Notre sélection de Noël : le livre à offrir à...

ACTUS | Après une première orientée spectacles et concerts (l’article est toujours en ligne sur notre site), voici notre deuxième (et dernière) sélection de cadeaux de Noël, cette fois dédiée aux livres culturels au sens large – BD, art, cinéma, musique, mode… Oui, il y en a pour tous les goûts. La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 15 décembre 2015

Ceux qui sont encore des enfants

Depuis la dernière édition du Mois du graphisme d'Échirolles, il a ravi nos yeux. Yann Legendre n'est pas seulement un graphiste de talent, c'est aussi un graphiste à l'âme d'enfant. Âme que l'on retrouve dans son ouvrage dédié aux contes des frères Grimm, avec une sélection d'une vingtaine d'histoires qui ravissent les yeux grâce à des illustrations poétiques. De quoi, selon l'expression consacrée, enchanter petits et grands.

Grimm, contes choisis (Édition Textuel), 29€

Ceux qui aiment la BD de patrimoine

Bientôt 70 ans que Lucky Luke tire plus vite que son ombre – ce qui fait un paquet de palissades endommagées (et d'enfants non reconnus). Pour fêter l'événement, Dargaud a passé commande d'hommages à des auteurs singuliers (dont l'hilarant Bouzard). Il a surtout édité cette indispensable monographie de Morris, le génial créateur de ce truculent western – auquel le prochain festival d'Angoulême consacrera une exposition. Morris qui fut aussi, soit dit en passant, le premier à employer, en toute légitimité, l'expression « neuvième art ».

L'Art de Morris (Éditions Dargaud), 45€

Ceux qui ne sont pas très cinéma mainstream

Nanarland, c'est depuis 2001 « le premier site web entièrement dédié aux nanars, ces films tellement nuls qu'ils en deviennent hilarants ». Mais voici que la vaillante équipe de cinéphiles déviants émergée à Grenoble a voulu passer à l'étape supérieure avec un livre, bel objet présenté sous forme de cassette VHS. Soit une cinquantaine de chroniques pour la plupart inédites, regroupées par thèmes de prédilection – chefs-d'œuvre du genre, remakes non officiels, monstres, super-héros, films d'horreur, films polissons et cinéma « d'auteur ». Une véritable plongée en apnée dans une histoire parallèle du cinéma.

Nanarland - Le livre des mauvais films sympathiques (Éditions Ankama), 19, 90€

Ceux qui veulent tout savoir sur la mode

Véritable pied de nez aux cultures dominantes et institutionnelles, ce beau livre de Daniele Tamagni mêlant photographies et interviews s'intéresse aux différentes formes de modes et cultures urbaines venues des pays émergents : rockers du Botswana, hipsters de Johannesburg, dandys du Congo, lutteuses de Bolivie, jeunesse cubaine bling-bling… À travers des styles vestimentaires souvent ébouriffants, ce sont toutes les contradictions du monde moderne (élégance vs kitsch, luxe vs pauvreté, tradition vs modernité, globalisation vs cultures locales) qui apparaissent ainsi sous nos yeux.

Global Style Battles (Éditions La Découverte), 35€

Ceux qui apprécient Grenoble en noir et blanc

Greffier et photographe amateur, le Grenoblois Joseph Apprin (1859-1908) a réalisé de nombreux clichés en noir et blanc de l'ancienne capitale du Dauphiné. Des images à découvrir en ce moment au Musée de l'Ancien Évêché et/ou à déposer au pied du sapin sous la forme d'un superbe livre dans lequel les photographies s'affichent en pleine page selon plusieurs sections : promenades en Isère, Grenoble intra-muros, la campagne grenobloise... Magnifique.

Le spectacle des rues & des chemins, Joseph Apprin Photographies 1890-1908, en vente au Musée de l'Ancien Évêché, 16€

Ceux qui s'intéressent de près ou de loin au rap français

S'il y a bien un style musical sur lequel personne n'arrive à tomber d'accord, c'est celui du rap français. Traité uniquement sous un angle sociétal par les médias grand public et avec mépris par certains ; sujet de discussion sans fin entre puristes de l'âge d'or et amateurs de modernité, fans de rap hardcore et défenseurs du rap conscient… Loin de ces querelles de clocher, Mehdi Maizi, journaliste pour le magazine L'Abcdr du son, privilégie à travers une sélection de 100 albums une approche exhaustive, pédagogique, instruite et passionnée qui devrait (enfin !) faire l'unanimité.

Rap français, une exploration en 100 albums (Éditions Le Mot et le Reste), 21€

Ceux qui adorent explorer la musique sous toutes ses coutures

Revue de critique musicale annuelle prenant la forme d'un élégant livre de poche, Audimat a pour objectif de « rendre compte de la situation actuelle de la pop music, et l'éclairer par son histoire ». Au programme de chaque numéro, sept ou huit articles de fond couvrant des sujets diversifiés au possible (pop, rock, disco, funk, soul, rap, musiques électroniques, variété…) sous des angles toujours surprenants, portés par une écriture pointue, érudite, passionnée, mais jamais jargonneuse ou universitaire. Une véritable oasis de fraîcheur.

Revue Audimat N°4, disponible à la Librairie du Magasin, 10€

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Les 10 expos à voir ou revoir cet été

ARTS | On en a parlé lors de leur vernissage ; on en remet une couche cet été comme elles sont toujours à l'affiche. Suivez-nous !

Charline Corubolo | Mardi 5 juillet 2016

Les 10 expos à voir ou revoir cet été

Obey Propaganda – A vision for our planet Jusqu’au 23 juillet Obey, pour certains, c’est une marque, pour d’autres c’est du vandalisme, pour les derniers carrément le néant de référence. Obey, c’est en fait le visage d’André The Giant, catcheur français, et la démarche artistique de Shepard Fairey, street artist américain. Exposé à Spacejunk dans le cadre du Street Art Fest, il dévoile des œuvres engagées envers l’environnement, pour une plongée colorée dans l’art sérigraphique. La critique complète L'Art du Canard Jusqu’au 30 juillet Le groupe d’artistes allemands Interduck investit le couvent Saint-Céci

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Joseph Apprin ou l'histoire d'une découverte

ARTS | Greffier de profession, photographe de plaisir, Joseph Apprin sort de l'anonymat avec une exposition intitulée "Le spectacle des rues & des chemins" au Musée de l'Ancien Évêché. Témoignage photographique de la vie iséroise à la fin du XIXe siècle, l'ensemble dévoile la ruralité de l'époque et la malice d'un photographe en avance sur son temps. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 1 décembre 2015

Joseph Apprin ou l'histoire d'une découverte

Nous devrions renommer Grenoble la capitale de la photographie tant les expositions en la matière ne cessent de fleurir, telles des futures noix au printemps. Pour cette nouvelle proposition très clichés, le Musée de l'Ancien Évêché propose d'élucider un nouveau mystère de l'art : le cas Joseph Apprin (1859-1908), greffier et photographe amateur. À l'instar de Vivian Maier, il a été découvert récemment mais son œuvre offre un tout autre regard. Pas d'envolées hollywoodiennes pour ce Grenoblois du siècle dernier : le fonds photographique a été retrouvé en Savoie puis cédé à un galeriste parisien. Un ensemble de 640 négatifs sur plaque de verre représentant Grenoble et sa région que le galeriste vend à Jean-Louis Roux, critique d'art grenoblois. Un long travail de recherches a été nécessaire pour dater et situer les prises de vues. Numérisées et retouchées, le musée expose 110 images de l’œuvre de Joseph Apprin entre 1890 et 1908, dont l'originalité et la modernité intriguent. Grenoble, il y a 100 ans

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Legendre idéal

ARTS | Derrière le trait épais de certaines couvertures du "New York Times" se cache le graphiste français Yann Legendre. Tête d'affiche du Mois du graphisme d’Échirolles, il dévoile un pan varié et stimulant de son travail qui bascule ces dernières années vers l'illustration. Rencontre avec un amoureux de l'image à la vision tranchée. Propos recueillis par Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 9 décembre 2014

Legendre idéal

Invité au Mois du graphisme d’Échirolles, vous bénéficiez d'une exposition personnelle et vous avez réalisé la communication de l'événement. Comment s'est déroulée la collaboration ? Yann Legendre : Ça s'est fait grâce à Michel Bouvet, qui est affichiste et le directeur artistique d’Échirolles depuis plusieurs années. C'est également un ami, on se montre nos travaux. Je l'avais invité à Chicago pour une biennale d'affiches que j'avais organisée. Un jour il m'a dit : « Ton travail est montré partout à travers le monde sauf en France, ça serait bien qu'on puisse faire une exposition ensemble. » C'est comme ça que j'ai été mis en relation avec l'équipe d’Échirolles. Je leur ai présenté mon travail et le projet a débuté. Votre univers graphique est varié ; pourtant on reconnaît votre trait, ce "crayonnage" qui vous caractérise. Quelles sont vos influences ? Mes influences évoluent constamment. Aujourd’hui, elles sont principalement outre-Atlantique, ancrées dans l'univers de la B

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