Corinne Bernard : « Oui, on aime la culture ! »

ACTUS | En mars dernier, l’écolo Éric Piolle, à la tête d’une grande coalition de gauche, remportait l'élection municipale grenobloise contre Jérôme Safar, le dauphin du socialiste Michel Destot. Une toute nouvelle équipe est arrivée aux manettes dans la foulée, avec une volonté de changement clairement affichée. Qu’en est-il dans le domaine culturel, qui n’était pas le mieux maîtrisé par Éric Piolle pendant la campagne ? Pour le savoir, rencontre avec Corinne Bernard, nouvelle adjointe à la culture – pardon, « aux cultures ». Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

Photo : Ville de Grenoble


Vous êtes la nouvelle adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble. Pouvez-vous vous présenter ?

Corinne Bernard : J'ai 44 ans. J'habite à Grenoble depuis peu de temps. Je suis entrée en politique en 2010, à Europe Écologie les Verts, via le syndicalisme. Je suis toujours chef de gare à Clelles [sud de l'Isère], mais en congé sans solde compte tenu de mes nouvelles fonctions d'élue.

Comment s'est passée votre prise de fonction ?

Suite au choix effectué par les Grenoblois, quand on a dû composer l'équipe, ça a d'abord été un peu compliqué. Étant conseillère régionale depuis 2010 et vice présidente de la commission culture, j'avais cette petite envie de la délégation culture qui a pu se formaliser puisque nous n'étions pas non plus 42 à la vouloir ! Dès ma prise de fonction, j'ai été très sollicitée – ça ne s'est pas vraiment calmé. Les premiers mois, j'avais l'impression d'être un médecin généraliste confronté à une épidémie de grippe : dès qu'une personne sortait de mon bureau, une autre entrait ! Sachant que je m'étais donné comme objectif de dire oui à tout le monde, de visiter tous les lieux culturels... D'ailleurs, je n'ai pas fini, comme il y a une vitalité tellement importante à Grenoble.

Comment les acteurs culturels vous ont-ils reçue ?

Au début, il y a eu de la crainte, il fallait aller voir qui était cette fameuse Corinne Bernard... Et puis je les ai rassurés, en leur disant qu'on n'allait pas faire du macramé à la MC2 ou la révolution comme certains ont pu le laisser penser pendant la campagne ; en leur disant que oui, on aimait la culture !

Lors de la campagne, votre liste a engrangé de nombreux soutiens dans des milieux plus alternatifs, alors que celle du socialiste Jérôme Safar était soutenue par des artistes bien installés (Jean-Claude Gallotta, Serge Papagalli, Alain Bertrand...). Voyez-vous cette opposition, et si oui, que comptez-vous faire ?

On a clairement une volonté de réconcilier, de reconstruire, de réparer... Ça se passe bien : j'ai rencontré même ceux qui ont affiché leur soutien à la liste de Jérôme Safar pendant la campagne, et évidemment que l'on pourra travailler ensemble. Après, oui, l'opposition que vous évoquez a bien été vécue comme ça par beaucoup d'acteurs culturels. Il y a des gens qui se sont sentis mis de côté pendant au moins deux mandats. Dans le spectacle vivant par exemple, des artistes et des compagnies se sont fait marcher dessus – ce sont leurs termes. On va être là pour réajuster tout ça, même si ça ne veut pas dire que les cultures institutionnelles vont disparaître. Ça veut juste dire qu'il faut que tout le monde se rencontre, se parle... C'est bien d'accueillir des artistes internationaux dans les salles grenobloises, mais la scène locale existe, alternative ou pas d'ailleurs, il faut qu'on la fasse vivre un peu mieux. C'est à l'image de l'agriculture avec le bio et le conventionnel : on ne pourra jamais passer tout en bio ; par contre il faut que les gens communiquent. Comme quand vous avez une parcelle bio et à côté une non bio, il faut que les deux agriculteurs se parlent pour que tout se passe bien.

Le fait de mettre le mot culture au pluriel dans votre intitulé de délégation (« adjointe aux cultures »), c'est donc reconnaître qu'il y a plusieurs cultures, l'alternative et l'institutionnelle ?

C'est l'alternative et l'institutionnelle, oui ; mais ça n'est pas que ça. C'est aussi ce qui n'a pas encore émergé, ce qui n'est même pas encore affiché comme alternatif. Par exemple, à Grenoble, il y a une association qui fait du cinéma à la maison : ce n'est pas une culture alternative, ce n'est pas une culture institutionnelle, mais ça prend sa place dans le tissu et c'est à nous de l'aider – car aujourd'hui, elle n'a pas accès ni aux lieux ni aux subventions municipales. On peut donc envisager des partenariats avec la Cinémathèque ou le Méliès par exemple... C'est ça adjointe aux cultures : reconnaître l'existant et ne pas ignorer certaines parties au prétexte qu'elles seraient peu pratiquées ou marginales...

En étant du coup interventionniste ?

Non, on ne va pas choisir les œuvres qui seront achetées par un musée ou les pièces qui seront jouées dans un théâtre ! Quand on est de gauche, on ne se permet même pas de dire ce que l'on aime ou pas en culture. On n'est pas là pour choisir la culture, et c'est peut-être ce qui était trop fait avant. L'idée est que les Grenoblois choisissent, on va les remettre au centre des débats. Le 21 juillet, j'ai fait passer une délibération pour créer deux comités. Un premier de suivi des établissements où l'on va laisser la place à des abonnés des structures culturelles et à des Grenoblois tirés au sort pour partager les bilans et les projets. Et un second d'avis pour les demandes de subventions : jusqu'à aujourd'hui, ces demandes étaient examinées avec l'adjointe et le directeur des affaires culturelles de la Ville, puis proposées en commission. Nous, on veut travailler cette question avec plus de pluralisme, en associant l'opposition dans ce comité d'avis mais aussi des Grenoblois et des personnes qualifiées pour avoir leur regard. D'ailleurs, dès cet automne, je lance une grande concertation sur la culture. Avec l'envie de retourner tous les ans devant les Grenoblois.

Qu'en sera-t-il de la place accordée à la culture dans le budget de la Ville ?

Mon objectif est de garder le budget de la délégation culture à l'identique. Je ne rêve pas, il n'augmentera pas, parce que les dotations de l'État et du Conseil général baissent, et il y a d'autres délégations où les budgets sont vraiment trop bas. Le budget de la délégation culture est de 32 millions d'euros : avec cette somme, dans une ville comme Grenoble, on peut faire vraiment beaucoup de choses. Après, à chaque euro dépensé, il faut se demander où est l'intérêt général. Si on se dit ça, on va peut-être voir qu'il y a des choses qui ont été très bien aidées jusqu'à maintenant et qui vont l'être moins, parce qu'il y a des bilans et des rapports d'activité qui nous montrent que l'argent public n'est pas forcément nécessaire sur ces activités-là [Corinne Bernard n'a pas voulu nous donner d'exemples – NDLR]. Des habitudes ont été prises et il faut les requestionner, d'où l'intérêt de changer d'équipe. Par exemple, il y a un mois, les membres d'une association sont venus dans mon bureau chercher leur subvention. Alors je leur ai demandé "pour faire quoi ?", et ils n'ont pas su quoi répondre : ce n'est plus possible !

Éliane Baracetti, adjointe à la culture de l'équipe municipale sortante (celle de Michel Destot), nous déclarait en 2010, au début de son mandat : « Je ne serai pas une grande constructrice, ma priorité est de consolider l'existant. » Partagez-vous ce constat ?

Elle a raison. D'ailleurs, l'ancienne équipe a terminé avec la Belle électrique, donc elle a bien un peu construit ! Mais effectivement, on ne va rien construire de plus, sauf peut-être sur un sujet. On a un réseau de quatorze bibliothèques, mais on n'en a pas une centrale : est-ce qu'il faut faire une extension de celle du centre-ville – c'était dans notre projet –, et ce qu'il faut la faire dans l'ancien musée de peinture place Verdun ? À voir... D'ailleurs, sur l'ancien musée de peinture, je suis en colère contre l'ancienne municipalité de l'avoir laissé se détériorer de la sorte. On va être obligés de mettre de l'argent – minimum 700 000 euros sur la toiture pour arrêter la dégradation. Ce ne sera donc pas des nouveaux bâtiments, mais on va entretenir le patrimoine existant.

Abordons maintenant quelques dossiers d'actualité. Le premier est l'ouverture prochaine – enfin ! –  de la Belle électrique, la salle dédiée aux musiques amplifiées attendue depuis des années à Grenoble. Quand sera-t-elle inaugurée ?

Ce sera en décembre, mais c'est à l'association MixLab [qui va gérer la salle en délégation de service public – NDLR] de l'annoncer. La livraison des travaux est prévue pour le 6 octobre.

Avec l'ouverture de la Belle électrique, équipement appartenant à la Ville, quel est l'avenir d'un lieu comme le Ciel, petite salle de concert appartenant elle aussi à la Ville ?

Le Ciel va rester le Ciel, et va travailler en lien avec la Belle électrique sans doute sur une sorte de parcours, comme les jauges des deux salles sont très différentes [173 places pour le Ciel, environ 900 pour la Belle électrique – NDLR] : des artistes qui ont commencé par le Ciel pourront ensuite passer à la Belle électrique... Maintenant, ce n'est pas la Ville de Grenoble qui fait la programmation des deux lieux.

Le paysage des salles musicales à Grenoble va donc être modifié... Notamment dans le quartier Bouchayer-Viallet, où la nouvelle Belle électrique sera voisine de plus petites salles comme l'Ampérage, qui s'est dernièrement sentie menacée par un micmac autour de ses horaires d'ouverture (une partie du voisinage se plaignait de nuisances sonores). Quelle est votre vision sur cette question ?

On ne ferme pas de salle, c'est sûr – il faut le rabâcher, le rabâcher ! L'expérimentation sur les fermetures tardives à l'Ampérage et au Drak-Art continue [avec un dispositif précis pour limiter les nuisances – NDLR]. Après, il va falloir relancer la concertation dans le quartier, parce que cette Belle électrique n'a pas que des qualités. Il y a eu des couacs, avec des bâtiments en face de la salle qui, m'a-t-on dit, devaient être des bureaux mais sont en fait des habitations.

Pour terminer sur la musique : pendant la campagne, Éric Piolle avait insisté dans nos colonnes sur l'idée d'une culture qui aille sur tout le territoire, sous-entendu aussi bien dans le centre-ville que dans les quartiers sud. Il avait ainsi évoqué l'idée que le Cabaret frappé puisse ne plus se dérouler qu'au Jardin de ville. Le festival géré par la Ville changera donc de visage l'été prochain ?

Effectivement, la culture ne va pas partout et pour tous. Il y a donc des choses qui vont changer. Le Cabaret frappé va rester, mais il va changer. On ne peut pas faire comme si la ville n'avait pas évolué. En 2015, la Belle électrique sera par exemple ouverte. Est-ce qu'on peut continuer à faire toujours la même chose au même endroit alors que tout bouge ?

Les grands événements et temps festifs de la sorte (pour reprendre le terme de la délégation d'un de vos collègues à la mairie) peuvent-ils à eux-seuls régler cette disparité territoriale ?

Ça peut être une forme de réponse, mais pas la seule. Au sud de Grenoble, il y a des lieux qui ne sont pas assez portés et défendus : le Prunier sauvage à Mistral, l'Espace 600 à la Villeneuve... Même la MC2, là où elle est placée, devrait plus jouer ce rôle de centralité au niveau des quartiers et des équilibres nord-sud.

Parlons spectacle vivant maintenant, avec l'avenir de deux théâtres du quartier Notre-Dame appartenant à la Ville : Sainte-Marie-d'en-Bas et le Petit théâtre. L'ancienne municipalité avait lancé des appels à projets pour ces lieux gérés depuis plus de 25 ans par les mêmes artistes. Antonio Placer va donc remplacer Diden Berramdane en 2015 à la tête du premier, et le Créarc va maintenant devoir travailler avec l'association Théâtr'Ensemble dans le second. Sauf que...

Sauf qu'en mai dernier, pour le Petit théâtre, les deux associations ont produit une synthèse où elles notaient la singularité de leurs deux projets et leur incapacité à présenter des propositions convergentes. La volonté de l'ancienne municipalité de les regrouper dans un même lieu ne fonctionne donc pas. Avec les comités évoqués plus haut, on va donc réinterroger tout, et notamment les conventions de mises à disposition. Comme à Sainte-Marie-d'en-Bas d'ailleurs, où je ne suis pas sûr qu'Antonio Placer doive y aller seul. Il y a 88 compagnies de spectacle vivant à Grenoble, et une dizaine de lieux. Doit-on continuer à donner les clés à un seul artiste ? Sur cette question, l'expérimentation du Tricycle [un collectif d'artistes à la tête du Théâtre 145 et du Théâtre de poche s'occupe de la programmation – NDLR] est tellement bonne qu'il faut peut-être continuer comme ça...

Dans les équipements de la Ville, il y a aussi le Théâtre municipal, dont vous souhaitez requestionner le projet...

On va demander à tous les établissements municipaux d'avoir un projet d'établissement. Le Théâtre municipal n'en a pas ! La commande est partie. C'est donc le travail de la directrice et de son équipe de se demander pourquoi la seizième ville de France a un théâtre municipal ? Pour y faire quoi ? Ça ne peut pas être que l'histoire qui fasse qu'on ait un théâtre municipal. Certaines villes l'ont rendu privé, d'autres l'ont fermé... Je rassure tout le monde : il n'est pas question de fermer le théâtre. Par contre, on a besoin d'expliquer pourquoi l'on fait les choses.

Pour finir, qu'en est-il de la compétence culture de l'agglomération demandée par de nombreux acteurs culturels, mais toujours inexistante ? La souhaitez-vous ?

Bien sûr. Il faudrait que ça soit fait pour 2017. On a une dizaine d'années de retard par rapport à d'autres villes. En tant que conseillère communautaire, j'ai commencé à rencontrer les adjoints en charge des questions culturelles dans les autres villes de l'agglo qui sont présents à la Métro [la communauté d'agglomération Grenoble-Alpes Métropole]. Après, ils ont tous un peu la trouille... La Métro est devenue tellement gigantesque. J'imagine que si on commence à parler au maire d'une toute petite commune de la compétence culture de l'agglo avec dans le paquet le Musée de Grenoble et la MC2, il ne finit pas la réunion ! On a donc des approches pour donner envie, comme la tarification commune. J'ai reçu des mails d'habitants de Saint-Martin-d'Hères qui voulaient aller voir Idir au Théâtre municipal de Grenoble en mai dernier. Ils pouvaient prétendre au tarif précaire de 5 euros auquel les Grenoblois ont accès, mais devaient payer plein tarif car ils n'habitaient pas à Grenoble ! On peut aussi prendre la question du côté des bibliothèques, ou encore des écoles de musique – il y en a 29 sur l'agglo, avec parfois des économies d'échelle à proposer aux maires pour offrir finalement un meilleur service. Si on ne met pas les gros équipements dans le lot, on devrait pouvoir commencer très vite.

Sur les questions relatives aux arts plastiques, rendez-vous dans notre supplément Panoram'Art du 1er octobre

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"Balance ton Bar" : comment réduire les risques ?

Nuit | Après le signalement à la justice effectué par Grenoble Ecole de Management sur la circulation de GHB dans les soirées étudiantes, fin octobre, le mouvement Balance ton Bar est une déferlante. Secoués, les acteurs grenoblois du secteur tentent de mettre en place des dispositifs pour limiter les risques de violences sexistes et sexuelles.

Valentine Autruffe | Lundi 29 novembre 2021

Affligeant mais (hélas) pas surprenant. A Grenoble, la page Instagram Balance ton Bar, lue par près de 7000 abonnés, recense une trentaine de récits de femmes qui rapportent des violences sexistes et sexuelles vécues en soirée. De l’agression pure et dure aux propos machistes, en passant par l’ingestion suspectée de drogue, il y a de tout. Et surtout cette désagréable impression que quelle que soit la gravité des faits, bien souvent, la victime doit se débrouiller avec ça, ou alors se battre pour espérer être entendue. Chaque témoignage (anonyme) est rapporté avec, en titre, le nom de l’établissement où les faits présumés se sont déroulés. A la Belle Electrique, le directeur Fred Lapierre se sent « évidemment concerné. C’est très bien que la parole se libère. Quant à nous, on fait tout ce qu’on peut pour que les gens se sentent « safe » che

Continuer à lire

Good sad happy bad : bonjour tristesse

Pop | L'émanation de Micachu & the Shapes sera en concert au Ciel de Grenoble vendredi 10 décembre. C'est à ne pas manquer.

Stéphane Duchêne | Lundi 29 novembre 2021

Good sad happy bad : bonjour tristesse

C'est en quelque sorte un changement de nom purement cosmétique que celui opéré par Mica Levi pour son Micachu & the Shapes devenu Good sad happy bad – qui était accessoirement le titre du dernier album émis en 2015 par Micachu. Mais pas de quoi dérouter au-delà de ce jeu de chaises musicales identitaire – auquel il faut ajouter le coming-out non-binaire de l'ex-chanteuse devenu iel – car pour le reste, la musique offerte continue d'œuvre quelque part entre noise-pop, grunge et pop siégeant à l'avant-garde, un joyeux mélange que l'on fera figurer sous l'appellation indie-rock par commodité mais qui s'avère en réalité réductrice. Il faut jeter une oreille, et plus prudemment les deux, sur l'album Shades pour se faire une idée de ce qui sort de l'esprit tourmenté de Micachu – dont l'univers singulier s'était pas mal cristallisé sur la BO composée pour l'ovni filmique de Jonathan Glazer, Under the skin. D'où jaillissent des textes aux préoccupations infin

Continuer à lire

Feu ! Gwizdek

Rock | A peine 30 ans et déjà empreints de nostalgie du passé ; on ne peut malheureusement pas nier qu’on les comprend... (...)

Valentine Autruffe | Lundi 29 novembre 2021

Feu ! Gwizdek

A peine 30 ans et déjà empreints de nostalgie du passé ; on ne peut malheureusement pas nier qu’on les comprend... Feu ! Chatterton dépose les armes et ses mélodies pop-rock imprégnées de douceurs électroniques pour affronter ce Monde nouveau qui l’angoisse et l’agace, à en écouter le 3e album du groupe, Palais d’argile. « Nous marchons tous les deux sur les braises de la nation française » (Ecran total), « Adieu vieux monde adoré » (Cristaux liquides)… La dysphorie d’une génération, qui tentera d’évacuer son mal-être en se déhanchant un soir durant dans une Belle Electrique comble. Il serait bien dommage qu’elle rate la première partie grenobloise de cette soirée. Jusqu’alors on connaissait Daniel Gwizdek pour ses très belles chansons électro-folk au tempo lent (très lent) mais depuis plus d’un an, le garçon négocie à merveille un virage pop réj

Continuer à lire

No One Is Innocent fourbit ses armes à la Belle Electrique

ACTUS | L’inépuisable groupe métal No One Is Innocent a terminé cette semaine une résidence de quelques jours à la Belle Electrique, afin de peaufiner la tournée Ennemis 2022.

Valentine Autruffe | Vendredi 19 novembre 2021

No One Is Innocent fourbit ses armes à la Belle Electrique

Bientôt trente ans que No One Is Innocent écluse toutes les scènes rock et métal du pays et au-delà, avec toujours la même verve chantée en français. Cette semaine, le groupe a passé quelques jours en résidence à Grenoble, à la Belle Electrique, afin de préparer son retour sur les routes (No One ne s’en éloigne jamais bien longtemps) avec un nouvel album, Ennemis, sorti en octobre 2021. Quelques Zénith au programme de lives qui seront toujours aussi rugueux ; il suffit d’écouter le titre qui porte le disque, Forces du désordre, pour imaginer la furie prendre possession de la fosse… De quoi exulter contre les ennemis de No One, explicitement rhabillés pour l’hiver dans Les Hyènes de l’info, La Caste ou Polit Blitzkrieg. Rendez-vous le 19 mai 2022 à la Belle Electrique pour le concer

Continuer à lire

Gaël Faye, claquage au cœur

Rap | [REPORT : le concert prévu le 19/11 est décalé au 16/12] Grand artiste originaire d'un petit pays, Gaël Faye sera à La Belle Electrique le 19 novembre pour jouer en live Lundi méchant, son dernier album studio. Lui sera « digne et debout » dans une salle comble exaltée par la danse ou les rêveries immobiles !

Eloïse Bonnan | Mardi 16 novembre 2021

Gaël Faye, claquage au cœur

Huit ans après son premier album studio Pili-Pili sur un croissant au beurre, quatre ans après son premier roman à succès Petit Pays, le second album studio Lundi méchant de Gaël Faye sera présenté en live au public grenoblois le 19 novembre prochain. Le concert à La Belle Electrique affiche complet. Si certains ragent de ne pas être de la fête, retenez bien la leçon dans la verve du rappeur franco-rwandais : mieux vaut courir tôt derrière un billet que s’faire des « claquages au cœur » ! Et si on vous disait pourquoi un tel coup de cœur ? Se trouver devant l’artiste franco-rwandais, c’est tout simplement être devant cette implacable machine à souder la poésie et la musique. Littérature ou musique, à quoi bon choisir quand des talents de sa trempe savent si bien les unir ? Preuve sur ce second album tenu d’une extrémité à l’autre par une colonne de textes puissants et que des mélodies plus ou moins rythmées font défiler. À nouveau sur son « bien-aimé petit pays », désignant tantôt le Burundi tantôt le Rwanda, Gaël Faye se penche et puise une inspiration aux horizons infinis. Feat. Christiane Taubira Son

Continuer à lire

Aquaserge, savamment populaire

Rock progressif | Sur les bancs du solfège, on nous apprend à distinguer musique savante et musique populaire. Dans la première catégorie, la musique classique et contemporaine (...)

Hugo Verit | Mardi 2 novembre 2021

Aquaserge, savamment populaire

Sur les bancs du solfège, on nous apprend à distinguer musique savante et musique populaire. Dans la première catégorie, la musique classique et contemporaine ainsi que le "jazz" intello de conservatoire. Dans la seconde, tout le reste. Une classification sans doute un peu restrictive – et certainement poussiéreuse – qu’un groupe comme Aquaserge transcende avec puissance depuis cinq albums. Si l’avant-dernier disque de cette formation à géométrie variable, Laisse ça être, montrait ce qu’on pouvait faire de plus savant dans une esthétique pop-rock résolument populaire, le nouveau, sorti le 15 octobre, relève le défi inverse. The possibility of a new work for Aquaserge explore ainsi le travail de quatre compositeurs du XXe siècle (et pas les plus accessibles) : Giacinto Scelsi, György Ligeti, Edgard Varèse et Morton Feldman. Une relecture tout en respect, néanmoins teintée d’influences rock très aquasergiennes. Au final, un album pointu, orchestral, à dominante instrumentale, qui ne devrait pas pour autant décontenancer les fans du groupe, friands de ce genre de surprise et très à l’aise avec l’idée qu’un public doit être bousculé

Continuer à lire

Grenoble Tattoo Underground : ciel, mon tatouage !

ACTUS | Grenoble Underground organise une semaine dédiée au tatouage au Ciel, avec exposition, ateliers, discussions et l’élection du tatouage le plus laid (le vainqueur aura droit à un cover offert).

Valentine Autruffe | Vendredi 22 octobre 2021

Grenoble Tattoo Underground : ciel, mon tatouage !

Rendez-vous au Ciel samedi soir à 18h pour le vernissage de l’exposition Grenoble Tattoo Underground, Hors Peau. Neuf artistes tatoueurs locaux participent, chacun ayant réalisé une œuvre spécialement dédiée à l’événement, afin d’exposer leur talent libéré des exigences des clients. Associée à Grenoble Underground, la jeune association Patriarchie participe avec des ateliers et discussions autour du tatouage, du rapport au corps et du consentement. Les participants pourront aussi s’essayer à la manipulation de l’aiguille, moderne ou traditionnelle à la polynésienne (rassurez-vous, pas sur des vrais gens). Jeudi soir, ils pourront profiter de ce regroupement de tatoueurs pour se laisser tenter par un "flash tattoo" (pas de réservation, premier arrivé premier servi). Bouquet final vendredi 29 octobre, avec l’élection du tatouage le plus laid : le vainqueur remportera un cover ! Grenoble Tattoo

Continuer à lire

Benji, roi du circuit

Rock | Les affaires reprenant, Benjamin Biolay peut enfin venir défendre sur scène son "Grand Prix" publié l'an dernier, album victorieux en forme d'hommage aux fous du volant. En même temps que disque bilan aux contours rock.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 octobre 2021

Benji, roi du circuit

En 20 ans d'une carrière pour le moins pléthorique, Benjamin Biolay a, quoi qu'on en pense, fait plus que la preuve de son habileté musicale. Paradoxe, on ne lui a jamais connu de véritable tube, quand bien même il s'en est parfois approché d'assez près. Il semblerait cette fois, après ses détours par Palermo Hollywood et le Buenos Aires de Volver, que Biolay ait trouvé la formule qui déshabille le tube à essai au profit du tube tout court. Il n'a pas fallu attendre la sortie toute fraîche de Grand Prix pour s'en rendre compte. Le single Comment est ta peine ? a fait le boulot en éclaireur — basse ronde et funky comme épine dorsale, rythmique saccadée, mélodie imparable, claviers et arpèges cristallins montés au front et violons en soutien — donnant une idée assez précise de ce à quoi on allait avoir affaire : l'album le plus rock de BB. Les amateurs d'indie-rock auront peut-&eci

Continuer à lire

"Sisters with Transistors" ou l'histoire de musiciennes légendaires

Documentaire | Qui passe pour avoir donné le "la" dans l’histoire de la musique électronique ? Connaissez-vous les noms de Clara Rockmore, (...)

Eloïse Bonnan | Vendredi 15 octobre 2021

Qui passe pour avoir donné le "la" dans l’histoire de la musique électronique ? Connaissez-vous les noms de Clara Rockmore, Delia Derbyshire, Daphne Oram, Eliane Radigue, Bebe Barron, Pauline Oliveros, Maryanne Amacher, Wendy Carlos, Suzanne Cianni ou Laurie Spiegel ? Grand vainqueur du prix FAME 2021 (festival international de films sur la musique), le documentaire Sisters with Transistors brise le silence sur ces dix pionnières de la musique électronique. Pour son premier film documentaire, la réalisatrice Lisa Rovner juxtapose de très belles archives en noir et blanc ou en couleur. Par-dessus, la voix de Laurie Anderson, figure américaine de l’art expérimental, pose un trait d’union évident entre ces femmes : l’amour des machines qui font de la musique. Coup de projecteur mérité pour ces pionnières de la musique électronique aux histoires souvent méconnus… Parmi elles : Clara Rockmore la virtuose du thérémine, Daphne Oram pionnière britannique

Continuer à lire

Les chants d'eau de Tomoko Sauvage

Musique expérimentale | Quitte à se mettre une bonne partie de l’art contemporain à dos, il est permis d’affirmer qu'un dispositif plus intéressant que son résultat se perd souvent (...)

Hugo Verit | Mardi 19 octobre 2021

Les chants d'eau de Tomoko Sauvage

Quitte à se mettre une bonne partie de l’art contemporain à dos, il est permis d’affirmer qu'un dispositif plus intéressant que son résultat se perd souvent dans la vanité. Soyons honnêtes, ce n’est pas le cas de Tomoko Sauvage. Avec ses bocaux d’eau, sonorisés dans les moindres harmoniques (on ne s’attardera donc pas sur le dispositif), l’artiste japonaise crée des sons uniques, inimitables même à coups de synthés. Alors, c’est de l’ambient, c’est long et monotone, sûrement un peu crispant, jamais vraiment accessible mais ceux qui s’intéressent profondément au son, dans sa dimension la plus organique, ne devraient pas être déçus. D’autant que le Centre d’art Bastille semble être le lieu idéal pour ce genre d’expérimentations. Tomoko Sauvage le 30 octobre à 20h au Centre d'Art Bastille, prix libre

Continuer à lire

La Guinguette Electrique fait son retour

MUSIQUES | Après deux premières éditions en forme de parenthèses enchantées en juillet et septembre dernier, la Guinguette de la Belle Électrique fait son grand retour du (...)

Damien Grimbert | Mardi 29 juin 2021

La Guinguette Electrique fait son retour

Après deux premières éditions en forme de parenthèses enchantées en juillet et septembre dernier, la Guinguette de la Belle Électrique fait son grand retour du jeudi 1er au mercredi 14 juillet sur l’esplanade Andry-Farcy. Au programme, bar et restauration, ateliers jeune public, et bien sûr concerts et DJ-sets avec un programme qui s’annonce aussi vaste que chargé. Niveau concerts, il faudra ainsi compter entre-autre avec l’afro-rap véhément du Nigérian Obi, la pop soyeuse du Suédois Peter Von Poehl, le synth-punk 80’s de Venin Carmin, les mélodies créoles de Dowdelin (en photo), la soul engagée de The Buttshakers, l’indie pop de Fantômes et Gwizdek, le néo-R’n’B en anglais de Thaïs Lona ou encore la "techno DIY" de Cheap House. Niveau musiques électroniques enfin, les samedi 3 et 10 juillet fourniront d’excellentes occasions de se dégourdir les jambes avec les DJs sets éclectiques de la Belge AliaA, de la Chilienne Paula Tape et du Lyonnais Pablo Valentino et les sonorités riches en groove de LB aka Labat, Mogan et Mangabey. La Guinguette Électrique. Du 1er au 14 juillet. www.la-belle-electrique.com

Continuer à lire

L'Anneau en attendant...

Culture | Les événements organisés en plein air cet été sont longtemps restés incertains. D’où l’idée de la Ville de Grenoble d’en regrouper plusieurs à l’Anneau de vitesse. Une bonne solution ? On a posé la question à quelques-uns des intéressés.

Martin de Kerimel | Mardi 29 juin 2021

L'Anneau en attendant...

Deux soirées complètes et une troisième qui a elle aussi bien fonctionné : le Festival Magic Bus n’a pas à regretter d’avoir dû quitter l’Esplanade pour rallier la scène de l’Anneau de vitesse. Après le premier soir, Damien Arnaud, coordinateur de Retour de Scène, jugeait que le public avait plutôt joué le jeu des consignes sanitaires. « Cela a fonctionné en bonne intelligence, dans une douce euphorie. » De quoi anticiper positivement le second événement confié à l’association cet été : le Cabaret frappé, du 16 au 20 juillet. Et même si ce n’est pas comparable – cette fois, on parle de concerts gratuits et sans doute de spectateurs autorisés à rester debout. Et 2022 ? Il est trop tôt pour dire si Retour de scène voudra revenir à l’Anneau de vitesse : « Cela pose question. On se dit que la volonté de la Ville n’est pas forcément de s’y installer durablement et l’Esplanade, elle, pourrait être en travaux. Les discussions se poursuivent. » Et la cohabitation entre associations ? « L’idée est bonne et, pour en avoir parlé avec d’autres organisateurs d’événements ailleurs en France, c’est assez rare pour être souligné. Après, c’est bien aussi que chacun

Continuer à lire

Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

ACTUS | Après plus de six mois de fermeture, les salles de spectacle et les théâtres peuvent rouvrir leurs portes depuis le mercredi 19 mai. Mais si la reprise est largement saluée par les acteurs culturels, elle occasionne également de nouvelles problématiques pour les salles.

Sandy Plas | Lundi 17 mai 2021

Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

Elle était attendue depuis plusieurs mois. Espérée début janvier, puis mi-avril, c’est finalement le 19 mai que les salles de spectacle pourront rouvrir leurs portes au public et proposer à nouveau concerts, pièces de théâtre, danse et rendez-vous de toutes sortes, mis à l’arrêt depuis la fermeture des lieux culturels le 30 octobre dernier. Annoncé fin avril, le calendrier progressif du déconfinement prévoit la réouverture des salles en trois temps, avec une première phase, du 19 mai au 9 juin, permettant l’accueil de 800 spectateurs maximum et une jauge à 35% de la capacité de la salle, une seconde phase, du 9 juin au 1er juillet, avec une jauge à 65%, et une levée des restrictions d’accueil à partir du 1er juillet. Mais si le déconfinement des lieux de spectacle est forcément une bonne nouvelle pour les spectateurs, les artistes et les acteurs culturels laissés sur le carreau pendant plus de six mois, la réouverture dans un contexte de fin de saison pose un certain nombre de questions. Au Théâtre municipal de Grenoble (TMG), qui regroupe le Grand théâtre, le Théâtre 145 et le Théâtre de poche, l’annonce de la reprise a été re

Continuer à lire

Tauceti, une jeune étoile aux platines

Événement | Déjà programmée deux fois à la Belle Électrique, la DJ y revient pour une "capsule" : une page lui est désormais dédiée sur le site Internet de la salle de concerts, qui permet de la (re)découvrir et de l’entendre dès ce vendredi 16 avril, à partir de 18h. Interview.

Martin de Kerimel | Vendredi 16 avril 2021

Tauceti, une jeune étoile aux platines

On te retrouve vendredi dans la Capsule de la Belle Électrique. Peux-tu d'abord nous dire d’où vient ton nom de scène ? Tauceti : D’une blague avec mon ex-colloc. J’ai commencé au Chalet, un petit bar grenoblois, et le gérant m’a dit qu’il fallait me présenter. C’est là que mon ami a proposé Tauceti, le nom de la seule étoile jaune visible dans la galaxie. J’ai trouvé ça mignon et c’est resté. Tu fais de la musique depuis longtemps ? Oui, j’ai toujours été dedans, y compris au lycée, avec des horaires aménagés. J'ai notamment fait de la batterie. Mes parents m’ont encouragée. J’ai d’abord eu une éducation classique, avant d'arriver à Grenoble pour mes études supérieures. Ici, c’est le berceau de la musique électronique ! J’ai rencontré des gens qui m’ont appris à mixer. C’est vraiment ce que je voulais faire ! Tu faisais des études de philo avant, c’est ça ? Tout est arrivé en même temps. En fait, la musique a commencé à me "prendre" quand j’étais en première année d’études.

Continuer à lire

Belle Électrique : MixLab et la Ville avancent

ACTUS | Les deux entités le confirment : en fin d’année dernière et ce mois-ci, de nouvelles réunions de travail ont eu lieu entre la Ville de Grenoble et l’association MixLab pour dessiner l’avenir de la Belle Électrique.

Martin de Kerimel | Mercredi 27 janvier 2021

Belle Électrique : MixLab et la Ville avancent

Toujours pas de concerts, mais ça travaille en coulisses à la Belle Électrique. MixLab, qui craignait fort d’être mise à l’écart sans explication, témoigne désormais de son sentiment d’être revenue « sur un terrain où il est possible de discuter » avec la Ville. Clairement, après les vives tensions autour du conseil municipal de décembre, le climat paraît désormais apaisé entre les deux partenaires. Il leur reste toutefois du pain sur la planche. Leur premier objectif commun : avancer vers la création d’une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). « La délégation de service public que nous avons attribuée à MixLab court jusqu’à la fin de l’année, explique Lucille Lheureux, adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble. Il nous faudra donc avoir défini un nouveau mode de gestion avant le 1er janvier prochain. On travaille en ce sens avec l’association, qui est légitimement placée au centre de nos débats, puisque le bâtiment avait été conçu selon son projet et qu’elle en a été le gestionnaire depuis le début ». Du pain sur la planche Deux options sont dans les tuyaux : que MixLab se transforme en SCIC, ce qui est l

Continuer à lire

Belle Électrique : et maintenant ?

ACTUS | Pas de surprise au conseil municipal de Grenoble : malgré une opposition unanime pour la dénoncer, la délibération qui déclare infructueuse la procédure de renouvellement de la concession de service public de la Belle Électrique a été votée mardi 14 décembre. MixLab, l’association gestionnaire, ne serait toutefois pas hors-jeu. À suivre…

Martin de Kerimel | Mardi 15 décembre 2020

Belle Électrique : et maintenant ?

La vie publique a parfois des allures de marathon. C’est ainsi qu’au total, 113 délibérations étaient inscrites à l’ordre du jour du conseil municipal de Grenoble mardi 14 décembre. Organisés en visioconférence, les débats ont démarré à 15h tapantes et se sont prolongés jusque tard dans la nuit. Il était déjà 22h30 quand le maire Éric Piolle a ouvert la discussion sur la délibération numéro 67, consacrée à l’avenir de la Belle Électrique. Il est apparu que, contrairement à ce que nous avions envisagé au début de cette semaine, la municipalité n’a pas souhaité faire entériner immédiatement le principe de la constitution d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), chargée d’assurer la gestion quotidienne de l’établissement. Ce choix devrait être débattu lors d’un futur conseil, début février prochain. Il s’est d’abord agi de confirmer que la procédure de renouvellement de la concession de service public était infructueuse. Et ce malgré l’assurance donnée à MixLab, l’association gestionnaire, que ce mode de fonctionnement serait encore de mise jusqu’à fin 2021 (

Continuer à lire

Belle Électrique : MixLab respire mieux

ACTUS | Vendredi 11 décembre, l’association gestionnaire de la salle a pu obtenir des éclaircissements de la Ville de Grenoble quant à l’avenir de son activité à court terme. C’est un peu apaisée qu’elle va suivre la réunion du conseil municipal lundi 14, qui devrait entériner le changement de statut de la structure.

Martin de Kerimel | Vendredi 11 décembre 2020

Belle Électrique : MixLab respire mieux

Tout n’est pas réglé, bien sûr, mais les membres du conseil d’administration de MixLab devraient mieux dormir ce week-end. Au terme de leur rencontre de vendredi matin avec des représentants de la Ville, il apparaît que la municipalité ne prévoit pas de les écarter de la Belle Électrique pour décider seule du devenir de l'établissement. La discussion de cette fin de semaine a permis de rétablir le dialogue pour la toute première fois depuis le 27 octobre, date à laquelle la Ville avait décidé de mettre fin à la délégation de service public. Sauf très improbable revirement de situation, lundi prochain, 14 décembre, le conseil municipal de Grenoble devrait entériner la délibération qui fera de la Belle Électrique une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Et après ? « Beaucoup de choses restent en suspens, nous a indiqué un membre du conseil d’administration de MixLab. Nous avons le sentiment que la Ville nous a entendus et compris. Il semble qu’à l’avenir, nous serons davantage associés aux décisions que nous l’avions imaginé, mais nous restons dans l’attente de précisions. Même s’il y aura bien sûr des choses à revoir, notre projet n’a pas été rej

Continuer à lire

Quel avenir pour MixLab à la Belle Électrique ?

ACTUS | Un rendez-vous crucial doit avoir lieu vendredi pour l’association MixLab : l’actuel gestionnaire de la Belle Électrique attend des explications sur l’intention de la Ville de confier les commandes de l’établissement à une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Un projet qui pourrait être porté devant le conseil municipal dès lundi prochain, 14 décembre.

Martin de Kerimel | Jeudi 10 décembre 2020

Quel avenir pour MixLab à la Belle Électrique ?

Elle avait commencé à parler de ses futurs concerts avec prudence, en confirmant les dates de report de certains artistes initialement programmés cette année. Il faut bien reconnaître qu’au fil de ces annonces rassurantes, on ne s’inquiétait plus trop du sort de la Belle Électrique. On nous avait assuré qu’il n’y avait pas forcément de quoi, puisque la délégation de service public confiée à l’association MixLab avait même été prolongée jusqu’à fin 2021. Autant dire que le communiqué parvenu à notre rédaction en début de semaine a eu l’effet d’une douche froide. Son titre : « Le projet de la Belle Électrique doit-il disparaître ? ». Suivent deux pages d’explication pour aboutir à ce triste constat : « Dans un contexte sanitaire incertain, la Ville de Grenoble semble vouloir changer de modèle d’exploitation. » MixLab estime pourtant que, le 14 février dernier, au cours d’une réunion, elle avait « entièrement répondu aux demandes et attentes de la Ville exprimées dans le cahier des charges (…) et remis une offre ajustée. » Ses activités devaient donc se poursuivre sur cette base. Pourtant, le 27 octobre, l’association a été informée

Continuer à lire

Du neuf au Ciel

MUSIQUES | Concerts / Dire que l’horizon se dégage pour le Ciel est une boutade facile… que nous avons déjà faite. N’empêche : on recommencerait bien, tant on a été ravi d’apprendre que, sans attendre 2021, la salle de la rue Général-Marchand prévoyait d’accueillir le public pour de nouveaux concerts.

Martin de Kerimel | Mardi 8 décembre 2020

Du neuf au Ciel

C’est dès mercredi 16 décembre prochain, à 19h, que l’on pourra entendre Selen Peacock. Venu de Paris, « l’un des tous meilleurs groupes français de jazz prog légèrement avant-garde », nous promet-on. Vendredi 18, à la même heure, le Ciel verra débarquer la Lyonnaise Kcidy. « Prod onctueuse, mélodies entêtantes et besoin d’en découdre avec les frontières de la pop, ce projet peut être à rapprocher des ambitions d’un Beck, machine à tubes caméléon. » Dimanche 20, à 18h30, ce sera enfin au tour des Stéphanois de Magrava (photo) de se produire : un duo composé de Cyril Meysson aux guitares et Rodolphe Loubatière à la batterie, pour « une musique free noise, improvisée et démentielle, noire et lumineuse, tellurique et spectrale ». Pour être explicite sur ses intentions, le Ciel indique que ces concerts se tiendront dans le strict respect des mesures sanitaires en vigueur, avec une billetterie uniquement en prévente et une jauge limitée. David Nicolay, programmateur de ces soirées, précise : « On est dans l’impossibilité de construire une programmation comme on l’aimerait, incluant des artistes et groupes locaux, nationaux, européens et inter

Continuer à lire

Concerts debout : on en est où ?

ACTUS | Enquête / C’est la question qui taraude presque tout le monde : les concerts debout en intérieur, toujours interdits à l’heure de notre bouclage, vont-ils bientôt pouvoir reprendre ? Et quelles stratégies les salles les accueillant mettent-elles en place dans ce contexte d’incertitude ? Tour d’horizon.

Damien Grimbert | Mardi 8 septembre 2020

Concerts debout : on en est où ?

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? Sans prise de position officielle claire depuis la fin du confinement, il n’était pas interdit d’espérer secrètement un déblocage tardif de la situation pour les salles ayant l’habitude d’accueillir des concerts debout. Un espoir aujourd’hui de plus en plus ténu – pour ne pas dire inexistant. C’est du moins le constat sans appel que l’on dresse après s’être entretenu avec des acteurs culturels comme la Bobine, l’Ampérage, la Source ou encore la Belle Électrique : plus personne ne croit encore vraiment en une possible évolution de la situation avant 2021, tout juste les plus optimistes s’autorisent-ils encore à garder un très mince espoir de changement pour le mois de décembre. À défaut, il faut donc pour les salles apprendre à composer avec l’incertitude. Les uns après les autres, et au compte-goutte la plupart du temps, les évènements debout un temps annoncés pour l’automne se voient de nouveau annulés ou reportés (le plus souvent à des échéances prudemment lointaines). Au mieux, ils sont transposés dans des configurations assises, avec toutes les contraintes que cela impose. Assis ou dehors Dans ces conditions, que fai

Continuer à lire

La Belle continue en extérieur

MUSIQUES | Concerts / Après une première édition en juillet dernier qui avait rencontré un joli succès, la Guinguette de la Belle Électrique fait son retour du 10 au 20 septembre sur l’esplanade Andry Farcy sous une forme un peu plus ambitieuse. Revue de détail.

Damien Grimbert | Mardi 8 septembre 2020

La Belle continue en extérieur

Ç'avait été l’une des surprises bienvenues de juillet dernier : loin de céder au marasme ambiant post-confinement, l’équipe de la Belle Électrique avait retroussé ses manches et organisé, avec les moyens du bord, trois soirs par semaine et pendant trois semaines, une programmation gratuite en plein air réunissant concerts, DJ-sets, bar et food truck sur l’esplanade juste à côté du lieu. Une proposition qui avait su fédérer un large public dans une ambiance très conviviale, sans contrevenir pour autant aux réglementations sanitaires en vigueur. À défaut de pouvoir maintenir l’édition 2020 de leur festival Jour et Nuit, les organisateurs ont donc décidé de remettre le couvert deux semaines durant en septembre, tout en s’offrant le luxe de "booster" un peu l’ampleur de leur programmation par la même occasion. Si la première semaine ne démérite pas, avec notamment un plateau rock/garage le vendredi, une soirée pop/électro le samedi et une jolie proposition afro-caraïbes le dimanche, c’est surtout la deuxième semaine qui retient notre attention en termes d’affinités musicales. On attend en effet beaucoup du retour des talentueux Hollandais du Mauskovic Dance Band, dont le curieux sy

Continuer à lire

Lumière sur Jour & Nuit

Festival | On fait un point sur la huitième édition du festival organisé par la Belle électrique du jeudi 5 au samedi 7 septembre.

Damien Grimbert | Mardi 3 septembre 2019

Lumière sur Jour & Nuit

C’est une huitième édition charnière à plus d’un titre pour le festival Jour & Nuit. Déjà parce qu’historiquement, le festival, créé en 2012 (soit trois ans avant l’ouverture de la Belle électrique), a toujours eu pour vocation de servir de vitrine à l’association MixLab en charge de la gestion de la salle au moins jusqu’en 2020. Autant dire qu’une édition 2019 réussie ne pourra que peser favorablement sur le renouvellement du contrat de gestion (la fameuse "délégation de service public") entre la Ville et l'asso. Ensuite parce qu’après avoir changé sans cesse de configuration, année après année, la formule établie lors de l’édition 2018 s’était avérée une éclatante réussite, permettant au festival de franchir un cap incontestable… Le défi consistant désormais à faire au moins aussi bien. En toute logique, l’architecture de Jour & Nuit va donc rester cette année sensiblement identique à la précédente, avec trois scènes distinctes reliées par différents stands, une gratuité quasi totale (seules les deux soirées tardives dans l’enceinte de la salle restent payantes) et bien sûr une programmation musicale vaste, pointue et foisonnante. L

Continuer à lire

Le dancefloor au scalpel à la Belle électrique

Semaine thématique | On déroule le sommaire de la "semaine du dancefloor" qu'organise la salle grenobloise du mardi 18 au vendredi 21 juin

Damien Grimbert | Mardi 11 juin 2019

Le dancefloor au scalpel à la Belle électrique

Après, entre autres, le punk et les musiques populaires jamaïcaines, c’est cette fois au dancefloor de faire l’objet d’une semaine thématique à la Belle électrique. Au programme, on retrouvera ainsi mardi 18 une projection du documentaire "historique" (il fut diffusé pour la première fois sur Arte en 1996) Universal Techno de Dominique Deluze, qui retrace la genèse du genre à Détroit en compagnie de ses trois pères fondateurs : Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson. Un gros morceau, au même titre que la conférence du lendemain (mercredi 19 donc), qui réunira Michel Amato alias The Hacker et Jean-Yves Leloup, l’un des meilleurs critiques et journalistes français dans le domaine des musiques électroniques (on vous recommande chaudement ses passionnants ouvrages parus chez l’éditeur Le Mot et Le Reste), et accessoirement curateur de la récente exposition-événement Électro, de Kraftwerk à Daft Punk en place à la Philharmonie de Paris. Jeudi 19, place à une soirée dansante au bar de la Belle électrique chorégraphiée et mise en scène par Yannick Siméon

Continuer à lire

Au nom du Ciel (et de Plege)

ACTUS | L'association qui, dès septembre, va gérer la salle de concert grenobloise le Ciel vient de faire une petite conférence de presse histoire de se présenter. On y était.

Aurélien Martinez | Mardi 28 mai 2019

Au nom du Ciel (et de Plege)

« C’est avec une joie et un honneur immenses que Plege vous annonce avoir été retenue dans le cadre de l'appel à partenaire pour la mise à disposition du sous-sol du palais de l'université. » En mars dernier, l’association grenobloise née en 2017 officialisait ainsi par communiqué de presse le fait que la Ville de Grenoble l’avait choisie pour gérer pendant trois ans ce lieu proche de la place de Verdun, plus connu sous le nom de Ciel. Soit une salle de concert emblématique de Grenoble (avec de nombreux studios) dont la régie municipale (Régie 2C) qui la pilotait précédemment fut liquidée en 2016 par l’équipe Piolle – dans des conditions contestées, notamment par deux anciens salariés qui sont depuis allés au tribunal. Concrètement, le Ciel rouvrira fin août, même si les premiers mois seront peu fournis en événements le temps que l’association prenne ses marques. Dans l’idée, sur une saison pleine, de proposer une vingtaine de concerts, tendance « musiques expérimentales et avant-garde » avec « des formes déclinées de post punk, de noise, d’indie rock, de nouvelle chanson d’IDM et de musiques improvisées » (e

Continuer à lire

" Tous les dieux du ciel " : hais ta sœur

ECRANS | De Quarxx (Fr, 1h 42) avec Jean-Luc Couchard, Mélanie Gaydos, Thierry Frémont…

Élise Lemelle | Mardi 14 mai 2019

Simon et Estelle jouent à la roulette russe, jeu pervers qui coûtera son visage à la petite fille. Vingt ans plus tard, Estelle dépend toute entière de son frère, incarnation violente d’une culpabilité qui trouve refuge dans des croyances ésotériques, celles de tous les dieux du ciel, alimentées par ses délires paranoïaques… Avec ce premier long-métrage, le réalisateur Quarxx fusionne les genres, du drame familial au thriller campagnard en passant par la science-fiction, pour dépeindre une tension fraternelle des plus efficaces. Simon favorise l’assujettissement de sa sœur alors qu’il ne désire que son salut, qui ne se réduit plus qu’à une enveloppe charnelle. La mise en scène crée un climat anxiogène, reflet d’une France profonde sinistre poussant ses habitants dans leurs plus sombres retranchements. Quarxx multiplie, rapidement, les sous-intrigues perdant le spectateur dans un dédale de questions irrationnelles, l’amenant lui-même à une forme de démence jusqu’à un épilogue onirique où Mélanie Gaydos (Estelle) excelle. Illustration fantastique des conséquences d’une vie marginalisée guidée par une quête de rédemption,

Continuer à lire

Un Labo de la Belle pour « donner de l’ampleur au projet de la Belle électrique »

ACTUS | La salle de concert grenobloise vient d'inaugurer une annexe dédiée à « l'accompagnement, la création et la structuration ». On vous en dit un peu plus.

Aurélien Martinez | Mardi 9 avril 2019

Un Labo de la Belle pour « donner de l’ampleur au projet de la Belle électrique »

Drôle de petit bâtiment municipal situé dans le parc Hoche, en lisière du boulevard Gambetta, juste en face de la caserne de Bonne (c’est bon, vous voyez ?), la Clé de Sol est en profonde réhabilitation depuis quelques années. Après avoir vu une petite partie de ses murs métamorphosée en ateliers d’artistes en 2017, voilà le reste aujourd’hui transformé en Labo de la Belle, la Belle étant l’abréviation de la Belle électrique. « On va enfin pouvoir avoir les locaux qui nous manquaient cruellement à la Belle électrique, comme la salle n’a pas de studio et d’espace de travail autonome. Ça va permettre de donner de l’ampleur à ce que l’on fait » s’enthousiasmait le soir de l’inauguration (jeudi 21 mars) Laurent Duclos, président de l’association MixLab qui gère la Belle. Une installation loin du quartier Bouchayer-Viallet (là où se situe la Belle) rendue possible par

Continuer à lire

« L’accès au réseau des bibliothèques de Grenoble sera gratuit pour tous dès juillet »

ACTUS | Voilà ce qu'a, entre autres, annoncé le maire de Grenoble Éric Piolle dans le cadre du "plan lecture 2018-2025" engagé par l'équipe municipale. On vous en dit un peu plus.

Aurélien Martinez | Mardi 26 mars 2019

« L’accès au réseau des bibliothèques de Grenoble sera gratuit pour tous dès juillet »

« Ce "plan lecture" s’appuie sur le constat que le réseau des bibliothèques de Grenoble est riche de ressources extrêmement nombreuses. C’est l’un des mieux dotés de France, nous en sommes conscients et fiers. Mais on remarque depuis une grosse dizaine d’années que la fréquentation décroît ; fréquentation essentiellement due à de grands lecteurs. L’enjeu est donc bien de donner envie à toutes celles et tous ceux qui se sentent moins proches du livre ou moins proches des bibliothèques, avec un point fondamental autour des adolescents et des jeunes adultes – seuls 28% des 15-24 ans fréquentent les bibliothèques de Grenoble, contre 53% dans les villes de même taille. » Vendredi 22 mars, soit trois jours avant le vote de la délibération en conseil municipal, le maire de Grenoble Éric Piolle, accompagné de son adjointe aux cultures Corinne Bernard et de la directrice des bibliothèques de Grenoble Isabelle Westeel, a présenté à la presse locale les grandes lignes de son "plan lecture 2018-2025". La «

Continuer à lire

Antonio Placer : « Ce qui se passe résiste à notre compréhension »

ACTUS | Alors que la Ville de Grenoble n'a pas souhaité les reconduire à la tête du Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d'en-bas qu'ils dirigent depuis 2015, le musicien espagnol et son équipe tentent de « rétablir la vérité » sur ce dossier.

Aurélien Martinez | Mardi 12 mars 2019

Antonio Placer : « Ce qui se passe résiste à notre compréhension »

Une visite dans tous les recoins de la chapelle et de ses annexes pour prouver « l’état délabré » de la bâtisse qu’ils gèrent depuis 2015 (et qu’ils ont tenté de remettre sur pied avec les moyens du bord), puis une série de questions-réponses nourrie par de nombreux documents comptables afin de prouver leur bonne foi : la semaine dernière, Antonio Placer, directeur du Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d'en-bas, et Jean-François Carcelén, président de l'association Musiques créatives du sud, ont souhaité défendre leur bilan devant quelques journalistes. Et, surtout, « rétablir la vérité » après leur non-reconduction par la Ville de Grenoble à la tête de ce théâtre du quartier Très-Cloîtres. Car à la suite d'un nouvel appel à projets lancé l’an passé, c’est le Centre international des musiques nomades du festival Les Détours de Babel qui gérera le lieu dès septembre. « Ce qui se passe résist

Continuer à lire

Décret son : the sound of silence ?

ACTUS | Alors qu'un nouveau "décret son" impose depuis octobre dernier aux diffuseurs de musique (salles de concert, clubs et festivals) des mesures toujours plus drastiques en matière de régulation du niveau sonore, beaucoup s'inquiètent de ses conséquences artistiques, techniques et économiques sur leur activité. Petit tour d'horizon de la question avec quelques-uns des acteurs grenoblois du secteur. Par Stéphane Duchêne et Aurélien Martinez

La rédaction | Mardi 5 mars 2019

Décret son : the sound of silence ?

« Hello darkness my old friend... I've come to talk with you again. » C'est un peu l'ouverture du morceau The Sound of Silence de Simon & Garfunkel qui semble courir dans les têtes des différents diffuseurs de musiques actuelles depuis octobre, date de la mise en application du nouveau décret son n°2017-1244 du 7 août 2017 (voir ci-dessous). Un texte dont la plupart des mesures pourraient bien réduire ces diffuseurs au silence, ou en tout cas à quelque chose qui, pour une salle de musiques actuelles (et donc la plupart du temps amplifiées), s'en rapproche dangereusement. Parmi ces mesures, qui concernent également les festivals (y compris en plein air), l'obligation de « ne pas dépasser des niveaux de pression acoustique continus équivalents à 102 décibels pondérés A (...) et 118 décibels pondérés C [en gros, les basses – NDLR] sur 15 minutes », quand le niveau sonore à respecter était jusqu'ici de 105 dB. Si, sur le papier, la différence paraît infime, en réalité, elle est énorme. De l'avis de la plupart des acteurs concernés, c'est un peu le problème de cette loi : elle

Continuer à lire

La Belle électrique lance ses soirées "Let's dance" pour « aller vers plus d’ouverture »

ACTUS | À l’occasion, samedi 20 octobre, de la première édition des soirées "Let’s dance" avec Honey Soundsystem, Alban Sauce, responsable de la programmation musiques électroniques de la Belle électrique, revient avec nous sur ce nouveau concept de soirée et ce qu’il laisse augurer pour la suite, mais aussi plus largement sur ses choix (et contraintes !) de programmation.

Damien Grimbert | Mercredi 17 octobre 2018

La Belle électrique lance ses soirées

Quel est le principe des soirées Let’s dance qui vont débuter samedi 20 octobre avec Honey Soundsystem ? Alban Sauce : L’idée, c’est avant tout d’avoir des événements dédiés aux musiques de groove, aux musiques qui font danser. D’être moins sur un truc très basique techno/house pour aller vers plus d’ouverture, et mettre en lumière des artistes, comme on a pu le faire déjà avec Hunee et comme on va le faire en décembre avec Antal, qui sont hyper transversaux et vont jouer à la fois de la house, du zouk, des trucs complètement différents dans leur set, tout en gardant une cohérence. Bref, des artistes dont le seul objectif est de faire danser les gens. Je pense que pendant de nombreuses années, dans la techno, on a perdu un peu cette notion de groove, et j’ai l’impression qu’aujourd’hui, grâce notamment à ce qui se passe à Amsterdam avec des artistes comme San Prope

Continuer à lire

Clé de Sol et de désaccords entre la Belle électrique et certains musiciens grenoblois

ACTUS | Alors qu’au 1er juillet la Belle électrique va officiellement récupérer la gestion du bâtiment grenoblois la Clé de Sol, situé boulevard Gambetta, afin de développer son projet d’accompagnement de la scène musicale locale, les groupes grenoblois qui y répétaient ont été sommés de quitter les lieux. Et s’en sont émus dans une tribune qui a beaucoup tourné. On fait le point.

Aurélien Martinez | Lundi 25 juin 2018

Clé de Sol et de désaccords entre la Belle électrique et certains musiciens grenoblois

C’est une information arrivée mi-juin dans la boîte mail de huit groupes grenoblois (The Chainsaw Blues Cowboys, General Cluster, Vercors, Bleu Tonnerre, Rising Steel, Schräpnel, Eight Sins et Inner Sanctuum) qui répètent depuis un certain temps dans le sous-sol de la Clé de Sol, bâtiment municipal situé aux abords du parc Hoche, en face de la Caserne de Bonne : il va falloir quitter les lieux au 1er juillet, l’association MixLab qui gère la Belle électrique les récupérant à la suite d'un appel à projets de Ville – ils étaient gérés jusque-là par Hadra, association centrée sur « la promotion et la reconnaissance des musiques électroniques » qui s’intègre d’ailleurs dans le nouveau dispositif. Une annonce qui a fortement inquiété les musiciens, d’où la publication d’un texte en ligne titré «

Continuer à lire

Le Ciel, version coulisses (et concerts)

ACTUS | La salle de concert grenobloise, située près de la place de Verdun et fermée depuis 2015, va organiser des portes ouvertes ce dimanche 17 juin grâce à l'association Plege.

Damien Grimbert | Mardi 12 juin 2018

Le Ciel, version coulisses (et concerts)

Salle de concert emblématique fermée en 2015 par la Ville de Grenoble pour raisons économiques, le Ciel n’en accueille pas moins dans ses sous-sols de nombreux studios de répétition et d’enregistrement encore utilisés par un nombre conséquent de musiciens grenoblois. C’est cet "envers du décor" habituellement réservé à ses seuls utilisateurs que l’association Plege, créée après la fermeture pour assurer la sauvegarde du lieu, a décidé d’ouvrir pour la toute première fois au public le temps d’une journée portes ouvertes. Au programme, une exposition d’affiches de concerts réalisées par une pléiade d’artistes grenoblois de haut vol, un atelier de création d’instruments virtuels et numériques animé par l’Acroe, et enfin toute une flopée de concerts de premier choix avec au line-up Lynhood, Marc Di Malta, Poupard, Hold Station, Rémi Guirao, F de Shooosh, Bételgeuse, Lokom et Poopitch. Le soir venu, c’est cette fois la salle de diffusion elle-même qui rouvrira temporairement, le temps d’un concert réunissant le hardcore teinté d

Continuer à lire

Grenoble-patrimoine.fr ou comment « rencontrer l’art dans son trajet quotidien »

ESCAPADES | La Ville de Grenoble, en partenariat avec l’Office de tourisme Grenoble-Alpes, la Direction régionale des affaires culturelles et le Département de l’Isère, vient de lancer le site web Grenoble-patrimoine.fr présenté comme une plateforme de parcours dans la ville afin de valoriser le patrimoine urbain. On vous en dit plus.

Alice Colmart | Lundi 11 juin 2018

Grenoble-patrimoine.fr ou comment « rencontrer l’art dans son trajet quotidien »

« Cette plateforme a été créée pour que chacun puisse rencontrer l’art dans son trajet quotidien » : voilà comment Corinne Bernard, adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble, a présenté la plateforme Grenoble-patrimoine.fr lors de son dévoilement à la presse il y a quelques jours. Initié par la Ville, le site invite à « découvrir 220 éléments [sculptures, écoles, cimetières, musées, places...] du patrimoine culturel grenoblois » soit en créant ses visites à la carte à partir des fiches disponibles, soit en utilisant l’un des trois parcours-découvertes. Des parcours qui s’aventurent dans plusieurs quartiers et rassemblent une quarantaine d’éléments de différentes époques. Si l'on s’arrête sur les œuvres, certaines sont par exemple issues du premier symposium français de sculpture, organisé en amont des Jeux olympiques d'hiver de 1968, comme Monsieur Loyal d’Alexander Calder sur l’esplanade du Musée de Grenoble, ou encore Atome Fleur d’Étienne Hajdu dans le patio de l’Hôtel de Ville de Grenoble. D

Continuer à lire

Théâtre municipal de Grenoble : « On est au tout début de quelque chose »

ACTUS | Encore des changements du côté du Théâtre municipal de Grenoble qui va accueillir deux artistes en résidence dès la saison prochaine (Pascale Henry et Julie Desprairies). Et va véritablement clarifier la nouvelle ligne artistique qui prend forme depuis plusieurs saisons.

Aurélien Martinez | Mardi 29 mai 2018

Théâtre municipal de Grenoble : « On est au tout début de quelque chose »

Ça (se) cherche en matière culturelle du côté de la municipalité de Grenoble depuis l’élection de l’équipe Piolle en 2014. Et ça (se) cherche notamment autour de la question du Théâtre municipal, approchée d’abord timidement avant de devenir un axe de travail majeur pour la direction des affaires culturelles de la Ville et l’adjointe aux cultures Corinne Bernard. Avec deux décisions marquantes : celle, en 2015, de véritablement rattacher les deux théâtres du bout du cours Berriat (le 145 et le Poche) au Théâtre municipal (ils étaient auparavant gérés par le collectif d’artistes Tricycle, débarqué houleusement) ; et celle, qui a pris forme progressivement depuis deux saisons, de demander à l’équipe dirigeante de faire une programmation moins estampillée théâtre de boulevard privé – ce qui était le créneau de la salle depuis pas mal de temps. « Pour moi, un théâtre municipal doit remplir des missions de service public, et du coup il ne peut pas fonctionner comme un théâtre privé

Continuer à lire

"Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête" : (petite) nuit de folie

ECRANS | de Ilan Klipper (Fr, 1h17) avec Laurent Poitrenaux, Camille Chamoux, Marilyne Canto…

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Jamais remis d’avoir publié un roman encensé voilà vingt ans, Bruno traîne sa dépression, vivant en peignoir dans une colocation, lutinant sa voisine à l’occasion. Quand un jour débarquent à l’improviste famille, ami et une demoiselle, il n’imagine pas qu’on veut l’interner… Pour son bien. Inégale dans son rythme et dans sa forme (peut-être pour restituer le tempérament bipolaire de son héros), cette comédie a des allures de film court s’étant doté d’un prologue pour devenir un (tout juste) long-métrage. Ici chez lui comme sur scène (on le voit souvent au théâtre), Laurent Poitrenaux s’y dénude volontiers pour meubler l’espace en soliloquant, se montrant tour à tour fragile, extraverti et inquiétant face à cet envahissement inquisitorial orchestré par une mère juive assez gratinée. On sombrerait dans l’anecdotique simple si le réalisateur Ilan Klipper n’avait l’idée avant le dénouement de dynamiter la structure de son récit en disséminant des flashes proleptiques, rappelant les éclats pulsatiles des étoiles de son titre. Il s’agit là d’un bien modeste tribut pour ce film laissant au bilan l’impression d’une promesse pas tout

Continuer à lire

"Sur les îles du ciel" : le pouvoir des fleurs de montagne s'expose au Muséum de Grenoble

Exposition | L’institution grenobloise propose « une exposition et un documentaire pour explorer les plantes des hautes altitudes alpines ». On l'a visitée.

Alice Colmart | Mardi 19 décembre 2017

Dans les années 1800, le naturaliste Charles Darwin avouait que l’évolution des fleurs était pour lui « un abominable mystère ». Plus de 200 ans plus tard, l’exposition Sur les îles du ciel proposée au Muséum d’histoire naturelle de Grenoble donne quelques réponses. Elle présente le travail de botanistes, universitaires et alpinistes qui traquent les plantes sur les grandes parois du massif des Écrins pour étudier l’impact de leur évolution génétique sur la vie humaine. La première partie du parcours donne ainsi à voir des photos d’espèces de la flore alpine capturées à plus de 3000 mètres d’altitude. On apprend l’origine de la saxifrage, des apiacées qui appartiennent à la famille des carottes, ou encore des lamiacées issues de la famille de la menthe. C’est également l’occasion d’en savoir plus sur les conditions de vie des alpinistes : un bivouac a été conçu pour l’événement et des casques, des baudriers, des mousquetons sont exposés en vitrines. L’exposition se termine au deuxième étage, où l’on découvre le documentaire Sur les îles du ciel d’Olivier Alexandre, co-organisateur du festival grenoblois de cinéma Rencontres Montagn

Continuer à lire

PB d'or 2017 : bonus

C'était 2017... | Avec un sujet qu'on aimerait moins brûlant et une politique culturelle en devenir.

Aurélien Martinez | Mardi 19 décembre 2017

PB d'or 2017 : bonus

Le PB d’or du dossier qu’on aimerait voir se solutionner au plus vite : les bibliothèques de Grenoble Nous étions partis pour rédiger un PB d’or acerbe sur la gestion par la Ville de Grenoble du dossier de la fermeture de trois bibliothèques grenobloises annoncée en 2016 lors du dévoilement du fameux plan dit de « sauvegarde des services publics locaux ». Car si les réflexions sur la modernisation du puissant réseau grenoblois peuvent s’entendre (surtout que les usages évoluent), mélanger ça avec un plan d’économies sans mettre sur la table un réel projet (vas-y que je te les ferme ; ah puis non finalement on verra ; au fait, vous connaissez les tiers-lieux ?) est une faute politique qui a allumé la mèche d’une contestation protéiforme difficile à calmer pour les élus. Mais voilà qu’en décembre 2017, alors qu’une nouvelle directrice du réseau (Isabelle Westeel) vient de prendre son poste, le maire de Grenoble Éric Piolle et son adjointe aux cultures Corinne Bernard ont organisé une réunion publique concerna

Continuer à lire

PB d'or 2017 : spectacle vivant

C'était 2017... | Avec une nouvelle initiative passionnante et un théâtre qui change.

Aurélien Martinez | Mardi 19 décembre 2017

PB d'or 2017 : spectacle vivant

Le PB d’or de l’initiative enthousiasmante : les Grands rassemblements Fin décembre 2016, Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, les deux nouveaux directeurs du Centre chorégraphique national de Grenoble, lançaient à la MC2 la première édition d’une drôle d’aventure : les Grands rassemblements, « temps partagés avec le public » construits autour de spectacles, de performances, d'ateliers, d'échanges… En envahissant deux soirs de suite tous les lieux du théâtre, des salles de spectacle aux studios en passant par le bar et le hall, les artistes qu’ils ont invités (principalement des chorégraphes et des circassiens) ont proposé un moment d’une grande intensité pour le public, qui n’avait qu’à se laisser porter par le mouvement – et s’émouvoir devant le concert de Yaël Naim avec des circassiens, l’une des plus belles choses vues ces dernières années. Logique donc que nous ayons mis en "une" du journal en mai dernier

Continuer à lire

À Ciel rouvert (ou presque)

ACTUS | Le Ciel, c’est une salle de concert grenobloise mythique, qui a fermé (temporairement) ses portes en 2015. La voilà qui rouvre le temps d’un concert : comment se fait-ce ? On en a discuté avec l’association Plege qui organise l’événement, et avec la Ville pour en savoir plus sur le futur du lieu.

Aurélien Martinez | Mardi 28 novembre 2017

À Ciel rouvert (ou presque)

Dimanche 3 décembre, les mélomanes (et les autres) pourront de nouveau pénétrer dans la petite salle (quelque 170 places assises) de concert du Ciel, close depuis deux ans suite à la fermeture de l’établissement culturel par la Ville de Grenoble pour raisons économiques – un incroyable imbroglio avait eu lieu après la baisse de subvention de la Direction régionale des affaires culturelles. Ils assisteront ainsi au live de Boy Harsher et Krogshoy organisé par Plege. Plege ? Une association grenobloise regroupant diverses entités culturelles locales ([reafførests], Gram’Off­On, MFCK Prod, la Métamorphose, le Centre d’art Bastille, le bar À l’Ouest…) qui « a été créée suite à l’annonce de la liquidation » comme nous l’a expliqué l’un de ses membres David Nicolay. « On est amoureux de ce lieu, on veut qu’il se maintienne. Le but est vraiment que le public puisse y revenir le plus vite possible. » Même s’il a d’abord fallu s’occuper d’un autre sujet : la réouverture des

Continuer à lire

Où sortir à Grenoble jusqu’au petit matin ?

GUIDE URBAIN | Étudiant nouvellement arrivé à Grenoble ou vieux de la vieille en manque d’inspiration, vous voilà en quête d’un spot où finir la soirée ? Quand, entre 1h et 2h du matin, les rideaux des bars commencent à fermer, d’autres lieux (salles de concert, boîtes, clubs…) sont là pour vous ouvrir grand les bras. Sélection.

Sandy Plas | Mardi 3 octobre 2017

Où sortir à Grenoble jusqu’au petit matin ?

L’Ampérage Musiques psychédéliques, transe, rock ou électro : l’Ampérage est la salle de concert associative où se croisent toutes les cultures. Et un point de ralliement pour tous ceux qui aiment bouger jusqu’au petit matin. Car entre deux concerts, l’endroit propose nombre de soirées marquées par un bel éclectisme. À l’image des Melting, qui permettent de sauter à pieds joints dans la culture psychédélique. 163, cours Berriat – Grenoble. Tram A, arrêt Berriat-Le Magasin. De 23h à 6h. Tarifs variables selon les soirées. Tél. 04 76 96 55 88 Le Drak-Art Amateurs de cultures alternatives, le Drak-Art est fait pour vous ! Se croisent ici une bonne partie de ce qui se fait de mieux en matière de musique techno et électro, avec des virages vers le dub et le drum and bass. Un bon mélange à apprécier sur le dancefloor qui se transforme au gré des soirées, plus ou moins intimes. Le bonus ? La fermeture à 7h du mat’, histoire de rentabiliser la soirée jusqu’au bout. 163, cours Berri

Continuer à lire

Ciel, mon Théâtre municipal de Grenoble change !

Politique culturelle | Depuis deux saisons, un vent d’air frais souffle du côté du Théâtre municipal de Grenoble. Finies (en partie) les pièces de boulevard bourrées de stars désuètes ; bonjour les spectacles décalés qu’on ne voyait pas assez dans les autres salles de l’agglo. Et si ce Théâtre municipal qui, au passage, fêtera ses 250 ans l’an prochain, était le nouveau lieu hype à Grenoble ?

Aurélien Martinez | Mardi 12 septembre 2017

Ciel, mon Théâtre municipal de Grenoble change !

Au Petit Bulletin, nous avons au fond d’un bureau des boîtes bourrées d’anciennes plaquettes de saison, ce qui nous permet de mesurer concrètement les changements au fil des ans dans les différentes salles de spectacle de l’agglo. Et quand on se penche sur le cas du Théâtre municipal de Grenoble, on se rend compte qu’ils sont énormes en comparant le programme 2017/2018 à celui, pioché au pif, de 2011/2012. Il y a six ans, on était principalement sur des vaudevilles, classiques ou contemporaines, bourrées de têtes d’affiche vues à la télé – Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Claude Brasseur, Patrick Chesnais, Isabelle Mergault, Roland Giraud, Martin Lamotte ou encore Jean-François Balmer. Oui, tout ce beau monde en une seule saison, ce qui plaisait beaucoup à un certain public – qu’on ne prendra pas le risque de qualifier pour ne vexer personne ! Aujourd’hui, si on croise encore quelques noms connus ici et là (Martin Lamotte, Bruno Solo et Barbara Schulz seront les prochains mois sur les planches de la rue Hector-Berlioz), on se trouve face à une programmation plus variée, et surtout plus risquée, avec des propositions audacieuses qui donnent

Continuer à lire

Laurent Simon, du Ciel au Troquet Les Mouettes

Nouveau lieu | Depuis le 2 mai, un excellent nouveau restaurant est ouvert sur les quais de l’Isère, en face de la Porte de France. Aux commandes de ce Troquet Les Mouettes, le couple Simon dont lui, Laurent, est une figure bien connue du milieu culturel grenoblois – il dirigeait la salle de concert le Ciel jusqu’à sa fermeture l’an passé. On l’a rencontré pour en savoir plus sur cette nouvelle vie.

Aurélien Martinez | Mardi 30 mai 2017

Laurent Simon, du Ciel au Troquet Les Mouettes

Quand le (fort en gueule) patron du Ciel, mythique petite salle de concert grenobloise située près de la place de Verdun, change de métier et ouvre un restaurant-bar avec sa femme, forcément, nous nous y rendons. Avec des idées préconçues : forcément ce sera un bar de fêtards, forcément ce sera un truc musical, forcément on y croisera le tout Grenoble culturel. Eh ben non. On se retrouve plutôt face à un charmant petit établissement à la déco soignée et à l’ambiance feutrée. Son nom ? Le Troquet Les Mouettes. « Tout le monde utilise le mot bistrot ; nous, on a choisi de remettre au goût du jour le mot troquet » nous explique Laurent Simon tout juste un mois après l’ouverture de son établissement. « On est une petite entreprise familiale. C’est une histoire d'amour avec ma femme : elle à la cuisine et moi au bar. » Et quelle cuisine ! Amal Simon, passée trois mois par l’école parisienne du chef star Thierry Marx, conçoit des plats d’une finesse et d’u

Continuer à lire

Bibliothèques à Grenoble : où en sommes-nous ?

ACTUS | Voilà un an que les conseils municipaux sont l’occasion pour le collectif "Bibliothécaires de Grenoble en lutte" ainsi que celui d’habitants "Touchez (...)

Jean-Baptiste Auduc | Jeudi 25 mai 2017

Bibliothèques à Grenoble : où en sommes-nous ?

Voilà un an que les conseils municipaux sont l’occasion pour le collectif "Bibliothécaires de Grenoble en lutte" ainsi que celui d’habitants "Touchez pas à nos bibliothèques" d’essayer de discuter avec la municipalité suite à la fermeture annoncée en juin 2016 de trois bibliothèques (Alliance, Hauquelin et Prémol). C’est chose faite avec leur intervention en conseil, le lundi 22 mai. "Touchez pas à nos bibliothèques" a pu s’exprimer dans le cadre du dispositif municipal d’interpellation citoyenne, puisqu’il a rassemblé plus de 2000 signatures dans une pétition. Le mot d’ordre des habitants : « ne pas abandonner la lecture publique dans les quartiers

Continuer à lire

Le Conservatoire de Grenoble passe en mode solidaire

Politique culturelle | La Ville de Grenoble a organisé une conférence de presse pour détailler les mesures qu'elle compte mettre en place dès la rentrée prochaine. On y était.

Nicolas Joly | Mardi 23 mai 2017

Le Conservatoire de Grenoble passe en mode solidaire

« Ce n’est pas encore voté, mais nous allons le présenter au conseil municipal ce lundi » annonçait fièrement Corinne Bernard, adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble, le jeudi 18 mai en conférence de presse. De quoi parlait-elle ? Du projet de la municipalité d’expérimenter de nouveaux coûts de scolarité « solidaires » au conservatoire. À compter de septembre, quinze candidats seront sélectionnés pour bénéficier d’une bourse d’études qui leur permettra de rejoindre les 1 802 élèves actuellement en formation. Elle couvrira les frais d’inscription, mais également le coût des fournitures, le prêt de matériel, un abonnement aux transports en commun et cinq places de spectacles. Seuls les enfants issus de familles dont le quotient familial est inférieur à 900 euros pourront candidater à cette bourse. « La motivation du demandeur sera également prise en compte par le jury qui examinera les candidatures. » Outre ladite bourse, le Conservatoire de Grenoble souhaite également mettre en place un dispositif « passerelle ». Il s’agit d’une démarche visant à promouvoir l’enseignement du conservatoire dans les quartiers populaires,

Continuer à lire

"Entre terre et ciel" : la poétique d’un nuage par Agne

ARTS | Le photographe expose à la galerie Alter-Art jusqu'au 21 mai.

Charline Corubolo | Mardi 2 mai 2017

Si Agne se balade Entre terre et ciel, sa photographie est cependant résolument céleste même lorsqu’elle s’aventure le long d’une ligne blanche bitumée ou dans l’horizon d’une prairie habitée par la brume. Dévoilant deux séries opposées sur le plan discursif et esthétique mais ondulant le long d’un fil commun qu’est le nuage, le photographe déploie au sein de la galerie Alter-Art un tableau photographique emprunt de picturalité. Au noir et blanc d’une nuée isolée répond un panorama vertical ou horizontal d’un brouillard qui envahit la terre, touche romantique d’une vision artistique du paysage. Le cumulus sur fond noir se métamorphose en test de Rorschach, faisant de l’infini non plus le ciel mais l’imagination, tandis que le voile vaporeux effleurant le sol ouvre une perspective sans fin dans l’environnement. Un antagonisme dialectique entre l’atmosphère et le palpable, au creux d’une matière nébuleuse véhicule de songes, rapportée du col de l’Arzelier (massif du Vercors) et à découvrir jusqu’au 21 mai.

Continuer à lire

Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

Playlist | Depuis 25 ans, Philippe Katerine se promène dans le vaste monde de la chanson française, naviguant à sa marge tel un dadaïste pop tout en produisant par moments, et presque sans le faire exprès, de véritables tubes. Pour bien comprendre tout le génie qui se cache derrière le personnage fantasque, on remonte le fil de l’histoire en dix titres emblématiques de son parcours.

Aurélien Martinez | Lundi 13 mars 2017

Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

1996 : Parlez-vous anglais Mr Katerine ? Après Les Mariages chinois, premier album qu’il enregistre tout seul dans son coin, et L'Éducation anglaise, deuxième tentative sur laquelle il ne chante carrément pas (c’est sa sœur et sa compagne de l’époque qui s’y collèrent), Phillipe Katerine publie en 1996 Mes mauvaises fréquentations, bijou qui lancera véritablement sa carrière. On perçoit déjà un côté gentiment décalé, à l’image de ce Parlez-vous anglais Mr Katerine ? très bossa-nova, même si le plus grand des voyants aurait bien eu du mal à prédire la voie (ou plutôt les voies) suivie(s) ensuite par Katerine. 1999 : Je vous emmerde Présent sur Les Créatures, album ambitieux enregistré avec la formation jazz et musique improvisée The Recyclers, ce morceau emmène Katerine sur un terrain qu’il va de plus en plus affectionner au fil des ans : celui de la chanson théâtrale, où la forme compte autant que le fond. Ici, c’est un Katerin

Continuer à lire

Grenoble : un contrat municipal pour parler à la culture

ACTUS | Après les coupures du fameux "plan de sauvegarde" (comme l’annonce de la fermeture de certaines bibliothèques), Corinne Bernard, adjointe aux cultures à la Ville de Grenoble, tente de reprendre la main. Lors du conseil municipal du lundi 6 février, elle a présenté une délibération-cadre dans le but de dévoiler, à mi-mandat, les grandes directions de la politique culturelle de l’équipe Piolle. Décryptage du document.

Jean-Baptiste Auduc | Lundi 13 février 2017

Grenoble : un contrat municipal pour parler à la culture

Devant l’Hôtel de Ville de Grenoble, avant le conseil municipal, le cérémonial se poursuit mois après mois. Des colonnes de policiers filtrent les entrées. En face, des manifestants luttent, entre autres, pour garder les bibliothèques ouvertes. Le dialogue semble en panne entre la culture et Grenoble ? L’équipe municipale veut le relancer. « La culture est un enjeu symbolique : il y a des débats, des combats autour de cela » euphémise le maire Éric Piolle le lundi 6 février avant la présentation par l’adjointe aux cultures d’une délibération-cadre censée calmer les esprits. Celle-ci a pour but de donner (à la suite des délibérations de juillet 2014 et septembre 2016) les grandes orientations en matière de culture – le deuxième budget de la Ville. Deux termes y reviennent : la clarté et l’indépendance. Pour ce dernier mot, cela passe par une déclaration d’intention : « la Ville soutient les artistes dans leur indépendance et leur liberté » lit-on dans le document. D’accord. Joint à la délibération, un recueil de 69 pages (« Modalités d’accompagnements ») essaie

Continuer à lire

Et si l’entreprise sauvait la culture?

ACTUS | La crise que connaît depuis des années le monde culturel laisse de la place à de nouvelles initiatives. Start-ups ou financements mixtes naissent à Grenoble pour pallier le manque de soutien des collectivités publiques. Retour sur plusieurs exemples locaux, comme la Belle Électrique ou Short Édition.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 7 février 2017

Et si l’entreprise sauvait la culture?

La situation économique de la culture commence à devenir alarmante en France. Rien qu’à Grenoble, on ne compte plus les festivals qui s’arrêtent (Rocktambule), les salles qui ferment (le Ciel), les assos qui périclitent (Sasfé à la Villeneuve). Certains acteurs de l’agglomération tentent de trouver des solutions comme l’a remarqué Olivier Zerbib, sociologue de la culture et du management de l’innovation à l’IAE (Institut d’administration des entreprises) de Grenoble. « Puisque le ministère de la Culture ne donne pas de direction, puisque la Ville de Grenoble ne diffuse qu’un discours comptable, la culture cherche de nouvelles sources de financement. » La Belle Électrique organisait ainsi en septembre dernier l’événement Culture < > Futur, qui avait lieu au Musée de Grenoble. On y « découvrait et échangeait sur les tendances culture, entrepreneuriat et numérique » nous explique Alban Sauce, de l’association MixLab (qui gère la salle de con

Continuer à lire

Et la Belle électrique créa son propre label

Initiative | La salle organise une soirée ce samedi 28 janvier pour fêter ça.

Damien Grimbert | Mardi 24 janvier 2017

Et la Belle électrique créa son propre label

Dernière émanation en date de l’association MixLab, en charge de la Belle électrique et du festival Jour & Nuit, le Label électrique accouchera bientôt de sa première sortie : un EP du DJ/producteur house/techno grenoblois Abell alias Christophe Deutsch, auparavant actif sous le pseudo Stuff. Composé de deux titres ainsi que d’un remix signé par le producteur lyonnais Kosme, cette première sortie, prévue pour fin février/début mars (mais qui sera célébrée ce samedi avec une grosse soirée gratuite – sur réservation), sortira conjointement en format numérique et vinyl (à hauteur de 250 exemplaires), et bénéficiera du puissant réseau de distribution du label allemand Kompakt, qui prendra également à sa charge la majeure partie des coûts de production. Pensé comme un outil supplémentaire dans la démarche d’accompagnement des pratiques à destination des artistes locaux, le Label électrique devrait ainsi permettre à ces derniers de profiter du réseau tissé par la Belle électrique avec les différents artistes internationaux qu’elle programme dans ces murs. Une étape supplémentaire dans le développement de la stratégie à 360° mise en place par MixLab depui

Continuer à lire

Culture sous haute surveillance politique

politique culturelle | Fini le temps où les politiques culturelles étaient construites main dans la main avec les artistes et les professionnels ? Aujourd’hui, les élus semblent de plus en plus vouloir se réapproprier ce secteur avec, parfois, des méthodes abruptes et des arguments spécieux – ah, le fameux mot élitisme mis à toutes les sauces. Retour sur les derniers faits en date, notamment à Seyssinet-Pariset.

Jean-Baptiste Auduc | Lundi 31 octobre 2016

Culture sous haute surveillance politique

« On n’a pas très envie de revenir sur ce sujet. » Voilà ce qu’on nous répond à l’Ilyade de Seyssinet-Pariset lorsqu'on cherche à joindre l’équipe pour évoquer les difficultés qu’elle rencontre avec la mairie (de droite) et l’adjoint à la culture Frédéric Battin. Retour en mars 2016. La directrice de la salle de spectacle, Noémi Duez, boucle sa programmation pour la prochaine saison. Mais juste avant le dévoilement de celle-ci, la mairie lui demande un changement : sur les 17 spectacles prévus, un va devoir disparaître de la plaquette. Ce sera Vous reprendrez bien une petite danse, pièce de danse contemporaine présentant des personnes âgées. Comme l’Ilyade est une salle municipale (ce qui est le cas de nombreuses autres dans l’agglo), l’élu à la culture dispose d’un droit de regard. « Je me dois de donner une couleur à la programmation. Il nous a semblé que ce spectacle était celui qui correspondait le moins à ce que nous voulions pour l’Ilyade. » La programmation est pourtant un travail en soi, confié à la directrice et son équipe. Alors pourquoi cette décision, justifiée entre autr

Continuer à lire