Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

ACTUS | Après plus de six mois de fermeture, les salles de spectacle et les théâtres peuvent rouvrir leurs portes depuis le mercredi 19 mai. Mais si la reprise est largement saluée par les acteurs culturels, elle occasionne également de nouvelles problématiques pour les salles.

Sandy Plas | Lundi 17 mai 2021

Photo : Philippe tripier- Ville de Fontaine


Elle était attendue depuis plusieurs mois. Espérée début janvier, puis mi-avril, c'est finalement le 19 mai que les salles de spectacle pourront rouvrir leurs portes au public et proposer à nouveau concerts, pièces de théâtre, danse et rendez-vous de toutes sortes, mis à l'arrêt depuis la fermeture des lieux culturels le 30 octobre dernier. Annoncé fin avril, le calendrier progressif du déconfinement prévoit la réouverture des salles en trois temps, avec une première phase, du 19 mai au 9 juin, permettant l'accueil de 800 spectateurs maximum et une jauge à 35% de la capacité de la salle, une seconde phase, du 9 juin au 1er juillet, avec une jauge à 65%, et une levée des restrictions d'accueil à partir du 1er juillet.

Mais si le déconfinement des lieux de spectacle est forcément une bonne nouvelle pour les spectateurs, les artistes et les acteurs culturels laissés sur le carreau pendant plus de six mois, la réouverture dans un contexte de fin de saison pose un certain nombre de questions. Au Théâtre municipal de Grenoble (TMG), qui regroupe le Grand théâtre, le Théâtre 145 et le Théâtre de poche, l'annonce de la reprise a été reçue dans un premier temps avec une certaine perplexité. « Vu l'avancée de l'épidémie, nous avions fait une croix sur la saison sans vraiment se le dire. On a été nombreux à être surpris et à prendre l'information avec des pincettes, même si c'est évidemment formidable de pouvoir rouvrir et d'avoir l'opportunité de clôturer la saison », explique Delphine Gouard, la directrice du théâtre.

En pleine préparation de la saison prochaine, les équipes ont donc dû se mettre en ordre de bataille pour relancer la machine, avec notamment la proposition du chorégraphe Nicolas Hubert, en résidence au TMG. Le tout sans avoir beaucoup d'informations sur le protocole à appliquer, les salles étant toujours en attente des décrets du ministère de la culture, quelques jours avant la reprise. « En fonction du nombre de sièges à laisser entre chaque spectateur ou groupe de spectateurs, ça changera forcément le nombre de personnes dans la salle », précise la directrice du TMG. Sans oublier l'incertitude liée à la fréquentation, traditionnellement moins importante à cette période de l'année dans les théâtres (qui d'ailleurs rouvriront leurs portes le même jour que les terrasses de restaurant et bar).

Jauges réduites

À la Source, établissement de musique actuelle de Fontaine, le redémarrage est également synonyme de réorganisation. Pendant toute la période de fermeture, la salle s'était lancée dans la diffusion de concerts en live stream et avait décalé certaines dates, annulées en février et mars, au mois de juin. Ces différents concerts, parmi lesquels ceux de Slim Paul et Yseult, pourront donc se dérouler en jauge réduite, dans un premier temps avec 151 spectateurs sur les 434 places que compte la grande salle, puis, à partir du 9 juin, avec 282 spectateurs. Mais si la programmation initiale pourra être proposée à la Source, ces spectacles en jauges réduites posent, au-delà des questions de protocole, des enjeux de rentabilité pour les salles, qui assurent les cachets des artistes, sans pouvoir compter sur une billetterie fonctionnant à 100%.

Une problématique que rencontre également la Bobine, dont une partie de la programmation se déroule en été et qui fonctionne avec un modèle économique basé sur la billetterie et les recettes engrangées par la restauration et le bar, qui seront proposés uniquement en service à table. « Si on ne regardait que le compte en banque, on arrêterait tout, mais cette réouverture est vraiment nécessaire et nous pouvons nous appuyer sur le fond de solidarité et certains dispositifs de compensation de la billetterie, qui nous permettent d'être plus sereins », explique Hélène Dillies, coordinatrice générale de la Bobine.

Repartir, c'est également essayer de trouver un sens aux propositions culturelles présentées, en naviguant avec les restrictions liées à l'application du protocole. À la Bobine, l'été signe le retour des soirées électro et des concerts dédiés à la scène locale, programmés les mardis et samedis soir. Mais cette année, ces rendez-vous devront se faire devant un public assis. Une obligation liée au protocole sanitaire qui réinterroge l'essence même de ces soirées. « Il a fallu réadapter les propositions et changer d'esthétique, avec des choses plus posées, qui puissent fonctionner dans ce cadre, précise Hélène Dillies. C'était important pour nous de soutenir la scène électro, qui a été dévastée par cette crise, mais sans pour autant faire du forcing et proposer des choses qui ne soient pas adaptées. » Parallèlement, l'équipe de la Bobine a également imaginé un nouveau format, avec Bob'out !, un « festival de retrouvailles » qui proposera des concerts en plein air, du 23 au 26 juin, sur l'Anneau de Vitesse, à Grenoble. Une façon de marquer pour de bon le réveil du spectacle vivant, bien décidé à dépasser les contraintes et les protocoles, pour enfin retrouver son public.

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La Bobine à ciel ouvert

ACTUS | C’est ce qu’on appelle ne pas faire les choses à moitié : pour fêter le retour des beaux jours, des sorties et de la vie culturelle, La Bobine organise (...)

Damien Grimbert | Vendredi 25 juin 2021

La Bobine à ciel ouvert

C’est ce qu’on appelle ne pas faire les choses à moitié : pour fêter le retour des beaux jours, des sorties et de la vie culturelle, La Bobine organise du 23 au 26 juin un festival de quatre jours sur la scène de l’Anneau de Vitesse du Parc Paul Mistral, qui mêlera à la fois musique et arts vivants. Côté concerts, le programme s'annonce varié, parfois suprenant et résolument alléchant. Les hostilités commenceront dès le mercredi à 18h avec la pop tropicale et psychédélique du quatuor Phat Dat, dont on avait déjà pu découvrir le groove dansant et les sonorités cosmiques 70’s il y a quelques années de ça au Bauhaus. Le même jour, mais à 21h cette fois, place à la performance spectaculaire du collectif masqué de Kinshasa Fulu Miziki (en photo), et son orchestre d’instruments percussifs DIY bricolés à base d’objets récupérés dans des poubelles. Tout un programme ! Jeudi, changement de registre avec le rock free, nerveux, inventif et dissonant des Rouennais de Unschooling, dont le

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Grenoble : la Ville se positionne

Été culturel | On savait déjà que, pour son édition 2021, le Festival Magic Bus allait quitter l’Esplanade et rejoindre l’Anneau de Vitesse. La Ville de Grenoble a confirmé, vendredi 30 avril en fin de matinée, qu’elle prévoit d’autres événements culturels sur le site. Premiers détails.

Martin de Kerimel | Vendredi 30 avril 2021

Grenoble : la Ville se positionne

Bis… ou ter repetita : l’été dernier, après plusieurs mois de confinement, la Ville de Grenoble témoignait d’une intention d’accompagner le rebond de la culture, en programmant une "saison" d’événements en plein air, déclinée en quatre programmations de quinze jours et 188 propositions différentes (pour 214 levers de rideau). Plus tard, au début de cette année, elle a récidivé avec les Éclats de culture, une mini-série d’événements extérieurs organisée le 14 janvier, dans chacun des secteurs de la ville. Et voilà que l’on nous annonce pour le début de l'été « une programmation culturelle et festive », adaptée aussi aux normes sanitaires. Avec plusieurs partenaires locaux du monde culturel, la Ville travaille à la mise en place d’une scène à l’Anneau de Vitesse du parc Paul Mistral. Jusqu’à 1000 personnes devraient pouvoir trouver place autour de cette structure éphémère. « Y seront accueillis, du 17 juin au 9 juillet : le Festival Magic Bus, une programmation de la Bobine, une soirée exceptionnelle proposée par la MC2 et le Festival du Film Court en Plein Air, indique un communiqué. Cette scène sera aussi le théâtre de l’édition exception

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Gwizdek, tout court

Concert | Le vendredi 12 mars, à 19h, Daniel Gwizdek dévoilera, en livestream depuis la scène de la Source, son tout nouveau projet en forme de petite révolution personnelle. Désormais, le jeune Grenoblois se tourne vers la pop, chante en français, joue en trio… et ça s’appelle Gwizdek, tout court.

Hugo Verit | Mercredi 10 mars 2021

Gwizdek, tout court

Il était évident, à le voir chanter tout seul (et timidement) derrière sa guitare sur les scènes les plus confidentielles de Grenoble, que Daniel Gwizdek avait besoin d’un peu s’entourer. Bien sûr, ses compositions électro-folk subtiles, sa voix surprenante qu’on ne présente plus et ses faux airs de vrai dandy ne manquaient pas de séduire. Bien sûr, l’album Sandbox, sorti en 2017, était une grande réussite et sonnait comme un véritable aboutissement pour cet autodidacte, un brin casanier, qui avait pris l’habitude de se claquemurer dans son appartement pour y écrire, composer, jouer, enregistrer, mixer et répéter des dizaines de chansons. Bien sûr, le talent de Daniel Gwizdek ne faisait aucun doute. Et pourtant, lui semblait en douter. Éprouvant les limites du travail solitaire, en proie au grabuge intérieur du bûcheur en solo. Retour en trio Il était évident, donc, de le retrouver quelques années plus tard dans une nouvelle formule trio, plus sobrement intitulée Gwizdek. Accompagné de Vadim Bernard (batterie) et de Quentin Faverger (synthé et sample), Daniel se réinvente complètement. Les morceaux s’annoncent plus pop, les tempo s’accélèrent et le

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La Source s'écoule toujours

Spectacles en ligne | Depuis quelque mois, malgré la situation sanitaire, la Source continue de proposer résidences et événements (pour la plupart en livestream), pour combler un tant soit peu notre irréductible besoin de consolation. Et voici que la dernière salve en date s'avance pour les prochaines semaines !

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 février 2021

La Source s'écoule toujours

ÀÀ vos agendas : le programme débute très vite, dès ce jeudi 18 février, à 18h30, avec la sortie de résidence des P'tits Maux des Mômes, un spectacle jeune public de la Cie Poêle à Gratter. Une résidence durant laquelle la compagnie a proposé des ateliers musicaux à destination des enfants du Centre de loisirs de Fontaine. Sur scène, et donc à travers le filtre du livestream, on retrouve trois musiciens pour un spectacle participatif né de leurs expériences dans le milieu scolaire et de la petite enfance. Les mardi 23 et mercredi 14 février, à 19h, sonnera l'heure des auditions régionales des iNOUïS du printemps de Bourges, un événement réservé aux professionnels de la profession (il s'agit comme indiqué d'auditions) mais retransmis sur Sol FM, qui proposera également des interviews des artistes. Les huit artistes régionaux présélectionnés par l'antenne régionale des iNOUïS seront comme d'usage répartis en deux groupes sur les deux soirs : le rappeur Richi, la protée lyonnaise Thaïs Lona, le Brésilien d'origine Joao Selva et la magnifique gouaille gone de

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La Bobine reste dans l'action

ACTUS | Elle l'a affirmé par communiqué : même sans certitude sur la reprise de ses activités, l'équipe de la Bobine refuse de baisser les bras. Elle travaille actuellement à une possible réouverture en avril et, à huis clos, continue de mener nombre de ses actions. On en a parlé avec Hélène Dillies, sa coordinatrice générale.

Martin de Kerimel | Jeudi 11 février 2021

La Bobine reste dans l'action

Le 1er février dernier, vous avez annoncé renoncer à toute programmation au moins jusqu'à fin mars. Ce n’est pourtant pas l’hypothèse de travail que vous aviez émise précédemment… Non. La situation économique de la Bobine et les annonces gouvernementales liées au deuxième confinement l’automne dernier ont entraîné la fermeture de nos lieux et nous ont empêchés de mettre en place une organisation. Cet hiver, on s’était d’abord dit qu’on transposerait ce que nous avions prévu en février-mars, mais, voyant que la situation se dégradait au retour des fêtes de fin d’année, on a dû prendre la décision d’annuler aussi ces deux mois. Désormais, nous n’avons même plus de visibilité par le ministère de la Culture, qui n’annonce aucune échéance. Vous dites donc que le deuxième confinement est venu balayer vos efforts... Exactement. On avait mis en place une programmation susceptible de tenir avec toutes les injonctions sanitaires, en renforçant notamment les protocoles pour l’activité restauration, avec un impact fort sur notre économie et, dans le même temps, notre ligne esthétique et artistique. Comment penser organiser des concer

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Concerts debout : on en est où ?

ACTUS | Enquête / C’est la question qui taraude presque tout le monde : les concerts debout en intérieur, toujours interdits à l’heure de notre bouclage, vont-ils bientôt pouvoir reprendre ? Et quelles stratégies les salles les accueillant mettent-elles en place dans ce contexte d’incertitude ? Tour d’horizon.

Damien Grimbert | Mardi 8 septembre 2020

Concerts debout : on en est où ?

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? Sans prise de position officielle claire depuis la fin du confinement, il n’était pas interdit d’espérer secrètement un déblocage tardif de la situation pour les salles ayant l’habitude d’accueillir des concerts debout. Un espoir aujourd’hui de plus en plus ténu – pour ne pas dire inexistant. C’est du moins le constat sans appel que l’on dresse après s’être entretenu avec des acteurs culturels comme la Bobine, l’Ampérage, la Source ou encore la Belle Électrique : plus personne ne croit encore vraiment en une possible évolution de la situation avant 2021, tout juste les plus optimistes s’autorisent-ils encore à garder un très mince espoir de changement pour le mois de décembre. À défaut, il faut donc pour les salles apprendre à composer avec l’incertitude. Les uns après les autres, et au compte-goutte la plupart du temps, les évènements debout un temps annoncés pour l’automne se voient de nouveau annulés ou reportés (le plus souvent à des échéances prudemment lointaines). Au mieux, ils sont transposés dans des configurations assises, avec toutes les contraintes que cela impose. Assis ou dehors Dans ces conditions, que fai

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La Bobine déroule

MUSIQUES | Concerts / Le début septembre est assez chargé du côté de la Bobine, avec une programmation riche... d'événements assis ou en plein air, dans le strict respect des normes sanitaires.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 septembre 2020

La Bobine déroule

« Debout », « assis », « rentre », « tu peux sortir », « reste dehors », « mets ton masque », « tu peux l'enlever », « remets-le »... Depuis quelques mois, il semble que chacune de nos actions soit dictée par les injonctions précitées, parfois notoirement contradictoires. C'est encore plus vrai s'agissant des musiques actuelles que toutes ces consignes vont finir par rendre chèvre – et affamées. Alors, à la Bobine, on a choisi (c'est encore le plus simple, enfin, le moins compliqué) de respecter à la lettre les consignes en présentant que des concerts assis, masqués et socialement distanciés façon chaises musicales ainsi que des événements en plein air (là où les gouttelettes se perdent dans l'air et les nuages de pollution). La programmation est déjà quelque peu lancée, mais pour la quinzaine qui nous attend on pourra donc y célébrer la double release party des disques de Marthe (Minos - photo), louchant vers le trans rock oriental, et des Beaux Tailleurs (Terroni), plut

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Faim de saison

Salles de spectacle | Alors que la vie culturelle reprend doucement son cours avec des règles sanitaires contraignantes, la plupart des salles de spectacle françaises restent encore fermées, espérant que tout reviendra à la normale pour la rentrée de septembre et le début de la saison 2020/2021. On a interrogé plusieurs responsables de théâtre de l’agglomération, histoire d’en savoir plus sur cette situation encore bien trop floue.

Aurélien Martinez | Mardi 9 juin 2020

Faim de saison

Il y a eu le confinement soudain, qui a arrêté dans la foulée l’activité des salles de spectacle, les obligeant à fermer leurs portes et, de facto, à annuler au fur et à mesure les représentations prévues aux mois de mars, avril et mai – une trentaine pour quelque 25 000 billets rien qu’à la MC2, le plus grand équipement culturel grenoblois. Et il y a maintenant la relance de l’activité, permise depuis le lancement le 2 juin de la phase 2 du déconfinement, en suivant « les règles de distanciation physique avec une organisation spécifique des places assises et une gestion des flux conforme au protocole sanitaire », comme l’a demandé le Premier ministre Édouard Philippe lors d’une conférence de presse fin mai. Sauf que pour beaucoup de théâtres de l’agglomération comme de France, la reprise ne pourra pas être si rapide. Au Théâtre municipal de Grenoble, la directrice Delphine Gouard n’imagine pas rouvrir ses trois salles (celle du centre-ville, mais aussi le Théâtre 145 et le Théâtre de poche) au public avant septembre. « Comme beaucoup de lieux, on avait annulé toute la programmation de la fin de saison du fait du confineme

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"La Source" : planche de salut

ECRANS | de Rodolphe Lauga (Fr, 1h45) avec Sneazzy, Thomas Goldberg, Christophe Lambert…

Vincent Raymond | Lundi 22 juillet 2019

Désœuvré, vivant comme une malédiction la nécessité de reprendre l’entreprise de plomberie familiale de son père défunt, Samir s’imagine un autre avenir loin de la cité, en devenant surfeur pro. Même s’il n’a jamais mis les pieds sur une planche de sa vie. Et qu’il ne sait pas nager… Du parcours "éclaboussant" de Karim Braire, le réalisateur (et surfeur) Rodolphe Lauga a ôté toute l’écume sulfureuse et le ressac saumâtre : Samir en constitue une version à la fois épurée et fictionnalisée dans le bon sens du terme, puisque seul compte le récit initiatique d’un ado refusant le déterminisme socio-familial pour s’accomplir dans une inexplicable passion, en suivant son instinct. On objectera que le schéma est classique, mais le film l’est moins, qui déroge à tous les clichés du cinéma de banlieue ou du cinéma de glisse : l’une et l’autre sont en effet considérées ici comme des éléments contextuels, non comme des prétextes à images chocs ou spectaculaires. Par ailleurs scénariste (notamment des deux derniers Canet), Lauga

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Loran Stahl : « J’ai une responsabilité qui va un peu plus loin que le simple fait de choisir les artistes »

ACTUS | Après s’être occupé pendant quatorze ans de la programmation du Cabaret frappé, fameux festival musical de l’été grenoblois, Loran Stahl rejoint la Source, l’ambitieuse salle de concert de Fontaine. On l’a rencontré pour en savoir plus.

Aurélien Martinez | Mardi 4 septembre 2018

Loran Stahl : « J’ai une responsabilité qui va un peu plus loin que le simple fait de choisir les artistes »

Début 2018, Jean-François Braun, directeur et programmateur de la Source de Fontaine depuis son ouverture en 2010, annonçait son départ. Le voilà aujourd’hui remplacé par une figure bien connue dans l’agglo : Loran Stahl, ex-programmateur du Cabaret frappé qui vient tout juste de quitter le festival après avoir célébré ses 20 ans. Enfin, "remplacé", pas tout à fait. « Je suis maintenant responsable du spectacle vivant pour la Ville de Fontaine, ce qui inclut un travail de programmation à la Source mais aussi de, par exemple, prendre en compte la salle Edmond-Vigne ou encore la Fête de la musique. » Loran Stahl travaillera donc en lien avec Pascaline Thorel, directrice du Conservatoire de Fontaine qui, elle, a pris la direction de la Source, comme le Conservatoire se trouve dans les mêmes murs que les salles de concert. « Ce nouveau mode de fon

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Mélanie Alaitru : « Le projet de la Bobine est extrêmement rare » (et a 20 ans)

ACTUS | Du mercredi 13 au samedi 23 juin, le bar-salle de concert (et beaucoup plus encore) la Bobine, situé dans le parc Paul-Mistral, va fêter les 20 ans de l’association Projet Bob qui le porte. En aficionados réguliers du lieu, on en a profité pour remonter le fil d’une riche histoire, avant de détailler le programme des festivités.

Aurélien Martinez | Mardi 5 juin 2018

Mélanie Alaitru : « Le projet de la Bobine est extrêmement rare » (et a 20 ans)

« Notre projet est extrêmement rare si on regarde aussi bien au niveau local qu’au niveau national. Et il se transmet au fil des ans à de nouvelles personnes sans perdre son esprit, ses valeurs, ses envies… C’est donc vraiment un projet collectif » : voilà comment Mélanie Alaitru, coordinatrice générale de la Bobine depuis 2015 (à côté, sur la photo, de Steeve Racine, co-président de l'association Projet Bob), résume l’aventure Projet Bob qui fête ses 20 ans ce mois-ci. Car si le bar et équipement culturel situé dans le parc Paul-Mistral n’est pas si vieux (il a ouvert ses portes en 2010), l’association qui le porte a, elle, 20 ans. Ce que ses membres souhaitent faire savoir en proposant dix jours de spectacles, concerts & co gratuits, et pour la plupart en extérieur, devant la salle. « En fêtant les 20 ans de l’association Projet Bob, on veut montrer qu’au-delà d’un bar, la Bobine est surtout un lieu de vie associative et culturelle. » Avec, à l’année, de nombreuses propositions artistiques (250 environ), que ce soit dans le bar (apéro-concert, apéro-mix, expo…) ou dans la salle attenante (notamm

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Quand Grenoble s’anime avec les beaux jours

GUIDE URBAIN | Le printemps et ses (potentiels) beaux jours sont là. Voici donc un agenda d’événements urbains à vivre en mai et juin. Suivez-nous.

La rédaction | Mercredi 9 mai 2018

Quand Grenoble s’anime avec les beaux jours

Du vélo en veux-tu en voilà Du 14 mai au 10 juin, le vélo sera à l’honneur dans l’agglo grenobloise, au passage de plus en plus vélo-compatible. « Chaque année, Faites du vélo propose durant plus d'un mois une programmation multiple allant de la simple balade en ville à la compétition de sports extrêmes en passant par un escape game géant ou encore une randonnée vélo-botanique. » Notons aussi l’événement Vélopolis qui aura lieu les 19 et 20 mai à l’Anneau de vitesse du parc Paul-Mistral et qui promet d’en mettre plein la vue. Programme complet de la manifestation sur www.faitesduvelo.com. De la musique sur un parking Vendredi 18 et samedi 19 mai, c’est à l’Esplanade de Grenoble que ça se passera, avec le retour du festival Magic Bus. Côté prog, on sera sur des gros noms comme Puppetmastaz, Sergent Garcia ou encore Kumbia Boruka. Et côté ambiance, ce sera comme chaque année : sympathique !

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Jean-François Braun : « Je vais avoir un pincement au cœur en quittant la Source »

ACTUS | Il a été le premier directeur de la Source, équipement municipal de la Ville de Fontaine dédié à la musique. Après huit ans à sa tête, il part en Ardèche pour une nouvelle aventure. L'occasion de faire avec lui un petit bilan.

Aurélien Martinez | Lundi 15 janvier 2018

Jean-François Braun : « Je vais avoir un pincement au cœur en quittant la Source »

Fin décembre, nous décernions à la Source de Fontaine le PB d’or de la salle qui gagnerait à être plus connue du fait de la diversité des choix de programmation de son directeur Jean-François Braun et sa volonté clairement affichée d’aller sur des propositions plus risquées, moins "mainstreams" – « depuis l’ouverture en 2010, j’ai toujours essayé de faire des pas de côté ». Mais voilà que quelques jours après la publication de l’article, nous apprenions que ce même Jean-François Braun allait quitter son poste début février, pour prendre la tête de la scène de musiques actuelles de l’Ardèche. « C’est l’opportunité de terminer ma vie professionnelle– je ne vais pas tarder à avoir 60 ans – sur un nouveau projet et ainsi revenir à la vie associative, là où j’ai commencé. » On le rencontre donc dans son bureau de la Source pour un rapide bilan. « Je vais avoir un pincement au cœur en quittant la Source, c’est évident. » Content de cet équipement culturel ambitieux (trois plateaux,

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Grillades sonores à la Bobine avec Mambo Chick et DJ Mitch

CONNAITRE | Ce dimanche 3 juillet aura lieu le premier des quatres barbecues de la Bobine. Rendez-vous au parc Paul-Mistral, sous le soleil si possible.

Aurélien Martinez | Mardi 28 juin 2016

Grillades sonores à la Bobine avec Mambo Chick et DJ Mitch

[Mise à jour : à cause d'un problème de santé, DJ Mitch ne sera pas présent. Il est remplacé par Hugo Douster (King Doudou)] Cet été, la Bobine va organiser sur sa grande terrasse en plein parc Paul-Mistral (il n’y a pas beaucoup de spots aussi agréables à Grenoble), quatre grands barbecues (enfin, "Bob’Ecues") prévus sur la journée du dimanche – les 3 et 24 juillet, le 28 août et le 11 septembre. Au programme ? « DJ mix en extérieur, transats, grillades, terrasse, pétanque et farniente. » Le premier, organisé par le label grenoblois Fullfridge Music, sera consacré au vaste champ des musiques africaines et afro-caribéennes, des plus vintages aux plus contemporaines. Invités spécialement pour l’occasion, deux "selectors" de premier plan : le Genevois DJ Mitch, aux platines depuis plus de quinze ans pour défendre les musiques de danse créoles et caribéennes des années 1920 aux années 1970, et l’Annécienne Mambo Chick de Palmwine Records, passionnée de disques rares qui n’hésite pas à s’aventurer aux quatre coins du monde pour compléter sa collection de vinyles. Mais on croisera également d’autres DJs pendant la journée comme l

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Du changement au Théâtre municipal de Grenoble

ACTUS | Ça bouge fortement du côté du Théâtre de Grenoble, la nouvelle municipalité ayant décidé d'orienter le projet différemment. Du coup, la saison prochaine, on verra beaucoup moins de boulevard, et beaucoup plus de compagnies locales.

Aurélien Martinez | Mardi 9 juin 2015

Du changement au Théâtre municipal de Grenoble

« 2015 / 2016 est une saison de transition, première esquisse du futur projet d’établissement qui sera mis en avant dès la saison 2016 / 2017. » Corinne Bernard, adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble, explique clairement dans l’édito de la nouvelle plaquette du Théâtre de Grenoble ce que la municipalité souhaite faire du lieu. En gros, beaucoup moins de théâtre de boulevard et d’humoristes, et plus de troupes de théâtre grenobloises. La saison prochaine, on croisera donc une dizaine de locaux (Serge Papagalli, Jean-Vincent Brisa, Jean-Marc Galéra, Alain Bertrand, le Vox International Théâtre de Guillaume Paul, l’Atelier de Benjamin Moreau, le Théâtre du réel d’Yves Doncque, Les 7 familles d’Emmanuèle Amiell, LaTroup’Ment, les Zinzins, Les Barbarins fourchus…) avec, saison de transition oblige, pas mal de spectacles déjà vus ici et là. À voir si ce changement plaira au public traditionnel, à qui il reste quand mê

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La Bobine : le parfum du succès

ACTUS | Boire une bière en soirée, profiter d’un concert, d’un spectacle ou d’une expo, danser le tango… On peut faire tout ça – et plus encore – à la Bobine, et ce depuis longtemps. Car l’incontournable lieu culturel et festif du parc Paul-Mistral fête ses 10 ans ce samedi 30 mai. Mais avant la boum, on remonte le fil de l’histoire.

Nathan Chaudet | Mardi 26 mai 2015

La Bobine : le parfum du succès

La Bobine a dix ans, mais l’histoire remonte bien avant son installation en plein parc Paul-Mistral ; et même bien avant sa naissance en 2005 rue Clément, près de l’Estacade. Tout a d’abord commencé à la fin des années 1990 avec le Projet Bob. Alors membres d’une association organisant des concerts à Lyon, trois étudiants dont Éric Ghenassia, le directeur actuel de la Bobine (qui partira d’ailleurs en septembre vers d’autres aventures), se rendent vite compte que les artistes qu’ils apprécient ne se produisent pas sur Grenoble. Ils décident alors de créer en 1998 l’association Projet Bob. Après quelques années de concerts dans diverses salles de Grenoble et de l’agglo, ils ont vent qu’un local est disponible rue Clément. Ils décident de s’y installer en 2004. La Bobine première du nom est née un an après. « L’idée était de créer un lieu de vie en plus d’un espace culturel » explique Éric Ghenassia. Un lieu dans lequel se rencontrent musiciens professionnels, amateurs et grand public. En plus de reprendre les activités de studio qui existaient déjà dans les murs, l’équipe monte un bar, un restaurant et une sall

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Incendie à la Bobine

ACTUS | C'est dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 septembre que les belles planches de la terrasse de la Bobine, ce lieu de vie et de culture (et de bière) (...)

Charline Corubolo | Vendredi 19 septembre 2014

Incendie à la Bobine

C'est dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 septembre que les belles planches de la terrasse de la Bobine, ce lieu de vie et de culture (et de bière) situé parc Paul-Mistral, ont pris feu – un incendie volontaire à la cause encore indéterminée. Mais n'ayez crainte, l'équipe a réagi aussi vite que le coyote quand il voit Bip Bip. Depuis mardi midi, le bar est de nouveau ouvert, avec une belle terrasse provisoire, et aucun événement de la programmation n'a été annulé. D'ailleurs, pour tout connaître des prochaines manifestations, rendez-vous mardi 30 septembre à 18h pour une présentation de saison.

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La Bobine dévoile la prog du dernier trimestre

MUSIQUES | La salle du parc Paul-Mistral a sorti la prog de son dernier trimestre. Si on en reparlera semaine par semaine, on vous livre déjà quelques noms (...)

Aurélien Martinez | Lundi 31 mars 2014

La Bobine dévoile la prog du dernier trimestre

La salle du parc Paul-Mistral a sorti la prog de son dernier trimestre. Si on en reparlera semaine par semaine, on vous livre déjà quelques noms (sachant que tout est sur leur site !) : la pop perchée de Nosfell le jeudi 10 avril, le hip-hop des Américains Drowning Dog et Malatesta le vendredi 18 avril, le rock garage de The Legendary Tigerman (photo) le mercredi 7 mai ou encore « le rock’n’roll minimal oriental » (dixit la Bobine) de Oum Shatt le jeudi 22 mai. Bon appétit.

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Les mardis épicés de la Bobine

GUIDE URBAIN | Rendez-vous incontournables du mardi soir, les apéro-mix de la Bobine changent de mode de fonctionnement, façon de gagner en diversité niveau programmation. On est allés sur place et vu la fréquentation, la nouvelle formule séduit. Charlotte Haas

Aurélien Martinez | Vendredi 27 septembre 2013

Les mardis épicés de la Bobine

Parc Paul-Mistral, une fois passé la Tour Perret, métamorphosée en phare bleu la nuit, le brouhaha se fait plus fort. Il faut alors se frayer un chemin sur la terrasse en bois pour accéder à l’établissement déjà bien rempli. Il est 22h et comme chaque mardi soir, le tout Grenoble se retrouve à la Bobine pour profiter des incontournables apéro-mix. Entre ambiance festive (voire dansante !) et convivialité, avec un créneau horaire se situant entre 19h et 01h, ces « soirées bar » sont très bien reçues par le public. Des rendez-vous importants pour la Bobine : en tant que lieu culturel indépendant (+ de 95% d’autofinancement), les soirées contribuent largement au fonctionnement de l’établissement via les recettes du bar (l’entrée étant libre bien sûr). « Nouveau souffle » « Jusque début 2013, les apéro-mix fonctionnaient avec des DJs partenaires. Quatre DJs venaient ainsi régulièrement chauffer la salle (Balkan Swing, Go Bang !, Nice & Easy, et Dj Goodka). Puis on s’est posé la question de la diversité, avec le souhait d’apporter un nouveau souffle à la programmation des apéro-mix » explique Éric Ghenassia, directeur de la Bobine. Un peu avant l’

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La Source des femmes

ECRANS | De Radu Mihaileanu (Fr, 2h04) avec Leila Bekhti, Hafsia Herzi, Hiam Habass…

Christophe Chabert | Vendredi 28 octobre 2011

La Source des femmes

Avec Le Concert, Radu Mihaileanu avait prouvé qu’il aimait bien les clichés ethniques et pittoresques pour construire de la comédie à vocation internationale. Au moins faisait-il preuve d’un petit talent de storyteller… Avec La Source des femmes, il n’y a plus que la maladresse et les clichés, le scénario se délayant dans une longue et confuse fiction chorale illustrée façon téléfilm de luxe. Chez Mihaileanu, au nom du conte, on peut prendre des actrices françaises et résumer grossièrement leurs origines (pas marocaines, algériennes ou tunisiennes ; juste arabes) ; oui, mais c’est un film féministe ! On peut aussi diviser l’orient en deux catégories : les musulmans gentils (poètes, tolérants, respectueux de leurs femmes) et les musulmans méchants (le Coran à la main pour flanquer des roustes à leurs épouses) ; oui, mais c’est un film humaniste ! On peut enfin, en guise de conclusion rassurante façon feel good movie, terminer son film par de la danse et des chansons, des beaux costumes, des youyous et tout le monde est content ; oui, mais c’est un film d’auteur ! Au secours… Christophe Chabert

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Éric Ghenassia : « On veut avant tout protéger le projet associatif et culturel de la Bobine »

ACTUS | Ça y est, ceux qui prétendent le contraire mentent, la Bobine est installée dans ses nouveaux locaux, et s’apprête à fêter ça avec son inauguration officielle du 6 février. Entretien avec Éric Ghenassia, directeur du lieu.

François Cau | Lundi 1 février 2010

Éric Ghenassia : « On veut avant tout protéger le projet associatif et culturel de la Bobine »

Comment se sont finis les travaux ? Eric Ghenassia : Dans les temps, déjà ! Tout juste pour le passage de la Commission de Sécurité, à une demi-heure près. Ça s’est fini sur le dernier trimestre, dès septembre, avec une énorme mobilisation bénévole qu’on avait lancée en se disant que sinon on n’y arriverait pas. Honnêtement, on ne s’attendait pas à autant de répondant, et notamment de personnes qui n’avaient jamais mis les pieds à la Bobine – on a dû expliquer le projet, ce qu’on était en train de faire, et maintenant ce sont des gens qui s’investissent dans l’asso. Sur les dernières semaines, l’énergie abattue était incroyable. Outre leur succès public, les deux premières soirées ont permis de vérifier la bonne fonctionnalité du lieu ? Le premier soir, la fréquentation était une surprise, on a fonctionné au maximum des possibilités du lieu – on était au taquet mais globalement, on s’en est bien sortis. On a pu voir que le lieu réagissait bien en termes de circulation et d’équipement. Le deuxième soir était plus tranquille, mais la programmation amenait ça. Par contre, on a eu un

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Jean-François Braun : « La Source est un projet pour toutes les musiques »

ACTUS | À un mois du lancement de saison de sa grande salle de concert, la Source, ambitieuse structure sise en plein cœur de Fontaine, voit déjà son équipe s’activer avec frénésie. Entretien avec son directeur, Jean-François Braun.

François Cau | Lundi 11 janvier 2010

Jean-François Braun : « La Source est un projet pour toutes les musiques »

Petit Bulletin : Je suppose que c’est un grand soulagement d’arriver enfin à la concrétisation du projet ? Jean-François Braun : Là, on est dans les phases de prise en main, de réglage. L’École de musique est officiellement ouverte au public depuis le 5 janvier, on a encore un mois pour être prêts pour la grande inauguration. La grande salle devrait être opérationnelle cette semaine, on espère pouvoir faire les premières répétitions fin janvier. Autant dire qu’on n’a pas de temps mort ! Et oui, c’est un soulagement puisque c’est un projet de longue haleine… Qui a plutôt joué de malchance… Malchance ou pas, je ne connais pas un projet qui ait été livré dans les temps, ça n’existe pas. De plus, cette salle est un prototype, le concept comme le projet architectural sont nouveaux. Ça implique un surplus d’aléas, d’intervenants… Plus les découvertes quand on conçoit un projet, qu’on s’installe sur un terrain – bon, c’est sûr qu’on n’est pas non plus tombés sur une cité troglodyte enfouie ou sur une mine, comme à Brest, mais on peut dire qu’on a bien cumulé. Pour un projet qui a été confié à une

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