Une balade égyptienne avec les Champollion

ACTUS | Ouverture. Cette fois, ça y est : depuis quelques jours à peine, le Musée Champollion, à Vif, est ouvert au public (sur réservation). L’établissement nous invite à suivre le parcours du déchiffreur des hiéroglyphes de l’Égypte antique, mais aussi celui de son frère aîné, au rôle souvent ignoré.

Martin de Kerimel | Mardi 8 juin 2021

Photo : Département de l'Isère - Musée Champollion


« Je suis tout à l'Égypte. Elle est tout pour moi » : quelques mots suffisent-ils à résumer une vie ? Celle de Jean-François Champollion fut courte : le père de l'égyptologie est mort en 1832, à 41 ans seulement. L'histoire a retenu qu'il souffrait alors de plusieurs maladies, mais personne n'a identifié celle qui l'a emporté. Bientôt deux siècles plus tard, ce détail macabre s'est donc effacé, mais le nom de Champollion, lui, résonne encore comme celui d'un illustre scientifique des premières décennies du XIXe siècle. L'ouverture récente d'un Musée Champollion à Vif laisse imaginer que c'est légitime. Ce projet, porté par le Département de l'Isère, était dans les tuyaux depuis longtemps.

La responsable du Musée, Caroline Dugand, dit avoir travaillé dessus pendant près de quatre ans avant qu'il aboutisse enfin. La pandémie n'est pas pour rien dans cette durée, bien sûr, mais elle n'explique pas à elle seule que les travaux préparatoires aient été aussi longs. On le comprend mieux quand on découvre le site d'implantation du Musée : le bâtiment qui sert d'écrin aux collections n'est rien d'autre qu'une maison des champs, ayant appartenu à la famille de Jacques-Joseph, frère aîné de Jean-François Champollion. Ce dernier y fut accueilli en villégiature. Ce petit domaine a été restauré et adapté aux normes muséales de notre temps : il a donc été transformé, sans pour autant être dénaturé. Son emplacement privilégié, en pleine nature et au pied du Vercors, nous pousse à dire qu'à lui seul, il vaut déjà la visite du Musée Champollion. Et à rappeler que celle-ci est gratuite !

Des trésors… isérois !

Caroline Dugand entre dans le détail : « Les bâtiments comprennent une maison de maîtres, où ont séjourné les frères Champollion : elle accueillera notre parcours permanent. Dans des dépendances réaménagées, nous avons installé l'accueil pour les visiteurs et bénéficions d'un espace d'exposition temporaire. Pendant six mois, la première d'entre elles, inaugurée dans le même temps que l'exposition permanente, mettra à l'honneur le paysage égyptien, au travers d'aquarelles, en grande partie inédites, présentées par Jean-Claude Golvin, considéré comme le meilleur spécialiste mondial de la restitution des grands sites de l'Antiquité. » Nous vous en reparlerons certainement.

Avant cela, quelques mots sur les œuvres et objets les plus emblématiques que le musée présente : « Nous possédons le bureau sur lequel Jean-François Champollion a trouvé la clé du système hiéroglyphique, un estampage original de la Pierre de Rosette sur lequel il a travaillé ou encore une tenue égyptienne qu'il a portée sur place. Nos visiteurs pourront également apercevoir, dans la petite chambre qu'il occupait lors de ses séjours à Vif, le cartouche égyptien dessiné de sa main, sur une poutre. » Au total, ce sont quelque 300 pièces qui sont aujourd'hui présentées au public, la plupart appartenant au fonds Champollion, rassemblé par les descendants de Jacques-Joseph et désormais propriété du Département de l'Isère. Les autres étant quant à elles prêtées par d'autres établissements, parmi lesquels on peut citer le Museum grenoblois, le Musée savoisien de Chambéry, le Musée Déchelette de Roanne… ou encore le Musée du Louvre !

Un lieu ouvert à tous

Objectif affiché par la direction : accueillir au moins 50 000 visiteurs la première année, ce chiffre correspondant à celui de la fréquentation de la maison elle-même, lors de sa toute dernière ouverture au public, en 2004. Caroline Dugand espère attirer des historiens et des égyptologues, mais rappelle que le musée s'adresse au plus large public possible et donc aussi à ceux qui ignorent tout ou presque de la vie des Champollion. Le pluriel est volontaire : il est là pour rappeler combien Jacques-Joseph, resté dans l'ombre de son cadet, a malgré tout largement contribué à la notoriété de ses découvertes et travaux. « Il était lui-même un grand savant et oui, il a en effet prolongé son œuvre en publiant certaines de ses recherches et fait œuvre de mémoire. Voilà pourquoi nous avons souhaité le mettre également à l'honneur dans notre parcours. »

Et voilà de quoi un peu mieux appuyer l'idée que Vif accueille aujourd'hui l'unique musée de France consacrée à l'égyptologie ! Modeste, Caroline Dugand sourit à cette affirmation et la corrige légèrement : « Nous avons certes retenu cette formulation originale. Pour être plus précis, disons que notre musée se consacrera aux origines et à l'historiographie de l'égyptologie. Nous voulons aussi expliquer ce qui s'est fait avant le déchiffrement des hiéroglyphes et présenter les successeurs de Champollion pour montrer comment la discipline a évolué ensuite. » Une démarche qui devrait logiquement conduire le Musée à parler aussi des travaux des chercheurs d'aujourd'hui. Pas de doute : s'il suffit désormais de quelques clics pour contempler les trésors sacrés des anciens pharaons, l'Égypte et ses mystères peuvent encore exercer un fort pouvoir de fascination. On vérifiera ainsi à Vif que, ces dernières années, des égyptologues ont été consultés pour renforcer la crédibilité… d'un jeu vidéo ! Ce qui laisse espérer que le Musée Champollion se montrera capable de séduire toutes les générations.

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Un musée vu de l'intérieur

ARTS | Si le public devra encore attendre quelques mois pour y être convié, le Musée Champollion rythme la vie de nombreuses personnes depuis déjà un bon moment ! Nous avons rencontré deux des parties prenantes d'un chantier plein de surprises, impatientes, elles aussi, de voir l'établissement ouvrir enfin.

Martin de Kerimel | Vendredi 26 février 2021

Un musée vu de l'intérieur

Caroline Dugand, conservatrice du Musée Champollion : « Nous allons passer à une phase concrète » L’équipe du Musée Champollion va désormais s’installer en ses murs. Comment cela va-t-il se passer ? Cela va représenter un grand changement pour nous ! Jusqu’à présent, nous préparions le projet scientifique et culturel, autour des demandes de prêt d’œuvres et de la restauration de certaines d’entre elles, ainsi que l’installation de la muséographie. Nous allons désormais passer à une phase concrète, en nous installant dans nos bureaux. Il faut faire revenir sur site le fonds Champollion, actuellement dans des réserves externalisées, sortir les œuvres des conditionnements où elles attendent depuis plusieurs années pour les préparer à l’accrochage dans le musée. Il faut également accueillir les dépôts des autres musées, en coordonnant l’arrivée des œuvres et en organisant un planning des taches pour leur installation. Un travail à mener dans une maison qui ne sera pas strictement identique à celle que les frères Champollion ont connue… En effet. Le bâtiment est ici classé au titre des monuments historiques. Il a f

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Ouverture programmée chez Champollion !

Musée | Du neuf au sujet du Musée Champollion de Vif : toujours en chantier, l’établissement a reçu la visite d’élus conduits par Jean-Pierre Barbier, président du Conseil départemental de l’Isère, venu annoncer une ouverture possible le 29 mai prochain. Nous étions là aussi pour en savoir plus.

Martin de Kerimel | Vendredi 26 février 2021

Ouverture programmée chez Champollion !

Impossible d’y échapper : à l’entrée du vaste domaine qui accueillera bientôt le Musée Champollion, une pancarte signalait encore, jeudi 25 février, une livraison du bâtiment… au printemps 2020 ! La crise sanitaire est passée par là et a retardé le chantier de ce qui sera prochainement le onzième Musée du Département de l’Isère. Vous êtes impatients de le visiter et de mieux connaître le parcours de Jean-François Champollion, qui déchiffra les hiéroglyphes de l’Égypte antique en 1822 ? Ce devrait être possible dans un peu plus de trois mois. En fixant au 29 mai la date d’ouverture au public, le président du Conseil départemental de l’Isère est resté prudent derrière son masque et a aussitôt précisé que cette échéance serait tenue si les conditions sanitaires le permettaient. En réponse à l’une de nos consœurs, il s’est fait une joie de préciser que l’accès au Musée serait gratuit pour tout le monde, que ce soit pour l’exposition permanente ou les expositions temporaires qui rythmeront la vie de ce nouvel établissement. Une longue histoire à raconter Pour l’heure, le chantier est encore en cours, mais le plus gros du travail est achevé. Au total, pas moins d

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"Vif-Argent" : corps et âme

ECRANS | de Stéphane Batut (Fr, 1h44) avec Thimotée Robart, Judith Chemla, Djolof Mbengue…

Vincent Raymond | Jeudi 25 juillet 2019

Juste n’est plus vraiment de ce monde : invisible aux vivants, il a négocié avec les "autorités" de l’au-delà pour accompagner les défunts de l’autre côté en leur faisant raconter un souvenir. Il croise un jour Agathe, bien vivante, qui le voit et le reconnaît. La mécanique serait-elle enrayée ? De tous les films ayant fréquentés la Croisette cette année et qu’il nous ait été donné l’occasion de voir pour l’instant, celui-ci est sans doute celui déployant la plus grande ambition poétique… tout en demeurant d’une exquise et discrète sensibilité. Déjà auréolé du Prix Jean-Vigo, Vif-Argent mérite qu’on lui consacre de l’attention. Juste apparaît (comme le titre le laisse entendre) pareil au messager des dieux, et doit rendre des comptes à la redoutable Dr Kramartz – autrement dit "la doctoresse de la substance". Ni vivant ni trépassé, il se trouve de fait prisonnier d’une zone intermédiaire qui n’est pas sans évoquer celle jadis conçue par Cocteau pour sa transposition du mythe d’Orphée, dont ce film constitue une forme de continuité : après tout, il s’agit bien d’aller reconquérir un amour avalé par le royaume d’Hadès ? Cette

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Le Musée de Grenoble se met en mode nocturne pour la fin de son exposition "Servir les dieux d’Égypte"

ARTS | Ce n’est pas tous les jours qu’une foule fait la queue devant le Musée de Grenoble pour espérer y entrer. Mais c’est souvent le cas depuis la fin octobre (...)

La rédaction | Mardi 15 janvier 2019

Le Musée de Grenoble se met en mode nocturne pour la fin de son exposition

Ce n’est pas tous les jours qu’une foule fait la queue devant le Musée de Grenoble pour espérer y entrer. Mais c’est souvent le cas depuis la fin octobre et l’ouverture de l’exposition imaginée avec le Musée du Louvre Servir les dieux d’Égypte – Divines adoratrices, chanteuses et prêtres d'Amon à Thèbes qui a accueilli son 100 000e visiteur la semaine dernière. De quoi dépasser le record de 2011 avec la proposition consacrée à Chagall qui avait été arpentée par plus de 140 000 personnes ? Réponse dimanche 27 janvier au soir, date de la fermeture de l’exposition. Sachant que pour permettre à un maximum de monde de profiter de cette immense réussite, le musée proposera trois nocturnes exceptionnelles vendredi 25 (comme tous les vendredis), samedi 26 et dimanche 27 janvier jusqu’à 20h30.

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PB d'or 2018 : expo

C'était 2018... | Avec une pépite locale et pas mal de musées isérois.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : expo

Le PB d’or du réseau incroyable : les musées départementaux de l’Isère Si l’Année du Japon en Isère (qui dure jusqu’en juin) a été si bien suivie, c’est surtout grâce aux musées départementaux (gérés par le Département de l’Isère donc), dont certains se sont emparés de l’événement avec pertinence, sortant parfois des domaines que leur nom peut laisser penser. Comme le Musée dauphinois, qui a inauguré fin octobre Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident, soit l’une des expositions les plus réussies de 2018 ; le Musée de la Résistance qui, cet été, a accueilli la très forte exposition Hibakusha, dessins des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki ; ou encore le Musée de l’Ancien Év

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Le Musée Champollion dans les starting-blocks

ACTUS | Il ouvrira en 2020 à Vif.

Benjamin Bardinet | Mardi 11 décembre 2018

Le Musée Champollion dans les starting-blocks

Ça se concrétise méchamment du côté du Musée Champollion qui devrait voir le jour à Vif fin 2020 – une visite de presse a été organisée fin novembre pour le prouver. En effet, une partie de l'équipe de conservation a commencé le travail de restauration des collections de la famille Champollion et la réhabilitation architecturale de la maison dans laquelle le célèbre égyptologue, premier à avoir su déchiffrer les hiéroglyphes en 1822, a séjourné (elle appartenait à son frère) est déjà tout décidée – elle débutera en 2019. Le projet prévoit de préserver le bâti et de valoriser l'environnement naturel immédiat dont le visiteur pourra pleinement jouir. Les espaces pédagogiques et les expositions temporaires seront situés dans les anciennes dépendances, tandis que l'exposition permanente se déploiera dans le bâtiment principal. On y trouvera, sur trois niveaux, un parcours alternant entre des salles reconstituant l'univers intime des frères Champollion et d'autres consacrées à leurs recherches. Le visiteur pourra ainsi se plonger dans l'atmosphère intellectuelle qui caractérisait le début du

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"Servir les dieux d’Égypte" au Musée de Grenoble : pour la beauté des gestes

Exposition | Que vaut l'exposition exceptionnelle du Musée de Grenoble pensée avec le Musée du Louvre et visible jusqu'au dimanche 27 janvier ? Réponse :

Aurélien Martinez | Mardi 30 octobre 2018

D’une beauté intimidante : ainsi pourrait être qualifiée, de manière lapidaire, la nouvelle exposition du Musée de Grenoble élaborée avec le Musée du Louvre et titrée (à rallonge) Servir les dieux d’Égypte – Divines adoratrices, chanteuses et prêtres d'Amon à Thèbes. Un voyage dans le temps (il était une fois il y a 3 000 ans autour du temple de Karnak) pour mettre en avant une période méconnue loin des symboles (les pyramides, les pharaons stars, Cléopâtre…) durablement associés à l’Égypte antique. Le parcours se découpe donc en plusieurs étapes pour permettre aux néophytes d’acquérir les connaissances nécessaires au voyage (comme le fait que le clergé de l’époque était mixte) ; et est en partie construit autour de la collection d’antiquités égyptiennes détenue depuis le XIXe siècle par le Musée de Grenoble. Une collection renforcée pour l’occasion par la présentation de nombreux trésors venus de divers et prestigieux musées européens – le Louvre, ou encore le British Museum de Londres et le Kunsthistorisches de Vienne. On se retrouve alors face à une exposition d’une grande ambition qui se comprend autant qu’elle se ressent. Et c’e

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« Ça fait longtemps que je n’ai pas vu une exposition d’art égyptien de cette ampleur et de cette qualité ! »

Exposition | Le soir de l’inauguration de "Servir les dieux d’Égypte" au Musée de Grenoble, le directeur du Musée du Louvre, présent vu que son établissement a collaboré à l’élaboration (avec des prêts et une aide scientifique), est ressorti conquis. Et il y a de quoi, tant le résultat est grandiose – même si un peu intimidant. Afin d’en savoir plus, on en a parlé avec des spécialistes. Morceaux choisis.

Aurélien Martinez | Mardi 30 octobre 2018

« Ça fait longtemps que je n’ai pas vu une exposition d’art égyptien de cette ampleur et de cette qualité ! »

Sur la période traitée par l’exposition Florence Gombert-Meurice, conservatrice en chef du département des antiquités égyptiennes du Musée du Louvre : Nous sommes entre 1069 et 655 avant J.-C., période que l'on appelle intermédiaire, la troisième entre deux grandes autres : le Nouvel Empire, avec les pharaons bien connus comme Séthi Ier et Ramsès II, et la Basse époque. C'est une période de mutations où l'Égypte n'a pas son unité. Les grands monuments que l’on voit en Égypte ne sont d’ailleurs pas de cette époque plutôt méconnue, qui se découvre alors dans des musées et avec des expositions comme celle-ci. Sur le choix d’une telle exposition Guy Tosatto, directeur du Musée de Grenoble : On a, au Musée de Grenoble, de remarquables collections d’antiquités égyptiennes qui, en importance, sont les troisièmes en région après Marseille et Lyon. Mais elles sont présentées au sous-sol, de manière très discrè

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Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec de la photographie, du graphisme, de l'art contemporain, de l'égyptologie ou encore des sciences de l'univers.

La rédaction | Mardi 25 septembre 2018

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Les Mondes inconnus Intrigante sur le papier cette exposition baptisée Les Mondes inconnus que l'on pourra découvrir à la Casemate (le Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble), au Muséum et à l’Observatoire des sciences de l’univers de Grenoble (sur le campus). Une triple proposition qui a pour but de faire découvrir au public (et notamment aux plus jeunes) les mystères des sciences de l'univers via, à ce qu'on nous en a dit, une scénographie ludique et interactive – comme, par exemple, un voyage dans une fusée ! Plus d'infos mi-octobre, dès que nous aurons visité tout ça. À la Casemate, au Muséum et à l'Osug du samedi 13 octobre au dimanche 28 juillet Allons voir la mer avec Doisneau De Robert Doisneau (1912 – 1994), figure majeure de la photographie humaniste,

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L’exposition de rentrée du Musée de Grenoble sera consacrée à l’Égypte antique

Annonce | Rendez-vous fin octobre pour le vernissage de cette « plongée archéologique dans la puissante ville de Thèbes ».

La rédaction | Jeudi 19 juillet 2018

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Habituellement, les expositions temporaires du Musée de Grenoble mettent en avant des artistes qui ont marqué l’histoire de l’art (Delacroix, Fantin-Latour, Kandinsky…) ou qui comptent en ce moment sur la scène nationale voire internationale (Daniel Dezeuze, Cristina Iglesias,

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"À vif" : mots croisés signés Kery James

Théâtre | Du mardi 13 au vendredi 16 mars, la MC2 propose un spectacle très politique écrit et joué par le fameux rappeur.

Aurélien Martinez | Mardi 6 mars 2018

Voilà un spectacle qui connaît un beau succès depuis sa création l’an passé, comme l’auteur du texte et l’un des deux interprètes n’est autre que le rappeur Kery James, connu pour son rap politique et engagé. Logique donc que le sujet de cette courte pièce (1h15) soit lui aussi politique et engagé. Soit, sur scène, deux aspirants avocats qui s’affrontent dans un combat d’éloquence autour d’une question : l'État français est-il coupable de la situation actuelle des banlieues ? À travers eux (Kery James d’un côté, le comédien Yannik Landrein de l’autre), ce sont deux France qui se font face. Un postulat de départ fort qui, s’il aurait demandé plus de nuances du côté de l’écriture et du jeu (l’affrontement arrive d’emblée, et semble parfois surfait), a le mérite de porter sur le plateau des enjeux peu entendus à cet endroit, avec des mots percutants. Et de considérablement rajeunir le public spectacle vivant, comme nous avons pu le constater lorsque nous avons découvert le résultat cet automne à Paris, au très classe Théâtre du Rond-Point. En résulte alors une joute verbale très agréable à suivre qui, comme les textes de Kery James, est surtout

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Notre sélection de places de spectacle et de concert à mettre sous le sapin

Noël | Noël approchant à grands pas, voici notre traditionnelle sélection de cadeaux immatériels. Soit des concerts et des spectacles dont il reste des places (on s’en est assuré) et qui, lors du déballage des paquets, vous placeront pour sûr du côté de celles et ceux qui refusent ce monde matérialiste-capitaliste et qui préfèrent offrir des émotions vivantes – même si bon, une tablette, ça peut toujours faire plaisir.

La rédaction | Mardi 5 décembre 2017

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Pour les cinéphiles qui n’ont rien contre aller de temps en temps au théâtre Créé cet automne, le spectacle Festen de Cyril Teste est l'une des claques théâtrales de l'année, justement parce que c'est plus que du théâtre. Qualifié de « performance filmique » par son metteur en scène, c'est l'adaptation sur le plateau du fameux film Festen de Thomas Vinterberg sorti en 1998 sur une réunion de famille qui part en vrille du fait de la révélation d’actes terribles commis par le père il y a des années. Un récit anxiogène à l'écran, qui se déploie sur scène dans une scénographique immense… et sur un écran retransmettant des images tournées en direct, notamment derrière le décor. Remarquable. Festen À la MC2 du mardi 23 au samedi 27 janvier De 10€ à 25€ Pour celles et ceux que le burlesque n’effraie pas, bien au contraire Le théâtre, ce n'est pas que des spectacles bavards et longs. C'est aussi des propositions sans paroles au potentiel comique incroyable, dans la

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Musée Champollion, acte 2

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Sandy Plas | Mardi 31 janvier 2017

Musée Champollion, acte 2

Il y a quelques semaines, le département de l’'Isère annonçait une hausse de 9% du budget de la culture, devant notamment servir à financer un musée Champollion. Mais plus qu'’une création de musée, le projet porté par le conseil départemental ressemble davantage à l'’acte 2 d’une pièce débutée en 2001. À cette époque, le département fait l’'acquisition de la maison de Jacques-Joseph Champollion, le « frère de », située à Vif. Ouverte temporairement au public en 2004, la maison ferme ses portes quelques mois plus tard pour préparer son ouverture officielle. Mais le projet s'’enlise au fil des ans et la maison Champollion de Vif, où le jeune Jean-François vécut sa jeunesse, reste fermée. Il faut attendre 2016 pour que le projet qui vise « à faire vivre la légende de Champollion en Isère », selon le Conseil départemental, reprenne des couleurs. Si le flou règne encore sur le calendrier ou la composition des collections, on sait en revanche que le musée reprendra vie dans l’'actuelle maison Champollion, qui sera entièrement repensée. Quant au financement, il proviendra bien d'’un budget propre et ne viendra pas piocher dans l’'enveloppe actuell

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Laetitia Giry | Mardi 25 septembre 2012

Photos anciennes et pierres illustres

Chaque année, un petit tour parmi les programmations des musées départementaux nous semble indispensable. Garants de la préservation et de la mise en valeur du patrimoine, ils présentent un peu partout dans le département de l’Isère des collections permanentes nichées au sein de lieux historiques : la maison du peintre Hébert pour le musée du même nom, la crypte Saint-Laurent pour le Musée archéologique… Des lieux vibrants d’un passé que des expositions temporaires viennent éclairer régulièrement. Au musée de la Résistance, Justes de l’Isère se proposera de faire honneur à ceux qui ont aidé les Juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Avec, comme d’habitude, la salutaire ambition de saluer le courage là où il existe, célébrer ceux qui le méritent pour ne pas oublier (rendez-vous le 23 novembre). Les photographies d’époque occupent bien souvent une place de choix dans ces musées, le mois de novembre ne fera pas mentir cette assertion avec Chambre noire pour amateurs éclairés, présentation de la collection photographique de Flandrin, peintre du XIXe siècle que l’on découvrira donc sous un autre jour. Les Alpes de Doisneau au musée de l’ancien évêché ser

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