En Isère, la droite joue la culture

ACTUS | On murmure dans les couloirs du conseil départemental de l’Isère que la nouvelle majorité de droite, élue il y un an, soutient la culture. Voire même que les subventions augmenteraient. L’annonce semble irréelle. Pour en avoir le cœur net, on est allés rencontrer Patrick Curtaud, vice-président à la culture, et quelques acteurs culturels plutôt satisfaits.

François Cau | Mardi 19 avril 2016

Un an après avoir ravi le département à la gauche, la nouvelle majorité départementale de droite présidée par Jean-Pierre Barbier (Les Républicains) prend ses marques. Et l'action, en matière de culture, semble lancée. « Il y a eu peu d'opposition à l'augmentation du budget du département » annonce dans un sourire Patrick Curtaud, chargé de la culture au département. Après les dernières années plutôt sombres de la présidence du socialiste André Vallini, voilà l'éclaircie.

Pour 2016, le département annonce 12% d'augmentation par rapport à l'an dernier. Soit 1.5 millions d'euros en plus pour le budget de la culture. « Aujourd'hui, en cette période trouble, où l'on parle de vivre ensemble et de laïcité, la meilleure façon d'apprendre des autres, c'est le développement de la culture » assure Patrick Curtaud. Une politique de gauche appliquée par des gens de droite ? Il y a de quoi perdre le nord. « La culture n'est ni de droite, ni de gauche » continue le vice-président à la culture.

Bien sûr, il faut modérer l'enthousiasme. Henri Touati, membre de différentes organisations culturelles iséroises (comme le Forum des Lucioles) et ancien directeur du festival Les Arts du récit, s'en charge. « Il n'y a pas vraiment de rééquilibrage. La baisse des subventions depuis 2009 n'est pas encore rattrapée. » Le budget du département consacré à la culture s'était ainsi effondré en 2013 vers les 15 millions d'euros. C'était 23 millions en 2009. La pente sera longue à remonter si jamais l'équipe Barbier le voulait.

« Pas de mépris »

L'ambiance reste toutefois positive. Henri Touati : « Contrairement à ce que l'on pouvait penser, le nouveau conseil départemental n'est pas méprisant avec la culture. » Constat partagé par Jacky Rocher, directeur de la Rampe (la scène conventionnée danse et musiques d'Échirolles) qui, lui, décrit un « entretien agréable avec M. Curtaud. On avait une inquiétude avec le changement politique mais on a discuté avec quelqu'un qui connaît les dossiers. »

Le département rassure. Et donne ses orientations. Sur la liste de Patrick Curtaud, la lecture publique sera mise en avant avec des formations aux professionnels et le développement du réseau des bibliothèques sur tout le département. Le patrimoine est aussi au cœur du projet. « Pendant 5 ans, nous allons investir un million d'euros dans le patrimoine. Qu'il soit classé patrimoine historique, patrimoine de l'Isère ou patrimoine non-estampillé. » De simples églises en décrépitude profiteront de ces attentions. Un sacré coup de pouce.

Le département s'intéresse aussi à l'immobilier. Parce que le gros morceau du mandat de Jean-Pierre Barbier est déjà sur la table : les archives départementales. « Celles que nous avons à Grenoble sont trop petites, et n'ont plus la place pour les documents des tribunaux et des notaires. » Obligation est faite de construire un plus gros bâtiment à Saint-Martin-d'Hères pour 37 millions d'euros.

Vers un "donut grenoblois" ?

Pour faire bonne mesure et rassurer un monde du spectacle vivant échaudé, Patrick Curtaud et la collectivité vont aussi investir dans les festivals. Henri Touati imagine « que le département va financer un rééquilibrage géographique avec le Nord-Isère ». Bingo. Jazz à Vienne, ville dont Patrick Curtaud est adjoint, va avoir une belle subvention de 150 000 euros – 50 000 de plus que l'an dernier. Le Festival Berlioz, autre grande manifestation musicale du département (à la Côte-Saint-André), est tout aussi satisfait. Bruno Messina, directeur de l'Agence iséroise de diffusion artistique qui le porte : « On passe à 200 000 euros de subventions, et un investissement conséquent pour rénover le chapiteau. » L'asso va aussi organiser dès avril des temps périscolaires. Objectif : faire renaître la chorale, et avoir les premiers concerts au Festival Berlioz.

Du coup, quelques élus de l'agglomération craignent un "donut grenoblois" (tout pour le département, rien pour l'agglo). Patrick Curtaud s'en défend, bien sûr : « On ne laisse pas tomber les structures grenobloises. Le Magasin par exemple est toujours soutenu. La MC2 aussi. » De plus, en 2017, Grenoble-Alpes Métropole devrait acquérir la compétence culture, ce qui pourrait changer la donne. Les pourparlers vont commencer entre les deux collectivités – « un rendez-vous avec Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole, est à venir ».

Avec cette augmentation de budget, le département frappe fort. Symboliquement comme économiquement. Et dans un contexte où la région présidée par Laurent Wauquiez (Les Républicains lui aussi) va baisser ses aides dans le domaine culturel et où la Ville de Grenoble laisse dans le flou beaucoup de monde, toutes les bonnes volontés sont mises à contribution.

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Un Festival Berlioz tout en majesté

Festival | Pour l’acte 2 du 150e anniversaire de la mort du fameux compositeur français, le Festival Berlioz nous annonce "Le roi Hector". L’an passé, l’acte 1 nous avait montré un "sacré Berlioz". In fine, on célèbre chaque année à La Côte-Saint-André un sacré roi Hector Berlioz par toutes ses facettes, dans tout son génie. La preuve une nouvelle fois cet été.

Pascale Clavel | Mercredi 19 juin 2019

Un Festival Berlioz tout en majesté

Hector Berlioz (1803 – 1869), compositeur si singulier dans l’histoire de la musique, est chaque année fêté en grande pompe en Isère, et toujours avec de la démesure, du faste, du grandiose mais aussi beaucoup d’émotions. Car il ne faut jamais oublier que si Berlioz fut un immense compositeur, cela ne peut le résumer entièrement, lui qui était aussi chef d’orchestre, écrivain, journaliste, grand voyageur, amoureux transi, visionnaire fou… Et surtout autodidacte talentueux. Pour cette édition 2019 du Festival Berlioz, clin d’œil appuyé au roi Hector (le compositeur) donc, doublé d’un autre clin d’œil au fameux roi Hector de L’Énéide (la fameuse épopée de Virgile écrite entre 29 et 19 av. J.-C.) tué par Achille au cours de la guerre de Troie. Cette programmation a ainsi été tricotée à partir de cette histoire et de ce que Berlioz en a fait. Ouverture en fanfare De la démesure pour l’ouverture samedi 17 août, puisqu’un village troyen sera installé au cœur même de La Côte-Saint-André (dans lequel on pourra notamment se prendre au jeu du tir à l’arc – encore un clin d’œil, pauvre Achille !) ; de la démesure en

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Et voici l'Année du Japon en Isère !

ACTUS | On détaille le programme débuté mi-juin.

Aurélien Martinez | Jeudi 28 juin 2018

Et voici l'Année du Japon en Isère !

Des dessins de rescapés des bombardements de Nagasaki et d’Hiroshima accrochés au Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère : d’accord, mais pourquoi ? Tout simplement parce que ce musée ne résume pas ses expositions temporaires à la période et l’aire géographique que son nom peut laisser sous-entendre (en gros, la Seconde Guerre mondiale en Isère). Et, surtout, parce qu'est lancée cet été l’Année du Japon en Isère (comme il y a eu précédemment celle de l’Italie ou de l’Afrique), à l’initiative du Département, et en lien bien sûr avec la célébration au niveau national du 160e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon. Plusieurs musées départementaux sont ou seront associés à ces festivités, comme, donc, le Musée de la Résistance, mais aussi celui de la Révolution française à Vizille (sa nouvelle exposition Heurs et malheurs de Louis XVII,

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Et soudain, le Département dégaina ses Rencontres de la culture en Isère

ACTUS | Vendredi 8 et samedi 9 juin, le Département organise à Bourgoin-Jallieu ses Rencontres de la culture en Isère. Un événement qui, bien sûr, va rassembler tout un tas de professionnels du secteur, mais qui est aussi annoncé comme ouvert à tous. On vous en dit plus.

Aurélien Martinez | Lundi 4 juin 2018

Et soudain, le Département dégaina ses Rencontres de la culture en Isère

« En Isère, la droite joue la culture » : tel était le titre d’un article que nous avions rédigé en 2016, soit un an après l’arrivée à la tête du Département de la majorité présidée par Jean-Pierre Barbier (Les Républicains). En 2018, l’intention semble toujours là puisque le conseil départemental va rassembler, sur deux jours à Bourgoin-Jallieu, pas mal d’acteurs culturels « pour échanger sur les enjeux de la culture, réfléchir aux usages, aux pratiques, aux attentes des Isérois et identifier des défis concrets à relever » (extrait du communiqué). Des rencontres ouvertes à tous, et non forcément qu’aux professionnels de la profession. Plusieurs temps forts seront d’ailleurs proposés au public comme des ateliers de pratique artistique, un concert du multi-instrumentiste basé à Grenoble Stracho Temelkovski (photo) ou encore un jeu de piste géant dans Bourgoin-Jallieu. Du beau monde Mais bien sûr, ces à-côtés ludiques ne doivent pas faire oublier qu’il s’agira, pendant ces deux jours, de

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Jacky Rocher : « J’ai été très heureux pendant mes dix ans à la Rampe ! »

ACTUS | Rencontre avec Jacky Rocher, directeur de la scène échirolloise conventionnée danse et musiques, qui partira à la retraite d’ici quelques mois.

Aurélien Martinez | Mardi 27 mars 2018

Jacky Rocher : « J’ai été très heureux pendant mes dix ans à la Rampe ! »

Ça bouge pas mal en ce moment à la tête des institutions culturelles de l’agglo. Il y a quelques jours, nous avons ainsi appris que Jacky Rocher, directeur de la Rampe d’Échirolles (une « scène pluridisciplinaire avec des penchants pour la danse et les musiques » comme il la qualifie), allait partir à la retraite « a priori début octobre », soit exactement dix ans après son arrivée à la tête de ce lieu composé de deux plateaux – la Rampe, au centre-ville d’Échirolles, salle « faite pour les grands formats », et la beaucoup plus petite Ponatière, près du cours de la Libération, pour des formes artistiques plus sobres et « les tentatives ». On l’a donc rencontré dans son bureau pour un rapide bilan qu’il juge « hyper positif ». « Depuis quatre ans, la fréquentation n’arrête pas d’augmenter. Sans doute parce que le projet artistique et culturel de la Rampe est assez bien installé dans l’esprit des personnes qui fréquentent la culture. » Mais il a tout de même quelques « regrets », comme ne pas être parvenu à « amener beaucoup plus d’accueil et de convivialité dans le lieu

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Année Lesdiguières : au fait, qui était Lesdiguières ?

ESCAPADES | L’inauguration de l’exposition "La splendeur des Lesdiguières" au château de Vizille marque le début de l’année Lesdiguières. Conformément à la volonté du département, concerts, pièces de théâtre, expositions et animations seront organisés dans toute l’Isère, en l’honneur du dernier connétable de France. Un personnage historique du Dauphiné, pourtant peu connu du grand public. On fait donc les présentations.

Nicolas Joly | Mardi 4 juillet 2017

Année Lesdiguières : au fait, qui était Lesdiguières ?

Impossible de traverser Grenoble sans rencontrer au moins une fois le nom de Lesdiguières. Pourtant, rares sont ceux qui savent réellement qui était ce personnage au parcours pour le moins hors du commun. Né en 1543 à Saint-Bonnet-en-Champsaur (département des Hautes-Alpes), François de Bonne, qui ne porte pas encore le nom de Lesdiguières, connut une ascension sociale fulgurante grâce à ses compétences de stratège militaire. Il se distingua notamment en reprenant Grenoble puis une partie du Dauphiné au duc de Savoie, lors des guerres de religion de la fin du XVIe siècle. Ambitieux mais fidèle au roi Henri IV, il accumula sous son règne une quantité impressionnante de titres de noblesse. Il fut successivement nommé gouverneur de Grenoble, conseiller d’État, commandant en Provence, lieutenant général en Dauphiné, puis maréchal de France, avant qu’Henri IV ne soit assassiné le 14 mai 1610. C’est la veuve de ce dernier, Marie de Médicis, qui l’autorisa à fonder son propre duché en 1611, dont il porta le titre à partir de 1620. Il devint alors officiellement le premier duc de Lesdiguières, après avoir été nommé duc du Champsaur et gouverne

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Bruno Messina : « Berlioz était un punk ! »

Festival | Cela fait maintenant 24 ans que La Côte-Saint-André accueille un festival dédié au compositeur français Hector Berlioz (1803 – 1869). D’année en année, l’événement prend de l’ampleur, à tel point qu’il est aujourd’hui l’un des plus grands festivals de musique classique de la région. Pour Bruno Messina, son directeur artistique depuis 2009, un tel rassemblement est un hommage logique pour celui qui, de son temps, a toujours vu les choses en grand.

Nicolas Joly | Mardi 27 juin 2017

Bruno Messina : « Berlioz était un punk ! »

Grâce à vous, Berlioz est un véritable un globe-trotter : après l’Italie en 2012 et l’Amérique en 2014, il se rend cette fois en Angleterre (le sous-titre de cette nouvelle édition est "Berlioz à Londres au temps des expositions universelles"). Pourquoi ce choix ? Bruno Messina : En réalité Berlioz était un vrai voyageur. Au XIXe siècle, il fut l’un des premiers compositeurs à connaître plus de succès à l’étranger qu’en France, et notamment en Angleterre. Mais surtout, la musique classique est quelque chose qui peut tenir à l’écart les gens qui ne la connaissent pas. C’est donc plus facile d’amener le public à s’y intéresser en lui racontant une histoire, qui est celle de l’aventurier qu’était Berlioz. D’autant plus que Berlioz vouait un amour profond à l’Angleterre, un amour de cœur. Il découvrit Shakespeare à 24 ans, qui le fascina, et se découvrit en même temps une passion pour une actrice irlandaise, Harriet Smithson, qui sera le deuxième grand coup de foudre de sa vie et pour laquelle il écrira la Symphonie fantastique. C’est aussi cette histoire que l’on va raconter. Son voyag

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Culture : la métropole grenobloise s’en mêle enfin

ACTUS | Le 3 novembre, Grenoble Alpes Métropole s’est dotée de la compétence culturelle réclamée depuis longtemps par les acteurs culturels. Mais dans les faits, la collectivité semble très prudente puisqu’elle ne s’engage que sur une chose : le transfert dans ses services des deux scènes nationales du territoire – la MC2 et l’Hexagone. On fait le point.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 15 novembre 2016

Culture : la métropole grenobloise s’en mêle enfin

La métropole grenobloise commence à rajouter des cordes à son arc. Après sa création l’an dernier (elle a succédé à la communauté d'agglomération du même nom), elle vient de s’adjoindre, en plus de ses six compétences actuelles, le domaine culturel et sportif. Même si, dans les faits, au 1er janvier 2017, il n’y aura pas de création de poste de vice-président à la culture, ni de service correspondant. Et, bien sûr, les adjoints à la culture des 49 équipes municipales ne disparaitront pas. Le président PS Christophe Ferrari et sa majorité préfèrent y aller doucement. « Le transfert des deux équipements à la Métropole que sont l’Hexagone de Meylan et la MC2 est la seule décision réelle prise pour le début d’année prochaine » résume Henri Touati, membre du Collectif métropolitain des acteurs artistiques et culturels qui a participé à la concertation autour de ce sujet. En 2017, les réflexions vont donc continuer, et ainsi valider (ou infirmer) les choix faits en ce début novembre. La culture conjuguée au conditionnel Utiliser le conditionnel est donc néces

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Rocktambule : vers une annulation de l’édition 2016

ACTUS | Grégory Signoret, patron du festival grenoblois Rocktambule, annonce la couleur : les caisses sont vides, ce sera impossible d’organiser cet automne l’édition 2016. Mais tout n’est pas perdu pour la suite si des subventions d’urgence sont consenties. On fait le point avec les principaux acteurs du dossier.

Jean-Baptiste Auduc | Jeudi 5 mai 2016

Rocktambule : vers une annulation de l’édition 2016

Le Pôle Musical d’Innovation, association grenobloise organisatrice notamment du festival Rocktambule, l’assure : l’édition 2016 pourrait être annulée au vu de la situation financière. Pourtant, pendant 22 ans, Rocktambule a eu sa place surtout à Grenoble et, un peu, à Pont-de-Claix (en 2012). Il y a eu des hauts et des bas. Mais ces dernières semaines, le moral du panda (l’icône du festival) est au plus bas. Le problème du PMI, c’est le trou dans le budget, presque abyssal, dû à l’édition 2015. Il manque 100 000 euros suite au crash de fréquentation de l’année dernière. L’addition est lourde. D’où cette demande « d’année blanche » faite aux tutelles. « Dès le lendemain du festival, le Pôle Musical d’Innovation était en cessation de paiements. Maintenant, la situation est complexe. Une procédure de sauvegarde est en cours » explique Olivier Bertrand, adjoint à l’événementiel à la Ville de Grenoble. « Le festival a du mal à programmer pour 2016. Comme certains producteurs n’ont pas été payés sur l’édition 2015, ils ne veulent pas s’engager. » Une annulation de l’édition 2016 est donc envisagée, c

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Toute une histoire

SCENES | Dernière édition des Arts du récit pour Henri Touati, sémillant et très engagé directeur de la manifestation iséroise qui part à la retraite ensuite. Mais le festival (...)

Aurélien Martinez | Mardi 13 mai 2014

Toute une histoire

Dernière édition des Arts du récit pour Henri Touati, sémillant et très engagé directeur de la manifestation iséroise qui part à la retraite ensuite. Mais le festival dédié au conte, en marche depuis 28 ans, continuera bien sûr sa route, avec aux commandes Martine Carpentier, actuellement directrice adjointe. Un changement dans la continuité (même si nous ne sommes pas à l’abri de surprises – Martine, rendez-vous en 2015 en interview !) pour une aventure artistique ancrée sur de solides bases. Ainsi, on retrouvera lors de cette vingt-septième édition une myriade de têtes connues, comme Didier Kowarsky (avec un intrigant spectacle autour de Tom Waits), Catherine Zarcate, Myriam Pellicane, Gérard Potier ou encore Jennifer Anderson. Des conteurs à découvrir dans les nombreuses salles partenaires, à Grenoble et dans toute l’agglo, pendant les douze jours que dure le festival. Niveau temps forts, cette année, on retient surtout de La préhistoires des contes, projet entre la France, l’Espagne, l’Italie et l’Afrique du Sud, avec une soirée Afrique du Sud au sein d’une chapelle à Renage le vendredi 16 mai et une journée dans les grottes de Sassenage le dimanche 18 mai ;

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« On est entre deux eaux »

ACTUS | L’année dernière, la majorité des acteurs culturels de l’Isère s’était mobilisée « face au risque d’une troisième année consécutive de baisse des subventions du Conseil général de l’Isère ». La situation était explosive, le Conseil général renvoyant la faute à l’État et à son désengagement. Une situation qui va donc maintenant évoluer ? Jacky Rocher, directeur de la Rampe d’Échirolles et signataire l’an passé de la pétition sur cette question, nous en dit plus.

Aurélien Martinez | Vendredi 25 mai 2012

« On est entre deux eaux »

La situation actuelle : « Il y a eu un rattrapage en 2011, sur à peu près l’ensemble des structures culturelles et des artistes. Mais un rattrapage relatif : en 2011, on n’a pas retrouvé les niveaux de 2010. Et pour quelques structures, ce rattrapage n’a pas été totalement au rendez-vous, voire très peu au rendez-vous : je pense au festival Les Détours de Babel, ou aux Musiciens du Louvre par exemple, bien qu’il y ait eu depuis de nouvelles avancées. Pour l’année 2012, nous savons maintenant à quel niveau nous allons être soutenus par le Conseil général, et pour ce soutien-là, il est très légèrement inférieur au niveau de 2011 – en comptant le rattrapage. Donc une légère érosion à nouveau. C’est pour ça que nous sommes dans une situation d’attentiste. » L’avenir : « On est là-aussi dans l’expectative. Au niveau national, on sait maintenant qu’il y aura un dégel du budget de la culture, comme l’a annoncé la ministre, alors qu’il était clair jusqu’à la présidentielle qu’il n’y aurait pas de dégel. Au niveau départemental, on est en attente, surtout que l’on voit bien cette lente érosion qui est inquiétante. D’ailleurs, c’est beaucoup plus

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«Une dimension de fête»

SCENES | Le festival Les Arts du récit, grand conteur d'histoires en tous genres qui investit chaque année les nombreuses salles partenaires de l'agglo, en est à sa vingt-cinquième édition. À cette occasion, Henri Touati, son directeur, nous a reçus pour évoquer le passé, le présent, et l'avenir. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 4 mai 2012

«Une dimension de fête»

C'est donc la vingt-cinquième édition du festival. Pourtant, aucune fête particulière n'est prévue... Cette envie de sobriété est-elle liée à la conjoncture actuelle dans le milieu culturel ?Henri Touati : La conjoncture n'est pas l'élément central, même si elle a forcément apporté une gravité dans la façon de regarder le projet culturel que l'on porte. Évidemment, faire une grosse fête au moment où l'on se débat avec certaines difficultés ne serait pas très cohérent. Et puis, de toute façon, on fait un festival qui a une dimension de fête, quoi qu'il arrive.  Malgré tout, la conjoncture vous a contraints à annuler des évènements...Cinq projets – quatre spectacles et un colloque – qui avaient été engagés, dont certains au niveau de la production, ont dû être supprimés. Car le problème d'une structure qui gère un festival, tout en ayant une activité à l'année, c'est que le festival pèse lourd. On ne peut avoir d'effets que sur le long terme lorsque l’on change une procédure. On a donc eu le sentiment qu'il fallait prendre les choses très vite, à bras le corps, et resserrer budgétairement. Quand en février dern

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Programmateurs/trices de danse, excitez-nous !

SCENES | La danse est un champ artistique riche, varié, protéiforme, enthousiasmant, innovant… Les salles grenobloises arrivent-elles à transmettre au public ces différents élans créatifs ? Tentative de réponse en compagnie de quelques pontes locaux.

Aurélien Martinez | Lundi 10 janvier 2011

Programmateurs/trices de danse, excitez-nous !

Plus d’une vingtaine de plateaux dans l’agglo : le bassin grenoblois est d’une extrême richesse niveau spectacle vivant. Surtout en théâtre. De ce point de vue, le maillage de salles n’a pas à rougir des comparaisons (notamment avec ses voisins, comme Lyon), bien au contraire. Ensemble, en tenant compte de leurs spécificités et de leurs moyens, les lieux de diffusion offrent un très large éventail de la création théâtrale contemporaine. Mais niveau danse, l’euphorie est moindre. Grosso modo, seulement deux salles (la MC2 et la Rampe) offrent une réelle programmation pour les amateurs de ce genre artistique, les propositions des autres étant plus sporadiques. Suffisant ? Pas forcément… Surtout qu’il n’est pas sûr qu’à elles seules, la Rampe et la MC2 arrivent à satisfaire l’appétit du public grenoblois (réputé extrêmement curieux et demandeur). « Bien sûr, mon grand souhait serait que l’on puisse faire plus. Mais on a déjà une belle visibilité, parce que l’on peut jouer entre ces trois plateaux [le grand théâtre, le petit et la salle de création – NDLR], et c’est extrêmement rare en France » nous explique Sylvaine Van den Esch

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« Pour une politique culturelle d’agglomération »

ACTUS | Le bassin grenoblois est extrêmement riche culturellement, notamment niveau spectacle vivant. On dénombre ainsi deux douzaines de plateaux de théâtre (dont (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 24 septembre 2010

« Pour une politique culturelle d’agglomération »

Le bassin grenoblois est extrêmement riche culturellement, notamment niveau spectacle vivant. On dénombre ainsi deux douzaines de plateaux de théâtre (dont deux scènes nationales : la MC2, la plus grande de France, et l’Hexagone, l’une des plus petites), offrant ainsi au public un choix considérable. Un public qui suit souvent en nombre, comme nous l’ont tous affirmé les directeurs, et comme nous pouvons nous en rendre compte chaque soir. Des spectateurs qui voyagent de ville en ville, sans se soucier des frontières administratives. À l’Hexagone par exemple, selon son taulier, un tiers du public vient de Meylan, un autre tiers de Grenoble et un dernier tiers de l’agglo (hors Grenoble). Pourtant, il n’existe pas de politique culturelle d’ensemble gérée par l’agglomération, ce que regrettent unanimement les directeurs que l’on a interrogés, comme nous l’explique Jacky Rocher de la Rampe : « Il va vraiment falloir se questionner là-dessus. Parce que si jamais les resserrements budgétaires devenaient trop importants, j’ai un peu peur des réflexes d’un certain nombre de villes et d’élus qui fassent des politiques culturelles pour leur ville exclusivement. C’est un immense

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Baisse-moi

ACTUS | Comment un directeur de salle aborde cette rentrée où sont annoncées des baisses de financements de toutes parts (État, département…). Comment voit-il l’avenir compte tenu de ces incertitudes ? Quel regard porte-t-il sur son métier et sur les activités culturelles en général ? On a rencontré trois des principaux directeurs de salle de l’agglo pour évoquer avec eux ces sujets. Magnéto. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 24 septembre 2010

Baisse-moi

En France, les activités culturelles sont financées à hauteur de 70 à 80% par les collectivités locales. Ainsi, un théâtre comme l’Hexagone reçoit 22% de ses subventions de la part de l’État, les 78 % restants provenant des collectivités – la ville de Meylan en premier lieu, puis le conseil régional, et enfin le conseil général. Or, outre la possible suppression de la clause de compétence générale (1) un temps prévue par la réforme des collectivités territoriales, plusieurs facteurs pourraient condamner ces financements multiples : que ce soit du côté des collectivités territoriales, en quête constante de financement du fait du transfert de nombreuses compétences sur leurs épaules, et de la disparition de certaines de leurs recettes, ou du côté de l’État avec sa politique de diminution de ses coûts de fonctionnement (2). «Les flous ne sont jamais bénéfiques» «Que font les collectivités locales aujourd’hui ? On leur a supprimé la taxe professionnelle, on leur dit qu’il y aura des compensations en euros constants garanties sur deux-trois ans – quid d'après ? Donc, les collectivités elles-mêmes prennent peur, font gaffe et anticipent. La plupa

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«Montrer la diversité»

SCENES | Le Festival les Arts du Récit a 20 ans. 20 ans de contes en lien avec le monde contemporain, portés par des artistes de toutes origines et horizons : Henri Touati, initiateur de ce projet majeur dans le milieu du conte, est attaché à cette idée de diversité. Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 16 mai 2007

«Montrer la diversité»

Que souhaitez-vous mettre en avant pour fêter les 20 ans du Festival ?Henri Touati : L’axe premier je crois que c’est de montrer que depuis 86-87, date de création du Festival, notre activité s­’est focalisée sur la diversité. Donc la proposition de ce festival, c’est de montrer cette diversité. Par l’éclectisme ?Par la multiplicité des lieux, des formes d’accueil, des formes de spectacles et des contenus. Et puis les origines des artistes, leur dimension traditionnelle comme contemporaine montrent que raconter une histoire aujourd’hui est quelque chose d’assez simple. En même temps, la multiplicité des propositions nous permet d’avoir des univers, des mondes qui sont à chaque fois différents. C’est ça l’axe central de ce festival. Une journée très particulière, celle du 12 mai, sera une rencontre où plus de 100 conteurs vont être présents. 100 conteurs qui sont venus au Festival sur les 250 : c’est un événement de dimension nationale dans le milieu du conte, puisque c’est la première fois que l’on va regrouper tant de conteurs au même endroit. Comment va se dérouler cette rencontre ?

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