Ange repasse

Stéphane Duchêne | Mardi 21 septembre 2021

Photo : (c) Alex Marchi


On dit qu'il n'est pas toujours facile de fêter ses 50 ans. Ange peut vous en parler, qui a eu toutes les peines du monde à célébrer comme il se doit son demi-siècle d'existence avec la tournée prévue à cet effet. Tout ça parce que le monde a chopé le Covid un mois après le lancement de ladite tournée. Voilà donc le groupe de Christian Descamps fêtant ses 50 balais l'année de ses 52. Les fans, généralement irréductibles, du monument du rock progressif à la Française qui révolutionna l'usage du clavier dans ce genre musical, n'en sont que plus motivés. Et seront à l'espace Paul Jargot ce 2 octobre.


Ange - tournée des 50 ans

Seule date en Isère pour ce monument du rock français.
Espace Paul Jargot Rue François Mitterrand Crolles
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Plein Soleil et Panoptique, aventures synthétiques

Electro | C’est un plateau hautement recommandable qu’a mis en place, pour son passage à la Bobine à la fin du mois, le label Notte Brigante, dont on a toujours un (...)

Damien Grimbert | Mardi 19 octobre 2021

Plein Soleil et Panoptique, aventures synthétiques

C’est un plateau hautement recommandable qu’a mis en place, pour son passage à la Bobine à la fin du mois, le label Notte Brigante, dont on a toujours un peu de mal à saisir s’il est basé à Grenoble ou à Lyon, mais là n’est sans doute pas l’important. Au programme, un live de « tribal exotica » signé Plein Soleil (en photo), projet solo du Lyonnais Jonathan Grandcollot dont on a déjà pu apprécier la participation à des formations aussi émérites que La Société Etrange, Pan Pan Pan ou encore Omertà. Tribal exotica, mais encore ? Entendez par là des successions de polyrythmies envoûtantes qui emmènent le cerveau en escapade, des atmosphères dub qui donnent l’impression de nager sous l’eau, et des nappes ambient synthétiques qui rajoutent encore une part de mystère. Soit amplement de quoi faire de son nouvel album sobrement intitulé U.V., sorti en septembre sur le label Zèbres Records, une écoute des plus rafraîchissantes. Autre projet solo, fruit cette fois du Marseillais Théo Delaunay, Panoptique propose pour sa part une exploration synthétique de territoires sonores escarpés et lo-fi, quelque part entre punk, indus, kraut et minimal wave, comme en tém

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Songs of Leonard Cohen

Hommage | La reprise d'une ou de chansons de Leonard Cohen a toujours été un genre en soi, et même tout un art. On peut ainsi se souvenir du remake intégral (pochette (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

Songs of Leonard Cohen

La reprise d'une ou de chansons de Leonard Cohen a toujours été un genre en soi, et même tout un art. On peut ainsi se souvenir du remake intégral (pochette comprise) et clandestin perpétré par le dénommé Red de son Songs from a Room, de l'Hallelujah ré-immortalisé par John Cale ou Jeff Buckley, comme d'une infinité d'albums tributes parfois très réussis (on songe à celui réalisé, il y a 30 ans, pour le compte des Inrocks : I'm your fan). Pour H-Burns, l'hommage à celui qu'il considère comme un des responsables de son entrée en religion musicale semble tout aussi naturel. Double hommage puisqu'il est constitué d'un disque à venir – qui aura occupé une partie de son confinement –, enregistré sur bandes dans les conditions de l'époque, et d'une série de concerts qui passera par la Belle électrique et que le chanteur a déjà pas mal inauguré par des lives dans les studio de la presse web (Le Figaro, Les Inrocks TV) et même à la Cité de la Musique de Romans avec l'orchestre symphonique de Romans. L'orchestre ne sera pas de la partie grenobloise, ce jour, mais les chansons de Cohen, toutes périodes confondues, elles seront bien là, à propos desquelles le Can

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Orangerie de Grenoble : ça avance !

GUIDE URBAIN | La halle gourmande devrait ouvrir à l’automne 2022.

Martin de Kerimel | Mardi 20 octobre 2020

Orangerie de Grenoble : ça avance !

On vous en avait parlé en mai l’année dernière : le projet de réhabilitation en halle gourmande de l’Orangerie de Grenoble, ce beau lieu patrimonial laissé à l’abandon, tient toujours. Une nouvelle étape vient d’être franchie au terme d’une souscription publique : elle a permis aux initiateurs du projet, le groupe La Belle Saison, de réunir plus de 21 000 euros. Malgré la crise sanitaire, l’intention n’a pas changé : au terme d’une campagne de restauration du bâtiment, il s’agira toujours de mettre en valeur les savoir-faire locaux, dans les domaines de la gastronomie et de l’artisanat de qualité. Pour l’animation du lieu, La Belle Saison compte faire appel aux associations de l’agglo, en accueillant des artistes en résidence ou pour des événements ponctuels. Après les dernières études techniques, les travaux devraient démarrer au deuxième trimestre 2021, en vue d’une ouverture au public espérée à l’automne 2022. La Belle Saison travaille de con

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"Michel-Ange" : statue personnelle : c’est compliqué

ECRANS | ★★★★☆ De Andrey Konchalovsky (Ru.-It., 2h16) avec Alberto Testone, Jakob Diehl, Francesco Gaudiello…

Vincent Raymond | Mardi 20 octobre 2020

Crasseux, revêche, ambigu, jaloux de ses confrères, impulsif, vénal, exalté et… génial. Dans l’Italie du Cinquecento, Michel-Ange étant le plus grand des artistes, tous les puissants se le disputent. Le Vatican ne fait pas exception, où un Médicis vient de succéder à Jules II… Fresque historique, "moment" dans la vie du personnage-titre plus que biopic stricto sensu, ce Michel-Ange dessine un portrait sans complaisance de l’artiste en sale bonhomme autant qu’un hommage à la prodigieuse universalité de ses talents et à la splendeur de ses réalisation. Oui oui, il est bien possible d’opérer ce subtil distinguo. Fasciné par Dante, obstiné par l’accomplissement de son œuvre pour laquelle il veut le meilleur, sachant se muer en ingénieur en génie civil comme en combinazione privées, résister au pouvoir tout en faisant tout pour être le grand artiste officiel de son temps… Le réalisateur Andrey Konchalovsky ne pensait-il pas un peu à son frère, le si poutinolâtre Nikita Mikhalkov, à travers Michel-Ange ? Reste une magnifique évocation des affres de la création et de la place de l’artiste dans la société

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NewArray, en dehors des codes établis

Soirée | Un nouvel label pour la musique électro : NewArray fait bien les choses et propose une soirée au Redrum, samedi 15 février, pour (mieux) se faire connaître. Explications.

Damien Grimbert | Mardi 11 février 2020

NewArray, en dehors des codes établis

Le schéma habituel des associations de musiques électroniques locales est désormais bien connu : plusieurs DJs et producteurs se mettent en commun, organisent des soirées d’ampleur croissante avec des têtes d’affiche et effectuent un important travail de communication pour transformer leur nom en véritable marque établie, gagnant ainsi en visibilité et en notoriété. Une sorte de "passage obligé" auquel NewArray a pourtant décidé de tourner radicalement le dos… sans en faire toute une histoire pour autant. Regroupant un noyau dur de quatre ou cinq personnes déjà passées par une flopée de collectifs (Shoganaï, Hidden Plaza…) et habituées des passages sur la webradio Str808, NewArray s’intéresse ainsi toujours au versant le plus pointu de styles comme la techno, l’électro, la trance, l’acid ou l’IDM… mais consacre également beaucoup de temps « à faire des réunions, discuter de musique, se remettre en question, chercher à sortir des schémas établis et se libérer des impératifs commerciaux » comme l’expliquent Ben et Guillermo, deux des membres de l’asso. Prochainement disponible sur Bandcamp, [0], première compilation estampillée NewArray, s’avère en tout

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Cliffhanger : séries, je me sens rajeunir

ECRANS | ll ne vous aura pas échappé que la mode est aux séries. Or, si comme le disait Coco Chanel, « la mode, ça se démode », celle-ci n’aime rien tant que suivre (...)

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

Cliffhanger : séries, je me sens rajeunir

ll ne vous aura pas échappé que la mode est aux séries. Or, si comme le disait Coco Chanel, « la mode, ça se démode », celle-ci n’aime rien tant que suivre un parcours en dents de scie et revenir au goût du jour quand cela lui chante. Les séries ne s'écartent pas de cette règle : l’engouement pour ce genre addictif est cyclique et précède même l’invention du petit écran. “Hymne aux séries télévisées et à leur histoire“, Cliffhanger, la première semaine de la série concoctée par la Cinémathèque, fait fi des chapelles, des frontières et des époques, en revenant aux sources de ce format et allant jusqu’à notre époque contemporaine. Rayon mémoire, la diffusion des épisodes 1 et 2 du Fantômas (1913) de Feuillade – si vous aviez vu le 3 à l’automne dernier, vous remettrez les choses dans l’ordre – ainsi que le premier volet de Huit heures ne font pas un jour (1973) de Fassbinder, lui-même grand auteur de séries. Côté contemporain, outre la projection des deux épisodes inauguraux des Sauvages de Sabri Louatah et Rebecca Zlotowski, Cliffhanger s’intéresse à ces séries ayant fait l’o

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Photographico-volcanique

Exposition | Le Studio Spiral a ouvert ses portes au photographe Jean-Pierre Angei. L'artiste expose une série d'images sur le volcan de l'île Stromboli, en Méditerranée.

Benjamin Bardinet | Mardi 10 décembre 2019

Photographico-volcanique

On connaissait de Jean-Pierre Angei les tirages paradoxalement charbonneux de paysages enneigés de stations de sports d’hiver. C’est à un sujet qui paraît spontanément plus enclin à être traité de la sorte qu’il s’attelle dans l’exposition qu’il dévoile à la galerie Spiral : IDDU. Un titre énigmatique qui n’est rien d’autre que le nom que donnent les habitants de l’île Stromboli au fameux volcan qui les surplombe. Toujours en activité, ce volcan accompagne de sa profonde respiration le quotidien des habitants qui savent à la fois ce qu’ils lui doivent (des terres étonnement fertiles) et le danger réel qu’il représente. C’est cette tension entre un quotidien paisible et cette menace sourde que parviennent à nous faire ressentir les images d’Angei, qui s’est imprégné de l’ambiance fascinante de ce territoire insulaire. Prises en argentique, au lever du jour, avant que la lumière ne soit trop franche, ces photographies donnent l’impression d’être celles d’un rêve dont on ne discerne pas toujours le sens mais dont l’ambiance nous hante. Les tirages, réalisés sur papier de soie, amplifient cette dimension et produisent de douces images inquiétantes à mille lieues du clinquan

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"Flaques, fantômes et le voisin" : couleurs pop et imaginaire spirite

Exposition | L'École supérieure d'art et de design de Grenoble a deux invités jusqu'au 18 décembre : Nicolas Momein et Hoël Duret. Deux imaginaires qui se rapprochent idéalement.

Benjamin Bardinet | Mardi 3 décembre 2019

Une fois par an la Résidence Saint-Ange, à Seyssins, s’invite à l’École supérieure d’art et de design de Grenoble pour y exposer le travail produit par les deux artistes ayant bénéficié de son accompagnement. N’hésitez donc pas à franchir la porte de l’école, car cela donne lieu à des accrochages qui, de ce qu’on a vu jusqu’à présent, valent le détour. Réunis à l’occasion de cette exposition qui conclut leur temps de résidence, Nicolas Momein et Hoël Duret donnent l’impression d’un dialogue spontané entre leurs univers. L’accrochage entremêle joyeusement leurs productions au point qu’on ne sait plus trop qui fait quoi dans cette exposition intitulée Flaques, fantômes et le voisin. Si les flaques du titre renvoient à la technique de Nicolas Momein qui consiste à jouer de la fluidité expansive de la résine colorée pour produire des formes abstraites aux couleurs pop, la présence de "fantômes" est du fait d’Hoël Duret qui joue des représentations archétypales des esprits et des expérimentations à base de matériaux phosphorescents. De l’ensemble se dégage une force plastique indéniable, attestant d’un goût de l’expérimentation oscillant entre formes zoomorphes, co

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Balladur et Société Etrange, voyage et dépaysement

Concert | Balladur ? Non, ce n'est pas l'ancien Premier ministre qui déboule au Bauhaus Bar vendredi. Mais bien un groupe de Villeurbanne, porté par de très nombreuses influences. En première partie : Société Étrange.

Damien Grimbert | Mardi 19 novembre 2019

Balladur et Société Etrange, voyage et dépaysement

On a déjà beaucoup parlé, dans ces pages, du duo de Villeurbanne Balladur. Pour être honnête, à chacun de leurs passages à Grenoble ou presque. Oui mais voilà, force est de reconnaître que leur incroyable capacité à condenser, au sein d’un même écrin pop plus ou moins dansant, un nombre absolument démentiel d’influences a priori hautement inconciliables (pop donc, mais aussi dub, noise, post-punk, ambient, bidouillages électroniques, musiques tropicales et on en passe…), le tout sans la moindre once de prétention, continue album après album à forcer notre respect. La Vallée Étroite, le dernier d’entre eux, tout juste sorti sur l’irréprochable label Le Turc Mécanique, ne déroge d’ailleurs pas à la règle, et l’on se réjouit déjà d’assister à sa restitution en live. Ce qui ne constitue pas pour autant une raison suffisante de snober l’excellent trio Société Étrange avec lequel Balladur partagera l’affiche. Adepte de voyages sonores habités au sein de territoires minimalistes hallucinés et volontiers psychédéliques, le groupe ressuscite avec brio la sacro-sainte alliance rythmique entre organique et électronique expérimentée dès la fin des années 1960 par les pionniers alle

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L'écologie s'invite cette semaine au Club

ECRANS | Le Club maîtrise l’art de marier les contrastes. Face A, un festival du film (du 11 au 13 octobre) consacré au pastoralisme et aux grands espaces (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

L'écologie s'invite cette semaine au Club

Le Club maîtrise l’art de marier les contrastes. Face A, un festival du film (du 11 au 13 octobre) consacré au pastoralisme et aux grands espaces avec compétition, repas d’alpage, exposition, théâtre, rencontres et débats pour prouver que oui, le monde des hauteurs existe encore et qu’il a un avenir. Face B, la poursuite du cycle Rec-ifs, récits de l’effondrement en collaboration avec les cafés collapsologie de Grenoble (tout un programme) et la projection lundi 14 à 20h15 du documentaire de Bonni Cohen & Jon Shenk avec Al Gore, Une suite qui dérange : le temps de l’action (photo). Deux faces d’une même médaille, au fond, rappelant que la préservation de l’environnement nous prémunit des fléaux climatiques et nous permet de continuer à nous régaler de délicieux fromages.

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La rentrée ciné 2019, au(x) fil(ms) des semaines…

ECRANS | Sortie triomphalement au printemps, "Parasite" de Bong Joon-ho, la Palme d’or du dernier Festival de Cannes, laisse un boulevard aux films de l’automne, qui se bousculent au portillon. À vous de les départager ; ex aequo autorisés.

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

La rentrée ciné 2019, au(x) fil(ms) des semaines…

18 septembre Avec Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma (Bande de filles, Tomboy, Naissance des pieuvres...) filme, sur fond de dissimulation artistique, le rapprochement intime et intellectuel de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Noémie Merlant / Adèle Haenel. Prix du scénario à Cannes. À la même date, venu de Venise et des étoiles, Ad Astra, dans lequel James Gray embarque Brad Pitt pour un voyage galactique – après le Tarantino, Brad place ses billes pour l’Oscar. 25 septembre Dans un futur proche, un petit village aid

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Les trois soirées de la mi-juin

Soirées | Suivez-nous au Vieux Manoir, à l'Ampérage et à la Bobine.

Damien Grimbert | Lundi 10 juin 2019

Les trois soirées de la mi-juin

14 & 15.06.19 > Vieux Manoir Manoir Solidaire C’est le genre d’initiative qu’on ne peut que cautionner : vendredi 14 et samedi 15 juin au club le Vieux Manoir, l’entrée sera délivrée gratuitement en échange d’une denrée alimentaire non périssable (riz, pâtes, conserves…) qui sera reversée aux Restos du cœur. L’occasion rêvée de découvrir aux platines un line-up composé de quelques-unes des principales forces vives de la scène électronique locale, avec Tauceti (photo), Jissbass et Endrik Schroeder le vendredi, et Easy Tiger, Vouiz, Polaar et Sinnermen le samedi. 15.06.19 > Ampérage Subversion #7 Lancées à l’automne dernier, les soirées Subversion du collectif The Dare Night auront vu en l’espace de six éditions défiler la crème de la nouvelle scène techno, indus et EBM européenne, dans une ambiance exaltée. Pour ce septième et ultime volet en forme de bouquet final, c’est le Berlinois Inhalt der Nacht qui tiendra le haut du pavé avec un DJ-set de 3h. Également au line-up, deux lives haute intensité, l'un signé par le duo toulousain Imperial Black Unit et l'autre par

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Une future halle gourmande pour « repositionner l’Orangerie au centre de Grenoble »

GUIDE URBAIN | « Une halle gourmande mais pas que » : voilà comment l’association La Grande Saison, choisie par la Ville de Grenoble pour investir l'Orangerie, définit son projet ambitieux sur le papier. On vous en dit un peu plus avant l’ouverture au public d’ici fin 2020.

Aurélien Martinez | Lundi 27 mai 2019

Une future halle gourmande pour « repositionner l’Orangerie au centre de Grenoble »

Jeudi 23 mai, à 9h (oui, c’est tôt), dans l’Orangerie de Grenoble située boulevard Jean-Pain, à deux pas de l’Hôtel de Ville, du Jardin des plantes et du Stade des Alpes, ça s’affairait. Il s’agissait, pour Maud Tavel, adjointe en charge du patrimoine municipal, de signer le "protocole partenarial" liant la Ville de Grenoble et La Grande Saison, association qui, fin décembre 2018, a remporté l’un des "Gren’ de projets", dispositifs visant à confier les clés de bâtiments municipaux repérés comme "sous-exploités" à différents acteurs locaux. L’Orangerie est « peu connue de l’ensemble des Grenoblois » expliquait Maud Tavel en ouverture de son discours, et pour cause : bâtie au XIXe siècle, elle servait surtout de hangar de stockage pour le service des espaces verts. D’où l’aspect brut de cette immense halle amenée à devenir « un nouveau lieu de vie ouvert à tous, mettant en scène les savoir-faire locaux, de la gastronomie à l’artisanat, agrémenté d’une mixité d’usages et de services » (extrait du communiqué de presse). C’est « un projet tourné autour du bien-vivre, du bien-manger. Et aussi un projet de rencontre, ce

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"Raconte-toi" : microexpo pour macroartistes et macroambitions

Exposition | Pour la quatorzième édition de son programme hors les murs, le Musée de Grenoble s’installe dans les locaux de l’association Solexine, quartier Bouchayer-Viallet, avec cette petite expo qui présente des grands noms de l’art contemporain. Une façon pour cette honorable institution d’aller à la rencontre d’un public parfois intimidé à l’idée de se confronter à ses collections.

Benjamin Bardinet | Lundi 20 mai 2019

Située dans le quartier Bouchayer-Viallet, au sein des anciennes usines Cémoi, l’association Solexine propose depuis 20 ans de nombreux projets d’éducation populaire à des personnes en situation de fragilité. Il est probable que cette mission ait joué dans la proposition que l’association a faite au Musée de Grenoble d’imaginer une exposition qui puisse être une réflexion sur la manière dont on se met en scène, en tant qu’artiste ou en tant que sujet, pour témoigner de ce qui nous traverse intimement ou socialement. Une exposition qui convoque de grands noms de l’art contemporain. Tandis que le dessin hyperréaliste d’Oscar Muñoz et la magnifique composition géométrique de Leonardo Cremonini jouent ainsi de l’absence de personnes pour inciter notre regard à imaginer les fictions susceptibles de se jouer dans ces intérieurs vides aux allures de décors, les photographies de Patrick Faigenbaum nous présentent deux sujets plongés dans leur « dé

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"Summerspace & Exchange" : danse décentrée par Merce Cunningham et le Ballet de l'Opéra de Lyon

Danse | Mardi 28 et mercredi 29 mai à la MC2, ce sera tout simplement grandiose.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 21 mai 2019

Il y a quelque chose de fascinant chez Merce Cunningham (1919-2009) qui découle d'un apparent paradoxe. Chantre du hasard et de la liberté, le chorégraphe états-unien était aussi d'une exigence inouïe, voire draconienne, quant à la précision des mouvements. Chez lui, il était possible à la fois de décider des séquences et des mouvements à coups de dés, et de défier les capacités techniques et virtuoses des danseurs ! C'est le cas par exemple avec sa pièce emblématique pour six interprètes, Summerspace, créée en 1958, où l'ordre des mouvements fut tiré au sort, et où la chorégraphie de Cunningham, le décor et les costumes du célèbre plasticien Robert Rauschenberg, ainsi que la musique de Morton Feldman ont été conçus indépendamment. Le tout est une ode au déplacement et à la traversée, qui refuse aussi toute centralité de l'action. Chaque danseur est un "centre" potentiel de la pièce. « L'univers est une sphère i

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"Tout va s’arranger" : délit de suite

Théâtre | On attendait beaucoup de Tout va s’arranger (à voir du mercredi 10 au vendredi 12 avril à 20h l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères), spectacle que le (...)

Aurélien Martinez | Mardi 9 avril 2019

On attendait beaucoup de Tout va s’arranger (à voir du mercredi 10 au vendredi 12 avril à 20h l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères), spectacle que le metteur en scène et comédien Grégory Faive présente comme une suite possible de son seul-en-scène à succès (et immense réussite) Pourvu qu’il nous arrive quelque chose, qu’il avait construit d’après un texte de Philippe Torreton sur les coulisses du théâtre. Un prolongement sur le même thème (« un metteur en scène décide de monter La Mouette de Tchekhov à la manière des comédies musicales de Broadway… mais en France… avec les moyens qu’il possède… c’est-à-dire modestes ») avec cette fois Grégory Faive au texte et de nombreux comédiens et comédiennes à ses côtés sur le plateau. Alors certes, tout ceci est sympathique à suivre par moments (le côté vaudeville contemporain notamment), mais l’ensemble n’a jamais vraiment pris le soir où nous l’avons découvert (cet automne), la faute au manque de co

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"Des gens passent et j'en oublie" : Laurent Poncelet présentera son film jeudi au Club

ECRANS | Des gens passent et j'en oublie : voilà le beau titre choisi par Laurent Poncelet, metteur en scène de la compagnie grenobloise Ophélia Théâtre, pour son (...)

Aurélien Martinez | Mardi 2 avril 2019

Des gens passent et j'en oublie : voilà le beau titre choisi par Laurent Poncelet, metteur en scène de la compagnie grenobloise Ophélia Théâtre, pour son moyen-métrage (55 minutes) autoproduit. Un film qui mêle acteurs professionnels et amateurs du groupe théâtral grenoblois Mange-Cafard dont ses membres « sont en situation de marginalisation sociale pour une partie d’entre eux » (extrait du dossier de présentation). Une aventure singulière présentée comme une comédie sociale (un banquier va être kidnappé) qui surprend par sa théâtralité assumée – logique, on a souvent pu croiser les Mange-Cafard sur scène. À découvrir jeudi 4 avril à 20h15 au cinéma le Club, avant des projections plus tard dans d’autres lieux de l’agglo et d’ailleurs.

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"Les Dérangeantes" : avec le Planning familial, les femmes prennent l’affiche

Festival | Jusqu’au 21 mars, le Planning familial de l’Isère organise la cinquième édition de son festival "Les Dérangeantes", « parce que l’égalité entre les hommes et les femmes reste à conquérir » comme l’annonce le programme. On vous en dit plus.

Sandy Plas | Mardi 5 mars 2019

S’interroger sur la place des filles et des femmes dans l’espace public grâce à des films, mais également aborder les questions d’égalité femme/homme, déconstruire les préjugés ou encore lutter contre le sexisme : voilà les objectifs du festival de cinéma Les Dérangeantes, organisé depuis 2014 à Grenoble par le Planning familial de l’Isère. « L’idée est venue du groupe de femmes du quartier Mistral de Grenoble » explique Pauline Coissard, du Planning familial de Grenoble. « Elles ont eu envie de parler de ces questions au travers du cinéma, qui est un bon moyen de nouer le dialogue. » Pour sa cinquième édition, l’événement conserve les mêmes ingrédients : une programmation réalisée en concertation avec les femmes de différents groupes interquartiers du Planning familial, à découvrir gratuitement dans différents lieux de la ville. Parmi lesquels le Prunier Sauvage, le Théâtre Prémol, la Maison des habitants du centre-ville, la Bibliothèque Eaux-Claires ou encore le bar associatif La Pirogue. « Le but, c’est de toucher un public qui ne viendrait pas dans des projections payantes ou des animations du Planning familial. »

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Acquisitions en cours d’exposition grâce à l'Artothèque municipale de Grenoble

Exposition | L'Artothèque de Grenoble investit la Bibliothèque centre-ville jusqu’au samedi 9 mars pour une savoureuse exposition de ses nouvelles acquisitions.

Benjamin Bardinet | Mardi 26 février 2019

Acquisitions en cours d’exposition grâce à l'Artothèque municipale de Grenoble

La traditionnelle exposition annuelle consacrée aux récentes acquisitions de l’Artothèque de Grenoble (située, on le rappelle, à Chavant, dans la Bibliothèque d'étude et du patrimoine) est l’occasion amusante d’évaluer votre assiduité aux expositions grenobloises (et à nos chroniques) puisqu’une bonne partie des pièces acquises sont celles d’artistes ayant récemment exposés à Grenoble. Précisément, l’accrochage à la Bibliothèque centre-ville ouvre avec les photographies de Stéphanie Nelson et Alexis Bérar dont le travail est encore visible à la Bibliothèque d’étude et du patrimoine dans l’exposition Nos mémoires vivent. On retrouve chez la première le goût de l’histoire intime et familiale et chez le second un intérêt pour les accidents photographiques et l’artificiel. S’ensuit deux amusants « Rétr

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Robert Rodriguez : « "Alita" est certainement le plus grand défi de ma carrière »

ECRANS | Appelé par l’équipe d’"Avatar" pour réaliser "Alita : Battle Angel", Robert Rodriguez signe un divertissement d’anticipation visuellement éblouissant transcendé par la comédienne Rosa Salazar. Tous deux évoquent la conception d’un film au fond politique assumé.

Vincent Raymond | Lundi 18 février 2019

Robert Rodriguez : «

Jon Landau, coproducteur du film avec James Cameron, dit qu’Alita a constitué le plus grand défi de votre carrière. Partagez-vous son opinion ? Robert Rodriguez : Il s’agit certainement du plus grand défi de ma carrière. Et c’est génial ! Quand on commence à avoir une carrière assez longue comme la mienne, on a envie de faire des choses nouvelles. Ça fait longtemps que je suis ami avec James Cameron – dont je suis aussi fan. Je m’étais toujours demandé, à la façon d’un éternel étudiant, comme il pouvait continuer à fabriquer des films comme un artisan. On n’imagine pas que James a fait ses débuts avec des films à petit budgets – après tout, il a travaillé pour Roger Corman, il a fait Terminator pour presque rien comme j’ai fait El Mariachi. Comment a-t-il pu faire ce saut vers le “gros cinéma“ avec de gros budgets et des échelles bien plus importantes ? J’ai toujours choisi des films à budget modeste, et comme James je v

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"Alita : Battle Angel" : Pinocchio 2.0

ECRANS | de Robert Rodriguez (ÉU, 2h02) avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly…

Vincent Raymond | Mardi 12 février 2019

Le XXVIe siècle, après une féroce guerre. Dans la décharge de la ville basse d’Iron City, un docteur/mécanicien trouve une cyborg démantibulée ultra-sophistiquée qu'il répare et nomme Alita comme sa fille défunte. Il découvre qu’elle présente d’étonnantes dispositions au combat… La récente poussée des membres de la trinité mexicaine Iñarritu/Cuarón/del Toro ne doit pas oblitérer leurs camarades, actifs depuis au moins autant longtemps qu’eux dans le milieu. Tel le polyvalent Robert Rodriguez, Texan d'origine mexicaine, qui signe ici après Sin City (2005) une nouvelle adaptation de BD – en l’occurrence un manga futuriste de Yukito Kishiro. On reconnaît dans cette version augmentée de Pinocchio (où la marionnette serait une cyborg et son Gepetto un savant doublé d’un traqueur de criminels) l’empreinte du producteur James Cameron : perfection formelle absolue des images, rigueur du récit, spectaculaire immersif (les courses en motorball ne déchirent pas : elles dévissent), distribution soignée… Peut-être tient-on un pendant à Blade Runner, en moins hermétique sur le plan m

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Rock comme un Ange (depuis 50 ans)

Concert | En un demi-siècle d'activité, l'Ange de Christian Descamps, formation culte du rock progressif à la française, n'a jamais laissé sa part d'enthousiasme aux chiens. Il le prouvera sur la scène de la Source dans le cadre d'un "Heureux Tour" qui célèbre ces 50 ans de bonheur foutraque.

Stéphane Duchêne | Mardi 12 février 2019

Rock comme un Ange (depuis 50 ans)

Un fan club toujours très actif (baptisé "Un pied dans la marge"), un magazine édité par ce dernier (et titré Plouc magazine), un CD collector offert annuellement à ces supporters officiels pour toute adhésion... Si le groupe Ange, cultissime formation emblématique de l'esprit foutraque de la scène des années 1970, a mis plus d'un pied dans la marge depuis au moins le début des années 1980 et la déchéance-ringardisation progressive de l'esthétique répondant au même adjectif (le rock progressif quoi), il n'en a pas moins continué de susciter au long des décennies un culte jamais démenti. Une affaire quelque peu propre aux formations excentriques de cette génération frappée et sans complexe qui continue de cultiver dans son coin sa passion pour le délire musical (on peut également penser au Magma de Christian Vander ou aux bretons de Tri Yann comme symboles de toute éternité de cet âge d'or de liberté totale et excessive). Le Père Et voilà donc la troupe (maintes fois remaniée certes) de Christian Déca

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26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Panorama de rentrée | Avec de la pop, du jazz, du rap, de l'électro, de la chanson... Suivez-nous !

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Flavien Berger Entre chanson javellisée, bidouillages électroniques et influences exponentielles, Flavien Berger s'est imposé comme l'une des figures de cette scène française qui se moque tellement des étiquettes qu'elle s'en colle partout – hip-hop, électro chanson, R'n'B et plus car affinités. Avec son récent album Contre-temps, successeur du déjà encensé Léviathan (qui lui avait valu d'être adoubé par Étienne Daho en personne), Berger a frappé très fort. Avec une sorte d'œuvre à contre-courant qui souffle l'air du temps. À la Belle électrique samedi 26 janvier Indianizer + L'Éclair Serait-ce l’influence des DJs et collectionneurs de disques rares des années 1960 et 1970 qui se ferait sentir ? Toujours est-il que depuis quelques années, un nombre croissant de jeunes formations européennes se plaît à orchestrer en live une fusion exaltante et inédite entre musiques tropicales, krautrock, grooves funk & disco, pop psychédélique, exotica, library music et autres vestiges musicaux méc

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"Undercover - Une histoire vraie" : un deal est un deal

ECRANS | de Yann Demange (ÉU, 1h51) avec Matthew McConaughey, Richie Merritt, Bel Powley…

Vincent Raymond | Jeudi 20 décembre 2018

1984. Ricky, 14 ans, et son père font un commerce plus ou moins légal d’armes à feu auprès des gangs tenant le marché du crack dans les squats de Détroit. Flairant l’aubaine, le FBI transforme le jeune Ricky en dealer pour infiltrer le réseau. Sans lui laisser vraiment le choix… On ne peut plus explicite et programmatique, le titre français met l’accent sur l’authenticité des faits davantage que sur la figure de Ricky. Pourtant, c’est bien cet ado à moustachette qui est la colonne vertébrale de l’histoire, la mouche sur le hameçon lancé par un FBI avide de faire des grosses prises mais peu soucieux du devenir de l’appât après coup(s). Mais ne divulgâchons pas la fin… Si l’on a l’habitude des histoires de gangs et de mafia survitaminées par Scorsese et ses épigones, celle-ci semblera plus calme : Undercover ne superlative rien. C’en est même parfois troublant, puisque les séquences de nouba avec les caïds, les descentes de flics ou certaines scènes de tension familiale semblent sous-dramatisées ; en tout cas moins épileptiquement montées qu’à l’ordinaire. Une façon de fuir la convention, de se rapprocher du réalisme sans dou

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Angèle : « La notoriété se fait de plus en plus hystérique »

MUSIQUES | Avant son passage par la Belle électrique ce mercredi 12 décembre (à guichets fermés) puis par le Summum jeudi 23 mai, la Belge Angèle, phénomène pop du moment révélé par plusieurs petits tubes ("La Loi de Murphy", "Je veux tes yeux", "La Thune"…), nous a parlé de la folie de son succès, des travers de sa génération, et bien sûr de son album "Brol" sorti en octobre dernier. Magnéto.

Alice Colmart | Lundi 10 décembre 2018

Angèle : « La notoriété se fait de plus en plus hystérique »

Vous êtes considérée comme la nouvelle égérie pop francophone avec Brol, premier album certifié disque de platine en seulement deux mois ! Une ascension fulgurante que vous évoquez d’ailleurs dans le titre Flou : « Tout le monde te trouve génial alors que tu n’as rien fait ». Comment gérez-vous ça ? Angèle : Là où le succès aurait pu prendre des années à arriver, il n'a en effet pris que quelques mois et a engendré un changement de vie total. Normalement, je suis quelqu'un d’angoissée, mais là, j’ai dû lâcher les pédales parce que je ne pouvais plus tout contrôler. D’un seul coup, j’ai eu beaucoup de boulot, au fur et à mesure on faisait de plus en plus de grosses promos, de plus en plus de concerts dans des grandes salles [elle passera en mai au Summum comme le concert de la Belle électrique a très vite affiché complet – NDLR]… Et même si c’est la plus belle chose qui me soit arrivée, ça comporte aussi son lot de difficultés. La notoriété se fait de plus en plus i

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All I want for Christmas is... une place de concert ou de spectacle

Sélection de Noël | Et voici notre traditionnelle sélection de cadeaux de Noël immatériels faite de places de spectacles et de concerts pour lesquels, bien sûr, il reste de la place. Histoire de faire sensation sous le sapin (et, surtout, tomber juste), on vous a classé ça selon les goûts de celles et ceux qui recevront votre présent.

La rédaction | Mardi 4 décembre 2018

All I want for Christmas is... une place de concert ou de spectacle

Pour les fans de chanson classieuse en VF Angèle (photo), c’est le phénomène pop de ces derniers mois grâce à une poignée de petits tubes entêtants (La Loi de Murphy, Je veux tes yeux, La Thune…) savamment mis en musique et qui, avant même la sortie de l’album début octobre, lui ont fait remplir des salles. Comme la Belle électrique, dans laquelle la Belge jouera à guichets fermés mercredi 12 décembre. Au vu du succès dingue, une autre date grenobloise a donc été rajoutée, en mai et dans une salle encore plus grande : le Summum. Classe. Angèle Au Summum jeudi 23 mai. 33€ Pour celles et ceux qui, au théâtre, adorent qu’on leur raconte de grandes histoires Littoral, Incendies, Forêts… Avec les pièces-fleuves qu’il propose depuis presque 20 ans, le

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"Cet étrange objet du réel" : l'Espace Vallès aux frontières du réel

Exposition | L'exposition collective proposée le centre d'art de Saint-Martin-d'Hères réunit six artistes dont les pratiques variées ont pour point commun d'intriguer le regard et de susciter la curiosité. Visite guidée.

Benjamin Bardinet | Mardi 4 décembre 2018

S'il y a bien une chose d'étrange dans la nouvelle exposition de l’Espace Vallès (dont le titre détourne le titre d’un fameux film de Luis Buñuel), c'est la manière dont les œuvres disparates parviennent à proposer un parcours visuel assez stimulant en forme de rebonds comme dans la comptine Trois petits chats... Alors suivons-le ! Passé la porte d'entrée, notre regard est accueilli par les masques de Nadine Lahoz-Quilez. Fabriqués à partir de plumes, de perles ou de faux cheveux, ils ont la particularité étrange de ne représenter aucune des parties du visage (nez, yeux, bouche...) et donnent l'impression paradoxale qu'ils nous tournent le dos, renforçant ainsi leur capacité à nous dissimuler. La question de la dissimulation est également au cœur du tableau-installation saugrenu de Johan Parent dans lequel deux loupes en mouvement invitent le spectateur à ausculter la surface noire d'une toile monochrome. Conditionné par la lente rotation mécanique de ces loupes, notre œil est ensuite irrésistiblement attiré par les immenses vortex graphiques de Philippe Veyrunes. S'approchant de ces deux gigantesques dessins,

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"Allons voir la mer avec Doisneau" : les gens de la mer

Exposition | "Allons voir la mer avec Doisneau" : voilà ce à quoi nous invite le Couvent Sainte-Cécile des éditions Glénat avec cette exposition centrée sur les clichés savoureux que cette figure majeure de la photographie d'après-guerre a réalisés sur le littoral français. Une proposition réussie, notamment niveau scénographique, qu’on a visitée et dont on a causé avec sa commissaire d’exposition.

Benjamin Bardinet | Mardi 16 octobre 2018

Réalisée en collaboration avec l'Atelier Robert Doisneau dont la mission est de valoriser et faire vivre les archives du photographe, l’exposition Allons voir la mer avec Doisneau a pour ambition de mettre en lumière une facette méconnue de la production du fameux photographe français né en 1912 et mort en 1994. La mer n'est effectivement pas le sujet de prédilection de ce natif de la banlieue parisienne, mais il s'avère que de nombreux reportages et commandes publicitaires l'ont amené à tourner son objectif vers ce territoire dont on peut constater avec enthousiasme qu'il fut stimulant. La première salle du parcours a le mérite de dévoiler quelques clichés assez inattendus : une vue sous-marine, une série documentaire sur les épaves et quelques photographies très graphiques (une minuscule embarcation perdue au milieu d'une mer infinie, la découpe d'un canyon en contre-jour...) ; avant de nous amener vers un parcours présentant des clichés plus fidèles à ce que l'on connaît de Robert Doisneau. Marmots rigolards et min

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Collectif Résonance : « On veut être la vitrine des musiques électroniques grenobloises »

ACTUS | Samedi 13 octobre, le tout frais collectif Résonance, se présentant comme « l'union de près d'une quinzaine de structures grenobloises défendant les musiques électroniques », organise un double événement de lancement. On a rencontré trois de ses membres histoire d’en savoir plus sur cet ambitieux projet.

Aurélien Martinez | Mardi 9 octobre 2018

Collectif Résonance : « On veut être la vitrine des musiques électroniques grenobloises »

Comment est né le collectif ? Émilie Angénieux (association Hadra) : Le collectif est né en novembre 2017 quand il y a eu le deuxième appel à projets de la Ville de Grenoble concernant le bâtiment Clé de Sol [situé dans le parc Hoche – NDLR]. À ce moment, beaucoup d’associations se sont réunies pour parler des musiques électroniques et de leur place à Grenoble. Et on s’est une nouvelle fois dit que même si le vivier grenoblois était énorme, il n’y avait pas d’accompagnement des pratiques qui était fait, et pas de visibilité institutionnelle. D’où l’idée de faire quelque chose ensemble et de candidater à l’appel à projets. Après l’audition en janvier, la Ville nous a contactés pour nous dire que notre projet était intéressant, mais que MixLab [association pilotant la Belle électrique – NDLR] serait gestionnaire du bâtiment [avec un projet d’accompagnement de la scène musicale locale – NDLR]. Tout en nous précisa

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"L'Amour est une fête" : et ce film, une défaite

ECRANS | de Cédric Anger (Fr, 1h59) avec Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Camille Razat…

Vincent Raymond | Mardi 18 septembre 2018

Vous qui entrez dans la salle, abandonnez tout espoir de tomber sur un équivalent à la française de Boogie Night, fameux film de Paul Thomas Anderson. Narrant l’infiltration de deux flics (Guillaume Canet et Gilles Lellouche) dans l’univers des peep-shows et du X en plein dans les années 1980 parisiennes, cet Amour est une fête n’en a ni le rythme, ni la folie. Présente-t-il quelque gravité dramatique, des attraits comiques insoupçonnés ? Pas davantage. Diable… Oserait-il, alors, s’appuyer sur ce décor ou ce contexte favorable pour créer un authentique film érotique doté d’une intrigue ? Pas plus que Yann Gonzalez avec sa (dé)pantalonnade Un couteau dans le cœur : on se trouve en présence de cinéastes qui vendent hypocritement l’idée du soufre, en craignant d’en prononcer le nom, et passent leur film à moquer leurs aînés du cinéma bis ou Z, tout en les pillant et les contrefaisant (mal) à coups de néons roses et de cheveux peroxydés. Ne parlons pas hommage, puisqu'il s’agit de dérision. Il n’y a là ni amour, ni fête ; d’ailleurs, ce n’est ni fait, ni à faire… Seule lumière au tableau : la B.O

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Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec des grands noms de la danse contemporaine comme des plus confidentiels mais non moins passionnants.

La rédaction | Mardi 18 septembre 2018

Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Comme un trio « La littérature, pensais-je, pouvait peut-être encore faire danser les mots, ces mots qui attendent patiemment qu’on les pousse dans un corps brûlant les pieds sur demi-pointe. » Voilà ce qu’écrit le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta en note d’intention de sa prochaine création qu’il dévoilera en avant-première fin septembre à la MC2. Une pièce pour trois interprètes basée sur le fameux Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, roman culte plein de fougue. On en attend beaucoup. À la MC2 jeudi 27 septembre et du mardi 11 au samedi 15 décembre À l’Agora (Saint-Ismier) vendredi 28 septembre À l’Oriel (Varces) samedi 29 septembre SEИS La compagnie Arcosm, qui fut en résidence les trois dernières saisons à la Rampe, reviendra à Échirol

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Théâtre : quinze spectacles pour une saison parfaite (ou presque)

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Suivez-nous, on vous emmène à la MC2, à l'Hexagone, au Théâtre municipal de Grenoble, à l'Heure bleue, à l'Ilyade, à l'Espace Paul Jargot, au Grand Angle...

La rédaction | Vendredi 28 septembre 2018

Théâtre : quinze spectacles pour une saison parfaite (ou presque)

Et pendant ce temps, Simone veille ! « Quatre générations de femmes se succèdent dans ce voyage qui s’étend de la lutte pour l’avortement à la procréation assistée. » Voilà bien un spectacle audacieux dans le fond (surtout que parler de féminisme fait encore peur à certains de nos jours) et très réussi dans la forme, comme il mixe propos politiques forts et humour bienvenu. Sur scène, les comédiennes traversent les époques et les questionnements pour rappeler que le combat féministe a certes avancé, mais reste toujours d’actualité. Passionnant (même si on peut discuter de certains propos, ce qu’on essaiera de faire en octobre avec l’une des autrices). À l’Heure bleue (Saint-Martin-d’Hères) mardi 9 octobre La Rose et la hache Créé en 1979, déjà redonné en 2004 pour la réouverture (après travaux) de la MC2, La Rose et la hache est un spectacle culte de Georges Lavaudant, avec notamment sur scène le fameux comédien Ariel Garcia-Valdès, complice de longue date du metteur en scène né à Greno

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"The Strange Ones" : frères de sang

ECRANS | de Christopher Radcliff et Lauren Wolkstein (ÉU, 1h21) avec Alex Pettyfer, James Freedson-Jackson, Emily Althaus…

Vincent Raymond | Mercredi 11 juillet 2018

Nick est adulte, Sam un pré-ado ; tous deux font la route ensemble, se présentant comme des frères. Mais le sont-ils vraiment ? Et pourquoi sillonnent-ils la campagne américaine, dormant dans des motels ou à la belle étoile ? Ce road movie étrange joue la carte de la suggestion et du proto-fantastique, entre narration elliptique et linéarité contrariée. The Strange Ones est en effet balafré d’analepses et de prolepses, comme pour dissimuler avec la plus grande ostentation possible (c’est-à-dire lui donner davantage d’écho lors de sa révélation) son drame matriciel. En maniant l’allusif, en accentuant sans raison apparente certains aspects du réel (notamment en composant avec l’insondable étrangeté de la nature) mais aussi en pratiquant cette forme de récit "déconstruite" plus proche de la spirale que de la ligne droite, les réalisateurs Christopher Radcliff et Lauren Wolkstein font naître une forme d’angoisse diffuse. Une atmosphère rappelant les climats oppressants du Blue Velvet (1986) de David Lynch quand celui-ci demeurait à la lisière du bizarre sans totalement basculer. Film mental, f

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Les 5 expositions à voir ou à revoir cet été

Sélection | Nous en avons parlé (en bien) cette année, elles sont encore à l’affiche à Grenoble et dans l'agglo : voici les expositions à voir ou à revoir cet été, histoire de se mettre intelligemment au frais.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Les 5 expositions à voir ou à revoir cet été

Hibakusha, dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki Certes, on pourrait penser qu'une belle journée d'été se prête plus au farniente au soleil qu’à la visite d’une expo sur un sujet pareil. Pourtant, il serait dommage de passer à côté de cet ensemble remarquable de dessins car l'horreur de la situation décrite par les survivants des attaques nucléaires de 1945 est à la hauteur de la beauté des représentations qu'ils en font. Construite comme une chronique de cet enfer, l'exposition, en s'appuyant sobrement sur ces témoignages, fait œuvre de mémoire, loin de tout sensationnalisme malsain. Au Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, jusqu'au 1er octobre 1918, l'affiche sur les chemins de l'Histoire La

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Les trois soirées de la semaine

Soirées | Direction le Black Lilith et/ou le Drak-Art le vendredi 25 mai et la Bobine le mardi 29.

Damien Grimbert | Mardi 22 mai 2018

Les trois soirées de la semaine

25.05.18 > Black Lilith Alpine Funk Classics Vol.1 Release Party Pour fêter la sortie du premier volume de son projet collaboratif Alpine Funk Classics, le collectif Shoganai organise une soirée pluridisciplinaire au Black Lilith. Au programme, un concert de jazz avec Marthe et TRIODD, une performance audiovisuelle ambient expé de Lei, une exposition de Juliette Piedagni et une flopée de lives et DJ-sets hautement recommandables : Exit Strategies, Nineteen Entities, Binary Digit & The Fresh Prince of Doner, Jean Pierre Pepone B2B Jean Pierre Parpaing… 25.05.18 > Ampérage Calling Marian / Hydrangea / Persepher / Paoli Pour sa nouvelle soirée à l’Ampérage, l’association La Métamorphose a composé un line-up à la fois 100% féminin et 100% techno, oscillant entre les « rythmiques percutantes et brutales d’une techno acid jusqu’aux mélodies sauvages et oniriques de l’ambient techno ». Côté live, on retrouvera ainsi Calling Maria et Persepher, tandis qu’Hydrangea (en photo) et Paoli seront en charge des DJ-sets. À ne pas manquer enfin, les créations visue

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"Gueule d’ange" : gueule de bois

ECRANS | de Vanessa Filho (Fr, 1h48) avec Marion Cotillard, Ayline Aksoy-Etaix, Alban Lenoir...

Vincent Raymond | Vendredi 18 mai 2018

Quelque part, dans le sud. Mère célibataire d’Elli, qu’elle appelle "Gueule d’ange", Marlène tient pour prioritaires sa vie de jeune femme et ses sorties. Un soir, elle prolonge la fête avec un type et laisse sa gamine de 8 ans seule, pour une durée indéterminée. Elli dissimule son absence. Et boit. Gueule d’ange est l’exemple parfait du film avec lequel on peut jouer au bingo : sur la foi de l’affiche et du synopsis, le public peut préparer un carton et cocher les clichés dès qu’ils traversent le champ. Rôle social "de composition" avec mèches blondes et tenue de cagole taillé pour un festival/une nomination au César : bingo, Marion Cotillard. Référent masculin revêche au premier abord cachant sa tendresse sous une (et même plusieurs) blessure intime et vivant dans une caravane : gagné, Alban Lenoir. Gamine-à-z’yeux-bleus-pleine-de-bravitude-grave-dévastée-à-l’intérieur-alors-elle-picole : meilleur espoir pour Ayline Aksoy-Etaix. Décor de station balnéaire avec fête foraine intégrée (pour le côté "ces adultes qui n’ont jamais grandi") : carton plein ! En suresthétisant la misère soc

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"My Wonder Women" : Gloria aux lassos

ECRANS | de Angela Robinson (ÉU, 1h49) avec Luke Evans, Rebecca Hall, Bella Heathcote…

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Université de Harvard, années trente. Chercheur en psychologie avec son épouse, le Pr Marston recrute pour l’assister une étudiante, qui devient l’amante du couple. Ce ménage à trois leur vaut d’être virés. Marston rebondit en instillant ses théories dans une BD féministe, Wonder Woman… La première authentique héroïne de comics méritait bien qu’on rétablisse les conditions particulières de sa genèse faisant d’elle un personnage ontologiquement transgressif, épousant les penchants SM et le goût pour le bondage de son créateur que la censure et le politiquement correct tentèrent d’atténuer à plusieurs reprises. Dominatrice, indépendante, désinhibée, dotée d’un audacieux caractère, Wonder Woman est un fantasme accompli en même temps qu’un modèle d’émancipation. Hélas, le révisionnisme esthétique dont la fiction s’est fait une spécialité ordinaire (notamment en glamourisant à outrance les protagonistes) résonne ici comme une contradiction absolue. Plutôt que de préférer l’évocation réaliste (on ne parle pas de ressemblance ni de mimétisme), la réalisatrice Angela Robinson a opté pour un trio de mannequins aux mensurations parfaites, qu’e

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Une Galerie du Losange pour, depuis 20 ans, « désacraliser l’idée de galerie »

ACTUS | Installée à Grenoble à deux pas de la place Championnet, la Galerie du Losange fête ses 20 ans. À cette occasion, sa directrice Virginia Alfonso revient avec nous sur deux décennies pendant lesquelles elle a offert un lieu d’exposition, souvent pour la première fois, à des artistes émergents.

Sandy Plas | Mardi 3 avril 2018

Une Galerie du Losange pour, depuis 20 ans, « désacraliser l’idée de galerie »

Un atelier d’artiste, un lieu d’apprentissage et une galerie : voilà le concept de la Galerie du Losange, installée rue Condorcet et créée en 1998 par Virginia Alfonso, artiste argentine arrivée à Grenoble il y a une trentaine d’années. « Au début, je me suis installée ici pour faire mon atelier, mais je trouvais dommage de ne pas en faire profiter d’autres artistes » se souvient-elle. Pour commencer, les œuvres de ses amis commencent à recouvrir les murs. Avant que la galerie ne prenne une forme associative et se fixe comme mission d’offrir un lieu d’exposition aux artistes débutants. « L’idée est de désacraliser un peu l’idée de galerie. Ici, ils peuvent apprendre à accrocher, à rencontrer leur public, à gérer leur communication… » En échange des ventes, la galerie récupère 30 % du montant : bien moins que la plupart des autres lieux d’exposition. Parmi les artistes exposés, certains ont ensuite pu prendre leur envol et continuer leur parcours, comme Hervé Oberto et Jide. 20 ans, 2 expos Pour fêter les 20 ans de la galerie, une expos

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"Mangées, une histoire des mères lyonnaises" : à table avec Catherine Simon

Littérature / rencontre | L'auteure lyonnaise sera vendredi 16 mars à la librairie le Square pour présenter son enquête-roman sur la gastronomie de sa ville.

Sébastien Broquet | Mardi 13 mars 2018

Un récit qui s'aventure derrière la légende de la gastronomie lyonnaise tout autant qu'un roman qui explore l'envers du décor d'un reportage journalistique : Catherine Simon, sans surprise lyonnaise et journaliste, vient de publier Mangées, une histoire des mères lyonnaises aux éditions Sabine Wespieser. Où l'on suit les pas d'un reporter à l'ancienne côtoyant une jeune photographe du journal local pas toujours sur le même tempo que son aîné même si leur chemin se doit de tracer le même sillon : la réalisation d'une série de portraits de ces femmes qui ont bâti les fondations de la renommée gastronomique de la ville. C'est un siècle d'histoire qui se déroule au fil des pages contant ces patronnes émancipées, toutes échappées de milieux très modestes et accessoirement non lyonnaises à l'origine, pour se façonner un présent plus enviable à la force de leur caractère. Des pionnières qui ont appris leur métier dans les maisons bourgeoises avant d'ouvrir leurs échoppes aujourd'hui célébrées. C'est passionnant car nourri des nombreuses interviews réalisées par Catherine Simon avec certaines mères elles-mêmes (presque toutes décédées aujourd'hui), avec d'an

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Les Dérangeantes, un festival du Planning familial pour « continuer à faire bouger les mentalités »

Ciné-débats | Rendez-vous tout le mois de mars dans divers lieux de Grenoble.

Alice Colmart | Mardi 27 février 2018

Les Dérangeantes, un festival du Planning familial pour « continuer à faire bouger les mentalités »

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars, le Planning familial de l'Isère organise la quatrième édition de son festival de cinéma Les Dérangeantes. Tout le mois de mars, douze projections de films pour la plupart récents, suivies de débats, seront proposées dans divers lieux de Grenoble (des bibliothèques, MJC, maisons des habitants …) « afin d'aborder la vie des femmes et leurs réalités afin de continuer à faire bouger les mentalités » comme nous l’explique Métilde Wendenbaum, secrétaire et chargée de communication du Planning familial. L’idée d’un « festival pour l’égalité femme-homme » est née lors d’un projet réalisé en 2014 par l’association avec des femmes du quartier Mistral. « Le focus était mis sur la place des filles dans l’espace public et le fait que celles-ci s’y sentaient mal à l’aise, pas en sécurité… » Depuis, l’événement aborde chaque année des notions comme le sexisme, évoqué par exemple dans Les Figures de l’ombre, film de Theodore Melfi sort

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"Corps étranger" : sans-papiers, sans pantalon

ECRANS | de Raja Amari (Fr.-Tun., 1h32) avec Hiam Abbass, Sara Hanachi, Salim Kechiouche…

Vincent Raymond | Mardi 20 février 2018

Le drame des réfugiés est le sujet du moment ; il irrigue donc à des degrés divers, et avec plus ou moins d’inspiration, une part non négligeable des scénarios actuels. Parfois, on a l’impression qu’il sert de prétexte commode à des auteurs pour "faire concernant" ou donne une colonne vertébrale socio-politique à une histoire manquant d’assise. Tel ce Corps étranger de la cinéaste tunisienne Raja Amari​. Bien sûr, il y a à la base l’arrivée clandestine en France de Samia, ayant fui le Maghreb et un frère fondamentaliste. Mais le cœur du film, c’est surtout la relation qu’elle va entretenir avec la femme qui lui donne un toit et du travail, Leila, ainsi qu’un jeune homme de son village, Imed. Ce ménage à trois violent et délétère, fait de trouble sensualité, de jalousies et de dominations à géométrie variable, intéresse en premier chef la réalisatrice, davantage que les misères des sans-papiers. Il ne s’agit pas là d’un jugement moral, seulement d'un constat. Le fait est que ses réalisations précédentes montraient déjà sa fascination pour l’érotisation des corps et le charme v

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"Résilience" : « Participer à une soirée Hadra, c’est une expérience »

Soirée | Samedi 10 février, le Summum accueillera la soirée trance psychédélique "Résilience" organisée par l’association grenobloise Hadra. Programmation musicale éclectique et scénographie vertigineuse : la nuit (13h non-stop) s’annonce psyché !

Alice Colmart | Mardi 6 février 2018

Hadra, pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, c’est un festival mythique qui avait lieu chaque été près de Grenoble, à Lans-en-Vercors pour être précis, mais qui a dû déménager en 2016 à Vieure, dans l'Allier, afin de poursuivre ses activités – la prochaine édition aura d’ailleurs lieu du 6 au 9 septembre. Pourtant, et fort heureusement, cet éloignement géographique n’a pas coupé l’association grenobloise de sa base locale, puisqu’elle organise depuis 2016 au Summum « sa plus grosse soirée annuelle indoor, devenue le rendez-vous hivernal psytrance en Rhône-Alpes » comme elle l’écrit sur son site. Rendez-vous donc le samedi 10 février pour du lourd comme nous l’assure Émilie Angenieux, coordinatrice générale de l'association. « Des milliers de personnes sont attendues pour plus de 13h de son non-stop, avec plus d’une vingtaine d’artistes. Participer à une soirée Hadra, c’est vraiment une expérience ! » « Les gens se coupent de leur quotidien » Trance progressive, full-on, psyché, psydub, psygre

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"L’Échange des princesses" : Marc Dugain et Chantal Thomas subliment le récit historique

ECRANS | de Marc Dugain (Fr., 1h40) avec Lambert Wilson, Olivier Gourmet, Anamaria Vartolomei…

Vincent Raymond | Jeudi 21 décembre 2017

Pour asseoir son pouvoir, le régent Philippe d’Orléans ourdit la double union d’un Louis XV de 11 ans avec la malheureuse Infante d’Espagne de 4 ans, et de sa fille avec l’héritier d’Espagne. Mais hélas, aucun des deux mariages ainsi arrangé n’est heureux… Derrière la caméra, ce sont les noces entre le cinéaste-écrivain Marc Dugain et sa coscénariste autrice du roman Chantal Thomas que l’on célèbre. Et elles sont fécondes : rarement récit historique fut rendu avec autant de finesse, de réalisme et cependant de liberté(s). L’un des derniers à nous avoir immergé aussi exactement dans les bouillonnements du XVIIIe siècle était Benoît Jacquot avec Les Adieux à la Reine, également adapté de… Chantal Thomas. Conte absurde où des enfants sont tout à la fois déifiés et traités comme des marionnettes, L’Échange des princesses montre l’ambition des uns, la bigoterie des autres et cette aristocratie ramassée en vase-clos sur

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"Miracle Mile" : attention, pépite culte méconnue

ECRANS | Rendez-vous jeudi 14 décembre au Club pour (re)découvrir ce film de 1989 signé Steve De Jarnatt.

Damien Grimbert | Mardi 12 décembre 2017

Après la projection du sublime Phase IV de Saul Bass au mois d’octobre, l’association la Rétine investit de nouveau le cinéma le Club pour nous faire découvrir un film culte : le fabuleux Miracle Mile de Steve De Jarnatt, dans lequel un jeune homme apprend au téléphone, suite à une erreur de numéro, que des missiles nucléaires vont s’abattre sur les États-Unis dans l’heure qui suit. Soit juste le temps nécessaire pour tenter de retrouver la jeune femme dont il est tombé éperdument amoureux quelques heures auparavant… Tourné avec des moyens réduits, sublimé par l'une des meilleures bandes-son composées par le groupe allemand Tangerine Dream et filmé quasi en temps réel, Miracle Mile, sorti en France en 1989 sous le titre Appel d’urgence, est une véritable perle méconnue. Sorte de pendant (pré)-apocalyptique du After Hours de Martin Scorsese auquel il fait souvent penser, ce deuxième long-métrage du réalisateur américain Steve De Jarnatt repre

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Dälek : du hip-hop, des guitares et de la philo

Concert | Jeudi 2 novembre, le groupe américain présentera son nouvel album "Endangered Philosophies", aussi sombre qu’hypnotique, sur la scène de la Bobine.

Alice Colmart | Mercredi 25 octobre 2017

Dälek : du hip-hop, des guitares et de la philo

Attention, date importante pour les amateurs de rap alternatif : le groupe américain Dälek, formé dans les années 1990 à Newark (New Jersey) et composé de MC Dälek, du guitariste Mike Swarmbots et de DJ Rek, s’arrêtera à la Bobine avec son mélange d’influences entre musique dark, shoegaze, noise et indus. Partenaire du producteur DJ Oktopus, Dälek a solidifié au fil des années sa réputation en jouant avec les célèbres De La Soul, Prince Paul, Rye Coalition, DJ Spooky ou encore The Roots. Désormais incontournable de la scène underground, il compte à son actif plusieurs grands albums : Negro Necro Nekros en 1998, Absence en 2004, Abandoned Language en 2007 ou encore Gutter Tactics en 2009. Dans Endangered Philosophies, le dernier en date sorti en septembre 2017, les musiciens s’engagent une nouvelle fois à travers leurs textes, luttant contre la brutalité policière et la stigmatisation raciale et prônant la libération citoyenne. Dälek + The Labrats Bugband

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A Place to Bury Strangers : rock sans frontière

Concert | « "Court circuit", ce sont des dates proposées en partenariat par l'Ampérage et la Belle électrique, deux salles voisines qui avaient envie depuis longtemps de proposer une programmation éclectique faite de découvertes. » Une initiative qui débutera ce jeudi 26 octobre à l’Ampérage avec du rock, du bon, du lourd.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 octobre 2017

A Place to Bury Strangers : rock sans frontière

S'il fallait matérialiser une frontière à la limite du shoegazing (un sous-genre du rock alternatif) et du post-punk, alors les musiciens américains de A Place to Bury Strangers feraient sans doute office de garde-barrières, un pied de chaque côté de la ligne pointillée et armés de leur arsenal de pédales d'effet. Il faut donc imaginer quelque chose se baladant à l'intérieur du spectre sonique allant de My Bloody Valentine (cet amour indéfectible pour le larsen élevé au rang d'art) à Joy Division (ses relents occultes et ses rythmes au pas de l'oie) en passant par The Jesus & Mary Chain (ses nuages noirs et ses éléphants roses) et qui, sans doute à égalité ou juste en dessous des précités Valentine, peut se targuer d'être le groupe le plus généreux en décibels et le plus "acouphènogène" du circuit rock. D'aucuns diront qu'il faut voir là une manière de masquer un défaut d'originalité, ou les limites d'un trio pour lequel le son et le niveau sonore (un deuxième album baptisé Exploding head) importent plus que les chansons – ce qui n'est pas tout à fait vrai et pourrait être reproché à tout ressortissant du mouvement ou du revival shoegazing

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"Une suite qui dérange : le temps de l’action" : Al Gore, de la suite dans les idées

ECRANS | Dix ans après "Une vérité qui dérange", le Prix Nobel de la Paix et ex vice-président étasunien Al Gore poursuit son combat en faveur de l’environnement, alors que l’actualité mêle COP21, cataclysmes climatiques et élection d’un climato-sceptique à la tête des États-Unis. On se bouge ?

Vincent Raymond | Vendredi 22 septembre 2017

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » Les mots prononcés en 2002 par Jacques Chirac durant le sommet de Johannesburg pourraient figurer dans chacun des one-Gore-show que Al le pèlerin promène de par le monde. Sortes de monologues nourris de Powerpoint ; d’images sans cesse réactualisées de villes dévastées par des catastrophes météorologiques ; de diagrammes pour certains affolants (l’élévation de la température moyenne), pour d’autres encourageants (l’évolution de la production d’énergie renouvelable et l’abaissement de son coût), ces conférences servent une nouvelle fois de socle à un documentaire. Reconverti prêcheur, l’ancien politicien se fait l’avocat médiatique de la planète, le témoin de ses haut-le-cœur et, plus intéressant, lobbyiste au service de sa cause : il est montré comme ayant favorisé la ratification de l’Inde à l’accord de Paris. Dégagé de tout mandat, mais jouissant d’une aura et d’un capital sympathie considérables (que ce film, malin, contribue à accroître), Gore prouve que dans son cas ne plus gouverner, c’est agir et prévoir. Un film Gore Ne craignant jamais de mouiller sa chemise ni de tremper ses cha

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Cinq spectacles de cirque (mais pas que) à voir cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base d'acrobaties mais aussi de western, de clown ou encore d'humour.

La rédaction | Jeudi 14 septembre 2017

Cinq spectacles de cirque (mais pas que) à voir cette saison

Le syndrome de Cassandre Champion du monde de magie avec Baltass, un numéro de balles vu près d'un million de fois sur Youtube, Yann Frisch a poussé plus loin son talent et a même déconstruit son savoir-faire dans cette pièce qui tourne partout et émeut. Il est un clown qui tombe le masque ; plutôt que de faire rire de ses maladresses, il voudrait faire croire ce qu'il raconte. Alors il se fait sombre, sort sa mère en tissu d'un cercueil, escamote des tours et touche au cœur. À l’Hexagone du 17 au 19 octobre Halka Le Groupe Acrobatique de Tanger est une compagnie de cirque impressionnante, qui maîtrise l’art du spectaculaire (ils seront quatorze acrobates sur scène) et de la pyramide humaine. Si nous n’avons pas encore vu leur nouvelle création, on en attend beaucoup. À la Rampe (Échirolles) les 12 et 13 décembre Minuit

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Thierry de Peretti : « Il faut arrêter Astérix en Corse ! »

ECRANS | Avec "Une vie violente", en salle le 9 août, le metteur et scène, acteur et cinéaste Thierry de Peretti consacre un film à son île d’origine, la Corse. Une œuvre politique, loin des clichés, qu’il évoque avec son comédien fétiche Henri-Noël Tabary.

Vincent Raymond | Jeudi 20 juillet 2017

Thierry de Peretti : « Il faut arrêter Astérix en Corse ! »

Thierry, depuis combien de temps portiez-vous Une vie violente ? Thierry de Peretti : Depuis Les Apaches, je cherchais un récit capable d'évoquer la force romanesque de ce que je vois et ressens en Corse – sur la société corse de cette époque-là. Mais pour moi, c’est moins une reconstitution qu’une évocation ou qu’un dialogue avec ces années-là. Ce n’est pas le film ultime sur le nationalisme en Corse et la lutte armée. Le personnage de Stéphane passe par là comme Rimbaud passe par la poésie et se rêve ailleurs. Il est un peu comme le Prince Mychkine dans L’Idiot de Dostoïevski : il nous fait pénétrer plusieurs cercles de la société : les étudiants, les petits voyous, les nationalistes… Henri-Noël, comment vous êtes vous immergé dans ce rôle et ce contexte ? Henri-Noël Tabary

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"Une vie violente" : bons baisers de Corse

ECRANS | de Thierry de Peretti (Fr., 1h47) avec Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary, Cédric Appietto...

Vincent Raymond | Lundi 17 juillet 2017

Au péril de sa vie, Stéphane sort de sa clandestinité parisienne et retourne en Corse assister aux obsèques de son compagnon d’armes Christophe, qui vient d’être exécuté. Il se remémore leur trajectoire commune… Traitant de la particulière situation corse, si chatouilleuse pour les insulaires, ce film qui fuit le folklore caricatural possède une dimension régionaliste forte. Pour autant, l’histoire n’a rien d’hermétique pour les "pinzuti" : le contexte, aussi dramatique que politique, est détaillé par des cartons explicites. On assiste ici à une scission dans les rangs des indépendantistes, entre une composante minoritaire inspirée par une doctrine marxiste, et une frange davantage tentée par le banditisme. À ces "philosophies" irréconciliables s’ajoutent des querelles personnelles, qui tournent vite, promiscuité oblige, en peines capitales. S’ouvrant sur un plan choc (et cependant sans gratuité ni complaisance) montrant frontalement l’abomination d’une élimination "typique", Une vie violente évoque par moments la tragédie grecque, en particulier lors d’un déjeuner de veuves. Entre rires

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