Annulation de la saison du Déclic à Claix : « On permet au public et aux artistes de se projeter dans le temps »

Crise du coronavirus | Fin janvier, l’équipe aux commandes de la salle de spectacle Le Déclic à Claix a officialisé la décision d’annuler sa fin de saison 2020/2021, « avec regrets » comme elle l’a écrit dans un communiqué envoyé au public. Pour en savoir plus, on a passé un coup de fil à Magali Paret-Solet, directrice des affaires culturelles de la Ville de Claix, en charge notamment de la programmation du Déclic.

Aurélien Martinez | Mardi 2 février 2021

Photo : DR


Pourquoi avoir pris la décision d'annuler tous les spectacles programmés au Déclic jusqu'en juin ?

Magali Paret-Solet : C'est une proposition que l'on a soumise à l'équipe municipale [le Déclic est piloté par des agents municipaux – NDLR] à la suite des annonces gouvernementales de début janvier qui confirmaient la fermeture des salles de spectacle sans calendrier de réouverture. Dans le même temps, la métropole grenobloise demandait expressément aux collectivités de rester sur un seuil d'alerte important. En croisant tous ces paramètres, on s'est dit que l'annulation de la saison était la meilleure solution.

Pourquoi la meilleure ?

Parce qu'on permet au public de se projeter dans le temps. D'ailleurs, les retours des spectateurs sont très positifs. Ils nous disent : « Enfin, quelqu'un qui prend une décision ! » Et on permet également aux artistes de voir sur le plus long terme. Précédemment, nous étions sur une position attentiste insoutenable pour eux comme pour nous, notamment au niveau budgétaire.

Et puis, surtout, quand on va d'annulation en annulation sur des délais très courts, on n'a pas la possibilité d'offrir d'autres choses aux spectateurs. Alors que maintenant, après les avoir remboursés intégralement, on va pouvoir leur proposer sur les prochains mois des événements que l'on peut garantir même en période de Covid.

Lesquels ?

Avec certaines compagnies initialement programmées, on va avoir des spectacles par téléphone ou encore des projets filmés de regards croisés entre plusieurs équipes artistiques. Tout ça nous permet de garantir un volume d'activité pour les artistes avec, en plus, des projets assez novateurs, et également de tenir une forme de saison pour le public tout en nous projetant, nous, sur la prochaine.

Après cette annulation, comment cela se passe-t-il financièrement avec les différentes équipes artistiques ?

On fonctionne au cas par cas pour être au plus près de leur activité, car entre une grosse production et une compagnie locale, ce n'est pas la même réalité. Certaines équipes préfèrent le report sur la saison prochaine, d'autres non. Et si, pour une raison X ou Y, le report n'est pas possible, on va payer le coût lié à la production – 30% du coût du spectacle.

Vous êtes pour l'instant la seule salle de l'agglomération grenobloise à avoir pris cette décision…

À ma connaissance, oui. Mais il n'y a pas de notion de concurrence entre les salles : je ne dis pas que ce qu'on fait est mieux qu'ailleurs. On a pris cette décision en fonction de notre territoire, de notre réalité de petite salle de 174 places en régie directe municipale. Chacun fait comme il peut. Il n'y a aucune critique des autres salles à chercher dans notre décision.

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Festival de marionnettes : ainsi fait, fait, fait Pont-de-Claix

Festival jeune public | La première édition du Festival de marionnettes est organisée du lundi 24 au vendredi 28 octobre à l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix. Avec notamment l'excellente compagnie La Pendue.

Aurélien Martinez | Mardi 18 octobre 2016

Festival de marionnettes : ainsi fait, fait, fait Pont-de-Claix

En cette période où l’on est plutôt habitués à voir mourir les festivals, la naissance d’un nouveau à quelque chose de savoureux. Et d’inattendu, comme l’heureux événement arrive du côté de l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix, salle de spectacle que la Ville avait reprise dans son giron en 2015, non sans fracas. Du coup, on a contacté Laurent Ageron, responsable de l’Amphi au sein du service culturel de la mairie, pour comprendre pourquoi il a décidé de lancer cet automne la première édition du Festival de marionnettes. « D’abord on voulait à nouveau positionner l’Amphithéâtre à l’échelle de l’agglomération. Ensuite, il y a une longue tradition du jeune public ici à l’Amphithéâtre, donc ça me semblait pertinent de continuer là-dessus. Et, enfin, il n’y a plus aujourd’hui de festival de marionnettes sur Grenoble, alors qu’il y a du public pour ça et qu’il y a sur l’agglomération des compagnies de marionnettes de première importance. » D’accord. Concrètement, lors de cette première édition organisée sur une semaine de vacances scolaires, on pourra découvrir quatre spectacles, dont la reprise de l’excellent Poli

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Grenoble ramène sa science

ACTUS | À l’occasion du festival Pint of Science organisé du 23 au 25 mai dans vingt villes françaises, on se demande où se pense la science à Grenoble. Echosciences, la Casemate, le projet des Grands Moulins de Villancourt… : on a trouvé plusieurs réponses prometteuses pour l’avenir.

Tiphaine Lachaise | Mardi 17 mai 2016

Grenoble ramène sa science

Au regard de l’agenda de la semaine, la culture scientifique ne saute pas forcément aux yeux à Grenoble et dans l’agglo, alors que la capitale des Alpes est réputée pour être à la pointe dans ce domaine. Un constat qui n’a pas effrayé Élise Delaforge, jeune docteure en biophysique qui a décidé d’importer l’événement Pint of Science à Grenoble : des rencontres avec des scientifiques autour de thèmes précis et dans un bar, pour désacraliser la chose. Le festival entame sa seconde édition grenobloise. « À Grenoble, les gens ont l’habitude d’être curieux » explique-t-elle. Un point de vue que partage Gilles Grand, des Cafés sciences et citoyens de l’agglomération grenobloise, même si selon lui il reste « une certaine défiance du public envers la science ». D’où son envie de « faire le lien entre les citoyens et les scientifiques ». Sur le même principe de rencontres, son association œuvre depuis 10 ans pour la vulgarisation et a su fédérer une communauté – « entre 40 et 80 personnes minimum à chacune de nos rencon

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Vers une saison de transition à l'Amphithéâtre

ACTUS | L’hiver dernier, l’équipe qui gère la salle de spectacle pontoise depuis cinq ans a été remerciée par la municipalité. Se pose du coup la question de l’avenir du lieu. Visiblement, on se dirige vers « une année de transition » avec la conservation des propositions jeune public déjà planifiées par l'ancienne directrice Emmanuelle Bibard.

Aurélien Martinez | Mercredi 22 juillet 2015

Vers une saison de transition à l'Amphithéâtre

Les derniers mois à Pont-de-Claix ont été compliqués côté culture, avec le débarquement de l’équipe aux commandes de l’Amphithéâtre par la municipalité socialiste qui trouvait la programmation trop élitiste – tout est résumé dans ce dossier. Alors qu’on pensait aller à la pêche aux infos à la rentrée pour en savoir plus sur le devenir de la salle, voilà que nous recevons en plein milieu de l'été un mail de l’Amphithéâtre qui, en plus de remercier ceux qui ont « soutenu et accompagné ce projet pendant cinq ans », évoque le « futur du projet culturel et de l’équipe ». Voici le communiqué, visiblement de pacification, l’accompagnant : « La scène Rhône-Alpes / Amphithéâtre change de projet artistique au 1er septembre 2015. Après une mobilisation, depuis février, contre la perspective de disparition d'un lieu de diffusion exigeant pour le spectacle vivant, une phase de concertation s'établit aujourd'hui entre l'équipe de l'Amphithéâtre (8 salariés) et la ville du Pont-de-Claix. Le service culturel s'orie

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Amphithéâtre : Christophe Ferrari s’exprime enfin

ACTUS | Alors qu’il y a tout juste cinq ans, la mairie de Pont-de-Claix décidait de changer totalement la ligne de son théâtre en l’axant sur la création très contemporaine, nouveau changement avec la reprise en main de l’équipement par cette même mairie. En cause, la programmation de la directrice jugée trop élitiste. Presque deux mois après la publication de l’information, le maire Christophe Ferrari s’exprime enfin sur le sujet. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 10 avril 2015

Amphithéâtre : Christophe Ferrari s’exprime enfin

Changement de position à la mairie de Pont-de-Claix au sujet de l’Amphithéâtre. Alors que Christophe Ferrari souhaitait visiblement rester loin, très loin, de la polémique entourant l’Amphithéâtre, demandant à son adjointe à la culture de justifier son choix de remercier la directrice de la structure culturelle, il fait machine arrière, sans doute au vu de la tournure que prennent les événements – beaucoup s’émeuvent de sa décision, parfois violemment comme l’ancien directeur de l’Amphithéâtre Michel Belletante dans une lettre ouverte au vitriol. Une prise de parole tardive de l’édile (plus d’un mois après les premiers papiers dans la presse) expliquée aujourd’hui par une volonté de ne pas interférer à l’époque sur les élections départementales qui se sont déroulées fin mars. « Rendre la culture accessible à tous » Jeudi 9 avril, une poignée de jo

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Le Pont-de-Claix : l’avenir de l’Amphithéâtre en question

ACTUS | Alors qu’il y a tout juste cinq ans, la mairie du Pont-de-Claix décidait de changer totalement la ligne de son théâtre en l’axant sur la création très contemporaine, nouveau changement avec la reprise en main de l’équipement par cette même mairie. En cause, la programmation de la directrice jugée trop élitiste. On fait le point avec les acteurs concernés.

Aurélien Martinez | Mardi 3 mars 2015

Le Pont-de-Claix : l’avenir de l’Amphithéâtre en question

« Un coup de théâtre tellement violent. » Forcément, Emmanuelle Bibard, directrice de l’Amphithéâtre depuis 2010, ne prend pas très bien la fin de la convention entre la mairie du Pont-de-Claix et Amphipédia, l’association qui gère l’Amphithéâtre, puisque cela signifie la non-reconduction de son projet. « C’est une décision politique arbitraire, un repli sur soi inquiétant par rapport à l'héritage des années 1980 » – les fameuses années Jack Lang. « On ne ferme pas une salle, on la reprend » assure pourtant Corinne Grillet, adjointe à la culture auprès du maire Christophe Ferrari depuis les dernières élections. Une décision motivée par un bilan jugé trop faible niveau « ancrage avec le territoire ». Corinne Grillet nous parle de « programmation élitiste », alors qu’elle en souhaiterait une plus à l’écoute des habitants de sa ville « qui ne vont même pas au cinéma ». Emmanuelle Bibard, elle, condamne ces « élus qui veulent de la rentabilité à court terme »,

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"Une plage au Pont-de-Claix" : sea, sex and sun

Spectacle | Un petit tour à la plage ? C’est ce que nous propose Catherine Contour, avec cette « expérience esthétique » créée in situ. Rencontre avec cette artiste atypique, aussi bien formée à la danse qu’aux arts décoratifs, pour en savoir plus sur cette curieuse et alléchante proposition.

Aurélien Martinez | Jeudi 24 mai 2012

Vous vous définissez comme une "artiste plagiste". C’est-à-dire ? Catherine Contour : J’ai une petite histoire à vous raconter. Depuis longtemps, je fais des propositions aux formes multiples et variées. On me demande souvent ce que c’est, si je suis plasticienne, chorégraphe, on voit que j’aime le son, le design, les jardins... Je suis en fait sur plusieurs domaines, de façon transversale, alors qu’en France, c’est plutôt sectorisé. Ça pose des questions. Pour ma part, j’aime beaucoup les passages de frontières, la porosité entre les différents genres... Pour un festival sur ces formes hybrides venues d’ailleurs, on m’avait incitée à définir mon travail, comme je ne fais pas vraiment de spectacle, ni de workshop, ni d’atelier... J’ai alors pris mon dictionnaire, je l’ai ouvert au hasard, et je suis tombée sur le mot plagiste. En lisant la définition, je me suis dit que c’était tout à fait ça ! Car je travaille sur les espaces, sur les gens qui viennent dans ces espaces, sur l’organisation du temps qui passe.... Donc si je suis plagiste, je peux dire que je fais des plages ! À partir de là, tout s’est un peu construit suivant

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Cinéma, cinéma...

SCENES | Spectacle / Si vous tapez «Woo» dans Google, vous avez de grandes chances de tomber sur John Woo, et finalement de bien tomber, tant ce cinéaste (...)

François Cau | Vendredi 4 novembre 2011

Cinéma, cinéma...

Spectacle / Si vous tapez «Woo» dans Google, vous avez de grandes chances de tomber sur John Woo, et finalement de bien tomber, tant ce cinéaste s’adonne à la chorégraphie et à l'envol ralenti de colombes. Mais c'est à Frederico Fellini, autre réalisateur chorégraphe qui n’a pas son pareil pour enchevêtrer, éclater plusieurs histoires et plusieurs dimensions du récit, que l’on pense en regardant les spectacles des Woo. Pour EJ, leur nouvelle proportion visible mercredi 9 et jeudi 10 novembre à l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix, ils ont mis en place une forme plus intimiste que sur La Storia (présentée en 2009 à la MC2). Soit un duo entre le danseur Ennio Sammarco, ancien interprète chez Maguy Marin, et le batteur Josselin Varengo, pour un spectacle hybride sur la rencontre entre deux êtres. On a pu en découvrir un bout lors d’une répétition publique : difficile d’émettre un quelconque jugement, mais force est de constater que leur univers évocateur (grâce notamment à une création lumière remarquable) embarque l’œil en moins de deux. JED & AM

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Je suis une légende

MUSIQUES | MUSIQUE / Si le rap français “de rue” a enfin pu relever la tête en 2006, c’est en grande partie grâce au premier album de Sefyu, “Qui suis-je ?”. Plus hardcore, plus talentueux, et plus original que 90% de la concurrence, ce dernier sera mercredi prochain au Foyer de la MJC de Pont-de-Claix. Damien Grimbert

| Mercredi 21 février 2007

Je suis une légende

Défendre le talent de Sefyu face à un public non-initié n’est pas chose facile. Avec son flow rocailleux / racailleux à faire passer Booba pour un jeune étudiant BCBG, et ses paroles brutales et crues, il n’est pas près de détrôner le surfait Abd Al Malik dans les conversations mondaines. Et pourtant, dès la première écoute, quelque chose accroche l’oreille. Une présence, une élocution travaillée qui semble pourtant spontanée, quelques astuces d’écriture captées à la va-vite… C’est une évidence : Sefyu rappe très bien. Les sonorités minimalistes, sombres, lancinantes, et les rythmiques tranchantes maltraitant sans concession mélodies orientales ou chants d’église, jouent parfaitement leur rôle. Et le propos surprend à plus d’une reprise. Comme dans La Légende, un des morceaux-phares de l’album, qui a amplement contribué à la création du buzz autour de ce jeune type d’Aulnay-sous-Bois. Vindicatif, sur un beat gras et rugueux, il y fait violemment s’entrechoquer les clichés des médias, de l’opinion publique, et ceux entretenus dans les cités. Histoire de renvoyer la balle à chacun, pour mieux conclure par un acide «La légende veut qu’on n’inverse pas les rôles / J’imagine pas Chirac

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