Avignon : jouer solidaire

ACTUS | Alors que la CGT appelle à une grève nationale pour le vendredi 4 juillet, jour de l’ouverture du Festival d’Avignon, on fait le point avec les compagnies grenobloises qui ont prévu de jouer dans le "off".

Guillaume Renouard | Mercredi 2 juillet 2014

Photo : Karim Houari


Ce sont des questions que chaque artiste et technicien se pose : faut-il annuler une représentation / un spectacle / un festival pour faire avancer la cause des intermittents du spectacle ? Ou, à l'inverse, faut-il continuer à jouer et trouver d'autres moyens de se faire entendre ? Grégory Faive, concepteur de l'excellent spectacle Pourvu qu'il nous arrive quelque chose, a choisi la deuxième solution, comme l'ensemble des compagnies grenobloises programmées dans le "off" du Festival d'Avignon. « Je participerai aux tables rondes et saisirai les occasions de prendre la parole. D'autant que mon spectacle [une réflexion très drôle sur le monde du théâtre – ndlr] m'en fournit déjà. »

Sylvie Jacquier, présidente de la compagnie Life is not a picnic de David Bursztein, fait entendre le même son de cloche : « Nous y allons avec Welt Histoires et chansons du Yiddishland, mais nous demeurons solidaires du mouvement. Une journée nationale est prévue le 4 juillet : si elle est maintenue, nous suivrons. »

Surtout que les compagnies ont déjà engagé de nombreux frais (location d'un théâtre et d'un logement, dépenses de communication, ....) pour jouer dans le "off". La compagnie Les Gentils a ainsi détaillé ces coûts sur sa page KissKissBankBank servant à récolter des fonds.

« Intermittent n'est pas un métier »

Sur le fond du dossier (que nous avons déjà résumé dans un précédent article), Grégory Faive critique tout particulièrement le fait que les pistes proposées n'aient même pas été examinées. « Il existe un certain nombre de solutions pour faire des économies, comme le plafond salaire/indemnités ou la règlementation des contrats intermittents, qui auraient eu beaucoup moins de conséquences pénibles pour les intermittents. »

Il souligne également la complexité du statut, qui rend la communication bien difficile. « Intermittent n'est pas un métier mais un régime, qui recouvre des réalités aussi diverses que celles des comédiens, des maquilleurs, des costumiers… Il faut donc d'abord rendre compte de cette complexité avant de se faire entendre, ce qui n'est pas toujours évident. En parallèle, il faut également reconnaître les limites de ce régime, qui engendre beaucoup d'abus et ne profite pas à tout le monde, tout en montrant que les solutions actuellement préconisées par le gouvernement ne permettent pas de le réformer de manière satisfaisante. »

Sylvie Jacquier insiste quant à elle sur la puissance symbolique de la mobilisation : « Je ne suis pas intermittente, mais d'après ce que je constate, la plupart des artistes souhaitent que le régime soit réformé, mais pas de cette manière. Le gouvernement a tenu un discours qui semble aller dans le bon sens, sans toutefois donner de garanties. La mobilisation est un moyen de maintenir la pression. Et d'affirmer que la culture n'est pas un coût, mais une richesse. »

Alors qu'à Avignon, le maintien du festival a été voté à 80% par les représentants des personnels du "in" (le "off" jouera quoi qu'il arrive dixit son président), la situation bloque pourtant toujours autour de ce fameux accord du 22 mars validé par le gouvernement. Même si lundi 30 juin, sur RMC et BFM TV, la ministre de la culture Aurélie Filippetti a de nouveau appelé les intermittents « à saisir la main tendue par le gouvernement ».

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Quand la saison 20/21 joue les prolongations

SCENES | Depuis le 19 mai, les lieux de culture peuvent rouvrir et accueillir du public. Beaucoup de théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont donc annoncé des spectacles à enfin voir dans leurs murs avant la traditionnelle pause estivale. Mais où aller ? Tentatives de réponses subjectives en 11 points – dont un très gros et très alléchant.

Aurélien Martinez | Lundi 17 mai 2021

Quand la saison 20/21 joue les prolongations

La MC2 en fête Quand l'immense MC2 revient dans le jeu après une longue période sans public (elle était fermée, comme tous les lieux de culture en France, depuis fin octobre), c'est avec un mois qui envoie du lourd ! « Plus de 20 propositions regroupant 50 représentations gratuites ou payantes vous seront ouvertes pour notre plus grande joie et votre plus grand plaisir », annonce le directeur Arnaud Meunier, qui proposera certains des spectacles et concerts de la saison ayant du être annulés. Et non des moindres : L'Étang de la passionnante metteuse en scène Gisèle Vienne avec Adèle Haenel sur le plateau ; 31 rue Vandenbranden du génial collectif bruxellois de danse-théâtre Peeping Tom en collaboration avec le prestigieux Ballet de l’Opéra de Lyon ; ou e

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Actifs malgré tout

SCENES | Témoignages. Ils auraient dû retrouver leur public en novembre, mais le second confinement les en a empêchés. On a pris des nouvelles de trois de nos artistes grenoblois préférés.

La rédaction | Mardi 8 décembre 2020

Actifs malgré tout

Grégory Faive On a adoré sa prestation en Kid survolté et bavard dans Western !, la pièce chorale de Serge Papagalli. Grégory Faive (photo) aurait dû être seul sur la scène du Théâtre 145 du 24 au 26 novembre, pour présenter Le discours, une adaptation du roman-monologue de Fabcaro. Il a finalement dû se contenter d’un filage devant un public professionnel, restreint et masqué. Une aubaine cependant pour le comédien, avide de retours sur son travail et ravi de remonter sur scène, même dans ces conditions particulières. Le spectacle devait partir en tournée : quelques dates ont pu être reportées en mai et juin 2021. Avant cela, il sera finalement joué à Grenoble pour trois autres représentations au 145, les 18, 19 et 20 février prochains. On espère avoir l’occasion d’en reparler avec Grégory, tant il a su nous embarquer dans cette histoire folle autour d’un quadra largué par sa copine et qui psychote sévère au cours d’un repas de famille. Assez en tout cas pour nous faire rire, nous émouvoir et nous suggérer que toute ressemblance avec des personnes réellement existantes n’est pas fortuite. / MK Émilie Le Roux

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Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Les théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont de nouveau dégainé des programmations bourrées de propositions qu'on avait envie de défendre. Suivez-nous ! Par Aurélien Martinez et Nadja Pobel

La rédaction | Mercredi 14 octobre 2020

Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Western ! À Grenoble et aux alentours (ce que l’on appelle de par chez nous le Dauphiné), Serge Papagalli est une légende qui foule les scènes de la région depuis maintenant 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, et avant de le croiser fin novembre sur grand écran dans le film Kaamelott (le fameux Guethenoc le paysan, c’est lui) d’Alexandre Astier, notre homme se lance dans le western-spaghetti et théâtral, lui qui revendique fièrement ses origines italiennes. Avec une douzaine de comédiennes et comédiens à ses côtés (dont pas mal de fidèles de chez fidèles toutes générations confondues), son Western ! était forcément très attendu par un paquet de monde. Dont nous. AM À la MC2 du mardi 13 au jeudi 22 octobre Au Théâtre Jean-Vilar (Bourgoin-Jallieu) vendredi 6 et samedi 7 novembre Au

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"Tout va s’arranger" : délit de suite

Théâtre | On attendait beaucoup de Tout va s’arranger (à voir du mercredi 10 au vendredi 12 avril à 20h l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères), spectacle que le (...)

Aurélien Martinez | Mardi 9 avril 2019

On attendait beaucoup de Tout va s’arranger (à voir du mercredi 10 au vendredi 12 avril à 20h l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères), spectacle que le metteur en scène et comédien Grégory Faive présente comme une suite possible de son seul-en-scène à succès (et immense réussite) Pourvu qu’il nous arrive quelque chose, qu’il avait construit d’après un texte de Philippe Torreton sur les coulisses du théâtre. Un prolongement sur le même thème (« un metteur en scène décide de monter La Mouette de Tchekhov à la manière des comédies musicales de Broadway… mais en France… avec les moyens qu’il possède… c’est-à-dire modestes ») avec cette fois Grégory Faive au texte et de nombreux comédiens et comédiennes à ses côtés sur le plateau. Alors certes, tout ceci est sympathique à suivre par moments (le côté vaudeville contemporain notamment), mais l’ensemble n’a jamais vraiment pris le soir où nous l’avons découvert (cet automne), la faute au manque de co

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Grégory et Lagarce, à table

Soirée lectures | Mercredi 14 février, le metteur en scène et comédien grenoblois Grégory Faive proposera une soirée de lectures autour de textes de Jean-Luc Lagarce, l'un des auteurs contemporains de théâtre les plus joués en France.

Aurélien Martinez | Mardi 6 février 2018

Grégory et Lagarce, à table

Le collectif grenoblois Troisième bureau aime bien défendre les auteurs contemporains de théâtre. L’Université Grenoble Alpes aussi. Du coup, pour la quatrième fois consécutive, les deux se sont associés pour une soirée de lectures, cette année consacrée à Jean-Luc Lagarce (photo), comète de la fin du siècle dernier (il est mort du sida en 1995, à 38 ans) qui a laissé derrière lui une œuvre très appréciée par le monde du théâtre – et même au-delà, sa pièce Juste la fin du monde ayant été adaptée au cinéma en 2016 par Xavier Dolan. Aux commandes de ce projet, le metteur en scène et comédien grenoblois Grégory Faive qui, cela tombe bien, a « une affec

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PB d'or 2016 : musique

C'était 2016... | Avec du changement côté Cabaret frappé, des images fortes ou encore une confirmation.

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : musique

Le PB d’or de la bonne surprise : la nouvelle configuration du Cabaret frappé En janvier 2016, la Ville de Grenoble convoquait la presse pour annoncer un changement de taille : le Cabaret frappé, festival musical qu’elle organise chaque été au Jardin de Ville, passerait en gratuité totale – contre, auparavant, une première partie sous le kiosque en accès libre et, ensuite, une série de concerts payants sous chapiteau. Une décision politique motivée par un souci de faire évoluer le festival né en 1999, mais surtout par des considérations financières, cette gratuité permettant paradoxalement de réduire pas mal de coûts – plus de chapiteau par exemple. Pourquoi pas, même si, du coup, nous pouvions craindre une édition 2016 au rabais… Sauf que ça ne s’est pas produit, grâce justement à cette nouvelle organisation qui a redonné du souffle au dispositif. Le Jardin de Ville fut ainsi judicieusement repensé par l’équipe organisatrice autour d’une grande scène et d’un bar sous le kiosque, ce qui ne donnait

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Grégory Faive : « On arrive à la centième représentation ! »

SCENES | Cette semaine est programmé à la Basse cour "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose", excellent et très drôle seul-en-scène sur les coulisses du théâtre qui tourne depuis cinq ans. Une des dernières occasions de le voir, avant de découvrir la suite. N’est-ce pas Grégory Faive ?

Aurélien Martinez | Lundi 5 septembre 2016

Grégory Faive : « On arrive à la centième représentation ! »

Le spectacle a vu le jour à l’automne 2011 à Eybens. Cinq ans plus tard, vous le jouez toujours : un succès qui doit être agréable ? Grégory Faive : Ce n’est pas désagréable, en effet ! Surtout qu’à chaque fois, on le réinvente : on passe d’un petit à un grand plateau, d’une petite à une grande jauge… C’est toujours une nouvelle aventure. Et puis dans le parcours d’une compagnie où l’on a souvent joué des spectacles quatre ou cinq fois, c’est appréciable de jouer autant, d’avoir un tel accueil où qu’on aille. Vous en êtes à combien de représentations ? On arrive à la centième ! Ce sera à Champ-sur-Drac le 14 octobre pour être précis. Et ensuite ? Là il y a une saison qui est pas mal remplie, mais je pense qu’on arrive progressivement vers la fin de la vie de ce spectacle. Un spectacle qui a permis de poser les jalons pour la suite que je suis en train de préparer… Vous l’écrivez vous-même (Pourvu qu’il nous arrive quelque chose est basé sur un texte de Philippe Torreton) ? Oui. Et ça y est, je m’y suis mis ! La suite

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Grégory Faive : la mort lui va si bien

SCENES | Alors que son seul-en-scène "Pourvu qu'il nous arrive quelque chose" est toujours en tournée quatre ans après sa création, Grégory Faive dévoile une nouvelle fantaisie : "On aurait dû laisser un mot". Une histoire de défunts qui reviennent sur leur vie passée pour un spectacle joyeux, foisonnant et habilement construit. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 13 octobre 2015

Grégory Faive : la mort lui va si bien

« Pas d'anges, pas de harpes, pas de vertes prairies fleuries, c'est des craques que racontait le curé, que des craques. » Amandine Delput, 1856-1919. À ses côtés dans le cimetière de Moret-sur-Raguse, il y a du monde. Tiens, cette tombe, c'est celle d'une femme qui, visiblement, a été très proche de nombreux villageois de sexe masculin. Là, c'est celle d'un homme qui a fini sa vie au fond d’un fossé à purin à cause d’une vache percutée en solex. Et ici, celle d'un jeune révolté mort bêtement, son cocktail explosif en main. Comment le savons-nous ? Parce qu’ils ont tous décidé de se confier. De raconter leur vie, leur mort, leurs rapports les uns aux autres ou, tout simplement, ce qui leur passe par la tête – « Je suis née un 18 mai, je suis morte le 18 mars, comme quoi ! » C'est Patrick Kermann, auteur de théâtre de la fin du XXe siècle, qui a composé cet « oratorio in progress », cette « polyphonie de l’au-delà » qui, en plus d'être souvent jouée, est devenue un incontournable pour tout apprenti comédien – l’écriture atypique, souvent très orale, change de couleur selon le mort aux commandes et offre donc un éventail infini de poss

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Une saison théâtrale du côté de la scène locale

SCENES | Plusieurs compagnies grenobloises (ou apparentées) reprennent cette saison des spectacles créés les années précédentes. Mais comme ils sont excellents, pourquoi se priver de les (re)découvrir ?

Aurélien Martinez | Mardi 15 septembre 2015

Une saison théâtrale du côté de la scène locale

Ces dernières années, les metteurs en scène grenoblois ont livré des spectacles qui ont connu un succès considérable ici et là. On va passer rapidement sur le cas Grégory Faive et de son Pourvu qu’il nous arrive quelque chose dont on a dit du bien maintes fois – en gros, c’est du théâtre généreux et drôle sur les coulisses du théâtre. Créée en 2011, la pièce sera de retour dans l’agglo pour deux dates : le vendredi 11 décembre à la Faïencerie (La Tronche) et le jeudi 14 janvier au Grand Angle (Voiron). Une autre aventure théâtrale qui risque de suivre la même voie (celle du succès), peut-être même en encore plus grand : Mon frère, ma princesse (photo) d’Émilie Le Roux. Du jeune public pour tous sur un petit garçon qui veut porter des robes créé en 2014 à l’Espace 600 et repris le mercredi 20 janvier à l’Odyssée d’Eybens. À noter que cette saison, l’Espace 600 pro

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Awards 2014 théâtre

SCENES | L’award de celui qui aurait dû recevoir un award depuis longtemps : Grégory Faive Octobre 2011 : le CLC d’Eybens, lieu notamment tourné vers la création (...)

Aurélien Martinez | Mardi 23 décembre 2014

Awards 2014 théâtre

L’award de celui qui aurait dû recevoir un award depuis longtemps : Grégory Faive Octobre 2011 : le CLC d’Eybens, lieu notamment tourné vers la création contemporaine locale, propose un cycle consacré au monologue. Parmi les trois propositions, on découvre celle de Grégory Faive autour du Petit lexique amoureux du théâtre de Philippe Torreton, qui évoque avec humour tous les à-côtés de son art. Alors qu’on s’attendait à une petite forme bien sympathique à la durée de vie limitée, on assiste à l’éclosion d’une aventure théâtrale passionnante (baptisée Pourvu qu'il nous arrive quelque chose) qui grandira et s’épanouira au fil des mois dans des salles toujours plus grandes. Après quinze jours de représentation en mai dernier à la MC2 et un festival d’Avignon cet été, le spectacle continue encore sa tournée – il sera au Grand Angle et à la Faïencerie la saison prochaine. Un vérita

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Grégory Faive : « Je ris pour ne pas pleurer »

SCENES | Quand un comédien et metteur en scène grenoblois s’empare de l’excellent "Petit lexique amoureux du théâtre" de Philippe Torreton et le complète par quelques textes piochés ici et là (du Shakespeare, du Lagarce, voire même du Muriel Robin), ça donne "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose". Un spectacle accessible et généreux à mettre devant tous les yeux. Rencontre avec Grégory Faive et critique plus qu’enthousiaste. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 13 mai 2014

Grégory Faive : « Je ris pour ne pas pleurer »

Le spectacle rencontre un succès impressionnant depuis sa création en 2011... Grégory Faive : Je suis très heureux. Je profite de chaque représentation et de chaque retour avec le public parce que c’est rare – c’est la première fois que ça m’arrive ! C’était assez inattendu en plus, parce que j’ai préparé ce spectacle en marge d’un autre [Une souris grise de Louis Calaferte – ndlr]. C’était une tentative, pour voir ce que ça allait donner. Je suis donc heureux que ça plaise, que ça marche, et que ça soit reçu par un public si varié – ce qui, là aussi, n’a pas toujours été le cas dans mes autres spectacles ! Pourvu qu’il nous arrive quelque chose ouvre des discussions avec les amateurs de théâtre, les professionnels, les néophytes... J’imaginais que ce serait intéressant de partager ce texte, mais je n’avais pas prévu qu’il fasse écho aussi positivement chez les gens qui prati

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Pour le meilleur et pour le rire

SCENES | La loge du comédien (« un endroit qui en raconte beaucoup sur ceux que vous voyez sur scène »), le trac avant de rentrer en scène (« le trac, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 13 mai 2014

Pour le meilleur et pour le rire

La loge du comédien (« un endroit qui en raconte beaucoup sur ceux que vous voyez sur scène »), le trac avant de rentrer en scène (« le trac, c’est "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose... " comme disent les marins lorsqu’ils montent sur leur bateau avant de prendre la mer »), le trou de mémoire (« sensation de chuter, d’être aspiré, le trou noir »)... Mais aussi le métier de comédien (« la plupart des gens vont travailler, les comédiens vont jouer »), le public (« je suis persuadé qu’il y a des gens qui ne toussent qu’au théâtre ») ou encore le rôle des critiques (« une bonne critique fait plaisir, une mauvaise énerve, mais souvent la réciproque est vraie »)... Dans son Petit lexique amoureux du théâtre, le comédien Philippe Torreton ausculte son art avec finesse et surtout recul, très loin des discours verbeux autocentrés. Une véritable déclaration d’amour au théâtre, à ses codes, ses figures, sa magie, que le comédien et metteur en scène grenoblois Grégory Faive transmet magistralement, en se mettant au service du texte – la

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Les intermittents toujours en action

ACTUS | Fin avril, nous avions consacré un large dossier au "blues des intermittents", artistes et techniciens fatigués d’être pris pour cible et constamment attaqués. On fait le point sur le dossier.

Guillaume Renouard | Lundi 5 mai 2014

Les intermittents toujours en action

Les intermittents du spectacle ne décolèrent pas. Le 25 avril dernier, des manifestations ont été organisées en marge du printemps de Bourges. En Bretagne, une représentation du Misanthrope était suspendue en signe de protestation, tandis qu’à Toulouse, les manifestants ont provoqué l’annulation d’un concert de classique. Ce lundi 5 mai, une trentaine d’intermittents occupent les locaux du Pôle emploi à Besançon. La faute à l’accord du 22 mars dernier sur les nouvelles règles d’indemnisation des chômeurs, signé entre syndicats et patronat, comme nous l’écrivions longueme

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Le blues des intermittents

ACTUS | Fatigués d’être pris pour cible et constamment attaqués, les intermittents du spectacle (artistes et techniciens) haussent le ton au moment où leur régime est renégocié à la baisse. Et proposent de repenser ce modèle perfectible mais néanmoins capital pour ce qu’il est coutume d’appeler « l’exception culturelle française ». Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 22 avril 2014

Le blues des intermittents

Manifestation, interruption du JT de France 2, perturbation de réunion politique... : depuis quelques semaines, les intermittents du spectacle sont revenus sur le devant de la scène médiatique. La mobilisation est nationale, avec des actions prévues en marge des grands événements culturels des prochaines semaines (comme le vendredi 25 avril au Printemps de Bourges). À Grenoble, on s’organise aussi, au sein d’un collectif dont on a rencontré quelques membres jeudi 17 avril à la Bobine. Leur but : « informer et agir ». Niveau information, le boulot est immense, tant le régime des intermittents peut être difficile à comprendre de l’extérieur, d

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Encore une fois

SCENES | Les salles de spectacle aiment la nouveauté. Mais elles ne se privent pas, parfois, de reprendre une création déjà passée dans le coin – voire même dans leurs murs. Tour d’horizon des quelques reprises immanquables de cette deuxième partie de saison. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Encore une fois

En février 2013, nous offrions l’une de nos unes au comédien Nicolas Lambert pour son Avenir radieux, une fission française. Un spectacle programmé alors dans trois salles de l’agglo, et que reprendra fin janvier le Diapason de Saint-Marcellin. Une création immanquable par la pertinence de son propos et l’intelligence de son concepteur, qui a effectué un véritable travail d’enquête sur le monde très secret du nucléaire. « Je m’efforce simplement d’avoir un regard de péquenot moyen » nous expliquait-il en interview. Sur scène, il campe donc les différents acteurs du dossier, du technocrate au politicien, en passant par le militant ou le citoyen lambda. Le tout en s’amusant ; car oui, Nicolas Lambert fait avant tout du théâtre. De l’excellent théâtre même. Avenir radieux, une fission française, vendredi 24 janvier à 20h, à la sa

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Jouer de (et avec) la musique

MUSIQUES | Le festival Chants libres est un ovni savoureux concocté par l’équipe du Tricycle qui propose de découvrir de « la chanson à voir » dans un espace théâtral. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 25 novembre 2013

Jouer de (et avec) la musique

Croiser les formes artistiques n’est pas une nouveauté. Qu’importe : quand c’est bien fait, c’est toujours agréable. Ainsi en sera-t-il sûrement de la nouvelle édition de Chants libres, proposée par un Tricycle d’habitude plus tourné vers le théâtre contemporain. Sur une semaine et demie, le Théâtre de poche va ainsi se transformer tantôt en cabaret, tantôt en salle de concert, tantôt en tout autre chose. Parmi les nombreuses propositions, on en a retenu trois.  Bleu/Baudoin Quand le trio grenoblois Bleu, spécialisé dans la « chanson folk-songes », rencontre le dessinateur de BD Baudoin, ça donne un concert dessiné que l’on a hâte de découvrir. Une « fresque musicale » construite en live : « le mélange de l’encre et du son, la fusion de deux entités contraires, arts plastiques et musiques actuelles, aspirant à un même désir de légèreté ». Samedi 30 novembre à 20h

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Qui se cherche se trouve ?

SCENES | En décembre dernier, nous décernions un award du lieu qui se cherche au Tricycle, le collectif d’artistes locaux qui, poussé par la mairie, reprenait le Théâtre 145 et le Théâtre de Poche. Alors que l’équipe aux commandes va entamer sa deuxième saison, a-t-elle affiné son projet ? Il semblerait que oui... Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 10 septembre 2012

Qui se cherche se trouve ?

« Je ne sais pas si l’on s’est trouvés, mais nous, on a trouvé des trucs en tout cas ! » explique Grégory Faive, jeune metteur en scène membre du collectif Tricycle. « On avait pris votre remarque avec beaucoup d’humour, parce que c’était vrai. Mais l’année qui vient laisse augurer du bon ! » À la lecture de leur nouvelle plaquette de saison, on ne peut qu’acquiescer : le propos semble plus lisible. Les historiques Grégory Faive, Gilles Arbona, Bernard Falconnet et Serge Papagalli (Valère Bertrand a quitté l’aventure), rejoints par d’autres, ont donc revu leur copie. « On s’était astreint un cahier des charges beaucoup trop ambitieux par rapport à nos moyens plus qu’à nos envies. On a donc recentré notre travail de programmation principalement sur l’aide à la résidence de projets où il y a évidemment de l’émergence, mais où surtout l’implication du Tricycle est décisive. » « Très compliqué » Flash back : en septembre 2011, le Tricycle voit le jour dans des conditions qui ne sont pas les meilleures possibles. « Ça a été très compliqué, d’abord parce que se sont juxtaposés l’arrivée du Tricycle et le départ des Barbarins [ces d

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Paroles d'aujourd'hui

SCENES | « Vas-y, traverse » : voilà le thème qu’a choisi l’équipe de Textes en l’air pour la neuvième édition de son festival. On le comprend comme une incitation à ne (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 12 juillet 2012

Paroles d'aujourd'hui

« Vas-y, traverse » : voilà le thème qu’a choisi l’équipe de Textes en l’air pour la neuvième édition de son festival. On le comprend comme une incitation à ne pas se laisser arrêter par des frontières matérielles ou non, réelles ou fantasmées. Une idée concrétisée par la venue de l’auteure québécoise Marylin Perreault, qui a mené deux résidences d’écriture dans deux lieux très différents : Saint-Antoine-l’Abbaye, village médiéval isérois où se déroule chaque été le festival, et le quartier grenoblois de la Villeneuve, où se situe l’Espace 600, scène régionale dédiée au jeune public. Ici et là, Marylin Perreault a récolté la parole des habitants, afin d’écrire une pièce dont elle dévoilera des ébauches lors du festival. Pendant la semaine, on retrouvera aussi deux des trois pièces proposées lors du festival Les Jeunes Pousses(ent), organisé au printemps dernier dans l’agglo. On pourra aussi découvrir une mise en scène du célèbre texte La Grammaire des mammifères ; ou encore un spectacle de Carole Thibaut sur la soi-disant nature féminine. Mais, parmi toutes ces propositions (que nous avons vues ou non), on retiendra celle qui nous avait enthousiasmés l

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"Une souris grise" : la merditude des choses

SCENES | Avec fidélité, Grégory Faive monte "Une souris grise", un texte de Louis Calaferte à l’humour potache. C’est drôle, vivant, agité, voire même acide par moments. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 26 avril 2012

Ça commence par une scène surprenante : un enfant se plaint de gargouillis au ventre. Il désire se rendre expressément aux toilettes, mais son père, malade comme lui à cause d’une rascasse visiblement avariée, s’y trouve déjà. Sa pauvre mère est donc contrainte de gérer la situation comme elle le peut, en essayant de garder la culotte du petit propre. Car c’est que l’on a du monde à déjeuner qui ne devrait pas tarder, et il s’agirait de ne pas faire mauvaise impression à ces invités si importants. Une souris grise, pièce de l’auteur français Louis Calaferte (1928 – 1994), se place délibérément du côté comique, en jouant sur l’incongruité d’un tel postulat pour une œuvre de théâtre. Le metteur en scène grenoblois Grégory Faive s’inscrit pleinement dans cette veine, n’hésitant pas à surligner les intentions de Calaferte. Ainsi, quand le couple tant attendu arrive – le nouveau puissant patron de Monsieur, accompagné de sa femme –, les comédiens qui les incarnent parlent tous deux avec un accent allemand proche du surjeu. Normal, le couple est allemand. Servitude volontaire Mais derrière ce q

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Mamma mia !

SCENES | Dernière proposition du cycle de création consacré au monologue, organisé par l’Autre rive d’Eybens. Après Grégory Faive et son réussi Pourvu qu’il nous arrive (...)

Aurélien Martinez | Lundi 30 janvier 2012

Mamma mia !

Dernière proposition du cycle de création consacré au monologue, organisé par l’Autre rive d’Eybens. Après Grégory Faive et son réussi Pourvu qu’il nous arrive quelque chose (d’après un texte de Philippe Torreton sur les coulisses du théâtre), puis Philippe Saint-Pierre et sa relecture fidèle d’une nouvelle de Beckett (Premier Amour), place à Nicole Vautier et son Stabat Mater. La comédienne interprète ainsi une œuvre de l’auteur italien contemporain Antonio Tarantino où il est question d’une femme désœuvrée, toute en gouaille et en alcool. Une mamma italienne aux propos radicaux (euphémisme !) qui déblatère sa colère contre un homme absent et une société qui la rejette, tout en s’inquiétant pour son fils en prison. Il en faut de la présence pour ne pas emmener ce personnage haut en couleur dans la caricature. Dans un subtil numéro d’équilibriste, à l’image d’une actrice comme Yolande Moreau, Nicole Vautier habite littéralement le plateau, 1h20 durant. À découvrir jeudi 2 et vendredi 3 février à 20h30, ainsi que le samedi 4 à 19h

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La comédie du théâtre

SCENES |

François Cau | Lundi 17 octobre 2011

La comédie du théâtre

THÉÂTRE (DONC !)/ Que fait un comédien avant la représentation ? Comment est-il possible de retenir autant de texte ? Et la critique, les artistes, ils s’en contrefoutent, non ? Dans son Petit lexique amoureux du théâtre (2009), Philippe Torreton manie le verbe avec précision et humour, dépeignant une réalité masquée. Le jeune metteur en scène grenoblois Gregory Faive s’empare de ce matériau riche pour le porter sur scène, entrecoupé de courts extraits d’autres textes qu’il affectionne tout particulièrement : du Lagarce, du Shakespeare ou encore du Muriel Robin (pourquoi pas !). Son Pourvu qu’il nous arrive quelque chose devient alors un spectacle d’une générosité évidente qui, pendant 1h30, embarque initié comme néophyte dans le monde très codifié du théâtre. La succession de tableaux (qu’on aimerait tous évoquer ici… ce qui gâcherait le plaisir de la découverte !) rythme l’ensemble, qui oscille perpétuellement entre mise en abyme et second degré : le passage sur l’émission Au théâtre ce soir est ainsi on ne peut plus drôle, quand celui sur l’ego des comédiens se fait plus violent, notamment grâce à l’utilisation judicieuse d’un sketch de Muriel Robin

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Intermittents du spectacle : dernier acte ?

ACTUS | Le 6 décembre, les artistes et techniciens intermittents s’opposaient au protocole d’accord du 18 avril sur leur assurance chômage. Le frère jumeau du protocole de 2003, est un texte aberrant qui fragilise la profession. Séverine Delrieu

François Cau | Mercredi 20 décembre 2006

Intermittents du spectacle : dernier acte ?

Alors que la CFE-CGC se réunissait entre les 6 et 8 décembre pour décider de ratifier ou non le protocole d’avril 2006 (la CFDT, CFTC ayant déjà annoncé leur intention de le signer), la CGT-spectacle et la coordination nationale des intermittents appelaient à une journée d’action et de grève dans toute la France, le 6 décembre dernier. Réaffirmant leur refus de ce protocole, en tous points inadéquat et dévastateur, cette journée de mobilisation fut largement suivie dans tout l’Hexagone. Rappelons que le texte promulgué en 2003 a été rédigé et voté au sein de l’Unédic par des organisations patronales et syndicales non représentatives des métiers du spectacle (le Medef, la CFDT et la CFTC), l’écrasante majorité des intermittents syndiqués l’étant à la CGT-spectacle, opposée au protocole. Ce protocole, animé par un principe de réduction du nombre d’intermittents, suscita en 2003 une déferlante de réactions légitimes. Manifestations, annulations de festivals (on vit concrètement à cette occasion que le secteur culturel avait des effets non négligeables sur les économies locales), actions fortes et symboliques sont les parties les plus visibles de cette résistance. En

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