Enquête au siècle d'Hector Berlioz

ACTUS | L'été 2014, une découverte extraordinaire est faite sur la toile : en Normandie sommeille le piano du compositeur français Hector Berlioz. Désormais installé dans le musée du même nom à la Côte-Saint-André, la réapparition de l'instrument est digne d'une enquête policière. Retour sur une acquisition à rebondissements.

Charline Corubolo | Mardi 7 juillet 2015

Photo : Tomas Bozzato


L'histoire commence en novembre 1847 alors qu'Hector Berlioz se trouve à Londres. Sa maîtresse la cantatrice Marie Recio achète un piano Érard sous le nom de Madame Berlioz. Les coquins se marient quelques années plus tard et, au décès de la vocaliste, puis de sa mère, Berlioz hérite du piano. Avant de finir lui aussi six pieds sous terre, le compositeur prit soin de léguer l'objet à son ami et mécène Édouard Alexandre. On est alors en mars 1869.

Puis le piano se volatilise, jusqu'au fameux été 2014 durant lequel une vente sur le site internet Le Bon Coin affole le net. Une Normande souhaite se débarrasser d'un piano, dont Emmaüs ne veut pas, pour la somme de 800 euros. Mais pas folle la guêpe tout de même, elle mène une enquête et découvre qu'il s'agit du piano d'Hector Berlioz grâce au numéro de série 19972 inscrit sur les touches. Elle fait alors grimper le prix, consciente de la forte valeur patrimoniale de l'instrument, et contacte le musée Hector Berlioz à la Côte-Saint-André pour lui faire une offre. C'est alors qu'un bras de fer s'engage et qu'un comité d'experts est réuni pour valider les dires de la dame.

Tout est bien qui finit Berlioz

Chantal Spillemaecker, conservatrice au musée Hector Berlioz, consulte archives, correspondances et registres du fabricant pour attester de l'appartenance de ce piano au compositeur français. Mieux qu'une lumière noire, ces éléments deviennent des indices solides. À ce dossier déjà bien ficelé s'ajoute un portrait d'Hector Berlioz devant l'instrument réalisé par Melchior Blanchard en 1865. La preuve est faite, la conservatrice n'a plus qu'à plaider sa cause devant une commission d'acquisition. Un accord est passé à 55 000 euros comprenant la restauration de l'objet et son déplacement jusqu'au musée

Aujourd'hui installé dans le grand salon devant le fameux tableau, le piano n'est pas seulement un instrument qui peut restituer la pureté et l'intensité du son d'alors, c'est aussi le symbole de la vie musicale du XIXe siècle, un emblème de l'âge d'or de la manufacture Érard dans toute l'Europe et un témoin d'innovations techniques qui ont influencé la manière de composer la musique de tout un siècle. Oui, rien que ça, et c'est un dossier classé à découvrir au musée Hector Berlioz.


La musique, du phonographe à Internet


Musée Hector-Berlioz 69 rue de la République La-Côte-Saint-André
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L'enfance de Berlioz

ESCAPADES | Sa majorité acquise, le jeune Hector Berlioz quitte le cocon familial pour voler de ses propres symphonies dans la capitale. Mais avant sa prestigieuse vie de compositeur, il a vécu, étudié et aimé à la Côte-Saint-André. Son domicile natal a été transformé en maison-musée, pour un retour aux sources Berlioz. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 12 avril 2016

L'enfance de Berlioz

Fils du docteur Louis Berlioz et de Marie-Antoinette-Joséphine Marmion, Hector Berlioz voit le jour en décembre 1803 à la Côte-Saint-André. Il y passe ses premières années jusqu'à son adolescence. Dans la maison familiale aux notes bourgeoises, le futur compositeur commence à développer son amour de la symphonie. Il prend ses premières leçons de musique vers 1815 et tombe, par la même occasion, amoureux d'Estelle Duboeuf, « la nymphe, l'hamadryade du Saint-Eynard, des vertes collines de Meylan », qui recroisera son chemin en 1862. En 1821, il est promu bachelier des lettres à Grenoble, puis monte à la capitale pour ses études. Les partitions, les succès et les amours s’enchaînent pour Hector entre Paris, Rome et la Russie jusqu'à son décès le 8 mars 1869. Madeleine de Berlioz Près de deux siècles plus tard, la maison-musée Hector Berlioz conserve, avec âme, les traces du musicien. Si certains meubles de l'époque ont disparu, d'autres ont été récupérés dans les anciennes demeures du compositeur. Une reconstitution presque fidèle, jusque dans la décoration copiée sur les intérieurs bourgeois

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Une affaire patrimoniale #1 : le piano d'Hector Berlioz

ESCAPADES | Dans le cadre d'une mise en valeur de la richesse patrimoniale des musées départementaux, Le Petit Bulletin est parti à la recherche des trésors plus ou moins cachés de ces institutions. Pour cette première investigation, notre web-série "Une affaire patrimoniale" se concentre sur l'histoire rocambolesque du piano d'Hector Berlioz conservé depuis 2015 dans le musée du même nom à la Côte-Saint-André.

Charline Corubolo | Jeudi 18 février 2016

Une affaire patrimoniale #1 : le piano d'Hector Berlioz

Une vidéo réalisée par Le Petit Bulletin et Tomas Bozzato. Retrouvez notre article sur le sujet publié en juillet 2015.

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Berlioz sur MP3

ARTS | La Côte-Saint-André, en Isère, à mi-chemin entre Grenoble et Lyon, est la ville qui a vu naître le compositeur Hector Berlioz : normal donc qu’elle s’en (...)

Aurélien Martinez | Mardi 15 juillet 2014

Berlioz sur MP3

La Côte-Saint-André, en Isère, à mi-chemin entre Grenoble et Lyon, est la ville qui a vu naître le compositeur Hector Berlioz : normal donc qu’elle s’en enorgueillisse, avec un festival de musique (cette année du 21 au 31 août – article sur notre site) et une maison-musée à son nom – il y est né en 1803 et y a grandi pendant 18 ans. Un musée classé monument historique en 1942 (la bâtisse, superbe, a été réhabilitée en 2003) qui vient de dévoiler une nouvelle exposition temporaire : La musique, du phonographe à Internet. Un voyage au cœur d’une Histoire où les Hommes ont toujours cherché à capturer les sons. Conserver la musique : un rêve sans doute pour beaucoup de musiciens du passé, devenu aujourd’hui réalité. L’exposition retrace les inventions majeures des deux derniers siècles, partant des phonographes en passant par les juke-boxes, les tourne-disques ou encore les très actuels MP3. On découvre ainsi grâce à Chantal Spillemaecker, conservatrice en chef du musée, plusieurs faits historiques : c’est par exemple en 1903, soit plus de trente ans après la mort de Berlioz, que le public a enfin pu entendre sur cylindre les premières parties chantées de la Dam

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