Les Envolées : pour la beauté du (premier) geste théâtral

ACTUS | Le dispositif grenoblois visant à soutenir régionalement les artistes en devenir est de retour. Celles et ceux qui souhaitent postuler ont jusqu'à mi-août pour le faire.

Aurélien Martinez | Mardi 11 juin 2019

Photo : Bernard Garnier


Dispositif s'adressant « à celles et ceux qui souhaitent rendre visible leur premier geste théâtral dans une démarche de professionnalisation », Les Envolées seront de retour la saison prochaine. Mais pour espérer en profiter et ensuite dévoiler son travail au printemps 2020 dans différents théâtres de l'agglomération grenobloise, il faut d'abord être sélectionné. Les dossiers sont donc à remettre au plus tard le 15 août (trois seront choisis, dont un de théâtre musical), sachant que les postulants doivent venir avec un texte contemporain, ne pas être plus de six en tout ou encore résider dans la région Auvergne-Rhône-Alpes (du moins le porteur du dossier).

« C'est vraiment ce désir d'accompagnement qui fédère toutes les structures associées à l'aventure » explique Bernard Garnier du collectif Troisième bureau qui a repris ce projet à la base créé par le feu collectif Tricycle du temps où il gérait, à Grenoble, le Théâtre de poche et le 145. Aujourd'hui, sont dans la boucle plusieurs salles de l'agglo mais aussi l'Université Grenoble-Alpes (via son équipement haut de gamme l'Espace scénique transdisciplinaire, parfait pour les résidences de création), et même quelques théâtres à Lyon voire au-delà (les contacts ne sont pas finalisés avec tous), histoire d'assoir le volet diffusion régionale qui faisait défaut lors des précédentes éditions.

Une entreprise passionnante sur le papier et surtout nécessaire, comme elle ne se contente pas de simplement mettre en avant des artistes en devenir dixit Bernard Garnier. « C'est bien l'aide logistique, c'est bien de donner un plateau ou même 15 ou 20 000 euros à des jeunes artistes pour qu'ils fassent un spectacle. Mais être présent de manière humble et discrète comme on le fait aussi, pour répondre à des questions – sur la dramaturgie par exemple, ou les décors, la scénographie… –, c'est important. » De nombreux professionnels du spectacle sont donc associés aux Envolées pour aider ces jeunes pousses à proposer le meilleur spectacle possible au public.

Les Envolées
Toutes les informations sont disponible sur troisiemebureau.com

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Troisième Bureau entretient la flamme

Théâtre | Le comité de lecture du collectif artistique grenoblois a publié, fin février, la liste des textes qu’il a retenus pour cette année. L’occasion pour nous de solliciter Bernard Garnier, coordinateur artistique, afin de faire un point complet sur son fonctionnement et son actualité, en attendant les prochaines représentations publiques.

Martin de Kerimel | Vendredi 12 mars 2021

Troisième Bureau entretient la flamme

Quelle présentation feriez-vous de Troisième Bureau ? Bernard Garnier : Le collectif a été créé il y a une vingtaine d’années, autour principalement de professionnels du théâtre (comédiens, metteurs en scène, auteurs, scénographes… entre autres). Au départ, il y a un constat : les écritures théâtrales contemporaines restent peu représentées sur les scènes des théâtres subventionnés. Nous aimons jouer les classiques, mais disons que le théâtre contemporain a une manière d’interroger le monde autrement, avec une langue d’aujourd’hui. C’est son intérêt et sa force. Comment travaillez-vous ? Très modestement, notre idée est de mener un travail de groupe en parallèle des projets personnels de chacun, afin de pouvoir faire découvrir ces œuvres au milieu professionnel et de les partager avec le public. Avec Troisième Bureau, nous avons commencé à lire ensemble des pièces contemporaines et à nous réunir pour en discuter. Nous avons ensuite mis en place un certain nombre d’actions, la plus emblématique étant sans doute le festival Regards croisés, qui invite chaque année des auteurs et autrices pour des lectures, rencontres, ateli

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Désirs d’avenir théâtral avec les Envolées

Théâtre | Absent du paysage culturel de l’agglo depuis deux ans, le dispositif Les Envolées, qui a pour but de rendre visible le premier geste théâtral d’artistes en devenir, revient du samedi 28 avril au dimanche 6 mai. Avec, en tournée dans trois théâtres, trois jeunes équipes de création qui vont faire le grand saut de la professionnalisation. On a rencontré l’une d’elles, avant d’aller découvrir tout ça sur scène.

Aurélien Martinez | Mardi 24 avril 2018

Désirs d’avenir théâtral avec les Envolées

Rendez-vous a été pris une semaine avant la première représentation avec la metteuse en scène Solène Krystkowiak et son équipe dans le Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas qu’ils occupent depuis quelques jours. Assis dans la salle vide, nous assistons à un bout à bout des premières scènes d'Été, pièce de l’autrice contemporaine Carole Thibaut. Soit l’histoire d’un couple en vacances qui, au vu de ce que l’on comprend, ne va pas très bien… Depuis les gradins, Solène Krystkowiak arrête de temps en temps ses comédiens, leur donne des indications de jeu, leur fait essayer tel ou tel déplacement… Bref, un travail que tout metteur en scène se doit de faire. Sauf que dans son cas, c’est presque une première – du moins avec ce confort. Car comme deux autres metteuses en scène, Solène Krystkowiak crée son spectacle dans le cadre des Envolées, projet grenoblois piloté par le collectif (très branché théâtre contemporain) Troisième bureau avec plusieurs théâtres de l’agglo afin « d’accompagner trois projets dans tout le processus de création artistique de la dramaturgie a

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Théâtre : les Envolées, dispositif pour les artistes émergents, sont de retour

Initiative | Les Envolées, qui « s’adressent à ceux qui souhaitent rendre visible leur premier geste théâtral dans une démarche de professionnalisation », reviendront sur le devant de la scène en 2018 grâce à six structures culturelles de l'agglo et du département. Les artistes qui souhaitent en être ont jusqu'à fin juillet pour se manifester.

Aurélien Martinez | Mardi 23 mai 2017

Théâtre : les Envolées, dispositif pour les artistes émergents, sont de retour

Les Envolées, c’était un dispositif créé par le collectif Tricycle qui gérait les théâtres grenoblois 145 et de Poche. Son but ? « Accompagner de jeunes artistes dans leur premier geste » (mise en scène, jeu, texte...) selon le comédien Gilles Arbona. Un beau projet, que l’on a suivi avec attention pendant quatre éditions (avec ses réussites et ses ratés – c’est le jeu !), mais qui a dû s’arrêter l’an passé, en même temps que le collectif Tricycle. Bonne nouvelle : le voici qui reviendra la saison prochaine, avec une ambition régionale et de nouveaux partenaires locaux. Si les historiques Autre rive d’Eybens, Pot au noir de Saint-Paul-lès-Monestier et festival Textes en l’air de Saint-Antoine-de-l’Abbaye seront toujours de la partie en accueillant les répétitions et la mini tournée des trois spectacles choisis, débarquent dans l’aventure le Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas (pour les répétitions et la tournée), Troisième bureau (pour un accompagnement dramaturgique) et la MC2 (pour une aide sur la scénographie). Au vu du nombre de candidatures reçues précédemment, on imagine que ces Envolées nouvelle version, au budget pour l’ins

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« Pour un "Troisième théâtre" dédié aux auteurs vivants‌ »

Tribune | Alors que la nouvelle édition de Regards croisés, festival centré sur les écritures théâtrales contemporaines, commence ce mercredi 17 mai au Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas, nous avons proposé au collectif Troisième bureau qui l’organise de nous expliquer pourquoi, pour paraphraser Roland Blanche‌, « lire les auteurs vivants, c'est comme manger chaud, c'est meilleur ».

Bernard Garnier, coordinateur artistique du collectif Troisième Bureau | Lundi 15 mai 2017

« Pour un

Où sont les autrices et les auteurs dramatiques de notre époque ? Quoi de neuf sur les scènes des théâtres depuis Shakespeare, Molière, Marivaux, Tchekhov, Brecht, Beckett… ? Cette question, qui semblerait saugrenue dans la plupart des pays européens, reste « dramatiquement » d’actualité en France. C’est celle que nous nous sommes posée il y a dix-sept ans. « Nous », une bande réunissant professionnel-le-s du théâtre, du livre ou de l’éducation, curieux d’un théâtre qui s’écrit maintenant, d’un théâtre qui aborde les problématiques de notre époque, avec une langue d’aujourd’hui. Nous n’av[i]ons rien contre les textes du répertoire, mais comme le déclarait déjà l’auteur Bernard-Marie Koltès dans une série d’entretiens il y a une trentaine d’années (1), « ce n’est pas vrai que des auteurs qui ont deux ou trois cents ans racontent des histoires d’aujourd’hui. On peut toujours trouver des équivalences, mais on ne [me] fera pas croire que les histoires d’amour de Lisette et Arlequin sont contemporaines ; aujourd’hui l’amour se dit autrement, donc ce n’est pas le même ». Ne pas s'endormir

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Culture sous haute surveillance politique

politique culturelle | Fini le temps où les politiques culturelles étaient construites main dans la main avec les artistes et les professionnels ? Aujourd’hui, les élus semblent de plus en plus vouloir se réapproprier ce secteur avec, parfois, des méthodes abruptes et des arguments spécieux – ah, le fameux mot élitisme mis à toutes les sauces. Retour sur les derniers faits en date, notamment à Seyssinet-Pariset.

Jean-Baptiste Auduc | Lundi 31 octobre 2016

Culture sous haute surveillance politique

« On n’a pas très envie de revenir sur ce sujet. » Voilà ce qu’on nous répond à l’Ilyade de Seyssinet-Pariset lorsqu'on cherche à joindre l’équipe pour évoquer les difficultés qu’elle rencontre avec la mairie (de droite) et l’adjoint à la culture Frédéric Battin. Retour en mars 2016. La directrice de la salle de spectacle, Noémi Duez, boucle sa programmation pour la prochaine saison. Mais juste avant le dévoilement de celle-ci, la mairie lui demande un changement : sur les 17 spectacles prévus, un va devoir disparaître de la plaquette. Ce sera Vous reprendrez bien une petite danse, pièce de danse contemporaine présentant des personnes âgées. Comme l’Ilyade est une salle municipale (ce qui est le cas de nombreuses autres dans l’agglo), l’élu à la culture dispose d’un droit de regard. « Je me dois de donner une couleur à la programmation. Il nous a semblé que ce spectacle était celui qui correspondait le moins à ce que nous voulions pour l’Ilyade. » La programmation est pourtant un travail en soi, confié à la directrice et son équipe. Alors pourquoi cette décision, justifiée entre autr

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Regards croisés : « Rouvrir la porte des théâtres aux auteurs »

SCENES | Revoici Regards croisés, festival organisé par le collectif Troisième bureau et dédié aux écritures théâtrales contemporaines. Huit journées pour, notamment, rencontrer des auteurs et, surtout, écouter leurs pièces. À la veille de la seizième édition, on a voulu revenir aux bases avec Bernard Garnier, l’un des fondateurs de Troisième bureau.

Aurélien Martinez | Mardi 17 mai 2016

Regards croisés : « Rouvrir la porte des théâtres aux auteurs »

Comment présenter le festival Regards croisés à un néophyte ? Bernard Garnier : C'est un endroit où l’on nous raconte des histoires écrites par des auteurs de théâtre d'aujourd'hui et qui parlent du monde tel qu'il est aujourd'hui. C'est un lieu d'écoute, de discussions, d'échanges… Le théâtre serait un art trop tourné vers le passé, avec les mêmes auteurs du répertoire constamment mis en scène ? Non, je ne crois pas que ça soit ça. Quand on va voir des pièces dites classiques comme celles de Shakespeare ou Molière, on nous dit toujours – et c'est vrai – qu'elles font écho à notre monde, avec une langue très forte qui a traversé les époques. Mais les auteurs d'aujourd'hui travaillent une langue sans doute plus proche de nous, qui dit des choses de notre actualité. Le futur Shakespeare ou le futur Molière est donc peut-être reçu cette année à Regards croisés ? Ça, on le saura dans 200 ou 300 ans ! Votre événement n’est pas que franco-français… Oui, on est ouverts sur le monde, même si on porte un regard attentif sur les auteur

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« Écrire du théâtre, c’est écrire sur ce qui ne va pas »

SCENES | Chaque année, le festival Regards Croisés propose de découvrir des textes de dramaturges contemporains méconnus du public français, au cours de soirées lectures. Pour sa quatorzième édition, le festival fait la part belle aux femmes et aux auteurs d’Europe de l’Est. Rencontre avec Bernard Garnier, l’un des fondateurs du collectif. Propos recueillis par Guillaume Renouard

Guillaume Renouard | Vendredi 16 mai 2014

« Écrire du théâtre, c’est écrire sur ce qui ne va pas »

La lecture de textes contemporains de théâtre est un exercice plutôt pointu. Quel est le profil des spectateurs qui fréquentent habituellement le festival ? Bernard Garnier : Difficile de répondre, car nous n’avons jamais effectué d’enquête approfondie sur le profil de notre public. Néanmoins, nous pourrions être préoccupés s’il ne se renouvelait pas. Or, comme il s’agit d’une petite salle, avec une centaine de personnes par soir, on finit par retenir les visages, et on s’aperçoit qu’il y a bel et bien un renouvellement d’année en année, ce qui nous satisfait. Il ne s’agit d’ailleurs pas forcément de gens qui vont beaucoup au théâtre, puisque la lecture est différente, plus radicale, plus dépouillée. Tous les auteurs présentés sont des auteurs contemporains et plutôt confidentiels, tout du moins en France. Comment faites-vous pour les repérer, puis pour les sélectionner ? Ciblez-vous des zones géographiques particulières, comme l’Europe d

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Haut les mots

SCENES | C’est parti pour dix jours de Regards croisés, festival pendant lequel le Théâtre 145 va se transformer au sens propre comme au figuré en agora dédiée aux (...)

Aurélien Martinez | Mardi 13 mai 2014

Haut les mots

C’est parti pour dix jours de Regards croisés, festival pendant lequel le Théâtre 145 va se transformer au sens propre comme au figuré en agora dédiée aux écritures théâtrales contemporaines. Au sens propre car l’équipe du collectif Troisième bureau, aux manettes depuis treize ans, explose la structure habituelle du théâtre du cours Berriat, plaçant au centre du lieu une immense table autour de laquelle les comédiens lisent les pièces défendues. Le public, quant à lui, se retrouve aux quatre coins du ring. Et au sens figuré car, cette année encore, les organisateurs ne chamboulent en rien leur ambitieuse mission : porter sur le devant de la scène la parole de nouveaux auteurs venus de tous les pays, pour la faire découvrir aux oreilles attentives et aux valeureux metteurs en scène qui accepteraient de laisser de côté Molière & co. Une quatorzième édition riche en propositions qui nous ont interpellés. Sur la première semaine du festival (on évoquera la seconde dans le prochain numéro), on retient avec toute la subjectivité qui nous caractérise la soirée du vendredi autour du texte du Suédois Marcus Lindeen sur deux hommes qui ont changé de sexe. Du théâtre-documentai

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Du côté des festivals

SCENES | La deuxième partie de la saison est toujours riche en festivals axés spectacle vivant. L’un des gros morceaux sera, comme d’habitude, les traditionnels (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Du côté des festivals

La deuxième partie de la saison est toujours riche en festivals axés spectacle vivant. L’un des gros morceaux sera, comme d’habitude, les traditionnels Arts du récit, prévu cette année du 12 au 24 mai, et dont on reparlera en temps voulu. Ici, on se concentrera plutôt sur des événements plus confidentiels et plus récents. Comme celui co-organisé par le Tricycle, le CLC d’Eybens et le Pot au noir de Saint-Paul-lès-Monestier, et baptisé Les Envolées, éclosions théâtrales (du 28 avril au 11 mai). Une entreprise louable créée en 2012 et destinée à mettre en avant les talents théâtraux émergents – ce qui donne des rendus de qualité inégale, mais c’est le jeu. Au programme ce printemps, un spectacle de l’écrivain local Vincent Karle et un autre du jeune Jérémy Buclon, souvent croisé dans les spectacles de la compagnie Les Gentils. Niveau danse, quelques beaux spectacles sont programmés dans le Concentré de danse (impulsé par le Pacifique depuis 2012) : notamment l’hypnotique Pardi de la cie La Vouivre

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Envole-moi

SCENES | L’an passé, le Tricycle (Grenoble), l’Autre rive (Eybens) et le Pot au noir (Saint-Paul-les-Monestiers) lançaient la première édition de leur mini festival (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 19 avril 2013

Envole-moi

L’an passé, le Tricycle (Grenoble), l’Autre rive (Eybens) et le Pot au noir (Saint-Paul-les-Monestiers) lançaient la première édition de leur mini festival "Les Jeunes Pousses(ent)", sous-titré "éclosions théâtrales", et censé « offrir une première chance » à de jeunes artistes. Une entreprise louable, tant l’émergence est capitale pour la régénération de la sphère théâtrale. En avril 2012, on avait donc découvert trois jeunes compagnies, avec des spectacles très différents les uns les autres qui n’avaient toutefois pas connu de vie hors de l’agglo. Qu’à cela ne tienne : cette semaine, les trois lieux remettent le couvert, simplifiant au passage le titre du festival (Les envolées). Trois projets ont été sélectionnés, et chacun sera joué une fois dans chaque théâtre. Deux d’entre eux, proposés par de jeunes artistes gravitant autour du conservatoire de Grenoble, sont portés par des compagnies locales (la Comédie du

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Rire de peur que…

SCENES | ZOOM / Le festival Regards croisés fête ses dix ans, avec une édition diablement intéressante au vu des auteurs et des textes retenus. Avant de vous en dire plus sur les différents artistes, on est allés questionner Bernard Garnier, le maître de cérémonie de ce temps fort mené autour des écritures théâtrales d'aujourd'hui. Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 21 mai 2010

Rire de peur que…

Petit bulletin : Le thème de cette nouvelle édition de Regards croisés est "Hé ! Hé !". Ça semble plus joyeux que les précédentes !Bernard Garnier : C’est ce que l’on souhaitait. Même si je ne suis pas sûr que le monde soit beaucoup plus gai que l’année dernière, et que l’on aille vers des printemps qui chantent. C’est donc plus une attitude par rapport au monde, à ce qui nous environne. On peut ainsi évoquer derrière ce "Hé ! Hé !" l’idée de rébellion, de résistance… Car ce "Hé ! Hé !" mis en avant n’est pas du tout un rire de dérision, de moquerie ou d’ironie, mais un rire presque provocateur : tant que l’on rit, on est en vie. Cette idée se matérialise dans les pièces retenues, qui manient beaucoup l’absurde…En choisissant les textes, on n’a pas tout de suite la vision globale. On avait ainsi commencé avec Nez rouges, peste noire, le texte de Peter Barnes [écrivain anglais mort en 2004, NDLR] l’un des évènements de ce festival. Ça a rapidement été l’inspirateur de cette édition puisqu’au départ, on parlait de catastrophe joyeuse. Pourtant, au final, tous les textes ne parlent pas de catastrophe joyeuse, d’

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Parle avec eux

CONNAITRE | Pendant une semaine, chaque soir, un texte de théâtre contemporain sera lu avec soin par le collectif grenoblois Troisième bureau. L’occasion de découvrir des univers et des auteurs passionnants, autour du thème de la désertion. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 15 mai 2009

Parle avec eux

On déserte. Bye bye, on prend la porte, on quitte ce monde de dingues, sans se retourner et sans même une once de nostalgie. Pourquoi soudainement tant de révolte et de bouillonnement dans nos petits corps d’êtres humains d’habitude si prosaïques? Tout simplement parce que la désertion est le thème de cette neuvième édition du festival « Regards croisés sur les nouvelles dramaturgies » de nos amis de Troisième bureau. Et là, une petite présentation s’impose : formé en 2000, Troisième Bureau est « un collectif artistique pluridisciplinaire réunissant comédiens, auteurs, metteurs en scène […] qui œuvre à une diffusion “critique” des écritures théâtrales d’aujourd’hui ». Le festival évoqué ci-dessus est ainsi l’aboutissement d’un travail annuel prolifique mené autour de lectures publiques mensuelles. « La lecture peut être un moyen de découvrir un texte » nous explique Bernard Garnier, coordinateur de projet et comédien. Écouter un texte de théâtre simplement lu plutôt que de le voir mis en scène permettrait de mieux l’appréhender ? « Mieux je ne sais pas, mais différemment sans doute. On a fait une enquête auprès des auteurs présents l’an dernier, et

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