Rock en stock

| Mercredi 4 avril 2007

Les férus de rock et de roll vont exulter comme des brutes cette semaine. Le lundi 2 avril tout d'abord, retrouvailles programmées avec les Néerlandais de The Ex, plus de deux ans après leur passage d'excellente mémoire au 102. Les prolifiques punks poursuivent plus que jamais leur carrière en multipliant les collaborations émulatrices et les projets synchrones avec leur démarche artistique. Sur scène, attendez-vous à une déflagration rageuse montant crescendo.

Le lendemain, Le Ciel nous fait ravaler notre fiel. On commençait à lui soupçonner une mono-maniaquerie scandinave, et nous voilà face à l'une des plus grandes promesses de live rock à Grenoble depuis ce début d'année, dispensée par deux représentants flamboyants d'une scène rock anglaise en pleine mutation. N'accompagnant aucune mode précise, et donc moins sous les feux des projecteurs que certains de leurs jeunes collègues britanniques (suivez notre regard fluo), ces deux formations méritent tout autant d'être reconnues, si possible dans une salle pleine. Les londoniens de 586 versent dans un rock foutraque, gorgé de sons synthétiques venus d'un autre temps, assorti de lyrics et de mélodies hystériquement contemporaines. Le trio bien habillé (la preuve ci-dessus) de Victorian English Gentlemen's Club dépasse quant à lui cette première impression de rigidité dès les premières notes de n'importe lequel de leur morceau. Les musiciens donnent dans l'instantané à l'énergie contagieuse et enquillent les tubes monstrueux sur leur premier album éponyme à une vitesse saisissante. L'album tourne en boucle chez nous depuis une semaine, ainsi que le désir de prosélytisme à son endroit. Donc : allez les voir ou regrettez-le pendant les 32 années à venir. FC

The Ex Le 2 avril, à EVE
The Victorian English Gentlemen's Club + 586 Le 3 avril, au Ciel

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Champs d'amour signés Lee Fields

Concert | Le chanteur américain de soul, véritable légende, repassera par la Belle électrique mercredi 4 juillet.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 juin 2018

Champs d'amour signés Lee Fields

50 ans après la sortie de son premier 45 tours, Bewildered, l'Américain Lee Fields, qui retrouve la Belle électrique en ce mercredi 4 juillet après un premier passage l'an passé, fait un peu figure de dernier des Mohicans soul, le dernier témoin de cet âge d'or qui abrita Sam Cooke, Otis Redding, Marvin Gaye et le Godfather James Brown. Mais au-delà de l'aspect patrimonial, il faut bien admettre, et nous l'avons maintes fois souligné dans ces pages, que le bonhomme est encore aujourd'hui, en 2018, et à un âge canonique, une référence non seulement vivante mais vivace de son art. Comprendre : Fields, qui continue, avec son groupe The Expressions, de produire des disques avec une régularité métronomique (il rattrape le temps perdu après une longue éclipse), en remontre volontiers à tout ce qui pourrait s'assimiler à une nouvelle génération – d'ailleurs combien de "nouvelles générations" sont passées entre temps ? Parce que cette musique, que l'on n'appelle pas "soul" pour rien, n

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"Special Night" : une nuit soul avec Lee Fields

MUSIQUES | Deux ans après "Emma Jean" (2014), son dernier album avec The Expressions, l'Américain Lee Fields est revenu, en fin d'année dernière, avec "Special Night" (2016). Un album complet, groovy et charmeur, porté par un prophète à la voix chaude qui érige l'amour en guide absolu de la vie quotidienne. À découvrir samedi 4 février sur la scène de la Belle électrique.

Gabriel Cnudde | Mardi 31 janvier 2017

Il y a des albums qu'on aime écouter dans certaines situations : ceux qu'on garde dans la voiture, pour les longs voyages, ceux qui sont stockés dans notre téléphone, pour courir, ou ceux qu'on conserve dans le salon, prêts à l'emploi en cas de dîner romantique surprise. Et puis il y a ceux qu'on veut conserver tout le temps près de son cœur parce qu'ils nous font un bien fou. Special Night, le dernier album de Lee Fields & the Expressions, fait assurément partie de ceux-là. On passe bien une nuit spéciale en découvrant cette soul tantôt puissante et entraînante, tantôt douce et charmeuse. On se glisse dans les draps pour s'entendre susurrer des mots doux par une voix si ronde, si chaude et si douce qu'on la préfère rapidement à notre oreiller. Lee Fields est un incorrigible amant qui chante l'amour et le glorifie comme personne. Precious love le prouve bien : tant d'amour mielleux déversé dans nos oreilles pourrait paraître sirupeux, mais c'est en réalité d'un réconfort bienvenu. Voilà ce qui fait de la soul une musique à frissons. Tout le long de cet album, Lee Fields et ses musiciens, qui respirent en harmonie avec leurs instruments,

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Lee Fields : « Je préfère le rythme humain aux algorithmes »

MUSIQUES | À l'heure où les modes défilent à une vitesse impressionnante, certains artistes parviennent encore à s'inscrire dans la continuité. Roi incontesté de la soul, l'Américain Lee Fields chante l'amour et l'esprit depuis la fin des années 1960 avec une chaleur et un grain inimitables. De retour avec un nouvel album baptisé "Special Night", il défendra sur la scène de la Belle électrique une musique naturelle et humaine. Entretien avec celui qui est bien plus qu'un "Little James Brown".

Gabriel Cnudde | Mardi 31 janvier 2017

Lee Fields : « Je préfère le rythme humain aux algorithmes »

Vous avez débuté votre carrière en 1969 avec le single Bewildered. Un demi-siècle plus tard, vous êtes toujours là, avec la même passion et un nouvel album, Special Night. Est-ce que votre amour de la musique est éternel ? Lee Fields : Oh oui ! Ce domaine ne devient jamais ennuyant, jamais. C'est toujours très excitant de faire de la musique, parce qu'on est avec des gens, vous voyez. Je ressens la même chose pour la musique depuis toujours. Les artistes avec une carrière aussi longue et riche que la vôtre sont rares. Quel est ce secret qui vous motive depuis tant d'années ? Avez-vous déjà pensé arrêter la musique ? Dans les années 1980, j'ai un petit peu pensé arrêter. Je croyais que le genre de musique que je faisais ne plaisait plus. J'ai imaginé acheter une petite poissonnerie. Ma femme m'a alors demandé : « Qu'est ce que tu y connais en poisson ? » Je lui ai répondu : « Je ne sais pas vraiment mais ils ont bon goût ! » (Rires). Elle m'a alor

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Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Yael Naim et le Quatuor Debussy À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. À la Rampe (Échirolles) Jeu 12/01 et ven 13/01 _______ Camera Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il épr

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Punk in drublic

MUSIQUES | Grenoble et The Ex, c’est une love story amorcée il y a de ça de nombreuses années par le 102, qui aura accueilli la formation punk anarchiste hollandaise (...)

François Cau | Jeudi 16 septembre 2010

Punk in drublic

Grenoble et The Ex, c’est une love story amorcée il y a de ça de nombreuses années par le 102, qui aura accueilli la formation punk anarchiste hollandaise moult fois, toutes mémorables. Loin de se reposer sur ses acquis, le groupe enchaîne les projets et les tournées, où éclatent systématiquement leur niaque et leur puissance increvables. Près de trente ans après leurs débuts dans les squats d’Amsterdam, les musiciens n’ont rien perdu de leur fureur, leurs performances scéniques sont de plus en plus efficaces, sans qu’aucune concession que ce soit ne soit à signaler aux brigades du bon goût. Leur nouvel album, Catch my shoe (a priori en hommage à l’infortuné inventeur du jeu “lance ta tatanne sur le président américain“), est dispo depuis le 13 septembre chez Vicious Circle, et recèle toujours autant de colère rock.

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U-Turn over

MUSIQUES | Zoom / A chaque album, The Ex tente de remettre les compteurs à zéro. Turn, le foisonnant successeur du très bon Dizzy Spells, recèle en conséquence son lot de bonnes surprises. Christophe Levet

Christophe Chabert | Mercredi 9 février 2005

U-Turn over

La musique de The Ex, qui a inspiré des formations légendaires telles que Fugazi, se caractérise par un savant dosage entre mélodies punk, guitares noisy, impros jazz et esprit ethnique. Si le double LP Turn reprend la recette qui a fait le succès du groupe, il faut toutefois signaler une nouveauté qui donne à cet opus une sonorité propre : la présence d'une contrebasse en lieu et place de la basse. C'est en effet un changement de taille car la section rythmique, élément fort dans la musique du combo néerlandais, devient du même coup plus claquante. Avec Turn, les membres de The Ex explorent encore plus avant le thème de l’Afrique, déjà abordé dans leurs précédents albums. Ces influences africaines se dévoilent à travers les montées en puissance de boucles instrumentales qui évoquent les transes des rites shamaniques, ainsi que par la présence de percussions subtilement mêlées aux autres instruments. Elles s’expriment également dans des textes comme Hurriyet, reprise d’un hymne révolutionnaire datant de l’époque où l’Erithrée réclamait son indépendance à L’Ethiopie. Car The Ex est un groupe engagé. Sister, par exemple, est un texte de l

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Rage Ex Machina

MUSIQUES | Pour essayer de cerner au mieux l'état d'esprit de The Ex, on s'en est allé interviewer Andy Moor, guitariste du groupe depuis le début des années 90. Propos Recueillis par François Cau

| Mercredi 9 février 2005

Rage Ex Machina

Il y a un lieu systématiquement rattaché à l'histoire de The Ex, la Villa Zuid...Andy Moor : Dans les années 80, il y avait énormément d'immeubles vides dans toute la Hollande, à Amsterdam en particulier. Ils appartenaient à des propriétaires qui voulaient spéculer, qui attendaient que la valeur du terrain monte pour pouvoir vendre ; ça a engendré une crise du logement à Amsterdam. Et donc les gens ont commencé à squatter ces immeubles, la Villa était l'un d'entre eux. La philosophie était celle qui règne dans les squatts, un mélange de toutes les individualités présentes. Certains vivent dans les squatts parce qu'ils ont un vrai idéal, d'autres parce que c'est gratuit... La Villa avait (et a toujours) une atmosphère particulièrement musicale, avec beaucoup de groupes qui faisaient des passages ; lorsque des amis musiciens venaient jouer à Amsterdam, ils restaient là-bas. Comment la situation a-t-elle évolué à Amsterdam ?La loi hollandaise a changé, se nourrit du droit européen, ça devient plus difficile. On est encore loin des États-Unis et de leur approche très religieuse de la propriété privée, où on vous

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