Plasticien, statut fantôme

ACTUS | Alors que ces derniers mois les intermittents du spectacle manifestaient pour sauvegarder un régime toujours plus instable, les artistes plasticiens, eux, ne se sont pas montrés. Pour cause : en plus de pâtir de la précarité et de difficultés financières, ils ne possèdent aucun statut au contraire des musiciens, acteurs et autres danseurs. On a rencontré plusieurs figures locales pour en savoir plus. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 28 octobre 2014

Tout esprit créatif rêve de vivre de son art. Mais voilà, être artiste au XXIe siècle est surtout synonyme de galère et de débrouille, dans un monde où il est monnaie courante de faire des plasticiens les "esclaves" créateurs des temps modernes, au service des grandes institutions. Et ce n'est pas leur statut social qui l'empêchera.

De statut d'ailleurs, ils n'ont point : ils sont considérés par Pôle emploi comme travailleurs indépendants au même titre qu'un plombier ou qu'un programmateur informatique. Pourtant, leur activité et surtout leurs revenus ne sont pas comparables. Un plasticien a pour principal salaire la recette des ventes de ses œuvres, le temps de recherche et de création ou encore les expositions étant rarement monnayés. Pour le fisc, les artistes sont donc des libéraux puisqu'ils travaillent en indépendants et que leur production comporte une dominante intellectuelle.

Pour avoir une reconnaissance légale en France, les peintres, les sculpteurs et autres vidéastes doivent s'inscrire à la Maison des artistes, organisme indépendant agréé de protection sociale, ce qui leur permet de pouvoir exercer la fameuse activité de vente (il faut également faire une démarche fiscale pour obtenir un numéro Siren-Siret, identifiant légal pour une activité économique) et, dans les cas les plus difficiles, de bénéficier du RSA en complément lorsque les ventes sont insuffisantes.

Vivre d'art et d'eau tiède

Sauf que le RSA est bien trop souvent tout ce qu'ont ces créateurs. Selon le Comité des artistes-auteurs plasticiens, organisation syndicale nationale, plus de la moitié des plasticiens vivraient sous le seuil de pauvreté, avec un revenu médian deux fois plus faible que celui des salariés "lambda". D'où la nécessité d'élargir son champ d'activité. Pour « compléter le RSA », l'artiste visuel grenoblois Nikodem, en activité depuis une quinzaine d'années, anime ainsi « des ateliers – enfin des fresques murales collectives – avec des élèves. Mais je le fais davantage pour la démarche sociale ». Car les conditions émises par la Maison des artistes pour être affilé et pouvoir bénéficier des droits nécessitent de déclarer au minium un bénéfice de 900 fois le smic horaire par an, soit 8 577 €. Dans le cas contraire, l'artiste est assujetti et aucune ouverture de droit ne lui est accordée alors qu'il doit cotiser.

Certains cherchent donc des alternatives, comme Clôde Coulpier, artiste grenoblois à la création protéiforme qui a un statut de travailleur non salarié. « Je vis avec le RSA et les allocations, c'est difficile mais ce statut me permet de faire ce que je veux, ce que je souhaite. » Aujourd'hui, il a fait le choix de ne pas avoir de profession « complémentaire », mais ça n'a pas toujours été le cas. Il a ainsi été vacataire il y a quelques années à la faculté de Grenoble, professeur pendant un an pour un cours optionnel de « didactique des arts contemporains » en licence, ou encore salarié durant deux ans au sein du centre d'art Oui (qui a disparu depuis). Mais travailler à côté se révèle contraignant et oblige parfois l'artiste à délaisser une part importante de son art. Clôde Coulpier, qui exposera pour la galerie Showcase en septembre prochain, a donc décidé de se concentrer uniquement sur la création, dans son appartement grenoblois où le salon est reconverti en atelier.

Quant à Nikodem, cela fait longtemps qu'il a élu « domicile de travail » dans la résidence Utopia (photo), lieu mis à disposition par la Ville de Grenoble, au bout du cours Berriat, en face du Théâtre de poche. L'association, qui milite depuis 11 ans pour trouver des lieux de création pour les artistes grenoblois, permet à une douzaine d'artistes de disposer d'un espace de production artistique. Dans son atelier, Nikodem travaille les plans de sa prochaine intervention murale prévue aux Moulins Villancourt à l'occasion du Mois du graphisme d'Échirolles. « Je cherche de grands murs, mais c'est compliqué », ce qui fait vibrer cet artiste n'étant pas les galeries mais les façades à investir. Alors il démarche sans cesse les institutions (comme les mairies) pour marquer les murs de son art, et chercher à être payé pour son travail.

Exceptions artistiques

Bien sûr, comme dans tous domaines, l'artiste-galère n'est pas une règle immuable, même si elle est prédominante. Grenoble compte actuellement des artistes de premier plan de la scène contemporaine à l'image de Lili Reynaud-Dewar. À bientôt 40 ans, l'artiste, qui navigue entre Paris et Grenoble, a déjà une reconnaissance internationale et fait partie de la sphère réduite des artistes français qui ont su émerger sur la scène fourmillante de l'art – elle a été distinguée en 2013 par le prix de la fondation d'entreprise Ricard, est représentée par la galerie Kamel Mennour à Paris, a exposé dans plusieurs biennales (Berlin en 2008, Lyon en 2013...).

Mais malgré cette légitimité et un emploi du temps chargé (d'où le fait qu'elle n'ait pu répondre à nos questions), on est encore loin des hautes sphères du marché de l'art. Selon le classement Artindex 2011 du Journal des Arts, qui référence les artistes selon leurs ventes, le premier Français de ce tableau de chasse était à la 38e position en la personne de Christian Boltanski avec un bénéfice, selon Artprice (spécialiste mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l'art), de plus de 308 000 euros. Mais avant d'atteindre une telle renommée, les chemins de traverse sont bien longs, et dépendants de nombreux facteurs indépendants des artistes.

Vitrine (gratuite)

Car si l'artiste peut tirer un bon profit sur la vente d'une œuvre (suivant la cote sur le marché de l'art), la situation est bien différente pour une exposition. L'ensemble des intervenants est logiquement payé pour la préparation et le déroulement de l'événement, sauf l'artiste, auteur de ce que l'on vient voir. Paradoxe ultime du monde de l'art, les institutions considèrent que c'est une chance pour un artiste d'exposer. Nikodem a récemment eu une désagréable expérience avec l'Espace Dalí à Paris, qui propose jusqu'en mars 2015 une exposition de 22 artistes de street art. Invité à y participer, l'artiste n'est non seulement pas payé, ni défrayé, mais en plus l'organisateur récolte 60% du prix en cas de vente. Révolté, Nikodem refusera à l'avenir de se plier à ce système : « Tous les artistes qui acceptent ces conditions sont en train de tuer la profession. C'est vrai que c'est compliqué, mais nous ne devrions pas tolérer un tel schéma. C'est comme le milieu du graphisme : les gens qui travaillent pour rien envoient de mauvais messages. »

Qu'en est-il de Grenoble ? Au Vog, centre d'art municipal de Fontaine, la directrice Marielle Bouchard choisit les artistes qui exposent, avec comme critère qu'ils soient professionnels et qu'ils aient déjà exposé dans des structures influentes. Ils sont ensuite défrayés et bénéficient d'une subvention. Mais quel que soit l'artiste, quelles que soient les pièces exposées, déjà produites ou créées pour l'événement, chaque artiste touche la même somme. La subvention devient alors soit une aide à la production soit une sorte de cachet quand les œuvres existent déjà. Quant à l'Espace Vallès de Saint-Martin-d'Hères, autre référence locale en matière d'art contemporain, il fonctionne également selon des subventions mais le cahier des charges est plus souple, même s'il est nécessaire d'être inscrit à la Maison des artistes et d'avoir un numéro Siret pour pouvoir exposer. Suivant l'exposition, les frais de production varient de 1 500 € à 4 000 € (4 000 €, c'est le cas par exemple pour l'exposition du fameux duo d'artistes Gilbert et George, prévue en janvier 2015) et s'adaptent selon les besoins de l'artiste.

Petit et grand, pas d'exception

On pourrait supposer que l'absence de rémunération est liée à la petitesse de la structure. Pourtant, au Musée de Grenoble, le son de cloche est le même. Guy Tosatto, le directeur, confie n'avoir jamais rémunéré un artiste, la contribution se matérialisant différemment en assurant le transport, la communication, le catalogue de l'événement, ou en prenant en charge l'assurance des œuvres. Soit une gigantesque promotion du travail de l'artiste, comme ce sera le cas à la fin du mois avec l'Italien Giuseppe Penone. Par ailleurs l'établissement prend rarement en charge les frais de production. « Nous nous concentrons sur des grandes figures de notre temps, les grands jalons de ces 30 dernières années, il est donc rare de produire des œuvres exprès à la différence du Magasin [le Centre national d'art contemporain de Grenoble - NDLR] qui soutient la jeune création contemporaine et l'aide souvent dans la production comme elle manque de moyens. »

En France, il est donc malheureusement convenu de ne pas payer un artiste pour son exposition, même quand les structures en auraient les moyens. D'autres modèles existent à l'étranger, avec par exemple des grilles tarifaires pour rémunérer les artistes lors des expositions. Quant aux galeristes, qui sont pour la plupart dans le domaine privé à l'inverse des institutions précitées, ils sont souvent dans le même cas que les artistes, vivant uniquement de la vente des œuvres qu'ils présentent, avec une part qui varie selon les contrats. Et le marché de l'art étant fortement basé sur la spéculation, les un et les autres tentent de créer un réseau de « fidèles » pour (sur)vivre, avec ou sans statut.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Une Nocturne en forme de jeu vidéo

Musée imaginaire des étudiants | Cette année, la Nocturne des étudiants du Musée de Grenoble prend la forme d’un jeu vidéo immersif accessible pendant plusieurs soirées. Les projets artistiques sont mis en scène dans un espace muséographique inédit que le visiteur peut parcourir à loisir depuis son ordinateur.

Hugo Verit | Mardi 23 mars 2021

Une Nocturne en forme de jeu vidéo

Décidément, la Nocturne des étudiants du Musée de Grenoble sait se réinventer en ces temps de pandémie. Après une édition 2020 numérique diffusée en streaming le 7 octobre dernier, les organisateurs creusent encore plus le concept de virtualité cette année en proposant, les 24, 25, 26 et 30 mars de 18h à 23h, le Musée imaginaire des étudiants (MIE). Le principe de la Nocturne reste le même : des étudiants grenoblois volontaires élaborent et présentent au public un projet artistique (danse, musique, théâtre, etc.) en lien avec une œuvre du Musée. En revanche, les spectacles s’intègrent cette fois-ci dans un jeu vidéo immersif inspiré de Second Life. Les équipes de la Nocturne travaillent depuis janvier avec l’entreprise Immersive CoLab qui met à leur disposition une plateforme virtuelle nommée Calypso 3D. « Cette société développe ce type d’outil collaboratif dans le domaine de l’éducation et de la formation. Ils n’avaient pas encore de projet artistique. Ils ont tout de suite été conquis par notre idée », raconte Alexis Chareyre, chargé de relation

Continuer à lire

Réincarner les mythes

Exposition | Dix ans après sa première exposition au Vog, le peintre grenoblois Johann Rivat y revient pour nous dévoiler ses dernières réalisations. Une plongée dans un univers pictural singulier où les figures mythologiques côtoient les totems modernes que sont les panneaux publicitaires.

Benjamin Bardinet | Vendredi 5 mars 2021

Réincarner les mythes

« Ce qui me préoccupe, c’est l’attention portée aux choses. Pour la plupart de mes peintures, je réalise le châssis, tend et prépare la toile moi-même. Et naturellement, je n’expose pas mes toiles avant de les avoir parfaitement vernies ! » Il y a chez Johann Rivat un attachement aux savoir-faire et une indéniable attention portée à l’objet pictural. Si les figures centrales de ses grands formats sont souvent dessinées avec précision et font immédiatement image, le paysage dans lequel elles se situent se révèle une surface vibrante où le travail de la matière s’épanouit pleinement : jeux chromatiques, coulures, réserves, glacis… de savoureux effets picturaux qui invitent à une observation attentive et surtout qu’aucune reproduction, aussi technologique soit-elle, ne pourra jamais restituer. Pas de distanciel possible ici donc. Points incandescents Intitulée Prométhée aux Enfers, l’exposition de Johann Rivat au Vog se déroule selon un parcours tendu entre deux points incandescents. En introduction, c’est une flamme dérobée aux dieux de l’Olympe qu’un Prométhée moderne (et féminisé) tient dans sa main ; en fin de parcours, c’est le rouge fla

Continuer à lire

Morandi en (future) prolongation

Exposition | Le Musée de Grenoble l’a confirmé : sa grande exposition consacrée au peintre italien, qui devait ouvrir en décembre dernier et reste actuellement portes closes, verra sa date de clôture reportée.

Martin de Kerimel | Mardi 2 mars 2021

Morandi en (future) prolongation

Cela fera bientôt trois mois que le Petit Bulletin a, comme d’autres médias, eu la chance de découvrir le nouvel accrochage du Musée de Grenoble. Cette mise à l’honneur de Giorgio Morandi, maître italien méconnu et spécialiste des natures mortes, nous avait emballés. On imagine volontiers le désarroi de l’équipe du Musée face à l’impossibilité de la présenter au grand public, crise sanitaire oblige, et alors même que l’ouverture officielle de l’événement était prévue le 12 décembre dernier. On est donc ravi d’apprendre que la date de clôture a pu être reportée : alors que tout devait s’achever le 14 mars, c’est finalement jusqu’au 4 juillet que le Musée pourra jouer les prolongations. Un rappel : c’est à travers le regard de l’un de ses collectionneurs que l’exposition entend proposer une introduction intimiste à l’univers de l’artiste bolonais. Aux cinquante pièces prêtées par la Fondation italienne Magnani-Rocca s’en ajoutent d’autres conservées en France. Reste en suspens la question du premier jour d’ouverture. C’est aussi parce que l’événement est double – et propose une section Italia Moderna, autour de la présentation d’une soixantaine d’œuvres de la co

Continuer à lire

Trente sur trente

ARTS | À l’occasion de ses trente ans d’existence, l’équipe de l’espace Vallès, à Saint-Martin-d’Hères, nous invite à découvrir une exposition qui réunit trente artistes accueillis depuis la création de l'établissement, en 1990. Un accrochage rétrospective qui trouve le juste équilibre entre diversité et cohérence.

Benjamin Bardinet | Lundi 1 mars 2021

Trente sur trente

2020 était l’année des 30 ans de l’espace Vallès. Évidemment, tout ne s’est pas tout à fait passé comme prévu ! Du coup, en ce début 2021, l’espace inaugure l’exposition qui devait clôturer son programme anniversaire – à savoir un accrochage qui réunit trente artistes qui ont déjà été présentés au centre. Bien qu’essentiellement murales, les œuvres exposées témoignent de la grande variété des approches plastiques défendues par le centre pendant toutes ces années. Afin de compenser l’écueil qu’aurait pu constituer cette diversité, l’équipe a pris le parti de présenter des œuvres toutes de format carré (50 x 50 cm) et de procéder à un accrochage thématico-stylistique relativement ouvert, parfois assez instinctif, qui permet de donner à l’ensemble du parcours d’exposition une cohérence dans laquelle il est tout à fait plaisant de déambuler… Ensembles et séries On découvre ainsi dès l’entrée plusieurs séries d’œuvres qui tendent vers une forme d’abstraction minimale, voire radicale, d’où surgissent parfois des empreintes d’élément typographiques fantomatiques ; un ensemble qui témoigne d’une saisissante sensibilité pour les matériaux et les textures. À l’étage,

Continuer à lire

Fantômes photographiques

ARTS | Malgré le couvre-feu culturel imposé par le gouvernement, il y a encore moyen de trouver sur le territoire grenoblois quelques expos à se mettre sous la dent. Le Vog bénéficiant d’être assimilé à la médiathèque municipale, le visiteur curieux peut actuellement y découvrir l'exposition de la photographe Yveline Loiseur, une énigmatique déambulation entre présence, absence et disparition.

Benjamin Bardinet | Jeudi 14 janvier 2021

Fantômes photographiques

Au début du XIXe siècle, le peintre romantique Gaspar David Friedrich livre une idyllique représentation des falaises calcaires de l’île de Rügen que contemplent, au premier plan de sa composition, quelques randonneurs fascinés par ce spectacle grandiose. C’est sur une représentation toute autre de cet environnement naturel singulier que s’ouvre l’exposition du Vog. Au blanc immaculé des reliefs acérés que le peintre romantique faisait ressortir grâce à un cadre de verdure vivifiant, Yveline Loiseur oppose la grisaille minérale abrasive d’un éboulis calcaire au milieu duquel de timides pousses végétales tentent péniblement de survivre. Une vision renversée, où le froid constat de la désagrégation de notre environnement naturel succède à la fascination dont la nature était sujette il y a deux siècles, au point d’entrée de ce qu’on appelle désormais l’anthropocène. Toute en nuance de gris, c’est également à un monde révolu que renvoie la seconde série d’images. D’anciens lits d’hôpitaux sont photographiés dans un cadre relativement serré de façon à ce que notre regard se porte sur des détails de leur confection : la couture des rideaux, le tissage du drap, les

Continuer à lire

Morandi comme espéré

ARTS | Peinture. C'est LE grand événement du Musée de Grenoble prévu pour la fin de l'année : une grande exposition consacrée au peintre italien Giorgio Morandi doit ouvrir ses portes le 16 décembre. Et ce n'est pas tout...

Martin de Kerimel | Mardi 8 décembre 2020

Morandi comme espéré

Le prochain grand événement du Musée de Grenoble approche à grand pas : du 16 décembre au 14 mars prochain, l’établissement mettra à l’honneur le grand peintre et graveur italien Giorgio Morandi (1890-1964). De quoi surprendre les visiteurs du Musée des deux précédentes expositions temporaires, consacrées à Pablo Picasso et aux artistes grenoblois du XIXe siècle. Les esthètes apprécieront cette diversité thématique, mais on veut croire que les profanes seront eux aussi intéressés par les œuvres de ce spécialiste des natures mortes. Une précision issue du dossier de presse : « C’est à travers le regard de l’un de ses collectionneurs, Luigi Magnani, que l’exposition se propose d’aborder l’univers du maître bolonais. Grâce au prêt généreux consenti par la Fondation Magnani-Rocca de 50 œuvres de l’artiste, complété par celles conservées dans les musées français, le parcours se veut avant tout une introduction intimiste à l’univers de Morandi. » Le Musée parvient à faire coup double, en organisant – aux mêmes dates – une exposition en contrepoint : Italia Moderna, autour d’une sélection d’une soixantaine d’œuvres de sa collection d’art italien du XXe siècle. On a h

Continuer à lire

Mythes et technologies

ARTS | "Prends ce récif pour barricade". Sous ce titre aussi poétique qu’énigmatique, Chloé Devanne-Langlais propose au Vog une exposition-installation qui nous projette dans le monde d’après : celui où seul les récifs pourront encore nous abriter.

Benjamin Bardinet | Mardi 22 septembre 2020

Mythes et technologies

En travaillant avec des matériaux de rebut, associant l’anguleuse sécheresse d’un plexiglas à l’organique présence de plantes, confrontant la gravure manuelle à celle d’une machine au laser, le travail de Chloé Devanne-Langlais peut gentiment déboussoler le néophyte qui passe la porte du Vog. La diversité des matériaux un peu foutraques donnent au premier abord l’impression d’une dispersion anarchique. Puis, peu à peu, cheminant dans l’espace, le regard s’accommode et cet ensemble hétéroclite révèle sa cohérence. L’exposition apparaît comme une sorte de grande installation qui nous plonge dans un univers à la sensibilité surréaliste où les références aux récits mythologiques flirtent avec une esthétique de la récupération. « J’aime bien les objets qui ont vécu, qui portent en eux une histoire. Mais si je récupère des matériaux, c’est également que je suis attentive dans ma production à ce que ce soit logique d’un point de vue écologique. » Il en va de même des plantes présentes dans l’exposition et qu’elle a récupérées à proximité, sur les rives du Drac. « La nature a toujours du mal à survivre dans les espaces d’exposition. Du coup, je me suis demandé si ces plante

Continuer à lire

Les artistes de Saint-Roch

Visite guidée | Après le Musée de Grenoble, le cimetière Saint-Roch est un bon endroit pour découvrir les artistes grenoblois du XIXe siècle. Une association assure la visite. Explications.

Nathalie Gresset | Mardi 23 juin 2020

Les artistes de Saint-Roch

Et si vous prolongiez la visite de l’exposition temporaire “Grenoble et ses artistes au XIXe siècle”, visible en ce moment au Musée de Grenoble, en déambulant… au milieu des sépultures ? Depuis sa création en 2004, l’association “Saint-Roch ! Vous avez dit cimetière ?” s’attache à faire découvrir la richesse patrimoniale, historique, culturelle et artistique du cimetière éponyme. En juin, et certainement aussi cet été, la structure propose aux visiteurs d’aller à la rencontre des artistes grenoblois du XIXe dans ce lieu particulier. « Victor Sappey, Aimé-Charles Irvoy, Jean Achard, Henriette Deloras… Beaucoup de sculpteurs et peintres de cette époque ont été inhumés ici, explique Marie-Claire Rivoire, présidente de l’association. Certains sculpteurs ont également laissé leur empreinte dans ces allées en érigeant des stèles et monuments funéraires pour des familles grenobloises aisées ou pour leurs amis peintres. Ce sont des œuvres remarquables qui sont souvent méconnues du public. » Menée par Mao Tourmen, guide-conférencière, cette visite « très accessible », d’environ 1h30, « rend vie au cimetière en évoquant l’histoire des personnages en

Continuer à lire

Coup double

Centre d'art | En réunissant Philippe Calandre et Sylvie Réno dans une exposition intitulée "Dédoublement(s) de réalité", plus que la simple question de la représentation, c’est celle de la reproduction que nous propose d’explorer l’espace Vallès.

Benjamin Bardinet | Mardi 23 juin 2020

Coup double

Pas toujours flatteurs, les reflets que nous renvoient les miroirs incitent parfois à la réflexion... il en va de même pour les œuvres d’art. Pensée comme un dialogue ouvert entre des oeuvres qui jouent de leur capacité à re-produire les choses (des photographies et des maquettes), la nouvelle exposition de l’espace Vallès se propose comme un parcours interrogeant la surenchère productive qui caractérise le monde qui est le nôtre. Philippe Calandre utilise la photographie pour créer des images fantasmées d’un urbanisme cauchemardesque, inspiré par celui des mégapoles contemporaines. À grands coups de retouches numériques, de subtils montages et de discrets collages, il caricature gentiment la mégalomanie des architectes et de leurs commanditaires. Surgissant dans des environnements urbains totalement désertés de toute présence humaine, ces architectures semblent autant issues de l’imagination de l’artiste que de l’environnement qu’il photographie – en atteste une série de dessins d’architectures oniriques qui semblent avoir été réalisée en plein sommeil. Reproductions en carton Paradoxes et retournements sont également au cœur du travail de Sylvie Réno. L’a

Continuer à lire

Une journée au Musée

Exposition | C'est un avant-goût de la grande exposition du Musée de Grenoble consacrée aux artistes du XIXe siècle : dimanche 15 mars, l'association Musée en musique organise une journée découverte. On vous en donne les détails...

Nathalie Gresset | Mardi 10 mars 2020

Une journée au Musée

À chaque nouvelle exposition au Musée de Grenoble, Musée en musique propose une journée spéciale en trois temps, ponctuée de deux concerts et d’une présentation illustrée des nouvelles œuvres accueillies dans l’enceinte du bâtiment. Dimanche 15 mars, c’est autour de l’expo temporaire “Grenoble et ses artistes au XIXe siècle”, qui succède à celle de Picasso, que l’association consacre sa Journée au musée. Avec en ouverture et en fermeture, un concert mettant à l’honneur des artistes isérois des XIXe et XXe siècles : Ninon Vallin, cantatrice, et Hector Berlioz, compositeur. Entre temps, une présentation illustrée sera donnée dans l’auditorium par Candice Humbert, assistante de conservation au musée et docteure en histoire de l’art, et Bernadette Lespinard, musicologue. Grâce à elles, les visiteurs auront toutes les clés nécessaires pour appréhender l’exposition et les concerts.

Continuer à lire

Le passant et les passeurs

Peinture | Évoquant autant l’esthétique pop de David Hockney que la luxuriante naïveté du Douanier Rousseau, l’univers pictural de Marie-Anita Gaube invite à une immersion fascinante dans un monde fantaisiste et inquiétant.

Benjamin Bardinet | Mardi 11 février 2020

Le passant et les passeurs

Acides, flashy, lumineuses mais aussi parfois troubles, éteintes, délavées... il y a fort à parier que les couleurs des tableauw de Marie-Anita Gaube accrocheront le regard du piéton qui passera devant la baie vitrée du Vog. D’apparence assez immédiate, ces compositions sont en réalité des constructions complexes dans lesquelles de multiples plans s’emboîtent subtilement les uns dans les autres, semant une confusion paradoxalement parfaitement lisible. Des compositions complexes qu’amplifient les associations chromatiques audacieuses de la peintre lyonnaise, qui a le bon goût de ne jamais basculer dans le mauvais. Chaque tableau invite le visiteur à prendre le temps de perdre son regard dans la composition pour en apprécier la diversité des traitements picturaux : aplats, glacis, touche, modelé ou dégradés que viennent parfois parasiter des collages impromptus. Et lorsque l’artiste délaisse la peinture pour travailler à l’aquarelle, elle joue merveilleusement bien des réserves de blanc et de la capillarité du médium. Couleurs chatoyantes, scènes équivoques Si les couleurs sont chatoyantes, les scènes représentées, qui apparaissent souvent comme des délires

Continuer à lire

Au service des artistes, des œuvres et du public

Anniversaire | Situé à Saint-Martin-d’Hères, l’Espace Vallès fête ses trente ans d’existence. À l’occasion de cet anniversaire, le centre d’art contemporain présentera tout au long de l’année une programmation spéciale, conçue en collaboration avec de nombreux artistes et institutions ayant participé à l’histoire du lieu.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 janvier 2020

Au service des artistes, des œuvres et du public

Montage d’expos, accueil des publics, gestion administrative et bien sûr programmation artistique, Bertrand Bruatto et Frédéric Guinot sont un peu les hommes à tout faire de l’Espace Vallès. Arrivé dans la maison dans le courant des années 1990, le binôme a pris les rênes du centre d’art après le départ de la directrice d’origine, Anne Abou, en 2010. « Ce lieu est le résultat d’une volonté politique municipale forte, celle du maire Jo Blanchon. Sa création est contemporaine de celles de l’Heure Bleue et de Mon Ciné », nous expliquent-ils. Depuis trente ans, avec une moyenne de quatre expositions par an, l’Espace Vallès défend la création contemporaine. « On n’est pas un lieu dogmatique, on expose tous types de techniques et de tendances. Par ailleurs, on diversifie au maximum : des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des artistes reconnus, d’autres moins. » Entretenir les liens « Nous aimons bien suivre les artistes, garder contact, les accompagner... », explique Frédéric Guinot. « De la même manière, avec le public, on préfère mener des actions qui s’inscrivent dans la durée », ajoute-t-il. Une vol

Continuer à lire

Virginie Prokopowicz : bruts et ciselés

Exposition | Le processus et la vie créative de l'artiste transparaissent au travers de ces dessins géométriques à la dimension parfois carcérale. Une inspiration à découvrir à l'Espace Vallès jusqu'au 21 décembre.

Benjamin Bardinet | Mercredi 27 novembre 2019

Virginie Prokopowicz : bruts et ciselés

L’artiste Virginie Prokopowicz aime les matériaux bruts, une certaine simplicité et une évidente efficacité plastique. Invitée par l’Espace Vallès, elle propose une exposition qui réunit plusieurs pièces existantes et une œuvre In Situ qui investit les six mètres de hauteur du mur principal de l’espace. Plaqués sur ce mur, des rails en PVC noirs disposés à intervalles réguliers s’élèvent et se distordent en leur centre. Tirant parti de la configuration singulière du lieu et de sa mezzanine, cette installation s’offre au visiteur sous différents point de vue qui donnent parfois l’impression que ces rails noirs s’émancipent de la surface du mur pour devenir sculpture ou bien, au contraire, l’illusion que le mur tente de suivre leur mouvement et se boursouffle. Géométriques, minimales et ciselées au premier abord, les œuvres de Virginie Prokopowicz sont souvent réalisées à partir de matériaux issus du BTP (béton, Plexiglas, PVC) et se révèlent finalement assez brutes, laissant apparaître, lorsque l’on s’en approche, les traces de leur conception. Rien n’est dissimulé : on devine l’arrachage de scotch, les coups de taloches, le tracé d’un feutre sur du Plexiglas…

Continuer à lire

"Charivari" : l'inquiétant carnaval de Delphine Balley

Exposition | Présentées au Vog de Fontaine, les œuvres photographiques et filmiques de Delphine Balley nous plongent dans un univers inquiétant où se jouent d’étranges rituels : mises à mort symboliques, lutte contre les esprits, passages entre les mondes.

Benjamin Bardinet | Mardi 12 novembre 2019

Les artistes sont souvent nourris de passions qui peuvent parfois virer à l’obsession, et si Delphine Balley, photographe drômoise née en 1974, a toujours porté un vif intérêt pour les rituels et les traditions populaires, il semble bien que sa passion orgiaque pour le carnaval hante les photographies et le film présentés au Vog Le rituel protéiforme du carnaval émane originellement de peurs qui saisissaient nos ancêtres au cœur de l’hiver : que la nuit prenne définitivement le pas sur le jour, que la terre ne soit plus jamais fertile et que l’esprit des morts non enterrés à cause du gel nous hante à jamais. Mettant en scène un réel qui nous échappe autant qu’il nous fascine, le moment du carnaval est l’occasion d’interroger les normes, de renverser les codes, pour ensuite mieux refonder le monde avant l’arrivée du printemps. Fourrures et clairs-obscurs Profondément nourrie par ses lectures au sujet de ce rite ancestral, Delphine Balley parvient, sans être dans l’illustration, à mettre en scène des gestes et des rituels aussi captivants qu’incompréhensibles. Ainsi, ses œuvres possèdent une profondeur qui permet au visiteur (à con

Continuer à lire

Des boucles et des nappes au Vog avec Léonard Lampion

Concert | On l’a déjà dit, mais on ne le répétera jamais assez : pour les amateurs d’explorations sonores, les showcases proposés par le centre d’art le Vog, à (...)

Damien Grimbert | Mardi 24 septembre 2019

Des boucles et des nappes au Vog avec Léonard Lampion

On l’a déjà dit, mais on ne le répétera jamais assez : pour les amateurs d’explorations sonores, les showcases proposés par le centre d’art le Vog, à Fontaine, constituent de loin l’un des rendez-vous les plus passionnants de Grenoble et son agglomération. C’est là qu’on a pu découvrir, par exemple, l’artiste franco-tunisienne Deena Abdelwahed, des années avant que cette dernière explose sur la scène internationale. Mais c’est aussi là que se produit, dans une ambiance intimiste et sans prétention, la fine fleur de l’avant-garde locale, comme devrait encore le démontrer la prestation de Léonard Lampion jeudi 26 septembre à 19h30. En solo ou en duo (au sein des groupes Hardlab et Peep Night), en live ou en DJ-set, le Grenoblois n’a de cesse d’explorer une multitude d’univers, de la techno expérimentale à l’ambient en passant par l’indus, l’italo-disco, l’EBM ou la trap. Pour son passage au VOG, il proposera ainsi un live ambient éthéré à base de « nappes, textures, et arpèges de synthés » qu’il nous tarde déjà de découvrir dans l’atmosphère si particulière du lieu.

Continuer à lire

Musée de Grenoble : Andry-Farcy, un conservateur pas très conservateur

Exposition | Conservateur du Musée de Grenoble de 1919 à 1949, l’intuitif et audacieux Andry-Farcy (1882-1950) contribua largement à l’enrichissement en œuvres d’art moderne de la collection grenobloise. Retour sur le parcours de ce touche-à-tout au caractère bien trempé à l’occasion de la bien nommée exposition "Hommage à Andry-Farcy, un conservateur d'avant-garde [1919-1949]" que lui consacre le musée.

Benjamin Bardinet | Mardi 2 juillet 2019

Musée de Grenoble : Andry-Farcy, un conservateur pas très conservateur

« Mes projets sont simples : continuer en faisant le contraire de ce qu’ont fait mes prédécesseurs qui n’ont ouvert leur musée à aucun des grands maîtres du XIXe siècle. J’ouvre la porte aux jeunes. » Le ton est donné et la formule témoigne bien de la personnalité de son locuteur : Pierre-André Farcy dit Andry-Farcy, tout fraîchement nommé conservateur du Musée de Grenoble. On est en 1919, à la sortie de la Grande Guerre, et celui-ci a pour projet de faire prendre à son institution (alors basée place de Verdun) un tournant résolument moderne en enrichissant sa collection d’œuvres d’artistes d’avant-garde. « Mieux vaut balbutier des vérités naissantes que d’affirmer avec facilité des vérités conquises par nos aînés » ajoute-t-il lors d’un discours en 1921. Tandis que la plupart des musées français, crispés sur l’art du passé, laissent filer les œuvres des grands noms français et internationaux de l’art moderne (pourtant souvent basés à Paris), le conservateur grenoblois prend le risque de miser sur ces artistes audacieux que sont Ossip Zadkine, Maurice de Vlaminck ou encore Henri Matisse. Le

Continuer à lire

Cet automne, le Musée de Grenoble exposera Picasso

Annonce | Alors que s’ouvrira le 27 avril la nouvelle exposition temporaire du Musée de Grenoble consacrée à la collection très contemporaine du collectionneur Antoine (...)

La rédaction | Mardi 12 mars 2019

Cet automne, le Musée de Grenoble exposera Picasso

Alors que s’ouvrira le 27 avril la nouvelle exposition temporaire du Musée de Grenoble consacrée à la collection très contemporaine du collectionneur Antoine de Galbert, l’équipe des lieux a annoncé qu’elle proposera du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020 une exposition intitulée Picasso 1939 – 1945, au cœur des ténèbres et réalisée avec le fameux Musée Picasso de Paris. Un temps fort « qui rassemblera une centaine d’œuvres (peintures, sculptures, dessins, gravures…) et qui se propose d’étudier l’une des périodes les plus sombres de la vie et de l’œuvre du maître espagnol » comme l’écrit le communiqué de presse. De quoi, on l’imagine, attirer un public très large, malgré la dureté du sujet.

Continuer à lire

Nikodem : « Mettre de la couleur dans les rues »

ACTUS | Depuis le mois de septembre, une grande fresque en trompe-l’œil orne l’un des murs des anciennes usines Cémoi, dans le quartier en refondation de Bouchayer-Viallet. On est allés à la rencontre du collectif qui se cache derrière cette création.

Alice Colmart | Mardi 21 novembre 2017

Nikodem : « Mettre de la couleur dans les rues »

À Grenoble, quartier Bouchayer-Viallet, une fresque attire le regard par ses éléments picturaux forts, ses couleurs vives mais aussi par son texte rendant hommage aux graffeurs grenoblois. C’est le collectif MursMurs, associé à la Maison des habitants Chorier-Berriat, aux Barbarins fourchus et au collectif d'associations culturelles et artistiques Mann’art(e), qui l'a réalisée sur les façades rouges et grises des anciennes usines Cémoi, au niveau de la petite rue qui les traverse. « En faisant apparaître une œuvre d’art dans ce quartier en plein renouveau, on souhaitait rendre visible une énergie artistique et pas seulement industrielle » explique Aurore Cyrille de MursMurs : un collectif grenoblois né en 2015 d’une envie commune d'obtenir de la Ville des murs d'expression libre pour promouvoir « l’art contemporain urbain » et encourager, via l’organisation d’événements et de rassemblements, la rencontre entre les passants et les artistes. « Étonner et émerveiller les spectateurs » À l'origine de la fresque, les artistes du voisinage Nikodem, Votour, Srek, Nesta et Juin, figures du graff

Continuer à lire

Simple question de l’été #7 : comment préserve-t-on un tableau ?

ACTUS | Pourra-t-on encore admirer le sourire de la Joconde dans 500 ans ? Pas sûr, car même l’œuvre la plus visitée au monde n’est pas à l’épreuve du temps. Valérie Huss, conservatrice au Musée de Grenoble, nous en dit plus.

Nicolas Joly | Vendredi 21 juillet 2017

Simple question de l’été #7 : comment préserve-t-on un tableau ?

« Les musées aujourd’hui travaillent beaucoup sur cette notion de conservation préventive. Il s’agit de faire attention aux conditions dans laquelle l’œuvre est conservée, dans les réserves ou les salles d’exposition. Plusieurs paramètres peuvent avoir une incidence sur l’état d’un tableau : l’humidité, la température, la lumière, l’empoussièrement, les problèmes d’infestation d’insectes et les éventuelles manipulations. » Et concrètement ? « Chaque œuvre va, selon sa nature, nécessiter une attention particulière. Un dessin sur papier sera par exemple bien plus sensible à la lumière qu’un tableau verni. Des protections physiques sont également mises en place lors du conditionnement. Au Musée de Grenoble, nous conservons les œuvres en les accrochant sur des grilles, qui sont des sortes de compactus. Mais lorsqu’il s’agit de pièces plus compactes, nous les plaçons dans des caisses faites de matériaux neutres. Cela permet de limiter l’influence de l’environnement sur l’œuvre. » Plus d'infos sur le Musée de Grenoble : www.museedegrenoble.fr

Continuer à lire

Nuit des musées 2017 / Musées en fête : notre sélection

Événement | Samedi 20 mai, c’est la fameuse Nuit européenne des musées, événement couplé en Isère à un week-end baptisé Musées en fête. On a bien lu tous les programmes des lieux qui participeront (des musées donc, mais aussi d’autres institutions culturelles) et on en a sélectionné six, en accès libre bien sûr. Suivez-nous.

Aurélien Martinez | Mardi 16 mai 2017

Nuit des musées 2017 / Musées en fête : notre sélection

Une nuit portes ouvertes au Musée de Grenoble Un week-end festif dédié aux lieux d'expo de Grenoble et de l'agglo doit forcément prendre en considération le Musée de Grenoble et ses collections impressionnantes qui, on le rappelle une nouvelle fois, rivalisent avec celles des grands musées français – voire internationaux. Et ce même si rien de fou n'est organisé pendant ces deux jours par la vénérable institution. Le musée et son expo temporaire consacrée au peintre Fantin-Latour seront ainsi en accès libre le samedi de 18h30 à minuit et le dimanche toute la journée. C’est déjà ça. À noter tout de même que l’association Musée en musique proposera, le dimanche à 14h30, une « sieste musicale » dans le patio du musée avec le quintette vocal Sparkling Voices, et ce sera en accès libre. Une visite des coulisses au Musée dauphinois Un musée, c'e

Continuer à lire

Musée de Grenoble : « Aller au plus près de la population »

Hors les murs | En 14 ans, le Musée de Grenoble s’est aventuré par douze fois hors de son enceinte. La dernière excursion, qui commence ce mercredi 10 mai, se joue à la bibliothèque Abbaye-les-Bains avec l’exposition "Au rythme des formes". Un programme artistique hors les murs qui connaît un franc succès à chaque fois. Nous avons rencontré Pierre Bastien, médiateur au musée, pour en savoir plus.

Charline Corubolo | Mardi 9 mai 2017

Musée de Grenoble : « Aller au plus près de la population »

Pour sa 12e édition, le projet hors les murs du Musée de Grenoble investit la bibliothèque Abbaye-les-Bains, elle aussi à Grenoble. Quel est l’intérêt d’un tel dispositif ? Pierre Bastien : L’idée est de faire le chemin inverse du chemin habituel : là, c’est le musée qui se déplace avec, à chaque exposition, des œuvres des collections permanentes qui sont exposées dans un lieu de proximité : une bibliothèque de quartier, une MJC, un centre social… L’idée est vraiment d’aller au plus près d’une population qui vit dans un quartier qui n’est pas forcément très fourni en équipements culturels et de toucher des visiteurs qui ne viennent pas au musée pour toutes sortes de raisons. C’est l’occasion d’une rencontre. En quoi cette rencontre est-elle différente de celle vécue au musée ? Si on se contente d’accrocher des œuvres et de dire « venez les voir », ça n’a aucun sens. Le projet hors les murs, c’est à la fois monter une exposition, qui est différente chaque année, et travailler en partenariat avec l

Continuer à lire

Grenoble : zoom sur douze bâtiments phares du XXe siècle

Sélection | Grenoble est une très vieille ville, pleine d’impressionnants vestiges des siècles passés. Mais Grenoble est également une ville en mouvement que les architectes ont continué de façonner au siècle dernier. La preuve en douze monuments phares du XXe siècle, de la fameuse tour Perret au grandiose Musée de Grenoble, en passant par l’imposant Palais des sports ou le moderne (pour l’époque) Hôtel de Ville. Suivez-nous, la visite commence.

Charline Corubolo | Mardi 18 avril 2017

Grenoble : zoom sur douze bâtiments phares du XXe siècle

La tour Perret, phare grenoblois en quête d'avenir Illuminée de bleu en son sommet et révélée une fois par an par les feux d’artifices du 14 juillet, la tour Perret, située en plein parc Paul-Mistral, demeure un emblème grenoblois, à plus d’un titre. Car malgré sa façade grisâtre, l’édifice de presque un siècle, inauguré en 1925 pour l’Exposition internationale de la houille blanche et du tourisme, porte les ambitions modernistes du début du XXe, entre esthétique épurée et béton armé. Mais malgré les prouesses techniques, la tour se dégrade. Un chantier de rénovation va donc être lancé pour redorer le phare Perret. On remonte le fil de l'histoire dans cet article. Des halles au Magasin

Continuer à lire

Quand Clôde Coulpier met « un certain bordel » au Bauhaus

ARTS | Il se joue sur les murs du Bauhaus un bazar visuel déroutant mais captivant. Cet étrange paradoxe plastique a surgi de la tête du Grenoblois Clôde Coulpier, qui expose au bar rue Chenoise un éventail de son travail, sur le fil du chaos. Rencontre avec un artiste du geste.

Charline Corubolo | Mercredi 14 décembre 2016

Quand Clôde Coulpier met « un certain bordel » au Bauhaus

Votre exposition au Bauhaus s’intitule Surrounded by chaos. Pourquoi ce choix ? Clôde Coulpier : C’est le titre d'une de mes photos, celle d'une fille qui joue dans la neige. Le but du jeu était d’entourer cette œuvre de chaos. C’est la première fois que je fais une expo dans un bar et c’est un contexte super compliqué comme ce n’est pas un lieu d’expo. J’aime beaucoup travailler sur l’espace, par contre je ne voulais pas travailler sur quelque chose de contextuel. Et malgré cette difficulté, je ne souhaitais pas prendre une série et juste l’étaler comme ça. C’est presque une expo de pratique, une expo collective tout seul. Du coup, il y a plein de choses. L’image, Surrounded by chaos, c’est la seule image unique, toutes les autres pièces sont issues de séries. Pourquoi travailler par série ? Je ne m’intéresse pas tant au sujet qu’au geste que le sujet me permet. Il va y avoir un geste que j’aime beaucoup faire et qui va me permettre d’avoir du temps pour réfléchir à autre chose. Et c’est le fait de travailler par série ou d’exposer dans un bar qui a abo

Continuer à lire

La Ville de Grenoble va fermer trois bibliothèques

ACTUS | Jeudi 9 juin, Éric Piolle et plusieurs de ses élus ont annoncé publiquement les contours de leur plan dit de « sauvegarde des services publics locaux ». Son but ? Faire des économies, dans tous les domaines.

Jean-Baptiste Auduc | Vendredi 10 juin 2016

La Ville de Grenoble va fermer trois bibliothèques

L’heure est grave. Une bonne partie des élus de la Ville de Grenoble est réunie au douzième étage de la mairie. Corinne Bernard, adjointe aux cultures, a les traits tirés lorsqu’elle annonce les conséquences sur sa délégation du « plan de sauvegarde des services publics locaux ». Certes, les baisses de subventions aux associations culturelles, c’est fini assure l’élue. Mais pas les baisses de financements, tous secteurs confondus – action sociale, petite enfance, accueil des usagers, culture… Objectif : économiser 14 millions d’euros sur les deux prochaines années. Un « plan de refondation » dévoilé à la presse ce jeudi 9 juin qui n’épargne donc pas la culture, domaine qui va faire les frais de cette « frugalité » volontaire. Une des décisions les plus marquantes : le réseau de bibliothèques va être affecté. Trois d’entre elles (sur les quatorze), « les plus petites », vont fermer –

Continuer à lire

Le Greco et sa "Pentecôte" en parade au Musée de Grenoble

ARTS | Jusqu'au 31 juillet, le Musée de Grenoble propose une exposition-dossier sur ce tableau du Greco venu spécialement de Madrid. Zoom sur les coulisses de son arrivée.

Tiphaine Lachaise | Mardi 31 mai 2016

Le Greco et sa

Jusqu’au 31 Juillet, le Musée de Grenoble accueille de façon exceptionnelle un chef-d'œuvre du Greco, peintre crétois du XVIe siècle. Sa Pentecôte est normalement conservée au Prado à Madrid. Tout a commencé par une demande du musée espagnole qui organise une exposition monographique sur le peintre Georges de La Tour. Il se trouve que la toile Saint Jérôme pénitent, sur laquelle le Prado a des vues, se trouve au Musée de Grenoble. « Comme le de La Tour est un tableau très important de nos collections, le directeur du Musée de Grenoble en a profité pour demander un prêt d’un tableau un peu exceptionnel » explique Valérie Huss, conservatrice en charge des collections anciennes. Guy Tosatto choisit La Pentecôte et organise du coup une exposition-dossier événement sur le tableau. Un échange qui n’est pourtant pas unique pour le musée, comme nous l'explique Valérie Huss. « Il y a des centaines de tableaux qui circulent de musées à musées pour les besoins d’expositions. » La pratique est en fait quasi quotidienne au point qu’une régisseuse y soit dédiée – il y aurait entre « 150 ou 200 œuvres, et p

Continuer à lire

Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

ACTUS | Ce jeudi 14 avril aurait dû être inaugurée au Vog, centre d’art municipal de Fontaine, une exposition consacrée à l’artiste Philippe Perrin. Mais elle a finalement été annulée par la Ville au vu du « contexte national et international » ; puis ensuite par l’artiste lui-même quand la mairie a fait machine arrière en imposant plusieurs conditions (« inacceptables » selon lui) à son maintien. On fait le point avec ceux, rares, qui ont bien voulu s’exprimer.

Aurélien Martinez | Mardi 12 avril 2016

Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

Programmée du 14 avril au 14 mai au centre d’art municipal de Fontaine le Vog, l’exposition Sheena is… remix devait présenter le travail de l’artiste Philippe Perrin. Des œuvres mettant en avant « un monde de violence, de rixes, de coups portés à d’innombrables ennemis, à tous même » comme il est écrit en préambule du dossier de presse ; mais « pas seulement ». « Philippe Perrin montre néanmoins, au travers d’une violence de l’humanité, les ambiguïtés du monde. » Des ambiguïtés qui ont dérangé l’équipe municipale de Fontaine qui avait d’abord imaginé interdire l’exposition avant de se rétracter. Forcément, on a tenté de joindre le maire communiste Jean-Paul Trovero pour avoir son point de vue (ou celui de son adjoint à la culture Brice Di Gennaro) : on nous a systématiquement renvoyés vers le communiqué de presse publié la semaine dernière. En voici un extrait : « L’exposition proposée par Philippe Perrin devait reprendre une partie de ses œuvres marquées par la scénarisation et la représentation de l’univers des armes, des codes de la violence et des

Continuer à lire

Les musées à l’assaut des réseaux sociaux

ACTUS | Troisième édition pour la Museum Week, semaine mondiale des musées sur Twitter. Sept jours de partages et de découvertes culturels en ligne qui débutent ce lundi 28 mars. À Grenoble, quatre institutions joueront le jeu. On a rencontré la responsable du projet pour le Musée de Grenoble. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 22 mars 2016

Les musées à l’assaut des réseaux sociaux

Le chiffre clé de cette troisième édition de la Museum Week demeure le même que les années précédentes : 7. Rien de divin dans tout cela, seulement un programme savamment étudié : 7 jours offrant 7 thèmes différents, reconnaissables avec 7 mots-dièse – "hashtags" en anglais et, surtout, dans le langage de Twitter. Mais avant de rentrer dans le vif du virtuel, revenons sur la genèse de ce projet : en 2014, douze musées français se réunissent pour lancer le premier événement culturel mondial sur Twitter. Intitulée Museum Week, pour semaine des musées sur Twitter, l'opération vise à dévoiler au grand public le quotidien et les coulisses des établissements culturels. Un partage qui se fait alors en ligne grâce à des anecdotes, des photographies ou encore des vidéos avec un thème différent chaque jour. Les quatre Grenoblois À Grenoble, pour cette troisième semaine en réseau, on retrouve les mêmes que l’an passé : le Musée de Grenoble, la Casemate, le

Continuer à lire

Le Musée de Grenoble s'offre un Morandi à 1.1 million

ACTUS | Début octobre, le Musée de Grenoble accrochait sur ses cimaises une nouvelle œuvre : une peinture de l'Italien Giorgio Morandi réalisée en 1939 et représentant une "Nature morte". Du coup, le tableau devient l'acquisition la plus chère effectuée par l'établissement.

Charline Corubolo | Jeudi 15 octobre 2015

Le Musée de Grenoble s'offre un Morandi à 1.1 million

Si le papier collé de Pablo Picasso intitulé Verre était jusqu'à présent l’œuvre la plus chère acquise par le Musée de Grenoble, elle vient d'être détrônée mardi 6 octobre par l'entrée dans les collections de la Nature morte de Giorgio Morandi (1939) pour 1.1 million d'euros. Suite à la reconnaissance par le Ministère de la culture de l'intérêt majeur que constitue la tableau pour le patrimoine national, le Musée de Grenoble a sollicité le club des mécènes afin de l'acheter. Club qui a contribué à hauteur de 830 000 euros. Quant à la Ville de Grenoble, elle a également mis la main au portefeuille avec 270 000 euros. Une vente qui pourrait sembler dispendieuse. Pourtant, l'arrivée de cette toile dans les murs du Musée de Grenoble consiste un événement important et nécessaire.

Continuer à lire

Clôde Coulpier : l'univers dans 140 cm³

ARTS | 140 cm³, c'est l'espace dévolu aux artistes exposant dans la vitrine de la galerie Showcase. Pour sa nouvelle exposition, Clôde Coulpier a décidé d'y inscrire (...)

Charline Corubolo | Mardi 22 septembre 2015

Clôde Coulpier : l'univers dans 140 cm³

140 cm³, c'est l'espace dévolu aux artistes exposant dans la vitrine de la galerie Showcase. Pour sa nouvelle exposition, Clôde Coulpier a décidé d'y inscrire l'univers. Autant de galaxies (mé)connues dans l'espace réduit de cette fenêtre ouverte sur le travail du Grenoblois, marqué par l'ambiguïté de l'apparition et de la disparition : le « presque », qu'il soit présent ou absent ; ou encore l'esquisse du vide. Les inexistences solides présentent ainsi quatre pièces récentes de format A4 ou moins, dans lesquelles l'espace est déplacé, capturé, abstrait. D'un geste simple ou laborieux, Clôde Coulpier parvient ainsi à matérialiser tout un ensemble de pensées qui s'expriment de manière protéiforme : découpage, crayonnage, photographie. Et c'est là tout l'intérêt de sa démarche : une grande diversité d'expressions pour une perpétuelle recherche de l'espace et du temps dans l'exécution et la réflexion. Un processus qui prend vie à travers un subtile exercice d'inversion : matérialiser l'univers dans une fenêtre, dévoiler le vide en le remplissant. L'intitulé même de l'exposition renvoie aux œuvres présentées et à l'ensem

Continuer à lire

Deux musées grenoblois s'associent numériquement

CONNAITRE | Certaines œuvres paraissent parfois très éloignées de notre époque ou un brin compliquées à analyser. Le Musée de Grenoble et celui de la Résistance et de la (...)

Charline Corubolo | Mardi 19 mai 2015

Deux musées grenoblois s'associent numériquement

Certaines œuvres paraissent parfois très éloignées de notre époque ou un brin compliquées à analyser. Le Musée de Grenoble et celui de la Résistance et de la Déportation de l'Isère ont trouvé, à l'occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, une solution à la fois ludique et innovante : explorer un tableau numériquement par le biais d'un écran tactile dans chacun des établissements. Pour ce coup d'essai (transformé), c'est la peinture La Guerre (1915) d'Othon Friesz que l'on découvre selon deux angles : l'histoire et l'art. Il faut commencer à la Résistance, ce qui donne un accès gratuit au Musée de Grenoble où se trouve physiquement la toile, pour rentrer historiquement dans l’œuvre en choisissant un des seize détails proposés soit sur le tableau, soit selon une thématique. Une question est alors posée avec un code dont la réponse est donnée dans l'autre musée. Chaque morceau dévoile deux contenus différents selon l'institution, créant un ping-pong culturel. Un dispositif qui permet non seulement d'apprendre mais aussi de pénétrer dans l’œuvre en la « touchant » et en zoomant à souhait, afin de découvrir une multitude d'informations sur ce

Continuer à lire

Guy Tosatto : « Un musée existe par sa collection »

ARTS | Rencontre avec Guy Tosatto, directeur du musée, pour en savoir plus sur l’objectif d'une collection à l'occasion de l'exposition "De Picasso à Warhol - Une décennie d'acquisitions".

Charline Corubolo | Mardi 12 mai 2015

Guy Tosatto : « Un musée existe par sa collection »

À quoi sert une collection ? Elle sert à donner des repères, c’est constitutif d'un musée. C’est-à-dire qu’un musée n’existe que par sa collection. D’ailleurs, à l’origine, ils ont été créés pour abriter des ensembles d’œuvres à la suite de la Révolution française. On a eu cette chance à Grenoble d'avoir un conservateur au début du XXe siècle qui a ouvert la collection à l’art moderne, ça a été le premier en France : Andry-Farcy. Tous ses successeurs ont emboîté le pas en partant de l’existant. C’est cette matière qui va vous guider. Par ailleurs, une collection, c’est aussi ce qui reste après une exposition temporaire, c’est l’élément stable. C'est à partir de cette collection qu’on peut faire un vrai travail dans le temps auprès de nos publics pour les initier aux formes artistiques, que ça soit l’art ancien ou moderne parce que les œuvres sont là et qu’ils peuvent les retrouver. Une collection ne doit donc pas s'arrêter... Effectivement, une collection doit être en mouvement, il faut qu’elle s’enrichisse en permanence d’où la nécessité des acquisitions, d’essayer d'avoir des dons, de continuer à l’élargir la part

Continuer à lire

Blind

ECRANS | D’Eskil Vogt (Norvège, 1h31) avec Ellen Dorrit Petersen, Henrik Rafaelsen…

Christophe Chabert | Mardi 28 avril 2015

Blind

Connu pour avoir coécrit les scénarios de Joachim Trier (bientôt en compétition cannoise avec Louder than bombs), Eskil Vogt se lance ici dans la mise en scène, mais il est vite rattrapé par sa nature d’auteur. En effet, à travers son personnage principal, une femme devenue aveugle qui se met à rêver le monde et les gens qui l’entourent comme une romancière fabriquant des morceaux de fiction, il offre un reflet à peine fantasmé de sa propre situation. Blind se grise de sa structure labyrinthique et de son étrangeté, grillant ses meilleures cartouches au cours de sa première demi-heure : ainsi, tandis qu’Ingrid perd la vue, son mari développe des pulsions voyeuristes, traînant sur YouPorn ou espionnant sa voisine d’en face. Pour faire sentir l’aveuglement, la mise en scène amplifie les autres sens de son héroïne, mais là, Vogt ne fait que reprendre la plupart des idées développées par Meirelles dans son sous-estimé Blindness. Au bout d’un moment, le procédé lasse, le film patinant dans ses mises en abyme glaciales et son petit traité cérébral sur

Continuer à lire

« Friend request » du Musée de Grenoble

ACTUS | On a beau être reconnu comme l’un des plus beaux musées d’Europe et se vanter de toucher à tous les styles artistiques et toutes les époques majeures de (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 24 octobre 2014

« Friend request » du Musée de Grenoble

On a beau être reconnu comme l’un des plus beaux musées d’Europe et se vanter de toucher à tous les styles artistiques et toutes les époques majeures de l’art, on en reste pas moins comme tout le monde : on a besoin de l’affection d’amis attentionnés. Nichés au cœur du musée, et travaillant en étroite collaboration avec les conservateurs du lieu, les Amis du Musée de Grenoble offrent ainsi tout leur amour à l’institution, et ce depuis 1987. Sauf que ces fameux Amis du Musée aimeraient bien que tout le monde soit au courant de leur existence et de leurs nombreuses activités – conférences, ateliers, visites privées, voyages culturels... Notamment les jeunes adultes, cible qu'ils ont plus de mal à toucher. Hervé Storny, le président de l’association, et la secrétaire générale Annie Panel nous ont donc sollicités pour lancer une « invitation » amicale à de nouveaux publics. On a dit oui, parce que comme eux, on adore le Musée de Grenoble.

Continuer à lire

Aux arts, étudiants

ARTS | Étudiant, viens donc faire le plein de culture afin d'éviter que ton cerveau ne se transforme en marmelade anglaise. Pour cela, rendez-vous au Musée de (...)

Charline Corubolo | Mardi 7 octobre 2014

Aux arts, étudiants

Étudiant, viens donc faire le plein de culture afin d'éviter que ton cerveau ne se transforme en marmelade anglaise. Pour cela, rendez-vous au Musée de Grenoble le mercredi 15 octobre avec ta carte étudiante et zéro euro en poche pour la soirée gratuite "Osez le musée". L'idée est de partir à la découverte des différents métiers de ce temple de l'art, du conservateur au documentaliste en passant par le technicien, au gré de déambulations libres dans les différentes salles. Cet événement, coup d'envoi de la saison étudiante 2014/2015 du musée, se terminera autour d'un verre. Et puisqu'il vaut mieux prévenir que guérir, et que tu ne veux pas risquer que ta matière grise ne devienne du pudding, rendez-vous aussi sur la fac. Organisé par le service culture de l'Université Grenoble Alpes (renseignement au 04 76 81 61 90), "Campus des arts" propose à l'année des visites guidées et gratuites afin de découvrir les 40 sculptures dissimilées sur le campus. Tu pourras y croiser la trace de Venet, Morellet ou encore Leveque, qui ne sont pas des noms d'oiseaux mais bien des artistes contemporains.

Continuer à lire

En bref

ACTUS | Quoi de neuf ? Du côté de la mairie Début septembre, nous avions rencontré Corinne Bernard, nouvelle adjointe aux cultures de Grenoble, pour causer avec (...)

Aurélien Martinez | Mardi 30 septembre 2014

En bref

Quoi de neuf ? Du côté de la mairie Début septembre, nous avions rencontré Corinne Bernard, nouvelle adjointe aux cultures de Grenoble, pour causer avec elle de la future politique culturelle de la municipalité. On avait publié l’intégralité de l’interview, en gardant seulement sous le coude les questions relatives aux arts plastiques. Les voici ! Sur la demande du directeur du Musée de Grenoble quant à la construction d’une nouvelle aile dédiée au XXIe siècle, l’élue l’entend mais assure que si ça se fait, ce sera au niveau de la communauté d’agglo – donc pas tout de suite vu que la compétence culturelle de la Métro n’est toujours pas actée! Corinne Bernard explique aussi réfléchir avec le musée à des résidences d’artistes – « notre équipe est plus sur l’aide aux artistes vivants ». Sur les artistes vivants grenoblois justement, elle assure qu

Continuer à lire

Musée de Grenoble : J’ai 20 ans

ACTUS | Le 29 janvier 1994 était inauguré le flambant neuf Musée de Grenoble. Pour célébrer cet anniversaire, quatre jours de gratuité et d’animations sont organisés. Mais avant de se (re)plonger dans l’une des plus impressionnantes collections d’œuvres d’art en Europe, on est allés poser quelques questions à Guy Tosatto, actuel directeur des lieux. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 24 janvier 2014

Musée de Grenoble : J’ai 20 ans

Le Musée de Grenoble a vingt ans. Enfin, le bâtiment actuel, puisque le musée, lui, date de 1798. Mais plus qu’un changement de maison (au revoir la place de Verdun et ce que l’on appelle aujourd’hui l’Ancien Musée de peinture), ce déménagement a surtout été synonyme de « cap » comme l’explique Guy Tosatto, directeur des lieux depuis 2002. « Ça a représenté un bond en avant dans la présentation des collections. » Le nouvel espace, trois fois plus important que l’ancien (18 000 mètres carrés), a permis de sortir bon nombre d’œuvres des réserves. « Aujourd’hui, tous les chefs-d’œuvre sont bien là pour ce qui est de l’art ancien et de l’art moderne [Rubens, Courbet, Renoir, Matisse... – ndlr]. Pour l’art contemporain, c’est plus discutable, car la notion de chef-d’œuvre évolue avec le temps. » Dans ce domaine, quelque 900 pièces sont exposées, avec un système de rotation. Ce qui est tout de même insuffisant aux yeux du directeur, qui aimerait à l’avenir disposer d’une nouvelle aile uniquemen

Continuer à lire

Musée en fête

ARTS | L’exposition Sigmar Polke, au Musée de Grenoble, finira de la meilleure des façons avec la célébration des 20 ans du bâtiment à la fin du mois de janvier. Pour (...)

Charline Corubolo | Vendredi 10 janvier 2014

Musée en fête

L’exposition Sigmar Polke, au Musée de Grenoble, finira de la meilleure des façons avec la célébration des 20 ans du bâtiment à la fin du mois de janvier. Pour l’occasion, de nombreuses animations sont prévues du jeudi 30 janvier au dimanche 2 février, pour la majorité gratuites. Visites commentées, ateliers ou encore projections, autant de manifestations qui permettront de découvrir l’importante collection du musée, avec pas moins de 900 œuvres. Allant des fonds d’antiquités égyptiennes jusqu’à l’art contemporain, la diversité est au rendez-vous et l’accent est mis sur l’histoire de la peinture occidentale du XIIIe au XXIe siècle, avec l’un des ensembles les plus denses d’Europe. Pour prolonger votre soif de découverte, le cycle consacré au cabinet graphique mis en place en 2010 reprendra en mars avec pour thématique cette fois les dessins nordiques. L’exposition La pointe et l’ombre mettra en lumière les plus belles feuilles de maîtres de Rembrandt à Ridinger. Un trait qui se balade du XVIe à la fin du XVIIIe siècle, pour un panorama qui s’annonce riche.

Continuer à lire

Un centre d'art, késaco?

ACTUS | Mac, Frac ou encore Cnac sont autant d'acronymes qui définissent des lieux d’exposition pour la création contemporaine. Mais en quoi sont-ils différents ? (...)

Charline Corubolo | Lundi 9 décembre 2013

Un centre d'art, késaco?

Mac, Frac ou encore Cnac sont autant d'acronymes qui définissent des lieux d’exposition pour la création contemporaine. Mais en quoi sont-ils différents ? Alors qu’un Musée d’art contemporain (comme celui de Lyon, très réputé) et un Fonds régional d’art contemporain (celui de la région Rhône-Alpes est à Villeurbanne ) ont pour vocation d’établir une collection, un Centre national d’art contemporain (comme le Magasin à Grenoble), ou tout simplement un centre d’art, a pour objectif premier d’être un lieu d’expérimentation et de production, et non un espace de conservation (il n'y a donc pas de collections). Sous l’impulsion d’initiatives personnelles et de la loi de décentralisation de l’art de Jack Lang au début des années 1980, ces vitrines artistiques se sont multipliées. Aujourd’hui, la majorité des centres d’art sont de type associatif et peuvent être en régie directe avec la région, le département ou même la municipalité (comme c'est le cas au Vog et à l'Espace Vallès), ce qui leur permet d’être en partie subventionnés par la ville ou même l’État. Des lieux d’exposition qui ne se contentent pas de promouvoir seulement des artistes locaux, mais

Continuer à lire

Artistes en Vog

ARTS | On aime, et le Vog nous y invite chaque année, découvrir un artiste en quelques œuvres, presque en un clin d'oeil qui peut ensuite, et selon l'envie, se (...)

Aurélien Martinez | Lundi 30 septembre 2013

Artistes en Vog

On aime, et le Vog nous y invite chaque année, découvrir un artiste en quelques œuvres, presque en un clin d'oeil qui peut ensuite, et selon l'envie, se prolonger en plus longues et profondes contemplations. Le centre d'art de Fontaine ouvre sa saison avec le Dijonais Didier Marcel (jusqu'au 26 octobre) découvert notamment pendant la Biennale de Lyon 2003 avec son installation faite d'une voiture et de maquettes architecturales... Au Vog, il présentera d'étonnants « paysages », soit deux moulages monumentaux d'un champ de maïs repeints en rouge ! L'artiste aime à brouiller les frontières entre l'artificiel et le naturel, l'œuvre et le prélèvement brut d'éléments du réel... Le plus humoristique des vidéastes, le Grenoblois Samuel Rousseau, lui succèdera avec ses petites installations d'images mouvantes, entre drôlerie et poésie, matériaux « cheap » et trouvailles techniques (du 21 novembre au 21 décembre au Vog et aussi à l'Espace Vallès à Saint-Martin d'Hères). Plus tard dans la saison, nous vous conseillons particulièrement l'exposition de David Lefebvre (du 15 mai au 28 juin). L'artiste travaille à partir d'ima

Continuer à lire

Un été au Musée de Grenoble

ARTS | Rendez-vous sur le Facebook du Petit Bulletin à partir du 1er août

Aurélien Martinez | Mardi 23 juillet 2013

Un été au Musée de Grenoble

Les expos temporaires des musées, c’est bien. Elles permettent de mettre en avant un artiste, un courant, une thématique... Au fil des semaines, le Petit Bulletin vous propose donc des critiques sur les expositions qui font l’actualité dans la région. Mais ces événements spéciaux ne doivent pas faire oublier qu’un musée, c’est aussi des collections permanentes, visibles à l’année. Cet été, nous avons donc décidé de mettre en avant des œuvres piochées dans les collections du Musée de Grenoble, sans doute l’un des plus importants et passionnants musées de France (voire d’Europe). À partir du 1er août, découvrez tous les deux jours sur le Facebook du Petit Bulletin, à midi pile, un zoom sur l’un des trésors connus et moins connus qui ont attiré notre attention et attisé notre curiosité… De Fantin-Latour à Matisse, en passant par Soulages et Warhol, le musée regorge de pièces maîtresses de l’histoire de l’art. Suivez-nous sur Facebook pour découvrir au fil des jours notre sélection. Et que les récalcitrants au réseau social se rass

Continuer à lire

Partenaires particuliers

ACTUS | En décembre dernier, le Musée de Grenoble a enrichi sa collection d'art moderne avec le petit format en papier collé "Verre" de Pablo Picasso. Une acquisition impossible sans le soutien de son Club de mécènes qui a financé l'achat de cette toile rare et onéreuse (750 000 euros) pour plus des deux tiers. Coup de projecteur sur ce modèle de partenariat privé, devenu un atout puissant du musée et un exemple de mécénat qui fait ses preuves. Christine Sanchez

Christine Sanchez | Lundi 14 janvier 2013

Partenaires particuliers

C'est en 2010 que le Club des mécènes du Musée de Grenoble a vu le jour, à l'initiative du député maire Michel Destot qui a voulu fédérer les principaux entrepreneurs investis sur le territoire local pour mettre en place un pôle de partenaires privés et favoriser le rayonnement culturel de la ville. Depuis, ce club fonctionne « en harmonie » avec la direction du Musée, sous la présidence du grand industriel lyonnais Alain Mérieux. Composé de trois membres fondateurs (bioMérieux, la Caisse d'Epargne Rhône-Alpes, la Fondation Schneider Electric) et de deux partenaires (Le Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes, Soitec), il a deux objectifs majeurs : acquérir de nouvelles œuvres d'art et accroître la visibilité régionale et nationale du Musée. Des missions bien remplies, selon Danièle Houbart, chargée du mécénat au Musée de Grenoble. « Ce mécénat d'entreprise est un plus financier de poids, sans lequel les acquisitions des deux grandes œuvres que sont Le Songe de Jacob de Gioacchino Assereto et le collage cubiste Verre de Pablo Picasso n'auraient pas été imaginables. Le Club nous permet encore d'atteindre d'autres publics, en allant bien au

Continuer à lire

Awards 2012 expo

ARTS | L’award de la meilleure exposition : Philippe Cognée au Musée de Grenoble Le Musée de Grenoble est un joyau local (voire plus), dirigé par un Guy Tosatto qui (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 décembre 2012

Awards 2012 expo

L’award de la meilleure exposition : Philippe Cognée au Musée de Grenoble Le Musée de Grenoble est un joyau local (voire plus), dirigé par un Guy Tosatto qui sait concevoir des expositions intelligentes sur des figures passionnantes de l’histoire récente de l’art. La dernière en date, visible jusqu’au 3 février, met en avant l’œuvre singulière de Philippe Cognée, peintre français qui s’inscrit dans la lignée d’artistes comme Gerhard Richter, exposé quant à lui en 2009. Un travail précieux très habilement mis en espace. Étaient également en lice pour obtenir ce (prestigieux) prix : Marc Desgrandchamps au Vog, Kimura au Musée Hébert (jusqu’au 6 janvier 2013), et

Continuer à lire

Et vogue le Vog

ARTS | Le Vog est un centre d’art créé par la ville de Fontaine en 2005, fruit d’un « volonté politique » coriace dans une période peu favorable… S’il dépend (...)

Laetitia Giry | Mercredi 28 novembre 2012

Et vogue le Vog

Le Vog est un centre d’art créé par la ville de Fontaine en 2005, fruit d’un « volonté politique » coriace dans une période peu favorable… S’il dépend financièrement de cette municipalité, cela ne limite pas pour autant la liberté fondamentale présidant à un centre de ce type : celle de choisir sans restriction ni commande, de construire sa ligne et son identité. D’autant qu’à l’argent de la ville s’ajoute celui provenant du mécénat privé (depuis l’an passé seulement), le tout pérennisant un aspect essentiel de son fonctionnement : l’absence totale d’intérêt financier. S’il leur arrive de « mettre en lien les collectionneurs et les artistes », Marielle Bouchard (programmatrice du lieu depuis octobre 2006) précise : « on n’est pas là pour vendre et on ne prend évidemment aucune commission. » Les artistes exposés bénéficient quant à eux d’une « aide à la production » ainsi que d’une valorisation par l’édition d’un catalogue, mais pas d’aucune rémunération à proprement parler. Choisis en fonction « de l’expérimentation qu’ils font de l’art contemporain », ils peuvent être confirmés (comme

Continuer à lire

Collections à Durée Indéterminée

ARTS | C’est le propre des collectionneurs dans le domaine privé, et celui des musées dans le domaine public : préserver et acquérir les œuvres d’art qui, au fil du temps, constituent les témoins de l’évolution des civilisations. A Grenoble, plusieurs musées tiennent ce rôle fondamental, mis en lumière lors d’évènements comme celui de la Nuit des musées de ce week-end… Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 14 mai 2012

Collections à Durée Indéterminée

Le statut de l’objet d’art par rapport aux autres productions artistiques est de fait particulier. Le théâtre et la danse offrent une œuvre qui correspond à un moment et ne peut qu’être éphémère, le cinéma s’appréhende par l’intermédiaire d’un support qui enregistre et diffuse, la musique propose les deux à la fois… L’œuvre plastique, elle, est par définition matérialité suprême, à laquelle l’homme confère un certain sens, une certaine forme. A partir de ce postulat, les phénomènes de vente, échange et conservation de ces objets deviennent les pendants de leur création. Legs, dons, achats, vols, confiscations : chaque époque voit se développer des intérêts différents, se cristalliser des problématiques nouvelles, un marché de l’art à son image (comme le prouve la bulle spéculative de nos temps voraces et démesurément fascinés par l’argent). Les collections peuvent se vanter d’être un véritable patrimoine et un outil d’absorption du contemporain. Et, malgré les évolutions incessantes, persiste une certitude : celle de toucher là à un enjeu de civilisation, autant culturel qu’essentiel. Le privilège grenoblois Si le Musée de Grenoble jouit d’une réputation nation

Continuer à lire

Vertigo

ARTS | Le Magasin est envahi cet hiver par l’esprit, la fougue non-contenue et les délires incontrôlés de Lili Reynaud-Dewar, une artiste déterminée et déterminante dans le paysage de l’art contemporain militant. Une exposition à voir malgré son relatif – et paradoxal – mutisme. Laetitia Giry

Aurélien Martinez | Mardi 7 février 2012

Vertigo

Reconnaissons tout de suite que ce à quoi l’on a affaire relève d’une absolue cacophonie. Bavarde à l’extrême sur son travail, Lili Reynaud-Dewar (artiste française née en Bretagne en 1975 et vivant à Paris) place manifestement le dire avant le faire. Les objets exposés, elle les récupère, les déplace, les dispose, mais ne les crée pas. Ce qu’elle crée ? Une nouvelle fonction par « l’émancipation de la fonction » première. Dans le monde sur-référencé et sur-pensé qu’elle déploie : on trouve les germes des motivations qui l’animent, les traces des pensées qu’elle mue en autant de combats. Corédactrice en chef de la revue féministe Petunia, elle a notamment participé à l’exposition elles@centrepompidou en 2009 – étape salutaire ayant fait grand bruit à raison. Ici, chaque salle est numérotée et abrite un capharnaüm de formes qui parfois enthousiasment, quelques fois désespèrent, mais dont la réunion interpelle. Nuée politisée C’est bien l’idée d’une lutte politique contre les discriminations qui vient gouverner les agencements des innombrables éléments convoqués par Lili pour former ce tout protéiforme, vomissant ses rages dans le bruit

Continuer à lire

Au musée comme à la maison

ARTS | Lili Reynaud-Dewar s’affirme en femme de son temps et donne au passage un coup de vieux à Virginia Woolf et sa Chambre à soi. Dans son exposition Ceci est (...)

François Cau | Mardi 10 janvier 2012

Au musée comme à la maison

Lili Reynaud-Dewar s’affirme en femme de son temps et donne au passage un coup de vieux à Virginia Woolf et sa Chambre à soi. Dans son exposition Ceci est ma maison/This is my place montrée au Magasin à partir du 4 février, l’artiste française née en 1975 soutient l’idée que la propriété immobilière et les impératifs économiques et de maintenance qui l’accompagnent sont une entrave au développement de la pratique artistique de la femme. Pour elle, ce sont les lieux d’exposition qui tiennent place de maison : alors, pourquoi ne pas les meubler et les habiter ? C’est ce qu’elle fera, au moins symboliquement, au Magasin, après avoir imaginé une suite de pièces figurant des espaces à la fois mentaux et domestiques où se confronteront son histoire intime et l’histoire collective. L’exposition regroupera des sculptures et vidéos qu’elle a réalisées ces dernières années, mais aussi une nouvelle œuvre née d’une réflexion sur la Baker House, projet de l’architecte Adolphe Loos pour la danseuse Joséphine Baker.

Continuer à lire

Au-delà du réel

ARTS | La photographe Delphine Balley qui avait notamment été sélectionnée lors de l’Exposition de Noël du Magasin en 2008, revient dans l’agglo pour une exposition (...)

François Cau | Mardi 10 janvier 2012

Au-delà du réel

La photographe Delphine Balley qui avait notamment été sélectionnée lors de l’Exposition de Noël du Magasin en 2008, revient dans l’agglo pour une exposition cette fois-ci personnelle à l’Espace Vallès. La particularité de l’artiste est d’inviter le mystère et le fantastique dans un univers a priori banal. Ainsi pendant plusieurs années, elle a photographié sa propre famille et tiré de ce travail plusieurs séries qui ont fait l’objet de diverses expositions à Reims, Lyon ou Paris. Loin de l’album de famille classique, ses portraits sont frappés d’étrangeté grâce à une subtile mise en scène. Après avoir transfiguré ses proches en personnages fabuleux et troublants, elle utilise son goût de l’insolite pour transformer l’Espace Vallès en temple du rêve et de l’imagination. Dans sa série Théâtre de l’esprit qui y sera présentée à partir du 20 janvier, elle s’approprie des maisons désertées mais imprégnées d’histoires et y crée un décor qui va réveiller une mémoire obscure et latente.

Continuer à lire

Awards 2011 exposition

ARTS | L’award de l’expo blockbusterLe hors-les-murs du fameux et parisien Centre Pompidou sur Chagall et l’avant-garde russe (il ne fallait pas oublier la (...)

François Cau | Lundi 19 décembre 2011

Awards 2011 exposition

L’award de l’expo blockbusterLe hors-les-murs du fameux et parisien Centre Pompidou sur Chagall et l’avant-garde russe (il ne fallait pas oublier la seconde partie du titre, sous peine d’être terriblement déçu) a été l’un des grands évènements de l’année culturelle grenobloise – à l’image de ceux qui attirent les foules dans les grands musées parisiens. Il permit d’approcher au mieux l’univers foisonnant de l’artiste, et de contextualiser son art singulier à travers « un dialogue fertile » comme nous l’expliquait en mars dernier Angela Lampe, conservatrice à Beaubourg et co-commissaire de l’exposition. L’award de l’éléganceÉlégance et sobriété sont deux qualificatifs qui conviennent parfaitement à l’univers du peintre Jean-Frédéric Coviaux, que l’on a pu découvrir en février dernier à l’Espace Vallès de

Continuer à lire

Tirer à la ligne

ARTS | À l’occasion des trois expositions présentées au Musée de Grenoble, on a rencontré Guy Tosatto, le maître des lieux, pour évoquer avec lui plusieurs sujets d’actualité touchant de près son établissement. Magnéto. Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 4 novembre 2011

Tirer à la ligne

Oui, c’est la crise, tout le monde est au courant. Et en cette période d’incertitudes prolongée, la culture n’est pas forcément en odeur de sainteté. Le contexte isérois est à ce titre un exemple probant d’un certain malaise, les acteurs culturels du département (principalement dans le domaine du spectacle vivant) étant fortement mobilisés contre des pouvoirs publics jugés démissionnaires – le conseil général en tête (même si la situation s’est récemment décantée, le département ayant en partie rattrapé ses baisses de subventions pour la plupart des structures – sauf pour celles de la MC2, de la Chambre Philharmonique ou encore des Musiciens du Louvre). Le constat est-il le même au Musée de Grenoble, mastodonte local au rayonnement national ? « Les inquiétudes sont là, comme pour tout le monde » explique le directeur Guy Tosatto, qui l’assure : « le monde des musées est aussi touché. Je n’ai encore jamais rencontré de collègue qui ne me dise pas qu’il a des problèmes soit de réduction budgétaire, soit de réduction d’effectifs. C’est donc un phénomène général, à la fois d’ampleur nationale et internationale. Je rentre des États-Unis, et je vous assure que mes collègu

Continuer à lire

Dessins, saison 2

ARTS | Après les feuilles de l’école italienne, voici le fonds graphique français. Le musée de Grenoble présente le deuxième volet de son triptyque consacré aux collections de dessins anciens, avec une exposition très dense et exigeante. REINE PARIS

François Cau | Vendredi 4 novembre 2011

Dessins, saison 2

Un véritable travail de fourmi est à l’origine de l’exposition « L’idée et la ligne ». Pendant près de quatre ans, les mille dessins appartenant au fonds graphique français du musée et issus en grande partie du legs Mesnard ont été étudiés pour qu’en soient finalement extraites cent vingt-cinq feuilles. Quand on y songe, l’élagage a été sévère. Et pourtant, à la fin de l’exposition, le visiteur néophyte se sent légèrement écrasé par le nombre d’œuvres qu’il a vues et il ressortira avec un torticolis s’il a soigneusement lu les textes explicatifs – par ailleurs clairs et synthétiques –, inscrits très haut pour quiconque n’est pas un joueur de basket (ce qui n’est pas le cas de l’auteur de ces lignes). Présentées de manière chronologique, les feuilles s’échelonnent sur trois siècles et offrent l’avantage de montrer comment le dessin s’est autonomisé alors qu’il n’était au départ qu’un outil d’étude, le parent pauvre de la peinture en quelque sorte... Vouet, David et les autres C’est tout l’ennui avec les dessins : le plus souvent, ils sont riquiquis et faits de mille et un détails minuscules qu’il devient difficile d’apprécier en restant debout d

Continuer à lire