Le bluesman et le griot

Aurélien Martinez | Vendredi 11 janvier 2013

C'est l'histoire désormais classique, mais dont on ne se lassera jamais, du bluesman américain qui se lance en quête des sources du blues comme David Livingstone chercha celles du Zambèze. Et qui, remontant toujours un peu plus loin, finit en Afrique, là où tout a commencé et où tout continue. Déjà exilé en Europe, le New-Yorkais Eric Bibb a rencontré au Mali Habib Koité. Pas à proprement parler l'archétype du bluesman africain tel qu'on l'imagine, d'Ali Farka Touré à Tinariwen : plutôt un chanteur, un conteur, l'héritier d'une famille de griots – ces porteurs de la tradition orale dont le statut ne se transmet que par le sang. Qui plus est un musicien qui a depuis longtemps internationalisé sa musique (on y retrouve notamment des traces de flamenco). Ensemble, les deux musiciens ont enregistré Brothers in Bamako, un album minimaliste, petite merveille de douceur sur lequel très rapidement, on ne sait plus qui du bluesman ou du griot est venu à la rencontre de l'autre. Qui a remonté le fleuve et qui l'a descendu. SD

Eric Bibb et Habib Koité – « Brothers in Bamako », le Mercredi 27 mars au Centre Culturel Jean-Jacques Rousseau (Seyssinet-Pariset)


Eric Bibb & Habib Koité

Blues trans-Atlantique, "Brothers in Bamako"
L'Ilyade 32 rue de la Fauconnière Seyssinet-Pariset
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

MUSIQUES | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

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À l’orée du blues

MUSIQUES | Quoi de plus revitalisant pour un genre musical que de se mêler à ses racines ? C’est ce qu’Eric Bibb offre au blues en compagnie de Habib Koité, griot malien qui vient insuffler le sourire à la mélancolie de la musique noire-africaine par excellence. Une rencontre, un album, une tournée : quoi de plus enthousiasmant pour le public ? Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 18 mars 2013

À l’orée du blues

Cela fait déjà plus de dix ans que les deux sieurs se sont rencontrés : Eric Bibb, bluesman américain aux innombrables albums, et Habib Koité, griot malien hyperactif musicalement. Immédiatement, ils jouent ensemble et se découvrent « une superbe compatibilité musicale », dixit Eric Bibb dans une vidéo postée sur le site de son camarade. Tout de suite, l’envie de monter un projet commun les titille… Mais ils prennent le temps, et l’album Brothers in Bamko voit le jour en 2012. L’enregistrement se déroule au Mali et constitue une expérience spirituelle particulière pour le bluesman : « c’était mon premier voyage dans l’Afrique de l’ouest, un grand moment pour moi en tant que Noir-américain, j’ai senti comme une sorte de retour après plusieurs centaines d’années ». L’idée d’un album mélangeant leurs deux identités sans être guidé plus par l’une ou par l’autre semble aussi juste qu’appropriée car, comme il le dit très bien, « le blues est un enfant du nouveau monde. Ce n’est pas de la musique européenne, mais pas non plus de la musique africaine, c’est la combinaison de l’expérience de vivre en Amérique depuis plusieurs centaines années, tout

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