Vincent Villenave : « Faire que le Grand Angle rayonne encore plus sur le Pays voironnais »

ACTUS | Depuis janvier et à la suite du départ de sa précédente directrice Éliane Baracetti, le Grand Angle, immense salle de spectacle de Voiron, est piloté par Vincent Villenave, ancien directeur de l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères. On l’a rencontré.

Aurélien Martinez | Mardi 5 mars 2019

« En un peu plus de douze ans, je pensais avoir fait le tour de l'Heure bleue. » Voilà pourquoi Vincent Villenave a de nouveau postulé l'an passé à la direction du Grand Angle de Voiron, après une première tentative infructueuse en 2014. « Ce qui m'intéresse particulièrement dans cette salle, c'est son rayonnement sur le territoire qui l'entoure. » Car ce paquebot qui, selon les configurations, peut monter à 2200 places (« c'est sûr que l'Heure bleue, à côté, c'est presque un théâtre de poche – et pourtant l'Heure bleue n'est pas une petite salle ! »), a des missions plus larges qu'un théâtre municipal implanté dans l'agglomération grenobloise.

Ce qui se ressent dans sa programmation extrêmement variée, où les stars du rire (Kev Adams, Artus, Arnaud Tsamère ou encore Ahmed Sylla viendront à Voiron les prochains mois) et de la chanson (Pascal Obispo, I Muvrini…) côtoient des propositions moins grand public – du théâtre, de la danse… « C'est comme un grand écart pour arriver à concilier deux aspects qui peuvent paraître sinon antinomiques en tout cas très élastiques entre des artistes têtes d'affiche et de l'émergence artistique. » Sur cet aspect, Vincent Villenave sera donc pleinement « dans la continuité de ses prédécessrices ».

« Davantage d'arts de la rue »

Mais il y aura tout de même quelques changements sous la mandature Villenave, qui aimerait que le Grand Angle « rayonne encore plus sur le Pays voironnais en allant davantage dans les petites communes. Je veux ainsi passer de deux-trois spectacles en itinérance par saison à quatre, cinq voire six ». Pour ce faire, il imagine demander à certaines compagnies qui présentent des grandes formes sur le plateau du Grand Angle d'en prévoir des plus petites pour une tournée dans les communes autour de Voiron. Niveau esthétique, il aimerait aussi élargir les propositions, en programmant « davantage d'arts de la rue » (« pourquoi pas créer un temps fort sur cette esthétique autour du lac de Paladru »), de la chanson (« en se concentrant notamment sur la création féminine ») et des musiques urbaines. « Mais tout se fera progressivement bien sûr. »

Un dernier mot sur l'Heure bleue, qu'il quitte « satisfait mais un peu inquiet » après un mandat de douze ans ? « J'ai eu une liberté de choix artistique totalement avérée. Grâce à ça, je ne suis pas mécontent du travail accompli sur la reconnaissance de cette salle, notamment auprès du public et des partenaires. Et je suis très fier d'avoir pu mettre en place le festival Hip-hop don't stop qui vient de terminer sa troisième édition et qui a maintenant une dimension importante. Même si, et je le dis plus facilement aujourd'hui que je ne suis plus en fonction, son avenir n'est pas assuré, même si j'ai lutté jusqu'au dernier moment pour que la Ville mette plus de financements. Saint-Martin-d'Hères est une commune qui affiche plein de bonnes intentions mais qui ne donne pas les moyens, ce qui est flagrant sur le festival hip-hop. En tout cas, j'espère qu'il perdurera, je veux le croire, mais ça n'est pas sûr si la volonté politique ne suit pas. »

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

« On n’est pas un théâtre à l’arrêt ! »

Crise du coronavirus | Depuis le 30 octobre et le deuxième confinement, les lieux culturels français sont fermés au public, sans date de réouverture annoncée pour le moment. Mais derrière les portes closes, entre lassitude et optimisme, il se passe tout de même des choses. Alors que la MC2 est occupée, quatre responsables de théâtres de la région grenobloise nous ont raconté leur activité "chez eux".

Aurélien Martinez | Mercredi 17 mars 2021

« On n’est pas un théâtre à l’arrêt ! »

Au Grand Angle de Voiron « Nous allons bien, du moins aussi bien que nous le pouvons. » À Voiron, si l’immense salle de 1700 places assises qu’est le Grand Angle est fermée au public depuis fin octobre, en coulisse, ça s’active toujours comme nous l’a expliqué son directeur Vincent Villenave. En dehors des murs du théâtre notamment, avec des représentations dans les écoles (vu que le gouvernement le permet), mais également directement sur le plateau disponible faute de spectacles donnés, avec des résidences de création proposées aux artistes – la compagnie de danse Arcosm, la compagnie de magie nouvelle 32 Novembre… « Au commencement du deuxième confinement et les semaines suivantes, il y a eu un sentiment de désœuvrement, d’épuisement, avec cette insupportable politique du "stop and go" – on rouvre à telle date, non ce sera celle-

Continuer à lire

Éliane Baracetti : « Je suis contente de finir ma carrière de cette manière »

ACTUS | À la rentrée, le Grand Angle de Voiron, salle de spectacle généraliste rayonnant sur un bassin de population très large, aura un nouveau directeur ou une nouvelle directrice, l’actuelle Éliane Baracetti partant à la retraite « en principe » en novembre. L’occasion d’un rapide bilan avec cette figure de la culture locale passée par diverses salles de l’agglo et, également, la politique.

Aurélien Martinez | Mardi 5 juin 2018

Éliane Baracetti : « Je suis contente de finir ma carrière de cette manière »

En 2014, on apprenait qu’Éliane Baracetti était nommée directrice du Grand Angle de Voiron, alors qu’elle était encore adjointe à la culture du maire de Grenoble de l’époque Michel Destot. Un retour « logique » dans le monde culturel pour celle qui, avant d’entrer en politique, dirigeait la Rampe d’Échirolles (et qui, encore avant, avait travaillé à la MC2). « J’ai vraiment apprécié de retrouver mon métier favori que j’avais quitté temporairement pour la politique. Et je l’ai retrouvé dans un cadre formidable avec une équipe elle aussi formidable et impliquée. Je suis donc contente de finir ma longue carrière de cette manière-là. » « Le panel le plus large possible » Sauf que le Grand Angle n’est pas la Rampe, avec un volet de programmation beaucoup plus large faisant se côtoyer, dans une immense salle (jusqu’à 2 400 places), Calypso Rose, Francis Huster, Michel Leeb, Muriel Robin, Claire Diterzi, le Cirque plume ou encore des artistes plus confidentiels pour en citer certains de cette dernière saison, ce qui a dû lui changer. « La programmation est très large simplement parce que le territoire est différent. »

Continuer à lire

L'Espace culturel René Proby, « une salle de proximité »

ACTUS | Saint-Martin-d’Hères inaugure ce week-end ce nouvel espace culturel. Une aubaine pour l'Heure bleue, la salle de spectacle de la ville.

Aurélien Martinez | Mardi 13 octobre 2015

L'Espace culturel René Proby, « une salle de proximité »

Ça bouge du côté de Saint-Martin-d’Hères, avec l’inauguration d’un nouvel établissement culturel et associatif : l’Espace René Proby, du nom de l’ancien maire communiste de la ville mort cet hiver. Une équipement polyvalent, réfection de l’ancienne salle Paul Bert détruite par les flammes en 2007, qui pourra servir à diverses associations et structures culturelles locales (la Maison de la poésie ou encore Les Arts du récit organiseront des rendez-vous) et qui sera aussi fortement utilisée par l’Heure bleue, la grande salle de spectacle martinéroise. « J’attendais ça avec impatience » : Vincent Villenave, le directeur de l’Heure bleue, y voit ainsi une complémentarité possible entre les deux lieux – 120 places en mode assis et 250 en debout à l’Espace culturel René Proby contre 520 et 1 400 à l’Heure bleue. Il pourra ainsi programmer des artistes « en émergence » et tenter des « expérimentations » en prenant moins de risques. « On pourra aussi faire de séries comme ça sera le cas en avril avec le nouveau spectacle de la Fabrique des petites utopies » – une dizaine de représentations,

Continuer à lire

Du bon goût au Grand Angle de Voiron

ACTUS | Zoom sur la prochaine saison de la salle voironnaise, où le plus intéressant n'est pas forcément le plus évident.

Aurélien Martinez | Lundi 22 juin 2015

Du bon goût au Grand Angle de Voiron

Première saison où la programmation est entièrement faite par la nouvelle directrice Eliane Baracetti, qui mixe comme le faisait sa prédécesseure spectacles sûrs de remplir la salle de 1 700 places et formes plus risquées – c’est d’ailleurs là qu’elle glisse sa patte, avec goût. La saison prochaine, on verra donc de la star de l’humour à Voiron : Alex Lutz, Arnaud Tsamere, Stéphane Guillon, Norman, la troupe du Jamel Comedy Club, Marc Jolivet, Pierre Palmade en metteur en scène du Père Noël est une ordure… En musique, le très chanson-jazzy Michel Jonasz sera de la partie, comme Michel Fugain, Richard Galliano, La Maison Tellier, Les Fatals Picards, Aldebert en mode jeune public… Côté spectacle vivant, il y aura plusieurs reprises de très bons spectacles : Pourvu qu’il nous arrive quelque chose du Grenoblois Grégory Faive, sur les coulisses du théâtre ; Têtes d’affi

Continuer à lire

Éliane Baracetti, « marin à la marine »

ACTUS | Suite au départ à la retraite de Janine Goubet, Éliane Baracetti a été nommée en février dernier à la tête du Grand Angle, immense salle (jusqu’à 2 400 places) située à Voiron. L’ancienne directrice de la Rampe d’Échirolles (entre 2001 et 2008) revient donc à ses premières amours après un passage par la case politique – elle a été, entre 2008 et 2014, élue à la culture de l’ancien maire de Grenoble Michel Destot. Rencontre. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 14 octobre 2014

Éliane Baracetti, « marin à la marine »

Vous arrivez à la tête du Grand Angle, salle iséroise particulièrement centrée sur l’éclectisme... Éliane Baracetti : Je n’emploierais pas le mot éclectisme. Il me dérange parce que ça fait un peu bazar à la bonne franquette. Le Grand Angle est plutôt une salle pluridisciplinaire, avec une grande diversité. Historiquement, il a toujours fait le grand écart, et de manière réussie, entre les têtes d’affiche, la partie plus showbiz, et un vrai travail, digne du service public de la culture, de soutien et d’accompagnement de spectacles peut-être moins évidents. En tant que nouvelle directrice, je m’inscris dans la continuité de cette ligne. Au-delà de la continuité, quelles sont les spécificités de votre projet ? J’ai vraiment défendu l’idée de croisement des langages artistiques. Je ne suis pas pour le cloisonnement théâtre, danse, musique, humour... Bien sûr, ce n’est pas une révolution, des artistes se préoccupent depuis bien longtemps de ces questions, mais c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup et qui a toute sa place dans une salle pluridisciplinaire. Sinon, je voudrais avoir à l’année des artistes com

Continuer à lire

En route vers 2014 / 2015

ACTUS | Dernier épisode de notre série du mois de juin sur les différentes programmations des salles de l’agglo publiées avant l’été. Avec cette semaine le Grand Angle de Voiron, l’Odyssée d’Eybens, la Vence scène de Saint-Égrève et le Théâtre en rond de Sassenage. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 24 juin 2014

En route vers 2014 / 2015

Le Grand Angle Changement de direction au théâtre voironnais, la nouvelle directrice étant Éliane Baracetti. Oui, l’adjointe à la culture de la municipalité grenobloise précédente, qui fut aussi directrice de la Rampe d’Échirolles et secrétaire générale de la MC2 – un CV qui en impose. Pour sa première saison en tant que programmatrice, pas de grands changements notables, la majorité des propositions ayant surement été validée avant sa prise de poste (mais on ira l’interroger à la rentrée pour savoir ce qu’elle compte faire avec ce très grand Grand Angle). À partir de septembre prochain à Voiron, on retrouvera donc beaucoup d’humour (Muriel Robin, Mathieu Madénian, Malik Bentalha, Ary Abittan...) et de musique (Vincent Delerm, Bernard Lavillier, Linda Lemay voire même Nana Mouskouri). Côté danse, on découvrira la prochaine création du chorégraphe Kader Attou mêlant comme toujours contemporain et hip-hop ; le fameux Alonzo King Ballet venu des États-Unis ; ou encore quelques compa

Continuer à lire

Guerres et paix

SCENES | THÉÂTRE BURLESQUE / Semianyki, ce sont des clowns muets et sans nez rouge qui campent une famille totalement déjantée et survoltée. Auréolé d’un impressionnant succès depuis sa création à Saint-Pétersbourg en 2003, le spectacle s’offre une nouvelle tournée en France. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mercredi 7 décembre 2011

Guerres et paix

Il y a la mère, le père, et leurs quatre enfants. Dans un décor proche du bric-à-brac de brocante, on découvre leurs relations intimes, passionnées et énervées. Un thème universel, évoqué dans tous les arts. Les clowns de Semianyki s’emparent de ce schéma largement rebattu, en y adjoignant une grande dose de burlesque, avec pour mot d’ordre de ne jamais lésiner sur les effets. Donc, quand les enfants essaient par tous les moyens de tuer leur père, ils y vont à coups de sparadrap et de pinces à linge. Un père qui, porté sur la bouteille, menace alors de les laisser seuls, quitte à abandonner par la même occasion sa femme, outrageusement affectueuse et enceinte jusqu’aux dents. Un ballet à six qui prend forme sans qu’aucune parole ne soit prononcée : tout est dans l’art du geste qui fera mouche ; ce qui n’exclut pas des moments de poésie pure, quand ces mêmes clowns, derrière leurs maquillages exagérés, leurs manières rustres et leur luttes intestines pour le pouvoir, arrivent à toucher du doigt certains des sentiments les plus fins. Les chiens ne font pas des chats Issue d’une illustre troupe de cirque qui évoluait dans l’URSS des années 70, la bande Semianyki (

Continuer à lire