La majorité pas du tout silencieuse

MUSIQUES | Pour leurs 18 ans, c’est décidé, les Barbarins Fourchus vont aller en boîte de nuit, faire la tournée des rades, boire de l’alcool, fumer des cigarettes, et apporter leur contribution à la vie politique. Comme avant, en somme, mais mieux. FC

François Cau | Lundi 15 novembre 2010

Dans les arts vivants (et même chez certains morts), il est une constante, un absolu derrière lequel court la majeure partie de ceux qui ont choisi la vie de saltimbanques dans le sens noble du terme : l'esprit de troupe. Une émulation collective où chacun peut amener sa pierre à l'édifice d'une œuvre en perpétuelle construction, où les individualités peuvent s'exprimer, quitte à suivre leur propre voie parallèle, et enrichir le groupe de leurs expériences de traverse. Dans le landernau culturel local, ne cherchez pas, les meilleurs représentants de ce Graal pas si abstrait demeurent les Barbarins Fourchus. Depuis 18 piges, ces drôles de lascars venus de tous les horizons artistiques (mais pas que) mènent leur barque musicale en bons capitaines de bateaux ivres, avec l'alcool particulièrement joyeux. On les a vus folâtrer dans les domaines de la chanson française, de la poésie, du rock, du jazz, du théâtre, avec des fortunes diverses mais avec toujours cette même volonté d'explorer leurs envies, et surtout de les faire partager. Et leur gestion du Théâtre 145 depuis plus d'une dizaine d'années a largement fait écho à leur louable démarche artistique.Révolutionnaires ?
Ces salopiots de gauchistes n'ont en effet rien trouvé de mieux à faire que d'ouvrir les portes de ce que d'aucuns considèrent comme un temple sacré impénétrable à tous les publics, multipliant les initiatives participatives (ouh le vilain mot), les ateliers, les formations aux pratiques artistiques, instaurant même le bal populaire comme un rendez-vous incontournable de la vie du quartier, non sans le dépoussiérer sauvagement au passage. Et ont rappelé au passage, car besoin en était, que la culture non seulement peut, mais doit être accessible à tous, que le théâtre se doit de participer activement à la vie de la cité autrement qu'en se posant comme une machine à accueillir des tournées. Tournant le dos à des lendemains qui déchantent quant à l'avenir de ce même lieu, et du projet indispensable qui va avec depuis leur arrivée, les Barbarins fêtent dignement cette semaine leur accession à la majorité légale, invitent leurs camarades de parcours (Jo Corbeau, Lo'Jo Trio, René Lacaille, Babylon Circus…), dévoilent les différents versants de leur nébuleuse (avec notamment la reformation exceptionnelle de la mythique formation rock des Batmen), le tout en choyant le public qui continue à les soutenir au fil des ans. Bon anniversaire !Les 18 ans des Barbarins Fourchus
Du 17 au 21 novembre, lieux divers.

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