Au Pont-de-Claix, le futur centre de sciences s'appellera Cosmocité

ACTUS | Ce projet, porté par Grenoble Alpes Metropole, devrait voir le jour fin 2022.

Hugo Verit | Lundi 11 octobre 2021

Photo : Hugo Verit


Ce sont les habitants du territoire qui ont décidé, grâce à un vote sur internet et dans les urnes organisé du 28 mai au 15 septembre dernier : le futur centre de sciences du Pont-de-Claix s'appellera donc Cosmocité. Un nom plébiscité par plus de la moitié des votants (51%) contre 30% pour "Pulsar" et 19% pour "Microméga". Il s'agissait de retranscrire trois thématiques (infini, expérience et interaction) qui seront au coeur de ce projet scientifique et culturel. Les travaux ont commencé en juin 2021, sur le site des Moulins de Villancourt, et devraient être terminés fin 2022.

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"Sisters with Transistors" ou l'histoire de musiciennes légendaires

Documentaire | Qui passe pour avoir donné le "la" dans l’histoire de la musique électronique ? Connaissez-vous les noms de Clara Rockmore, Delia Derbyshire, Daphne (...)

Eloïse Bonnan | Vendredi 15 octobre 2021

Qui passe pour avoir donné le "la" dans l’histoire de la musique électronique ? Connaissez-vous les noms de Clara Rockmore, Delia Derbyshire, Daphne Oram, Eliane Radigue, Bebe Barron, Pauline Oliveros, Maryanne Amacher, Wendy Carlos, Suzanne Cianni ou Laurie Spiegel ? Grand vainqueur du prix FAME 2021 (festival international de films sur la musique), le documentaire Sisters with Transistors brise le silence sur ces dix pionnières de la musique électronique. Pour son premier film documentaire, la réalisatrice Lisa Rovner juxtapose de très belles archives en noir et blanc ou en couleur. Par-dessus, la voix de Laurie Anderson, figure américaine de l’art expérimental, pose un trait d’union évident entre ces femmes : l’amour des machines qui font de la musique. Coup de projecteur mérité pour ces pionnières de la musique électronique aux histoires souvent méconnus… Parmi elles : Clara Rockmore la virtuose du thérémine, Daphne Oram pionnière britannique de la musique concrète et inventeuse de l’oramics (instrument de musique électronique qui traduit des informations graphiques en ondes sonores),

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Jérôme Villeneuve est le nouveau directeur de l'Hexagone

Nomination | La scène nationale de Meylan connaît officiellement le nom de son nouveau directeur : il s'agit de Jérôme Villeneuve, 34 ans et président de l'association (...)

Valentine Autruffe | Lundi 11 octobre 2021

Jérôme Villeneuve est le nouveau directeur de l'Hexagone

La scène nationale de Meylan connaît officiellement le nom de son nouveau directeur : il s'agit de Jérôme Villeneuve, 34 ans et président de l'association Arcan (Association ressource pour la création artistique numérique), qui organise plusieurs événements autour des arts, de la science et du numérique, comme Negotium ou DN[A]. Titulaire d'un doctorat en "Ingénierie de la Cognition, de l’Interaction, de l’Apprentissage et de la Création", il est également chercheur au sein de la cellule "Arts Numériques et Immersions Sensorielles", construite avec le Ministère de la Culture, le CNRS, l’Université Grenoble Alpes et installée au laboratoire GIPSA. Le profil de Jérôme Villeneuve, très orienté art et sciences, a logiquement été retenu pour l'Hexagone, dont un pan important de la programmation est tourné vers cette dualité : le théâtre organise notamment la biennale Experimenta, et travaille en lien étroit avec le CEA. Le successeur d'Antoine Conjard prendra ses fonctions le 15 novembre.

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Draga Bosna : "Chère Bosnie" te revoilà dans les radars !

Festival | Organisé par le Ciné-Club de Grenoble du 12 au 16 octobre, le festival Draga Bosna vous invite à venir découvrir la Bosnie-Herzégovine sous un angle nouveau et atypique. Un mix de cinémas, expo, conférences, débats et même des éclats de heavy metal !

Eloïse Bonnan | Lundi 11 octobre 2021

Draga Bosna :

Le cœur d'Aurélie Dos Santos est sans pudeur quand il s'agit de faire entendre l'admiration que lui a toujours inspirée les pays des Balkans. Difficile de résister à l'enthousiasme viral de la porteuse de projet du festival DRAGA BOSNA (Chère Bosnie), lorsqu’elle nous partage son souhait (même pas le plus fou !) de changer notre regard sur la Bosnie-Herzégovine, pour enfin voir ce pays "comme une fête, étonnant et éblouissant ». Soyez sûrs qu'autour de ce petit pays un programme dense et original a été confectionné. Des invités de choix, tels que Elma Hašimbegović historienne, directrice du muséum de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo ou le photographe de Sarajevo surnommé “Strašni” (« Le terrible »), Milomir Kovačević qui dès l’âge de 17 ans n’a eu de cesse de photographier la vie des habitants avant et pendant la guerre. Le Draga Bosna festival s'inscrit dans la continuité des trois éditions réussies du NSK Rendez-Vous Grenoble, consacré à l'implosion dramatique de la Y

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"Mourir peut attendre", un dernier James Bond pour Daniel Craig : mourir et laisser vivre

JAMES BOND | Sorti de sa retraite pour contrer une pandémie terroriste (et se venger de Blofeld), Bond se découvre de nouveaux ennemis… et des allié·es inattendu·es. Retardé depuis 18 mois, l’ultime épisode interprété par Daniel Craig clôt par un feu d’artifice inédit son cycle d’aventures dans la peau de l’agent britannique. Défense de spoiler !

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Après avoir porté un sérieux coup à l’organisation criminelle Spectre et capturé son chef Ernst Stavro Blofeld, James Bond s’octroie une escapade italienne en compagnie de Madeleine Swann. Leur tête-à-tête romantique va être contrarié par plusieurs fantômes de leurs passés respectifs, les contraignant à une rupture brutale. Cinq ans plus tard, Bond est tiré de sa retraite par son ami Felix Leiter de la CIA, après qu’un savant russe retourné par le MI6 a été enlevé avec une redoutable arme biologique de sa confection… Tourné et finalisé avant la pandémie, retardé à cause d’icelle, Mourir peut attendre traite donc d’une… pandémie. Ou du moins du combat de James Bond contre une puissance terroriste cherchant à déclencher une attaque bactériologique (pour faire simple) à l’échelle planétaire. Un argument réactualisant celui de Au Service Secret de Sa Majesté (1969) de Peter Hunt, lui-même produit au moment de l’épidémie de grippe de Hong Kong. La fatalité a de ces ironies… Seul épisode interprété par George Lazenby et Diana Rigg, Au Service Secret de Sa Majesté

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Dix ans de cinéma à la Villeneuve

ACTUS | A l’occasion de la première édition de leur Cinéma de quartier, ce samedi 16 octobre au Théâtre Prémol, retour, en compagnie de leur cofondateur Naïm Aït-Sidhoum, sur le parcours atypique entamé il y a maintenant plus de dix ans par l’équipe des Films de la Villeneuve.

Damien Grimbert | Mardi 5 octobre 2021

Dix ans de cinéma à la Villeneuve

Pour les Films de la Villeneuve, tout commence en 2010, lorsque la Ville de Grenoble lance un appel à projets dans le cadre du renouvellement urbain du quartier. L’objectif : mener un projet artistique in situ pendant deux ans qui fasse participer les habitants. « C’est à ce moment-là que j’ai constitué une équipe », explique Naïm Aït-Sidhoum. « Faire des films était déjà dans notre pratique, et j’avais en tête une expérience de télévision communautaire qui avait été menée de 1972 à 1976, la Vidéogazette, dont les contenus étaient fabriqués avec et par les habitants. L’idée c’était donc de se demander la forme que pourrait prendre un tel projet en 2010 avec les moyens techniques d’aujourd’hui ». Naît ainsi la volonté de filmer des œuvres de fiction en compagnie des habitants, mais qui s’adresseraient à tout le monde. Un pas de côté conséquent par rapport aux projets concurrents, plus orientés sur la création d’un événement dans l’espace public, et qui aurait pu jouer en défaveur de la jeune équipe. Mais pendant l’été 2010, à la suite du braquage du casino d’Uriage, l’un des fug

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Le Monde au coin de la rue, histoires d’ici et d’ailleurs

Festival | Dédié aux multiples facettes du documentaire de création, le festival "Le Monde au coin de la rue", initié par l’association A Bientôt J’espère, revient cette année encore investir le quartier Alma-Très-Cloîtres. Décryptage d’une initiative passionnante.

Damien Grimbert | Mardi 5 octobre 2021

Le Monde au coin de la rue, histoires d’ici et d’ailleurs

C’est une mission pour le moins ambitieuse, dont "Le Monde au coin de la rue" s’acquitte néanmoins avec un succès renouvelé année après année : faire découvrir à une multiplicité de spectateurs venus d’horizons différents la frange la plus défricheuse du cinéma documentaire, en projetant des films « dont on n'a la plupart du temps jamais entendu parler ». Un objectif qui, pour être mené à bien, implique pour l’équipe d’A Bientôt J’espère une incursion prolongée dans la vie du quartier et de ses habitants. Comme l’explique Cyril Hugonnet, « chaque année, on passe beaucoup de temps à arpenter les rues, à boire des cafés, à manger des kebabs pour rencontrer les gens, les structures qui font du travail social ou qui ont leurs activités dans le quartier. Et à partir de ces rencontres, qui petit à petit s’additionnent et nous permettent de créer des liens, on va penser à des films, et à des manières de les montrer, qui vont résonner avec ce qu’on a ressenti comme enjeux dans le quartier. Derrière chacun de ces films, il y a souvent une rencontre, et même si on ne va pas l’expliciter, on sait pourquoi ces films sont là ». Cinéma éphémère

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Sister Act, le deejaying au féminin

ACTUS | Lancé l’an passé par les associations Résonance et Move Ur Gambettes pour promouvoir le deejaying au féminin sur la métropole grenobloise, Sister Act est un (...)

Damien Grimbert | Mardi 5 octobre 2021

Sister Act, le deejaying au féminin

Lancé l’an passé par les associations Résonance et Move Ur Gambettes pour promouvoir le deejaying au féminin sur la métropole grenobloise, Sister Act est un programme d’accompagnement et de formation au mix entièrement gratuit, ouvert aux amatrices et semi-professionnelles. D’une durée d’un an, il propose tous les deux mois des ateliers couvrant tous les éléments (technique de mix, administration, communication, booking, empowerment…) nécessaires au développement d’une carrière de DJ. Déjà très actives aux platines depuis le début de l’été, les recrues de l’édition 2021 (en photo), qu’on retrouvera à l’Ampérage le 19 novembre, laisseront la place en janvier à une nouvelle promotion pour laquelle il est encore possible de candidater jusqu’au 31 octobre. Avis aux amatrices ! Pour s’inscrire, cliquez ici

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Bachar Mar-Khalifé en toute intimité

Multi-instrumentiste | On peut critiquer les conservatoires pour leur académisme affirmé et leur méfiance à l’égard d’une créativité trop iconoclaste. Mais il en sort parfois de véritables (...)

Hugo Verit | Mardi 5 octobre 2021

Bachar Mar-Khalifé en toute intimité

On peut critiquer les conservatoires pour leur académisme affirmé et leur méfiance à l’égard d’une créativité trop iconoclaste. Mais il en sort parfois de véritables merveilles, mêlant technique, érudition musicale et indépendance d’esprit. Issu du conservatoire de Paris, Bachar Mar-Khalifé est l’une d’entre elles. Le multi-instrumentiste franco-libanais propose, depuis une dizaine d’années et une poignée d’albums très différents, une musique inclassable et toujours grandiose, entre mélodies orientales, électro dansante, pop, hip-hop et classique. Le tout en prenant parfois des positions politiques bienvenues, contre son ignoble homonyme syrien notamment, à l’instant crucial des Printemps Arabes. Pour écrire son dernier album On/Off, Bachar Mar-Khalifé a souhaité s’isoler dans les montagnes du Jaj de son Liban natal, loin des tumultes de la ville. Il en résulte un disque très calme, apaisé, intime, langoureux, amoureux, voire carrément érotique. Ainsi de L’amour à plusieurs dont le titre résume le propos. Plus sombre – et seul titre énervé de l’album – Insomnia rappelle le Bachar des anciens disques tandis que Chaffeh Chaffeh,

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Trois soirées pour danser

MUSIQUES | 08.10.21 > Drak-Art Unleashed #4 Pour le quatrième volet de ses soirées techno « underground, inclusives et LGBTQI+ friendly » Unleashed, (...)

Damien Grimbert | Mercredi 6 octobre 2021

Trois soirées pour danser

08.10.21 > Drak-Art Unleashed #4 Pour le quatrième volet de ses soirées techno « underground, inclusives et LGBTQI+ friendly » Unleashed, l’équipe d’Infrason a invité en tête d’affiche l’une des sensations du moment, le jeune Parisien Trym. Ses caractéristiques : ressusciter l’âge d’or de la rave des années 90 par tous les moyens en sa possession : techno haute intensité, hardtrance, samples vocaux, acid… Une formule éprouvée, tout sauf subtile, mais d’une efficacité absolument redoutable, comme en témoigne son récent set pour la série Hard Dance de Boiler Room. 08.10.21 > Belle Electrique I Hate Models / Vel / Tauceti Figure de proue de la scène techno industrielle actuelle, I Hate Models fusionne dans sa musique une force de frappe sans commune mesure, un goût affirmé pour les sonorités sombres, rugueuses et brutes de décoffrage, mais également une facette plus mélodique et subtile, issue d’un héritage mélancolique qui trouve ses sources dans

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"Le Dernier Duel" : boucherie à l’arène

Le film de la semaine | Une querelle entre nobliaux moyenâgeux se transforme en duel judiciaire à mort quand l’un des deux viole l’épouse de l’autre. Retour aux sources pour Ridley Scott avec ce récit où la vérité comme les femmes sont soumises au désir, à l’obstination et à la vanité des hommes.

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

France, fin du XIVe siècle. Tous deux écuyers au service du comte d’Alençon, Jean de Carrouges et Jacques Le Gris présentent des tempéraments opposés : quand le premier — un va-t-en-guerre impulsif — agace, le second obtient par son esprit en cour les bonnes grâces de son seigneur. Une rivalité va sourdre entre les deux hommes, s’amplifiant avec les années pour atteindre son sommet lorsque Marguerite, l’épouse de Jean, accuse Jacques de l’avoir violée pendant que son mari était à la guerre. Devant le roi et devant Dieu, Jean demande réparation lors d’un duel… Selon un adage bien connu, un auteur aura beau faire (ou contrefaire), il écrira toujours le même livre. D’une simple pelote de laine, l’on peut également tricoter toutes les formes que l’on désire, en variant les points… Puis défaire et refaire son ouvrage à l’envi tant que le fil ne rompt pas. On ignore si Ridley Scott taquine l’aiguille ; ce dont on est sûr, c’est qu’il ferraille depuis toujours avec certaines obsessions. Dont la figure "matricielle" du duel — et par duel, on comprend opposition frontale, rugueuse et continue — modelant l’essentie

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Ouverture d'une galerie dédiée à l'art du collage

ARTS | Une nouvelle galerie d’art a ouvert ses portes vendredi 1er octobre rue Dominique-Villars, dans le quartier des Antiquaires. Son propriétaire Michel (...)

Valentine Autruffe | Mardi 5 octobre 2021

Ouverture d'une galerie dédiée à l'art du collage

Une nouvelle galerie d’art a ouvert ses portes vendredi 1er octobre rue Dominique-Villars, dans le quartier des Antiquaires. Son propriétaire Michel Goldberg, pédiatre retraité et féru d’arts depuis toujours, ambitionne de « faire connaître ce secteur de l’art, pas connu à sa juste valeur. » Lui s’est mis au collage sur le tard, en particulier via l’école des Beaux-Arts de Grenoble, et pour le moment, il a peuplé les murs blancs de la galerie Collberg de son propre travail uniquement. « Mais l’objectif est d’exposer d’autres collagistes ; d’ailleurs, je lance un avis aux amateurs… » Certaines de ses œuvres sont purement esthétiques, abstraites, d’autres sont des assemblages à messages on ne peut plus explicites. Au détour d’un tableau, on reconnaît là George Floyd, ici Ronald McDonald, plus loin, une tripotée des pires dictateurs que la Terre a portés. « J’ai réalisé beaucoup de collages à thème pendant le confinement. Ce que j’aime dans la discipline, c’est que de par sa relative simplicité technique, elle laisse libre cours à la créativité, à l’imagination, et elle offre aussi une grande place au hasard. » Et de nous mont

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Le monde sans pitié de Feu ! Chatterton

Rock | Depuis ses débuts avec le tonitruant Côte Concorde, qui sublimait le naufrage du Costa Concordia en la métaphore agonisante d'une Europe naufrageant sans (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 octobre 2021

Le monde sans pitié de Feu ! Chatterton

Depuis ses débuts avec le tonitruant Côte Concorde, qui sublimait le naufrage du Costa Concordia en la métaphore agonisante d'une Europe naufrageant sans fin, Feu ! Chatterton n'a jamais eu son pareil pour apposer de la poésie (et quelle poésie !) sur la trivialité du monde, apposer comme on brûle. Sur son troisième disque, Palais d'argile, dont la tournée peut enfin reprendre, Feu ! Chatterton fait un sort à l'époque et à ses habitants que l'on voit aux terrasses ou dans les transports faire défiler sur un écran de téléphone des images sans queue ni tête comme pour se shooter aux pixels zombifiés, qui fantasment Un Monde nouveau sans rien savoir faire de ses dix doigts, tout juste bon qu'on est (car oui, c'est de nous qu'il s'agit) à attraper le bluetooth, même plus foutus de se caresser en chair et en os quand ne sont plus tactiles que les écrans (Cristaux liquides). Cette époque qu'incarne aussi un président arrivé en quasi deus ex machina se rêvant en pharaon à pyramide de verre, dont il faudrait dissoudre le palais d'argile qui donne son t

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Philippe Le Guay - François Cluzet - Jérémie Renier : « On a tous en nous des choses que l’on refoule »

L’Homme de la cave | Décrivant la mécanique du complotisme et du harcèlement, le nouveau Philippe Le Guay éclaire le présent par le passé et met en lumière les penchants sinistres de l’âme humaine. Conversation avec le cinéaste et ses interprètes.

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

Philippe Le Guay - François Cluzet - Jérémie Renier : « On a tous en nous des choses que l’on refoule »

D’où vient cet “homme de la cave” ? Est-il une métaphore ? Philippe Le Guay : Absolument. C’est la conjonction de plusieurs choses. D’abord une histoire, et puis un thème autour d’une sorte de fléau contemporain qui est le complotiste — ces gens capables de dire inlassablement : « Est-ce que la vérité est vraiment la vérité ? Il faut se méfier des vérités officielles, on va poser des questions… », non pas pour arriver à une vérité plus haute comme ça doit être le cas pour les savants et les historiens, mais pour brouiller la vérité. Enfin, avec le fait que le personnage de Françoise Cluzet est dans un cave, il y a quelque chose de beaucoup plus émotionnel, d’angoissant, qui se rattache à la grande tradition du thriller, pour aller vite. Cette conjonction a été en tout cas un détonateur pour moi. Un tel film, qui explore des zones sombres de la nature humaine comme les souterrains d’un immeuble, oblige-t-il à sortir des choses que l’on refoule ? PLG : On a tous en nous

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Les Petits Magasins : tiercé gagnant

Boutique | Deux boutiques estampillées « Les petits magasins » par Grenoble Alpes Métropole ont été inaugurées mercredi : La Remise au 122, avenue Jean-Perrot à Grenoble, (...)

Valentine Autruffe | Mardi 5 octobre 2021

Les Petits Magasins : tiercé gagnant

Deux boutiques estampillées « Les petits magasins » par Grenoble Alpes Métropole ont été inaugurées mercredi : La Remise au 122, avenue Jean-Perrot à Grenoble, et La Brocante de Mamie au 17, rue du Pré-Ruffier à Saint-Martin-d’Hères. Le concept : plutôt que d’être jetés, les invendus de l’enseigne Kiabi sont cédés à ces structures et proposés à la vente à des tarifs très attractifs (-80% en moyenne, on a entendu parler de pantalons à 5€ pièce). De plus, les magasins fonctionnent avec des structures d’insertion professionnelle, La Remise et Grenoble Solidarité. Triplement gagnant donc, pour le budget fringues, l’économie de déchets et les personnes qui retrouvent le chemin de l’emploi.

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Culture solidaire à l’Hexagone

Association | Afin de permettre aux plus démunis de se rendre au spectacle, l’Hexagone fait appel à l’association Cultures du cœur pour distribuer gratuitement des billets solidaires au sein de différentes structures sociales.

Hugo Verit | Mardi 5 octobre 2021

Culture solidaire à l’Hexagone

Après une ultime improvisation bien chaloupée de Jowee Omicil et son groupe, la salle de l’Hexagone, ardente et conquise, se vide tranquillement… Mais pas dans son intégralité. Quelques spectateurs restent assis car ils ont droit à un petit plus, une rencontre de quinze minutes avec la star du soir. « Est-ce que l’ordre des morceaux est défini à l’avance ? », demande l’un d’entre eux lorsque Jowee les a rejoints au milieu des fauteuils rouges. « Excellente question ! Tout ce que vous avez vu est improvisé selon l’énergie que vous m’avez donnée. C’est vous qui avez fait le spectacle ce soir », répond le saxophoniste, très flatteur à l’américaine. Si ces personnes ont la possibilité, ce soir-là, d’échanger avec le musicien, c’est qu’elles ont bénéficié d’un billet solidaire, financé grâce aux dons (de 3, 6, 9 ou 18€) de certains spectateurs de l’Hexagone, sur le principe des cafés suspendus. « Cela fait trois saisons que nous avons mis en place ce dispositif. Normalement, on édite cinq à dix places par soirée mais à cause du Covid, on s’est retrouvé avec 50 billets solidaires qu’on a donc proposés intégralement pour ce concert. C’est l’occasion de c

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Ainsi chante Ramona Córdova

Folk | Pour illustrer la singularité de Ramona Córdova, qui n'est pas que musicale, il faudrait évoquer la manière dont il est apparu dans le paysage musical. Un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 octobre 2021

Ainsi chante Ramona Córdova

Pour illustrer la singularité de Ramona Córdova, qui n'est pas que musicale, il faudrait évoquer la manière dont il est apparu dans le paysage musical. Un premier album, The Boy who floated freely, encensé par la critique, et plus de nouvelles pendant sept ans avant de réapparaître comme une fleur avec Quinn to new relationships. Entre temps, tour du monde, vagabondage et à peu près tout sauf l'idée d'un plan de carrière. Depuis, il faut le reconnaître, l'Arizonien ne s'est heureusement pas pour autant complu dans un laisser-aller décennal à la Laurent Voulzy. Au contraire, il fait preuve d'une régularité de métronome et même carrément olympienne : quatre ans entre chaque disque. C'est bien le minimum pour continuer de livrer des perles folk aux allures d'herbes folles et imprévisibles. Si l'on retrouve sur Naïve, le long format paru cette année, la voix haut-perchée/enfantine/passablement cynoque de Ramona, elle s'accompagne ici d'arrangements aussi foutraquement lo-fi (Mouth of Autumn) que parfois baroques – obédience musique de chambre fermée à double tour autour d'un enfant génial, quelque part entre l

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Ridley Scott : « Tous les personnages sont importants pour moi »

Le Dernier Duel | Boulimique de films, féru d’histoires et d’Histoire, jamais à court d’expérimentations, Ridley Scott reprend les armes et les routes de France pour dépeindre un crime moyenâgeux. Propos rapportés lors de sa conférence de presse parisienne.

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

Ridley Scott : « Tous les personnages sont importants pour moi »

Votre premier long métrage s’appelait Les Duellistes, et celui-ci, Le Dernier Duel. Qu’est-ce qui vous fascine tant dans les duels ? Ridley Scott : Mais… chaque jour de ma vie est un duel ! Je suis en duel avec les studios, ou avec les uns ou avec les autres… Si vous ne pouvez pas supporter le stress, ne faites pas le même métier que moi ! (sourire) Quand j’ai tourné Les Duellistes, j’avais 40 ans et déjà pas mal réussi dans le domaine de la publicité. Du fait de cette réussite, je craignais de perdre l’envie de faire des films. Comme j’étais allé partout en France pour les pubs, pour le livre transformé en scénario, je ne pouvais penser qu’à la Dordogne. Du côté de Sarlat, sur le lieu où l’on souhaitait tourner, j’ai dû aller à la Mairie avec le script du film pour validation. La Mairie m’avait demandé « Hum… vous voulez faire un film ici ? — Oui. — Portant sur des affaires sexuelles ? — Non. — Avec Brigitte Bardot ? Dans le genre Michael Winner ? — Non. — OK, c’est bon. »

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Grégory Faive : « Quand je lisais "Le Discours", je voyais le spectacle en même temps »

Théâtre | C'est l’histoire d'un homme largué qui soliloque en plein dîner de famille... Après l'avoir répété de longs mois sans public du fait de la crise sanitaire, le comédien et metteur en scène grenoblois Grégory Faive tourne enfin son excellent spectacle "Le Discours" d'après le roman à succès de Fabcaro. Ça valait bien une interview.

Aurélien Martinez | Mardi 5 octobre 2021

Grégory Faive : « Quand je lisais

Pourquoi avez-vous choisi de monter ce roman ? Grégory Faive : Parce que quand je le lisais, je voyais le spectacle en même temps. Ça m'avait fait la même chose avec Pourvu qu'il nous arrive quelque chose [son précédent solo sur un texte de Philippe Torreton racontant le monde du théâtre – NDLR]. Je me suis tout de suite reconnu dans l'écriture, le style de Fabcaro. Et j'ai tout de suite ressenti le plaisir que j'aurais à le partager avec le public. Le fait d'être seul en scène a-t-il été une évidence ? C'est la première intuition que j'ai eue. Après, en travaillant, je suis brièvement passé par l'idée d'adapter le texte avec plusieurs comédiens qui joueraient les autres personnages. Mais ce n'était pas une bonne idée car tout passe par le prisme du narrateur, par sa mauvaise foi à lui. Par exemple, le public voit bien que le beau-frère est peut-être autre chose que ce que lui en dit, et ça crée un décalage intéressant.

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Tanguy Viel : « Je trouve les gens très tolérants à la domination »

Littérature | Lorsque Laura, jeune femme de retour dans sa ville natale, demande une faveur au maire sur les conseils de son boxeur de père, également chauffeur de l'édile, débute une tristement banale affaire d'emprise qui conduira à la vengeance la plus triviale. À la suite d'Article 353 du Code pénal, Tanguy Viel, à la Librairie Le Square le 13 octobre, livre avec La Fille qu'on appelle le deuxième acte d'un diptyque judiciaire, qui ausculte la question du consentement. Où les phrases s'enroulent jusqu'au vertige autour d'une colère qui sourd jusqu'à l'explosion.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 octobre 2021

Tanguy Viel : « Je trouve les gens très tolérants à la domination »

Au départ de votre livre, il y avait le désir d'écrire sur la boxe, de faire votre Raging Bull, avez-vous dit. Comment est né La Fille qu'on appelle, comment son sujet – la question de l'emprise et du consentement – a-t-il fini par dépasser votre désir initial ? Tanguy Viel : Cela s'est fait en deux temps très distincts. J'ai en effet d'abord rêvé un roman de boxe qui s'est un peu écroulé sur lui-même. Et puis quelques mois plus tard est née cette figure de jeune fille. C'est au moment où les deux se sont rencontrés, le boxeur et la jeune fille, que j'ai senti que je tenais le roman, comme si l'un était nécessaire à l'autre. Je crois que la boxe donne une dimension romanesque, mythologique à une histoire qui sans cela serait trop triviale à mon goût. Il y a dans le livre comme l'écho des innombrables affaires ayant éclaboussé le monde, disons, politico-culturel. Jusqu'à présent vos livres se voulaient très romanesques, hors du réel. Quand on s'approche, comme vous le faites ici, de l'actualité, comment maintenir le cap d'

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Cours Berriat, réveille-toi !

Festival | Troisième édition pour Ouverture Exceptionnelle, le festival qui rouvre, le temps de quelques jours, des commerces à l’abandon sur le cours Berriat. À l’intérieur de ces espaces réinvestis, du théâtre, de la danse, des expos, des concerts, afin de réanimer un quartier quelque peu somnolent.

Hugo Verit | Mardi 5 octobre 2021

Cours Berriat, réveille-toi !

Cette année, et pour la première fois, Ouverture Exceptionnelle est présenté comme un festival, un vrai. « Au départ, on osait parler que d’un "événement". Et finalement, aujourd’hui, c’est un temps de rendez-vous récurrent, avec des partenariats plus fiables, et même le soutien du ministère de la Culture. Après une première édition en 2019 où il s’agissait de convaincre, puis une deuxième sous Covid, on a l’impression d’entrer enfin dans le cœur du sujet », résume Youtci Erdos, organisatrice et porteuse de projet à la compagnie Scalène. Le cœur du sujet ? Un festival (donc) qui se propose d’investir des espaces vides, des locaux commerciaux laissés à l’abandon, le long d’un cours Berriat où pullulent les rideaux fermés depuis plusieurs années, notamment dans sa seconde partie entre Saint-Bruno et le pont du Drac. Grâce à un travail d’enquête auprès des propriétaires et des agences immobilières, l’équipe du festival "rouvre" ainsi dix boutiques pour cette troisième édition, dont cette vieille boucherie vétuste (voire glauque) qui jouxte le restaurant La Frise a

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"L'Homme de la cave" : le démon intérieur

ECRANS | Un négationniste s’installe dans la cave d’une famille juive et lui pourrit la vie tout en faisant croire qu’elle le persécute. Aidé par un François Cluzet effrayant, Philippe Le Guay renoue avec l’acuité mordante à laquelle il avait depuis longtemps renoncée dans cette illustration de la perverse religion du complotisme et de la manière dont ses apôtres fidélisent, en flattant leurs plus bas instincts ou les brossant dans le sens du poil, de nouveaux séides.

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

Paris, de nos jours. Parce qu’il n’en a pas l’usage, Simon Sandberg vend la cave de l’appartement familial. Parce qu’il a confiance, il accepte l’offre de Jacques Fonzic, prof grisonnant et plaintif en quête d’un local pour entreposer les affaires de sa défunte mère. L’affaire conclue, Fonzic va habiter le réduit et révéler son vrai visage : celui d’un négationniste, instillant son venin partout dans l’immeuble et surtout dans la famille Sandberg, rescapée de la Shoah. L’enfer commence… N’était la traditionnelle mention figurant au générique indiquant que l’argument est tiré de faits réels, l’on pourrait croire à un conte philosophique tant il y a d’études de caractères, de portraits sociologiques, d’interprétations métaphoriques et/ou psychanalytiques et de morales à tirer dans cette histoire. À bien des égards, elle est exemplaire : contemporaine et universelle, également — hélas, pourrait-on ajouter. La stratégie du coucou ; du ver dans le fruit… Suborneur cauteleux, d’autant plus pervers et dangereux qu’il se vêt des oripeaux de victime pour mieux mettre à bas les siennes, Fo

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Rencontres philosophiques d'Uriage : il est temps de penser

Philosophie | Du 8 au 10 octobre se tiendront les Rencontres philosophiques d’Uriage, sur le thème du temps. Parmi les invités, Judith Revel, spécialiste de Michel Foucault, apportera son "Regard philosophique sur l’année écoulée". Autrement dit, un éclairage sur la crise sanitaire que nous avons traversée/traversons.

Valentine Autruffe | Mardi 5 octobre 2021

Rencontres philosophiques d'Uriage : il est temps de penser

Aux Rencontres philosophiques d’Uriage, Judith Revel disposera de 45 minutes pour dérouler les questions qu’une philosophe spécialiste de Foucault se pose lorsqu’une crise sanitaire bouleverse le monde. Temps suspendu Premier sujet, le temps, qui est justement la thématique de l’événement. « Les crises provoquent des effets très étonnants dans le rapport au temps. Il y a un moment de suspension, nous sommes projetés tous ensemble dans une forme de centralité du présent. » Les images des villes vides et silencieuses illustrent parfaitement ce flottement, entre un passé lointain et un futur livré à un imaginaire catastrophiste. « La vraie question philosophique est : qu’est-ce qu’une transformation de l’histoire ? » interroge Judith Revel. « On imagine souvent un événement frontal, un choc à une date donnée. Or, toute transformation a une épaisseur. » Ainsi, la crise Covid ne débuterait pas au fameux patient zéro, mais à un processus long, de l’urbanisation galopante des villes chinoises, au contact entre des animaux qui n’ont pas à l’êtr

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GAM Jazz Festival : « L’éclectisme signifie que le jazz n’est pas une musique morte »

Festival | Du 28 septembre au 8 octobre, Grenoble et son agglo vibreront grâce à une nouvelle édition de ce festival au nom à rallonge, le Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival. Coup d’œil sur la programmation et échange avec le président du Jazz Club de Grenoble, Salvatore Origlio.

Valentine Autruffe | Mardi 28 septembre 2021

GAM Jazz Festival : « L’éclectisme signifie que le jazz n’est pas une musique morte »

Le signe particulier du Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival, « c’est qu’il est très éclectique », annonce son directeur Salvatore Origlio. L’événement se veut ouvert au public et aux genres musicaux les plus larges possibles. « C’est autant notre force que notre défaut, car certains trouvent que l’on manque d’esthétique. Mais pour nous, l’éclectisme signifie que le jazz n’est pas une musique morte. Ce qui nous intéresse, c’est de programmer des musiciens de jazz, qui fassent de l’improvisation, qui transmettent une émotion et aient une histoire à raconter. » Voilà qui est dit ! Infortune au Petit Bulletin : notre coup de cœur de la programmation, Natacha Atlas, qui devait se produire le 1er octobre à la Faïencerie, a été annulé en raison d’une inflammation de la gorge dont souffre la diva. On se tourne alors vers Salvatore Origlio : selon l

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La Ruée vers l'or

Monument | En 1951, le cinéma commençait à se pencher sur son (jeune) patrimoine en désignant “les meilleurs films de tous les temps” — des 56 premières années du 7e art, (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

La Ruée vers l'or

En 1951, le cinéma commençait à se pencher sur son (jeune) patrimoine en désignant “les meilleurs films de tous les temps” — des 56 premières années du 7e art, donc. Parmi les 12 heureux élus, trônant aux côtés du Cuirassé Potemkine ou de Citizen Kane, figurait La Ruée vers l’or de Charlie Chaplin (1925), monument jamais déboulonné de comédie dépeignant avec une cocasserie tragique les pires tourments rencontrés par les chasseurs de pépites, grossissant la foule des naufragés du rêve américain. Bourré d’inventivité visuelle (la maison sur la falaise), de scènes d’anthologie (la danse des petits pains, la dégustation des souliers…), ce court long métrage est à voir ici lors d’une séance présentée par l’analyste Laurent Huyart. Lundi 11 octobre à 18h30 à l’Espace Aragon, Villard-Bonnot

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"Le Bal" et "Manhattan" : ce que le cinéma doit à la musique

ECRANS | Ôtez la musique au cinéma : vous privez un film d’une voix faite personnage, décor ou couleur, de l’élégance d’une didascalie métamorphosée en mélodie, et du (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

Ôtez la musique au cinéma : vous privez un film d’une voix faite personnage, décor ou couleur, de l’élégance d’une didascalie métamorphosée en mélodie, et du plaisir de le revoir avec les oreilles, rien qu’en écoutant sa bande originale — que celle-ci soit composée de thèmes préexistants ou non, d’ailleurs. Justement, deux films proposés deux jours de suite par la Cinémathèque, montrent à quel point images et musiques sont indivisibles ; comment elles façonnent l’inspiration des auteurs et comment elles imprègnent ensuite l’imaginaire du public. Le Bal d’Ettore Scola (1983) tout d’abord : cette adaptation d’un spectacle théâtral raconte sans un mot près d’un demi-siècle de société française, en montrant l’évolution des bals populaires et donc de la musique qui s’y jouait — la lecture sociologique n’en est pas moins fine. Vient ensuite Manhattan de Woody Allen (photo, 1979), qui s’ouvre par une déclaration d’amour impossible (et cependant absolue) à New York soutenue par la Rhapsody in Blue de Gershwin, à jamais associée

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"L’Assassinat du Duc de Guise" au Ciné-Club

ECRANS | Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage… Près d’un an après avoir été programmée, cette séance va enfin se tenir et il ne faut la manquer (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage… Près d’un an après avoir été programmée, cette séance va enfin se tenir et il ne faut la manquer sous aucun prétexte. D’autant qu’elle ne vous mobilisera qu’une (brève) partie de la soirée, à la différence du nouveau James Bond et ses 2h43. Pourtant — et bien qu’il ne dure que 18 minutes — L’Assassinat du Duc de Guise (1908) de André Calmettes et Charles Le Bargy doit bel et bien être vu comme un blockbuster. Toutes proportions gardées, on pourrait même le considérer comme l’équivalent centenaire d’un Tarentino, d’un Nolan ou d’un Jackson. À cette époque de préadolescence du cinéma, tourner un film historique tient de la reconstitution outrancière ; du sketch muet gesticulant que plombe l’implacable immobilité des plans fixes. Mais cet Assassinat… va marquer une franche rupture en additionnant de petites audaces. D’abord, il est demandé à l’auteur de la pièce homonyme, l’académicien Henri Lavedan, d’écrire l’adaptation et le scénario ; plusieurs interprètes (dont le coréalisateur Charles Le Bargy, qui compose un Henri III fourbe à souhait en roulant des yeux) son

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Théma : "Tralala", "Petite Sœur", "Leur Algérie", "Debout les Femmes"...

Dans les salles | Nul besoin d’être marié pour voguer dans un même bateau et partager les pires tempêtes : ancêtres et descendants, frère et sœur, amis, collègues… Peu importent les équipiers, du moment qu’on arrive à bon port…

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

Théma :

En règle générale, c’est vers la famille qu’on se tourne pour trouver du secours en cas de pépin. De préférence, la sienne. Sauf dans Tralala (06/10) des frères Larrieu où, sur un quiproquo, un chanteur vagabond est pris pour le fils prodigue d’une lignée d’hôteliers de Lourdes… On aurait bien aimé aimer la comédie musicale composée par le duo Cherhal/Belin. À demi Demy, cette histoire de double s’avère hélas bancale ; en cause, des numéros chantés-dansés manquant de fluidité ainsi qu’une intrigue éparpillée faisant regretter le visionnaire Les Derniers Jours du monde. Une fin vécue dans Petite Sœur (06/10) de Véronique Reymond & Stéphanie Chuat suivant la relation entre un comédien gravement malade et sa jumelle, dramaturge persuadée qu’un retour sur scène aura des bienfaits thérapeutiques. La distribution étourdissante (les fusionnels Nina Hoss-Lars Eidinger, enfants d’une Marthe Keller azimutée, Thomas Ostermeier en bonus…) tempère la gravité de ce drame suisse intime où le deuil se fabrique en direct. On tient là un film précieux, d’une douloureuse

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Love, à la folie

Théâtre | Bouleversant, intimidant par tant de sensibilité, "Love" est un immense spectacle de théâtre dans lequel Alexander Zeldin nous convie dans un foyer d’urgence de l’aide sociale britannique.

Nadja Pobel | Mardi 5 octobre 2021

Love, à la folie

C’est un fils quadra, tatoué, un peu gros, qui lave les cheveux de sa vieille mère incontinente dans l’évier, avec une casserole et du liquide vaisselle. C’est une gamine qui dit qu’elle a froid, c’est un homme qui s’agace qu’une autre lui ai piqué sa tasse parce qu’il n’a que ça et elle s’excusera de son erreur involontaire, c’est un père qui, faute d’avoir honoré un rendez-vous à l’agence pour l’emploi, voit ses allocations supprimées et se retrouve dans l’obligation, en dernier recours, d’aller à la banque alimentaire. Du pathos ? Certainement pas. Love n’est pas un petit précis illustré de la misère à l’heure du néolibéralisme, dans un pays qui n’a pas manqué d’être pionnier en la matière sur ce vieux continent européen. L’auteur et metteur en scène britannique de 36 ans, Alexander Zeldin, neveu de l’historien des « passions françaises », ne construit pas des personnages pour donner corps à un propos mais parce qu’il les aime, les estime, il leur rend leur dignité. C’est bien toute l’affaire de ce spectacle créé en 2016, vu en France en 2018 et sans cesse reporté depuis, qui trouve son origine dans la lecture d’un rapport à l’intention d’un import

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Nicolas Marciano, l'enfance de l'art

ARTS | La fascination que le peintre Nicolas Marciano voue aux ambiances forestières est au moins égale à celle qu’il éprouve à l’égard du monde de l’enfance. C’est (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 5 octobre 2021

Nicolas Marciano, l'enfance de l'art

La fascination que le peintre Nicolas Marciano voue aux ambiances forestières est au moins égale à celle qu’il éprouve à l’égard du monde de l’enfance. C’est précisément à l’orée de ces deux univers que se déploie son exposition à l’espace Vallès. Au rez-de-chaussée, sur de grands formats, sa peinture oscille entre néo-réalisme gestuel et spontanéité enfantine : au sommet d’un arbre une cabane nous surplombe, une échelle et un escalier esquissés à la bombe semblent permettre d’y accéder. Plus loin, au cœur de mystérieuses forêts, surgissent d’étranges oiseaux-totems dont la luminescence du trait enfantin, tracé à la bombe, évoque un néon qui éclaire la nuit. Sur une peinture au format plus modeste, enfermé sous une cloche en verre, ce volatile stylisé fait face à un merle (très illusionniste celui-ci) dont on ne sait s’il lui voue un culte occulte ou s’il s’interroge sur son sort… Nicolas Marciano, à la manière des surréalistes, parvient grâce à la juxtaposition d’éléments hétéroclites à produire une esthétique qui se nourrit des énigmes qu’elle expose. Cette étrange mise sous cloche des éléments revient d’ailleurs à plusieurs reprises, de même que cette coha

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Draga Bosna, c’est oui !

Festival | La Bosnie-Herzégovine, ça ne vous évoque pas grand-chose ? On vous conseille fortement de remédier à cela grâce au festival Draga Bosna organisé par le CinéClub de (...)

Valentine Autruffe | Mardi 5 octobre 2021

Draga Bosna, c’est oui !

La Bosnie-Herzégovine, ça ne vous évoque pas grand-chose ? On vous conseille fortement de remédier à cela grâce au festival Draga Bosna organisé par le CinéClub de Grenoble, du 12 au 16 octobre. Cet événement prend la suite du NSK Rendez-Vous, dont les trois éditions ont été une réussite. Des courts-métrages, des expositions, des conférences, de la musique : le bouillonnement bosnien se déplace jusqu’à Grenoble. Avec des pépites, comme le 13 octobre, la projection du film documentaire Scream for me Sarajevo, tourné par Tarik Hodžić, qui revient sur le concert organisé en 1994 par Bruce Dickinson, chanteur d’Iron Maiden, en pleine guerre dans la ville assiégée. Fort. Draga Bosna Rendez-Vous, du 12 au 16 octobre, programme et réservations sur ccc-grenoble.fr

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François Ruffin au Club

Avant-première | Député et tête d’affiche du parti La France Insoumise, François Ruffin sort un nouveau documentaire, après le très remarqué Merci Patron ! césarisé en 2017, et J'veux (...)

Valentine Autruffe | Mardi 5 octobre 2021

François Ruffin au Club

Député et tête d’affiche du parti La France Insoumise, François Ruffin sort un nouveau documentaire, après le très remarqué Merci Patron ! césarisé en 2017, et J'veux du soleil sur le mouvement des Gilets Jaunes en 2019. Dans Debout les femmes, il part à la rencontre des travailleuses invisibles : aides-soignantes, femmes de ménage, aides à domicile… Ces femmes qui occupent des emplois durs, fondamentaux et si mal rémunérés. Son attelage improbable avec le député LREM Bruno Bonnell porte ce « road movie politique », réalisé une nouvelle fois avec Gilles Perret. Debout les femmes, avant-première en présence de François Ruffin, le 9 octobre à 19h30 au Club

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Mois de la transition alimentaire : visitons les producteurs

Portes ouvertes | Visite d’un élevage d’escargots, d’une chèvrerie, atelier plantes sauvages… Le mois de la transition alimentaire est l’occasion de battre la campagne et (re)découvrir le travail de producteurs locaux. Idéal pour une sortie en famille pédagogique et ludique.

Valentine Autruffe | Mardi 5 octobre 2021

Mois de la transition alimentaire : visitons les producteurs

Le mois de la transition alimentaire se tient jusqu’au 22 octobre dans le bassin grenoblois au sens large. Près de 90 acteurs y prennent part, notamment les collectivités territoriales impliquées dans le PAIT (projet alimentaire inter-territorial). Ce dernier vise à apporter une réponse commune au besoin d’une alimentation saine, locale et qui soit accessible à tous. Le mois de la transition alimentaire regroupe de multiples activités. L’occasion rêvée de quitter la ville pour retrouver l’origine du contenu de nos assiettes, en particulier pour montrer à nos bambins le travail des producteurs du coin. Comme le programme est très dense, on vous a concocté une sélection maison. Spiruline iséroise Saviez-vous que des algues poussent au Touvet ? Une ferme cultive de la spiruline, une microalgue d’eau douce à laquelle on attribue mille vertus. Présentée en poudre, elle regorge de nutriments variés. Elle se consomme comme un condiment ou intégrée à des préparations (gâteaux, salades…) Toutefois, il faut bien se renseigner avant de se mettre à la spiruline, et pour ça, rien de mieux

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"Ces filles-là" d'Anne Courel : harcèlement en bande organisée

Théâtre | « Si j’étais elle, je me suiciderais carrément. La honte totale. Je ne supporterais pas, tu vois ? » À Saint-Hélène, école religieuse classe et fermée, les (...)

Aurélien Martinez | Mardi 5 octobre 2021

« Si j’étais elle, je me suiciderais carrément. La honte totale. Je ne supporterais pas, tu vois ? » À Saint-Hélène, école religieuse classe et fermée, les filles sont on ne peut plus soudées. Sauf que quand des photos de l’une d’elles nue commencent à circuler, tout se fissure, la meute dévorant littéralement celle qui est désignée comme une proie. En mettant en scène Ces filles-là, texte du dramaturge anglophone Evan Placey, la directrice de l'Espace 600 Anne Courel propose un spectacle ancré dans les enjeux contemporains. L'histoire est ainsi inspirée d'un fait divers tragique ayant eu lieu au Canada en 2012 : le suicide de l'adolescente Amanda Todd après que la photo de ses seins a circulé sur les réseaux sociaux. Sur le plateau, l'effet de groupe (douze comédiennes professionnelles et huit amateurs) est parfaitement restitué, notamment grâce à une direction d'actrices qui se rapproche de la chorégraphie – les musiques pop (Beyoncé, Little Mix...) aidant. Le tourbillon ne semble alors plus pouvoir s'arrêter, broyant une victime pourtant similaire à toutes les autres – ce qu'illustre parf

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"More Aura" : Véronique Tuaillon, clown croque-vie

Seule-en-scène | Elle débarque sur le plateau avec un frigo sur le dos. C'est pour les bières, histoire qu'on passe un bon moment ensemble. Sympa. L'image est (...)

Aurélien Martinez | Mardi 5 octobre 2021

Elle débarque sur le plateau avec un frigo sur le dos. C'est pour les bières, histoire qu'on passe un bon moment ensemble. Sympa. L'image est symboliquement forte : une femme immense aux dents elles aussi immenses, qui trimballe un poids énorme. Cette femme, prénommée Christine, c'est la comédienne Véronique Tuaillon, clown depuis une vingtaine d'années, que ce soit sur scène, dans la rue ou encore à l'hôpital. Une clown tout-terrain donc, un peu punk sur les bords. Et, forcément, drôle : on s'amuse beaucoup devant son spectacle More Aura qu'elle tourne depuis sa création en 2015. C'est que le personnage qu'elle a construit, sorte de Julia Roberts contorsionniste qui aurait pris un coup de pelle, est de ceux qui, physiquement, en imposent par une présence captivante. Avec elle, chaque mouvement de corps, chaque intonation différente, chaque rupture de ton en somme (un peu comme en boxe, sport que pratique Véronique Tuaillon), sont propices au rire. Elle l'écrit en note d'intention : son clown est « une construction de chaque instant, ou plutôt une déconstruction : accepter de désapprendre et de jouer

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"Architectures de papier" : pierres, feuilles, ciseaux...

ARTS | Intitulée "Architectures de papiers", la nouvelle exposition de la Maison Bergès réunit quatre artistes qui font de la découpe et du pliage un art de la construction. Une sympathique proposition qui fait écho au lieu qui l’accueille : la demeure d’un industriel du papier.

Benjamin Bardinet | Mardi 5 octobre 2021

Une même volonté de construire des architectures singulières avec un matériau commun, le papier, réunit les quatre artistes que la Maison Bergès présente dans sa nouvelle exposition. Quatre femmes dont chacune se démarque par une technique et un univers singulier, que l’exposition nous fait découvrir grâce à une sélection d’œuvres de chacune d’entre-elles. Formée par un maître japonais, Ingrid Siliakus excelle dans le domaine de l’architecture origamique : des pliages millimétrés et une découpe laser lui permettent avec une seule et unique feuille de papier de reconstituer en miniature les grands monuments célèbres (le Taj Mahal, la Sagrada Familia ou encore le Colisée à Rome). En faisant pour sa part usage du cutter, Béatrice Coron revendique le "fait-main" et donne naissance à des découpages narratifs tout en dentelle dont le gigantisme contraste avec leur apparente fragilité. De son côté, Mathilde Nivet joue sur le contraste entre l’allure austère de certains bâtiments (la maison Bergès ou la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris) et l’effervescence créatrice qui s’y dissimule : la maison Bergès est envahie par des fleurs découpées inspirées des papiers pe

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André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Tout s’est bien passé | Comme toujours impressionnant dans le rôle d’un vieil homme diminué par un AVC demandant à sa fille de l’aider à mourir (et odieux), André Dussollier est au centre du nouveau film de François Ozon. Tout sauf mortifère, ce voyage au cœur d’une pure névrose familiale, traversé d’éclats franchement burlesques, est adapté du récit d’une ancienne coscénariste du cinéaste, Emmanuèle Berhneim. Rencontre avec le réalisateur et son acteur.

Vincent Raymond | Mercredi 22 septembre 2021

André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Vous avez hésité avant d’adapter le livre d’Emmanuèle Bernheim… François Ozon : En 2013, elle m’avait envoyé les épreuves son livre en me demandant si ça m’intéressait parce que plusieurs réalisateurs voulaient l’adapter. Je l'ai lu et l’ai trouvé très beau — elle m’avait raconté un peu l’histoire de son père. Mais je lui avais que je me sentais pas capable de raconter son histoire : c’était tellement personnel, tellement intime… Et la connaissant, je ne voyais pas trop où trouver ma place. J’ai passé mon tour. Là-dessus, Alain Cavalier a voulu faire un film avec elle (comme Pater avec Vincent Lindon) où elle jouait son propre rôle, elle a dit OK, et là elle a développé un cancer assez fulgurant dont elle est décédée. Le film de Cavalier s’est alors transformé en documentaire, Être vivant et le savoir. Après sa mort, j’ai relu le livre et tout d’un coup, je n’ai plus vu ce m’avait fait peur en 2013 — le sujet, la fin de vie, le suicide assisté — mais autre chose : la famille, son rapport à son père, la responsabilité d’organiser qu

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Ange repasse

Anniversaire | On dit qu'il n'est pas toujours facile de fêter ses 50 ans. Ange peut vous en parler, qui a eu toutes les peines du monde à célébrer comme il se doit son (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 septembre 2021

Ange repasse

On dit qu'il n'est pas toujours facile de fêter ses 50 ans. Ange peut vous en parler, qui a eu toutes les peines du monde à célébrer comme il se doit son demi-siècle d'existence avec la tournée prévue à cet effet. Tout ça parce que le monde a chopé le Covid un mois après le lancement de ladite tournée. Voilà donc le groupe de Christian Descamps fêtant ses 50 balais l'année de ses 52. Les fans, généralement irréductibles, du monument du rock progressif à la Française qui révolutionna l'usage du clavier dans ce genre musical, n'en sont que plus motivés. Et seront à l'espace Paul Jargot ce 2 octobre.

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C'est la saison des amours à la Cinémathèque

Cinéma | Dévoilée il y a quelques jours, la programmation de saison de la Cinémathèque de Grenoble s’articulera de septembre à décembre autour d’un cycle intitulé "La machine à parler d’amour", ponctué de plusieurs séances spéciales. Décryptage.

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

C'est la saison des amours à la Cinémathèque

C’était l’objectif principal de la nouvelle directrice de la Cinémathèque de Grenoble, Gabriela Trujillo : se concentrer sur « les vocations premières du lieu, en l’occurrence la conservation et la valorisation du fond de films de sa collection », tout en continuant son inscription « dans le réseau local, mais également celui des autres cinémathèques françaises et étrangères ». Après avoir longuement arpenté les lieux où sont stockés les films, elle a donc conçu sa programmation autour d’un cycle thématique emblématique, La machine à parler d’amour, avec en filigrane « l’idée du cinéma qui permet un dispositif amoureux qui se réinvente à chaque film ». Dernière avant destruction Inauguré ce jeudi 23 septembre autour de la programmation de L’Âge d’Or de Luis Buñuel et de deux courts-métrages, ce dernier se prolongera ensuite au travers notamment de films de Michel Piccoli (C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé), François Truffaut (La Femme d’à côté, en photo), Claire Denis (Trouble Every Day), Woody Allen (

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DMX Krew, icône électro

Electro | Si beaucoup d’artistes électroniques construisent leur carrière autour d’un succès bref et massif sur lequel ils vont ensuite tenter de capitaliser avec (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

DMX Krew, icône électro

Si beaucoup d’artistes électroniques construisent leur carrière autour d’un succès bref et massif sur lequel ils vont ensuite tenter de capitaliser avec plus ou moins de bonheur, il en existe d’autres, plus rares, qui vont inlassablement creuser le même sillon avec passion, imperturbables aux modes et aux tendances du moment. Assurément Edward Upton, alias DMX Krew, appartient à la seconde catégorie. Rapidement repéré par Aphex Twin au milieu des années 90, qui le signe sur son label Rephlex alors qu’il n’en est encore qu’à ses débuts, l’Anglais DMX Krew va dès lors enchaîner les sorties avec une régularité quasi métronomique, entre deux et cinq par an en moyenne, et ce jusqu’à aujourd’hui. Au sein de cette discographie foisonnante, que personne ou presque n’a eu le courage d’explorer de fond en comble, aucun déchet. Passionné de synthétiseurs et de boîtes à rythmes vintage, il oscille d’une sortie à l’autre entre électro-funk, synth-pop, bass music, latin freestyle, italo disco, Hi-NRG, techno ou ambient, revisitant inlassablement les sonorités électroniques nostalgiques des années 80 avec un bonheur constant, pour lui comme pour ses auditeurs. En dépit de l

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Les "road movies" à toute vitesse

ECRANS | Retour aux activités pour le Ciné-Club de Grenoble, qui ouvre sa saison avec un cycle dédié au road movie, inauguré par deux projections au cinéma Juliet Berto. (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

Les

Retour aux activités pour le Ciné-Club de Grenoble, qui ouvre sa saison avec un cycle dédié au road movie, inauguré par deux projections au cinéma Juliet Berto. Si le temps n’a pas été tendre avec Easy Rider (1969), projeté mercredi 29 septembre, le film de Dennis Hopper a néanmoins ouvert la voie à toute une flopée de road movies contestataires nettement plus intéressants, comme Point Limite Zéro (1971), projeté mercredi 6 octobre. Film de poursuite d’un minimalisme épuré, le long-métrage de Richard C. Sarafian suit un anti-héros rude et désenchanté, fuyant les illusions perdues de son passé dans une longue course sans retour sous amphétamine à travers les Etats-Unis. Métaphore à peine voilée d’une contre-culture ayant déjà délaissé l’utopie en faveur du nihilisme, Point Limite Zéro fait partie des films qu’on n’oublie pas.

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Des forêts, des Hommes et des archives

Histoire | Avis aux amateurs de vieux parchemins, les Archives départementales proposent leur toute première exposition ! Au programme : l’histoire des rapports que l’Homme entretient avec la forêt depuis le Moyen-âge.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 septembre 2021

Des forêts, des Hommes et des archives

En choisissant d’explorer la thématique de la forêt, les Archives départementales avaient l’assurance de pouvoir sortir de leurs rayonnages un grand nombre de documents remarquables. Des documents qui témoignent de la complexe gestion des forêts isèroises dont les richesses ont toujours été prisées par des acteurs variés. Les seigneurs y chassaient, certains paysans y faisaient paître leurs bêtes, les villageois allaient y chercher du bois de chauffage, tandis que sous Louis XIV les exploitants fournissaient en matière première la marine navale et que, aux XVIIIe et XIXe siècles, les charbonniers s’y installaient, produisant sur place le charbon nécessaire aux forges… Devenues des espaces naturels où l'on vient désormais se ressourcer, nos forêts sont aujourd'hui préservées et éco-gérées (on préfère exploiter des forêts plus lointaines). Tout cela est donc raconté grâce à des documents qu’on n’a pas souvent l’habitude d’avoir sous les yeux. On pourra se délecter de la délicatesse des cartes, de la qualité des parchemins, des pleins et des déliés permis par l’usage de la plume et surtout de la diversité des écritures manuscrites... Un ensemble d’ob

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L’Empereur et son image

Histoire | Des tableaux, mais aussi une mèche de cheveux, des couverts, un bicorne... L’exposition du couvent Sainte-Cécile revient sur les dernières années de l’itinéraire singulier de Napoléon. Une belle collection d’objets et d’images, qui invite à une réflexion sur le rôle de la représentation.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 septembre 2021

L’Empereur et son image

Intitulée Autour de la route des Alpes, l’exposition est constituée de trois sections : « la route des Alpes », « le quotidien de Napoléon » et « de la gloire à l’exil ». Pour notre part on distingue surtout deux corpus d’œuvres : d’un côté les objets, de l’autre les images. Parmi les objets, certains valent le détour pour leur valeur historique ou esthétique. On pense à cet étonnant lit pliant, à l’élégant bidet de campagne ou encore au très complet nécessaire de toilette, qui laisse imaginer que Napoléon n’était pas du genre à se négliger. D’autres objets pourront ravir les plus fétichistes des napoléophiles : une mèche de cheveux, une théière et des couverts en argent dont il a fait usage, et même l’un des fameux bicornes qu’il portait d’une manière volontairement reconnaissable. En effet, de même que Tintin a une houpette, Marylin Monroe une mouche et Mick Jagger une grosse bouche, Napoléon est indissociable de son bicorne. Maîtrise de l’image Napoléon avait une pleine conscience de la nécessité de maîtriser son image po

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La Casemate renaît de ses cendres

Sciences | Après l’incendie criminel de 2017, revendiqué par des activistes anarchistes au nom d’une technophobie affirmée, la Casemate vient d’inaugurer ses nouveaux locaux réhabilités et redémarre l’ensemble de ses activités. Une bonne nouvelle à une époque où la défiance à l’égard des scientifiques prend une ampleur inédite.

Hugo Verit | Mardi 21 septembre 2021

La Casemate renaît de ses cendres

Bien sûr, c’était la fête. En ce jeudi 16 septembre d’inauguration, au premier étage d’une Casemate toute neuve, rénovée, lumineuse, ça souriait largement sous les masques, ça se congratulait allégrement entre élus et officiels tandis que plusieurs dizaines de personnes se pressaient dans les alcôves de la galerie, avides de découvrir les projets scientifiques présentés (un bac à sable interactif plein de couleurs permettant de réaliser des modélisations topographiques, la numérisation 3D de vertèbres afin d’observer les déformations subies par la colonne vertébrale, etc.) tout en dégustant des petits-fours et en sirotant un verre de vin. Oui, vraiment, c’était la fête et il s’agissait de le montrer. À qui ? Aux auteurs, toujours inconnus, de l’incendie criminel qui ravagea les lieux en novembre 2017 (sans faire de victime heureusement). « C’est un jour de renaissance et je pense aux gens qui travaillaient ici lorsque ces personnes, qui ne veulent rien comprendre à la science et à ce que l’on fait dans ce lieu, y ont mis le feu. Aujourd’hui, nous sommes encore plus forts », commençait Corine Lemariey, présid

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Altin Gün, pari gagnant

Rock psyché | Si, le succès aidant, l’histoire d’Altin Gün est désormais bien connue (de jeunes musiciens hollandais tombent en adoration en découvrant la fabuleuse scène (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

Altin Gün, pari gagnant

Si, le succès aidant, l’histoire d’Altin Gün est désormais bien connue (de jeunes musiciens hollandais tombent en adoration en découvrant la fabuleuse scène folk-rock psychédélique anatolienne des années 60 et 70, et décident de fonder un groupe en son hommage accompagnés de musiciens et vocalistes d’origine turque), cela ne signifie pas qu’elle s’arrête là pour autant. Avec son troisième album Yol, sorti en début d’année, la formation opère ainsi un surprenant virage, en intégrant à sa musique des influences synth-pop et new age tout droit venues des années 80. Un pari potentiellement risqué mais finalement payant, le groupe réussissant à se renouveler sans jamais perdre en cours de route le charme inné de ses origines. Démonstration ce jeudi 23 septembre à 20h à la Belle Électrique.

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Retina Set, nouvelle génération

Electro | C’est une scène qui n’a rencontré qu’un écho public modeste, mais dont l’influence sur la musique des années 2010 n’en a pas moins été déterminante : loin (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

Retina Set, nouvelle génération

C’est une scène qui n’a rencontré qu’un écho public modeste, mais dont l’influence sur la musique des années 2010 n’en a pas moins été déterminante : loin des territoires déjà amplement arpentés de la techno, de la house et de la disco, une nouvelle génération d’artistes électroniques, grandie avec internet, n’a cessé de jouer les apprentis sorciers avec les différentes sources musicales à sa disposition. Déconstruisant les codes de la club music telle qu’on la connaît, ils ont fusionné les nouveaux styles musicaux underground du monde entier aux classiques mainstream du R’n’B, du rap et de la pop dans un joyeux mélange à la fois, chaotique, expérimental et dansant. Et signé ainsi l’acte de naissance d’un nouveau monde musical post-moderne aussi euphorisant que déconcertant, d’une efficacité redoutable sur le dancefloor. Parmi les représentants français les plus talentueux de cette nouvelle vague futuriste, Retina Set a su marquer les esprits par ses blends avant-gardistes peaufinés avec soin, qui lui ont permis de sillonner les clubs les plus pointus d’Europe et d’Asie, tout en restant dans un relatif anonymat auprès du public néophyte. On est donc ravis de l

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"Candyman" : double crochet du droit

Le film de la quinzaine | À la fois suite, reboot et extension de l’univers du Candyman originel de Bernard Rose (1992), ce nouveau chapitre signé Nia DaCosta utilise avec intelligence et efficacité les codes du genre pour s’emparer d’un thème toujours d’actualité dans cette Amérique où suffoque George Floyd : la discrimination raciale/sociale, ainsi que les violences associées. Pointu.

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Chicago, de nos jours. Artiste peintre en mal d’inspiration, Anthony McCoy vient d’emménager dans le quartier de Cabrini Green, autrefois ghetto noir, désormais gentrifié. Découvrant la “légende urbaine” de Candyman, le tueur au crochet ayant jadis sévi dans les environs, il va s’en inspirer pour ses nouvelles toiles… et provoquer la résurrection sanglante de ce vengeur des Noirs opprimés. Un même titre pour une autre histoire ? Disons plutôt une prolongation offrant une lecture politique actualisée, de surcroît par des auteurs afro-américains. En cela, il ne s’agit pas d’une nouveauté : souvenons-nous du précédent récent que constitue l’excellent The Birth of a Nation (2016) de Nate Parker, ce nécessaire contrepoint au sinistre long métrage homonyme signé Griffith en 1915. Las, Parker et son œuvre primée à Sundance se trouvent actuellement au purgatoire car une

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"Hurricane" de Yoann Bourgeois : silence, moteur, ça tourne, action

Danse & cirque | Créé pour le prestigieux ballet de l'Opéra de Göteborg en Suède (qui a collaboré avec pas mal de chorégraphes de renom – Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 21 septembre 2021

Créé pour le prestigieux ballet de l'Opéra de Göteborg en Suède (qui a collaboré avec pas mal de chorégraphes de renom – Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet, Crystal Pite...) et répété entre janvier et mars 2020 avant d'être stoppé le lendemain de la première du fait de la crise sanitaire, le spectacle Hurricane du directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble Yoann Bourgeois débarque enfin chez nous. « Sur un plateau en mouvement, une mécanique de précision, les seize solistes de la compagnie vont apprendre à évoluer, s’aimer, se déchirer, se retrouver » nous assure la note d'intention. Nous avons pu découvrir le résultat en vidéo (nous n'avions pas le budget pour nous rendre fin août en Suède pour la deuxième première, désolé !) : c'est visuellement très fort, notamment grâce à cette scène qui tourne, qui tourne, jusqu'au vertige, au tourbillon – d'où le titre, "hurricane" se traduisant en français par "ouragan". Ou comment une micro-société se retrouve bringuebalée par des éléments extérieurs tout en résistant par la force du collectif. En tout juste 45 minutes, Yoann Bourgeois a mis en place une

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Dans le Vercors, le slow n’est pas qu’une danse

Escapade | Les 25 et 26 septembre, Corrençon-en-Vercors vous invite à vivre selon les préceptes du "slow" pendant les Slow Days en Vercors. Au programme : gastronomie (...)

Jérémy Tronc | Mardi 21 septembre 2021

Dans le Vercors, le slow n’est pas qu’une danse

Les 25 et 26 septembre, Corrençon-en-Vercors vous invite à vivre selon les préceptes du "slow" pendant les Slow Days en Vercors. Au programme : gastronomie et œnologie, activités douces de pleine nature et ateliers bien-être. Cet événement est, selon les organisateurs, l’occasion de « se déconnecter et de prendre le temps d’apprécier l’essentiel ». Son nom fait référence au mouvement international dont l’objectif principal est de sensibiliser les citoyens à l'éco-gastronomie et à l'alterconsommation. Ce rendez-vous post-rentrée-stressante est parfait pour le public ciblé : l’urbain trop affairé pour prendre le temps de respirer et plus que jamais en quête de nature et de grands espaces après la crise de la Covid. Consciente de ses atouts, Corrençon organise ce rendez-vous annuel lui permettant d’affirmer son identité et de renforcer son positionnement auprès d’une clientèle plutôt citadine en quête de sens et de ressourcement. Son cadre naturel est l’un de ses attraits majeurs, sur lequel s’appuient les organisateurs pour proposer des expériences originales. Il y en a une quinzaine par jour, gentiment sportives mais surtout axées sur la détente et le

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La Machinerie fabrique du lien social

Inauguration | La Machinerie, c’est le couteau suisse du lien social et du service aux habitants. Entre high-tech, bidouille et frigo solidaire, les Grenoblois trouvent ici, au cœur du quartier Villeneuve, des réponses concrètes à leurs besoins ou à leurs tracas quotidiens.

Jérémy Tronc | Mardi 21 septembre 2021

La Machinerie fabrique du lien social

« C’est un lieu unique ». L’expression a été entendu plusieurs fois lors des allocutions inaugurales de la Machinerie, le mardi 7 septembre. L’emplacement peut l’expliquer : la Machinerie occupe une surface réhabilitée de 400 m², au rez-de-chaussée de l'étonnant parking-silo arlequin, dans le quartier Villeneuve. Autre particularité du lieu : la variété et l'originalité des services proposés, répartis en trois pièces. À droite en rentrant, il y a la recyclerie le Pêle-mêle, temple de la récupération, de la seconde main et de la débrouille. Aziz Sall, l’animateur, transforme et customise tout ce que vous lui apportez, vieux tissus et vêtements principalement. Des ateliers de couture et d’upcycling sont aussi organisés chaque semaine. À gauche, autre salle, autre ambiance avec le Fablab. Des machines high-tech sont mises au service des adhérents : brodeuse numérique, imprimante 3D, découpeuse vinyle et laser, postes informatiques, presse à chauffer… « Nous voulons permettre à tout un chacun de fabriquer ses objets du quotidien et de répondre à ses besoins. L’idée n’est pas de faire à

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Festival Respire : « La sobriété sans contrainte »

Ecologie | On dit que l’union fait la force. Après une première édition en 2019, le festival Respire de la Maison de la nature et de l’environnement de l’Isère (MNEI) (...)

Hugo Verit | Mardi 21 septembre 2021

Festival Respire : « La sobriété sans contrainte »

On dit que l’union fait la force. Après une première édition en 2019, le festival Respire de la Maison de la nature et de l’environnement de l’Isère (MNEI) s’associe cette année au Village des alternatives de l’association Alternatiba, afin d’organiser un événement commun de sensibilisation aux solutions pour plus de sobriété écologique. Plus de 70 associations seront présentes dans le Parc Paul-Mistral, réparties en huit quartiers thématiques (énergie, biodiversité, mobilité, finances solidaires, etc.), pour informer le grand public, et le rassurer aussi : « Il s’agit de montrer aux gens que l’on peut vivre sobrement et sans contrainte, que des alternatives simples existent. Le constat que l’on dresse, c’est qu’il ne suffit pas d’être informé pour changer, il faut aussi être accompagné dans le changement qui peut faire peur », affirment Anne-Lise Naizot, directrice de la MNEI et Justine Solier, membre du collectif Citoyens pour le climat. Sur place donc, des assos comme l’Alec (Agence locale pour l’énergie et le climat) qui montrera comment faire des économies d’énergies chez soi ou encore le Repair café où l’on apprend à réparer toutes sortes d’obj

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