Au chevet de la tour Perret

Patrimoine | C’est une vieille dame fragile et, à ce titre, elle fait l’objet d’une surveillance constante. En fin d’année dernière, la tour Perret a "bougé" de manière inédite. Des travaux d’urgence y sont donc menés actuellement.

Martin de Kerimel | Mardi 9 mars 2021

Photo : (c) Martin de Kerimel


Les Grenoblois ont désormais pris l'habitude de voir la base de la tour Perret encerclée par une palissade colorée. Depuis le 25 décembre dernier, des barrières métalliques matérialisent un autre périmètre de sécurité, plus large, autour de l'édifice. Pas de panique : il ne risque pas de s'effondrer, car il est resté stable. Cependant, du fait de mouvements détectés au sommet, des chutes de matériaux peuvent subvenir. Afin de bien comprendre les causes de ce phénomène inédit, la tour a régulièrement été "auscultée" par François Botton, l'architecte en charge de sa restauration. C'est lui qui, début février, a constaté l'apparition d'un jour entre un pilier de la tour et ses claustras, dans une zone située entre 68 et 75 mètres d'altitude. Face à cette menace, il a été recommandé une intervention d'urgence pour conforter le bâtiment.

Des contraintes spécifiques

Ces travaux imprévus sont en cours, dans des conditions climatiques souvent difficiles : les ouvriers se mettent à la tâche tôt le matin et doivent s'interrompre dès que le vent est trop fort. Ils sont trois à travailler dans une petite nacelle et six en tout à se relayer. Jusqu'à présent, leur rythme est bon, ce qui laisse espérer que leur mission aboutisse rapidement. Le chantier de réhabilitation proprement dit, décidé par la municipalité fin 2016, pourrait ainsi reprendre ses droits. Les équipes espèrent ne pas rencontrer d'autre difficulté majeure, mais ce n'est jamais à exclure dans un bâtiment quasi-centenaire et si particulier.

« Pour Auguste Perret qui l'a édifiée, la tour était un manifeste, souligne François Botton. Il y avait à l'époque une concurrence presque philosophique entre les partisans du béton armé et ceux qui privilégiaient la pierre. Restaurer un tel monument nécessite véritablement d'avoir une intimité avec lui, que l'on ne peut acquérir qu'au fil du temps passé à y travailler. » Des méthodes qui rappellent celles de la police scientifique ! Des études et diagnostics avaient bien sûr été réalisés avant le lancement de la campagne de restauration, mais les experts n'ont encore que peu de recul sur la manière de traiter le béton armé. Bonne nouvelle : l'exemple de la tour Perret pourrait donc servir, à terme, pour d'autres bâtiments. Fermée au public depuis plus de soixante ans, la vieille dame grenobloise devrait, elle, rouvrir d'ici 2024. Avec un objectif ambitieux : accueillir 30 000 visiteurs par an.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

La tour Perret, phare grenoblois en quête d’avenir

Patrimoine | Illuminée de bleu en son sommet et révélée une fois par an par les feux d'artifices du 14 juillet, la tour Perret, située en plein parc Paul-Mistral, demeure un emblème grenoblois, à plus d’un titre. Car malgré sa façade grisâtre, l’édifice de presque un siècle porte les ambitions modernistes du début du XXe, entre esthétique épurée et béton armé. Mais malgré les prouesses techniques, la tour se dégrade. Un chantier de rénovation va donc être lancé pour redorer le phare Perret. On remonte le fil de l'histoire.

Charline Corubolo | Vendredi 14 avril 2017

La tour Perret, phare grenoblois en quête d’avenir

1924. L’effervescence bat son plein dans la capitale dauphinoise car Grenoble reçoit, l’année suivante, l’Exposition internationale de la houille blanche (pour qualifier la force hydraulique de l'écoulement de l'eau transformée en énergie électrique) et du tourisme. Point de chute de cette grande manifestation, le parc Paul-Mistral avec un gigantesque aménagement de pavillons. Mais à l’ère où Internet n’était qu’une douce utopie, comment se repérer dans ce dédale labyrinthique ? C’est ainsi qu’apparaît Auguste Perret (1874-1954), architecte moderne notamment à l’ouvrage pour le Théâtre des Champs-Élysées à Paris. Il soumet un projet de tour à usage d’orientation en béton armé, fleuron de l’industrie du ciment dans la région. La proposition est acceptée, la team Perret n’a plus qu’à mettre les mains dans le ciment. En un temps record de neuf mois, la tour Perret, haute de 95 mètres pointe comprise sur une base octogonale, se dévoile au milieu de montagnes. Avec 15 mètres de fondation, un diamètre de 8 et 8 poteaux verticaux, la tour s’érige en véritable phare. Une table d’orientation fait le tour du bâtiment à

Continuer à lire

Grenoble : zoom sur douze bâtiments phares du XXe siècle

Sélection | Grenoble est une très vieille ville, pleine d’impressionnants vestiges des siècles passés. Mais Grenoble est également une ville en mouvement que les architectes ont continué de façonner au siècle dernier. La preuve en douze monuments phares du XXe siècle, de la fameuse tour Perret au grandiose Musée de Grenoble, en passant par l’imposant Palais des sports ou le moderne (pour l’époque) Hôtel de Ville. Suivez-nous, la visite commence.

Charline Corubolo | Mardi 18 avril 2017

Grenoble : zoom sur douze bâtiments phares du XXe siècle

La tour Perret, phare grenoblois en quête d'avenir Illuminée de bleu en son sommet et révélée une fois par an par les feux d’artifices du 14 juillet, la tour Perret, située en plein parc Paul-Mistral, demeure un emblème grenoblois, à plus d’un titre. Car malgré sa façade grisâtre, l’édifice de presque un siècle, inauguré en 1925 pour l’Exposition internationale de la houille blanche et du tourisme, porte les ambitions modernistes du début du XXe, entre esthétique épurée et béton armé. Mais malgré les prouesses techniques, la tour se dégrade. Un chantier de rénovation va donc être lancé pour redorer le phare Perret. On remonte le fil de l'histoire dans cet article. Des halles au Magasin

Continuer à lire

Grenoble : attention, patrimoine en danger

ESCAPADES | Grenoble n’est pas que béton : il reste en ville un patrimoine historique riche, qui pourtant s’effrite. Place de Verdun, l’Ancien musée de peinture fait partie de ces joyaux en déshérence. On a fait un tour de table pour comprendre comment on en était arrivés là, avec notamment la mairie d’aujourd’hui et celle d’hier.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 7 juin 2016

Grenoble : attention, patrimoine en danger

Grenoble a un petit parc patrimonial. Pas moins de 800 000 m2, soit juste 20 fois la taille d’Alpexpo. La mairie a pour mission de conserver ce patrimoine. Mais voilà, son entretien revient à 6, 5 millions d’euros par an. Alors lorsqu’il s’agit de réfléchir à l’avenir de tel ou tel joyau, les élus doivent se gratter la tête. La tour Perret, symbole s’il en est de la Grenoble innovante ? 8 millions d’euros de réparations sont prévus. L’Orangerie, sis boulevard Jean Pain, aujourd’hui consacrée aux espaces verts (matériels divers et palmiers frileux) ? Ce serait 1 million. Au vu de ces montants à sept chiffres, Maud Tavel, adjointe en charge du patrimoine à la Ville de Grenoble, l’assure : il va falloir choisir. « On ne peut pas être partout alors la mairie va faire une liste d’équipements à rénover. » Une réflexion qui va durer jusqu’à l’automne. Elle évoque des lieux à la Villeneuve, sans plus de précisions. Surtout, Maud Tavel pense, comme nous, à l’Ancien musée de peinture. Un gros mor

Continuer à lire