Notre sélection de concerts et spectacles à offrir à Noël

ACTUS | Comme chaque année en décembre, tout le monde se demande quoi mettre à qui sous le sapin. Laissons à nos confrères les suppléments en papier glacé vantant les mérites de produits high-tech capables de vider un porte-monnaie en deux secondes et autres biens de consommation qui en jettent une fois le papier déballé mais n’ont plus aucune utilité dès le 26 décembre, et optons pour une sélection 100% immatérielle à base de spectacles et de concerts. C'est cadeau !

La rédaction | Mardi 6 décembre 2016

Jeff Mills

Pour les vétérans de l'électro

Jeff Mills ? Une véritable légende de la musique électronique, à la fois technicien hors pair, artiste inspiré et figure historique de la scène techno de Détroit. Avec sa création atypique de 2014 baptisée Planets, il a réinterprété l'une des partitions les plus célèbres du répertoire symphonique classique (Les Planètes de l'Anglais Gustav Holst, composée il y a un siècle) pour un voyage dans le système solaire (d'où le titre) en dix mouvements. Et autant (voire plus) d'émotions, comme « le mélange du classique et de la musique électro produit toujours des résultats inattendus » selon lui. On le croit sur parole.

À la MC2 vendredi 31 mars
De 10 à 29€

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Julien Doré

Pour les amateurs de chanson française à tendance hipster

On a toujours regardé avec intérêt Julien Doré, même s'il y a toujours eu un petit quelque chose en lui qui ne nous convainquait pas totalement – son personnage de dandy adepte des références arty sans doute. Mais nos réticences commencent à (toutes ?) tomber plus on écoute son album & sorti en octobre dernier. Car, et c'est encore plus flagrant aujourd'hui qu'hier, Julien Doré est un mélodiste doué doublé d'un auteur original et d'un interprète solide. On ira donc au Lac avec lui en avril…

Au Summum jeudi 24 avril
De 32 à 49€

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Le festival Holocène

Pour les amateurs de gros raouts

Holocène, c'est le nouveau festival musical qui aura lieu début mars à Grenoble et dans l'agglo. Avec trois grosses dates chargées en têtes d'affiche pour commencer : les belles gueules de Fréro Delavega et le chanteur Féfé le jeudi 2 au Summum ; le survolté General Elektriks, les décalés Naïve New Beaters ou encore les chanson française balkanique Soviet Suprem le vendredi 3 au Summum ; et un gros plateau électro le samedi 4 à Alpexpo avec la légende french touch Étienne de Crécy en DJ set ou encore les popeux Jabberwocky (la programmation est encore en cours). De quoi satisfaire pas mal de monde.

Au Summum et à Alpexpo du 2 au 4 mars
De 25 à 45€ selon les soirs (avec 500 places à tarif préférentiel pour la soirée du samedi)

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Salif Keïta

Pour les ouverts sur le monde

Le concert aurait dû avoir lieu mi-novembre à la Belle électrique, mais il a été annulé puis reporté au 1er février. Ce qui tombe bien pour notre sélection de Noël ! Car Salif Keïta est un immense chanteur malien, issu d'une famille princière descendant directement du grand empereur d'Afrique de l'Ouest médiévale Soundiata Keita. Il viendra donc à Grenoble défendre son riche répertoire, engagé et militant, de musique traditionnelle mandingue, pour une soirée acoustique forcément magique.

À la Belle électrique mercredi 1er février
De 26 à 30€

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Renaud

Pour les nostalgiques d'une autre France

Renaud, c'est peut-être plus trop ce que c'était, mais comme c'était quand même quelque chose à l'époque, ça reste encore quelque chose aujourd'hui. Et visiblement, beaucoup s'en souviennent de cette époque, les deux concerts grenoblois des 16 et 17 février ayant rapidement affiché complet. Une date a donc été rajoutée le 15 février : une nouvelle possibilité pour se replonger dans un bout d'histoire musicale de l'Hexagone, et de chanter avec lui sur Mistral gagnant. En souvenir du bon vieux temps.

Au Summum mercredi 15 février
De 39 à 49€

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IAM

Pour les nostalgiques d'un certain rap

Certes Demain c'est loin (en novembre 2017), mais des places pour le concert d'IAM pourrait ravir à Noël ceux qui adore pester, avec le plus de mauvaise foi possible, contre le rap d'aujourd'hui qui n'aurait plus la même gueule que celui d'avant. Ou ceux qui, tout simplement, ont écouté en boucle le cultissime album d'IAM L'École du micro d'argent, sorti il y a 20 ans et renfermant une poignée de tubes – Petit frère, Nés sous la même étoile, L'Empire du côté obscur

Au Summum le dimanche 12 novembre
De 45.50 à 56.50€

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Jeremy Ferrari

Pour ceux qui aiment l'humour borderline mais intelligent

C'est l'un des one-man-shows les plus surprenants du moment, jusque dans son titre : Vends 2 pièces à Beyrouth. Un spectacle avec lequel l'humoriste de 31 ans veut réveiller les consciences en exposant divers faits (sur les origines du bordel actuel au Moyen-Orient notamment, ou sur les pratiques pas très morales de certains philanthropes), le tout en ambitionnant de faire marrer son auditoire. Un attelage qui fonctionne (Ferrari est un excellent bateleur) et remplit les salles partout en France (mais il reste de la place pour la date grenobloise).

Au Summum jeudi 13 avril
41 €

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Jean-Remi Chaize

Pour ceux qui aiment dire "je l'ai vu à ses débuts"

Un humour bien piquant, une galerie de personnages savoureux et, surtout, un sens du comique affûté (on sent la formation théâtrale solide) : le nouveau venu dans le grand et vaste monde des comiques nous a embarqués direct avec On n'est pas des chiens, son premier seul-en-scène – oui, c'est comme ça qu'on dit quand on ambitionne un peu plus que de simplement amuser la galerie. On parie qu'à l'avenir, on le retrouvera dans des salles plus grandes que la Basse cour (voire à la télé pour une chronique). En attendant, c'est dans ce café-théâtre qu'il fera ses premières dates grenobloises en tête d'affiche.

À la Basse cour du jeudi 30 mars au samedi 8 avril
De 12 à 30€

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2666

Pour ceux qui aiment les aventures théâtrales

Douze heures de théâtre (entractes compris) sur une journée, c'est ce nous propose le metteur en scène Julien Gosselin avec son spectacle-fleuve 2666. Celui qui nous avait subjugués en 2015 avec sa vision des Particules élémentaires de Houellebecq revient ainsi aux affaires avec une nouvelle adaptation d'un roman phare : le 2666 du Chilien Roberto Bolaño, grande fresque de 1000 pages où se croisent divers personnages et intrigues sur fond d'apocalypse à venir. Fou.

À la MC2 samedi 14 et dimanche 15 janvier
De 13 à 27€

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Au-dessus de la mêlée

Pour les cultureux qui aiment aussi le sport

Un seul-en-scène sur le monde du rugby qui dépasse la simple question du sport, même si cette dernière reste centrale – on suit un joueur sur quinze ans, de ses débuts tout gamin à son ascension remarquable. Sur le plateau, Cédric Chapuis campe tous les personnages : ses coéquipiers, ses parents, son coach… Un très beau moment de théâtre dans la lignée de ces grands spectacles forts en émotions et, surtout, accessibles à tous.

Au Théâtre en rond (Sassenage) samedi 11 février
De 12 à 17€

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Dom Juan

Pour ceux qui aiment le théâtre classique pas si classique

On n'a pas encore vu cette énième version du fameux texte de Molière, mais on suppose qu'elle sera forte, moderne et énergique. D'abord parce qu'elle est signée Jean-François Sivadier, metteur en scène qui s'empare souvent des classiques pour les dynamiter avec brio. Ensuite parce qu'elle est interprétée par l'excellent Nicolas Bouchaud, une des Rolls-Royce du théâtre français capable de tout jouer. Un alliage qui fait toujours des merveilles…

À la MC2 du jeudi 19 au samedi 28 janvier
De 10 à 25€

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My rock

Pour les fans de rock et de danse

Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta, légende vivante (et grenobloise) de la danse contemporaine en France qui a dirigé pendant plus de trente ans le Centre chorégraphique national de Grenoble, reprend son spectacle créé en 2004 pour l'ouverture de la MC2. Une pièce énergique qui lie danse contemporaine et standards du rock – Dylan, les Beatles, les Stones, Nirvana… Et une véritable réussite qui fait un bien fou, à mettre devant tous les yeux, et surtout ceux qui ont plein d'a priori sur la danse.

Au Grand Angle (Voiron) mardi 4 avril
De 10 à 20€

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En salles : "La méthode Williams", "Lingui, les liens sacrés", "Animal"...

Théma | Le monde tourne en rond et sur lui-même. Quant à nous, nous hésitons entre l’arbre et la pirogue, laquelle nous permet de voguer vers un autre arbre voire, mieux, au cinéma voir des films parlant ou montrant des allers-retours…

Vincent Raymond | Lundi 29 novembre 2021

En salles :

Qu’est-ce que ça bouge sur les écrans ! Espérons toutefois conserver un peu de stabilité pour les films, certains sortant à la vitesse d’un service des sœurs Williams (207 km/h). Celles-ci sont justement au cœur de La Méthode Williams, biopic autorisé de Reinaldo Marcus Green (01/12) dans lequel Will Smith incarne leur père et coach Richard, promoteur d’une méthode destinée à faire dès le berceau de ses filles des championnes. La nécessité de créer des role models aux États-Unis, alliée au politiquement correct, abrasent les rugosités du personnage. Certes, il apparaît déterminé et doué d’une formidable vista, mais ses zones d’ombre avérées sont soit à peine évoquées, soit “arrangées” en extravagances de caractère. Dommage, car en instillant ces nuances dans le rôle, il y aurait eu davantage d’enjeu pour Will Smith. Et plus d’intér

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"A Quiet Evening of Dance", pur Forsythe

Danse | La MC2 de Grenoble accueille les 14 et 15 décembre le maître néoclassique qu'est William Forsythe, pour A Quiet Evening of Dance.

Valentine Autruffe | Lundi 29 novembre 2021

Difficile de résumer l'univers du chorégraphe William Forsythe, tant son œuvre, débutée dans les années 1970, est riche, débordant même parfois les frontières de la danse pour des installations ou des performances dans les musées… Né en 1949 à New York, féru au départ de rock et de comédie musicale, Forsythe émigre en Allemagne où il dirigera bientôt le Ballet de Francfort, de 1984 à 2004. Une formation de culture classique avec laquelle il invente son propre style fait à la fois de déconstruction des codes classiques, mais aussi d'une extrême virtuosité technique (vitesse d'exécution ébouriffante, membres sous forte tension…). En 2005, il crée une compagnie indépendante, toujours basée en Allemagne, multipliant les collaborations (dernièrement avec le Ballet de l'Opéra de Paris en 2015). Plusieurs de ses pièces ont ét

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Holocène, flow festif

ACTUS | Le plus gros festival de l’agenda grenoblois, Holocène, reviendra les 4 et 5 mars 2022 à Alpexpo. Avec une programmation très rap (PLK, Soso Maness, Seth Gueko…) et électro (Worakls, Enfant Sauvage, Meute…).

Valentine Autruffe | Mardi 16 novembre 2021

Holocène, flow festif

Pas de locomotive, mais Holocène 2022 annonce du lourd qui plaira tout spécialement aux amateurs de rap actuel. PLK, « disque d’or dans le sac à dos », défendra Enna, dernier album 100% Skyrock-compatible, simple et efficace si bien qu’il vient juste de bénéficier d’une réédition augmentée. PLK ratisse large, on peut en dire autant de Soso Maness, « notre coup de cœur ici, ça fait des années qu’on veut le faire venir », se réjouit Sylvain Nguyen, directeur de Periscope, qui organise Holocène. Soso Maness cartonne avec son rap jacassier labellisé marseillais, paroxysme atteint avec le sample du ballet russe Petrouchka. Vous l’aurez compris, on n’est pas tellement fan ; mais si on met de côté le bon goût, très facile de sautiller partout et de brandir les mains en l'air devant un live de Soso Maness. Credo complètement assumé par Periscope qui veut avant tout chose deux jours de folle nouba : « On est pas sur un rap ghetto ou intello, mais sur un rap de fête. Après un an et demi de Covid, la fête, c’est la base ! » On ne va pas dire le contraire ! A Holocène 2022, il y aura aussi moyen de gobeloter gaiement en écoutant des son

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Art contemporain franco-africain, l'expo inattendue

ARTS | Voilà un événement qui aurait bien pu nous échapper, si on n’avait pas été intrigué par le kakemono accroché à l’entrée de l’ancien musée de peinture : "art (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 19 octobre 2021

Art contemporain franco-africain, l'expo inattendue

Voilà un événement qui aurait bien pu nous échapper, si on n’avait pas été intrigué par le kakemono accroché à l’entrée de l’ancien musée de peinture : "art contemporain africain", voilà ce qu’on pouvait y lire. Bonne surprise ! Cette exposition géographico-thématique, un peu fourre-tout, offre l’occasion de découvrir quelques œuvres qui méritent le détour. Dès l’accueil, faciles mais efficaces, les séries photographiques de Khalifa Ndiaye montrent des personnages dont on ne sait s’ils lévitent, volent ou planent dans des environnements relativement triviaux… un peu de légèreté et de poésie dans un monde de brutes. "foRest" par Paul Armelson C’est aussi l’impression que donnent les petits films d’Ezra Wube dont l’animation dynamique restitue l’urbanisation trépidante des mégapoles contemporaines. Plus loin, Sirifo Diakaby questionne la couleur noire à travers une installation téléphonique qui vous permettra d’entrer en communication avec l’esprit de cette

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Stéphanie Nelson et Ina Thiam, regards croisés photographiques entre France et Sénégal

ARTS | Organisée à l’occasion des 20 ans de la coopération du Département de l’Isère avec le Sénégal oriental, l’exposition "Personne n’éclaire la nuit - La mémoire en miroir" propose une réflexion subtile sur les représentations et les stéréotypes grâce au travail des photographes Stéphanie Nelson et Ina Thiam.

Benjamin Bardinet | Mardi 24 août 2021

Stéphanie Nelson et Ina Thiam, regards croisés photographiques entre France et Sénégal

Initialement prévue en mai 2020, l’exposition actuellement présentée dans le magnifique cloître du Musée dauphinois est l’aboutissement d’une résidence croisée France/Sénégal dont la crise sanitaire a quelque peu chamboulé les modalités et le calendrier. Si la photographe iséroise Stéphanie Nelson a pu séjourner dans le département de Kédougou au Sénégal en janvier 2020, la Sénégalaise Ina Thiam a été contrainte de repartir dès son arrivée dans nos contrées au tout début du mois de mars de la même année. Du coup il lui a été proposé de faire elle aussi sa résidence à Kédougou – ce qui, pour une Dakaroise, est finalement assez dépaysant. Ina Thiam profita de ce temps de résidence pour réaliser des doubles portraits de jeunes femmes kédovines : le premier portrait "classique" est confronté à un second dans lequel ses sujets incarnent de façon volontairement théâtralisée des figures féminines qu’elles revendiquent comme modèles et dont une petite fiche nous explique le parcours. Sortir de sa zone de confort Ce sont également des diptyques photographiques dédiés à la jeunesse kédovine que propose Stéphanie Nelson. Le

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À la rencontre de l’autre

Danse | Danseuses et chorégraphes, Myriam Lefkowitz et Catalina Insignares viennent de passer trois semaines en résidence à Grenoble à l’invitation du Pacifique, centre de développement chorégraphique national. Elles ont travaillé avec des migrants autour de la Facultad, un ensemble de propositions artistiques qu’elles ont élaboré. Leur démarche : placer l’attention à l’autre au cœur de la création.

Martin de Kerimel | Lundi 29 mars 2021

À la rencontre de l’autre

Pour elles, la danse ne se limite pas à une pratique artistique sur scène. Myriam Lefkowitz s’interroge sur les questions d’attention et de perception et travaille notamment sur des dispositifs immersifs, pour favoriser la relation directe entre les spectateurs et les interprètes. Catalina Insignares, elle aussi, aime questionner la relation des artistes à la société. La permanence qu’elles viennent d’organiser dans un appartement du quartier de l’Abbaye, à Grenoble, les a placées en contact direct avec plusieurs dizaines de personnes exilées, ainsi qu’avec d’autres, issues du monde associatif, qui les accompagnent, les écoutent et les soutiennent. L’idée : expérimenter des pratiques qui, par nature, nécessitent la mise en place d’une relation à l’autre. Marches urbaines les yeux fermés, danse de mains, dialogues basés sur l’imaginaire et les ressentis… un ensemble de démarches mis au service de la rencontre, sans intention d’en tirer un spectacle. « Déségrégation » Cette résidence à Grenoble était également, pour les deux jeunes femmes, une expérience personnelle.

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Les fantômes du Congo

Photo | De 2014 à 2019, le photographe William Dupuy a arpenté les confins de la République démocratique du Congo à la rencontre des enfants soldats. Une plongée dans l’enfer des conflits inter-ethniques dont le regard hagard des protagonistes témoigne de la détresse, souvent inconsciente, qui les hante. Une exposition à découvrir au Studio Spiral.

Benjamin Bardinet | Vendredi 19 mars 2021

Les fantômes du Congo

Sous un ciel encombré de nuages teintés d’un gris électrique, une luxuriante végétation vert sombre recouvre le doux relief de collines dont les lignes sinueuses se perdent dans le lointain. L’ambiance singulière qui se dégage du paysage que dévoile le cliché introductif de l’exposition de William Dupuy a autant pour but de témoigner des caractéristiques géographiques du Nord Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo, que de nous plonger dans l’étrange atmosphère de cette contrée en proie à de multiples conflits. Une dimension fantasmatique que William Dupuy amplifie en re-baptisant ce territoire Neverland en référence à Peter Pan, car, tout comme la fameuse île issue de l’imaginaire de J.M. Barrie, cette région abrite un grand nombre "d’enfants perdus". En effet, embrigadés dès leur plus jeune âge, les enfants-soldats du Nord Kivu s’engagent dans de multiples micro-conflits qui les dépassent et dont ils ne savent généralement pas grand-chose, si ce n’est que s’ils ne tuent pas l’ennemi qui leur est désigné, c’est eux qui seront tués. Totalement désœuvrés et déscolarisés (les rares instituteur.trices encore en place expliquent généralement

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Festivals estivaux : des incertitudes demeurent

MUSIQUES | Roselyne Bachelot a tranché : pour la ministre de la Culture, les festivals estivaux ne pourront accueillir que 5 000 personnes assises et distanciées, dans le respect des gestes barrières. Les organisateurs sauront-ils s’adapter ? Certains d’entre eux ont déjà renoncé. D'autres nous ont répondu et fait part de leurs difficultés.

La rédaction | Mercredi 3 mars 2021

Festivals estivaux : des incertitudes demeurent

Magic Bus en format réduit En novembre dernier, l’association Retour de Scène se voulait optimiste (on ne sait plus trop, mais il y avait peut-être de quoi, à l’époque !) et annonçait des dates pour son prochain festival Magic Bus. La 20ème édition devait se tenir du 6 au 8 mai, avec une programmation presque bouclée. Aujourd’hui, l’équipe du festival est largement revenue sur ces projets initiaux, mais elle ne s’en démène pas moins pour maintenir un événement adapté aux contraintes sanitaires annoncées. Damien Arnaud, coordinateur de l’association grenobloise, nous explique tout : « On est en cours de réflexion pour proposer un format assis en jauge réduite (pas plus de 500 personnes) courant juin. Ce ne sera pas à l’Esplanade, mais on cherche tout de même un lieu en plein air. La programmation sera axée sur la découverte de la scène locale avec, tout de même, un ou deux artistes d’envergure nationale en tête d’affiche. Certaines esthétiques, comme l’électro, ne seront malheureusement pas représentées. Ce sera une autre approche, plus tranquille. Ce que je peux d’ores et déjà annoncer, c’est que le Student Groove Orchestra, en partenariat avec le Crous

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Le Périscope : « On se tient prêt à redémarrer »

Interview | Connu des Grenoblois comme l’organisateur des festivals Holocène et Musée électronique et comme le producteur de tournées de Trois Cafés Gourmands ou de Jérémy Frérot, Le Périscope a lui aussi vu son activité fortement déstabilisée par le covid-19. Sylvain Nguyen, gérant de la structure, nous en dit plus sur qu’elle a vécu et comment elle entrevoit l’avenir.

Nathalie Gresset | Mardi 9 juin 2020

Le Périscope : « On se tient prêt à redémarrer »

« J’ai du mal à mesurer toutes les conséquences que le covid a et aura sur notre activité, constate amèrement Sylvain Nguyen, l’un des deux fondateurs et gérants du Périscope. Le printemps et l’été, nos deux plus grosses saisons en tant que producteur de tournées et organisateur de festivals, sont annulés. Économiquement, c’est évidemment catastrophique. » Reports en cascade, annulations, chômage partiel pour les membres de l’équipe… Comme bon nombre d’acteurs du secteur culturel, l’entreprise grenobloise d’une dizaine de salariés n’est pas épargnée par les répercussions de la crise sanitaire. « Au début du confinement, on avait tout autant de travail car il fallait gérer les reports/annulations, rapatrier le matériel sur la route… Puis ça s’est calmé. Pendant le deuxième mois, on s’est concentré sur la communication envers le public et nos équipes. » Musée électronique reporté, Holocène annulé Côté concerts, Le Périscope a pour l’instant trouvé de nouvelles dates pour la totalité de ses événements. Les prestations de Gauvain Sers et d’Oldelaf prévues en mars à la Belle Électrique ont ainsi été décalées respectivement au 24 septem

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Doublé Capra : du bonheur pour cinéphiles

Reprises | Le grand cinéaste américain est à l'honneur du Ciné-Club et de la Cinémathèque de Grenoble, qui projettent deux de ses films parmi les plus emblématiques les 18 et 20 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Doublé Capra : du bonheur pour cinéphiles

Heureux cinéphiles grenoblois qui, en moins d’une semaine, vont se régaler les yeux avec deux classiques de Frank Capra ! On pourrait parler de hasard de programmation entre le Ciné-Club et la Cinémathèque, mais y a-t-il vraiment un hasard à l’approche de Noël lorsque l’un des deux films projetés se trouve être La Vie est belle (photo, 1946) ? Depuis sa sortie, ce long métrage est aux États-Unis indissociable des fêtes de fin d’année, tant il incarne l’esprit (et le miracle) de Noël. On y suit George, un brave type (le prototype de l’altruiste capresque, incarné par Jimmy "homme-de-la-rue" Stewart) sur le point de se supprimer, sauvé grâce à l’intervention providentielle d’un apprenti ange lui révélant à quel point le monde serait un enfer pour les autres s’il n’existait pas. Malgré les années, l’histoire demeure très moderne, si l’on y réfléchit : l’ange a recours à une vérité alternative pour étayer ses propos, et fait œuvre de coach en développement personnel pour convaincre George de sa valeur intrinsèque. Soooo 2019 ! Autre monument, mais au rayon comédie dramatique, New York-Miami (1934) avec Claudette Colbert e

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"Debout sur la montagne" : là-haut, y a pas débat

ECRANS | De Sébastien Betbeder (Fr., 1h45) avec William Lebghil, Izïa Higelin, Bastien Bouillon…

Vincent Raymond | Mardi 29 octobre 2019

Quinze ans après leur enfance montagnarde, trois amis se retrouvent dans leur village d’origine à l’occasion des funérailles du grand frère de l’un d’entre eux. Leurs rêves de jeunesse disloqués, ils constatent que la vie d’adulte donne plus souvent des raisons de pleurer que de rire… Sébastien Betbeder a de la constance, il faut le lui reconnaître. N’aimant rien tant que les histoires de copains en quête d’une forme de retrouvailles dans un milieu plutôt hostile, le prolifique cinéaste décline son thème chéri dans tous les environnements et avec toutes les configurations possibles. Après l’île de Marie et les Naufragés, le grand Nord enneigé du Voyage au Groenland, la bourgade d’altitude constitue ici une suite logique pour le sympathique trio. Quant à la réunion entre potes, si elle est entravée par le poids d’un passé commun traumatique alourdi par les blessures intimes de chacun, son issue offre une délivrance générale façon absolution. Jonglant avec les peurs d

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IAM sera à la Belle électrique en mars

Annonce | Alors qu’ils sortent d’une grosse tournée anniversaire pour les 20 ans de leur cultissime L’École du micro d’argent, les Marseillais du groupe IAM sont (...)

La rédaction | Vendredi 11 octobre 2019

IAM sera à la Belle électrique en mars

Alors qu’ils sortent d’une grosse tournée anniversaire pour les 20 ans de leur cultissime L’École du micro d’argent, les Marseillais du groupe IAM sont de retour sur le devant de la scène avec un nouvel album (le dixième) prévu pour le 22 novembre et intitulé Yasuke. « IAM résiste. IAM respire. IAM est là ! » annonce le communiqué de presse. On verra ça à l’écoute. Et, surtout, sur scène, là où ils sont toujours excellents. Bonne nouvelle : la Belle électrique les accueillera vendredi 6 mars pour un concert qui risque de très vite afficher complet. Mise en vente des billets vendredi 18 octobre à 10h.

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Holocène 2019 : notre sélection d'artistes à découvrir à Alpexpo

Festival | Pour sa troisième édition, le festival Holocène fait déjà peau neuve sur les questions de format et d'accueil du public (lieu unique avec un Alpexpo revisité en trois scène, vendredi 18 et samedi 19 octobre). Reste le nerf de la guerre : la programmation. La preuve par 7.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Holocène 2019 : notre sélection d'artistes à découvrir à Alpexpo

Hocus Pocus Voilà le grand retour, on ne sait pour combien de temps, du très culte collectif hip-hop-jazz nantais aux sympathies allègrement west-coast, après pratiquement une décennie d'absence consacrée notamment à des projets parallèles (comme C2C). C'est à Holocène qu'HP clôt une tournée des festivals particulièrement remplie. Vendredi à 21h45 Blu Samu Énième incarnation de la Belgian invasion, Blu Samu a déjà été aperçue cet été du côté du Cabaret frappé. La revoici à Holocène aux commandes d'un rap down tempo dont le flow smoothie jusqu'à l'écoeurement n'est pas sans évoquer les atmosphères soyeuses d'une Sade milléniale. Vendredi à 22h45 Lorenzo Bob vissé sur la tête, survet' vintage, flow à la résonance nasillarde, Lorenzo, Empereur du sale et prince du Rien à branler, est à la fois l'incarnation du ra

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Grenoble : 33 concerts pour un automne musicalement dense et varié

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec du rock, de la pop, de la chanson, du rap, du jazz, voire tout ça à la fois. Et à Grenoble comme dans l'agglo bien sûr.

La rédaction | Mercredi 18 septembre 2019

Grenoble : 33 concerts pour un automne musicalement dense et varié

Shake Shake Go C'est entre le live et l'infiltration d'internet que le groupe franco-gallois mené par Poppy Jones et Marc Le Goff s’est révélé, à force de tournées aux côtés de pointures comme James Blunt et Rodrigo y Gabriela et par la grâce d'un tube qui fit exploser leur notoriété à travers le monde – la ballade England Skies (2015), tête des charts digitaux, synchro en séries et dans la pub. Quelques mois plus tard sort l'album All in Time auquel succède l'an dernier Homesick mené par un autre single, beaucoup plus rock, Dinosaur. Le formatage est là et bien là mais la formule (on pense à des Lumineers avec une voix féminine) tape toujours dans le mille, mettant d’accord, en plus du public, une partie de la presse, des Inrocks au Figaro – qui sont pourtant rarement d'accord. À la Source jeudi 26 septembre Xavier Machault & Martin Debisschop Jamais à cours de projets, Xavier Machault s'

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Humour : nos huit temps forts de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec des têtes d'affiche, des stars sur le retour ou encore des humoristes à découvrir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Humour : nos huit temps forts de la saison

Didier Super Si nous n’avons pas vu cette nouvelle livraison de Didier Super intitulée tout de même Didier Super est beaucoup plus marrant que tous ces comiques de merde, on en attend beaucoup comme au PB, nous adorons ce personnage fort en gueule, aussi bien comédien, chanteur que plein d’autres choses, qui propose des spectacles dans lesquels il prend plaisir à mettre le public mal à l’aise pour mieux le faire rire. « Ça y est ! Après avoir été pendant 15 ans l’égérie à l’arôme gauchisant d’un public allant de l’altermondialiste post-ado au retraité bobo sous perfusion intellectuelle de France Inter, Didier s’est enfin mis en marche » nous annonce le programme. OK ! À la Salle noire mercredi 9 et jeudi 10 octobre Julien Santini On qualifie de "pince-sans-rire" la façon qu’a Julien Santini de pratiquer l'humour et c'est idiot car, pour le coup, on rit beaucoup à l'écoute des bassesses et envies de grandeur de ce Corse installé à Lyon à l'apparence mi-professorale mi-patraque (

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"Portrait de la jeune fille en feu" : consumée d’amour

ECRANS | Sur fond de dissimulation artistique, Céline Sciamma filme le rapprochement intellectuel et intime de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Noémie Merlant / Adèle Haenel, qui a récolté le Prix du scénario au dernier Festival de Cannes.

Vincent Raymond | Lundi 16 septembre 2019

Fin XVIIIe. Officiellement embauchée comme dame de compagnie auprès d’Héloïse, Marianne a en réalité la mission de peindre la jeune femme qui, tout juste arrachée au couvent pour convoler, refuse de poser car elle refuse ce mariage. Une relation profonde, faite de contemplation et de dialogues, va naître entre elles… Il est courant de dire des romanciers qu’ils n’écrivent jamais qu’un livre, ou des cinéastes qu’ils ne tournent qu’un film. Non que leur inspiration soit irrémédiablement tarie au bout d’un opus, mais l’inconscient de leur créativité fait ressurgir à leur corps défendant des figures communes, des obsessions ou manies constitutives d’un style, formant in fine les caractéristiques d’une œuvre. Et de leur singularité d’artiste. Ainsi ce duo Héloïse-Marianne, autour duquel gravite une troisième partenaire (la soubrette), rappelle-t-il le noyau matriciel de Naissance des pieuvres (2007) premier long-métrage de Céline Sciamma : même contemplation fascinée pour une jeune femme à l’aura envoûtante, déjà incarnée par Adèle Haenel, mêmes souffrances dans l’affirmation d’une ide

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Jeff Mills : retour vers le futur

Soirée | Attention, événement : le pape de la techno sera à la Belle électrique vendredi 13 septembre.

Damien Grimbert | Mardi 10 septembre 2019

Jeff Mills : retour vers le futur

Figure emblématique de la scène techno de Détroit des années 1990 et plus largement de la musique électronique dans son ensemble, le légendaire Jeff Mills sera de retour aux platines de la Belle électrique ce vendredi 13 septembre. Fort d’une carrière de plus de trois décennies placée sous le signe de l’énergie, du futurisme et de la transdisciplinarité (on vous renvoie aux portraits qu’on lui avait consacrés lors de son premier passage dans la salle en 2016 et lors de sa participation aux Détours de Babel l’année suivante), le natif du Michigan, aujourd’hui installé à Paris, a toujours plus volontiers regardé devant que derrière lui. D’où le caractère assez exceptionnel de sa récente série d’EPs The Director’s Cut, qui réunit en quatre volumes certains de ses morceaux les plus iconiques aux côtés d’inédits sélectionnés par ses soins. Le meilleur n’en reste pas moins à venir avec la

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"Yves" : robot après tous

ECRANS | Un rappeur en échec se retrouve propulsé au sommet grâce à l’aide de son réfrigérateur intelligent, qui va peu à peu exciter sa jalousie… Une fable contemporaine de Benoît Forgeard sur les périls imminents de l'intelligence artificielle, ou quand l’électroménager rompt le contrat de confiance. Grinçant.

Vincent Raymond | Lundi 24 juin 2019

En galère personnelle et artistique, Jérem (William Lebghil) s’est installé chez sa feue grand-mère pour composer son album. Mentant sur sa situation, il s’inscrit pour devenir testeur d’un réfrigérateur tellement intelligent baptisé Yves qu'il va devenir son valet, son confident, son inspirateur et finalement son rival… Mieux vaut rire, sans doute, de la menace que constituent les progrès de l’intelligence artificielle et le déploiement – l’invasion – des objets connectés dans l’espace intime. D’un rire couleur beurre rance, quand chaque jour apporte son lot "d’innovations" dans le secteur du numérique et des assistants personnels ou de l’agilité des robots androïdes. Sans virer dans le catastrophisme ni prophétiser pour demain le soulèvement des machines décrit par la saga Terminator, mais en envisageant un après-demain qui déchante lié à l’omniprésence de ces technologies ou à notre tendance à tout leur déléguer inconditionnellement. Mister Freezer Yves n’es

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Qui es-tu le Périscope ?

ACTUS | Zoom sur la société grenobloise qui organise cette première édition du festival Musée électronique.

Nathalie Gresset | Jeudi 13 juin 2019

Qui es-tu le Périscope ?

Avec l’entrée en piste de la première édition du festival Musée électronique, voilà un bon prétexte pour s’intéresser de plus près à la structure derrière la programmation de l’événement : le Périscope. Fondée en 2001 par Sylvain Nguyen et Alexandre Aujolas et aujourd’hui implantée sur le cours Berriat, la société grenobloise d’une dizaine de salariés a deux missions principales : la production de tournées d’artistes grand public et indépendants, et, depuis trois ans, l’organisation de festivals dans la région. « On ne fait pas seulement du booking. Les artistes nous confient leur activité concert du début à la fin. On les aide à développer leur spectacle, à recruter les équipes techniques et à trouver des lieux de diffusion. On construit une relation de proximité avec eux en essayant de comprendre leur essence afin de la reproduire sur scène » explique Sylvain Nguyen. Cette structure dotée « d’un fort es

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"Just Charlie" : surface de séparation

ECRANS | De Rebekah Fortune (GB, 1h39) avec Harry Gilby, Karen Bryson, Scot Williams…

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Jeune footballeur doué, Charlie Lindsay est repéré dans son club par un recruteur, au grand bonheur de son père qui aurait aimé être pro. Mais Charlie se sent mal dans sa peau : au plus profond de lui, il se sait femme. Quand son entourage l’apprend, les réactions divergent… Il en va du football comme d’un culte en Angleterre (et tout particulièrement à Manchester) : on s’y consacre avec dévotion, on entre dans un centre de formation comme dans les ordres avec, outre l’ambition de faire triompher les couleurs de son église/club, la promesse d’un paradis bien terrestre. Ce prérequis semble nécessaire pour comprendre pourquoi la "confession" courageuse (en réalité, l’affirmation de son identité) de Charlie est perçue par certains proches comme la trahison d’un apostat. Pour son père, qui fantasmait une carrière par procuration, c’est une double peine : croyant perdre un fils et un futur glorieux, son rejet égoïste est aussi violent que celui des homophobes excluant Charlie… ou lui cassant la figure. Girl de Lukas Dhont avait déjà,

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Les Détours de Babel 2019 en 14 concerts

Festival | C’est parti pour la neuvième édition des Détours de Babel, festival estampillé « musiques du monde, jazz, musiques nouvelles ». Soit l’occasion, pendant plus de trois semaines (du 15 mars au 7 avril), de découvrir des artistes de tous horizons et des musiques non formatées. Histoire de se repérer dans le vaste et passionnant programme, on vous livre une sélection de nos attentes à écouter à Grenoble, dans l'agglo et même, parfois, au-delà.

La rédaction | Mardi 12 mars 2019

Les Détours de Babel 2019 en 14 concerts

Traversées – Constantinople et Ablaye Cissoko Il y aura une belle teinte mandingue cette année aux Détours de Babel, pas mal de kora, et quelques Cissoko. À commencer, par ordre chronologique, par Ablaye, qui vient ici flirter avec la musique des cours persanes aux côtés notamment de Kiya Tabassian, chantre irano-canadien de la musique traditionnelle et savante venue de Perse, et grand spécialiste du sétâr, lointain cousin persan de la kora. Ablaye se produira également en solo vendredi 15 mars aux Salons de musique de la Maison de l’international. Samedi 16 mars à 19h à la salle des fêtes de Commelle et dimanche 17 mars dans le cadre du Brunch #1 du quartier Très-Cloîtres Trois lettres de Sarajevo – Goran Bregović Dans ce Sarajevo d'avant la guerre où a grandi Goran Bregović, les cultures et les religions cohabitaient avec bonheur. C'est cette Jérusalem des Balkans, ce paradis perdu du vivre-ensemble que les national

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Le festival Holocène reviendra bien cette année, mais en octobre

ACTUS | C’est avec une succincte mais sympathique animation (des SMS envoyés entre deux personnes) que le festival Holocène vient d’annoncer sur ses réseaux sociaux (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 28 février 2019

Le festival Holocène reviendra bien cette année, mais en octobre

C’est avec une succincte mais sympathique animation (des SMS envoyés entre deux personnes) que le festival Holocène vient d’annoncer sur ses réseaux sociaux que sa troisième édition est prévue pour les 18 et 19 octobre 2019 : il était temps. Car comme les deux premières avaient eu lieu début mars, beaucoup de monde se questionnait logiquement sur l’avenir d’un festival qui faisait le mort. Un changement de période lié, sans doute (le Périscope, société de production grenobloise aux commandes d’Holocène, n’a pas souhaité répondre à nos questions), à l’arrivée du géant Tomorrowland à l'Alpe d'Huez début mars, soit quasiment sur les mêmes dates que celles de départ d’Holocène, et en plus avec des esthétiques musicales voisines. Et un changement qui démontre que le festival se cherche encore depuis sa création, lui qui

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"Diamantino" : comme un air de Cristiano Ronaldo

ECRANS | de Gabriel Abrantes & Daniel Schmidt (Por-Fr-Bré, 1h32) avec Carloto Cotta, Cleo Tavares, Anabela Moreira…

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Star de l’équipe portugaise de football, Diamantino manque sa finale de la Coupe du monde. Désespéré, désorienté, cet esprit simple instrumentalisé par les siens craint d’avoir perdu sa vista. Un parti souverainiste europhobe essaie alors de le cloner mais, ouf, les services secrets veillent… Inutile d’être spécialiste du ballon rond pour deviner à travers le personnage de Diamantino, surdoué se transcendant sur le gazon, incapable de la moindre réflexion construite à l’extérieur du stade, un "hommage" à Cristiano Ronaldo. Postulant que son héros doit son talent (génie ?) à des visions psychédéliques d’espèces de bichons bondissant dans des vapeurs roses, ce film s’inscrit clairement dans un registre décalé ; une sorte de conte bizarroïde où la princesse aurait des crampons, le prince serait un faux-migrant travesti (mais vrai membre des services secrets) et la marâtre deux sœurs jumelles obsédées par la fortune du frangin débile, prêtes à le vendre à la découpe. Émaillé de flashes proto-organico-fantastiques à la

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"My Rock" et "My Ladies Rock" : let’s dance, again

Danse | Excellente initiative de la MC2 qui reprogramme, en cette fin novembre, deux spectacles de Jean-Claude Gallotta qui se répondent. D’abord My Rock, créé en (...)

Aurélien Martinez | Mardi 20 novembre 2018

Excellente initiative de la MC2 qui reprogramme, en cette fin novembre, deux spectacles de Jean-Claude Gallotta qui se répondent. D’abord My Rock, créé en 2005 et repris mardi 27 novembre : l’un des tubes du chorégraphe grenoblois dans lequel il fait danser ses interprètes sur des morceaux cultes de l’histoire du rock signés Elvis Presley, Nirvana, les Clash, les Rolling Stones, Patt Smith… Une playlist de luxe qui rend forcément le public complice, et qui permet alors aux tableaux de groupe comme aux petites formes plus intimes de s’épanouir en quelque trois minutes. Puis My Ladies Rock, créé en 2017 et à (re)voir du mercredi 28 au vendredi 30 novembre : le même principe, mais cette fois centré uniquement sur des artistes femmes, Gallotta s’étant rendu compte que dans le premier volet, il avait inconsciemment, et comme finalement toute l’histoire du rock, privilégié les hommes. Où l’on entend donc Patti Smith à nouveau, mais aussi Marianne Faithfull, Aretha Franklin, Jan

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"Première année" : toubib or not toubib ?

ECRANS | de Thomas Lilti (Fr, 1h32) avec Vincent Lacoste, William Lebghil, Alexandre Blazy…

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

Par conformisme familial, Benjamin entre en première année de médecine où il est vite pris sous l’aile d’Antoine, un sympathique triplant acharné à réussir. Quand, à l’issue du premier semestre, le nonchalant bleu se trouve mieux classé que son besogneux aîné, leurs rapports changent… Poursuivant son examen du monde médical après Hippocrate et Médecin de campagne, le réalisateur Thomas Lilti s’attaque concomitamment dans cette comédie acide à plusieurs gros dossiers. D’abord, ce fameux couperet du concours sanctionnant la première année commune aux études de santé, mais aussi l’incontournable question de l’inégalité profonde face aux études supérieures. La fracture sociale ne se réduit pas en médecine, bien au contraire : construite sur la sélectivité et l’excellence, cette filière est un vase clos favorisant la reproduction des élites – et de celles et ceux en maîtrisant les codes. Enfant du sérail ayant déjà pas mal étudié la question, Lilti juge avec clairvoyance cette période plus dévastatrice qu’épanouissante pour les futurs carabins : est-il raisonnable de faire perdre la raison à des aspirants médecins ? Coupable, l’i

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Grand bain musical à Musilac

Festival | Vieilles gloires, valeurs sûres, piliers de festoche, jeunes pousses, smoothies de genres et autres étrangetés à découvrir : le festival lacustre Musilac, prévu du jeudi 12 au dimanche 15 juillet à Aix-les-Bains (Savoie), va baigner l'été musical d'un éclectisme qui attire les foules comme les amateurs éclairés, jusqu'à les confondre. La preuve avec la programmation détaillée par jour.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Grand bain musical à Musilac

Old Wave le jeudi D'une certaine manière, s'il fallait un hymne en ouverture de cette édition 2018 de Musilac, il pourrait consister en trois bouts de refrains se répondant depuis le fin fond des âges 80 ; quand les uns martèleraient « I Just can't get enough », les autres répondraient « Don't you forget about me » ou « Always the sun ». Car, on l'aura compris, c'est une soirée très marquée "ressac de la new wave" que celle du jeudi, avec Depeche Mode, Simple Minds et The Stranglers – quand bien même les carrières de chacun de ces groupes britanniques n'auraient pas résisté d'égale manière au passage du temps. Pour le reste, on notera que J. Bernardt, transfuge des Belges de Balthazar, remplacera numériquement son collègue Warhaus, présent l'an dernier ce même soir ; que le rock indé répondra présent avec le Stroke Albert Hammond Jr. (le meilleur d'entre eux, sans doute), Findlay et The Mistery Lights ; que les amateurs de bizarrerie en auront pour leur compte avec le black metal-gospel-blues de Z

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"L’Homme qui tua Don Quichotte" : tout ça pour ça ?

ECRANS | Pendant un quart de siècle, le réalisateur Terry Gilliam a quasiment fait don de sa vie au Don de Cervantès. Un dévouement aveugle, à la mesure des obsessions du personnages et aussi vaste que son monde intérieur. Mais l’histoire du film n’est-elle pas plus grande que le film lui-même ?

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

De retour en Espagne où il avait tourné son film d’études inspiré de Cervantès, un réalisateur de pubs en panne créative (Adam Driver) retrouve le cordonnier (Jonathan Pryce) à qui il avait confié le rôle de Don Quichotte. Mais celui-ci se prend désormais pour le chevalier à la triste figure et l’entraîne dans sa quête… À un moment, il faut savoir terminer un rêve. Même quand il a tourné en cauchemar. L’histoire de la conception L’Homme qui tua Don Quichotte est l’une des plus épiques du cinéma contemporain, bien davantage que celle racontée par ce film aux visées picaresques. Palpitante et dramatique, même jusque dans ses ultimes et rocambolesques rebondissements. Idéalisée par son auteur pendant un quart de siècle, cette œuvre a gagné au fil de ses avanies de production une de nimbe de poisse à côté de laquelle la malédiction de Toutankhamon passe pour un rappel à la loi du garde-champêtre. Elle a aussi susc

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Tomorrowland : les acteurs culturels interpellent la Région

ACTUS | Et notamment le responsable du festival grenoblois Holocène, potentiellement l'un des plus impactés par la décision de Laurent Wauquiez.

Aurélien Martinez | Mardi 20 mars 2018

Tomorrowland : les acteurs culturels interpellent la Région

Comme nous l’expliquions début mars, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et son président Laurent Wauquiez ont annoncé que Tomorrowland, l'un des plus gros festivals électro du monde basé à Anvers, installerait du 13 au 15 mars 2019 une édition hivernale à l'Alpe d'Huez. Et ce avec 400 000 euros de subvention. Une décision à laquelle ont souhaité réagir de nombreux acteurs culturels régionaux évoluant dans les musiques actuelles, via une lettre ouverte publiée vendredi 16 mars sur notre site et largement lue et partagée depuis. À Grenoble, l’un des signataires les plus impactés est le producteur privé le Périscope qui, depuis l’an passé, organise début mars avec la société Allo Floride le festival Holocène, dédié aux musiques actuelles – et donc en partie à

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"Tesnota – Une vie à l'étroit" : elle est libre Ilana

ECRANS | de Kantemir Balagov (Rus, int-12 ans avec avert., 1h58) avec Darya Zhovner, Veniamin Kats, Olga Dragunova…

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Russie, 1998. Ilana vit avec ses parents dans une petite congrégation juive plus ou moins intégrée dans le Nord Caucase. Un soir, après le célébration des fiançailles de son frère, celui-ci et sa future femme sont kidnappés et une rançon réclamée. À quels sacrifices consentir pour réunir les fonds ? S’inspirant de faits avérés, Kantemir Balagov décrit un contexte particulièrement pesant pour les citoyens juifs, considérés par la population locale comme des individus de seconde zone ; des butins ambulants à détrousser impunément ou des corps adaptés aux émois privés. Loin de faire le seul procès de la société russe, le cinéaste montre également l’archaïsme coutumier de cette communauté étouffant sa jeunesse, où l’on en est réduit à brader une fille pour sauver un fils. Parce qu’il se concentre sur Ilana, garçonne ayant soif d’indépendance et de l’énergie à revendre, Balagov prend le parti de la jeunesse, de la révolte et de la modernité. Elle se pose non à la place de la victime consentante, dans l’acceptation de la fatalité, mais dans un désir d’émancipation, d’ailleurs et de combat. En fait, le rapport de forces ne peut évoluer que si des Ilana font b

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"La Ch’tite famille" : Dany Boon ne perd pas le Nord

ECRANS | de et avec Dany Boon (Fr., 1h47) avec également Laurence Arné, François Berléand, Line Renaud…

Vincent Raymond | Lundi 26 février 2018

Designer star, Valentin s’est créé un passé d’orphelin par honte de sa famille nordiste prolétaire. L’irruption inopinée de celle-ci chamboule son quotidien ultra-maniaque et est la cause indirecte d’un accident le rendant amnésique mais aussi ch’ti à nouveau. Un malheur ? Une chance. On se souvient que le précédent Dany Boon, Raid dingue​ (2017), était littéralement inégal : après un début burlesque très convenable, le film s’enlisait dans la gaudriole franchouillarde improbable à base de travestis avec accent d’Europe centrale – Christian Clavier aurait été lapidé s’il s’était commis là-dedans. Par un effet de symétrie assez singulier, La Ch’tite famille souffre d’un commencement désastreux (sur-caricatures de bouseux du Nord et de Parisiens prétentieux, défilé de copains people, décors hurlant le studio), que rattrape une suite à dominante tendre, illuminée par Laurence Arné – dont le personnage insupportable de prime abord évolue (et c’est heureux) très favorablement. Ce retour aux basiques a tout de la piqûre de rappel inconsciente : Dany Boon doit sa gloire et sa fortun

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Festival Holocène : quatre soirs quatre ambiances

MUSIQUES | Du mardi 27 février au samedi 3 mars aura lieu dans plusieurs salles de Grenoble et de l’agglomération la deuxième édition du festival Holocène, créé par la société de production grenobloise Le Périscope. Avec un programme varié au possible (au risque de s’y perdre ?) qui enchaîne les têtes d’affiche et les découvertes. On détaille tout ça avant de poser quelques questions au maître d’œuvre de l’aventure.

La rédaction | Mardi 20 février 2018

Festival Holocène : quatre soirs quatre ambiances

Un mardi hip-hop Gros contrastes en perspective pour la date rap du festival. En tête d’affiche, on retrouve ainsi Davodka, MC du XVIIIe arrondissement parisien autoproduit et figure de proue d’une certaine forme de rap français "à l’ancienne", peu médiatisée mais bénéficiant d’une base de fidèles inaliénables. "Kickeur" de premier plan en activité depuis bientôt 15 ans, Davodka, grandi à l’école des "freestyles" et "open-mics", rappe vite et bien, dénonçant les injustices et les tracas du quotidien sur des instrus "boom-bap" traditionnelles construites autour de samples mélancoliques. Pour l’originalité et l’innovation, on repassera, même si en dépit d’une certaine tendance à enfoncer les portes ouvertes dans ses textes, le talent est bel et bien là. À l’opposé du spectre, on retrouve les trois rappeurs suisses Di-Meh, Makala et Slimka, incarnations flamboyantes d’un rap "new-school" électronique et tapageur taillé pour les clubs, entièrement basé sur le charisme, l’énergie et la spontanéité. À vous de choisir votre camp ! DG

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"Corps étranger" : sans-papiers, sans pantalon

ECRANS | de Raja Amari (Fr.-Tun., 1h32) avec Hiam Abbass, Sara Hanachi, Salim Kechiouche…

Vincent Raymond | Mardi 20 février 2018

Le drame des réfugiés est le sujet du moment ; il irrigue donc à des degrés divers, et avec plus ou moins d’inspiration, une part non négligeable des scénarios actuels. Parfois, on a l’impression qu’il sert de prétexte commode à des auteurs pour "faire concernant" ou donne une colonne vertébrale socio-politique à une histoire manquant d’assise. Tel ce Corps étranger de la cinéaste tunisienne Raja Amari​. Bien sûr, il y a à la base l’arrivée clandestine en France de Samia, ayant fui le Maghreb et un frère fondamentaliste. Mais le cœur du film, c’est surtout la relation qu’elle va entretenir avec la femme qui lui donne un toit et du travail, Leila, ainsi qu’un jeune homme de son village, Imed. Ce ménage à trois violent et délétère, fait de trouble sensualité, de jalousies et de dominations à géométrie variable, intéresse en premier chef la réalisatrice, davantage que les misères des sans-papiers. Il ne s’agit pas là d’un jugement moral, seulement d'un constat. Le fait est que ses réalisations précédentes montraient déjà sa fascination pour l’érotisation des corps et le charme v

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"4 Histoires fantastiques" : bon choc, bon genre

ECRANS | de William Laboury, Steeve Calvo, Maël le Mée, Just Philippot (Fr., 1h22) avec Sophie Breyer, Malivaï Yakou, Didier Bourguignon…

Vincent Raymond | Lundi 12 février 2018

Souvent défendu aux p’tits francophones pour des raisons culturelles et de moyens, le territoire du genre demeure, en dépit des assauts asiatiques, le pré carré des Anglo-Saxons. Lancé par la société Fidélité, un label (Bee Movies) avait tourné court il y a une dizaine d’années : les productions (Un jeu d’enfants, Bloody Malory…) étaient trop fragiles et de qualité inégale – même si elles assumaient leur identité de séries B. Espérons pour la nouvelle génération que 4 Histoires fantastiques connaisse un destin plus radieux. Car ce carré de courts-métrages initié par le magazine SoFilm, Canal+ et tout une flopée d’institutions offre un bel écrin et un joli écho à l’émergence hexagonale ayant choisi de s’illustrer dans ce registre. Totalement indépendants, ce sont quatre univers qui s’enchaînent donc ici. Après deux films corrects mais classiques (Chose mentale, une sortie de corps par une jeune femme électrosensible, et Livraison, la longue marche d’un fermier convoyeur de zombies), Maël le Mée nous offre une ambiance sérieusement cronenbergienne avec Aurore

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Hugh Jackman : « Barnum était plus grand que nature »

ECRANS | Pour "The Greatest Showman", Hugh Jackman a posé les griffes de Logan et enfilé la tenue de Monsieur Loyal de l’inventeur du spectacle moderne, Phineas Taylor Barnum. Showtime !

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Hugh Jackman : « Barnum était plus grand que nature »

Pour quelles raisons teniez-vous à ce film ? Hugh Jackman : J’ai grandi dans l’amour des comédies musicales avec Fred Astaire et Gene Kelly – comme Chantons sous la pluie. En 2009, alors que je présentais la cérémonie des Oscars, son producteur Larry Mark m’a proposé de faire un "musical". Mais à l’époque, c’était difficile de convaincre Hollywood sur un projet totalement original et neuf – l’ironie étant que La La Land​ était parallèlement en production, sans que nous le sachions. L’essentiel dans un "musical" étant le livret, c’était risqué de soumettre onze chansons originales à l’approbation du public. Mais lorsque Justin Paul en a écrit cinq, on a su que l’on tenait quelque chose – et le studio aussi. D’abord, le sujet "Barnum" s’adaptait parfaitement à un "musical" : avec ses rêves et son imaginatio

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"The Greatest Showman" : un joyeux Barnum

ECRANS | de Michael Gracey (E.-U., 1h46) avec Hugh Jackman, Michelle Williams, Zac Efron…

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Des poussières de son enfance miséreuse aux paillettes de la gloire, en passant par ses échecs, The Greatest Showman est la vie romancée à la façon d’une comédie musicale de l’inventeur du spectacle moderne, l’entrepreneur Phineas Taylor Barnum (1810-1891). Créée ex nihilo pour le cinéma, sans passer par la case Broadway (une exception partagée avec La La Land), cette comédie musicale adopte les codes du grand spectacle contemporain pour en conter la genèse, avec ce qu’il y a d’extravagance, de scintillant, mais aussi de clichés et de tape-à-l’œil façon Baz Luhrmann – la mise en abyme est de ce point de vue réussie. Et quel meilleur ambassadeur pour incarner Barnum que Hugh Jackman ? Ultime représentant de ces showmen plus qu’accomplis : absolus, conservant leur crédibilité sur toutes les scènes, il fait évidemment le job. Paradoxalement, sa franchise sert la rouerie vaguement cynique de l’entrepreneur, dont on ne parvient à savoir ce qui chez lui primait de la soif de reconnaissance sociale et de l’argent ou du désir d’"entertainment". Partition aux notes volontairement appuyées, The Great Showman accuse quelques

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Liam Neeson : « Ma vie pendant le tournage de "The Passenger" était monastique »

ECRANS | Regard bleu mélancolie et silhouette émaciée, Liam Neeson marque une pause pour évoquer sa nouvelle course contre la montre à grande vitesse dans "The Passenger". En voiture s’il vous plaît…

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Liam Neeson : « Ma vie pendant le tournage de

C’est la quatrième fois que vous travaillez avec Jaume Collet-Serra ; dans quelle mesure parvenez-vous à vous surprendre mutuellement ? Liam Neeson : Nous ne nous surprenons pas vraiment. En tout cas, à chaque fois c’est de plus en plus facile pour nous de travailler ensemble et nous sommes de plus en plus proches. On ne cherche pas à suranalyser chaque chose ni des motivations aux personnages ; on est tout de suite dans le concret. J’arrive sur le tournage, on regarde les mouvements de caméra, et puis on met en boîte – c’est aussi simple que cela. Sauf s’il y a une scène un peu plus complexe, auquel cas on fait une répétition. Nous aimons notre énergie mutuelle. L’équipe le perçoit ; elle sait qu’on ne va pas attendre jusqu’à la cinquième prise. Et puis, il est très inventif ; sa caméra est au service de l’histoire et j’adore ça. Après Non Stop, il m’a fait passer d’un avion à un train – j’étais curieux de savoir comment il allait filmer. Et l’on va recommencer pour notre cinquième film ensemble, dans un espace encore plus petit : un placard (sourires). Non, en fait je ne peux pas encore en parler.

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"The Passenger" : hors du train-train quotidien

ECRANS | de Jaume Collet-Serra (E.-U.-Fr.-G.-B., 1h43) avec Liam Neeson, Vera Farmiga, Patrick Wilson…

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Ancien flic reconverti dans les assurances, Michael est brutalement viré. Le même jour, ce fringant sexagénaire voit sa routine chamboulée dans son train de banlieue quand une inconnue lui propose un étrange marché. À la clé, beaucoup d’argent. Mais aussi des dangers potentiels… Jaume Collet-Serra serait-il devenu pour Liam Neeson ce que J. Lee Thompson fut pour Charles Bronson – un réalisateur transmutant jusqu’à plus soif un type ordinaire harcelé par des malfaisants en surhomme capable de sauver la planète ? Relativisons : Neeson est moins ouvertement justicier que Bronson, et semble plutôt pousser pour leur quatrième collaboration son personnage du côté des Tom Hanks/Harrison Ford : toute l’ouverture est une tentative en ellipses "pixariennes" pour l'ancrer dans sa monotonie consentie de banlieusard. Ensuite, la victime idéale se transforme bourreur de pifs expert. Si Collet-Serra maîtrise son espace contraint (en un seul mot), il succombe à la tentation de la surenchère, perdant dans les vingt dernières minutes le bénéfice de l’armature sociale et humaine, ainsi que de son suspense à l’ancienne. Plus sec, sans rebondiss

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"Ami-ami" : viens pas chez moi, j’habite avec une copine

ECRANS | de Victor Saint Macary (Fr., 1h26) avec William Lebghil, Margot Bancilhon, Camille Razat…

Vincent Raymond | Lundi 15 janvier 2018

Vaste famille ayant donné naissance au meilleur (L’Auberge espagnole) comme au pire (Five), la comédie-de-colocation-entre-potes s’enrichit d’un nouveau rejeton tentant le vaudeville contemporain sans pour autant recourir à la grivoiserie. Louable effort compensant les maladresses d’usage d’un premier film alternant potacherie classique et audaces scénaristiques. Le cœur brise par son ex, le "héros" de ce badinage s’installe avec sa meilleure copine, en tout bien tout honneur. Une nouvelle histoire d’amour lui cause un double embarras : il n’ose avouer à sa conquête qu’il "vit" avec une amie, laquelle se montre plus que jalouse : possessive. Si le côté Guerre des Rose (film de Danny DeVito sorti en 1990) avec saccage majuscule de l’appartement sent le réchauffé, reconnaissons que le réalisateur Victor Saint Macary surprend en renversant une situation très convenue : ici, ce n’est plus le mec qui rompt un pacte d’amitié homme-femme et en détruit l’harmonie mais bien l’amie éconduite – ce qui sort le film du schéma du m

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Six festivals à ne pas louper les prochains mois à Grenoble et aux alentours

Panorama de rentrée culturelle | Zoom sur certaines des grosses manifestations du premier semestre 2018 dans l’agglomération grenobloise. Où il sera question de musique, de spectacles et de rencontres avec des artistes.

La rédaction | Mardi 9 janvier 2018

Six festivals à ne pas louper les prochains mois à Grenoble et aux alentours

Experimenta Du 1er au 10 février Nouveau nom pour la biennale arts-sciences pilotée par l’Hexagone de Meylan (elle s’appelait avant Les Rencontres-i) et nouvelles dates (on passe d’octobre à février), mais ligne directrice toujours la même : favoriser la rencontre entre artistes, scientifiques et spectateurs. Avec, pour cela, un (passionnant) salon de trois jours fait d’installations artistiques, de performances, de conférences… ; et bien sûr de nombreux spectacles (comme Digital Vaudou – photo) dans plusieurs salles de l’agglo qui vont matérialiser de différentes formes (de la plus abstraite à la plus poétique par exemple) ce noble dessein. Holocène Festival Du 27 février au 3 mars « Le maximum de styles musicaux possibles » : tel est le mantra, édicté dès sa première édition l'an dernier par le festival Holocène, organisé par le producteur grenoblois le Périscope. Une promesse respectée, c'est bien le moins qu'on puisse dire, tant Holocène compte, réparties

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Notre sélection de places de spectacle et de concert à mettre sous le sapin

Noël | Noël approchant à grands pas, voici notre traditionnelle sélection de cadeaux immatériels. Soit des concerts et des spectacles dont il reste des places (on s’en est assuré) et qui, lors du déballage des paquets, vous placeront pour sûr du côté de celles et ceux qui refusent ce monde matérialiste-capitaliste et qui préfèrent offrir des émotions vivantes – même si bon, une tablette, ça peut toujours faire plaisir.

La rédaction | Mardi 5 décembre 2017

Notre sélection de places de spectacle et de concert à mettre sous le sapin

Pour les cinéphiles qui n’ont rien contre aller de temps en temps au théâtre Créé cet automne, le spectacle Festen de Cyril Teste est l'une des claques théâtrales de l'année, justement parce que c'est plus que du théâtre. Qualifié de « performance filmique » par son metteur en scène, c'est l'adaptation sur le plateau du fameux film Festen de Thomas Vinterberg sorti en 1998 sur une réunion de famille qui part en vrille du fait de la révélation d’actes terribles commis par le père il y a des années. Un récit anxiogène à l'écran, qui se déploie sur scène dans une scénographique immense… et sur un écran retransmettant des images tournées en direct, notamment derrière le décor. Remarquable. Festen À la MC2 du mardi 23 au samedi 27 janvier De 10€ à 25€ Pour celles et ceux que le burlesque n’effraie pas, bien au contraire Le théâtre, ce n'est pas que des spectacles bavards et longs. C'est aussi des propositions sans paroles au potentiel comique incroyable, dans la

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Le Collectif Mensuel : « L’humour est une forme de politesse »

Spectacle | Ils sont belges et sans concession. Avec 1400 séquences de films américains cultes mises en musique, en bruits et en paroles en direct sur le plateau, les comédiens du Collectif Mensuel inventent une toute autre histoire en doublant Sylvester Stallone, Julia Roberts, Sean Penn & co. Et scénarisent le récit d'un peuple qui prend les armes pour contrer de cupides puissants. Ça s’appelle "Blockbuster", c’est absolument génial, et on en parle avec l’un de ses concepteurs avant son passage par la MC2.

Aurélien Martinez | Mardi 28 novembre 2017

Le Collectif Mensuel : « L’humour est une forme de politesse »

Avec le Collectif Mensuel, êtes-vous venus au théâtre dans l’idée que ce serait un moyen de faire entendre les maux du monde – ici les inégalités abyssales entre les citoyens ? Renaud Riga : Il y a de ça, oui. On avait envie de mettre sur le plateau ce qui nous semble être l’un des problèmes du monde : la confiscation de richesses – économiques bien sûr, mais aussi politiques et démocratiques – par très peu de personnes au détriment de l’ensemble de la population. Mais de le faire avec second degré et amusement comme on n’avait pas tellement envie d’un spectacle à message premier degré – ce n’est pas tout à fait notre style ! Au théâtre, un message politique passe mieux avec humour ? Oui, j’en suis personnellement très convaincu – même si je n’ai rien contre les spectacles plus sérieux. L’humour, pour moi, est une forme de politesse : nous ne sommes que des comédiens, des gens de théâtre ; nous ne sommes pas des révolutionnaires, nous n’avons rien mis en place d’autre que des spectacles. On se doit de ne pas se prendre au sérieux, de ne pas donner des leçons. Vous ne vous prenez do

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"L’École du micro d’argent" d'IAM : classiquement rap

Concert | Les rappeurs marseillais seront dimanche 12 novembre au Summum pour fêter les 20 ans de la sortie de leur album culte.

Aurélien Martinez | Vendredi 3 novembre 2017

Petit frère qui « n'a qu'un souhait devenir grand » ; Nés sous la même étoile déplorant que « personne ne joue avec les mêmes cartes » ; le très Star Wars L'Empire du côté obscur ; le morceau fleuve Demain, c'est loin… L’École du micro d’argent, troisième album du groupe marseillais IAM sorti en mars 1997, est une véritable référence dans le monde du rap français (et l’une des meilleures ventes), grâce notamment à des textes puissants qui ont parfaitement cerné l’époque dans laquelle ils s’inscrivaient – et s’inscrivent toujours pour certains. Depuis 20 ans, l’image de cette réussite colle encore à la peau des membres d’IAM, comme si jamais ils ne pourraient faire mieux. À chaque concert, ils reviennent à ces morceaux cultes, comme on avait pu le constater en 2012 à Grenoble par exemple. Ça tombe bien, le public n’attend que ça. Qu’Akhenaton, Shurik'n et les autres célèbrent les 20 ans de la sortie de l’album par une grande tournée nationale, qui passera par le Summum de Grenoble l

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"Stories from nowhere" : un paysage transmuté s'expose au Centre d'art Bastille

ARTS | Après des siècles de civilisation, le paysage a été modifié, voire altéré par le flux des nouvelles technologies. Des évolutions qui engendrent de nouvelles perceptions de l’horizon qu’il soit physique ou dématérialisé. Le Centre d’art Bastille explore ces différents récits à travers le regard de six artistes pour des "Stories from nowhere".

Charline Corubolo | Mardi 24 octobre 2017

D’une Terre naturelle, l’humanité est passée à des territoires construits par l’homme, des panoramas pixellisés et des environnements (ir)réels. Un changement de paradigme qui modifie notre perception de la nature ainsi que les diverses interactions qui régissent ce système, mais également la représentation même de cette nature dans laquelle nous évoluons. La photographie et la peinture n’ont alors plus la contrainte d’obéir à une figuration du réel, laissant la place à de nouvelles techniques, tandis que les signifiés du paysage offrent de nouvelles projections : qu’il soit ancré dans la réalité ou fantasmé, ce paysage peut être frontière, géopolitique, Eden ou encore sensoriel. Autant de variantes venues de nulle part et de partout qui infiltrent en ce moment le Centre d'art Bastille avec l'exposition Stories from nowhere pour une sphère altérée. Nouvelles réalités paysagères De cette altération, Alain Bublex propose une confrontation entre l’apparent naturel et l’urbanisation à travers des images picturales flirtant avec le souvenir. Un souvenir fantasmé avec les fragiles paysages de

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William Z. Villain : Z comme Villain

Concert | Vendredi 3 novembre, on a rendez-vous à la Bobine avec un jeune (26 ans seulement) grand du folk. On fait les présentations.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 octobre 2017

William Z. Villain : Z comme Villain

Il vit aux États-Unis, dans le Wisconsin, mais semble venir d'une autre planète, ce que toute sa fiche signalétique a l'air de confirmer dans les grandes largeurs. Il a 26 ans, mais « en années humaines » précise-t-il, ce qui indique peut-être quelque origine extraterrestre. Il se nomme Benjamin Bill mais se fait appeler William Z. Villain, soit quelque chose comme "Guillaume le Méchant", ce qui en dit encore un petit peu plus. Il est maraîcher, spécialisé dans la permaculture, mais est parvenu à notre connaissance non pas pour la qualité de ses légumes mais pour la bizarrerie de ces étranges fruits blues poussés sur un premier album aussi déviant que fascinant. Un ovni enregistré en solo, à la va-comme-je-balance-sur-mon-siège, et avec les moyens du bord et une National Resonator (une guitare) blanche, en présence d'un chat. D'ailleurs son chant même, quand il se dédouble en voix de fausset, évoque la personnalité duplice et parfois inquiétante de nos amis félins. Elle caresse autant qu'elle hérisse et prend autant de liberté que la musique qui l'accompagne. Comme sur Anybody Gonna Move, un reggae aux airs de blues. À moin

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"La Belle et la meute" : les prédateurs de la nuit tunisienne

ECRANS | de Kaouther Ben Hania (Tu.-Fr.-Sue.-No.-Lib.-Qa.-Sui., 1h40) avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda…

Vincent Raymond | Lundi 16 octobre 2017

Étudiante à Tunis, Mariam participe à une soirée de bienfaisance durant laquelle elle rencontre Youssef. Leur idylle naissante est dramatiquement interrompue par une patrouille de police et Mariam est violée par ces prétendus "représentants de l’ordre". Son enfer ne fait que débuter… Révélée par le documenteur incisif Le Challat de Tunis (2015), Kaouther Ben Hania poursuit dans la même veine tranchante, dénonçant encore et toujours le sort réservé aux femmes en Tunisie — un Printemps arabe, pas plus qu’un Prix Nobel de la Paix, ne suffisent hélas à balayer des années de machisme ni de patriarcat. La cinéaste use ici d’une forme de narration radicale, mais appropriée : de longs plans-séquences montrent la victime en proie à une cascade de violences psychologiques, ajoutant à son traumatisme. Chacun figure l’une des insoutenables étapes de son interminable calvaire intime, aggravé par des mentalités étriquées et une barbarie administrative (à l’hôpital, au commissariat) rappelant par instants l’excellent

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Mercredi, le Ciné-Club de Grenoble ouvre sa saison avec "French Connection" de William Friedkin

ECRANS | Pour sa grande rentrée, le Ciné-Club de Grenoble voit noir avec un cycle polars 70’s et la projection d’un bon vieux William Friedkin en ouverture (...)

Vincent Raymond | Lundi 2 octobre 2017

Mercredi, le Ciné-Club de Grenoble ouvre sa saison avec

Pour sa grande rentrée, le Ciné-Club de Grenoble voit noir avec un cycle polars 70’s et la projection d’un bon vieux William Friedkin en ouverture (mercredi 4 octobre à 20h) : French Connection, grâce auquel le maître était reparti nanti d’une jolie statuette dorée de meilleur réalisateur. Farci d’instants cultes (la poursuite avec Bozu dans le métro new-yorkais demeure une référence), ce petit bijou est en outre montré au public grenoblois avant le Festival Lumière de Lyon qui le programme mi-octobre à l’occasion d’une nuit Friedkin, en présence du réalisateur. Vous pourrez doubler la mise.

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Amadou et Mariam ou la géniale "Confusion" des genres

musique | Avec "La Confusion", Amadou et Mariam opèrent un retour clair et tranchant. Oscillant entre la profondeur de thèmes délivrés dans la plus grande naïveté d'expression et la pulsion de danse, voilà sans doute leur album le plus grave et le plus dansant. Le plus dansant, peut-être parce que le plus grave. À constater mercredi 27 septembre sur la scène de la Belle électrique.

Stéphane Duchêne | Lundi 25 septembre 2017

Amadou et Mariam ou la géniale

Il y a chez Amadou et Mariam comme un paradoxe permanent. D'abord, une musique des plus festives délivrée avec une sorte de stoïcisme marmoréen, conséquence peut-être de leur condition de non-voyant empêchant toute frontalité des rapports et extériorisation excessive. Ensuite, des textes d'une naïveté proverbiale qui pourtant se muent, peut-être précisément pour cette raison, en messages universalistes. Et font du duo malien l'un des ambassadeurs les plus courus non pas des musiques du monde, comme on le dit vulgairement, mais de la musique mondiale tout court. C'est que cette musique et les thèmes qui la font sont traversés par les catastrophes qui agitent notre planète et plus particulièrement l'Afrique. Et voilà un autre paradoxe : délivrer une musique dansante, contagieusement jouissive, consignant les malheurs du monde, ce qui donne une autre indication sur le pourquoi du stoïcisme évoqué plus haut. C’est chaud Composé dans le contexte de la guerre au Mali, le dernier album d'Amadou et Mariam ne pouvait trouver pour toutes ces raisons titre plus approprié : La Confusion. Celle d'un monde en pleine mutation, de plus e

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Et voici les 20 concerts de l’automne

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base de stars de la chanson, de rock qui déménage ou encore de surprises musicales bienvenues.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Et voici les 20 concerts de l’automne

A-Wa Les trois sœurs Haim n'en finissent plus de passer près de chez nous – ce sera leur cinquième date dans la région en tout juste deux ans. Et de s'ouvrir toutes les portes depuis la parution de leur Habib Galbi, transformé en hit au fil des mois (y compris en Israël, chose très rare pour un morceau chanté en arabe) et flanqué d'un album tout aussi réjouissant baptisé du même nom. Soit des chansons issues du répertoire traditionnel yéménite qu'elles ont souhaité s'approprier, le malaxant de leurs multiples influences allant des Beach Boys (ah, les harmonies vocales !) à Kendrick Lamar. On est fans, surtout en concert. À la Rampe mardi 26 septembre Amadou et Mariam Ils sont loin les Dimanche à Bamako (15 ans déjà) qui ont mis Amadou et Mariam sur la carte de la musique internationale (après 15 ans d'une première carrière) et ont permis de démontrer que la musique malienne allait bien au-delà de la kora traditionnelle e

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Humour : les cinq qui nous feront rire cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Avec de l'humour noir, de l'humour politique, de l'humour chanté, de l'humour magique...

Aurélien Martinez | Mercredi 13 septembre 2017

Humour : les cinq qui nous feront rire cette saison

Frédéric Fromet Sur France Inter, il livre ses chansonnettes satiriques sur l’actualité dans l’émission Si tu écoutes, j'annule tout – rebaptisée Par Jupiter ! depuis septembre. Sur scène, c’est la même chose, en mode trio, avec forcément le meilleur de ses œuvres écrites sur des mélodies très connues. Un spectacle qui fonctionne parfaitement grâce au talent d’écriture de notre homme et son sens évident de la musique – car on est face à un vrai concert. Un régal. À la Faïencerie (La Tronche) le 12 octobre François Martinez Il y a plusieurs façons de faire de la magie sur scène. François Martinez, lui, a choisi de laisser de côté le grand spectacle et les poncifs assez beaufs du genre (genre l’assistante sexy) pour aller du côté de la magie bric

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"Cherchez la femme" : cachez ce film qu’on ne saurait voir

ECRANS | de Sou Abadi (Fr., 1h28) avec Félix Moati, Camélia Jordana, William Lebghil…

Vincent Raymond | Mardi 27 juin 2017

Anne Alvaro est, décidément, une immense comédienne que son talent préserve de l’adversité – c’est-à-dire des pires des naufrages cinématographiques. Sa confondante interprétation d’une militante iranienne (accent inclus) réfugiée dans le XVIe arrondissement lui vaut ainsi de sortir sans dommage de cette épouvantable comédie sentimentale. Elle est bien la seule. La réalisatrice Sou Abadi, par exemple, manque son coche dans ce mariage entre romance et critique sociale humoristique. Pas du fait d’une hybridation hasardeuse, ni du thème puisque l’on peut rire de tout, si c’est fait avec intelligence et talent. Car hélas, le choix d’un sujet brûlant n’exonère pas un auteur de maladresse ni de naïveté. Sou Abadi raconte ici le stratagème trouvé par un étudiant désirant continuer à voir sa copine enfermée chez elle par son grand frère revenu radicalisé d’un camp : il se couvre d’une burqa et se fait passer pour une femme. Quiproquos à l’ancienne, situations balourdes, personnage de fondamentalistes d’une bêtise profonde… Défendre des idées justes ne dispense pas de travailler en profondeur la construction dramatique et devrait empêcher de réduire

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