Mariage en vue entre le Ciel et la Belle électrique

ACTUS | Au printemps dernier, le Ciel, petite salle de concert située près de la place de Verdun, voyait son avenir menacé par une baisse soudaine de subventions de la part de l’État. Où en est-on aujourd'hui alors que le site web du lieu n’annonce plus aucun événement ? On fait le point – et donne une piste dans le titre de l’article. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 8 mars 2016

Photo : Jessica Calvo


Scoop : le Ciel ne s'appelle pas tout à fait le Ciel. Bien sûr, c'est le nom affiché rue Condillac, au-dessus de la porte d'entrée de la salle, mais le Ciel appartient à une entité plus grande : la Régie 2C. Le deuxième C ? Celui de la Chaufferie, équipement culturel situé dans le quartier Abbaye-Jouhaux. Un regroupement effectué en 2001 par la Ville de Grenoble dans le but de valoriser les musiques amplifiées, avec une Chaufferie dédiée aux pratiques amateurs et un Ciel aux groupes en voie de professionnalisation – une cinquantaine en résidence par an ces derniers temps.

Sauf que le mois dernier, la municipalité Piolle a annoncé qu'elle changeait les orientations de la Chaufferie, qui devient maintenant « un pôle jeunesse dédié aux 11-17 ans » géré directement par la Ville et du coup séparé des activités de la Régie 2C. Laurent Simon, directeur de la régie (qui devient de facto plus que directeur du Ciel), revient sur ces changements avec lesquels il est en parfait accord : « Tout remonte à la nouvelle de la Direction régionale des affaires culturelles en mai dernier [une baisse inattendue de 50 000 euros de subvention – NDLR] qui, comme on le prévoyait, a entraîné une baisse du Conseil général. En tout, on a perdu presque 100 000 euros sur notre budget. On s'est du coup tout de suite réinterrogé sur le périmètre complet de la Régie 2C, comme il allait falloir faire avec moins. Une réflexion déjà bien entamée avec l'arrivée en janvier 2015 de la Belle électrique qui a changé pas mal la donne dans le cadre du label smac – scène de musiques actuelles. »

Un label pas que pour la Belle

Le prestigieux label smac attribué par l'État : voilà ce qui anime aujourd'hui Laurent Simon. « La Belle électrique ne peut pas assumer seule toutes les missions du cahier des charges smac, notamment niveau accompagnement d'artistes. Dans notre projet, le Ciel va s'ouvrir à la répétition pour tous les musiciens quel que soit leur niveau de pratique. On va aussi faire tout un travail sur le repérage. »

Une démarche soutenue par Frédéric Lapierre, le directeur de la Belle électrique. « L'État ne sait toujours pas s'il va aller sur une smac à deux têtes comme prévu depuis de nombreuses années. Pour ma part, je souhaite et j'espère qu'on va y arriver parce qu'aujourd'hui la Régie 2C recentre ses missions sur le Ciel ; des missions qui correspondent parfaitement au label smac. Mais évidemment, si on n'est pas labélisés ensemble, on s'appuiera quand même sur le Ciel. »

« Un lieu de découverte »

Car quoi qu'il arrive, Laurent Simon souhaite que l'activité du Ciel perdure, même si les derniers signaux n'allaient pas dans ce sens. Ceux qui suivaient de près ou de loin l'activité de la salle s'en étaient ainsi rendu compte : elle n'organise plus de concert depuis le printemps dernier. « Oui, on va reprendre la programmation à partir de début 2017, toujours avec la même ligne de découverte internationale. On va aussi affirmer encore un peu plus la prédominance de la programmation féminine, notamment avec les 20 ans du festival Les Femmes s'en mêlent en 2017. »

Si smac à deux têtes il y a, le Ciel ne sera donc pas qu'une annexe de la Belle électrique pour les activités moins grand public. « On conçoit vraiment le Ciel comme le club, le lieu de découverte. Je me suis battu dans ce sens pour que l'activité perdure. » Une réunion entre les différentes tutelles est prévue cette semaine, sachant que plusieurs partenaires publics ont changé de visage depuis que le projet est dans les tuyaux – le département et la région sont ainsi passés à droite en 2015. Mais Frédéric Lapierre l'assure, tout le monde est attentif au projet. Laurent Simon : « On a d'ailleurs un beau soutien de la Ville de Grenoble. » On attend donc d'être officiellement conviés au mariage.

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"Sisters with Transistors" ou l'histoire de musiciennes légendaires

Documentaire | Qui passe pour avoir donné le "la" dans l’histoire de la musique électronique ? Connaissez-vous les noms de Clara Rockmore, (...)

Eloïse Bonnan | Vendredi 15 octobre 2021

Qui passe pour avoir donné le "la" dans l’histoire de la musique électronique ? Connaissez-vous les noms de Clara Rockmore, Delia Derbyshire, Daphne Oram, Eliane Radigue, Bebe Barron, Pauline Oliveros, Maryanne Amacher, Wendy Carlos, Suzanne Cianni ou Laurie Spiegel ? Grand vainqueur du prix FAME 2021 (festival international de films sur la musique), le documentaire Sisters with Transistors brise le silence sur ces dix pionnières de la musique électronique. Pour son premier film documentaire, la réalisatrice Lisa Rovner juxtapose de très belles archives en noir et blanc ou en couleur. Par-dessus, la voix de Laurie Anderson, figure américaine de l’art expérimental, pose un trait d’union évident entre ces femmes : l’amour des machines qui font de la musique. Coup de projecteur mérité pour ces pionnières de la musique électronique aux histoires souvent méconnus… Parmi elles : Clara Rockmore la virtuose du thérémine, Daphne Oram pionnière britannique

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Les chants d'eau de Tomoko Sauvage

Musique expérimentale | Quitte à se mettre une bonne partie de l’art contemporain à dos, il est permis d’affirmer qu'un dispositif plus intéressant que son résultat se perd souvent (...)

Hugo Verit | Mardi 19 octobre 2021

Les chants d'eau de Tomoko Sauvage

Quitte à se mettre une bonne partie de l’art contemporain à dos, il est permis d’affirmer qu'un dispositif plus intéressant que son résultat se perd souvent dans la vanité. Soyons honnêtes, ce n’est pas le cas de Tomoko Sauvage. Avec ses bocaux d’eau, sonorisés dans les moindres harmoniques (on ne s’attardera donc pas sur le dispositif), l’artiste japonaise crée des sons uniques, inimitables même à coups de synthés. Alors, c’est de l’ambient, c’est long et monotone, sûrement un peu crispant, jamais vraiment accessible mais ceux qui s’intéressent profondément au son, dans sa dimension la plus organique, ne devraient pas être déçus. D’autant que le Centre d’art Bastille semble être le lieu idéal pour ce genre d’expérimentations. Tomoko Sauvage le 30 octobre à 20h au Centre d'Art Bastille, prix libre

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Au nom du Ciel (et de Plege)

ACTUS | L'association qui, dès septembre, va gérer la salle de concert grenobloise le Ciel vient de faire une petite conférence de presse histoire de se présenter. On y était.

Aurélien Martinez | Mardi 28 mai 2019

Au nom du Ciel (et de Plege)

« C’est avec une joie et un honneur immenses que Plege vous annonce avoir été retenue dans le cadre de l'appel à partenaire pour la mise à disposition du sous-sol du palais de l'université. » En mars dernier, l’association grenobloise née en 2017 officialisait ainsi par communiqué de presse le fait que la Ville de Grenoble l’avait choisie pour gérer pendant trois ans ce lieu proche de la place de Verdun, plus connu sous le nom de Ciel. Soit une salle de concert emblématique de Grenoble (avec de nombreux studios) dont la régie municipale (Régie 2C) qui la pilotait précédemment fut liquidée en 2016 par l’équipe Piolle – dans des conditions contestées, notamment par deux anciens salariés qui sont depuis allés au tribunal. Concrètement, le Ciel rouvrira fin août, même si les premiers mois seront peu fournis en événements le temps que l’association prenne ses marques. Dans l’idée, sur une saison pleine, de proposer une vingtaine de concerts, tendance « musiques expérimentales et avant-garde » avec « des formes déclinées de post punk, de noise, d’indie rock, de nouvelle chanson d’IDM et de musiques improvisées » (e

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Décret son : the sound of silence ?

ACTUS | Alors qu'un nouveau "décret son" impose depuis octobre dernier aux diffuseurs de musique (salles de concert, clubs et festivals) des mesures toujours plus drastiques en matière de régulation du niveau sonore, beaucoup s'inquiètent de ses conséquences artistiques, techniques et économiques sur leur activité. Petit tour d'horizon de la question avec quelques-uns des acteurs grenoblois du secteur. Par Stéphane Duchêne et Aurélien Martinez

La rédaction | Mardi 5 mars 2019

Décret son : the sound of silence ?

« Hello darkness my old friend... I've come to talk with you again. » C'est un peu l'ouverture du morceau The Sound of Silence de Simon & Garfunkel qui semble courir dans les têtes des différents diffuseurs de musiques actuelles depuis octobre, date de la mise en application du nouveau décret son n°2017-1244 du 7 août 2017 (voir ci-dessous). Un texte dont la plupart des mesures pourraient bien réduire ces diffuseurs au silence, ou en tout cas à quelque chose qui, pour une salle de musiques actuelles (et donc la plupart du temps amplifiées), s'en rapproche dangereusement. Parmi ces mesures, qui concernent également les festivals (y compris en plein air), l'obligation de « ne pas dépasser des niveaux de pression acoustique continus équivalents à 102 décibels pondérés A (...) et 118 décibels pondérés C [en gros, les basses – NDLR] sur 15 minutes », quand le niveau sonore à respecter était jusqu'ici de 105 dB. Si, sur le papier, la différence paraît infime, en réalité, elle est énorme. De l'avis de la plupart des acteurs concernés, c'est un peu le problème de cette loi : elle

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Clé de Sol et de désaccords entre la Belle électrique et certains musiciens grenoblois

ACTUS | Alors qu’au 1er juillet la Belle électrique va officiellement récupérer la gestion du bâtiment grenoblois la Clé de Sol, situé boulevard Gambetta, afin de développer son projet d’accompagnement de la scène musicale locale, les groupes grenoblois qui y répétaient ont été sommés de quitter les lieux. Et s’en sont émus dans une tribune qui a beaucoup tourné. On fait le point.

Aurélien Martinez | Lundi 25 juin 2018

Clé de Sol et de désaccords entre la Belle électrique et certains musiciens grenoblois

C’est une information arrivée mi-juin dans la boîte mail de huit groupes grenoblois (The Chainsaw Blues Cowboys, General Cluster, Vercors, Bleu Tonnerre, Rising Steel, Schräpnel, Eight Sins et Inner Sanctuum) qui répètent depuis un certain temps dans le sous-sol de la Clé de Sol, bâtiment municipal situé aux abords du parc Hoche, en face de la Caserne de Bonne : il va falloir quitter les lieux au 1er juillet, l’association MixLab qui gère la Belle électrique les récupérant à la suite d'un appel à projets de Ville – ils étaient gérés jusque-là par Hadra, association centrée sur « la promotion et la reconnaissance des musiques électroniques » qui s’intègre d’ailleurs dans le nouveau dispositif. Une annonce qui a fortement inquiété les musiciens, d’où la publication d’un texte en ligne titré «

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Le Ciel, version coulisses (et concerts)

ACTUS | La salle de concert grenobloise, située près de la place de Verdun et fermée depuis 2015, va organiser des portes ouvertes ce dimanche 17 juin grâce à l'association Plege.

Damien Grimbert | Mardi 12 juin 2018

Le Ciel, version coulisses (et concerts)

Salle de concert emblématique fermée en 2015 par la Ville de Grenoble pour raisons économiques, le Ciel n’en accueille pas moins dans ses sous-sols de nombreux studios de répétition et d’enregistrement encore utilisés par un nombre conséquent de musiciens grenoblois. C’est cet "envers du décor" habituellement réservé à ses seuls utilisateurs que l’association Plege, créée après la fermeture pour assurer la sauvegarde du lieu, a décidé d’ouvrir pour la toute première fois au public le temps d’une journée portes ouvertes. Au programme, une exposition d’affiches de concerts réalisées par une pléiade d’artistes grenoblois de haut vol, un atelier de création d’instruments virtuels et numériques animé par l’Acroe, et enfin toute une flopée de concerts de premier choix avec au line-up Lynhood, Marc Di Malta, Poupard, Hold Station, Rémi Guirao, F de Shooosh, Bételgeuse, Lokom et Poopitch. Le soir venu, c’est cette fois la salle de diffusion elle-même qui rouvrira temporairement, le temps d’un concert réunissant le hardcore teinté d

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"Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête" : (petite) nuit de folie

ECRANS | de Ilan Klipper (Fr, 1h17) avec Laurent Poitrenaux, Camille Chamoux, Marilyne Canto…

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Jamais remis d’avoir publié un roman encensé voilà vingt ans, Bruno traîne sa dépression, vivant en peignoir dans une colocation, lutinant sa voisine à l’occasion. Quand un jour débarquent à l’improviste famille, ami et une demoiselle, il n’imagine pas qu’on veut l’interner… Pour son bien. Inégale dans son rythme et dans sa forme (peut-être pour restituer le tempérament bipolaire de son héros), cette comédie a des allures de film court s’étant doté d’un prologue pour devenir un (tout juste) long-métrage. Ici chez lui comme sur scène (on le voit souvent au théâtre), Laurent Poitrenaux s’y dénude volontiers pour meubler l’espace en soliloquant, se montrant tour à tour fragile, extraverti et inquiétant face à cet envahissement inquisitorial orchestré par une mère juive assez gratinée. On sombrerait dans l’anecdotique simple si le réalisateur Ilan Klipper n’avait l’idée avant le dénouement de dynamiter la structure de son récit en disséminant des flashes proleptiques, rappelant les éclats pulsatiles des étoiles de son titre. Il s’agit là d’un bien modeste tribut pour ce film laissant au bilan l’impression d’une promesse pas tout

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À Ciel rouvert (ou presque)

ACTUS | Le Ciel, c’est une salle de concert grenobloise mythique, qui a fermé (temporairement) ses portes en 2015. La voilà qui rouvre le temps d’un concert : comment se fait-ce ? On en a discuté avec l’association Plege qui organise l’événement, et avec la Ville pour en savoir plus sur le futur du lieu.

Aurélien Martinez | Mardi 28 novembre 2017

À Ciel rouvert (ou presque)

Dimanche 3 décembre, les mélomanes (et les autres) pourront de nouveau pénétrer dans la petite salle (quelque 170 places assises) de concert du Ciel, close depuis deux ans suite à la fermeture de l’établissement culturel par la Ville de Grenoble pour raisons économiques – un incroyable imbroglio avait eu lieu après la baisse de subvention de la Direction régionale des affaires culturelles. Ils assisteront ainsi au live de Boy Harsher et Krogshoy organisé par Plege. Plege ? Une association grenobloise regroupant diverses entités culturelles locales ([reafførests], Gram’Off­On, MFCK Prod, la Métamorphose, le Centre d’art Bastille, le bar À l’Ouest…) qui « a été créée suite à l’annonce de la liquidation » comme nous l’a expliqué l’un de ses membres David Nicolay. « On est amoureux de ce lieu, on veut qu’il se maintienne. Le but est vraiment que le public puisse y revenir le plus vite possible. » Même s’il a d’abord fallu s’occuper d’un autre sujet : la réouverture des

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Laurent Simon, du Ciel au Troquet Les Mouettes

Nouveau lieu | Depuis le 2 mai, un excellent nouveau restaurant est ouvert sur les quais de l’Isère, en face de la Porte de France. Aux commandes de ce Troquet Les Mouettes, le couple Simon dont lui, Laurent, est une figure bien connue du milieu culturel grenoblois – il dirigeait la salle de concert le Ciel jusqu’à sa fermeture l’an passé. On l’a rencontré pour en savoir plus sur cette nouvelle vie.

Aurélien Martinez | Mardi 30 mai 2017

Laurent Simon, du Ciel au Troquet Les Mouettes

Quand le (fort en gueule) patron du Ciel, mythique petite salle de concert grenobloise située près de la place de Verdun, change de métier et ouvre un restaurant-bar avec sa femme, forcément, nous nous y rendons. Avec des idées préconçues : forcément ce sera un bar de fêtards, forcément ce sera un truc musical, forcément on y croisera le tout Grenoble culturel. Eh ben non. On se retrouve plutôt face à un charmant petit établissement à la déco soignée et à l’ambiance feutrée. Son nom ? Le Troquet Les Mouettes. « Tout le monde utilise le mot bistrot ; nous, on a choisi de remettre au goût du jour le mot troquet » nous explique Laurent Simon tout juste un mois après l’ouverture de son établissement. « On est une petite entreprise familiale. C’est une histoire d'amour avec ma femme : elle à la cuisine et moi au bar. » Et quelle cuisine ! Amal Simon, passée trois mois par l’école parisienne du chef star Thierry Marx, conçoit des plats d’une finesse et d’u

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Metal en fusion à la Belle électrique

ACTUS | Ce jeudi, la Belle électrique accueille la première édition du Metallian Fest, consacré donc à la musique metal. On a passé un coup de fil aux organisateurs, qui nous ont parlé programmation mais aussi succès entre la salle grenobloise et cette esthétique musicale.

Aurélien Martinez | Lundi 19 septembre 2016

Metal en fusion à la Belle électrique

Première édition pour le Metallian Fest donc. Enfin, festival, c’est un bien grand mot comme nous le précise Yves Campion, président de Metallian Productions, structure grenobloise à l’origine du projet. « On a appelé ça festival vu qu’on a eu la chance d’avoir deux gros plateaux en même temps, sur le même jour – ce sont deux tournées qui se rejoignent. Mais ce n’est pas vraiment comme un festival type avec des stands de merchandising et tout ce que l’on peut voir sur tous les festivals. » Six groupes en tout, qui étaient tous en "day off" ce jour-là (d’où le fait que le festival tombe en plein milieu de semaine), dont de grosses têtes d’affiche (Arch Enemy, Destruction…) pour un événement qui commencera à 17h pour se finir à minuit. Et un événement qui se tiendra dans une grande Belle électrique de 1000 places qui a clairement comblé un manque. La belle métalleuse « Avant l’arrivée de la salle, il n’y avait pas de scène intermédiaire pour ce genre de proposition, entre un Ampérage petit et un Summum trop gros. C’est vraiment la Belle électrique qui a créé cette énergie nouvelle

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Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Saison 2016 / 2017 | De nouvelles têtes, des changements, un drôle de projet...

Aurélien Martinez | Mardi 13 septembre 2016

Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Des changements côté salles... De la danse en rassemblement à la MC2 Depuis le début d’année, le Centre chorégraphique national de Grenoble est dirigé par Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane (photo), qui ont ainsi pris la suite de l’emblématique Jean-Claude Gallotta. Un CCNG deuxième génération qui proposera cette saison deux événements atypiques à la MC2, un fin décembre et un autre fin mai : Le Grand Rassemblement. Des temps forts autour de la danse (mais pas que) qui sont en train d’être dessinés, et qui donnent très envie au vu des infos que l’on a pu glaner ici et là – pas mal d’invités, des spectacles phares… Deux nouvelles têtes Deux équipements culturels de l’agglo ont récemment changé de direction. À la Faïencerie de La Tronche, Céline Sabatier, venue du Coléo de Pontcharra, a remplacé Élisabeth Mathieu partie à la retraite. Au Pa

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Musique : vers une fermeture du Ciel ?

ACTUS | L'avenir de la petite salle de concert grenobloise semble plus que compromis. On fait le point pour essayer d'y voir plus clair.

Aurélien Martinez | Lundi 30 mai 2016

Musique : vers une fermeture du Ciel ?

Après une fin de saison compliquée l’an passé (et l’arrêt de la programmation), tout semblait se solutionner du côté du Ciel, petite salle de concert grenobloise. « Ça y est, on a des bonnes nouvelles ! Au 1er juin, la convention smac ["scène de musiques actuelles"] sera effective pour le Ciel et la Belle électrique, et tout le monde est avec nous – État, région, département » nous déclarait il y a deux mois Corinne Bernard, ajointe aux cultures de la Ville de Grenoble – le Ciel et ses studios de résidence, répétition et enregistrement devaient ainsi répondre à une partie du cahier des charges du label, sachant que la poursuite d’un volet programmation était aussi envisagée. Mais ça c’était avant comme dirait la pub. Car l’entente entre les tutelles publiques n’est pas au si beau fixe que ça, la région et l’État ne répondant plus selon Corinne Bernard, sans doute en signe de rétorsion contre la politique menée par la Ville de Grenoble selon l’opposition municipale et pas mal d’observateurs. Du coup,

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Grenoble : les dossiers d'Éric Piolle et Corinne Bernard

ACTUS | En complément de la grande interview d’Éric Piolle et Corinne Bernard, zoom sur quatre sujets qui occupent en ce moment l’adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble. Par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 5 avril 2016

Grenoble : les dossiers d'Éric Piolle et Corinne Bernard

Le Ciel / la Belle électrique Le contexte : Depuis l’arrivée de la Belle électrique en janvier 2015, la Ville repense son maillage de salles de concert. Et souhaite que cette dernière obtienne le prestigieux label "scène de musiques actuelles" avec le Ciel, petite salle située près de la place de Verdun qui se trouve en difficulté aujourd’hui faute à une baisse de subvention de la part de l’État. Corinne Bernard : « Ça y est, on a des bonnes nouvelles ! Au 1er juin, la convention smac sera effective pour les deux lieux, et tout le monde est avec nous – État, région, département. » Sur le Ciel : « La salle est utilisée 220 jours par an, on a 9 studios : il faut qu’on aille encore plus loin sur la répétition et la formation. C’est un lieu en centre-ville qui ne génère aucune nuisance sonore, on peut l’ouvrir H 24 avec un petit peu d’investissement – et c’est prévu. C’est un bijou bien caché : va juste falloir qu’on mette la lumière et qu’on dise que c’e

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Claude Lorius mercredi soir à la Nef

ECRANS | Pour la nouvelle édition des soirées Un fauteuil pour 2, Manuel Houssais convie un scientifique pionnier dans sa discipline, aventurier, lanceur d’alerte (...)

Vincent Raymond | Mercredi 6 avril 2016

Claude Lorius mercredi soir à la Nef

Pour la nouvelle édition des soirées Un fauteuil pour 2, Manuel Houssais convie un scientifique pionnier dans sa discipline, aventurier, lanceur d’alerte sur la question du réchauffement climatique et héros de La Glace et le Ciel, plus récent film de Luc Jacquet. Ce personnage exceptionnel, Claude Lorius, sera présent pour commenter le film (qui fit la clôture de Cannes l’an passé) et converser ensuite avec le public. Rendez-vous mercredi 13 avril à 20h15 à la Nef.

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La Glace et le Ciel

ECRANS | De Luc Jacquet (Fr, 1h28) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 13 octobre 2015

La Glace et le Ciel

Dans la continuité de Il était une forêt (2013), conçu à partir des travaux du botaniste Francis Hallé, Luc Jacquet renoue avec ces pôles qu’il connaît bien (La Marche de l’Empereur) pour dresser le portrait du glaciologue Claude Lorius. Précurseur dans son domaine, explorateur, aventurier, mais aussi l’un des premiers lanceurs d’alertes sur la question du climat, Lorius a joué un rôle clé dans la sensibilisation mondiale aux problématiques environnementales, en demeurant très discret. Sans l’héroïser outre mesure, Jacquet le rétablit à sa juste place, relatant son parcours à partir d’une impressionnante variété d’archives (missions polaires, actualités etc.). Seul bémol : comme pour son précédent opus, Jacquet "prive" en off ce témoin de sa voix originale, la troquant par celle de Michel Papineschi – trop lisse, elle induit une distance qui n’a pas lieu d’être. Présenté en clôture du festival de Cannes 2015, La Glace et le Ciel est surtout un film d’ouverture pour les esprits ; un antidote pédagogique combattant scientifiquement le climato-sceptiscisme et son charlatanisme détritique, déversé sans retenue à l’appr

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Ni le ciel ni la terre

ECRANS | De Clément Cogitore (Fr, 1h40) avec Jérémie Renier, Kévin Azaïs, Swann Arlaud…

Vincent Raymond | Mardi 29 septembre 2015

Ni le ciel ni la terre

En faction en Afghanistan, plusieurs soldats du capitaine Antarès Bonassieu disparaissent subitement, sans laisser de trace. Après avoir épuisé toutes les possibilités rationnelles, les militaires étudient les options ésotériques… Étonnant hybride entre La 317e section et Le Projet Blair Witch, Ni le ciel ni la terre est signé par un artiste plasticien qui a pris un évident plaisir à tourner de nuit avec des caméras thermiques ; à malaxer les silhouettes verdâtres de ses personnages aux limites de l’abstraction – pour métaphoriser l’évaporation par la guerre, l’effacement au combat ? L’idée se défend. En revanche, quand il affirme ne pencher pour aucune explication, et permettre au spectateur une libre interprétation des événements, Cogitore surjoue une posture un brin hypocrite : une séquence précise ne laisse en effet aucune ambiguïté quant au surnaturel des choses.

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Le Ciel maintient finalement ses concerts

ACTUS | Et lance un abonnement spécifique pour la fin de la saison. Mais l'avenir de la salle sur le long terme est toujours en suspens.

Aurélien Martinez | Mercredi 20 mai 2015

Le Ciel maintient finalement ses concerts

Alors qu’après l’annonce de la baisse de subvention de la part de la Drac, le Ciel avait décidé d’annuler les concerts prévus jusqu’en juin, changement ce mercredi 20 mai après un conseil d’administration extraordinaire. « Après discussion avec le producteur des concerts et en accord avec la Ville de Grenoble, nous avons donc choisi de maintenir les concerts de la fin de saison, et ce malgré la baisse aussi importante que brutale de la subvention de la DRAC. Tenir nos engagements vis-à-vis de nos partenaires professionnels, mais aussi du public, nous semble en effet constituer une priorité incontournable » écrit l’équipe de la salle sur les réseaux sociaux. Sont donc maintenus les concerts de Waxahatchee (le vendredi 29 mai), Colleen Green (le dimanche 31 mai) et Kevin Morby (le mercredi 3 juin), ainsi qu’un projet cet été avec le Cabaret frap

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Le Ciel met le Parquet

MUSIQUES | À l’initiative depuis maintenant deux ans d’une pléiade d’excellents concerts oscillant entre post-punk, ambient, noise et rock indé, l’équipe de Parquet (...)

Damien Grimbert | Mardi 19 mai 2015

Le Ciel met le Parquet

À l’initiative depuis maintenant deux ans d’une pléiade d’excellents concerts oscillant entre post-punk, ambient, noise et rock indé, l’équipe de Parquet Sonore a pour particularité d’évoluer en marge des circuits officiels, en proposant des évènements en petit comité dans un cadre intime et sans cesse changeant (appartements, jardins, squats, ateliers…), le lieu de déroulement étant à chaque fois tenu secret jusqu’au dernier moment. Suite aux difficultés financières que connaît actuellement la Régie 2C avec la baisse conséquente de ses subventions par la Drac, l’association a décidé une fois n’est pas coutume de changer son fusil d’épaule, en collaborant avec la structure publique pour organiser un concert de soutien dans l’enceinte du Ciel. Une excellente nouvelle pour les personnes non familières des activités confidentielles de Parquet Sonore, qui vont ainsi pouvoir découvrir son goût très sûr en matière de programmation. Se partageront ainsi la scène ce lundi les Grenoblois post-grunge de Et Après? et le quintet post-punk

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Grenoble : plus de concert au Ciel jusqu'à nouvel ordre

ACTUS | La salle municipale qui, avec la Chaufferie, fait partie de la Régie 2C, ne peut pas continuer financièrement sa saison. En cause, une baisse de plus de 60 % de sa subvention de la part de la Drac, service en région du ministère de la culture. Un conseil d'administration extraordinaire est prévu la semaine prochaine.

Aurélien Martinez | Mardi 12 mai 2015

Grenoble : plus de concert au Ciel jusqu'à nouvel ordre

Le Ciel a communiqué ce mardi 12 mai sur l'annulation de la quasi-totalité des concerts prévus dans la salle jusqu'à la fin de la saison. En cause, une baisse de subvention de 50 000 euros (sur 80 000 initialement prévus dans un budget global de 650 000 euros) de la part de la Direction régionale des affaires culturelles. Extrait du communiqué publié sur les réseaux sociaux : « C'est avec beaucoup de tristesse que nous vous informons de l'annulation de tous les concerts prévus au Ciel jusqu'à la fin de la saison. La DRAC nous a en effet informés hier [lundi 11 mai] d'une baisse de plus de 60 % de notre subvention pour l'année 2015, ce qui ne nous permet pas, dans l'état actuel des choses, de poursuivre notre programmation. Seul le concert de Powerdove le 21 mai, organisé par l'association Bisou, est maintenu. Nous nous chargeons de faire le nécessaire auprès de Weezevent pour le remboursement des billets déjà ach

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La Belle électrique, « une salle de 2015 »

ACTUS | Enfin ! Après plus de vingt ans d’attente, la Belle électrique, salle dédiée aux musiques amplifiées, va ouvrir ses portes à Grenoble, quartier Bouchayer-Viallet. On l’a visitée, on a rencontré l’équipe aux commandes, on a analysé sa prog ; tout ça avant de partir boumer ce samedi 10 janvier pour l’inauguration officielle. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 6 janvier 2015

La Belle électrique, « une salle de 2015 »

Une bonne vingtaine d’années : voilà le temps qu’aura pris la Belle électrique pour voir le jour. Le projet fut ainsi long à se mettre en place, avec de nombreuses péripéties qui appartiennent désormais au passé. Du coup, une salle imaginée dans les années 1990 est inaugurée en 2015, avec pourtant un résultat tout à fait dans son temps comme l’assure son directeur Frédéric Lapierre. « On a la chance d’avoir un lieu qui est beau. Pour moi, c’est une salle de concert de 2015, pour les musiques de 2015. On a une scène avec un rapport frontal pour le live, mais on a aussi de la vidéo, des espaces pour déplacer des DJs, la possibilité d’ouvrir tard dans la nuit [certaines soirées termineront à six heures du matin – NDLR] : c’est ça une salle en 2015.  » L’architecture intérieure est impressionnante, avec ses grands espaces, ses gradins aérés, ses balcons facilement accessibles, ses écrans pour les projections. On l’a certes vue vide de monde, mais la Belle électrique a tout de la grande salle agréable tant pour le public que pour les artistes – elle a d’a

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Ma nuit à Grenoble

GUIDE URBAIN | Cinq personnalités nous présentent leur soirée parfaite

Charline Corubolo | Mardi 7 octobre 2014

Ma nuit à Grenoble

Krixx Litch Manageuse du label Lite Licht Records et travaille à la radio Max FM Pour l'apéro... Ça dépend des saisons, mais en général j'aime bien quand il y a une terrasse. Ces derniers temps, je traîne beaucoup au Styx (place Claveyson) non seulement parce qu'il y a une terrasse, chauffée l'hiver, mais aussi parce que la déco est sympa. Le cadre est intimiste tout en étant ouvert, il y a pas mal de passage. Puis ils mettent de la bonne musique. Dans le même esprit, il y a le Mark XIII, mais ils n'ont pas de terrasse... Pour la soirée... Il y a un petit lieu sympa qui vient de rouvrir vers la place du Trib', le Tamara. C'est idéal pour passer la soirée, même si c'est un peu petit. Il y a une ambiance boîte de nuit avec une déco chouette et surtout du bon son. Ils sont bien équipés, l'effort est fait sur la musique et ça j'apprécie. Pour la nuit... Il y a l'Impérial (Saint-Martin-d'Uriage) qui vient d'ouvrir, donc je pense que je vais y passer pour voir ce que ça donne. Sinon, je dois avouer que je sors principalement au Drak-Art. Ce n'est pas une boîte de

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Le hip-hop en chantier

ACTUS | Le concert du rappeur D’de Kabal ce mardi marque la première étape d’une collaboration entre l’artiste et la Régie2C (en charge des salles Le Ciel et La Chaufferie), vouée à la valorisation du hip-hop au sein de la structure municipale. Explications.

Damien Grimbert | Lundi 8 avril 2013

Le hip-hop en chantier

Tout a commencé par la découverte d’une (bonne) surprise au sein de la programmation de la déclinaison grenobloise du festival Les Femmes s’en mêlent : la présence d’une soirée réunissant deux talentueuses rappeuses anglaises Roxxxan et Lady Leshurr. Un événement heureux, mais pas isolé, puisqu’il est suivi cette semaine non seulement par un concert de D’de Kabal (figure à la fois historique et singulière du rap français en activité depuis plus d’une vingtaine d’années), mais également par une rencontre entre l’artiste et différents partenaires potentiels afin de « co-construire un ensemble d’actions culturelles qui seront mises en place au cours de la saison prochaine ». Si l’on ajoute encore à cela la mise en avant d’un "parcours hip-hop", fruit du travail de la Régie2C et de plusieurs acteurs locaux du mouvement, le doute n’est plus permis. À partir de ce printemps, le rap a désormais droit de cité au sein de la structure, et se retrouve même m

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Norway of life

MUSIQUES | Musique / La Scandinavie n’a pas fini de nous faire frémir. Nous assénant claque sur coup de boule émotionnels à chaque concert au Ciel, ou nous retournant le (...)

| Mercredi 28 mars 2007

Norway of life

Musique / La Scandinavie n’a pas fini de nous faire frémir. Nous assénant claque sur coup de boule émotionnels à chaque concert au Ciel, ou nous retournant le cerveau avec son cinoche admirablement hargneux (on vous recause, avec des sanglots de bonheur dans la voix, du grandiose Norway of Life de Jens Lien dès la semaine prochaine, si tant est qu’il y ait une justice et que le film sorte à Grenoble). La sélection céleste de la semaine s’appelle Jake Ziah, un quatuor norvégien au talent instantané flirtant sans vergogne du côté des puissantes atmosphères de Neil Young, Tom Waits et Leonard Cohen. Un trio de références imparables, quasiment vidées de leur sens tant le nombre de formations se réclamant de leur héritage est énorme. Mais les individualités artistiques grandement complémentaires de Jake Ziah les élèvent au-dessus de la masse. Des musiciens ramenant d’Afrique Noire, d’Amérique du Sud ou du Liban leurs esthétiques particulières pour les diriger dans une même direction. De la country-rock méchamment mélancolique, de la musique de cowboy dépressif traversée d’une beauté désabusée, trop millimétrée pour en être à son coup d’essai. Et pour cause : après un premier EP sorti en

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Chair et tendre

MUSIQUES | MUSIQUE / Elles sont dans l’air du temps. Provocantes, sexes, sexy, douces, faussement innocentes, rieuses, déchaînées, affriolantes et futiles : les demoiselles chantantes du festival Les femmes s’en mêlent 20e édition, livrent leurs mondes intérieurs et extérieurs. Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 2 mai 2007

Chair et tendre

Bunny Rabbit Peut-être avez vous eu la chance d’écouter la fameuse Bunny Rabbit mardi dernier au côté de Terry Poison. La Bunny Rabbit, provocante, éructe quelques insultes et jurons tout a fait charmants, et peut plonger dans le sexe malsain dans Lucky BUNNY foot. Des rythmes soutenus, groove à mort, hip hop fou-fou font de cet album, notre péché mignon dont on se délecte goulûment. La demoiselle latino de Brooklyn travaille dans Lovers and Crypts une rythmique impressionnante, où sa voix toujours enfantine, sucrée et exagérément mutine, s’épanouit aux sons d’un synthé un brin religieux et prêt à tout. La provocation est larvée dans les mots sussurés et parlés, jusqu’au Pussy queen mignon tout plein. Dans Dolphins, sa voix douce, annonce Rollin aquatique et flottant. Son timbre sexy, sa voix tonique dans les paroles articulées pourraient engendrer des fêtes torrides. On adore cette égérie instinctive et violente. Bunny Rabbit était le 24 avril au Ciel Album : Lovers and Crypts Elk City Troisième album pour Renée LoBue chanteuse et compositrice américaine, toujours flanquée de son batteur, Ray Ketchmem. Sur cet album, ils se sont entourés

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