Une vie de Hyènes

Stéphane Duchêne | Jeudi 11 octobre 2012

Concernant The Hyènes, il faut préciser pour commencer que le groupe de Denis Barthe (ex-Noir Désir) et Jean-Paul Roy (ex-Noir Désir) refuse absolument la moindre affiliation avec Noir Désir. Mince, trop tard. Disons alors que le groupe s'est formé en 2005 pour composer avec Vincent Bosier (qui lui n'est pas un ex-Noir Désir, donc tout va bien) et à la demande d'Albert Dupontel, la bande originale d'Enfermé dehors. Bientôt rejoints par Olivier Mathios (aucun lien, ouf), le quatuor s'aperçoit qu'il est devenu un groupe, Les Hyènes, rebaptisé The Hyènes des fois que le marché international se mette à frémir. On est pourtant ici au cœur d'un rock français pur et dur, entre Noir-bip! en moins bien et les Wampas en moins foufou. Et si la colonne vertébrale du "groupe de Bordeaux dont on ne prononce pas le nom" est toujours aussi efficace lorsqu'il s'agit de balancer la purée, de tenir un rythme d'enfer et de jouer fort, manque sans doute un brin d'inspiration dans les textes – parfois un peu faiblards –, et le charisme d'un certain Bertrand C. C'est donc surtout sur les passages instrumentaux que le groupe s'en tire avec les honneurs. Ou lorsqu'il vire carrément à la parodie comme sur Die Deutschen ou Normal. Pour le reste, les auteurs d'On dormira quand on sera mort s'adressent surtout aux nostalgiques d'un rock alternatif français 80's qui lui l'est, mort. Sans qu'on sache trop si l'on a affaire ici à du pastiche ou à un excès de pastis. Stéphane Duchêne

The Hyènes + Nadj
A la Source
Jeudi 18 octobre

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"Adieu les cons" : seuls contre tous

ECRANS | ★★★★☆ De et avec Albert Dupontel (Fr., 1h28) avec également Virginie Efira, Nicolas Marié…

Vincent Raymond | Mardi 20 octobre 2020

Il est suicidaire, elle est condamnée. Elle cherche son enfant abandonné, il veut bien lui donner un coup de main (un peu forcé par les circonstances), avec l’appoint d’un non-voyant traumatisé par la police et leurs violences… aveugles. L’expérience (réussie) d’adaptation au format superproduction, Au revoir là-haut (2017), ne signifiait donc pas rupture avec le cinéma d’avant d’Albert Dupontel – cet artisanat esthétique peuplé de rebelles aux instances autoritaires de la société, à son arbitraire stupide, à ses absurdités. Et comme pour Robert Guédguian à l’occasion du Promeneur du Champ de Mars, le fait de s’octroyer cette parenthèse aura été salutaire : l’auteur-interprète se retrouve en renouant avec son univers tant burlesque que satirique, où s’invitent les témoins habituels de sa causticité (le prodigieux Nicolas Marié, Terry Gilliam…), de savoureuses apparitions et une nouvelle venue touchante,

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Adieu les cons

Avant-première | Il est suicidaire, elle est condamnée. Elle cherche son enfant abandonné, il veut bien lui donner un coup de main (un peu forcé par les circonstances), avec (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Adieu les cons

Il est suicidaire, elle est condamnée. Elle cherche son enfant abandonné, il veut bien lui donner un coup de main (un peu forcé par les circonstances), avec l’appoint d’un non-voyant traumatisé par la police et leurs violences… aveugles. La suite, c’est une dramédie à la Dupontel, entre burlesque kafkaïen et nostalgie jeunettienne, féroce et douce comme de la moutarde, désopilante et cruelle comme la vie. Bercée par la Mano Negra, cette histoire, truffée d’apparitions savoureuses et campée par Virginie Efira ainsi que le Grand Albert soi-même, sera présentée en avant-première par icelui ce mercredi 7 octobre au Pathé Grenoble, à 20h. Le film s’intitule Adieu les cons, mais il est ouvert à tout le monde…

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Les Premiers, les Derniers

ECRANS | De et avec Bouli Lanners (Fr./Bel., 1h33) avec Albert Dupontel, Suzanne Clément, Michael Lonsdale, Max von Sydow…

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Les Premiers, les Derniers

Si la relecture du western est tendance, pour Bouli Lanners, ce n’est pas non plus une nouveauté, qui lorgnait déjà sur les grands espaces et le road movie dans ses œuvres précédentes – voir Les Géants (2011). Situé dans un no man’s land contemporain (un Loiret aussi sinistre que la banlieue de Charleroi un novembre de chômage technique), Les Premiers, les Derniers fait se croiser et se toiser dans un format ultra large des chasseurs de prime usés, de vieux Indiens frayant avec la terre, une squaw en détresse ainsi que l’inévitable horde de bandits aux mines patibulaires. Cousin belge de Kervern et Delépine, mais qui aurait fréquenté le petit séminaire, Lanners diffuse en sus dans cette re-composition décalée un étonnant souffle de spiritualité continu, faisant de ses personnages des messagers et de leur trajectoire une sorte de parabole, d’interprétation du fameux verset de l’Évangile selon Matthieu “Heureux les pauvres en esprit…”. Ajoutons que Jésus se balade de-ci de-là, que les comédiens Michael Lonsdale et Max von Sydow chantent des cantiques : le propos mystique ne se discute pas ! De

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En équilibre

ECRANS | De Denis Dercourt (Fr, 1h30) avec Albert Dupontel, Cécile De France…

Christophe Chabert | Lundi 13 avril 2015

En équilibre

Cascadeur équestre, Marc est victime d’un accident qui le laisse dans un fauteuil roulant. C’est alors qu’il rencontre Florence, agent d’assurance chargée de l’indemniser, envers qui il éprouve d’abord méfiance et hostilité, avant de découvrir qu’elle possède une sensibilité et un cœur derrière sa carapace de bourgeoise froide. En équilibre prouve que, dans la carrière de Denis Dercourt, La Tourneuse de pages faisait office d’accident heureux. Et encore, c’est bien par son scénario et par ses acteurs que le film s’avérait un tant soit peu marquant, la mise en scène étant déjà très standard. Ici, tout est proche de l’encéphalogramme plat : l’évolution des personnages et de leur relation se fait selon un schéma incroyablement prévisible, et les deux comédiens jouent cette partition sans conviction, comme s’ils avaient conscience de la banalité de ce qu’on leur demandait de jouer. On a même le sentiment que le handicap, depuis Intouchables, est une garantie d’émotions faciles, un sujet bankable qui autoriserait la mise en chantier du moindre téléfilm

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9 mois ferme

ECRANS | Annoncé comme le retour de Dupontel à la comédie mordante après le mal nommé "Le Vilain", "9 mois ferme" s’avère une relative déception, confirmant que son auteur ne sait plus trop où il veut amener son cinéma. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 10 octobre 2013

9 mois ferme

Avec Enfermés dehors, grand huit en forme de comédie sociale où il s’amusait devant la caméra en Charlot trash semant le désordre avec un uniforme d’emprunt, mais aussi derrière en lui faisant faire des loopings délirants, le cinéma d’Albert Dupontel semblait avoir atteint son acmé. Le Vilain, tout sympathique qu’il était, paraissait rejouer en sourdine les envolées du film précédent, avec moins de fougue et de rage. 9 mois ferme, de son pitch (une avocate aspirée par son métier se retrouve enceinte, après une nuit de biture, d’un tueur «globophage» amateur de prostituées) à son contexte (la justice comme déversoir d’une certaine misère sociale) semblait tailler sur mesure pour que Dupontel y puise la quintessence à la fois joyeuse et inquiète de son projet de cinéaste. Certes, on y trouve beaucoup d’excès en tout genre, une caméra déchaînée et quelques passages ouvertement gore, mais aussi des choses beaucoup plus prévisibles, sinon rassurantes. Il y a surtout un mélange de registres comiques dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils

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Le Grand soir

ECRANS | Comme s’ils étaient arrivés au bout de leur logique cinématographique, Gustave Kervern et Benoît Delépine font du surplace dans cette comédie punk qui imagine la révolution menée par deux frères dans un centre commercial. Christophe Chabert

Aurélien Martinez | Vendredi 1 juin 2012

Le Grand soir

Dans Mammuth, le cinéma de Kervern et Delépine semblait toucher son acmé : leur colère froide, leur art de la mise en scène à l’humour très noir, leur goût pour le road movie : tout cela était transcendé par la rencontre avec Gérard Depardieu, à la fois grandiose et nu, dans l’abandon à son personnage et la réinvention de sa légende. Avec Le Grand soir, c’est l’inverse qui se produit : le sujet était taillé pour eux (deux frères, l’un punk, l’autre représentant dans un magasin de literie, vivent les ravages de la mondialisation depuis un centre commercial) et l’idée de réunir Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel, acteurs géniaux qui n’avaient jamais tourné ensemble, ressemblait à un coup de génie. Le film débute d’ailleurs par une séquence qui aurait pu être d’anthologie : face à leur paternel incarné par un impassible Areski Belkacem, les deux se lancent dans une logorrhée croisée où aucun n’écoute l’autre. En fa, it, on touche déjà aux limites du Grand soir : la scène est trop longue, drôle par intermittence, mais surtout elle n’ouvre sur rien et n’arrive pas à faire oubli

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La Proie

ECRANS | Un braqueur de banque s’évade de prison pour mettre hors d’état de nuire un pédophile : avec un humour noir, un esprit anar et une réelle efficacité, Eric Valette confirme qu’il sait faire en France du cinéma de genre crédible. Christophe Chabert

François Cau | Vendredi 8 avril 2011

La Proie

On dresse des lauriers prématurés à Fred Cavayé, Olivier Marchal est désormais intouchable, mais Éric Valette reste négligé par ceux qui rêvent d’une résurrection du cinéma de genre français. Maléfique et Une affaire d’état montraient pourtant que Valette en avait dans l’estomac, et qu’il savait adapter les codes du film d’horreur et du polar d’espionnage à la réalité hexagonale contemporaine. La Proie sonnera-t-il l’heure de la reconnaissance ? Si le film n’est pas sans défaut (un passage à vide au cœur du récit), il confirme l’intelligence de son metteur en scène et sa montée en puissance. L’intrigue, astucieuse, commence quand Franck Adrien, un braqueur de banques emprisonné (Dupontel, dans un impressionnant registre physique) confie à son co-détenu Jean-Louis ses secrets. Condamné — à tort selon lui ¬— pour viol sur mineure, Jean-Louis est libéré et s’empresse de récupérer le magot planqué par Adrien, avant de kidnapper sa fille. Une sanglante évasion plus tard, Franck se met en chasse du pédophile tandis que la police est à ses propres trousses. Les racines du malDe cette course contre la montre, Valette tire d’abord des morceaux de bravoure décomplexés et rigoureu

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L’année Dupontel

ECRANS | Regard / À l’affiche du film de clôture du Festival, “Odette Toulemonde“, Albert Dupontel enchaîne les tournages devant la caméra en attendant de repasser de l’autre côté. FC

| Mercredi 17 janvier 2007

L’année Dupontel

Vous le savez (si vous ne le savez pas, vous pouvez au moins vous en doutez), ici, on aime Albert Dupontel au point de fermer complaisamment les yeux sur les menus défauts de son dernier long en tant que réalisateur, Enfermés Dehors. On apprécie autant son intégrité artistique que sa façon hautement personnelle d’être engagé (en marge du marathon promo d’Enfermés Dehors, notre homme a mis sur pied un jeu online, où les points glanés par les internautes étaient transformés en biens destinés aux sans abris – au total, 1, 8 tonne de produits alimentaires et d’hygiène ont été récolté par ce biais, ce qui en fait notre Enfant de Don Quichotte préféré). Avec cette franchise qui lui est propre, il nous confiait en avril dernier que la récente multiplication de ses apparitions au cinéma, à de rares exceptions près (son rôle dans Avida, par exemple), servait presque exclusivement à financer sa soif de réalisation. Donc, comme bonne résolution de 2007 (il n’est pas trop tard), prenez donc le soin d’aller voir au moins l’un des films où il apparaîtra, histoire d’encourager l’un de nos plus grands artistes. Une grande année Outre son rôle d’écrivain anxieux dans Odette Toulemonde (en salles

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