Coupe du monde : tous ensemble

ACTUS | Festive et conviviale, la coupe du monde (12 juin – 13 juillet) se regarde depuis une terrasse ou sur le zinc d’un comptoir, mais toujours entouré d’une foule de camarades supporters. Petit tour des lieux grenoblois où apprécier un match en dégustant une bière. Guillaume Renouard

Guillaume Renouard | Mardi 3 juin 2014

Que l'on soit un amateur compulsif du ballon rond ou que l'on observe d'ordinaire ce curieux phénomène de loin, un sourire un peu snob aux lèvres, la coupe du monde est toujours (surtout en cas de victoire tricolore) une grande liesse fédératrice. L'événement n'ayant lieu qu'une fois tous les quatre ans, il serait dommage de bouder son plaisir, ou de suivre la compétition (et l'ascension progressive de l'équipe de France) depuis son canapé, un paquet de chips dans une main et une canette de Kronenbourg dans l'autre. Non, voici l'occasion de sortir, se mêler à la foule pour communier dans un esprit sportif. Ça tombe bien, l'offre ne manque pas, même si la Ville de Grenoble n'a pour l'heure pas prévu l'installation d'écrans géants. Les choses évolueront peut-être si les bleus font une belle performance.

Si la météo est au rendez-vous, pourquoi ne pas squatter la terrasse d'un bar ? Plusieurs établissements se muniront d'un écran géant placé en extérieur, dont le Champollion, boulevard Gambetta, qui selon ses tenanciers « multipliera les écrans si l'affluence est au rendez-vous ». Le Perroquet, place Saint-André, et les bistrots de la place Grenette offriront le même service. Les terrasses seront très probablement bondées, surtout pour les matchs de l'équipe de France (Honduras-Équateur devrait moins déchaîner les passions, mais sait-on jamais). Veillez donc à arriver un poil en avance.

Sur le zinc

Et si le temps est pourri, que vous êtes photosensible ou tout simplement un puriste pour qui rien ne vaut l'atmosphère d'un bon vieux pub rempli de supporters avinés s'en prenant aux parties génitales de l'arbitre tout en éclusant de la bière par hectolitres, pas de panique. Les établissements proposant de suivre la compétition à l'intérieur ne manquent pas. Le Subway (photo), rue Lakanal, « prévoit de diffuser la quasi-totalité des matchs » selon l'un des serveurs. Et considérant l'affluence qu'on y trouve lors d'un simple Lyon-Sochaux, il risque d'être fréquemment plein à craquer. « La paire d'écrans à disposition permettra même aux spectateurs de jongler d'un match à l'autre en cas de double affiche. » Lundi 23 juin, ceux qui s'ennuieront devant Espagne-Australie n'auront qu'à monter à l'étage pour zapper sur Chili-Pays-Bas. Le London Pub (rue Brocherie), antre des footeux, devrait également faire salle comble, ainsi que le O'Callaghan (sur les quais), le Shannon Pub (près du parc Paul Mistral) et le No Name (à côté du CNRS).

À noter que les bars seront toujours contraints de fermer à 2h du matin, coupe du monde ou pas coupe du monde. Fort heureusement, sur toute la compétition, seul un match devrait être diffusé à l'horaire fatidique de 3h du matin. Il s'agit de Côté d'Ivoire-Japon, le samedi 14 juin. En raison du décalage horaire, les couche-tôt seront malgré tout quelque peu malmenés, dans la mesure où les matchs débuteront fréquemment à 22h ou minuit.

Repère

Coup d'envoi des festivités : Brésil – Croatie, le jeudi 12 juin à 22h.

Premier match de l'équipe de France : France – Honduras, le dimanche 15 juin à 21h.

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"Nomadland" : une reconquête de l’Ouest

ECRANS | Une année en compagnie d’une sexagénaire jetée sur la route par les accidents de la vie. Un road trip à travers les décombres d’un pays usé et, cependant, vers la lumière. Poursuivant sa relecture du western et des grands espaces, Chloé Zhao donne envie de (re)croire à la possibilité d’un rêve américain. Primé au Tiff, Lion d’Or à Venise, Oscar du meilleur film.

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

L’Ouest, le vrai : frappé par la désindustrialisation. Où les baraques préfabriquées sont ouvertes aux quatre vents et les villes devenues fantômes. Où une partie de la population, victime de maladies professionnelles, dort au cimetière et les survivants… survivent comme ils le peuvent. Certains, comme Fern à bord de son vieux van, ont pris la route et joint la communauté des nomades, enchaînant les boulots saisonniers au gré des latitudes. Loin d’une partie de plaisir, son voyage sera tel un pèlerinage l’obligeant à se priver du superflu, l’autorisant à se défaire du pesant… Inspiré d’un livre-enquête de Jessica Bruder consacré aux victimes collatérales de la crise des subprimes de 2008 (des sexagénaires privés de toit poussés au nomadisme), Nomadland s’ouvre sur un carton détaillant l’exemple de la ville d’Empire dans le Nevada, passée de florissante à miséreuse, et nous fait suivre sa protagoniste en âge d’être à la retraite, cumulant des petits jobs précaires chez les nouveaux rois de l’économie. Des éléments à charges supplémentaires contre l’ubercapitalisme, direz-vous ; un

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« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Livre | Auteurs de l’ouvrage "Grenoble Calling, Une histoire orale du punk dans une ville de province", chroniqué dans ces pages la semaine dernière, Nicolas Bonanni et Margaux Capelier ont accepté de répondre, par e-mail, à nos questions.

Damien Grimbert | Jeudi 29 avril 2021

« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Quand et comment est né le projet de ce livre ? Clairement, on s'est lancé-e-s dans ce projet parce qu'on participe à cette scène. On n'a pas du tout une posture de journalistes ou de sociologues, et, il faut le dire, on n'a aucune méthode scientifique. Nicolas vit depuis une vingtaine d'années à Grenoble, Margaux y a passé cinq ans. On a des regards et des parcours différents mais c'est un univers qui nous tient à cœur depuis longtemps. C'est bien en tant que participant-e-s qu'on s'est embarqué-e-s dans ce projet. On était intrigué-e-s par ce qui s'était passé dans cette ville "avant". Des lieux, des collectifs dont on avait seulement entendu parler... Le squat des Hell's Angels derrière la gare, par exemple, qu'est-ce que c'est que ça ? Donc oui, clairement il y a tout un pan de ce qui est raconté dans le bouquin qu'on ignorait complètement avant de s'y plonger. On en a profité pour tâcher de reconstituer le chemin qui avait amené à aujourd'hui, et essayer de rendre hommage à des personnes et des collectifs qui ont beaucoup œuvré et qui ne sont plus là. Grenoble Calling fonctionne sur le principe de "l’histoi

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Grenoble Calling, odyssée punk

CONNAITRE | Retracer 40 ans d’histoire du punk à Grenoble, des années 80 à nos jours, c’est l’audacieux défi dans lequel se sont lancés Nicolas Bonanni et Margaux Capelier, dont l’ouvrage "Grenoble Calling" vient de paraître aux éditions Le Monde à l’envers.

Damien Grimbert | Mercredi 21 avril 2021

Grenoble Calling, odyssée punk

C’est une histoire souterraine, dont beaucoup ignorent jusqu’à l'existence : depuis maintenant plusieurs dizaines d’années, le punk dispose à Grenoble d’une base extrêmement active et inventive, d’une effervescence impressionnante – concerts, festivals, fanzines, disquaires, distributeurs, squats et autres lieux éphémères… Farouchement underground, privilégiant l’autogestion, le "Do It Yourself" et la culture des réseaux et du bouche-à-oreille, rétif à toute forme d’institutionnalisation, de marchandisation et de médiatisation, à Grenoble comme ailleurs, le mouvement punk se vit bien plus qu’il ne se donne à voir. Une sorte d’univers parallèle mu par ses propres codes et convictions, inclusif dans sa démarche mais par nature invisible aux yeux du plus grand nombre. Autant dire qu’en retracer l’histoire sur près de quarante années constituait une gageure qui, aussi passionnante soit-elle, semblait de prime abord quasi impossible à relever. C’est pourtant ce qu’ont réussi à faire les auteurs de Grenoble Calling en s’appuyant sur une méthode éprouvée : après s’

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"Wendy": île (et elle) était une fois

ECRANS | ★★★★☆ De Benh Zeitlin (É.-U, 1h52) avec Devin France, Lowell Landes, Shay Walker… En salles le 23 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2020

Quand le train fantôme s’arrête en bas de chez elle, la jeune Wendy n’hésite pas : avec ses deux frères, elle quitte le bouiboui familial et la Louisiane pour l’aventure offerte par Peter Pan. Sur son île fantastique, les enfants s’ébattent libres, sans vieillir. Seule condition : respecter les règles… Depuis Les Bêtes du Sud sauvage (2012) on attendait le retour et la confirmation de Benh Zeitlin ; quel plaisir de retrouver son empreinte intacte dans cette adaptation de Peter Pan somme toute cohérente avec son univers épique à hauteur d’enfants, où l’action progresse par envolées spiralées, autant portées par un irrésistible mouvement musical et la voix off que par un somptueux flamboiement visuel ! À la fois conte, transe new age et opéra, le cinéma de Zeitlin (et tout particulièrement Wendy) fouille les sensations primales de l’enfance pour retrouver la sincérité originelle du regard. Ce qui n’exclut pas une certaine violence psychologique rappelant Sa Majesté des mouches : ladite enfance est dévorée par l’apprentissage (ou la

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"Michel-Ange" : statue personnelle : c’est compliqué

ECRANS | ★★★★☆ De Andrey Konchalovsky (Ru.-It., 2h16) avec Alberto Testone, Jakob Diehl, Francesco Gaudiello…

Vincent Raymond | Mardi 20 octobre 2020

Crasseux, revêche, ambigu, jaloux de ses confrères, impulsif, vénal, exalté et… génial. Dans l’Italie du Cinquecento, Michel-Ange étant le plus grand des artistes, tous les puissants se le disputent. Le Vatican ne fait pas exception, où un Médicis vient de succéder à Jules II… Fresque historique, "moment" dans la vie du personnage-titre plus que biopic stricto sensu, ce Michel-Ange dessine un portrait sans complaisance de l’artiste en sale bonhomme autant qu’un hommage à la prodigieuse universalité de ses talents et à la splendeur de ses réalisation. Oui oui, il est bien possible d’opérer ce subtil distinguo. Fasciné par Dante, obstiné par l’accomplissement de son œuvre pour laquelle il veut le meilleur, sachant se muer en ingénieur en génie civil comme en combinazione privées, résister au pouvoir tout en faisant tout pour être le grand artiste officiel de son temps… Le réalisateur Andrey Konchalovsky ne pensait-il pas un peu à son frère, le si poutinolâtre Nikita Mikhalkov, à travers Michel-Ange ? Reste une magnifique évocation des affres de la création et de la place de l’artiste dans la société

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Fermeture à 22h : les bars culturels s’adaptent

Actu dans la ville | Crise sanitaire / Depuis le 28 septembre, les bars ont l’obligation de fermer à 22h afin de faire face à la recrudescence de l’épidémie de Covid-19 à Grenoble et ailleurs. Comment les établissements qui proposent aussi une programmation culturelle s’adaptent-ils à la situation ? Le PB a mené son enquête.

Hugo Verit | Mardi 6 octobre 2020

Fermeture à 22h : les bars culturels s’adaptent

Nouveau coup dur pour les bars. Face au rebond de l’épidémie de coronavirus à Grenoble (tout comme dans d’autres villes), le gouvernement a imposé de nouvelles restrictions dont la fermeture anticipée des débits de boisson à 22h, en vigueur depuis le 28 septembre. Une nouvelle difficile à digérer pour tous ces établissements qui tentaient, depuis le déconfinement, de mener une vie à peu près normale. Au Petit Bulletin, nous n’oublions pas que ce sont aussi des lieux culturels, où l’on peut assister à un concert ou à un spectacle, qui doivent une fois de plus s’adapter. C’est notamment le cas du Trankilou, le bar super chaleureux du boulevard Joseph-Vallier. Ici, on a accueilli la nouvelle avec une certaine sérénité : « On a déplacé notre programmation à l’heure de l’apéro. Les premiers concerts débutent à 18h30 et à 21h, tout est terminé. Ça demande simplement de s’organiser autrement. Il y a une personne en plus l’après-midi pour accueillir les artistes qui font leurs balances. » On le sait, une fermeture anticipée, c’est une inévitable baisse du chiffre d’affaires. Dont le Trankilou est bien conscient : « L’autre jour, alors même qu’il n’y avait pas de concert, on

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Le plus petit multiplexe du monde

ECRANS | Du vendredi 17 au dimanche 19 juillet, l’association A Bientôt J’espère organise au beau milieu du Trièves, en plein cœur de la forêt d’Esparron, "Les Vacances au risque du réel", un multiplexe éphémère dédié au cinéma documentaire, réunissant quarante films hors du commun. Décryptage d’une initiative passionnante qui affiche d’ores et déjà complet.

Damien Grimbert | Mardi 7 juillet 2020

Le plus petit multiplexe du monde

Imaginez : un endroit fascinant, méconnu et reculé, en pleine forêt, où personne ne se rend jamais ou presque. Une clairière pour bivouaquer, un ancien ermitage en ruines et une ferme/refuge situés à une dizaine de minutes de sentier et, un peu plus loin, un canyon pour se baigner. C’est ce décor improbable que l’association A Bientôt J’espère a décidé d’investir pour le transformer, trois jours durant, en un multiplexe éphémère composé de six salles improvisées pouvant accueillir chacune… entre 10 et 25 personnes. On l’imagine aisément, dans un cadre pareil, l’objectif n’est pas de projeter les derniers blockbusters hollywoodiens, loin s’en faut. Fruit d’une résidence annuelle organisée dans le cadre de Paysage > Paysages, événement culturel porté par le Département de l’Isère, Les Vacances au risque du réel se donnent au contraire pour objectif de « questionner le paysage tout en s’inscrivant à l’intérieur de ce paysage », comme l’explique Cyril Hugonnet, concepteur de l’événement aux côtés de Loïc Cloez. « Chaque année, on part toujours avec une feuille blanche : on a sillonné le Trièves, on a visité plein de lieux, rencontré plein de gens… E

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« Diffuser la culture du Maghreb et Moyen-Orient »

Événements | « Une semaine d’événements pluridisciplinaires pour dévoiler la richesse du Maghreb et du Moyen-Orient. » C’est par ces quelques mots que Ludmilla Moulin, (...)

Nathalie Gresset | Mardi 18 février 2020

« Diffuser la culture du Maghreb et Moyen-Orient »

« Une semaine d’événements pluridisciplinaires pour dévoiler la richesse du Maghreb et du Moyen-Orient. » C’est par ces quelques mots que Ludmilla Moulin, vice-présidente de l’association organisatrice de la manifestation, décrit la 4e édition de la Semaine du monde arabe, qui se déroule du 18 au 21 février, principalement à Sciences Po Grenoble. « Pour nous, l’objectif est de diffuser la culture incroyable de cette région du monde, qui ne se résume pas à ses conflits. Chaque année, on propose de nouvelles activités et explore de nouvelles thématiques. » Projection d’un documentaire retraçant le parcours d’une jeune Palestinienne de Gaza pour partir étudier à l’étranger, concours d’éloquence, stage de danses orientales… sont quelques-uns des événements qui rythment cette semaine. « Parmi les temps forts, nous allons recevoir l’ambassadeur du Liban en France, Rami Adwan, qui animera aux côtés de Daniel Meier, docteur en sociologie politique, la conférence "1920-2020 : quel bilan pour le Liban ?". » Pour conclure sur une note musicale et festive, la Belle Électrique recevra vendredi 21 février le groupe de musique électro-orientale

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Un fils

ECRANS | Si vous aveiz manqué l'avant-première d'Un fils concoctée par le Festival du film africain à Mon Ciné, rien n'est perdu ! Mercredi 26 février, à 20h15, Le Club vous (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Un fils

Si vous aveiz manqué l'avant-première d'Un fils concoctée par le Festival du film africain à Mon Ciné, rien n'est perdu ! Mercredi 26 février, à 20h15, Le Club vous permet une séance de rattrapage (toujours dans l'anticipation, puisque le film n'est pas sorti) en présence du réalisateur Mehdi M. Barsaoui et de Sami Bouajila qui, en plus de venir en voisin, a obtenu pour son interprétation, un prix de meilleur acteur lors de la dernière Mostra vénitienne (section Orizzonti).

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Trois soirées à ne pas rater

Sorties | On a repéré pour vous trois immanquables pour la semaine, à partir du 4 décembre. Au programme : rap et techno en divers lieux grenoblois.

Damien Grimbert | Mardi 3 décembre 2019

Trois soirées à ne pas rater

04.12.19 > EVE Lean Chihiro Déjà trois années qu’on entend parler de Lean Chihiro, jeune rappeuse parisienne d’à peine 20 ans définie par un univers à la fois très singulier… et très dans l’air du temps : références à la pop-culture japonaise tous azimuts, stylisme irréprochable, flow ultra mélodique explorant les frontières entre chant et rap, affection particulière pour les infrabasses saturées au point de faire trembler les murs… Précisons qu’elle rappe essentiellement en Anglais, ce qui lui fait au moins un point commun avec les groupes ASM et Mû, avec lesquels elle partagera l’affiche de ce concert organisé par Retour de Scène. 06.12.19 > Ampérage DE_dust II Ça fait longtemps qu’on défend dans ces pages le DJ et producteur français Panteros 666, son approche très ouverte et décloisonnée des styles musicaux, sa passion sincère pour la grosse techno des années 90, la cyberculture et les nouvelles technologies… On est donc ravi de le voir venir présenter son nouveau projet en collaboration avec Romain Casa, DE_dust II, un live techno / acid / warehouse inspiré par le jeu vidéo Counter Strike

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Comment le Bar-Bars ?

Festival | Le festival Culture Bar-Bars, c'est un peu une fête de la musique des débits de boisson. Réjouissances programmées du 28 au 30 décembre, dans une série de lieux grenoblois.

Stéphane Duchêne | Mercredi 27 novembre 2019

Comment le Bar-Bars ?

Dans 60 villes en France, l'événement a largement essaimé en 18 éditions. Et il conviendra de se pencher sur cette édition grenobloise. Par pur chauvinisme mais aussi parce qu'on y croisera notamment deux vieilles canailles ayant officié au sein des cultes Little Rabbits : Federico Pellegrini aka French Cowboy et son compère Eric Pifeteau dit The One, association qui livrera un nouvel album en 2020. Leur prestation du 29 novembre à la Bobine sera suivie d'un mix électro de Human Pattern. Á suivre également, la belle jeunesse qui ne cesse de monter de la charmeuse folk lyonnaise Tachka (28 novembre) et de l'un de ses pendants masculins, sans doute plus roots dans ses influences, Yannick Owen

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"Le Traître" : paroles contre parole

ECRANS | De Marco Bellocchio (It.-Fr.-All.-Br., avec avert. 2h31) avec Pierfrancesco Favino, Maria Fernanda Cândido, Fabrizio Ferracane…

Vincent Raymond | Jeudi 24 octobre 2019

Italie, années 1980. Afin d’échapper à la guerre des clans minant la Cosa Nostra, Tommaso Buscetta s’est réfugié au Brésil d’où il assiste à l’élimination des siens. Son arrestation puis son extradition le conduisent à collaborer avec la justice, en la personne du juge Falcone… Depuis une dizaine d’années, le prolifique Marco Bellocchio jalonne sa filmographie d’œuvres aux allures de sommes ou de sage embrassant les grands "moments" de l’Histoire transalpine : Buongiorno, notte (2003) traitait des années de plomb à travers l’épisode de l’enlèvement d’Aldo Moro, Vincere (2009) de l’avènement de Mussolini et celui-ci donc de la dislocation de l’organisation mafieuse Cosa Nostra devant les tribunaux à la suite du procès géant de Palerme. S’il s’agit à chaque fois de retracer des saignées dans le récit collectif italien, Bellocchio les incarne "de l’intérieur" mais en habitant le point de vue de personnages dont le jugement va se décaler, voire s’opposer à celui du groupe auquel ils appartiennent. C’est le cas de Buscetta, "homme d’honneur" selon les critères à l’ancienne de Cosa Nostra, qui devient un repenti p

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"Un monde plus grand" : esprit, es-tu là ?

ECRANS | De Fabienne Berthaud (Fr., 1h40) avec Cécile de France, Narantsetseg Dash, Tserendarizav Dashnyam…

Vincent Raymond | Jeudi 24 octobre 2019

Après la mort de son compagnon, Corine (Cécile de France) part au fin fond de la Mongolie pour se changer les idées. Alors qu’elle enregistre le son d’une cérémonie chamanique, elle entre dans une transe violente, révélant des dons de chamans insoupçonnés. Une lente initiation va alors commencer… Il faut attendre le générique de fin pour apprendre qu’il s’agit d’un biopic. En soi, le détail n’a pas ou peu d’importance qui ne change rien dans le parcours de Corine. Indirectement, il résonne avec le sous-thème du film : la sérendipité (ou fortuité). En l’occurrence, le spectateur constate la véracité de l’histoire en étant entré dans une fiction comme Corine a découvert son "don" alors qu’exilée dans le travail à mille lieues du lieu de sa douleur, elle entamait son travail de deuil. S’il laisse une grande part au mystère et à l’inconnu, Un monde plus grand ne verse pas pour autant dans l’ésotérisme : il inscrit a contrario le processus chamanique dans le cartésianisme occidental, Corine étant le trait d’union lui permettant d’être scientifiquement étudié. Dommage cependant que Fabienne Berth

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"Au bout du monde" : Kurosawa sous le ciel de l'Ouzbékistan

ECRANS | De Kiyoshi Kurosawa (Jap.-Ouz.-Qat., 2h) avec Atsuko Maeda, Ryô Kase, Shôta Sometani…

Vincent Raymond | Mardi 22 octobre 2019

Présentatrice d’une émission japonaise de découvertes géographiques, Yoko est en reportage en Ouzbékistan. Aux nombreuses difficultés pimentant son tournage s’ajoute une mélancolie intime qui l’occupe hors caméra. Samarcande et Tashkent sont si loin de Tokyo… Tout comme les compatriotes de sa génération et des suivantes, tels Kore-eda ou Kawase, Kiyoshi Kurosawa manifeste une certaine porosité à l’Occident tranchant avec l’esprit d’insularité ordinairement attribué aux artistes nippons. Deux ans après son escapade parisienne pour Le Secret de la Chambre noire, il jette son dévolu sur l’Ouzbékistan, plus proche géographiquement du Japon mais porteur d’un exotisme mystérieux. Et même si ce film est sans le doute le plus étranger au genre fantastique qu’il ait jamais réalisé, Au bout du monde se trouve traversé par une impression de bizarrerie et de déphasage constants. Ce trouble n’a rien de surnaturel : Yoko ne parlant pas l’ouzbek, éprouvant

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Le Monde au coin de la rue : documentaires sur tapis rouge

Événement | Du mercredi 9 au vendredi 18 octobre, c'est à la Maison des habitants du centre-ville de Grenoble que ça se passera grâce à l'association À Bientôt J’espère.

Damien Grimbert | Mardi 8 octobre 2019

Le Monde au coin de la rue : documentaires sur tapis rouge

C’est une tradition désormais bien établie : chaque année, l’association À Bientôt J’espère investit dix jours durant le quartier Alma-Très-Cloîtres pour y proposer un cinéma éphémère tout entier voué au documentaire de création. Si l’on n’a pas pu, loin s’en faut, voir l’intégralité des films projetés, on peut néanmoins vous recommander quelques temps forts comme le cabaret d’ouverture, programmé par les détenus de la Maison d’arrêt de Varces. L’occasion de découvrir le court-métrage Les Misérables de Ladj Ly, décliné par la suite en long-métrage avec le succès que l’on sait (Prix du Jury au dernier Festival de Cannes), Les Indes Galantes, dernier court du réalisateur de Braguino Clément Cogitore ou encore Le Saint des voyous de Maïlys Audouze, passionnante conversation entre un ex-voyou et sa fille. À ne pas manquer non plus, les « cafés-doc » du matin : outre Un Solo Amore, déjà évoqué dans ces pages lors de

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Dix expos à (re)voir pour un été au frais

ARTS | Un été en ville peut se vivre à l’air libre, comme on vous le conseille dans les premières pages de ce numéro. Mais il peut aussi se vivre dans un musée, en parfaite connexion avec des œuvres d’art. Alors zoom sur dix expositions que nous avons déjà chroniquées avec enthousiasme et qui sont toujours à l’affiche pendant ces vacances.

La rédaction | Mardi 2 juillet 2019

Dix expos à (re)voir pour un été au frais

La plus événementielle Immense figure du street art, l’États-unien Shepard Fairey présente à l’Ancien Musée de peinture plus de 600 œuvres qui reviennent sur trente ans de carrière militante. Un gros morceau qui en met plein la vue ! Et un art syncrétique nourri de nombreuses influences allant du constructivisme russe au pop art, saupoudré d’un goût prononcé pour les formes autoritaires de propagande – car pour faire passer certains messages politiques, Shepard Fairey n’hésite pas à faire dans l’efficacité simpliste. Malheureusement, ceux qui sont à l’aise avec les valeurs qu’il brocarde (consumérisme, nationalisme, militarisme) sont bien meilleurs en la matière – en atteste les élections récentes de Trump et Bolsonaro. Obey : 30 years of resistance À l’Ancien Musée de peinture jusqu’au dimanche 27 octobre La plus barrée

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Patriarcat hors-jeu avec le festival Foot d’Elles

ECRANS | En parallèle de la Coupe du monde de football féminin est organisé partout en France ce festival de cinéma sous-titré « dribbler la différence ». On s'est penchés sur sa déclinaison grenobloise.

Élise Lemelle | Mardi 11 juin 2019

Patriarcat hors-jeu avec le festival Foot d’Elles

Pour la première fois, les stades français accueillent la Coupe du monde de football féminin (elle a commencé le 7 juin). Et pour l’occasion, le festival Foot d’Elles voit le jour, surprenante alliance entre ballon rond et cinéma. Visant à rappeler à quel point le foot peut agir comme facteur d’insertion sociale et professionnelle pour les femmes, Foot d’Elles parcourt la France entière avec une programmation axée autour de six thématiques allant d’un historique du foot féminin français jusqu’à la déconstruction des représentations sociales en passant par les actions essentielles pour une meilleure parité. Une majorité de documentaires composent la sélection, brossant le portrait d’héroïnes et de héros se battant pour faire évoluer les mentalités. Pour donner un écho à ces projections, une série de débats est prévue, histoire d’approfondir les questions soulevées par les films. Chaque ville-étape bénéficiant d’une sélection différente, la programmation grenobloise comptera six œuvres diffusées dans six lieux différents – des cinémas, des associations ou encore en plein air. Citons notamment Les Filles du stade (mardi 25 juin à

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"Piranhas" : l’or dur de Naples

ECRANS | De Claudio Giovannesi (It, 1h52) avec Francesco Di Napoli, Ar Tem, Alfredo Turitto…

Vincent Raymond | Mardi 4 juin 2019

Naples, années 2010. La quinzaine conquérante, Nicola trépigne d’envie devant les gangs, leur argent facile et la crainte qu’ils inspirent, autant qu’il abhorre leur manière de rançonner les gens. En se liguant avec une famille sur le carreau, il va prendre le contrôle de son quartier… Adapté d’un roman de Roberto Saviano (qui en a co-écrit le scénario), Piranhas poursuit son examen des milieux mafieux entrepris avec Gomorra, l’enquête (suivie par le film de Matteo Garrone) qui avait mis en lumière le fonctionnement de la Camorra… et lui vaut la constante protection de la police. Mais à la différence de ce précédent opus qui pratiquait le patchwork et la juxtaposition de lambeaux d’événements pour restituer l’emprise tentaculaire de l’organisation criminelle et privilégiait une forme "documentarisante", Piranhas ne craint pas d’adopter une structure plus conventionnelle d’un récit fictionnel. En se focalisant sur une l’ambition magnétique du poisson-pilote de ce gang de bébés requins, Nicola. Son étonnante androgynie de Bowie napolitain distingue le jeune homme du groupe avant même qu’il n’ait manif

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Miley Serious : pour l’amour du lo-fi

Soirée | Vendredi 12 avril à l'Ampérage, on a rendez-vous avec une figure émergente de la scène techno parisienne.

Damien Grimbert | Mardi 9 avril 2019

Miley Serious : pour l’amour du lo-fi

Invitée par le collectif grenoblois Carton-Pâte Records pour la nouvelle édition de sa soirée G-Gang, Miley Serious fait partie de ces DJs précieux capables de concilier diversité et cohérence. Bien qu’inscrits dans une esthétique lo-fi abrasive, nerveuse et brut de décoffrage pile dans l’air du temps, ses mixes n’en balaient pas moins une vaste gamme de styles musicaux, de l’électro à l’acid en passant par la techno industrielle, le post-punk, la bass music ou encore la ghetto-house. Il faut dire aussi que la jeune parisienne originaire de Toulouse possède le background qui va avec. À l’origine passionnée de rock garage, de post-punk et de culture DIY, et bassiste dans plusieurs formations du cru à l’adolescence, elle s’initie ainsi aux musiques électroniques et au deejaying de manière totalement décloisonnée et décomplexée, à l’image du crew radiophonique 100% féminin TGAF qu’elle compose aux côtés d’OkLou, Carin Kelly et DJ Ouai à son arrivée à Paris. Fan de digging au sens le plus large du terme (disques, fripes, fanzines, objets du quotidien…) et fondatrice du jeune label 99cts RCRDS (dont chaque sortie associe un fanzine à une K7 audio),

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Un Printemps du livre, six coups de cœur

Festival | Qui pourra-t-on rencontrer à Grenoble et aux alentours entre le mercredi 20 et le dimanche 24 mars ? Réponses subjectives.

Stéphane Duchêne | Lundi 18 mars 2019

Un Printemps du livre, six coups de cœur

Maylis de Kerangal Un monde à portée de main Le monde à portée de main de Paula Karst, c'est celui qui s'offre à elle autant que celui qu'elle apprend à reconstituer à l'Institut supérieur de peinture de Bruxelles où elle étudie le trompe-l'œil. Un art de reproduire la matière qui la conduit jusqu'à Moscou mais aussi au studio de Cinecittà en Italie, avant qu’elle ne se voie confier le chantier du fac-similé de la Grotte de Lascaux. Mais derrière ce récit d'apprentissage, comme toujours, Maylis de Kerangal (photo) nous parle d'elle, et de cet art de faussaire virtuose qu'est l'exercice de la fiction, dans une réflexion vertigineuse sur la création. À la salle Olivier Messiaen vendredi à 16h30 (rencontre) Au musée samedi à 10h30 (rencontre) et 17h (lecture en correspondance) Thomas B. Reverdy L'Hiver du mécontentement Derrière ce titre shakespearien, Thomas B. Reverdy, qu'on peut aisément classer dans la catégorie fantôme des écrivains rock, niche une étude de cette Angleterre de 1979 au bord de basculer dans le thatchérisme et la crise (sujet très reverdyen). Mais une Angleterre d

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"Rebelles" : le crime conserve

ECRANS | de Allan Mauduit (Fr, 1h27) avec Cécile de France, Yolande Moreau, Audrey Lamy…

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Une ex-reine de beauté passée de la pole danse à Pôle Emploi, tout juste embauchée dans une conserverie, tue par accident le contremaître qui tentait de l’agresser. Avec l’aide de deux collègues, elle fait disparaître le corps et découvre que le vilain cachait un sacré magot… Cette comédie sociale aux allures de de western made in Hauts-de-France possède de bons atouts dans son jeu, à commencer par son trio d’actrices (Cécile de France, Yolande Moreau et Audrey Lamy) rompues à tous les registres, et souvent engagées dans des rôles où l’humanisme affleure sous l’humour. Leur alliance tient de surcroît de la synergie de caractères, rappelant ces buddy movies tels que Comment se débarrasser de son patron (1980) de Colin Higgins, usant de la blague parfois lourdingue pour promouvoir la libération féminine d’une masculinité aussi dominatrice que débile – il y a d’ailleurs ici quelques furieux spécimens d’abrutis. Allan Mauduit aurait toutefois gagné à creuser davantage vers Petits meurtres entre amis (1994), son humour noir restant encore un peu pâle, surtout comparé à des productions a

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"Un coup de maître" : vieilles canailles !

ECRANS | de Gastón Duprat (Esp- Arg, 1h41) avec Guillermo Francella, Luis Brandoni, Raúl Arévalo…

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

Galeriste à Buenos Aires, Arturo est las de soutenir Renzo, un ami peintre jadis à la mode, mais aujourd’hui dépassé et aigri. Alors qu’il vient de saborder une magnifique chance de se refaire, Renzo est victime d’un accident qui le laisse amnésique. Pour Arturo, c’est une occasion en or… Coréalisateur de l’excellent Citoyen d’honneur (2017), Gastón Duprat continue d’explorer les saumâtres coulisses de la création artistique, jetant ici son dévolu sur un plasticien et son nécessaire double, conjointement homme-lige et parasite, le galeriste. Car dans ce duo complexe (l’un s’acquitte de l’art, l’autre des chiffres), bien malin qui saurait les départager en terme de filouterie : le peintre se vante d’être ontologiquement ambitieux et égoïste (il prétend que c’est une condition sine qua non pour exercer son métier), le marchand ne fait pas mystère de sa passion pour les dollars. À partir de ces deux personnages en apparence peu fréquentables, Duprat compose pourtant une touchante

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"Dragons 3 : le monde caché" : la flamme de sa vie

ECRANS | de Dean DeBlois (ÉU, 1h34) animation

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

Mâle alpha et donc roi des dragons, Krokmou n’est plus tout à fait le seul survivant de son espèce : une femelle Furie Éclair existe et elle est entre les mains de Grimmel, un féroce exterminateur de dragons. Harold et Astrid vont devoir faire feu de tout bois pour le sauver, ainsi que leur village… Cela devait arriver. Non pas qu’un troisième volet de la franchise méga-rentable voie le jour, mais que Krokmou fasse des petits. Encore faut-il qu’il déclare au préalable sa flamme à sa dulcinée, ce qui donne lieu à une réjouissante parade où l’animal, mélange indéfinissable de félin et de saurien, balance entre le grotesque et le touchant de l’ado faisant sa cour. Harold et Astrid en étant au même stade (avec des roucoulades moins dandinantes, il est vrai), cet opus printanier exhale une fragrance saison des amours, soutenue par la thématique secondaire du film : la question du détachement, doublement métaphorisée. Car si les appariements entre jeunes entraînent le départ du nid familial, la découverte d’un nouveau monde perdu où les dragons peuvent vivre en paix implique la fin de leur domestication (ou apprivoisement) par les vikings. Sans surprise,

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"Minuscule 2 - les mandibules du bout du monde" : coccinelle, bête à bon 2

ECRANS | de Thomas Szabo & Hélène Giraud (Fr, 1h32) animation

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Alors que la famille coccinelle est sur le point d’hiberner, l’enfant terrible de la famille se retrouve expédié en Guadeloupe. Suivant son instinct paternel, l’héroïne de l’opus précédent s’envole à la rescousse de sa progéniture, bénéficiant au passage de l’aide de la fourmi et de l’araignée… Il n’est pas donné à tout le monde de se renouveler en préservant ses fondamentaux. C’est pourtant ce qu’ont accompli Thomas Szabo et Hélène Giraud par deux fois, en ayant d'abord tiré en 2014 un long-métrage de leur série d’animation, puis en lui offrant cette suite – on devrait d’ailleurs plutôt parler de "continuité darwinienne", étant donné qu’il y a évolution et amélioration techniques. Empruntant la grammaire des documentaires animaliers contemporains qui anthropomorphisent et héroïsent leurs sujets, les cinéastes la décalent d’un cran sur un mode parodico-épique ; un ton hybride (et un contraste) répondant la forme, puisque arthropodes et autres bestiaux conçus en images synthèse sont incorporés

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Clapton s'invite à la Belle électrique ce jeudi soir

CONNAITRE | Sort cette semaine en salle un documentaire intitulé Eric Clapton: Life in 12 Bars. Les mauvaises langues diront que l’élément liquide dont les bars (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 janvier 2019

Clapton s'invite à la Belle électrique ce jeudi soir

Sort cette semaine en salle un documentaire intitulé Eric Clapton: Life in 12 Bars. Les mauvaises langues diront que l’élément liquide dont les bars font commerce n’est pas la substance favorite de l’interprète de Cocaine, mais baste ! L’essentiel n’est-il pas qu’un film raconte le parcours de Clapton, l’homme aux mille groupes, visages et vies ? Le Club proposera une séance spéciale autour du documentaire jeudi 24 janvier à 19h45 dans un lieu adapté au bonhomme : une salle de concert (la Belle électrique), en présence d’un fin connaisseur de la musique rock (le journaliste Michka Assayas) qui en profitera pour faire un propos liminaire sur le bonhomme et signer ses livres.

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Bonne année classique avec l'Orchestre national de France

Concert | Rendez-vous jeudi 3 janvier à la MC2.

La rédaction | Mercredi 19 décembre 2018

Bonne année classique avec l'Orchestre national de France

Si, contrairement à de nombreuses grandes villes françaises (Lyon par exemple) et internationales (Vienne, forcément), il n’est pas possible à Grenoble de passer le 31 décembre ou le 1er janvier en compagnie d’un orchestre de musique classique, cette année la MC2 entame tout de même la nouvelle année dès le jeudi 3 janvier avec l'Orchestre national de France et son chef grenoblois Emmanuel Krivine. L'illustre phalange interprétera pour ce bal, outre les traditionnelles valses viennoises, quelques sucreries de Georges Gershwin mises en bouche par la soprano Measha Brueggergosman. Une personnalité nord-américaine du monde lyrique dont la célébrité fit un triple axel en 2010 à Vancouver lorsque, devant un milliard de téléspectateurs, elle éleva la voix en même temps que le drapeau de la cérémonie olympique d'hiver. Et une artiste que les grands cousins d'outre-Atlantique redoutent régulièrement comme juge de l'émission de télé-réalité Canada's got talent. Grand spectacle assuré.

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"Les Confins du monde" : avant l'apocalypse (now)

ECRANS | de Guillaume Nicloux (Fr, 1h43) avec Gaspard Ulliel, Guillaume Gouix, Gérard Depardieu…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Indochine, 1945. Rescapé par miracle de l’exécution d’un village où son frère a péri, le soldat Robert Tassen (Gaspard Ulliel) reprend du service afin de châtier l’auteur du massacre, un chef rebelle. S’il n’hésite pas pour cela à recruter d’anciens ennemis, il est aussi chamboulé par Maï, une prostituée… Deux séquences étrangement symétriques encadrent ce film dont le décor et l’histoire sont imprégnés par la guerre, mais qui transcendent ce sujet. Deux séquences où l’absence de mots dits font résonner le silence ; un silence éloquent renvoyant indirectement à l’assourdissante absence de représentation de la Guerre d’Indochine, cette grande oubliée des livres d’Histoire, enserrée qu’elle fut entre 39-45 et les "événements" algériens. Une guerre sans mémoire (ou presque), dont l’essentiel de la postérité cinématographique repose sur Pierre Schoendoerffer. Une quasi "terre vierge" historique donc, sur laquelle le cinéaste Guillaume Nicloux greffe ses obsessions, notamment le principe d’une quête (ici dissimulée en vengeance) plus métaphysique que réelle. La forme, volontairement elliptique, tirant sur l’abstraction, ne fait p

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Jérôme Kircher : « Un "Monde d’hier" pour rendre physique la pensée de Stefan Zweig »

Théâtre | Après un premier passage la saison dernière, "Le Monde d’hier" est de retour à la MC2 qui a donc eu l’excellente idée de reprogrammer ce spectacle sobre mais puissant basé sur l’autobiographie-testament du fameux écrivain autrichien Stefan Zweig (1881–1942). Jérôme Kircher, qui porte cette aventure seul au plateau, nous en dit plus.

Aurélien Martinez | Mardi 13 novembre 2018

Jérôme Kircher : « Un

« C’est important de dire ce texte maintenant. D’abord parce qu’il est très beau ; tout ce que Stefan Zweig décrit sur la vie artistique de la fin du XIXe siècle à Vienne, je trouve ça magnifique. Ensuite parce que ce qu’il raconte peut faire penser à aujourd’hui, avec la montée des nationalismes partout… Zweig montre parfaitement comment tous ces gens très intelligents et très engagés dans leur vie artistique et culturelle n’ont rien vu venir. » Si les mots de l’homme de lettres autrichien ont 75 ans, ils sont toujours aussi pertinents nous assure le comédien Jérôme Kircher qui les livre seul sur scène, avec intensité dans une mise en scène pourtant sobre. « Pour que ça soit puissant, je ne voulais surtout pas jouer un personnage, je me suis interdit d’incarner Zweig. L’idée, c’était de ne pas faire de théâtre du tout mais de plutôt rendre physique sa pensée. Je pense que c’est ça que les spectateurs aiment bien : ils ne voient pas un acteur qui joue mais un acteur qui pense. » « 10% du livre » Car oui, le spectacle plaît visiblement au public vu qu’il va bientôt approcher les 300 représentations en trois ans. «

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Le monde selon Maylis de Kerangal

Littérature / rencontre | C'est désormais une incontournable des rentrées littéraires depuis au moins Corniche Kennedy (2008), et plus encore depuis Naissance d'un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Le monde selon Maylis de Kerangal

C'est désormais une incontournable des rentrées littéraires depuis au moins Corniche Kennedy (2008), et plus encore depuis Naissance d'un pont, qui lui valut entre autre le Prix Médicis 2010, et Réparer les vivants (2013), également couvert de prix. Trois romans tous trois adaptés au cinéma. C'est donc peu dire qu'Un monde à portée de main était pour le moins attendu par les fidèles du style très particulier de la romancière. Où la description des gestes investit au plus profond celui de l'écriture jusqu'à l'infuser, jusqu'à faire jaillir la fiction du réel en creusant celui-ci à coups de phrases en colimaçons ou en mille-feuilles. Avec cette histoire d'une jeune femme, Paula, qui apprend l'art du trompe-l'œil et de la reproduction des matières, Maylis de Kerangal poursuit ce travail de fascination et d'exploration de ce réel à portée de fiction et inversement, de transcendance des faux-semblants. Un nouveau récit qu’elle prése

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"Les Mondes inconnus" : l'univers à portée de main

Exposition | Dans le cadre du programme d’événements scientifiques "Une saison dans les étoiles", l’exposition fortement axée jeune public "Les Mondes inconnus", qui se tient à la Casemate, au Muséum et sur le campus, permet d’explorer les sciences si mystérieuses que sont celles de l’univers. On l'a visitée.

Alice Colmart | Mardi 16 octobre 2018

L’exposition Les Mondes inconnus étant découpée en trois parties présentées dans trois lieux distincts, il faut donc faire un choix pour la débuter. Pour nous, le décollage fut à la Casemate. « Pour que les enfants comprennent comment ça se passe dans l’espace, il faut que ce soit interactif. Beaucoup de choses vont leur permettre de découvrir et de chercher » : voilà ce que nous a expliqué à notre arrivée Élodie Weber, chargée de communication du fameux centre de culture scientifique, technique et industrielle grenoblois. Ainsi, pour commencer, un espace pour « se localiser » propose des manipulations consistant à replacer les planètes dans un tableau de bois qui illustre le système solaire. Et pour avoir une idée précise de la manière « dont on observe le ciel » est exposé à ses côtés un véritable télescope donné par le Groupe d'astronomie du Dauphiné. Dans la deuxième partie, « on voyage ». On entre dans une navette spatiale dans laquelle on observe différents corps célestes (« une étoile, le soleil, une lune, un astéroïde… ») ainsi que différents cailloux (« les cailloux de

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"La Tendre indifférence du monde" : Camus roi de la steppe

ECRANS | de Adilkhan Yerzhanov (Kaz-Fr, 1h39) avec Dinara Baktybayeva, Kuandyk Dussenbaev, Kulzhamiya Belzhanova…

Vincent Raymond | Vendredi 19 octobre 2018

Kazakstan. Les usuriers s’apprêtant à saisir la ferme familiale, la belle Saltanat n’a trouvé qu’un seul moyen pour la sauver : aller en ville, escortée par le costaud Kuandyk, son ami d’enfance. Ces deux innocents découvrent alors un monde corrompu où réussite rime avec compromission… Empruntant au réalisme magique, au roman picaresque, à la philosophie camusienne comme à la comédie sentimentale burlesque, ce conte kazakh où les héros tentent de préserver leur candeur feinte ou réelle dissimule, au détour de son récit, de multiples surprises cocasses ou stupéfiantes. Et notamment cette fascination pour les arts, qu’il partage avec le personnage de Kuandyk, portraitiste à ses heures : le film véhicule en contrebande de discrètes mais reconnaissables reconstitutions d’œuvres picturales (de Van Gogh, Caspar David Friedrich...) inscrivant les protagonistes dans une forme d’éternité, entre la fatalité et l’évidente postérité. Se déroulant sur un territoire à cheval entre l’Asie et l’Europe, La Tendre indifférence du monde peut aisément revendiquer le double héritage culturel dont célèbre si bien les fécondes no

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Une autre vision du documentaire avec Le Monde au coin de la rue

Événement | Pendant une semaine (du vendredi 12 au vendredi 19 octobre), l'association grenobloise À bientôt j’espère va investir le quartier Alma – Très-Cloîtres avec son ambitieux cinéma éphémère.

Damien Grimbert | Mardi 9 octobre 2018

Une autre vision du documentaire avec Le Monde au coin de la rue

Une semaine de regards singuliers sur le monde : c’est à peu de choses près ce que propose l’association À bientôt j’espère avec la troisème édition de son événement phare Le Monde au coin de la rue. Chaque jour, dans la salle polyvalente de la Maison des habitants du centre-ville (quartier Alma – Très-Cloîtres à Grenoble) transformée pour l’occasion en véritable cinéma éphémère, seront ainsi projetés des documentaires de création loin du tout-venant. Comme Bovines, de Emmanuel Gras, qui nous emmène à la rencontre des ruminants du bocage normand ou Quelle folie, de Diego Governatori, qui accompagne Aurélien, atteint du syndrome autistique d’Asperger. Babor Casanova et Des Moutons et des hommes (en photo), de Karim Sayad, dressent quant à eux un portrait en creux de l’Algérie contemporaine en s’attachant au quotidien d’une poignée d’individus. Et Hôtel Echo, d’Eléonor Gilbert, prend pour décor une tour de guet perchée sur un mont ardéchois. Quelques exemp

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Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec de la photographie, du graphisme, de l'art contemporain, de l'égyptologie ou encore des sciences de l'univers.

La rédaction | Mardi 25 septembre 2018

Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Les Mondes inconnus Intrigante sur le papier cette exposition baptisée Les Mondes inconnus que l'on pourra découvrir à la Casemate (le Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble), au Muséum et à l’Observatoire des sciences de l’univers de Grenoble (sur le campus). Une triple proposition qui a pour but de faire découvrir au public (et notamment aux plus jeunes) les mystères des sciences de l'univers via, à ce qu'on nous en a dit, une scénographie ludique et interactive – comme, par exemple, un voyage dans une fusée ! Plus d'infos mi-octobre, dès que nous aurons visité tout ça. À la Casemate, au Muséum et à l'Osug du samedi 13 octobre au dimanche 28 juillet Allons voir la mer avec Doisneau De Robert Doisneau (1912 – 1994), figure majeure de la photographie humaniste,

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Théâtre : quinze spectacles pour une saison parfaite (ou presque)

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Suivez-nous, on vous emmène à la MC2, à l'Hexagone, au Théâtre municipal de Grenoble, à l'Heure bleue, à l'Ilyade, à l'Espace Paul Jargot, au Grand Angle...

La rédaction | Vendredi 28 septembre 2018

Théâtre : quinze spectacles pour une saison parfaite (ou presque)

Et pendant ce temps, Simone veille ! « Quatre générations de femmes se succèdent dans ce voyage qui s’étend de la lutte pour l’avortement à la procréation assistée. » Voilà bien un spectacle audacieux dans le fond (surtout que parler de féminisme fait encore peur à certains de nos jours) et très réussi dans la forme, comme il mixe propos politiques forts et humour bienvenu. Sur scène, les comédiennes traversent les époques et les questionnements pour rappeler que le combat féministe a certes avancé, mais reste toujours d’actualité. Passionnant (même si on peut discuter de certains propos, ce qu’on essaiera de faire en octobre avec l’une des autrices). À l’Heure bleue (Saint-Martin-d’Hères) mardi 9 octobre La Rose et la hache Créé en 1979, déjà redonné en 2004 pour la réouverture (après travaux) de la MC2, La Rose et la hache est un spectacle culte de Georges Lavaudant, avec notamment sur scène le fameux comédien Ariel Garcia-Valdès, complice de longue date du metteur en scène né à Greno

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"Mademoiselle de Joncquières" : mensonges et trahisons (et plus si affinités)

ECRANS | d'Emmanuel Mouret (Fr, 1h49) avec Cécile de France, Edouard Baer...

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

Pour se venger du Marquis des Arcis, auquel elle a cédé malgré la funeste réputation de libertin qui le précédait, Mme de La Pommeraye ourdit une complexe machination amoureuse contre lui en embauchant deux aristocrates déclassées, Mlle de Joncquières et sa mère. Mais peut-elle impunément user de l’amour comme d’un poison ? Deux pensées se télescopent à la vision de ce film. L’une : que le XVIIIe siècle, avec son amour des mots et ses mots d’amour, était taillé pour la plume stylisée prompte à (d)écrire les tourments chantournés qu’affectionne le réalisateur Emmanuel Mouret depuis ses débuts. L’autre, concomitante : pourquoi ne l’a-t-il pas exploré plus tôt ! Or, rien n’est moins évident qu’une évidence ; Mouret a donc attendu d’être invité à se pencher sur cette époque pour en découvrir les délices. Et se rendre compte qu’il y avait adéquation avec son ton. S’inspirant, comme le cinéaste Robert Bresson, d’un extrait de Jacques le Fataliste de Denis Diderot, Mouret l’étoffe et ajoute une épaisseur tragique et douloureuse. Là où Les Dames du Bois de Boulogne (1945) du premier se contentait d’une cynique mécanique

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"Le Monde est à toi" : reum arrangée

ECRANS | de Romain Gavras (Fr, 1h34) avec Karim Leklou, Isabelle Adjani, Oulaya Amamra…

Vincent Raymond | Mercredi 4 juillet 2018

Afin de réunir des fonds fissa, François accepte de superviser pour un caïd psychopathe un convoi de drogue d’Espagne vers la France. Le deal tournant au fiasco, François appelle Danny à l’aide. En plus d’être une cheffe de gang, Danny est sa mère… Connu pour sa maîtrise du format clipé (il fut l’un des initiateurs du mouvement Kourtrajmé), Romain Gavras avait fait des débuts timides dans le long-métrage avant de retourner à ses amours brèves. Symphonie ludique flashy et syncopée, Le Monde est à toi découle autant du film de genre "soderberghisé" que de la réunion de bras cassés "guyritchiques". Ce thriller pimpé en récréation bariolée pour enfants pas sages possède, outre un rythme soutenu et une image canon, un argument de poids dans son interprétation plaçant (enfin) Karim Leklou aux avant-postes. Face à lui, Oulaya Amamra confirme que Divines n’était pas un météore, tandis que Vincent Cassel joue les hommes de main ductiles et que l’on savoure la si ra

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"Une femme heureuse" : chaînes conjugales

ECRANS | de Dominic Savage (GB, 1h45) avec Gemma Arterton, Dominic Cooper, Frances Barber…

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Vu de l’extérieur, Tara semble mener la vie d’épouse et mère anglaise comblée. En y regardant de plus près, son Mark n’est pas si attentionné : il lui impose sa routine sexuelle et domestique, bride ses aspirations artistiques. Un jour de trop plein, Tara craque et fait son bagage. Direction Paris. Que l’on aurait aimé aimer ce film écrit, produit et interprété par Gemma Arterton ! La rousse comédienne aux choix éclectiques s’avère à elle seule une raison d’attachement inconditionnel, surtout si elle porte un projet sur l’insidieuse question de l’asservissement conjugal. Las... Car ce qui aurait pu être le portrait à la Sautet d’une femme conquérant sa liberté s’abîme dans une insistante (et redondante) contemplation de ses désarrois quotidiens. Plombée par une musique affligeante, la première partie insiste au-delà du raisonnable sur la cruauté de Mark et l’état de sujétion de Tara, en esthétisant un peu volontiers le beau visage triste de la comédienne. Quand vient (enfin) le temps de la rupture et de l’affranchissement, l’espoir est de bref durée : la second partie parisienne va en effet tenir de la caricature, avec une interminable déambu

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"Blue" : Disneynature prend l'eau

ECRANS | de Keith Scholey & Alastair Fothergill (ÉU, 1h18) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Dans le sillage des grands dauphins, à travers les mers et les océans… Un environnement liquide d’une valeur incommensurable, peuplé d’une faune extraordinaire de diversité et de menaces ; où la beauté le dispute à la fragilité. Jadis lancé par Cousteau (et repris depuis, notamment par Jacques Perrin), le message de Blue est clair comme de l’eau de roche : la faune marine mérite d’être protégée, c’est une question de survie pour l’écosystème planétaire. Et cette nouvelle production Disneynature (la division documentaire et environnement du studio californien) se dote des "armes" conventionnelles pour le faire passer : trouver d’attachants protagonistes pour susciter l’empathie et offrir les plus spectaculaires prises de vues possibles. Si grâce aux progrès de la technique, les images sont en effet d’un piqué et d’une richesse chromatique saisissante, les personnages choisis comme fil rouge (les dauphins) restent prisonniers d’un anthropomorphisme un peu dépassé, appuyé par une narration un peu invasive – désolé Cécile de France. L’image nue se suffit à elle-même. D’autant que le film comp

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"La Nuit a dévoré le monde" : Paris, je te zombifie

ECRANS | Jeu d'évasion dans les conditions d’un réel apocalyptique, ce premier long-métrage aussi sobre que maîtrisé réunit un trio brillant autour d’un scénario rigoureux. En peuplant la capitale de zombies désarticulés, Dominique Rocher gagne haut le moignon son Paris.

Vincent Raymond | Lundi 5 mars 2018

Au lendemain d’une nuit agitée, dans un recoin de l’appartement de son ex (où il était venu chercher ses affaires en pleine soirée festive), Sam découvre que le monde est désormais peuplé de zombies. Se pourrait-il qu’il soit l’ultime homme sur Terre ? À lui d’organiser sa survie… De son titre poétique à sa réalisation d’une efficacité à faire pâlir George A. Romero, La Nuit a dévoré le monde s’impose par sa singularité dans un paysage contemporain montrant une insatiable appétence pour le cinéma de genre, et tout particulièrement horrifique. Les séries à succès telles que The Walking Dead ou Les Disparus n’y sont sans doute pas étrangères, elles qui ont également contribué au décloisonnement des univers et prouvé aux derniers rétifs que Cronenberg ou Carpenter sont davantage que des seigneurs (saigneurs ?) dans leur partie gore. Naufrage, ô désespoir Maîtrisant la grammaire du film de zombies, le réalisateur Dominique Rocher installe un climat parfaitement anxiogène de bout en bout : il évite tout temps mort – si l’on ose – en dosant les surgissements de figures terrifiantes et disti

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Malca et Mehmet Aslan : à la croisée des mondes

Concert | Invités jeudi 1er mars à l’Ampérage à l’occasion de la deuxième Semaine du monde arabe organisée par Sciences Po Grenoble, Malca (en photo) et Mehmet Aslan proposent, chacun dans leur registre, une relecture moderne et syncrétique des esthétiques musicales des diasporas dont ils sont issus. On vous les présente.

Damien Grimbert | Lundi 26 février 2018

Malca et Mehmet Aslan : à la croisée des mondes

Dévoilée sur le web fin octobre 2017 en prélude à la sortie de son EP éponyme, la vidéo Casablanca Jungle de Malca a instantanément accaparé l’attention d’une bonne partie des médias culturels français et marocains. Et c’est bien normal. Fruit d’une collaboration entre deux des créatifs les plus en vue du moment (le réalisateur Kevin Elamrani-Lince, auteur de clips pour Alkpote, Jok’Air, Hyacinthe et Oklou, et le directeur artistique Mohamed Sqalli, cofondateur avec le photographe Ilyes Griyeb du collectif NAAR), cette dernière dévoile en effet, à travers d’une esthétique ultra-léchée, une vision on ne peut plus contemporaine de la jeunesse casablancaise des années 2010, partagée entre insouciance festive et quête d’émancipation. Soit l’écrin idéal pour mettre en valeur les élancées pop élégiaques et mélancoliques de Malca, où s’entrecroisent influences funk, électro, chaabi et R’n’B vaporeux. Déjà repéré en 2015 avec la sortie de son premier EP She Gets Too High, le jeune artiste grandi entre Paris et Casablanca tourne résolument le dos à plusieurs décennies de tentatives fusionnelles maladroites, pour mieux s’inscrire dans une moder

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Les Filles de Simone : « La maternité reste un angle mort du féminisme »

Théâtre | Et voici un spectacle intelligent et, surtout, très drôle sur les difficultés à être mère, rôle pas naturellement évident. Son titre ? "C'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde". Enthousiastes que nous sommes, nous en avons discuté avec Tiphaine Gentilleau, l’une des deux comédiennes du bien nommé collectif Les Filles de Simone.

Aurélien Martinez | Mardi 27 février 2018

Les Filles de Simone : « La maternité reste un angle mort du féminisme »

Comment est né ce spectacle centré sur la maternité ? Tiphaine Gentilleau : En fait, avec Chloé [Olivères, la deuxième comédienne sur scène – NDLR], on a été enceintes à trois mois d’intervalle, ce qui a soulevé pas mal de questions en nous – sur le milieu professionnel, médical… Sachant qu’avant, on se questionnait déjà sur le fait de faire du théâtre avec nos convictions féministes. En en discutant, on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup d’expériences partagées, de vécus pas très simples qui étaient en fait d’une banalité sans nom. Donc on s’est dit qu’il y avait vraiment un sujet pour en faire un spectacle. Quelles ont été vos sources d’inspiration ? On a beaucoup lu sur le sujet. On a découvert par exemple l’historienne Yvonne Knibiehler, qui a véritablement axé son travail sur l’histoire de la maternité. En la lisant, ça nous a vraiment confirmé qu’il y avait un sujet. Du coup, on a nourri toutes nos improvisations et recherches sur le plateau de différentes lectures – Simone de Beauvoir, Élisabeth Badinter, Antoinette Fouque ou encore Marie-Caroline Missir et Louise Tourret, deu

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"Une saison en France" : n'est pas Ken Loach qui veut

ECRANS | de Mahamat-Saleh Haroun (Fr., 1h40) avec Eriq Ebouaney, Sandrine Bonnaire, Bibi Tanga…

Vincent Raymond | Mardi 30 janvier 2018

Les bons sentiments, la mauvaise littérature, toussa… Le précepte jadis énoncé par l'écrivain Henri Jeanson se transpose toujours aussi aisément au cinéma. C’est triste pour les idées que ces sentiments défendent ; et cela le serait bien davantage si l’on ne reconnaissait pas le bancal des œuvres supportant ces justes causes. Décalque (involontaire ?) de celle de Moi, Daniel Blake de Ken Loach, l’affiche d’Une saison en France place d’emblée le film dans une ambiance inconsciemment "loachienne". Les similitudes s’arrêtent ici, tant les partis-pris s’opposent : à l’urgence documentarisante, le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun préfère une esthétique posée, parfois surcomposée qui encombre de théâtralité vieillotte le récit de son héros. Centrafricain exilé en France, celui-ci attend la décision qui fera de lui, de son frère et de ses enfants, des réfugiés légaux. Malgré l’aide de la femme qui l’aime, son attente son espoir

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"3 Billboards, les panneaux de la vengeance" : bons baisers du Missouri

ECRANS | Marqué par un enthousiasmant trio d’interprètes (Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell) et une narration exemplaire (une femme souhaite que l'enquête sur le meurtre de sa fille avance enfin), ce "revenge movie" décalé réalisé par Martin McDonagh nous fait tomber avec délices dans le panneau. Le Midwest, le vrai…

Vincent Raymond | Dimanche 14 janvier 2018

Excédée par l’inertie de la police dans l’enquête sur le meurtre de sa fille, l’opiniâtre Mildred le fait savoir sur trois pancartes géantes jusqu’alors à l’abandon au bord d’une route peu fréquentée. Les conséquences indirectes de cette initiative dépasseront tout ce qu’elle aurait pu imaginer… La présence en tête de gondole de Frances McDormand biaise sans doute l’appréciation. N’empêche : Joel et Ethan Coen auraient pu signer 3 Billboards… Son scénariste et réalisateur Martin McDonagh, qui s’était déjà illustré en 2008 avec Bons baisers de Bruges (polar sérieusement déviant en dépit de son titre français bien naze), fond en effet avec une maestria comparable chronique sociale et sarcasme décapant dans une matrice de film noir. Certes, la géographie les sépare (McDonagh opte pour le Missouri quand les Coen balancent entre la froidure du Minnesota et le torride du Texas), mais le creuset humain est le même : une population globalement rurale riche en stéréotypes conservateurs ; un vase clos éloigné de l’administration fédérale conspuée à l’envi. Attention : virages sur 1h56 On pourrait croire qu

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Nouveau souffle techno avec DJ AZF et Simo Cell

Soirée | DJs défricheurs aussi passionnés que passionnants, les Français DJ AZF et Simo Cell apportent, chacun dans leur registre, un vent de fraîcheur bienvenu au sein d’une scène techno encore trop souvent engoncée dans ses conservatismes et ses conventions. Ils seront vendredi 5 janvier sur la scène de l'Ampérage.

Damien Grimbert | Mardi 19 décembre 2017

Nouveau souffle techno avec DJ AZF et Simo Cell

Il n’y a rien à y faire. Année après année, on reste abasourdi par l’écart béant entre l’incroyable champ des possibles offert par l’univers des musiques électroniques dansantes et l’usage extrêmement restreint, polissé et propre sur lui auquel le cantonnent la plupart des DJs en activité. Depuis quelques années néanmoins, le paysage est progressivement en train de changer : plus divers, plus ouvert, plus varié… Et parmi les forces actives de ce changement, on peut notamment compter DJ AZF. Auditrice de rap passée par la case free party avant de devenir l’un des véritables piliers de la scène club parisienne actuelle, AZF n’est pourtant pas du style à jouer la carte de l’éclectisme dans ses sets : amatrice d’une techno énergique, sale, sombre et suintante imprégnée d’influences acid, rave et industrielles, elle aime quand ça tape fort. Mais l’implication et l’engagement hors norme dont elle témoigne dans ses sets se retrouvent également en dehors du dancefloor. Au travers de ses émissions sur Rinse France, de ses résidences à la Java ou du festival "Qui embrouille qui" auquel elle a donné naissance cette année, elle préfère confier les platin

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Jacqueline Caux : « Les musiques qui m'intéressent ont toujours affaire avec le politique »

Conférence | En amont de sa conférence "Les bad girls du monde arabe" organisée à la Source (et qui précédera le concert de la musicienne palestinienne Kamilya Jubran), la cinéaste, curatrice et écrivaine Jacqueline Caux revient avec nous sur sa passion de longue date pour les musiques répétitives, la techno de Détroit et, forcément, les musiques arabes. Passionnant.

Damien Grimbert | Mardi 21 novembre 2017

Jacqueline Caux : « Les musiques qui m'intéressent ont toujours affaire avec le politique »

Cette conférence sur les « bad girls du monde arabe » est née en partie d’une colère que vous éprouvez envers la méconnaissance des musiques arabes en France… Jacqueline Caux : C’est vrai. D’autant que ces cultures arabes sont très différentes les unes des autres. Les religions ne sont pas les mêmes si l’on est chiite, sunnite ou alaouite… On ne peut pas tout ramasser en parlant "du" monde arabe. Il y a "des" mondes arabes, "des" musiques arabes. Le Maghreb et le Mashreq, ce n’est pas la même chose, il y a des approches complètement différentes. Cette méconnaissance des cultures arabes, je la ressens comme une sorte de continuum de ce qu’a été le colonialisme : à ce point-là de méconnaissance, de désintérêt, il y a quelque chose de l’ordre du racisme culturel. Alors que ça me semblerait vraiment nécessaire, vu les tensions qu’il y a, notamment par rapport aux jeunes qui vivent dans les périphéries des villes, qu’on respecte un peu plus les cultures qui sont celles de leurs grands-parents. Les attentats en France ont accentué encore ce phénomène de méfiance, de peur même, vi

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Le Mois de la photo : voisins du monde

ARTS | Zoom sur la nouvelle édition de l'événement organisé chaque année par la Maison de l'image de Grenoble à l'Ancien musée de peinture.

Charline Corubolo | Mardi 7 novembre 2017

Le Mois de la photo : voisins du monde

De la Chine aux Philippines, du Canada au Liban, de l’Angleterre à l’Arménie, le Mois de la photo dessine les Quartiers du monde, thème de cette cinquième édition, via l’objectif de 9 photographes. Portée par la Maison de l’Image de Grenoble, la manifestation met à l’honneur cette année le photojournaliste Peter Bauza avec sa série Copacabana Palace. À ses côtés dans l’enceinte de l’Ancien musée de peinture, 7 autres photographes dévoilent leur propre réflexion sur ce qui fait un quartier et s’ouvrent sur le monde pour des narrations visuelles matricielles variées. De la Chine brumeuse cinématographique de Yann Bigant au Beyrouth désenchanté de Vincent Lecomte en passant par les populations philippines vivant sur l’île poubelle de Manille mises en images par Jean-Félix Fayolle, la photographie infiltre le journalisme pour une cartographie riche de nos voisinages. Le regard es

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Peter Bauza : « Représenter la part obscure du Brésil »

Exposition | À travers un portrait sensible des habitants des ruines d’un projet immobilier en périphérie de Rio de Janeiro, où se mêlent les couleurs de l’espoir et la frontalité abrupte de l’abandon, le photojournaliste allemand Peter Bauza révèle un récit contemporain à la narration complexe. Invité d’honneur de la cinquième édition du Mois de la photo portée par la Maison de l’Image, il nous explique sa vision du métier et dévoile les dessous de sa série "Copacabana Palace".

Charline Corubolo | Mardi 7 novembre 2017

Peter Bauza : « Représenter la part obscure du Brésil »

Vous étiez à vos débuts photographe, puis vous êtes devenu photojournaliste. Qu’est-ce qui a enclenché ce changement ? Peter Bauza : Le monde de la photographie a changé. Beaucoup d’entre nous ont commencé comme photographe : on recevait des commandes, on faisait cette photo, puis celle-ci. Aujourd’hui, quand on fait un travail sur des sujets importants, ce n’est pas suffisant de faire seulement des photos. Il faut comprendre le contexte, l’histoire, choisir ce que l'on veut montrer dans le monde et écrire sur ce que l’on voit. Je suis devenu photojournaliste avec le temps parce que c’est une pratique beaucoup plus riche qui permet d’écrire des histoires sur des personnes, sur des moments… On donne la voix par la photo et le texte. Chaque image a une histoire à raconter. Dans l’Ancien musée de peinture de Grenoble, vous présentez une série intitulée Copacabana Palace. Comment est né ce projet ? J’étais en train de chercher un projet au Brésil qui montre la transformation du pays avant les Jeux olympiques de 2016. En arriv

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Sylvain Venayre : « L’histoire de France ne doit pas être un récit mais un débat »

BD / Rencontre | Mi-octobre est sorti le premier volume d’une série ambitieuse : « l’histoire dessinée de la France, des origines à nos jours ». Chacun des 20 tomes, réalisé par un tandem historien-dessinateur, sera consacré à une période précise de cette histoire. Un projet engagé (les éditeurs expliquent qu’en « ces temps troublés, l’histoire de notre pays fait l’objet de tous les fantasmes passéistes et de toutes les récupérations politiques ») piloté par Sylvain Venayre, historien et professeur à l’université Grenoble Alpes. On l’a rencontré avant son passage par deux librairies grenobloises en compagnie du dessinateur Étienne Davodeau – ils ont signé ensemble le tome 1 intitulé "La balade nationale : les origines".

Aurélien Martinez | Lundi 16 octobre 2017

Sylvain Venayre : « L’histoire de France ne doit pas être un récit mais un débat »

Comment vous êtes-vous retrouvé à diriger ce projet ? Sylvain Venayre : J’ai été contacté il y a trois ans, à l’automne 2014, pour essayer de réfléchir à une histoire dessinée de la France. L’initiative est venue des éditions La Découverte mais l’expertise est celle de La Revue dessinée [un magazine de reportages, documentaires et chroniques en bande dessinée – NDLR] qui, justement, avait besoin d’un historien capable de diriger la totalité de la collection. Il se trouve que je faisais doublement l’affaire comme je venais de publier un livre intitulé Les Origines de la France et que j’avais dirigé un gros volume consacré à L’Art de la bande dessinée. Un projet d’histoire dessinée de la France qui a pour ambition, comme vous le faites dire à l’un des personnages du tome 1 (l’historien Jules Michelet), de déno

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Sueño Colombiano : « Faire découvrir les musiques traditionnelles et actuelles de Colombie »

Festival | Alors que l’automne s’installe doucement, l’association Cultures du monde en Rhône-Alpes a décidé de réchauffer nos oreilles avec le festival Sueño Colombiano. Samedi 7 et dimanche 8 octobre, le Parc des arts (quartier Mistral) va se parer de rythmes enflammés. Rencontre avec Marie Zanotel de l’association CMRA pour en savoir plus.

Charline Corubolo | Mardi 3 octobre 2017

Sueño Colombiano : « Faire découvrir les musiques traditionnelles et actuelles de Colombie »

« Cultures du monde en Rhône-Alpes existe depuis 9 ans et cherche à questionner l’esthétisme de la tradition, comment elle inspire des univers plus actuels, voire électro » nous explique Marie Zanotel, coordinatrice générale de l’association. Voilà donc presque une décennie que CMRA défend les cultures d’ailleurs (et d’ici), avec une nouveauté cette année : la première édition du festival Sueño Colombiano. À l’occasion du mois de la Colombie à Grenoble, l’équipe a imaginé cette manifestation sur deux jours afin de « valoriser et mettre en lien les traditions et l’esthétisme plus actuel, entre danse et musique surtout, de Colombie et de France. On cherche à comprendre comment les deux cultures peuvent se rencontrer. » Une communion culturelle qui se veut surtout « accessible à tous, sous forme d’éducation populaire. » Un temps festif, un autre plus familial Et afin de satisfaire tous les publics, le festival est découpé en deux parties : « Il y a un temps festif le samedi 7 octobre au soir avec des concerts sous chapiteau au Parc des arts à Grenoble. Et le lendemain, c’est plus familial avec un repas,

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"Un tour du monde de l’affiche" : tapisseries du monde

ARTS | Faire le tour du monde à travers l’affiche est un programme ambitieux et remarquablement mis en image par le Centre du graphisme d’Échirolles. Les 150 affiches, réalisées par une centaine de designers graphiques, déploient un panorama dense et poétique au cœur d’un XIXe siècle encore prompt à sublimer cette forme.

Charline Corubolo | Mardi 12 septembre 2017

Aujourd’hui souvent considérée comme un simple outil de communication, l’affiche est pourtant une forme d'expression au but bien plus riche que l’unique promotion d’objets et d'événements. La réduire à cette fonction reviendrait à oublier un pan de son histoire, qui débute dans l’effervescence artistique de la fin du XIXe siècle (avec les productions de Francis Picabia) et se confirme jusqu’à notre ère. Véritable arme d’éducation démocratique du regard, la création graphique est mise à l’honneur au bien nommé Centre du graphisme d’Échirolles avec un Tour du monde de l’affiche de plus de 150 propositions réunissant une centaine de designers graphiques des cinq continents. Illustrative ou photographique, colorée ou en noir et blanc, typographique ou collée, l’affiche est ainsi un terreau fertile d’une culture allant de Dylan à Picasso en passant par La Grande illusion du cinéaste Jean Renoir. C’est un véritable voyage par les signes que propose l’exposition, voguant sur des perspectives engagées, artistiques ou politiques. Car il est vital de sortir des sentiers standardisés de l’image pour découvrir la prégna

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