Un Tramway nommé culture pour « susciter un certain étonnement »

ACTUS | Un Tramway nommé culture, la programmation culturelle des campus grenoblois, fête cette année ses 30 ans. L’occasion de revenir sur cette belle initiative qui ouvre en grand les portes des musées et des salles de spectacle au public étudiant.

Sandy Plas | Mardi 2 octobre 2018

Photo : INProd / Sandy Plas


En 30 ans, il a vu défiler à son bord une génération d'étudiants. Les faisant juste picorer une sortie culturelle pour certains, ou tomber les deux pieds dedans pour d'autres. Créé en 1989, Un Tramway nommé culture a en tout cas contribué à intéresser les étudiants à la culture proposée sur le domaine universitaire. Et a également permis de tisser de solides liens entre le campus grenoblois et les acteurs culturels du paysage local. Car à la fin des années 1980, une époque fort lointaine où la MC2 s'appelait encore le Cargo et où le Musée de Grenoble se visitait du côté de la place de Verdun, faire rimer public étudiant et culture n'allait pas vraiment de soi.

« Les étudiants ne fréquentaient pas tellement les structures culturelles de l'agglomération. L'Université Pierre-Mendès-France a donc commencé à réfléchir à comment les faire entrer dans les salles ou dans les musées » nous explique Bertrand Vignon (à droite sur la photo), en charge de l'opération au sein de la Communauté Université Grenoble Alpes, aux côtés de Julien Vaccari (à gauche). À la même époque, la ligne B du tramway, qui relie le campus au centre-ville, est inaugurée. Une belle occasion pour développer les liens entre les lieux culturels de la ville et le domaine universitaire. « Le Tramway nommé culture a été nommé ainsi en lien, bien sûr, avec la pièce de Tennessee Williams Un Tramway nommé désir. Mais l'idée était de montrer également que le tramway pouvait permettre des allers-retours entre le public des étudiants et les structures culturelles. »

« Offrir une programmation propre »

Lancé donc à l'initiative de l'UPMF (maintenant fondue dans l'UGA) et géré aujourd'hui par la Communauté université Grenoble Alpes (qui regroupe l'UGA, Grenoble INP ou encore Sciences-Po), Un Tramway nommé culture rassemble bien sûr, via notamment un petit guide, tous les évènements culturels qui se déroulent dans les salles des campus grenoblois, de l'Est à l'Amphidice (voir ci-contre), mais pas que. « Son rôle est également d'offrir une programmation propre, pour faire venir des artistes en résidence au campus. » Exemple le plus récent : le travail en cours mené avec un artiste plasticien sur un parcours qui mènerait les étudiants du Centre d'art Bastille au domaine universitaire, en reliant plusieurs œuvres d'art.

Le but de l'opération est également de permettre aux étudiants d'accéder à des lieux culturels autrement. Le Muséum d'histoire naturelle leur ouvre ainsi les portes depuis quelques années, en partenariat avec le Tramway, pour une soirée dans le noir, à la découverte des insectes, avec, en fond sonore, la musique jouée par le Conservatoire de Grenoble. « Un vrai succès ! » se réjouit Bertrand Vignon.

« Ne pas tomber dans quelque chose d'élitiste »

Plusieurs fois par mois, des places gratuites sont également mises à disposition des étudiants, sur simple inscription via la page Facebook, par mail, téléphone ou en chair et en os dans les locaux de la ComUE. Avec, pour toutes les dates proposées (concert, danse, théâtre…), l'envie d'offrir un regard décalé et d'inciter à la curiosité. « Les étudiants n'ont pas besoin de nous pour aller voir un concert à la Bobine. Du coup, on essaie de leur faire d'autres propositions, sans tomber dans quelque chose d'élitiste. L'objectif est de susciter un certain étonnement. » En prime, la possibilité (souvent) de sortir du cadre et d'aller plus loin que la seule représentation, grâce au travail réalisé en amont avec les partenaires culturels. Récemment, des étudiants ont ainsi pu rencontrer un musicien du groupe Compay Segundo, en marge d'un concert à la Rampe auquel ils avaient assisté.

Pour ses 30 ans, le Tramway garde le cap, avec près de 400 manifestations proposées aux étudiants cette année, dont quelques rendez-vous concoctés spécialement pour cet anniversaire. Parmi lesquels : une soirée Japon au Musée dauphinois, et une prometteuse soirée "Momie folie" au Musée de Grenoble, à venir cet automne…

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Le bal des monstres du Tramway nommé culture

Festival | Pour sa 11e édition, le festival culturel interuniversitaire du Tramway nommé culture (le service culturel de la fac) a décidé de se faire, et de vous faire, peur avec un thème épouvantable : les monstres. Du théâtre à la musique, en passant par des visites terrifiantes, plongez en pleine horreur, et tout ça gratuitement.

Charline Corubolo | Mardi 21 mars 2017

Le bal des monstres du Tramway nommé culture

Frankenstein, gobelins et bêtes fantasmagoriques : voici le cocktail monstrueusement délicieux cette année du festival culturel interuniversitaire porté par le Tramway nommé culture. Du 28 mars au 5 avril, le campus et Grenoble vont ainsi devenir le théâtre de rue des monstres, thème de cette 11e édition. Ciné-concerts, expositions, ateliers, déambulations, performances… Les formes seront aussi électrisantes que les trois sorcières du film Hocus Pocus. Alors, pour que vous ne vous perdiez pas dans les méandres de l’abominable parade, voici une petite sélection atrocement délectable. Démarrons mardi 28 mars avec un ciné-concert à l’auditorium Grenoble INP où deux musiciens (dont Serge Teyssot-Gay croisé chez Noir Désir) revisiteront le chef-d’œuvre kubrickien 2001 : l'odyssée de l'espace. Le mercredi, ça continuera avec la fameuse et incontournable Nocturne des étudiants du Musée de Grenoble qui s’annonce frissonnante avec des performances sur le parvis, des spectacles au milieu des œuvres des collections permanentes de l’établissement et un défilé monstrueux en fin de s

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Des étudiants au Centre d'art Bastille

ARTS | L'exposition "Infiltrations", actuellement au Cab, a été imaginée par quatre étudiants. On en a rencontré une.

Charline Corubolo | Mardi 2 juin 2015

Des étudiants au Centre d'art Bastille

L'exposition Infiltrations est le fruit d'une collaboration entre le festival universitaire annuel organisé par Un tramway nommé culture et le Centre d'art Bastille, tous deux cherchant chaque année à promouvoir les actions étudiantes pour la culture. Pour cette nouvelle édition, Vincent Verlé, salarié du Cab, a mené un workshop curatorial avec quatre étudiants : Raphaël Corsino et Laura Villena, deux élèves de l’École supérieure d'art et design Grenoble (Esad) ; Robyn Wilton de l'Univerisité de Leeds et Chloé Pommaret de l'Université Pierre-Mendès-France, section médiation art culture. Pour Laura Villena, l'objectif du projet était de proposer une « exposition qui avait un lien avec le thème du festival. Après nous être questionnés sur le sens de ce thème, nous en avons déduit qu'il parlait de la vie à travers l'idée de mort : "

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La mort leur va si bien

CONNAITRE | Avec un Tramway nommé culture, structure qui s'occupe de la vie culturelle du campus, on est certains d'être transportés à chaque fois dans de nouvelles contrées. Et ce n'est pas la neuvième édition de son festival thématique annuel, gratuit et ouvert à tous, qui va déroger à la règle. Encore plus frissonnant qu'un livre de "Chair de poule", l'événement 2015 s'annonce "Mortel" ! Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 24 mars 2015

La mort leur va si bien

Mardi 24 mars, le campus grenoblois et une partie de la ville risquent fort bien de se retrouver dans les limbes, mais de façon artistique et amusante. Pour sa neuvième édition, le festival thématique du service culturel de l'Université Grenoble Alpes a décidé d'être "mortel". Il y a de quoi grincer des dents et être ébahi de ne pas avoir vu passer ces neuf années. Julien Wegner, chargé de l'organisation (à gauche sur la photo) : « Le festival est né en 2006. À l'époque, l'idée était que la programmation culturelle de l'université, assurée par le Tramway nommé culture, soit complétée par une proposition qui permettrait aux étudiants de participer par le biais d'appel à projets. La forme festival s'est vite imposée avec l'envie que l'événement soit thématique. » Voilà donc quasiment une décennie que la joyeuse équipe du TNC organise chaque année son festival, en passant par différents thèmes (la folie, le poil, l'interdit...), avec l'objectif de créer une émulsion artistique sur le campus et ailleurs. Mais au-delà du simple appel à projets, l'événement offre une véritable opportunité aux élèves en les mettant en lien avec les différe

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