennale de Venise qui a créé l’événement. Plus que de simples films, c’est une véritable palette d'expériences mise à disposition du public, grâce à la réalité virtuelle. Le spectateur est invité à passer le masque/casque pour vivre toute une sélection de films et jouer à des jeux, manettes en main. De la visite de l’ISS à In The Mist, film réservé aux plus de 18 ans, chacun trouvera s

Continuer à lire

Expérience ViaRhôna : le cyclisme rêvé

ESCAPADES | Avec l’événement Expérience ViaRhôna, l’association 812 vous propose de découvrir les 18 et 19 septembre une petite partie de cet itinéraire cyclable qui relie le lac Léman à la Méditerranée. Au programme : un peu de pédalage et plein de découvertes patrimoniales, naturelles et gastronomiques. L’expérience vous tente ?

Article Partenaire | Mercredi 8 septembre 2021

Expérience ViaRhôna : le cyclisme rêvé

Imaginez : vous avez 25 km ou 45 km à parcourir à vélo (une broutille), et toute la journée pour en profiter sous un soleil généreux (on espère) et presque automnal. Qu’allez-vous faire ? Profiter des points de vue ? Participer aux rencontres organisées pour vous sur les ravitaillements avec des producteurs et des viticulteurs ? Visiter les richesses patrimoniales et naturelles ? Les parcours, tracés par les organisateurs, vous permettront tout cela et plus encore. Vous n’aurez qu’à vous laisser guider et à suivre l’application qui vous indiquera même tous les bons plans en fonction du lieu où vous vous trouvez. Présentée ainsi, comment ne pas résister à l’Expérience ViaRhôna ? Dans les cartons depuis deux ans, l’événement organisé par l’association 812 se concrétisera les 18 et 19 septembre. « Avec les trois parcours proposés, nous voulons toucher le public le plus large, explique Rémi Guyot de l’association, mais l’expert vélo n’est pas notre cible. » Trois parcours de découverte Principe de l’évé

Continuer à lire

Sin Eden Sublime : « Moi, je voulais être la Cathy Guetta du cul ! »

Podcast | Fetish, kink et toutes autres pratiques sexuelles alternatives : tels sont les sujets de prédilection de Sin Eden, podcasteuse lyonnaise qui comptabilise depuis juillet 2020 des milliers d’écoutes sur les plateformes. Rencontre.

Louise Grossen | Mercredi 8 septembre 2021

Sin Eden Sublime : « Moi, je voulais être la Cathy Guetta du cul ! »

Le BDSM, l’écriture érotique, le tantra, les TDS, (travailleuses du sexe), les bébés adultes ou simplement les questions de genre… Autant de sujets traités dans le podcast de Sin Eden (alias Morgane), à travers des épisodes de 30 minutes, comme « une invitation à la suivre dans son voyage autour de la sexualité. » Un espace sans tabou, où elle libère la parole sous forme d’échange, de témoignage et de narration. Sexothérapeute de formation, Morgane l'affirme : « depuis que je suis ado, j’ai toujours voulu travailler dans le domaine des sexualités. Je ne savais pas ce que ça voulait dire mais c’était déjà une véritable obsession, au regret ma mère ! J’étais très provoc' à l’école. À l’époque, la sexualité n’était pas aussi libérée que maintenant… Ça m’a causé bien des problèmes, mais ça ne m’a pas arrêté, je voulais comprendre. » Connaître et explorer des sujets sur tous les genres, toutes les orientations, les formes et les pratiques sexuelles afin de mettre en lumière l’ensemble des manières possibles de vivre et d’

Continuer à lire

Saint-Martin-d'Hères : Mon Ciné se refait une beauté

ECRANS | Réouverture le 8 septembre de Mon Ciné à Saint-Martin-d’Hères, après un été rythmé par les travaux : nouvel écran, rafraîchissement des peintures, rénovation des sols, (...)

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

Saint-Martin-d'Hères : Mon Ciné se refait une beauté

Réouverture le 8 septembre de Mon Ciné à Saint-Martin-d’Hères, après un été rythmé par les travaux : nouvel écran, rafraîchissement des peintures, rénovation des sols, de quoi accueillir le public dans des conditions optimales. Gageons qu’il viendra en nombre pour la soirée spéciale programmée par la salle le 16 septembre, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Delphine et Carole, insoumuses, un documentaire sur la rencontre entre la comédienne Delphine Seyrig et la vidéaste Carole Roussopoulos, sera projeté. Leur engagement teinté d’un humour insolent, sur fond de féminisme seventies, est retracé avec affection par la réalisatrice Callisto Mc Nulty, la petite-fille de Carole Roussopoulos.

Continuer à lire

Scènes obliques : en route vers l'Espace interculturel de la montagne

ESCAPADES | Vendredi 17 et samedi 18 septembre, l'association Scènes obliques, à qui l'on doit chaque été l'exigeant festival L'Arpenteur, proposera dans le Grésivaudan la deuxième édition de ses Rendez-vous au manoir, préfiguration d'un futur et intrigant Espace culturel international de la montagne.

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

Scènes obliques : en route vers l'Espace interculturel de la montagne

De la musique (des Balkans, avec Stracho Temelkovski), des projections (de courts-métrages documentaires par Tomas Bozzato avec un groupe d'élèves du collège Belledonne) ou encore d'autres propositions assez atypiques (comme une pièce radiophonique immersive de Jean-Manuel Warnet sur une expédition au Groenland) : avec la deuxième édition de ses Rendez-vous au manoir, l'équipe de l'association Scènes obliques continue le travail qu'elle mène à l'année dans le Grésivaudan, notamment avec son festival L'Arpenteur. Tout en annonçant la suite, ambitieuse. « Avec ces Rendez-vous, on essaie déjà d’esquisser ce que sera l'Espace culturel international de la montagne (ECIM) sur lequel on travaille depuis trois ans, avec l'idée d'en faire un centre culturel de rencontre, du nom de ce label d'État su

Continuer à lire

Icare touché par le virus

Envol | L’édition 2021 de la Coupe Icare a du plomb dans l’aile. En raison du contexte sanitaire, les organisateurs ont été contraints d’annuler ses temps (...)

Jérémy Tronc | Mardi 7 septembre 2021

Icare touché par le virus

L’édition 2021 de la Coupe Icare a du plomb dans l’aile. En raison du contexte sanitaire, les organisateurs ont été contraints d’annuler ses temps forts emblématiques : l’Icarnaval (concours de vols déguisés), l’Icare Show (démonstrations aériennes), l’Icare Mômes ainsi que toutes les animations implantées sur le site de Lumbin. « Il n’est techniquement pas possible de vérifier le passe sanitaire de 60 000 personnes », expliquent-ils dans un communiqué où l’on trouve tout de même de bonnes nouvelles. Parmi elles, un budget doublé pour les Icare Folies, la programmation artistique déroulée dans les rues et places de Saint-Hilaire-du-Touvet. De nombreux concerts et spectacles de rue et sur scène sont proposés chaque jour, du matin au soir (planning sur le site de la manifestation). Autre bonne raison de grimper à Saint-Hilaire : les Icare du cinéma, festival international du film de vol libre et de sports aériens, avec des réalisations et des images de plus en plus spectaculaires, comme l'atteste le teaser de la compétition. Pour participer à la Coupe Icare, il est nécessaire de prendre un e-billet sur le site internet et de prévoir son passe sa

Continuer à lire

La Belle Braderie, une première signée Les Mondaines

Conso | Rendez-vous dimanche 19 septembre dans le centre-ville de Grenoble pour une braderie orientée artisanat local, des ateliers DIY et 10 heures de musique live.

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

La Belle Braderie, une première signée Les Mondaines

Un événement commercial Label Ville, "pimpé" par Les Mondaines : dimanche 19 septembre l’hyper-centre de Grenoble (rues de Bonne, de Sault, Millet et de la Poste) accueille la première édition de La Belle Braderie. « On a sourcé une trentaine de créateurs locaux, mixés avec les plus belles boutiques de Grenoble », résume Noemi Martinelli, co-fondatrice des Mondaines. En faisant appel à ces dernières, l’idée d’Emmanuel Lenoir, président de Label Ville (le groupement des unions commerciales de Grenoble), était de donner un coup de jeune à la traditionnelle braderie de rentrée, afin qu’elle soit davantage qu’un étalage des stocks des boutiques. « C’est une façon de militer pour une consommation locale, avec des artisans qui se sont engagés pour prop

Continuer à lire

Mathieu Amalric : « Notre génération a fait beaucoup de progrès avec l’émotion »

Entretien | Une femme feint de quitter son mari et ses enfants ; en réalité, ceux-ci ont disparu dans une avalanche et elle préfère leur inventer une vie à part de la sienne. Tel est l’argument du nouveau film réalisé par Mathieu Amalric, kaléidoscope mental et fascinant, où chaque détail compte. Propos rapportés d’une conversation fleuve…

Vincent Raymond | Mercredi 8 septembre 2021

Mathieu Amalric : « Notre génération a fait beaucoup de progrès avec l’émotion »

Le son de votre film débute non par la Norma de Bellini du distributeur Gaumont, ni les jingles des autres coproducteurs Canal+ et Arte, mais par la musique que vous avez choisie pour votre générique. Est-ce vous qui l’avez imposé ? Mathieu Amalric : Oui oui ! Ils ont eu cette gentillesse. Ça n’a pas été un débat ni un conflit à la force du poignet. Franchement, il ne fallait pas d’autre musique, quoi ! Parfois, quand on est spectateur, il y a des logos tellement sophistiqués qu’on pense que c’est le début et… ah non ! En fait, on ne sait plus quand les films commencent. Là, ça commence par la musique jouée par Marcelle Meyer, la même pianiste qu’au générique final. Comment Je reviens de loin, la pièce que vous adaptez ici, vous est-elle parvenue ? Grâce à un ami, acteur et metteur, Laurent Ziserman. On se connaît depuis toujours : il avait joué dans mon premier court métrage, Sans rires. C’est lui qui va monter aux Célestins l’année prochaine l’adaptation de

Continuer à lire

Champiloop agréée entreprise solidaire

Entreprise | Champiloop, champignonnière urbaine fondée en 2020, a été reconnue le 1er septembre Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS). Cet agrément permet aux (...)

Jérémy Tronc | Mardi 7 septembre 2021

Champiloop agréée entreprise solidaire

Champiloop, champignonnière urbaine fondée en 2020, a été reconnue le 1er septembre Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS). Cet agrément permet aux entreprises commerciales qui respectent des critères stricts d’être considérées comme structure de l’Économe sociale et solidaire, au même titre que les structures historiques (coopératives, association, fondations, mutuelles). « L’agrément vient ancrer la recherche d’une utilité sociale dans nos statuts », expliquent Hamid Sailani et Maxime Boniface, les deux fondateurs, qui pourront bénéficier d’aides et de financements spécifiques. Champiloop produit des pleurotes et shiitakés en économie circulaire, vendus en circuits-courts sur l’agglomération grenobloise. www.champiloop.com

Continuer à lire

Journées du patrimoine : l'industrie c'est sexy !

CONNAITRE | Pas facile de faire son marché dans le riche programme des Journées européennes du patrimoine (les 18 et 19 septembre). De notre côté, nous avons sélectionné cinq lieux en suivant un fil rouge : le patrimoine industriel. Pas sexy ? Ben si, la preuve par cinq.

Jérémy Tronc | Mardi 7 septembre 2021

Journées du patrimoine : l'industrie c'est sexy !

Centrale hydroélectrique troglodyte de Loury « Quelle idée de construire une centrale hydroélectrique dans un tel endroit ! » Voilà le genre de réflexion que l’on est amené à se faire à l’approche du site, pourvu d’un baudrier, d’un casque et d’une longe. Équipement obligatoire pour accéder à la centrale creusée dans la falaise, juste à côté d’une gorge d’où sourd le ruisseau de Laval, dans le massif de Belledonne. Il s’agit de la première centrale troglodyte de France, inaugurée en 1907 et qui a fonctionné jusqu'en 2015, à l'initiative de Maurice Bergès. Derrière l’immense vitrail qui domine le cours d’eau et qui ferme la grotte, il reste des témoins de cette industrie qui a démocratisé l’usage de l’électricité dans la région : conduite forcée, turbines et alternateurs. Une découverte incongrue ici ! Histo bus Dauphinois L’histoire des transports en commun de Grenoble et de l’Isère n’est a priori guère susceptible de vous passionner ? Vous allez changer d’avis dès lors que vous pénétrerez dans l’espace

Continuer à lire

Olivia Moore : moi, moi, mon toit

Humour | Mère indigne, maintenant Égoïste : l'humoriste Olivia Moore (qui, pour la petite histoire, vient du monde de l’entreprise mais a tout envoyé balader il (...)

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

Olivia Moore : moi, moi, mon toit

Mère indigne, maintenant Égoïste : l'humoriste Olivia Moore (qui, pour la petite histoire, vient du monde de l’entreprise mais a tout envoyé balader il y a une dizaine d'années pour tenter l'aventure de la scène) aime les titres de spectacle qui ne la mettent pas en valeur. Ce qui, paradoxalement, lui donne de la valeur dans le vaste paysage de l'humour ! « Tout le monde cherche le Grand Amour. Je l’ai trouvé, c’est moi » raconte-t-elle dans Égoïste, seule-en-scène certes conventionnel dans son sujet (en gros, la vie quotidienne et tous ses aléas qui peuvent prêter à rire – les rencontres amoureuses, la famille, le rapport à notre physique...), mais qu'elle aborde avec un sens de l'écriture (il y a plein de remarques bien senties) et un sens du rythme (on ne s'ennuie pas) efficaces et appréciables. Notamment lorsqu'elle, mère célibataire, évoque son retour sur le marché de la drague (marché qui a bien changé) ou lorsqu'elle n'arrive pas à être aussi bienveillante que la société le demande. Dur boulot que de ne pas être égoïste !

Continuer à lire

"Boîte noire" : crime en bande réorganisée

ECRANS | Un analyste opiniâtre du BEA, ayant découvert que les enregistrements d’un crash aérien ont été truqués, se trouve confronté à l’hostilité générale… Yann Gozlan creuse le sillon du thriller politique, lorgnant ici le versant techno-paranoïde et transposant l’esprit du ciné US des années 1970 aux problématiques contemporaines. Brillamment réalisé.

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Après le crash du vol Dubaï-Paris, un jeune analyste prodige détecte que les pistes sonores des boîtes noires ont été trafiquées. Au fur et à mesure d’une enquête qui l’isole de plus en plus et mine son couple, il réalise la compromission de responsables industriels et politiques. Et que sa propre vie paraît, elle aussi, en danger… Toute incursion dans le thriller politique — jadis domaine régalien du cinéma américain, un peu en déshérence depuis une vingtaine d’années — est la bienvenue. À condition évidemment qu’il y ait à la fois un enjeu politique cohérent et un traitement suffisamment rythmé pour répondre aux exigences de ce registre : les barbouzeries et collusions entre officines para-gouvernementales avaient ainsi permis à Coppola (Conversation secrète), Pollack (Les Trois jours du Condor), Pakula (The Parallax View) ou De Palma (Blow Out) de placer haut la barre au Milan des années 1970, avant que le genre ne s’hybride définitivement avec des problématiques technologiques depuis Clancy, Crichton et consorts, signant l’avènement inéluctable du monde globalisé et multipolai

Continuer à lire

En septembre, c'est arts de rue avec l'excellent festival "Merci, Bonsoir !"

Arts de rue | Annulé l'an dernier du fait de la crise sanitaire, Merci, Bonsoir !, excellent festival dédié aux arts de rue, revient mi-septembre à Grenoble, au Parc Bachelard, pour une sixième édition. Avec notamment un spectacle clownesque complètement barré signé par l'un des cultissimes Chiche Capon.

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

En septembre, c'est arts de rue avec l'excellent festival

Au Petit Bulletin, on a quelques marottes. En spectacle vivant, les Chiche Capon, qui se définissent comme des « clowns sous acide imbattables dans la crétinerie flamboyantes », en font partie. Avec eux, sur scène, c'est un déferlement a priori anarchique (ça glousse, ça crie, ça chante, ça tape ses congénères – voire même le public) pourtant savamment construit par le quatuor : on adore ! Ensemble, tout devient possible comme disait un président de droite. Mais un par un également. Car depuis quelques années, les Chiche Capon évoluent parallèlement en solo, en conservant l'âme punk qui les habite collectivement. Quand on a épluché la programmation de la prochaine édition du festival Merci, Bonsoir !, on a donc été ravis de voir le nom de Patrick de Valette et de son fameux spectacle Hobobo (photo).

Continuer à lire

Un nouvel atelier vélo qui espère réveiller les Eaux-Claires

Biclou | Xavier Bray, chanteur du groupe Beau Sexe, vient d'ouvrir son atelier de réparation de vélo dans le quartier des Eaux-Claires, La Roue Libre.

Hugo Verit | Mardi 7 septembre 2021

Un nouvel atelier vélo qui espère réveiller les Eaux-Claires

À Grenoble, on connaissait essentiellement Xavier Bray pour ses activités de musicien, moins comme réparateur de vélos. Pourtant, c’est bien le chanteur du groupe Beau Sexe qui vient d’ouvrir La Roue Libre, le premier atelier du genre dans le quartier des Eaux-Claires. Le fruit d’un parcours de vie sinueux : « Après 20 ans de tournée avec des formations comme Virago, Eiffel ou Mama Rosin, j’ai souhaité me poser un peu et je suis devenu professeur de musique en collège. Mais je ne m’y suis pas vraiment retrouvé. J’avais envie d’être mon propre patron, d’être tranquille et, comme je bricolais déjà pas mal de vélos depuis quelques années, j’ai décidé de me lancer », raconte-t-il. Après seulement une semaine d’ouverture, l’atelier ne désemplit pas, les cyclistes se succèdent devant l’échoppe. « J’ai l’impression de combler un manque dans ce quartier qui a tout pour être un endroit sympa de Grenoble mais qui, bizarrement, ne bouge pas beaucoup. J’aimerais en profiter pour organiser des événements, des concerts, histoire de le réveiller un peu. » Spécialisé dans la ré

Continuer à lire

Le Café Suzon tombe à pique

Miam | Un midi dans les rues de Championnet à Grenoble. On cherche une terrasse sympa et, si possible, nouvelle. On atterrit presque par hasard devant le (...)

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

Le Café Suzon tombe à pique

Un midi dans les rues de Championnet à Grenoble. On cherche une terrasse sympa et, si possible, nouvelle. On atterrit presque par hasard devant le restaurant culte du quartier, L'As de Pique. Sauf que le lieu a changé de patron l'an passé et s'appelle dorénavant le Café Suzon. La déco aussi a changé. Fini les couleurs sombres, place au bois et au vert, dans une ambiance très douce. On s'installe en terrasse, intrigués par le menu affiché : deux plats (dont un végétarien), une entrée et un dessert (il y en aura deux de chaque à terme), l'ensemble pour 23 euros (19 pour un plat et l'entrée ou le dessert ; 14 pour le plat seul). Excellente surprise : tout ce qu'on nous sert est finement cuisiné, notamment les aubergines à la parmigiana qui n'ont rien à envier à celles que pourrait concocter un bon resto italien. Le far aux pruneaux est également un délice de légèreté. On revient donc le lendemain histoire d'en savoir plus. On retrouve notre serveuse Catherine Campillo, qui est également en cuisine (en attendant d'embaucher pour ce poste crucial). Surtout, c'est elle la patronne. Elle n

Continuer à lire

Play it again, réunion de classiques

Festival | Prenez un fauteuil pour faire un saut dans le passé : vous allez voir ce que vous allez voir, voire revoir autrement ce que vous avez déjà vu…

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Play it again, réunion de classiques

« Du passé, faisons salles combles ! » : telle pourrait être la devise de Play it again ! Se déroulant dans les cinémas français membres de l’ADRC (Agence nationale pour le développement du cinéma en régions), ce festival met chaque année à l’honneur des œuvres du patrimoine fraîchement restaurées afin de leur redonner pleine et entière existence sur grand écran. En cette période post-confinement qui a vu la consommation de films classiques augmenter sur les plateformes, une telle manifestation peut contribuer à ranimer l’appétit et la curiosité de découvrir des “nouveautés anciennes” là où elles s’épanouissent le mieux : dans les salles. Brillant par son éclectisme, le millésime 2021 compte une vingtaines de titres, dont des programmes de courts et même l’avant-première du nouveau Thoret, Michael Cimino, un mirage américain. Impossible toutefois de déguster l’ensemble du programme — les cinémas piochent dans les sélections mises à disposition — ; il y a toutefois de quoi se régaler malgré tout avec les assortiments concoctés par les écrans grenoblois. Le Club et le Méliès, comme à

Continuer à lire

Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Théma | L’amour donne du cœur au ventre, fait parfois partir sur un coup de tête, et peut convoquer bien d’autres mécaniques corporelles. Comme pas mal de films de la quinzaine. Attention : on ne prend pas toujours son pied…

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Commençons bien évidemment cet inventaire par la tête. Celle qui fait défaut et se vide sous les assauts de la maladie dans Supernova de Harry Macqueen (08/09). On y suit le road trip d’un couple d’amants sur les traces de leur histoire, initié par le premier (Stanley Tucci en écrivain atteint de démence sénile) sous le prétexte que le second (Colin Firth en pianiste) aille donner un récital. Derrière la balade romantique se profile l’inéluctable question de la maladie, du déclin et du libre choix de sa mort — bientôt évoquée dans le Ozon —, toutes traitées avec élégance et pudeur. Un film parfait pour des débats. Plus léger est Les Amours d’Anaïs (photo) de Charline Bourgeois-Tacquet, inégale comédie sentimentale cousue main pour Anaïs Demoustier sur une tête folle irrésolue, charmeuse et agaçante, hésitant entre deux hommes, une femme, sa thèse… C’est très Nouvelle Vague dans la forme et l’esprit — certes, avec parfois de grosses ficelles bien prévisibles — mais empli d’une légèreté solaire et sensuelle ainsi que de quelques (trop rares) éclats burlesques évoquant un mixte

Continuer à lire

Cuvée grenobloise : l'appel est ouvert !

Scène locale | Comme à chaque rentrée, on vous signale l’appel à participation de la Cuvée grenobloise, ce dispositif de soutien à la scène locale qu’on ne présente plus. (...)

Hugo Verit | Mardi 7 septembre 2021

Cuvée grenobloise : l'appel est ouvert !

Comme à chaque rentrée, on vous signale l’appel à participation de la Cuvée grenobloise, ce dispositif de soutien à la scène locale qu’on ne présente plus. Si ? Vraiment, vous ne connaissez pas ? Bon d’accord… Toujours portée par l’association Retour de Scène, la Cuvée a pour objectif de valoriser des artistes locaux « à travers la diffusion, la formation, la programmation et la mise en réseau ». En résumé, les lauréats ont l’occasion de rencontrer du beau monde et, surtout, de jouer sur de jolies scènes du territoire (Magic Bus, Cabaret Frappé…). Attention, ne postulez pas si : votre expérience scénique se limite à un tour de chant devant papa, maman et tonton ; votre truc, c’est les reprises ; vous êtes déjà pas loin de la gloire ; vous n’êtes pas isérois. Rien de tout cela ? Alors la Cuvée vous tend les bras… tout du moins jusqu’au 19 septembre, date limite d’envoi des candidatures.

Continuer à lire

Kcidy, spleen idéal

Pop | Attendue le 10 septembre à la Bobine pour présenter son deuxième album, "Les Gens Heureux", Kcidy a tout changé à son univers. Et opté pour une pop baroque en français au service d'un propos doux-amer qui sublime la mélancolie.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 septembre 2021

Kcidy, spleen idéal

Pour ce qui n'est que son deuxième album – on jurerait qu'il y en a eu plus mais il faut ajouter une poignée d'EP au tableau de chasse –, Les Gens Heureux, on pourrait dire que la Lyonnaise Kcidy a changé son fusil d'épaule. Mais elle a fait bien plus : elle a carrément changé de fusil. Et même peut-être de cible. Fini l'idiome international (l'anglais) bien pratique quand on débute, moins quand on veut préciser sa pensée une fois la maturité venue. La voici exclusivement passée au français, utilisé jusque-là avec parcimonie et qui, ici, comme elle nous le confiait avant l'été, « l'oblige à écrire vraiment », ce qui est quand même mieux que d'écrire à moitié dans une langue qu'on maîtrise trop peu pour exprimer les nuances de son âme. Fini aussi l'électronica des débuts, perpétrée en solitaire sur du computer au kilomètre. Là encore, Kcidy n'a pas, com

Continuer à lire

Horse Lords, à un cheval du minimalisme

Post-rock | On va danser vendredi 17 septembre au Ciel avec le rock instrumental de Horse Lords.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 septembre 2021

Horse Lords, à un cheval du minimalisme

Aux vieux de la vieille de la geste post-rock, Horse Lords rappellera les vénérables tontons chicagoans de Tortoise, aux (un peu) plus jeunes les embardées belliqueuses de Battles. Et pas mal de choses émanant de la très tordue scène de Baltimore (dont le parrain sans égal n'est autre que Philip Glass). Convoquant le minimalisme de LaMonte Young aussi bien que des motifs kraut et math-rock empreint d'une veine blues, le groupe, exclusivement instrumental, fait montre d'une sorte de formidable alchimie dans ce pouvoir de changer des compositions algorythmiques en rythmiques dansantes, d'entremêler dans une forme de transe chamanique, expérimentations sèches et traditions appalachienne autant qu'africaine (la guitare mauritanienne vient percuter leur écriture automatique, des rythmes inspirés du Banda et du Wagogo s'invitent à la fête). Quelque part Horse Lords propose de présenter son minimalisme en millefeuille, comme il parvient à ériger un discours politique sur la terre brûlée de ses instrumentaux

Continuer à lire

Détours de Babel : "Entre musique savante et populaire, nous n’avons pas choisi notre camp"

Festival | Selon la Genèse, alors que les hommes s’affairaient à bâtir une tour si grande qu’elle devait toucher le ciel, Dieu décida de semer la confusion en dispersant chez eux des langages différents. "Détours de Babel" s’emploie à démontrer que grâce à l’universalité de la musique, la communication entre les peuples demeure. N’en déplaise au Tout-Puissant.

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

Détours de Babel :

« On est en train de faire des visas pour trois artistes qui viennent de Sibérie, la Russie vient de passer en zone rouge… » Dans les bureaux du CIMN (Centre International des Musiques Nomades), rue Bayard, on jongle avec les contraintes sanitaires internationales mouvantes, ce qui oblige à adapter au jour le jour le programme des Détours de Babel. Mais l’essentiel est là, avec plus de 170 artistes invités, et une centaine de rendez-vous dans quarante lieux de Grenoble et de l’Isère. « On ne voulait pas passer deux années sans moment festivalier », tranche Benoît Thiebergien, directeur du CIMN, la structure qui porte le festival. Peur du passe En 2020, l’annulation est tombée une semaine avant le jour J. « On y a laissé des plumes, certes ; mais on peut dire ce qu’on veut, depuis le début de la crise l’Etat a soutenu l’économie, et a mis en place des dispositifs particuliers pour le monde de la culture. Outre le chômage partiel, nous avons notamment bénéficié d’une aide conséquente du Centre national de la musique. » Et surtout, le CIMN a maintenu son activité, avec des concert

Continuer à lire

Championnet fait son marché

Artisanat | Tourneurs sur bois, bijoutiers, potiers, couturiers, ébénistes, céramistes… Une fois de plus, un large panel de métiers sera représenté lors de la 13e édition du (...)

Hugo Verit | Mardi 7 septembre 2021

Championnet fait son marché

Tourneurs sur bois, bijoutiers, potiers, couturiers, ébénistes, céramistes… Une fois de plus, un large panel de métiers sera représenté lors de la 13e édition du Marché de créateurs de Grenoble, quartier Championnet. L’objectif : offrir une visibilité non négligeable aux artisans de la région et faire (re)découvrir au grand public le travail de la main. Au total, plus d’une cinquantaine de créateurs investiront les rues Lakanal, Bergers ou Aubert-Dubayet. « On a reçu beaucoup de candidatures suite à notre appel à participation. On a choisi sur plusieurs critères, notamment celui de la qualité des créations. On cherche aussi à mettre en avant l’originalité afin de surprendre les publics, à dénicher ce qu’on ne voit pas souvent sur les marchés, les matières ou les techniques inhabituelles, comme les bijoux en papier », explique Anne-Sophie Savoye, de l’association C’est fait ici qui a repris l’organisation de la manifestation il y a deux ans. Exceptionnellement reporté au mois de septembre depuis le début de la crise sanitaire, le marché des créateurs devrait re

Continuer à lire