L'album de l'immaturité

François Cau | Lundi 30 janvier 2012

Photo : Vincent Vanhecke


Chanson / A la rédaction, on est de toutes petites choses. On peut très bien écouter du hardcore, de l'indus, du métal norvégien, ou même plus d'une heure en boucle du Nyan Cat sans devenir fous furieux. Par contre, si on nous propose de la chanson française mâtinée d'accordéon, on fuit tous en courant, comme si on avait tous été traumatisés au même bal guinguette étant jeunes. Mal nous en prend en ce qui concerne Yoanna, auteur interprète qui avait déjà bien asticoté la scène locale avec un premier disque (Moi bordel !) gouailleur, dont les transpositions scéniques confirmaient l'attachement ressenti à l'écoute. Sa deuxième livraison discographique (Un peu brisée, dans les bacs le 14 février) met une nouvelle fois en avant des atouts précieux dans le paysage sclérosée de la chanson féminine française : une voix subtilement éraillée qui laisse percer de discrètes fêlures, des paroles qui suintent le vécu sans loucher vers un quelconque misérabilisme, des comptines piégées où l'artiste parle d'elle-même sans se regarder le nombril, une production discrète mais efficace valorisant un univers singulier. On vous encourage donc séance tenante à aller redécouvrir Yoanna pour l'un de ses deux concerts de présentation de son dernier opus à la salle Le Ciel.
FC

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