Jean-François Braun : « Je vais avoir un pincement au coeur en quittant la Source »

ACTUS | Il a été le premier directeur de la Source, équipement municipal de la Ville de Fontaine dédié à la musique. Après huit ans à sa tête, il part en Ardèche pour une nouvelle aventure. L'occasion de faire avec lui un petit bilan.

Aurélien Martinez | Lundi 15 janvier 2018

Photo : Ludivine Bosc


Fin décembre, nous décernions à la Source de Fontaine le PB d'or de la salle qui gagnerait à être plus connue du fait de la diversité des choix de programmation de son directeur Jean-François Braun et sa volonté clairement affichée d'aller sur des propositions plus risquées, moins "mainstreams" – « depuis l'ouverture en 2010, j'ai toujours essayé de faire des pas de côté ». Mais voilà que quelques jours après la publication de l'article, nous apprenions que ce même Jean-François Braun allait quitter son poste début février, pour prendre la tête de la scène de musiques actuelles de l'Ardèche. « C'est l'opportunité de terminer ma vie professionnelle– je ne vais pas tarder à avoir 60 ans – sur un nouveau projet et ainsi revenir à la vie associative, là où j'ai commencé. »

On le rencontre donc dans son bureau de la Source pour un rapide bilan. « Je vais avoir un pincement au cœur en quittant la Source, c'est évident. » Content de cet équipement culturel ambitieux (trois plateaux, des studios de répétition, un conservatoire) qu'il a vu naître (« c'est un lieu assez magique qui offre la possibilité de toucher à toutes les esthétiques musicales »), il a tout de même dû l'adapter à l'arrivée en 2015 d'une Belle électrique qui a pas mal rebattu les cartes sur l'agglo – « elle a été conçue pour la nuit et les musiques électroniques. J'ai été surpris qu'ils arrivent sur un champ aussi large de programmation. Ça nous a fait un peu de tort niveau positionnement, même si en restant sur notre ligne, on a quand même réussi à fidéliser un public je trouve ».

« Je ne pars pas amer, mais... »

Il explique également qu'il a surtout vu les limites d'une salle de concert sous le statut de régie municipale dans un contexte où les finances des collectivités locales ne sont pas au beau fixe, notamment du fait du désengagement de l'État. « La Source est une assez grosse structure avec un budget modeste qui n'a jamais grandi, bien au contraire, et qui va même encore baisser en 2018. À un moment, on se retrouve face à un mur. Je ne pars pas amer, mais je me dis juste qu'avec un outil de cette nature, on aurait pu aller beaucoup plus loin. »

En attendant de connaître le nom de son ou sa remplaçant.e (le poste est encore ouvert si jamais ça vous dit), rendez-vous ce mercredi 17 janvier à 18h30 pour la soirée de présentation du semestre qui arrive, dernier donc signé Jean-François Braun.


Présentation de saison


38 avenue Lénine Fontaine
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

ACTUS | Après plus de six mois de fermeture, les salles de spectacle et les théâtres peuvent rouvrir leurs portes depuis le mercredi 19 mai. Mais si la reprise est largement saluée par les acteurs culturels, elle occasionne également de nouvelles problématiques pour les salles.

Sandy Plas | Lundi 17 mai 2021

Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

Elle était attendue depuis plusieurs mois. Espérée début janvier, puis mi-avril, c’est finalement le 19 mai que les salles de spectacle pourront rouvrir leurs portes au public et proposer à nouveau concerts, pièces de théâtre, danse et rendez-vous de toutes sortes, mis à l’arrêt depuis la fermeture des lieux culturels le 30 octobre dernier. Annoncé fin avril, le calendrier progressif du déconfinement prévoit la réouverture des salles en trois temps, avec une première phase, du 19 mai au 9 juin, permettant l’accueil de 800 spectateurs maximum et une jauge à 35% de la capacité de la salle, une seconde phase, du 9 juin au 1er juillet, avec une jauge à 65%, et une levée des restrictions d’accueil à partir du 1er juillet. Mais si le déconfinement des lieux de spectacle est forcément une bonne nouvelle pour les spectateurs, les artistes et les acteurs culturels laissés sur le carreau pendant plus de six mois, la réouverture dans un contexte de fin de saison pose un certain nombre de questions. Au Théâtre municipal de Grenoble (TMG), qui regroupe le Grand théâtre, le Théâtre 145 et le Théâtre de poche, l’annonce de la reprise a été re

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Gwizdek, tout court

Concert | Le vendredi 12 mars, à 19h, Daniel Gwizdek dévoilera, en livestream depuis la scène de la Source, son tout nouveau projet en forme de petite révolution personnelle. Désormais, le jeune Grenoblois se tourne vers la pop, chante en français, joue en trio… et ça s’appelle Gwizdek, tout court.

Hugo Verit | Mercredi 10 mars 2021

Gwizdek, tout court

Il était évident, à le voir chanter tout seul (et timidement) derrière sa guitare sur les scènes les plus confidentielles de Grenoble, que Daniel Gwizdek avait besoin d’un peu s’entourer. Bien sûr, ses compositions électro-folk subtiles, sa voix surprenante qu’on ne présente plus et ses faux airs de vrai dandy ne manquaient pas de séduire. Bien sûr, l’album Sandbox, sorti en 2017, était une grande réussite et sonnait comme un véritable aboutissement pour cet autodidacte, un brin casanier, qui avait pris l’habitude de se claquemurer dans son appartement pour y écrire, composer, jouer, enregistrer, mixer et répéter des dizaines de chansons. Bien sûr, le talent de Daniel Gwizdek ne faisait aucun doute. Et pourtant, lui semblait en douter. Éprouvant les limites du travail solitaire, en proie au grabuge intérieur du bûcheur en solo. Retour en trio Il était évident, donc, de le retrouver quelques années plus tard dans une nouvelle formule trio, plus sobrement intitulée Gwizdek. Accompagné de Vadim Bernard (batterie) et de Quentin Faverger (synthé et sample), Daniel se réinvente complètement. Les morceaux s’annoncent plus pop, les tempo s’accélèrent et le

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La Source s'écoule toujours

Spectacles en ligne | Depuis quelque mois, malgré la situation sanitaire, la Source continue de proposer résidences et événements (pour la plupart en livestream), pour combler un tant soit peu notre irréductible besoin de consolation. Et voici que la dernière salve en date s'avance pour les prochaines semaines !

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 février 2021

La Source s'écoule toujours

ÀÀ vos agendas : le programme débute très vite, dès ce jeudi 18 février, à 18h30, avec la sortie de résidence des P'tits Maux des Mômes, un spectacle jeune public de la Cie Poêle à Gratter. Une résidence durant laquelle la compagnie a proposé des ateliers musicaux à destination des enfants du Centre de loisirs de Fontaine. Sur scène, et donc à travers le filtre du livestream, on retrouve trois musiciens pour un spectacle participatif né de leurs expériences dans le milieu scolaire et de la petite enfance. Les mardi 23 et mercredi 14 février, à 19h, sonnera l'heure des auditions régionales des iNOUïS du printemps de Bourges, un événement réservé aux professionnels de la profession (il s'agit comme indiqué d'auditions) mais retransmis sur Sol FM, qui proposera également des interviews des artistes. Les huit artistes régionaux présélectionnés par l'antenne régionale des iNOUïS seront comme d'usage répartis en deux groupes sur les deux soirs : le rappeur Richi, la protée lyonnaise Thaïs Lona, le Brésilien d'origine Joao Selva et la magnifique gouaille gone de

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Concerts debout : on en est où ?

ACTUS | Enquête / C’est la question qui taraude presque tout le monde : les concerts debout en intérieur, toujours interdits à l’heure de notre bouclage, vont-ils bientôt pouvoir reprendre ? Et quelles stratégies les salles les accueillant mettent-elles en place dans ce contexte d’incertitude ? Tour d’horizon.

Damien Grimbert | Mardi 8 septembre 2020

Concerts debout : on en est où ?

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? Sans prise de position officielle claire depuis la fin du confinement, il n’était pas interdit d’espérer secrètement un déblocage tardif de la situation pour les salles ayant l’habitude d’accueillir des concerts debout. Un espoir aujourd’hui de plus en plus ténu – pour ne pas dire inexistant. C’est du moins le constat sans appel que l’on dresse après s’être entretenu avec des acteurs culturels comme la Bobine, l’Ampérage, la Source ou encore la Belle Électrique : plus personne ne croit encore vraiment en une possible évolution de la situation avant 2021, tout juste les plus optimistes s’autorisent-ils encore à garder un très mince espoir de changement pour le mois de décembre. À défaut, il faut donc pour les salles apprendre à composer avec l’incertitude. Les uns après les autres, et au compte-goutte la plupart du temps, les évènements debout un temps annoncés pour l’automne se voient de nouveau annulés ou reportés (le plus souvent à des échéances prudemment lointaines). Au mieux, ils sont transposés dans des configurations assises, avec toutes les contraintes que cela impose. Assis ou dehors Dans ces conditions, que fai

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"La Source" : planche de salut

ECRANS | de Rodolphe Lauga (Fr, 1h45) avec Sneazzy, Thomas Goldberg, Christophe Lambert…

Vincent Raymond | Lundi 22 juillet 2019

Désœuvré, vivant comme une malédiction la nécessité de reprendre l’entreprise de plomberie familiale de son père défunt, Samir s’imagine un autre avenir loin de la cité, en devenant surfeur pro. Même s’il n’a jamais mis les pieds sur une planche de sa vie. Et qu’il ne sait pas nager… Du parcours "éclaboussant" de Karim Braire, le réalisateur (et surfeur) Rodolphe Lauga a ôté toute l’écume sulfureuse et le ressac saumâtre : Samir en constitue une version à la fois épurée et fictionnalisée dans le bon sens du terme, puisque seul compte le récit initiatique d’un ado refusant le déterminisme socio-familial pour s’accomplir dans une inexplicable passion, en suivant son instinct. On objectera que le schéma est classique, mais le film l’est moins, qui déroge à tous les clichés du cinéma de banlieue ou du cinéma de glisse : l’une et l’autre sont en effet considérées ici comme des éléments contextuels, non comme des prétextes à images chocs ou spectaculaires. Par ailleurs scénariste (notamment des deux derniers Canet), Lauga

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Loran Stahl : « J’ai une responsabilité qui va un peu plus loin que le simple fait de choisir les artistes »

ACTUS | Après s’être occupé pendant quatorze ans de la programmation du Cabaret frappé, fameux festival musical de l’été grenoblois, Loran Stahl rejoint la Source, l’ambitieuse salle de concert de Fontaine. On l’a rencontré pour en savoir plus.

Aurélien Martinez | Mardi 4 septembre 2018

Loran Stahl : « J’ai une responsabilité qui va un peu plus loin que le simple fait de choisir les artistes »

Début 2018, Jean-François Braun, directeur et programmateur de la Source de Fontaine depuis son ouverture en 2010, annonçait son départ. Le voilà aujourd’hui remplacé par une figure bien connue dans l’agglo : Loran Stahl, ex-programmateur du Cabaret frappé qui vient tout juste de quitter le festival après avoir célébré ses 20 ans. Enfin, "remplacé", pas tout à fait. « Je suis maintenant responsable du spectacle vivant pour la Ville de Fontaine, ce qui inclut un travail de programmation à la Source mais aussi de, par exemple, prendre en compte la salle Edmond-Vigne ou encore la Fête de la musique. » Loran Stahl travaillera donc en lien avec Pascaline Thorel, directrice du Conservatoire de Fontaine qui, elle, a pris la direction de la Source, comme le Conservatoire se trouve dans les mêmes murs que les salles de concert. « Ce nouveau mode de fon

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La Source des femmes

ECRANS | De Radu Mihaileanu (Fr, 2h04) avec Leila Bekhti, Hafsia Herzi, Hiam Habass…

Christophe Chabert | Vendredi 28 octobre 2011

La Source des femmes

Avec Le Concert, Radu Mihaileanu avait prouvé qu’il aimait bien les clichés ethniques et pittoresques pour construire de la comédie à vocation internationale. Au moins faisait-il preuve d’un petit talent de storyteller… Avec La Source des femmes, il n’y a plus que la maladresse et les clichés, le scénario se délayant dans une longue et confuse fiction chorale illustrée façon téléfilm de luxe. Chez Mihaileanu, au nom du conte, on peut prendre des actrices françaises et résumer grossièrement leurs origines (pas marocaines, algériennes ou tunisiennes ; juste arabes) ; oui, mais c’est un film féministe ! On peut aussi diviser l’orient en deux catégories : les musulmans gentils (poètes, tolérants, respectueux de leurs femmes) et les musulmans méchants (le Coran à la main pour flanquer des roustes à leurs épouses) ; oui, mais c’est un film humaniste ! On peut enfin, en guise de conclusion rassurante façon feel good movie, terminer son film par de la danse et des chansons, des beaux costumes, des youyous et tout le monde est content ; oui, mais c’est un film d’auteur ! Au secours… Christophe Chabert

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Jean-François Braun : « La Source est un projet pour toutes les musiques »

ACTUS | À un mois du lancement de saison de sa grande salle de concert, la Source, ambitieuse structure sise en plein cœur de Fontaine, voit déjà son équipe s’activer avec frénésie. Entretien avec son directeur, Jean-François Braun.

François Cau | Lundi 11 janvier 2010

Jean-François Braun : « La Source est un projet pour toutes les musiques »

Petit Bulletin : Je suppose que c’est un grand soulagement d’arriver enfin à la concrétisation du projet ? Jean-François Braun : Là, on est dans les phases de prise en main, de réglage. L’École de musique est officiellement ouverte au public depuis le 5 janvier, on a encore un mois pour être prêts pour la grande inauguration. La grande salle devrait être opérationnelle cette semaine, on espère pouvoir faire les premières répétitions fin janvier. Autant dire qu’on n’a pas de temps mort ! Et oui, c’est un soulagement puisque c’est un projet de longue haleine… Qui a plutôt joué de malchance… Malchance ou pas, je ne connais pas un projet qui ait été livré dans les temps, ça n’existe pas. De plus, cette salle est un prototype, le concept comme le projet architectural sont nouveaux. Ça implique un surplus d’aléas, d’intervenants… Plus les découvertes quand on conçoit un projet, qu’on s’installe sur un terrain – bon, c’est sûr qu’on n’est pas non plus tombés sur une cité troglodyte enfouie ou sur une mine, comme à Brest, mais on peut dire qu’on a bien cumulé. Pour un projet qui a été confié à une

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