L'Anneau en attendant...

Culture | Les événements organisés en plein air cet été sont longtemps restés incertains. D’où l’idée de la Ville de Grenoble d’en regrouper plusieurs à l’Anneau de vitesse. Une bonne solution ? On a posé la question à quelques-uns des intéressés.

Martin de Kerimel | Mardi 29 juin 2021

Photo : (c) Martin de Kerimel


Deux soirées complètes et une troisième qui a elle aussi bien fonctionné : le Festival Magic Bus n'a pas à regretter d'avoir dû quitter l'Esplanade pour rallier la scène de l'Anneau de vitesse. Après le premier soir, Damien Arnaud, coordinateur de Retour de Scène, jugeait que le public avait plutôt joué le jeu des consignes sanitaires. « Cela a fonctionné en bonne intelligence, dans une douce euphorie. » De quoi anticiper positivement le second événement confié à l'association cet été : le Cabaret frappé, du 16 au 20 juillet. Et même si ce n'est pas comparable – cette fois, on parle de concerts gratuits et sans doute de spectateurs autorisés à rester debout. Et 2022 ? Il est trop tôt pour dire si Retour de scène voudra revenir à l'Anneau de vitesse : « Cela pose question. On se dit que la volonté de la Ville n'est pas forcément de s'y installer durablement et l'Esplanade, elle, pourrait être en travaux. Les discussions se poursuivent. » Et la cohabitation entre associations ? « L'idée est bonne et, pour en avoir parlé avec d'autres organisateurs d'événements ailleurs en France, c'est assez rare pour être souligné. Après, c'est bien aussi que chacun puisse aménager son propre site pour faire un événement à sa manière. »

« Une opportunité rare »

L'équipe de Plege, qui gère habituellement le Ciel, investira quant à elle l'Anneau de vitesse le 8 juillet pour un triple concert Dombrance / Black Devil Disco Club / Vague Imaginaires : une aubaine et un test grandeur nature. « C'est une opportunité rare pour nous de passer d'une salle de 175 places assises à un espace où on attendra près de 600 personnes, confirme Aurélia Chaboud, coordinatrice générale. Cela nous a demandé une assez grosse préparation, mais, heureusement, notre équipe comprend des gens qui ont déjà travaillé sur des festivals importants. Tout devrait bien se passer. » Plege espère y gagner en visibilité, pour son action en général, elle qui vise aussi à créer un tiers-lieu. De là à espérer revenir chaque été au Parc Mistral, il y a un pas. « C'est intéressant d'être là cette année et on aimerait faire d'autres événements hors les murs, mais ce qui nous intéresserait vraiment serait de programmer dans des lieux plus intimistes, que les Grenoblois connaissent mal, ou non dédiés à la musique au départ. »

Même prudence à la Bobine où, un peu avant l'organisation du Bob'Out – des concerts et spectacles du 23 au 26 juin dernier –, on se laissait le temps d'y repenser. Il n'y aurait pas loin à aller pour prendre ses habitudes à l'Anneau de vitesse, mais, Léa Petit, coordinatrice de la programmation musicale, estime son asso capable de se débrouiller seule en temps ordinaire : « On a tellement d'événements chez nous d'habitude que ce n'est pas notre vocation de travailler hors les murs ou de créer un festival. On avait commencé à réfléchir à ce qu'on pourrait faire en extérieur cet été dès décembre-janvier. La Ville a mis en place cette scène et, en avril, nous a demandés de nous positionner. On avait du mal à s'imaginer là-bas, mais on a fini par accepter. C'était aussi une bonne occasion de renouer avec le public et de programmer certains artistes qu'on espérait avoir depuis longtemps. » Dans le même temps, la Bobine a reconfiguré sa terrasse. Pas question toutefois de rester sur son pré carré après l'été : « Entre structures des musiques actuelles, on a l'habitude de se coordonner grâce à l'association Tempo. Découvrir ici d'autres associations, comme la Cinémathèque ou Spacejunk, c'est cool. La culture est un tout ! »

« Un lieu différent »

C'est un fait : cet été, si la situation sanitaire se maintient, il n'y aura pas que de la musique sur l'Anneau de vitesse. Il y aura aussi du cinéma, avec le jeune Street Art Movie Fest (organisé par Spacejunk les 9 et 10 juillet) et, avant cela, cinq soirées du 44e Festival du film court en plein air, le rendez-vous de la Cinémathèque (à partir du 30 juin). Pour Gabriela Trujillo, sa directrice, c'est une première, sur un site « impressionnant » ! « De prime abord, on avait du mal à visualiser les choses, mais c'est un très bel endroit. J'aime l'idée d'essayer un lieu différent. Sans regret : cette année, de toute façon, on était obligé de se réinventer. » Mais pas de tout changer à la formule passée : l'écran – d'un format de 9 mètres sur 15 environ – habituellement installé place Saint-André sera réutilisé et la qualité du son devrait être au moins équivalente. « L'une des différences avec les éditions précédentes, c'est que toute notre programmation a été éditorialisée, à partir des thèmes récurrents aperçus dans les films que nous avons reçus. Malheureusement, nous n'avons pas pu inviter les réalisateurs sélectionnés. On ne voulait cependant pas renoncer à nos à-côtés. On tâchera donc de prendre le meilleur du virtuel et du présentiel. J'espère que cette formule double sera positive et que les gens sauront trouver le chemin du Parc Mistral, pour le plaisir de regarder des films projetés. » La réponse du public à ces événements à venir, c'est bien la question cruciale qui demeure au moment où nous terminons la préparation de ce journal. Les incertitudes des mois écoulés incitent chacun à la prudence, mais nous l'avons constaté : l'optimisme prévaut.


Programmation

30 juin – 4 juillet

Festival du film court en plein air / 21h-0h les 30 juin et 4 juillet et 21h30-0h les autres jours.

8 juillet

Soirée Plege – Le Ciel. Concerts / 19h-23h30.

9 et 10 juillet

Street Art Movie Fest / 16h-23h30 le 9 et 10h30-23h30 le 10.

15 juillet

Sans attendre : Divercities !

Concerts / 18h30-23h30.

16 – 20 juillet

Cabaré Frappé autrement. Concerts / 18h30-23h30 tous les jours.

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