Une résidence d'artistes au coeur du quartier de l'Abbaye

ACTUS | Alors que la municipalité grenobloise s’est engagée dans un vaste projet de rénovation du quartier de l’Abbaye, un collectif d’artistes y a posé ses valises, le temps de la transformation.

Sandy Plas | Jeudi 15 juillet 2021

Photo : (c) Le Grand Collectif


« On voulait investir un lieu et monter un projet à partir d'un territoire », explique Laure Nicoladzé, fondatrice de la compagnie Regards des Lieux et coordinatrice du Grand collectif. C'est désormais chose faite. Depuis quelques jours, les artistes réunis au sein de ce Grand Collectif, rassemblant cinq compagnies grenobloises (Regards des lieux, Images solidaires, Colectivo Terron, Lieu Dit et Le Grille-Pain) et mêlant le théâtre, l'image, la musique et l'architecture, ont investi leur toute nouvelle résidence, au 9, place André-Charpin, en plein cœur de l'Abbaye. « Au départ, nous n'avions pas de lieu prévu, juste la volonté de monter une résidence au sein d'un quartier, poursuit Laure Nicoladzé. Il y a trois ans, on a proposé à la mairie de s'installer ici, et notre demande a été acceptée. » Depuis, la municipalité a mis sur pied le projet "Les Volets Verts", dont le but est de proposer différentes initiatives culturelles, solidaires et conviviales au cœur du quartier pendant sa transition, dans lequel s'inscrit le Grand Collectif, qui collabore également avec le collectif Voisins, installé dans les mêmes locaux et qui cherche à créer du lien dans le quartier.

Encore dans leur jus, entre les papiers peints et les cuisines aménagées, les anciens appartements qui accueillent aujourd'hui les artistes en résidence vont être progressivement réagencés pour la création. Espaces théâtre et danse, salles de montage, studios de répétition et bureaux verront prochainement le jour, pour être utilisés par les artistes des compagnies du Grand Collectif, mais pas seulement : « L'idée est également de pouvoir accueillir des compagnies professionnelles, envoyées par nos partenaires, comme le Prunier Sauvage, Saint-Martin d'Hères en scène ou le Pacifique et qui auraient besoin d'un ou deux mois de résidence ». Le reste du temps, les locaux seront mis à disposition de toutes les compagnies désirant poser leurs valises pour quelques jours. Désireux de l'installer au cœur de l'Abbaye, avec l'envie de participer à la vie du quartier, les artistes du Grand Collectif ont lancé il y a quelques mois déjà leurs premiers ateliers participatifs, dont les résultats devaient être présentés pendant l'évènement Enfin une fête, organisé samedi 26 juin dans le quartier. Les habitants ont notamment pu participer à l'atelier ciné poème, pour lequel ils étaient invités à raconter, face à la caméra, leur lien au quartier, à partir d'un objet de leur choix. Un projet musical collectif a également vu le jour avec le Chœur des chansons lointaines, mêlant des collégiens, des apprenants de la Maison des habitants et des habitants de l'Abbaye. Une première mise en bouche pour cette résidence d'artistes qui devrait se prolonger jusqu'en 2024.

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"Le cèdre et le papyrus" : Flandres désertiques

ARTS | Rassemblant une diversité d’œuvres étonnante, l’exposition du Musée de Saint-Antoine-l’Abbaye propose une exploration des paysages de la Bible qui réjouira même le plus athée des esthètes.

Benjamin Bardinet | Mardi 20 octobre 2020

Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de contempler de magnifiques manuscrits enluminés ou de subtiles peintures du XVe siècle. C’est pourquoi nous nous sommes risqués à nous aventurer hors de la cuvette, en zone rurale, pour vous dire deux mots sur l’exposition Le cèdre et le papyrus visible au Musée de Saint-Antoine-l’Abbaye. Et s’il fallait prendre cette expression au pied de la lettre, nous nous contenterions d’écrire : « Allez-y ! » En choisissant comme sujet les paysages de la Bible, l’exposition pointe du doigt les tensions entre les réalités géographiques, les conventions culturelles et les fantasmes pétris d’exotisme qui transparaissent dans les représentations inspirées par l’Ancien et le Nouveau Testament. Ainsi il n’est pas rare que, dans plusieurs œuvres, les paysages de la Mésopotamie aient d’étranges allures flamandes, offrant une luxuriance par forcément très raccord avec l’aspect a priori désertique des espaces géographiques évoqués. Heureusement pour les artistes férus de botanique, les représentations du jardin d’Eden sont une belle occasion de témoigner de leur sens aigu de l’observation et d’as

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Les MJC se font ajuster, à Grenoble comme dans la région

Secteur associatif | Début novembre, c’était le clap de fin pour la Fédération rhônalpine des MJC (maisons des jeunes et de la culture). Les 95 emplois de cette tentaculaire organisation (200 associations affiliées, 145 000 adhérents) sont supprimés. Résultat : quatre directeurs grenoblois se sont fait virer, et les finances ne sont pas au beau fixe.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 6 décembre 2016

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« On n’a plus de directeur depuis octobre. » C’est le constat amer de la secrétaire de la MJC grenobloise Anatole France. Pourtant Karim Chamon, l’ex-patron, squatte toujours son bureau près du cours de la Libération (photo). « J’ai encore plus de travail depuis que je suis au chômage : je m’occupe des paies, de la compta… » égraine-t-il affairé dans des dossiers. En buvant son quatorzième café de la journée, il s’explique : « Je suis directeur bénévole à la MJC en attendant ma réembauche en janvier. » Son employeur, jusque-là la fédération régionale des MJC, était en redressement judiciaire depuis mai 2016. Sans repreneur, elle vient d’être liquidée, ce qui a des conséquences sur tous les territoires. À Grenoble par exemple, quatre des sept directeurs de MJC étaient employés par elle. Ils ont tous été réembauchés par leur MJC : Anatole France (pour bientôt), Lucie Aubrac, Parmentier et Abbaye. Aujourd’hui, le constat est sans appel :

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