Comme une image

Aurélien Martinez | Mercredi 27 mars 2013

Photo : Julien Mouroux


BéO : un projet intrigant sur le papier (« le reflet d'une rencontre artistique expérimentale entre le son et l'image ») qui séduit littéralement à l'écoute. Un trio parisiano-grenoblois où l'un (Green Stone) produit une musique entre électro, ambient et dub d'une grande richesse dans l'orchestration (de nombreux instruments plutôt inhabituels dans ce genre de projet sont utilisés, d'où la rencontre de plusieurs styles musicaux) ; où un autre (Yo) rajoute « un aspect rétro » au son ; et où un troisième (Melvin Haze) propose des images abstraites calquées sur l'ensemble. Une musique envoûtante, à la réelle puissance évocatrice. Quant au live, baptisé « All One », il est présenté comme « une réflexion sur la place de l'homme face à son environnement ». On ira découvrir ça avec intérêt vendredi 5 avril à 20h30 à la Chaufferie (un concert d'une heure), et l'on vous reparlera du groupe ensuite. À noter que l'album, sur lequel on retrouve de nombreux invités, sortira le même jour.

AM


Béo

Electro projection video
La Chaufferie 98 rue Léon Jouhaux Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Borg/McEnroe" : le choc des titans

ECRANS | Le réalisateur danois Janus Metz Pedersen autopsie le parcours de deux totems du sport contemporain (le Suédois Björn Borg et l'Étatsunien John McEnroe) à l’occasion du non moins légendaire match les opposant en 1980 sur le green britannique. Trop de la balle pour mesurer en cinq sets la tragique gravité du tennis et sa haute cinégénie.

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

Wimbledon, 1980. Quadruple tenant du titre et n°1 mondial, Björn "Ice" Borg est défié en finale par son dauphin au classement ATP, un jeune Étasunien irascible réputé pour son comportement de voyou sur les courts. Contrairement aux apparences, les deux se ressemblent beaucoup… Si l’on parle volontiers du terrain de sport comme d’une arène ou d’un "théâtre", le court de tennis est, au même titre que le ring, apte à cristalliser des dramaturgies hautement cinématographiques. Quant à cette finale opposant Borg à McEnroe, elle va bien au-delà de l’épithète "anthologique" : le critique de cinéma Serge Daney écrivait que l’on touchait ici aux « beautés de la raison pure ». Deux reflets Le film ne se cantonne pas à une reconstitution méthodique du match épique. Sa réalisation rend justice à la grâce et la pugnacité des deux athlètes, sculptant par un montage acéré l’incomparable chorégraphie des échanges. Le bouillant Shia LaBeouf s’empare de la raquette de l’explosif gaucher avec un mimétisme raisonnable : nul autre que lui n’aurait été crédible dans ce rôle. Quant à son partenaire Sverrir Gudnason, il révèle un Borg au moins a

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"American Honey" : Le miel de la misère américaine

ECRANS | La trajectoire de Star, ado du Kansas fuyant un foyer délétère, pour intégrer une bande de VRP à son image, cornaqués par un baratineur de première. Un portrait de groupe des laissés pour compte et des braves gens d’une Amérique sillonnée dans toute sa profondeur, où même la laideur recèle une splendeur infinie.

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Quand on a 17 ans et aucune autre perspective que fouiller les poubelles pour nourrir sa fratrie ou se faire peloter par son épave de père, on n’hésite pas longtemps lorsque s’offre une occasion de quitter son trou à rat. Pour Star, elle se présente sous les traits de Jake, hâbleur et fantasque chef d’une troupe d’ados vendant des magazines en porte-à-porte pour le compte de la belle Krystal. Séduite et cooptée, Star rejoint son escadron de bras cassés cueillis au gré des haltes du cortège. De grands gamins paumés mais pas méchants, formant un clan où Star se sent “à part”… Étoile fuyante À de rares exceptions près, vous ne trouverez guère dans les JT, d’images authentiques de cette Amérique profonde, malade et déclassée, qui a fini par voter Trump par désarroi ou désespoir. Plusieurs longs métrages ont cependant diagnostiqué la lèpre sociale rampante, de Winter's Bone de Debra Granik (2010) à The Other Side (2015), sans ménagement ni complaisance. Visages édentés, corps ravagés par le crack, inceste et délinquance en sus, les tableaux de ce quotidien abominable y étaient d’une noirceur épou

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Cabaret frappé – jour 2 : du côté des à-côtés

MUSIQUES | Le Cabaret frappé, c’est des concerts payants à 21h sous le chapiteau avec des grosses têtes d’affiche (Tricky, Cascadeur, Frànçois & the Atlas Mountains...). Mais c’est aussi plein d’autres trucs en accès libre, comme on a pu s’en rendre compte mardi soir.

Aurélien Martinez | Mercredi 23 juillet 2014

Cabaret frappé – jour 2 : du côté des à-côtés

19h – Concert au kiosque Ce mercredi soir, ce sera They call me Rico ; jeudi Natas loves you ; et vendredi notre chouchou Joe Bel. Des moments où l’on peut découvrir à l’air libre de chouettes artistes, comme ce fut le cas hier avec la Réunionnaise Maya Kamaty, fille du musicien Gilbert Pounia : une excellente surprise ! Du folk maloya subtil défendu par un petit bout de femme (et des musiciens) qui est très bien arrivé à capter l’attention du public (ce qui n’est pas toujours facile, hein Riff !) avec ses morceaux en créole ou en français. Le meilleur exemple de cette prise de contrôle en douceur étant la chanson finale du set baptisée Écris-moi, sur des paroles du poète mauricien Michel Ducasse, qu’on retrouvera sur un album prévu pour la rentrée. À suivre donc.

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Qui est sur la Cuvée grenobloise ?

MUSIQUES | Zoom sur les 17 que l’on peut écouter depuis le mercredi 26 février grâce à l'asso Dynamusic / Retour de scène. Certains seront même sur la scène de l'Ampérage le samedi 1er mars.

Aurélien Martinez | Mercredi 26 février 2014

Qui est sur la Cuvée grenobloise ?

Peau – Instant T Un morceau pop et synthétique nappé d’électronique d’une subtilité remarquable, à l’image de l'univers musical de Peau. À découvrir en une du Petit Bulletin du 12 mars – Peau, par le morceau !   Léonid – Le Rebord de la vie Duo piano et chant, la partie vocale étant assurée par l’ancien guitariste de Sinsemilia.   Animali – The Alchemists De la pop grenobloise aux accents irréels et envoûtants. Un EP est annoncé pour cette année. Ils seront à l'Ampérage pour le concert de lancement de la Cuvée.

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Nymphomaniac volume 2

ECRANS | Fin du diptyque de Lars von Trier, qui propulse très haut sa logique de feuilleton philosophique en complexifiant dispositif, enjeux, références et discours, prônant d’incroyables audaces jusqu’à un ultime et sublime vertige. On ose : chef-d’œuvre ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 23 janvier 2014

Nymphomaniac volume 2

5+3. Cette addition, qui lançait la vie sexuelle de Joe dans le premier volume de Nymphomaniac, est aussi la répartition choisie par Lars von Trier entre les chapitres de chaque partie. 5 pour le coït vaginal et le volume 1 ; 3 pour la sodomie et le volume 2 qui, de facto, fait un peu plus mal que le précédent… Après nous avoir laissés sur un climax diabolique, où la nymphomane hurlait : «Je ne sens plus rien !», von Trier reprend les choses là où elles en étaient : dans la chambre de Seligman, qui ne va pas tarder à expliquer les raisons de sa chaste attitude face au(x) récit(s) de débauche de Joe-Gainsbourg ; et dans celle de Joe-Martin et de Jerome, premier amant, grand amour idéalisé, compagnon et père de son enfant. Mais avant d’embrayer sur un nouveau chapitre et un nouvel épisode entre fantasme (romanesque) et fantasme (sexuel), le voilà qui digresse déjà en flashback sur Joe-enfant et son premier orgasme où lui apparaissent deux icônes qu’elle prend pour des visions de la vierge Marie, mais que Seligman va rectifier en gr

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Nymphomaniac, volume 1

ECRANS | Censuré ? Remonté ? Qu’importe les nombreuses anecdotes et vicissitudes qui entourent le dernier film de Lars von Trier. Avec cette confession en huit chapitres d’une nymphomane – dont voici les cinq premiers –, le cinéaste est toujours aussi provocateur, mais dans une tonalité légère, drôle et ludique qui lui va plutôt bien. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 décembre 2013

Nymphomaniac, volume 1

On avait laissé Lars von Trier sur la fulgurante dernière image de Melancholia, parvenu au bout de sa dépression et affirmant que le meilleur moyen d’apaiser ses tourments, c’était encore de voir le monde voler en éclats. Au début de Nymphomaniac, après avoir plongé longuement le spectateur dans le noir et une suite de bruits anxiogènes, il révèle le corps de Joe – Charlotte Gainsbourg, réduite dans ce premier volet au statut de narratrice des exploits de son alter ego adolescente, la troublante Stacy Martin – dans une ruelle sombre, ensanglantée et amochée. Passe par là un brave bougre nommé Selligman – Stellan Skarsgard – qui la recueille chez lui et lui demande ce qui s’est passé. « Ça va être une longue histoire » dit-elle, après avoir affirmé qu’elle était une « nymphomane »… En fait, l’histoire tient en deux films décomposés en huit chapitres comme autant de récits obéissant à des règles esthétiques propres, utilisant une panoplie d’artifices (ralentis, split screen, retours en arrière) et changeant sans cesse de formats (pellic

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BeO : vers le dub et au-delà

MUSIQUES | Ce vendredi 21 juin, sur la scène électro hip-hop du parc Paul-Mistral, on pourra découvrir le groupe grenoblois BeO, qui se présente comme « le reflet d'une rencontre artistique expérimentale entre le son et l’image ». Un projet intrigant et prenant sur CD. Du coup, pour en savoir plus, on est partis à la rencontre de Green Stone, qui s’occupe de la partie musicale.

Aurélien Martinez | Lundi 17 juin 2013

BeO : vers le dub et au-delà

Il y a des groupes locaux qui triment pour exister, cherchant vainement à attirer l’attention sur eux. Et d’autres qui suscitent l’intérêt en moins de deux. BeO est dans la seconde situation, ce qui surprend les membres du groupe – « on ne s’attendait pas à ce que ça marche si vite ! » BeO, c’est un projet à trois né il y a quelques années : Green Stone à la musique, Melvin Haze à l’image, et Yo au son (l’ancien ingé son des Mango Gadzi pour la petite histoire). Trois trentenaires, auxquels il faut aussi ajouter un quatrième : Makar, ingé lumière de la Bobine. Quatre bonhommes donc, même si la formation repose en partie sur les deux premiers. Green Stone : « Avec Melvin, on se connaissait depuis longtemps. Lui fait pas mal de courts-métrages. Il y a une dizaine d’années, il m’a demandé de faire la musique pour l’un d’eux. » Car oui, Green Stone, Marseillais exilé à Grenoble, est musicien. « Petit, j’ai fait le conservatoire en piano, puis après de la guitare, et de la darbouka. Tout ça basiquement – je ne suis pas un grand musicien ! » Il découvre alors les joies de la musiqu

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Des hommes sans loi

ECRANS | De John Hillcoat (ÉU, 1h55) avec Shia LaBeouf, Tom Hardy, Jessica Chastaing…

Christophe Chabert | Jeudi 6 septembre 2012

Des hommes sans loi

Un casting en or, un scénario signé Nick Cave, un cinéaste (John Hillcoat) jusqu’ici connu pour son intégrité, l’envie de transposer les codes du western à l’époque de la prohibition : sur le papier, Des hommes sans loi semblait être le film idéal, à la fois ambitieux et divertissant. Et pourtant, il n’est rien de tout ça. Phagocytée par la maniaquerie de sa reconstitution historique, la mise en scène ne prend jamais son envol, ne développe aucun style et échoue à rendre crédible ce qui se passe à l’écran. Le lien entre les trois frères est purement théorique, les relents mythologiques (l’invincibilité de Tom Hardy) sont si maladroitement amenés qu’ils finissent par virer au gag involontaire. Le sommet est atteint avec la prestation, à hurler de rire, de Guy Pearce en méchant dont l’acteur souligne à très gros traits l’homosexualité refoulée. Il faut dire qu’Hillcoat achève de lui savonner la planche lors d’une scène qui, au lieu de révéler au grand jour ce que tout le monde avait compris, noie stupidement le poisson pour éviter de se fâcher avec la censure. Timoré, impersonnel, d’une inexplicable lenteur, Des hommes sans loi n’est même pas un bon film de multi

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